21 janvier 2008

FELT : Me and a monkey on the moon


Acquis à La Clé de Sol à Reims en 1989
Réf : ACME 024CD -- Edité par El en Angleterre en 1989
Support : CD 12 cm
10 titres

L'affiche était alléchante pour cette première soirée du 2ème Festival des Inrockuptibles à La Cigale : Felt, les Chills, les La's et les Stone Roses !
Qu'on ne s'y trompe pas cependant. Je n'apprécie pas trop ces concerts dans des salles de mille places ou plus pleines à craquer et, si j'ai fait le déplacement à Paris ce jour-là, c'est uniquement pour Felt, que je n'avais pas vu en concert depuis celui de Londres deux ans et demie auparavant, et dont les concerts en France étaient des plus rares : à part celui-ci et le premier, que j'avais organisé à Reims le 21 juin 1986, je ne trouve mention, dans un article de Libération non daté, que d'un autre concert annoncé de Felt, à Paris au Rex-Club en première partie de Primal Scream, fin 1988 ou début 1989.
Je ne sais plus dans quel ordre sont passés les groupes. Je me souviens d'avoir un peu écouté les Chills du fond de la salle, un groupe que j'aimais pourtant bien depuis que Creation avait sorti la compilation Kaleidoscope world sous licence Flying Nun en 1986.
Pour les Stone Roses, dont j'aimais beaucoup quelques titres, surtout Made of stone, c'était tellement la folie, avec notamment les fans anglais qui avaient dû descendre de Londres, Manchester ou Liverpool, que j'ai passé une bonne partie du concert dans le hall de La Cigale, me contentant de quelques incursions dans la salle.
Pour les La's, mes souvenirs sont très flous. J'ai en tête un très bon son sixties et un John Power sautillant avec sa tête bouclée, mais j'associe ce souvenir à un concert à L'Usine de Reims ! Seul problème : je ne retrouve dans mes archives aucune mention d'un concert des La's à Reims !! Il est possible que je confonde avec l'excellent concert des Real People à L'Usine le 9 novembre 1991, un autre groupe de Liverpool dont le son ce soir-là était bien meilleur que celui de leur album.
Par contre, je n'ai pas perdu une miette du concert de Felt, et quelle déception ce fut ! Felt n'a jamais eu de jeu de scène à proprement parler (voir le DVD A declaration pour confirmation), mais a toujours donné d'excellents concerts à chaque fois que j'ai eu l'occasion de les voir dans leurs différentes formations, sans jamais rechercher à reproduire vainement les délicates broderies de leurs enregistrements studio. Mais ce soir-là, rien ne fonctionnait. On avait l'impression que le groupe ne jouait pas ensemble, que Lawrence faisait la gueule...
Il n'est jamais facile d'accéder aux loges des groupes quand on n'a pas de pass, surtout lors des gros concerts et encore plus à Paris. Ce soir-là, alors que je prenais l'air sur le boulevard Rochechouart, j'ai hésité à me battre pour essayer d'aller voir le groupe avant de renoncer : j'aurais eu bien du mal à trouver quoi que ce soit de positif dire au groupe sur leur prestation sans leur mentir. J'avais vu un groupe en pleine décomposition, dont je voyais mal comment il pouvait survivre longtemps après ça.
Je n'ai donc pas du tout été surpris d'apprendre quelques semaines plus tard dans le NME que Felt annonçait sa séparation fin 1989 après une dernière tournée anglaise et la sortie d'un nouvel album, Me and and a monkey on the moon.

Après ce concert parisien, je craignais le pire en achetant ce disque, mais pour le coup j'ai été agréablement surpris : il n'est pas mauvais du tout ! Il est certes très différent du reste de la production de Felt, à des années lumières du maxi The final resting of the ark par exemple, ou du premier mini-album Crumbling the antiseptic beauty. C'est un disque de pop-rock presque normale, et la production discrète d'Adrian Borland, de The Sound, y est peut-être un peu pour quelque chose. Mais pas seulement. Les paroles de Lawrence sont plus directes (Budgie jacket relate une agression pédophile sur un ton presque journalistique) et le son a évolué : les solos de guitares sonnent très américains parfois et les claviers de Martin Duffy sont moins en avant mais plus variés, avec le petit son de synthé qu'on trouvait sur Space blues qui revient plusieurs fois et qui, comme le disque dans son ensemble, confirme l'intérêt de Lawrence pour un retour sur les années 70 qui se cristallisera avec Denim.
L'excellente chanson d'ouverture, I can't make love to you anymore, synthétise tous ces éléments. Au niveau du titre, on ne peut guère faire plus direct, et on est très loin du style ampoulé qui a fait la réputation de Felt, comme Whirlpool vision of shame, Sunlight bathed the golden glow ou Trails of couleur dissolve ! La guitare slide et l'ambiance générale font penser au meilleur Weather Prophets ou Peter Astor en solo, et on n'est pas surpris de découvrir dans les crédits que Peter Astor fait justement les choeurs sur ce titre, avec Rose McDowall des Strawberry Switchblade.
Avec cette seule chanson, Felt avait réussi ses adieux en beauté et aurait pu s'arrêter là, ou nous coller une demie-heure de piano solo pour boucler le disque comme sur The Pictorial Jackson Review. Mais non, le reste du disque est d'un très bon niveau de bout en bout, avec des titres enlevés (Mobile shack, Get out of my mirror) et de belles chansons Never let you go, Cartoon sky ou Free qui n'auraient pas déparé sur Forever breathes the lonely word ou Ignite the seven cannons.
New day dawning est particulièrement intéressante puisqu'elle synthétise avec un meilleur son les principales qualités de Poem of the river : le début de la chanson ressemble beaucoup à A declaration (surtout le rythme de basse) et commence justement par une déclaration ("There are some things that I should say before I go and there are some things that you should know") et elle se termine dans une longue envolée de solos de guitares qui pourrait rappeler Riding on the equator.
Avec cet album, Felt tire sa révérence de manière très élégante et, a posteriori, Me and a monkey on the moon peut constituer un point d'entrée très accessible pour qui voudrait faire connaissance avec la musique de Felt, à la condition expresse bien sûr de faire ensuite le chemin à rebours jusqu'à Crumbling the antiseptic beauty.

8 commentaires:

perros a dit…

Si il y bien eu un concert des La's à l'usine. je ne sais plus en quelle année. Trés trés bon concert. Le groupe s'est reformé il ya deux ans pour quelques festivals.il vallait mieux être à l'usine.

Pol Dodu a dit…

Perros,
Tu as raison, bien sûr, et l'excellent site Reimspunknroll le confirme en nous proposant le ticket ici.
Le concert a eu lieu le mercredi 27 mars 1991, avec D.Tails en premère partie.
Ça correspond à mes souvenirs, ce qui m'a trompé c'est que je n'ai pas noté ce concert dans mon agenda 1991.
Du coup, ça confirme que je n'ai aucun souvenir d'avoir éventuellement vu les La's à La Cigale en 1989 !!

Perros a dit…

Mais le concert des La's plus les stones roses à bien eu lieu ou pas ?

A l'époque j'étais trés fan des deux groupes et cela m'étonne d'avoir raté ce type d'affiche.

Pol Dodu a dit…

Perros,

Ben oui, je pense qu'il a bien eu lieu, même si je ne m'en souviens pas. J'ai toujours l'article de Bayon dans Libé qui annonce le festival avec cette affiche.
Je les ai peut-être ratés tout simplement car ils ont joué en premier, c'est en tout cas ce que dit Lawrence dans cet article en précisant que de jouer entre deux si bons groupes (Les La's et les Stone Roses) était une raison qui les avait décidés, Gary et lui, à arrêter le groupe !
Sinon, si on regarde la discographie des La's, avec un seul single paru en 1987 avant ce concert fin 1989, on peut penser que, comme moi, tu ne les connaissais pas fin 89. Alors qu'en 91, après "There she goes", on ne risquait pas de les rater !

PERROS a dit…

d'ailleurs lee MARVERS vit toujours des rentes de cette chanson. Effectivement en 89 je ne connaissais pas encore.

Vincent a dit…

Pourquoi t'écris pas dans Magic ?

Pol Dodu a dit…

Vincent,
Je n'aurais rien contre, mais l'occasion ne s'est jamais présentée !
Mais, pour ce qui concerne Felt, il me semble que la rédaction de Magic compte en son sein au moins un très grand fan de Felt en la personne de Christophe Basterra.

vincent a dit…

C'est justement pour ça que je te demandais...

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