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02 décembre 2022

VALIUM ORGASMS : A CREATION COMPILATION


Acquis par correspondance via Discogs en novembre 2022
Réf : RTD/CRE 1-39 -- Édité par Rough Trade / Creation en Allemagne en 1986
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

On va dire qu'on fait dans la pochette à thématique comestible cette année : après l'épi de maïs des Léopards, voici la moule de Creation.

J'ai repensé à ce disque quand l'ami Bertand a entrepris de passer en revue ses compilations Creation. Je lui ai parlé de celle-ci, qu'il ne connaissait pas, et comme cela faisait longtemps qu'elle manquait à ma collection, j'ai décidé de me l'offrir.
En fait, c'est depuis 1986 que j'ai envie d'avoir ce disque. Depuis le jour où Luke de Chromatone Design m'a montré chez lui ses dernières productions graphiques, deux compilations jumelles, I love the smell of napalm, pour le marché américain, et Valium orgasms, pour le marché allemand. Il m'avait offert un exemplaire de la première, mais il n'avait pas de double de la seconde.
Luke m'avait aussi expliqué comment il avait pris ces photos de pochette: pour I love the smell of napalm, il était allé un soir récupérer des fleurs sur un massif devant une église près de chez lui sur l'Île aux Chiens à Londres, qu'il avait ensuite étalées et photographiées sur sa table de salon. Pour Valium orgasms, il avait tout simplement pris un gros plan d'un mollusque tiré d'un bocal de moules au vinaigre !

Alan m'a expliqué un jour l'intérêt qu'il y avait pour lui de sortir ces compilations (Il y en a eu en moyenne une par an pendant dix ans. Quelqu'un a pris la peine d'en faire une liste sur Discogs). Cela permettait de prolonger la "durée de vie" des 45 tours du label, souvent tirés à juste 1000 exemplaires, mal distribués et pourtant vite épuisés quand même. Les albums pouvaient se trouver plus facilement partout dans le pays, et même à l'étranger. Et, comme c'est le cas ici, quand un contrat de licence était signé à l'étranger, il pouvait être inauguré par une compilation.

Le prototype de Valium orgasms, c'est Different for Domeheads, la compilation anglaise de 1985. A double titre : six des huit titres sont repris ici, et surtout, on trouvait gravé en fin de face sur les sillons du disque, "Valium orgasms" pour la face A et "Syphilis mouth" pour la B (la pochette figurait un tube de pommade prescrit contre cette maladie vénérienne). I love the smell of napalm, parue au même moment aux États-Unis est la compilation sœur de celle-ci : elles ont neuf titres en commun sur douze.

Avec plus de trente-cinq ans de recul, on peut réécouter ces chansons avec une oreille neuve et voir comment elles ont passé l'épreuve du temps (même si pour la plupart je les ai régulièrement écoutées entre-temps...!). Six artistes ont droit à deux titres chacun.

Les amis de Biff Bang Pow ! s'en sortent particulièrement bien avec deux titres du premier album Pass the paintbrush, honey..., Love and hate et le classique et également single There must be a better life.
Pour ceux que ça intéresse, Cherry Red a sorti cette année la compilation ultime de BBP!, un coffret de 6 CD (!) avec l'intégrale et bien plus.

Les autres amis The Jasmine Minks ont eux aussi deux titres imparables et classiques, Think! et Where the traffic goes, les faces A énergiques de leurs deux premiers singles, qui figuraient également sur leur premier album One, two, three, four, five, six, seven, all good preachers go to heaven
Jim Shepherd le chanteur a sorti cette année un album solo, The circle, dont j'ai rédigé les notes de pochette. Le groupe prépare un nouvel album pour 2023.

Dans le lot, c'est Primal Scream qui a eu le parcours le plus impressionnant depuis. A peu près inimaginable quand on écoute les deux faces de leur premier 45 tours qui sont reprises ici, All fall down et It happens. C'est très poppy, la face B est meilleure que la A, ils ont fait bien mieux depuis mais c'est quand même très bien.

Les deux faces du premier single de Slaughter Joe (alias Joe Foster), I'll follow you down et Napalm girl passent moins bien la rampe aujourd'hui. On les entend pour ce qu'elles étaient vraiment, un exercice de style pour recréer l'ambiance d'Upside down, le premier single de The Jesus and Mary Chain, que Joe avait co-produit. Je n'avais jamais fait attention au fait que la basse de Napalm girl sonne pas mal comme celle de Jah Wobble époque Metal box.

Les deux titres que j'aime le moins du lot, c'est God bless et Paradise, soit le premier single des Bodines. C'est déjà ce que je pensais quand j'avais chroniqué ce disque en 2006.

In the afternoon est une chanson écrite par Alan McGee, qui existe dans plusieurs enregistrements, alternativement par Revolving Paint Dream ou Biff Bang Pow !. Là, on a droit à la première version publiée, celle de la face B de Flowers in the sky de Revolving Paint Dream (CRE 002). Elle est chantée par Christine Wanless, qui est morte il y a quelques semaines.

L'autre titre isolé, c'est Worm in my brain, le tout premier enregistrement de The Weather Prophets. Une excellente chanson publiée pour la première fois sur It's different for domeheads.
Pete Astor vient de sortir un nouvel album, Time on Earth.

Cela fait des années que je n'ai pas eu de contact avec Luke Hayes, qui aux dernières nouvelles vivait aux États-Unis, mais je suis bien content d'avoir complété ma collection de ses pochettes.
Comme pour celle-ci, j'ai tous les titres bien sûr, et même souvent en plusieurs exemplaires, mais un de ces jours je m'offrirai peut-être deux autres compilations Creation qui me manquent, Creation : Flowers in the sky et Purple, parues toutes les deux en CD en 1988, et toutes les deux avec des fleurs sur la pochette.

08 juillet 2016

DOING IT FOR THE FROGS : TWELVE TIMES


Acquis avec un abonnement à Les Inrockuptibles par correspondance en 1989
Réf : sa 2106 -- Édité par Virgin en France en 1989 -- Echantillon promotionnel vente interdite
Support : CD 12 cm
12 titres

Une photo de grenouille en gros plan sur fond vert ? La pochette du In the fishtank de Willard Grant Conspiracy + Telefunk m'en a rappelé une autre et m'a incité à ressortir cette compilation concoctée en 1989 par Les Inrockuptibles pour ses nouveaux abonnés.
La discothèque de Bruno m'a rappelé que c'est en mai 1989, dans le n° 17 des Inrockuptibles bimestriels daté juin-juillet, avec Chris Isaak en couverture, que cette compilation a été diffusée. Du coup, pour la première fois en presque vingt ans, je suis allé déterré la revue au grenier, dans un des cartons rescapés de la tempête du 26 décembre 1999.
En fait, contrairement à ce qui est indiqué chez Bruno, le CD n'était pas encarté dans la revue envoyée aux abonnés, mais annoncé par une publicité page 114 avec la précision qu'il était spécialement conçu pour les nouveaux abonnés.
J'étais sûrement abonné avant ça, peut-être que j'étais en phase de renouvellement, mais en tout cas je ne pouvais pas manquer ce CD Creation hors commerce annoncé comme contenant des inédits et j'ai effectivement profité de l'offre puisque le bulletin d'abonnement de mon exemplaire de la revue est découpé. 100 francs pour 6 magazines et 1 CD, ce n'était pas une mauvaise affaire...
Le titre de l'album est bien vu. Il fait référence, en le déclinant pour les français, à l'opération Doing it for the kids lancée avec succès par Creation en août 1988 avec un grand concert au Town and Country Club le 7 août, une compilation-catalogue de 14 titres vendue au prix d'un 45 tours et des 45 tours en édition limitée et pochette générique au prix réduit de 99 pence. Il faut dire qu'artistiquement il y avait de la matière, avec le premier album de House of Love, le second des Weather Prophets, Isn't anything de My Bloody Valentine, Tender pervert de Momus et plein d'autres excellents disques.
La page de pub pour l'abonnement annonçait donc des inédits sur cette compilation. On aurait pu préciser "inédits en France" ou indiquer tout simplement "raretés", car les douze titres présents sur la compilation ont été publiés au Royaume-Uni.
Les morceaux les plus rares sont l'Instrumental de My Bloody Valentine et The poison boyfriend de Momus (il s'agit d'une démo de 1982 qui a donné son titre à l'album de 1987, sans figurer dessus). On les trouvait à l'origine sur des 45 tours en édition limitée inclus dans les premiers exemplaires des 33 tours Isn't anything et Tender pervert.
Il s'agissait d'une autre campagne de promotion de Creation en 1988-89. Il y a eu des 45 tours inédits et limités comme ça également pour The House of Love, The Weather Prophets et Primal Scream, mais malheureusement ils n'ont pas été choisis pour les titres de ces groupes présents ici. Mais les titres sélectionnés à la place sont cependant très bons, et peu courants, sauf Ivy ivy ivy de Primal Scream, leur première publication après être retourné au bercail Creation suite à l'aventure Elevation, sorti en face A de single et sur album, qui fait la transition entre le son byrdso-sixties de la première période du groupe et celui plus électrique du deuxième album. Pour House of Love, on a droit aux deux excellentes faces du 45 tours Destroy the heart, la première sortie du groupe après son premier album à succès, et leur dernière parution chez Creation avant le départ chez Fontana. Quant à The Weather Prophets, cette rareté relative (plusieurs fois rééditée depuis sur des compilations) est une de mes chansons préférées du groupe, avec sa boite à rythmes et son clavier. Il s'agit de Joe Shmo and the eskimo, parue initialement en face B de Hollow heart.
Une autre des chansons un peu rares au moment où ce disque a été diffusé, c'est The Girl from Well Lane de Biff, Bang, Pow!, une belle ballade avec juste Alan McGee et une guitare acoustique. Présentée comme une démo, elle fait partie des chansons précédemment inédites publiées sur la compilation The acid house album en 1989. Elle a été reprise telle quelle en 1990 sur le mini-album Songs for the sad eyed girl, créditée cette fois comme "enregistrée live en mai 1989", ce qui n'est pas incompatible avec la qualification de "démo".
Les américains de l'étape, ce sont The Sneetches. Joe Foster avait sorti en 1988 leur premier album en Europe sur son label Kaleidoscope Sound. Pour le deuxième, Sometimes that's all we have, c'est Creation qui s'y est collé, et on en a deux extraits ici, tout aussi rétro l'un que l'autre, In a perfect place et mon préféré, Empty sea.
J'aime un peu moins les trois derniers titres. Razorcuts m'a toujours paru comme un groupe de deuxième division de la noisy pop. Sauf une chanson, que je trouve excellente mais dont je ne me souviens pas du titre. En tout cas, ce n'est pas The world keeps turning, même si la chanson s'écoute bien. Pour Shrift de Pacific, le seul titre un peu "dance" du lot, qui a été inclus sur plein de compilations Creation, j'ai beau avoir toujours bien aimé les séquenceurs, les synthés et New Order, il y a là des sons qui me hérissent les oreilles encore aujourd'hui. C'est peut-être aussi en partie dû au chant. Par contre, même si à l'époque j'ai toujours eu du mal à accrocher aux chansons de Heidi Berry, je trouve aujourd'hui que son North shore train, extrait de l'album Below the waves, clôt en beauté cette compilation qui, même sans vrais inédits, s'avère être largement au-dessus de la moyenne des objets promotionnels.




05 février 2012

PETE ASTOR : Songbox


Acquis par correspondance chez Second Language en Angleterre en janvier 2012
Réf : SL012 & SL012x -- Edité par Second Language en Angleterre en 2011
Support : 2 x CD 12 cm
11 + 11 titres

Cet album de Pete Astor s'appelle Boite à chansons et le CD qui contient ces chansons est effectivement rangé dans une boite en carton, avec des cartes postales sur lesquelles les paroles sont imprimées. Les premiers exemplaires étaient accompagnés d'un CD de reprises des onze titres de l'album. Sur le coup, je m'étais agacé de cette édition avec bonus très limitée, mais j'aurais dû me renseigner d'abord et j'aurais compris que le projet de Second Language est justement, hors de la production industrielle habituelle, d'être un label fait-main qui diffuse de la musique de manière réfléchie et travaillée, en quantité limitée comme toute production artisanale, prioritairement destinée aux soutiens du label ont choisi de s'abonner à l'avance aux différentes parutions. Et même si je me suis réveillé un peu tard, Glen Johnson, de Second Language et de Piano Magic, entre autres, a eu la gentillesse de glisser le CD-R de reprises dans ma boite lorsque je l'ai commandée.
Avant ça, j'avais découvert cet album grâce à Dead trumpets, l'extrait qui en avait été largement diffusé en ligne et qui indiquait d'emblée que Songbox est à classer parmi les meilleures productions de Pete ces vingt-cinq dernières années, c'est à dire bien meilleur que les premiers albums solo chez Creation et aussi enthousiasmant que les disques chez Danceteria, les faces B quasi-solo des Weather Prophets comme Joe Schmo and the eskimo ou les meilleurs titres de The Wisdom of Harry.

On n'a pas à faire ici à un album concept, mais après des années de pratique et alors qu'il enseigne la musique à l'université, Pete Astor réfléchit à son travail d'auteur-compositeur, et le premier et le dernier titre de l'album parlent notamment de ça, de chanson. Le refrain du premier, Dead trumpets, est clair : "Welcome to my late night solo drinking song. It's called 'Dead trumpets' and no one's going to sing along." Sauf que, l'ironie ne peut être que volontaire, cette partie entraînante de la chanson est justement celle où Pete est accompagné par plusieurs choristes !
De façon très directe, Mistress of song traîte de la question de l'écriture de chanson, et là il y a un précédent évident que le titre lui-même évoque, la Tower of song de Leonard Cohen. Pete Astor en dit plus sur le sujet dans le podcast de Second Language et dans sa rencontre filmée avec Lawrence. Il explique notamment la référence à la première rencontre avec la chanson, en 1974 : c'est l'année où il a assisté à son premier concert rock, un prof l'ayant emmené voir Hawkwind avec d'autres élèves de sa classe.
Outre ces deux chansons, l'ensemble de l'album est une réussite. Les arrangements sont travaillés, notamment avec l'utilisation d'instruments à vent (joués par Keiron Phelan et Jenny Brand) et de choeurs, mais la production reste toujours très fraiche et très légère. J'y retrouve la patte de Peter, avec des accents qui rappellent The Weather Prophets ou ses précédents disques solo, avec une majorité de chansons que j'aime beaucoup, dont Slip away, Dunce, Tiny town, The perfect crime et Sleepers.

Le CD de reprises peut être vu comme une prolongation de la réflexion sur la fabrique de chansons, cette matière première étant retravaillée par de vieilles connaissances et de jeunes groupes. Chacun adapte les chansons à son style, quitte à les améliorer, comme le souligne Pete dans l'interview. Dead trumpets par Dollboy semble avoir été mixé avec la reprise du Rock'n'roll de Gary Glitter par The Human League. Dunce par Pastourelle donne aussi (discrètement) dans l'électro. Plusieurs titres ont un son plutôt lo-fi, notamment ceux de Let's Wrestle, Darren Hayman, Comet Gain et The Proper Ornaments. La version assez folk de Slip away par Pete Greenwood a le mérite de révéler la parenté de cette chanson avec les compositions de Townes Van Zandt. Parmi les vieilles connaissances, Patrik Fitzgerald surprend en utilisant le piano plutôt que son habituelle guitare et les Raincoats continuent à jouer les têtes chercheuses et aboutissent avec The perfect crime à un résultat assez proche de ce que Mathew Sayer fait de Tree of birds. L'album se conclut magistralement avec une version dépouillée de Mistress of song par Piano Magic, chantée par Angèle David-Guillou, qu'on entend aussi sur le disque de Pete Astor (au piano électrique et aux choeurs), mais pas sur la version originale de ce titre.

A écouter : le Podcast 12 de Second Language, avec Pete Astor qui s'explique sur la création de Songbox.
Songbox est en vente chez Second Language.


La vidéo de Dead trumpets réalisée par Gina Birch des Raincoats.


Pete interviewé par Lawrence à propos de Songbox (1ère partie).

15 août 2011

THE WEATHER PROPHETS : She comes from the rain


Acquis probablement à Londres en 1987
Réf : ACID 1TX -- Edité par Elevation en Angleterre en 1987
Support : 45 tours 30 cm
Titres : She comes from the rain -- Wide open arms /- You upset the grace of living when you lie -- Who by fire

En dix-sept ans d'existence, Creation Records a eu plusieurs labels satellites, comme August, Infonet, Eruption ou Ball Product. Aucun d'entre eux n'a été vraiment marquant, même si Infonet a sorti toute une série de disques intéressants dans un style électro-danse.
Connaissant le penchant rétro de Creation, il n'est pas surprenant de constater que le label qui a le mieux marché c'est celui dédié aux rééditions, Rev-Ola, qui, en passant sous la houlette de Cherry Red, a même survécu à sa maison mère. Notons cependant que le fondateur de Rev-Ola, Joe Foster, ne s'en occupe plus et s'est désormais lancé dans l'aventure Poppydisc.
Le premier de ces labels annexes, et le plus ambitieux, ce fut Elevation (en référence à un titre de Television), une étiquette financée par Warner Angleterre avec Alan McGee à la direction artistique. Si dans la presse Alan a eu l'occasion de dire que l'idée c'était de monter une collaboration similaire à celle entre Elektra et Warner aux Etats-Unis dans les années soixante, le véritable modèle d'Elevation est à chercher beaucoup plus près : il s'agit de Blanco Y Negro, le label de Warner monté en partenariat avec des membres de Rough Trade et Cherry Red en 1983. Dans les deux cas, l'objectif était le même : faire passer à une autre échelle en terme de ventes et de notoriété des artistes ayant fait leurs preuves sur des labels indépendants. Pour Blanco Y Negro, il y a eu des succès (Everything But The Girl) et des échecs (The Monochrome Set). Entre les deux, il y a eu The Jesus and Mary Chain, qui venait justement de chez Creation, avec initialement Alan McGee comme manager.
Pour Elevation, l'aventure a été de très courte durée (à peine un an), principalement parce que, contrairement à ce qui était espéré, les vedettes des charts indépendants qu'étaient Primal Scream et les Weather Prophets, rejoints par l'ex-Orange Juice Edwyn Collins, n'ont pas vendu beaucoup plus en Angleterre ou à l'international une fois chez Warner. Du coup, les groupes dont passés de la tête des charts indépendants à la soixantième place des charts nationaux, pas vraiment le meilleur moyen de faire plus parler de soi. Les raisons de cet échec ? Elles sont évidemment multiples, mais elles tiennent sûrement en partie au fait qu'Alan et ses groupes n'ont pas voulu jouer tout à fait le jeu du gros label et aussi bien sûr au fait que les deux albums sortis, Mayflower et Sonic flower groove, n'étaient pas les disques exceptionnels escomptés.
Ce She comes from the rain des Weather Prophets est le tout premier disque sorti par Elevation. Ici, ce n'est pas le maxi original auquel on a à faire, mais à la version en édition limitée à prix réduit. La différence, en-dehors de la pochette ? Une des deux faces B, Happy, est remplacée par deux reprises. Je ne connais pas Happy, mais en tout cas en quantité on n'y perd pas au change.
She comes from the rain est un titre tout à fait dans la lignée du premier single à succès des Weather Prophets, Almost prayed. De façon assez amusante, la production de Lenny Kaye lui donne des tons psychédéliques qui rapproche le son des Weather Prophets de celui du Biff, Bang, Pow ! de The girl who runs the beat hotel, par exemple. En tout cas, avec (un peu) plus de moyens, le résultat final n'est pas très différent des productions sans budget de Creation enregistrées à l'Alaska Studio.
Wide open arms est une chanson qui aura été condamnée aux faces B des singles des Weather Prophets : elle était déjà en face B du maxi Almost prayed et on la retrouve ici. C'est dommage car c'est une bonne chanson. Dans cette nouvelle version elle est rapide et très électrique, annonçant le son plus rock du deuxième album des Weather Prophets. L'arrangement de la première version, à base de bongos et de guitare acoustique, était peut-être plus original et intéressant.
Après avoir repris Richard Hell (avec The Loft), Robert Johnson et Chuck Berry, Peter Astor élargit ici sa palette de références en proposant en face B des versions de You upset the grace of living when you lie de Tim hardin et Who by fire de Leonard Cohen. Connaissant les propres compositions de Peter, ce choix de reprises n'est pas très surprenant. Les deux titres sont très bons et il faut noter que peu de gens reprenaient Hardin ou Cohen dans ces années-là. Je me demande d'ailleurs si cette version de Who by fire ne fait pas partie des enregistrements qui ont pu donner à l'équipe des Inrockuptibles l'idée de se lancer quelques années plus tard dans l'aventure de la compilation-hommage I'm your fan. Sur cet album, Peter Astor (en solo) reprend un autre titre de l'album New skin for the old ceremony, Take this longing.
Peter Astor reste actif musicalement : on attend ce mois-ci la sortie de son nouvel album, Songbox.

Mayflower peut actuellement être téléchargé chez Obscurely Fragile Productions.


Peter Astor le 20 novembre 1985, dans la loge du Croydon Underground, le soir d'un concert où les Weather Prophets étaient à l'affiche avec Primal Scream et Meat Whiplash. Photo : JC Brouchard.

03 juillet 2011

THE PATRON SAINTS OF TEENAGE (TRISTAR)


Acquis par correspondance via Amazon aux Etats-Unis en juin 2011
Réf : WK 57562 -- Edité par Creation / Tristar aux Etats-Unis en 1994
Support : CD 12 cm
15 titres

Il s'agit de deux compilations du label Creation sorties en 1994 qui portent exactement le même titre, mais la version anglaise, distribuée initialement avec un numéro du NME, et cette version américaine sont très différentes l'une de l'autre. Un autre point commun quand même, une pochette vraiment pas enthousiasmante même si celle-ci a droit à la couleur.
En fait, les objectifs poursuivis et les publics visés par les deux disques sont très différents. Les dix titres du NME avaient été choisis parmi les grands succès du label depuis 1984 pour marquer son évolution (comme quoi on peut être à la fois créationniste et évolutionniste en matière de musique !) à l'occasion de son dixième anniversaire. Ici, il s'agissait pour le label Tristar, une étiquette de Sony, qui venait de prendre près de la moitié des parts du capital de Creation, de présenter au public américain une rétrospective des premières années du label, sachant que les disques à faible tirage n'avaient pas été distribués aux Etats-Unis, sauf parfois sous la forme d'imports excessivement chers.
En ce sens, cette version de The patron saints of teenage est plus proche de I love the smell of napalm, la toute première compilation américaine de Creation, sortie par Rough Trade US en 1986, avec quelques groupes en plus pour couvrir les années suivantes. Et du coup, contrairement aux nombreuses compilations anglaises de Creation qui offraient au mieux un slogan, on a droit ici à un livret détaillé avec des notes de Timothy J. Broun qui retracent très fidèlement l'histoire du label et le parcours de chacun des artistes présent. Primal Scream est absent, probablement parce que le groupe avait individuellement signé un contrat américain avec Sire bien avant le deal avec Sony.
Ayant eu deux groupes sur la période, Peter Astor a droit à deux titres ici, le toujours excellent Almost prayed des Weather Prophets et Winter, la face B du premier single de The Loft.
Les premiers singles Creation, à la pochette pliée en deux glissée dans un sac plastique, sont bien représentés avec, Revolving Paint Dream, Biff, Bang, Pow !, X-Men, Slaughter Joe, The Bodines et Meat Whiplash.
La période immédiatement suivante est représentée notamment par les Pastels avec Baby honey, le tout premier maxi du label mais j'aurais préféré Something's going on, le premier titre de Felt paru chez Creation, Ballad of the band, et le toujours sublime Cut me deep des Jasmine Minks.
Pour Momus et The Jazz Butcher, les titres proposés sont bons (le titre-phare du premier maxi Murderers, the hope of women et une reprise du Everybody's talkin' de Fred Neil) mais personnellement j'aurais fait d'autres choix dans les enregistrements disponibles. Par contre, le très dylanien Jangle town de Nikki Sudden est sûrement le single de lui chez Creation que je préfère.
Au bout du compte, le morceau que je connaissais le moins du lot est aussi le plus "récent", High on fire des Telescopes, sorti en 1992, mais ce titre très psychédélique est très proche dans l'esprit de la chanson publiée la première des quinze, Flowers in the sky de The Revolving Paint Dream, la deuxième référence en 45 tours de Creation, sortie tout début 1984.


The Jasmine Minks, Cut me deep.
Une vidéo réalisée à partir de photos d'archives, dont plusieurs ont été prises lors de leur venue en France en mars 1987. A 3'10, il y en a même une qui est prise dans mon ancien appartement rémois.
Les Jasmine Minks donneront un concert exceptionnel avec tous leurs membres originaux au Borderline à Londres le 23 juillet.

02 juin 2011

THE PATRON SAINTS OF TEENAGE (NME)


Acquis au Record & Tape Exchange de Camden dans les années 2000
Réf : CRENME 001 -- Edité par Creation en Angleterre en 1994
Support : CD 12 cm
10 titres

Upside down : the movie, le documentaire sur Creation Records réalisé par Danny O'Connor, était projeté pour la première fois en France hier à Paris dans le cadre du festival Filmer la musique. Il raconte très bien l'histoire du label, même si j'aurais évidemment préféré qu'il insiste encore plus sur les débuts (les Jasmine Minks sont sous-représentés et Felt est absent, mais un autre documentaire, Lawrence of Belgravia, est en préparation depuis des années). Principal défaut du film, comme pour la plupart des documentaires dits "musicaux", il n'y a pas assez de musique ! C'est frustrant d'entendre quelques notes d'un excellent titre et de ne jamais avoir une chanson entière, ni même à moitié.
J'ai apporté une contribution infinitésimale à cette réalisation en fournissant quelques photos d'Alan McGee, de Joe Foster et des Television Personalities, qu'on aperçoit fugitivement. Je fais moi-même (je pense), une apparition encore plus fugace à l'écran, presque un fantôme, sur un film Super 8 muet tourné début 1984 à la Living Room : 9'22" après le début du film, je suis à gauche de l'écran, en manteau et écharpe, comme il se doit à un mètre du chanteur d'un groupe que je suis bien incapable de nommer !
Le film est d'ores et déjà disponible en DVD en Angleterre (sans sous-titres : attention à l'accent écossais). HMV distribue exclusivement une édition double DVD avec des interviews plus longues en bonus.
"Les saints patrons des ados"... Cette compilation date des années mégalo de Creation, celles où Alan se faisait appeler "The President", celles où ils ont sorti d'autres compilations avec des titres comme Creation for the nation ou Priceless Creation. Ce n'était sûrement pas encore le cas avec Doing God's work en 1987, mais Alan explique dans le film que, dans les années 90, sous le coup du succès et des drogues, il s'est vraiment cru tout-puissant. Pour ma part, à distance, j'ai toujours pris ça à la rigolade...
Il est précisé sur la pochette que "The Patron Saints Of Teenage originally appeared as an exclusive reader offer in the NME". Dit comme ça, je comprends qu'il s'agit d'une deuxième édition et que l'édition originale de cette compilation a été soit distribuée avec le NME, soit envoyée aux lecteurs renvoyant un coupon, des sous ou des points. Ce qui m'étonne, c'est que je trouve nulle part en ligne de versions différentes de ce CD du NME (Il existe une autre compilation intitulée The patron saints of teenage, éditée aux Etats-Unis par Tristar après la signature du deal de Creation avec Sony, mais à part le titre ces deux compilations n'ont pas grand chose en commun). Par ailleurs, s'il ne comporte pas de mention du style "For promotion only. Not for sale", ce disque n'a pas non plus de code-barres, ce qui indiquerait qu'il n'a pas été commercialisé. (Petit) mystère, donc.
Ce qui est sûr, vue l'illustration de couverture toute moche, c'est que ce disque a été diffusé à l'occasion (grosso modo, le label ayant démarré en fait fin 1983) des dix ans de Creation. Et franchement, pour un résumé en seulement dix titres de dix ans de parutions du label, c'est une réussite.
Déjà, par chance, la compilation étant sortie peu de temps avant leur signature sur le label, on évite Oasis. Ensuite, les grandes étapes de l'évolution de la Creation sont bien marquées. Upside down de The Jesus and Mary Chain, le premier gros succès indépendant, qui a vraiment lancé le label au bout d'un an. Up the hill and down the slope de The Loft, un autre succès indépendant, le premier édité en maxi, par l'un des premiers groupes à passer à la télé. Shine on de The House of Love, l'un des grands succès de Creation, avec l'album correspondant qui a monté très haut dans les charts nationaux (Shine on, comme Upside down, a été "vendue" aux majors qui ont signé les deux groupes. On a donc pris la peine de signer des licences avec Fontana et Warner pour inclure ces deux titres. Bel effort.).
On a aussi You made me realise, le premier single de My Bloody Valentine chez Creation, juste après qu'Alan McGee et Dick Green se soient rendus compte, comme c'est dit dans le film, que le sous-groupe noisy qu'ils connaissaient et moquaient avait muté en un excellent groupe innovateur. Ils se sont du coup retrouvés tout cons d'avoir exigé que Biff, Bang, Pow ! passe en tête d'affiche et non en première partie de My Bloody Valentine lors d'un concert en Angleterre ! A l'inverse, Space blues de Felt est leur tout dernier disque chez Creation, un disque halluciné, un excellent single hors album. 
Loaded de Primal Scream est un excellent choix pour ce groupe pilier du label, le point de rencontre entre leurs débuts pop-rock et leur collision avec les raves, l'escstasy et la house music.
Leave them all behind de Ride est le premier single Creation à être entré dans le Top 10 des charts nationaux anglais (bien que ce titre dure plus de huit minutes !). Quant à What you do to me, c'est l'un de mes titres préférés de Bandwagonesque, l'album à succès de Teenage Fan Club.
Comme pour les Pixies, Husker Dü a été une grande influence pour Creation, ce qui explique leur satisfaction d'avoir réussi à signer avant tout le monde Sugar, le groupe de Bob Mould. L'épatant premier album Copper blue a été un grand succès et on trouve ici l'un de ses singles, If I cant' change your mind, qui se trouve être aussi mon préféré de Sugar.
En fait, à la lecture des titres, je pensais que le seul faux-pas de ce CD était le choix de Barney (... and me) comme titre des Boo Radleys (J'aurais préféré Lazarus ou d'autres titres de Everything's alright forever ou Giant steps), mais j'ai été agréablement surpris à la réécoute. J'ai fort apprécié la chanson qui, comme celles de My Bloody Valentine, Ride, Teenage Fan Club et Sugar, a de forts relents de Byrds ou autre concoction sixties survitaminée.
Pour ma part, j'ai édité en 2003, pour le vingtième anniversaire de la fondation du label, qui a fermé ses portes entre-temps fin 1999, une compilation virtuelle de 24 titres, I believe in rock'n'roll. Sans trop de surprise, les dix groupes sélectionnés de ce CD se retrouvent sur ma compilation, mais comme je préfère souvent les chemins de traverse, seules quatre chansons sont en commun.

21 janvier 2008

FELT : Me and a monkey on the moon


Acquis à La Clé de Sol à Reims en 1989
Réf : ACME 024CD -- Edité par El en Angleterre en 1989
Support : CD 12 cm
10 titres

L'affiche était alléchante pour cette première soirée du 2ème Festival des Inrockuptibles à La Cigale : Felt, les Chills, les La's et les Stone Roses !
Qu'on ne s'y trompe pas cependant. Je n'apprécie pas trop ces concerts dans des salles de mille places ou plus pleines à craquer et, si j'ai fait le déplacement à Paris ce jour-là, c'est uniquement pour Felt, que je n'avais pas vu en concert depuis celui de Londres deux ans et demie auparavant, et dont les concerts en France étaient des plus rares : à part celui-ci et le premier, que j'avais organisé à Reims le 21 juin 1986, je ne trouve mention, dans un article de Libération non daté, que d'un autre concert annoncé de Felt, à Paris au Rex-Club en première partie de Primal Scream, fin 1988 ou début 1989.
Je ne sais plus dans quel ordre sont passés les groupes. Je me souviens d'avoir un peu écouté les Chills du fond de la salle, un groupe que j'aimais pourtant bien depuis que Creation avait sorti la compilation Kaleidoscope world sous licence Flying Nun en 1986.
Pour les Stone Roses, dont j'aimais beaucoup quelques titres, surtout Made of stone, c'était tellement la folie, avec notamment les fans anglais qui avaient dû descendre de Londres, Manchester ou Liverpool, que j'ai passé une bonne partie du concert dans le hall de La Cigale, me contentant de quelques incursions dans la salle.
Pour les La's, mes souvenirs sont très flous. J'ai en tête un très bon son sixties et un John Power sautillant avec sa tête bouclée, mais j'associe ce souvenir à un concert à L'Usine de Reims ! Seul problème : je ne retrouve dans mes archives aucune mention d'un concert des La's à Reims !! Il est possible que je confonde avec l'excellent concert des Real People à L'Usine le 9 novembre 1991, un autre groupe de Liverpool dont le son ce soir-là était bien meilleur que celui de leur album.
Par contre, je n'ai pas perdu une miette du concert de Felt, et quelle déception ce fut ! Felt n'a jamais eu de jeu de scène à proprement parler (voir le DVD A declaration pour confirmation), mais a toujours donné d'excellents concerts à chaque fois que j'ai eu l'occasion de les voir dans leurs différentes formations, sans jamais rechercher à reproduire vainement les délicates broderies de leurs enregistrements studio. Mais ce soir-là, rien ne fonctionnait. On avait l'impression que le groupe ne jouait pas ensemble, que Lawrence faisait la gueule...
Il n'est jamais facile d'accéder aux loges des groupes quand on n'a pas de pass, surtout lors des gros concerts et encore plus à Paris. Ce soir-là, alors que je prenais l'air sur le boulevard Rochechouart, j'ai hésité à me battre pour essayer d'aller voir le groupe avant de renoncer : j'aurais eu bien du mal à trouver quoi que ce soit de positif dire au groupe sur leur prestation sans leur mentir. J'avais vu un groupe en pleine décomposition, dont je voyais mal comment il pouvait survivre longtemps après ça.
Je n'ai donc pas du tout été surpris d'apprendre quelques semaines plus tard dans le NME que Felt annonçait sa séparation fin 1989 après une dernière tournée anglaise et la sortie d'un nouvel album, Me and and a monkey on the moon.

Après ce concert parisien, je craignais le pire en achetant ce disque, mais pour le coup j'ai été agréablement surpris : il n'est pas mauvais du tout ! Il est certes très différent du reste de la production de Felt, à des années lumières du maxi The final resting of the ark par exemple, ou du premier mini-album Crumbling the antiseptic beauty. C'est un disque de pop-rock presque normale, et la production discrète d'Adrian Borland, de The Sound, y est peut-être un peu pour quelque chose. Mais pas seulement. Les paroles de Lawrence sont plus directes (Budgie jacket relate une agression pédophile sur un ton presque journalistique) et le son a évolué : les solos de guitares sonnent très américains parfois et les claviers de Martin Duffy sont moins en avant mais plus variés, avec le petit son de synthé qu'on trouvait sur Space blues qui revient plusieurs fois et qui, comme le disque dans son ensemble, confirme l'intérêt de Lawrence pour un retour sur les années 70 qui se cristallisera avec Denim.
L'excellente chanson d'ouverture, I can't make love to you anymore, synthétise tous ces éléments. Au niveau du titre, on ne peut guère faire plus direct, et on est très loin du style ampoulé qui a fait la réputation de Felt, comme Whirlpool vision of shame, Sunlight bathed the golden glow ou Trails of couleur dissolve ! La guitare slide et l'ambiance générale font penser au meilleur Weather Prophets ou Peter Astor en solo, et on n'est pas surpris de découvrir dans les crédits que Peter Astor fait justement les choeurs sur ce titre, avec Rose McDowall des Strawberry Switchblade.
Avec cette seule chanson, Felt avait réussi ses adieux en beauté et aurait pu s'arrêter là, ou nous coller une demie-heure de piano solo pour boucler le disque comme sur The Pictorial Jackson Review. Mais non, le reste du disque est d'un très bon niveau de bout en bout, avec des titres enlevés (Mobile shack, Get out of my mirror) et de belles chansons Never let you go, Cartoon sky ou Free qui n'auraient pas déparé sur Forever breathes the lonely word ou Ignite the seven cannons.
New day dawning est particulièrement intéressante puisqu'elle synthétise avec un meilleur son les principales qualités de Poem of the river : le début de la chanson ressemble beaucoup à A declaration (surtout le rythme de basse) et commence justement par une déclaration ("There are some things that I should say before I go and there are some things that you should know") et elle se termine dans une longue envolée de solos de guitares qui pourrait rappeler Riding on the equator.
Avec cet album, Felt tire sa révérence de manière très élégante et, a posteriori, Me and a monkey on the moon peut constituer un point d'entrée très accessible pour qui voudrait faire connaissance avec la musique de Felt, à la condition expresse bien sûr de faire ensuite le chemin à rebours jusqu'à Crumbling the antiseptic beauty.

23 septembre 2006

THE LOFT : Up the hill and down the slope


Offert par Creation Records à Londres en avril 1985
Réf : CRE 015T -- Edité par Creation en Angleterre en 1985
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Up the hill and down the slope -- Your door shines just like gold -/- Lonely Street -- Time

Ce disque est un peu particulier, car le dessin original à l'encre de chine qui a servi à en illustrer la pochette se trouve au mur de la pièce dans laquelle je me trouve aujourd'hui, encadré au-dessus de mes étagères de CDs !
La pochette, on va en reparler ci-dessous, mais pour ce qui est du disque lui-même, il m'avait été donné au moment de sa sortie lors de l'une de mes visites à Londres. Après le "Million tears" des Pastels, c'était la seconde fois seulement que Creation abandonnait ses petits 45 tours aux pochettes pliées en deux sous sac plastique pour de grands maxis. Cet investissement était réservé à l'époque par le label aux groupes à fort potentiel (The Loft, Pastesl, The Jesus & Mary Chain, mais pour ces derniers la sortie du maxi a été annulée par le groupe à la dernière minute), tout simplement parce que la marge commerciale était bien meilleure sur les maxi que sur les singles : en gros, le label ne gagnait quasiment rien sur les 45 tours, mais avait un peu de marge sur les maxis vendus plus de deux fois plus chers avec juste une ou deux chansons en plus.
Et du potentiel, The Loft en avait. Propulsé je crois par la première campagne de pub dans la presse du label, et même par un clip, cet excellent single a très bien marché. The Loft est passé à la télé, à la radio, a été très bien classé dans les charts indépendants, est partie en tournée nationale en première partie de The Colour Field... et s'est séparé à la fin du concert le plus important de la tournée, à Londres, victime des différends entre le duo fondateur, Bill Prince et Andy Strickland, et Peter Astor et Dave Morgan, qui souhaitaient continuer le groupe sans eux ! (Du coup, ils ont fondé aussitôt The Weather Prophets).
C'est la première fois que Peter Astor est passé près du grand succès. La seconde, ce sera quand The Weather Prophets signeront chez Warner. Vingt ans ayant passé, les quatre membres originaux de The Loft se sont retrouvés l'an dernier. Depuis, ils tournent et enregistrent à nouveau ensemble...
On a toujours associé The Loft au rock américain, notamment Television. Personnellement, je préfère The Loft à Television, et surtout, quand j'écoute "Up the hill and down the slope", je trouve ça très original, et je suis bien incapable de proposer un point de comparaison avec qui que ce soit. La chanson est rapide, énergique, les deux guitares sonnent très bien, avec un bon petit solo, la ligne de basse est bonne et le jeu de batterie excellent. Au chant, Peter Astor fait merveille, avec apparemment des paroles qui font un parallèle avec la volonté de gagner le pompon sur un manège à la foire et une ambition folle...
Aucun déchet dans les trois autres titres. "Your door shines just like gold" sonne typiquement The Loft, mais c'est peut-être parce qu'on avait fait sa découverte l'année d'avant sur "Alive in the living room". Par contre, "Lonely Street" aurait très bien pu figurer telle quelle sur un disque des Weather Prophets. Quant à "Time", c'est une très bonne reprise de "Time", un titre du deuxième album de Richard Hell.
Et ce dessin original de la pochette, alors ? Et bien, c'est presque incroyable, mais très simple : j'étais à Londres en avril 1987 avec mon ami Philippe R., notamment pour y enregistrer "Bébé Tchernobyl" et "La bulle jaune". Nous avions rendez-vous avec Alan McG. dans les bureaux de Creation, qui se situaient alors dans la City, au 83 Clerkenwell Street. Je suis toujours un peu fouineur, mais, en arrivant devant l'immeuble, il ne fallait pas être trop curieux pour remarquer un tas de poubelles avec plein de pochettes de disques et d'affiches !! Apparemment, Alan avait été pris d'une envie subite de changer la déco des bureaux, et avait fait enlever tout ce qui était accroché aux murs, notamment plein de pochettes de disques du début du label. Etant en voyage, je ne pouvais pas trop me charger en récupérant plein de pochettes, mais quand je suis tombé sur une feuille de papier à dessin avec dessus ce qui semblait bien être le dessin original de la pochette de "Up the hill and down the slope" (sans les touches d'orange rajoutées à l'impression), je m'en suis emparé, et j'ai demandé quelques années plus tard à la célèbre maison d'encadrement d'art Reims Décor de lui donner un écrin de qualité...
Jusqu'à aujourd'hui, je n'avais jamais fait attention au nom de l'auteur de ce dessin, Ann Kronheimer. Mais j'ai quand même fait une recherche avant de faire ce billet aujourd'hui, et il semble bien qu'elle soit devenue une illustratrice reconnue d'ouvrages pour la jeunesse.



Ajout du 24 juillet 2014 :

The Loft, Up the hill and down the slope, dans l'émission ORS en 1985.

21 mai 2006

ALIVE IN THE LIVING ROOM


Acquis chez Rough Trade ou à la Living Room à Londres en 1984
Réf : CRE LP 001 -- Edité par Creation en Angleterre en 1984
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Ça fait un moment que je voulais parler ici d'un disque Creation, mais je ne savais pas par lequel commencer. Au bout du compte, la logique a prévalu, et j'ai choisi celui-ci, le premier album édité par le label, et surtout un document sonore qui rend compte des concerts organisés par Alan McGee et ses amis à Londres de l'été 83 au printemps 84 sous l'étiquette "The living room", dans des pubs tels que l'Adam's Arms dans Conway Street, jusqu'au 10 février 1984, et l'Union Tavern, près de King's Cross.
Cat album au son brut me touche d'autant plus que j'ai assisté à la plupart des concerts documentés ici, à l'exception je pense de ceux des Mekons, des et des Three Johns (pour ce dernier, j'ai une bonne excuse : je discutais au bar avec Jowe Head).
La principale qualité de ce disque est d'être un album live-vérité. Les concerts avaient donc lieu dans une arrière-salle de pub, le son de la batterie n'était pas repris sur la sono (après ça, j'ai toujours souri à voir des groupes amateurs passés des heures à faire la balance d'une batterie pour jouer dans une MJC), la sono d'ailleurs, avec deux tous petits hauts-parleurs de servait je pense que pour les micros de voix...
Les conditions d'enregistrements étaient en parfaite adéquation avec le son sur place. Dave Musker s'en occupait, avec son frère je crois. Il avait à sa disposition un petit magnétophone à cassette avec un micro, qu'il positionnait où il pouvait à l'arrière de la salle, si possible en hauteur. Régulièrement pendant les concerts on le voyait aller s'affairer autour du magnétophone, à effectuer je ne sais quel réglage ou vérification impossible ! Certains concerts ont aussi été captés en vidéo. On en trouve un témoignage sur le site de Dave Morgan, alors batteur de The Loft (Il s'agit de The Loft à la Living Room (Union Tavern) le 15 mars 1984, en première partie d'Alternative TV.
Je suis content aussi que ce disque laisse un témoignage sonore des performances de The Legend ! and his Swingin Soul Sisters. Je les ai vus deux ou trois fois, et c'était hilarant. Ils étaient trois, en costard et lunettes façon Blues Brothers, avec peut-être bien un rythme ou un fond musical sur une radio-cassette, et ils reprenaient à la hache et a cappella pendant un quart d'heure des classiques de la soul.
Les Pastels, avec une reprise de Red Crayola, ne sont pas à leur meilleur ici. Les autres grands moments du disque sont pour moi le premier enregistrement paru des June Brides ("I fall"), les deux reprises par les Jasmine Minks ("Seven and seven is" et "Green fuz" ; dommage, ils n'ont pas choisi "ESP" des Buzzcocks, qu'ils jouaient souvent à l'époque) et "Your door shines just like gold" de The Loft. Et puis aussi, bien sûr, les deux titres des Television Personalities, enregistrés le 10 février 1984. Il y a la version électrique de "A day in heaven", avec les effets de guitare bruyante de Joe Foster, et "Three wishes", une de mes chansons préférées du groupe, brutalement interrompue suite à la demande de la police, qui était intervenue, de façon assez justifiée il faut le dire, pour non respect des règles de sécurité incendie. Dommage, car je passais ce jour-là un très bon moment, assis aux pieds de Dan Treacy à m'en mettre plein les oreilles, à prendre quelques photos, flottant sur un petit nuage après avoir eu l'honneur d'annoncer au micro les TVP's, façon "Ladies and gentlemen... The Rolling Stones" !


Dave Musker, Alan McGee (caché) et Joe Foster annonçant la fermeture du Living Room à l'Adam's Arms, quelques secondes après l'interruption brutale du concert des Television Personalities pendant "Three wishes". Photo : JC Brouchard.

PS : A peine plus de cent disques dans ce blog et je m'y perds déjà ! J'ai déjà parlé d'un CD édité par Creation, celui de Teenage Filmstars.

08 mai 2006

PETER ASTOR AND THE HOLY ROAD : Almost falling in love


Acquis d'occasion quelque part en France dans les années 1990
Réf : DANCD110 -- Edité par Danceteria en France en 1992
Support : CD 12 cm
Titres : Almost falling in love -- Leaving train -- Never been as good as this -- Joe's revenge

Autant j'ai suivi de près et énormément apprécié les disques de The Loft des Weather Prophets, autant les deux premiers albums solo de Peter Astor, sortis chez Creation, m'ont glissé dessus sans me marquer. Il a fallu que Peter se retrouve sur un label français pour sortir deux albums excellents, "Paradise", dont ce single est extrait, et"God and other stories". Malheureusement pour lui, je crois que ces disques n'ont pas été distribués en Angleterre. Ensuite, Danceteria a fait faillite, et Peter a continué son chemin, avec notamment les projets Wisdom of Harry et Ellis Island Sound, et même l'an dernier avec un nouvel album sous son nom, "Hal's eggs".

Seul le premier titre est extrait de l'album. "Almost falling in love" décrit très bien ces phases de séduction qui peuvent mener, ou non, au début d'une aventure. L'ambiance musicale est détendue, plus proche des Weather Prophets des débuts que de l'ambiance plus électrique de "Judges, juries, horsemen". On note la présence de Neil Scott, qui a accompagné plein de gens, dont notamment Felt et Everything But The Girl, et un chœur féminin très réussi sur le refrain. Après "Almost prayed", il se confirme que les titres commençant par "Almost" lui réussissent !

"Leaving train" est un inédit probablement issu des sessions de l'album, sur lequel il aurait mérité de figurer.

Les deux derniers titres sont des nouvelles versions studio de deux des très bonnes chansons des Weather Prophets. Elles sont plutôt bonnes mais ne dépassent pas les versions originales. "Never been as good as this" est plus rapide, mais bizarrement plus molle. Quant à "Joe's revenge", qui est une sorte de suite de "Joe Schmo and the eskimo", elle est excellente mais ne peut pas rivaliser avec l'originale, un petit chef d’œuvre probablement enregistré en solo, à base de claviers et de boite à rythmes.

Grâce à l'alors jeune association Les Pirates de l'Art, la tournée qui a suivi la parution de "Paradise" est passée par Reims le 15 avril 1993, pour un concert d'excellente facture au cours duquel Peter m'a fait le plaisir de me dédicacer la version de l'excellent "Blue rooftop".
Le concert, comme ce disque, était très pop-rock, mais un peu plus tard dans la soirée, alors que le groupe était resté à la porte du très peu hospitalier "club rock" rémois "Le Tigre", ce n'est pas sur du rock que Peter et ses potes dansaient dans la rue, mais sur le premier album de hip hop déjanté de The Pharcyde !

26 décembre 2005

COME! : A CREATION RECORDS PROMOTIONAL CASSETTE


Offert par Laurence V. à Paris le 21 avril 1986
Réf : CRE PROMO ONE -- Edité par Creation en Angleterre en 1986 -- Not for resale
Support : Cassette
Titres : Therese (The Bodines) -- Cold heart (The Jasmine Minks) -- Love song # 2 (The Weather Prophets) -- Love's going out of fashion (Biff, Bang, Pow !) -- Rolling moon (The Chills) -- Subterranean (Primal Scream)

Ce fut une journée bien chargée, ce lundi 21 avril 1986. Elle s'annonçait bonne, car Jonathan Richman devait donner un concert à l'Eldorado à Paris.
J'étais parti de Reims avec un membre des Combinaisons (Bruno ?) pour aller retrouver un autre membre du groupe (Philippe, mais c'est peut-être l'inverse) chez lui à Paris. Tous les trois, on s'est ensuite rendus assez tôt dans l'après-midi vers le lieu du concert. A quelques centaines de mètres de l'Eldorado, boulevard Saint-Martin, on passe devant une sanisette ouverte. Il y a un mec inconscient assis sur la cuvette, avec une seringue qui pend, plantée dans son bras. On se serait cru dans un film. Il nous a fallu quelques minutes pour trouver une cabine et appeler les secours. Pendant que j'écoutais le répondeur qui me disait qu'on prendrait bientôt mon appel, on a finalement vu arriver les secours arriver près de la sanisette, et on a pu continuer notre chemin.
Les Combinaisons ont acheté leur billet pour le soir, tandis que moi j'ai réussi à me faire admettre à l'intérieur, et j'ai pu assister à la balance de Jonathan Richman, accompagné d'Andy Paley et de Brennan Totten, tous les deux à la guitare acoustique. L'événement, c'est que pour la première fois de ma vie, j'entendais Jonathan jouer du saxophone ! (notamment pour une version d' "Egyptian reggae", il me semble me rappeler).

Ensuite, j'ai pu récupérer un passe pour le concert, et je me suis rendu à l'appartement de Laurence V. Laurence, la dernière fois que je l'avais vue, c'était à Londres l'automne précédent, au retour de deux concerts de Jesus and Mary Chain à Manchester et à Leeds. Là, comme elle était à Paris aussi, on s'était donnés rendez-vous. Au cours de la conversation, elle a sorti cette cassette promo de Creation, et m'a demandé si j'en avais eu un exemplaire. La réponse étant négative, elle m'a donné son exemplaire, car elle comptait en récupérer un de retour à Londres.

Un peu plus de deux ans après les débuts de Creation, il s'agit donc de la première parution promo du label, à un moment où il était en pleine expansion.
Il y six titres dessus. "Therese", des Bodines, allait devenir un gros succès. "Cold heart" des Jasmine Minks et "Love's going out of fashion" de Biff, Bang, Pow ! sont parmi les meilleurs des singles respectifs de ces deux groupes. "Rolling moon" des Chills est extrait du premier disque édité par Creation qui ne soit pas une production originale : "Kaleidoscope" a été sorti par Creation en Angleterre sous licence de Flying Nun. Les Weather Prophets n'avaient sorti aucun disque sous leur nom au moment de la diffusion de la cassette. "Love song # 2" était donc alors inédit, mais on a retrouvé cet enregistrement en face B de leur premier single, "Almost prayed", sous son titre définitif, "Like Frankie Lymon".
Le titre le plus intéressant du lot, c'est "Subterranean" de Primal Scream, tout simplement parce que cette très bonne chanson est restée officiellement inédite. C'est d'ailleurs incompréhensible, puisque, à l'automne 1985 lorsque je les avais vus en tournée, cette chanson figurait en très bonne place dans le répertoire du groupe. Ils l'ont même enregistrée pour une Peel session. Je pensais même à l'époque que "Subterranean", avec son refrain "I love you, do you love me ? I love you, ah do you love me now ?" serait la face A du second single du groupe. Eh bien non, et on n'a retrouvé cette chanson ni sur le premier album, ni même sur une obscure face B de single. Je ne serais pas surpris que l'enregistrement proposé ici soit celui de la Peel session.
Il y a un message de propagande publicitaire imprimé sur la jaquette de la cassette, presque illisible en noir sur bleu, mais on peut déchiffrer : "A taste of things to come...Get ready for Lawrence...Creation Records, the world just wouldn't be the same without it" (et en effet, "Ballad of the band" de Felt allait sortir ce printemps 1986).

Après un café, je suis retourné rapidement à l'Eldorado, pour trouver l'entrée bloquée par quelques voitures de flics de Pasqua (le Sarkozy de l'époque était effectivement Pasqua, le parrain politique des Hauts-de-Seine et de Sarkozy !). J'ai très vite appris que le concert venait d'être annulé car la salle n'était pas aux normes. Jonathan était sorti s'excuser auprès du public un peu plus tôt, et avait chanté quelques chansons a capella. Mais pas mal de gens étaient arrivés depuis, dont certains avaient fait des centaines de kilomètres pour l'occasion.
Avec mon passe, j'ai pu entrer dans l'Eldorado, juste à temps pour croiser Jonathan qui quittait les lieux, lui expliquer la situation et lui demander s'il pouvait rechanter quelques chansons. En sortant, j'ai récupéré un paquet des affiches géantes et moches du concert que j'ai distribuées aux gens dehors pendant que Jonathan entamait un mini-tour de chant sur le trottoir du boulevard de Strasbourg, accompagné d'Andy à la guitare et de Brennan aux percussions (sur sa guitare retournée) : "That Summer feeling", "Give Paris one more chance", "Chewing gum wrapper"... Evidemment, un petit attroupement s'était formé autour des musiciens, et tout le monde les accompagnait en choeur. Mais la maréchaussée était bien sûr toujours présente, alors, avant d'entamer sa dernière chanson, "Just about seventeen", Jonathan a tenu à s'adresser à eux pour leur demander "Gendarme, c'est possible pour encore une fois ?".

Le lendemain, je quittai Paris avec une cassette Creation en poche, mais sans avoir assisté à un concert complet avec Jonathan Richman au saxophone...

Ajout du 29 janvier 2010 :
Pour avoir une idée ce qu'on a raté à Paris le 21 avril 1986, voici un extrait du concert de Madrid plus tôt dans la tournée, le 8 avril.
Jonathan, Andy Paley et Brennan Totten interprètent "This kind of music", "The UFO man" et "La bamba".



Ajout du 28 novembre 2013 :
Et voici l'affiche promo correspondante, en noir et blanc à peine lisible, trouvée sur la page Facebook des Jasmine Minks.

16 novembre 2005

THE ROCKINGBIRDS : A good day for you is a good day for me


Acquis je sais plus où en 1991
Réf : HVN 14 CD -- Edité par Heavenly en Angleterre en 1991
Support : CD 12 cm
Titres : A good day for you is a good day for me -- Jonathan Jonathan -- Only one flower

Il s'agit d'un autre de ces disques qui m'ont fait aimé les sons de la country music. Les Rockingbirds étaient un groupe londonien à fond dans un trip country, avec le look adéquat, et malgré cela ils n'étaient pas ridicules.
Le premier titre, enlevé, avec une pedal steel très présente, est très optimiste et répand la bonne humeur.
"Jonathan Jonathan" est un hommage de fan à Jonathan Richman. Ils en feront une nouvelle version en 1992 pour leur premier album, qui sortira en face A de single avec une pochette clin d'oeil au logo des Modern Lovers.
Le dernier titre est une belle ballade, un peu à la Peter Astor, comparaison pas innocente puisque c'est justement Peter Astor qui a produit ce disque, tandis que la section rythmique des Rockingbirds, Dave Morgan et Greenwood Goulding, est celle des Weather Prophets, l'ancien groupe de Peter Astor.
J'ai pu voir les Rockingbirds sur scène le 24 avril 1991 à Londres pour un concert très court dans un bar d'Oxford Street, en première partie d'un showcase de Peter Astor. Moins d'une semaine plus tard, le 30 avril, les Rockingbirds étaient sur la scène du Subterrania, en première partie de.... Jonathan Richman ! Mais j'avoue que je n'ai pas entendu grand chose du concert, à part "Jonathan Jonathan", parce que je papotais dans les loges pendant leur prestation...