05 février 2012

PETE ASTOR : Songbox


Acquis par correspondance chez Second Language en Angleterre en janvier 2012
Réf : SL012 & SL012x -- Edité par Second Language en Angleterre en 2011
Support : 2 x CD 12 cm
11 + 11 titres

Cet album de Pete Astor s'appelle Boite à chansons et le CD qui contient ces chansons est effectivement rangé dans une boite en carton, avec des cartes postales sur lesquelles les paroles sont imprimées. Les premiers exemplaires étaient accompagnés d'un CD de reprises des onze titres de l'album. Sur le coup, je m'étais agacé de cette édition avec bonus très limitée, mais j'aurais dû me renseigner d'abord et j'aurais compris que le projet de Second Language est justement, hors de la production industrielle habituelle, d'être un label fait-main qui diffuse de la musique de manière réfléchie et travaillée, en quantité limitée comme toute production artisanale, prioritairement destinée aux soutiens du label ont choisi de s'abonner à l'avance aux différentes parutions. Et même si je me suis réveillé un peu tard, Glen Johnson, de Second Language et de Piano Magic, entre autres, a eu la gentillesse de glisser le CD-R de reprises dans ma boite lorsque je l'ai commandée.
Avant ça, j'avais découvert cet album grâce à Dead trumpets, l'extrait qui en avait été largement diffusé en ligne et qui indiquait d'emblée que Songbox est à classer parmi les meilleures productions de Pete ces vingt-cinq dernières années, c'est à dire bien meilleur que les premiers albums solo chez Creation et aussi enthousiasmant que les disques chez Danceteria, les faces B quasi-solo des Weather Prophets comme Joe Schmo and the eskimo ou les meilleurs titres de The Wisdom of Harry.
On n'a pas à faire ici à un album concept, mais après des années de pratique et alors qu'il enseigne la musique à l'université, Pete Astor réfléchit à sa pratique d'auteur-compositeur, et le premier et le dernier titre de l'album parlent notamment de ça, de chanson. Le refrain du premier, Dead trumpets, est clair : "Welcome to my late night solo drinking song. It's called 'Dead trumpets' and no one's going to sing along." Sauf que, l'ironie ne peut être que volontaire, cette partie entraînante de la chanson est justement celle où Pete est accompagné par plusieurs choristes !
De façon très directe, Mistress of song traîte de la question de l'écriture de chanson, et là il y a un précédent évident que le titre lui-même évoque, la Tower of song de Leonard Cohen. Pete Astor en dit plus sur le sujet dans le podcast de Second Language et dans sa rencontre filmée avec Lawrence. Il explique notamment la référence à la première rencontre avec la chanson, en 1974 : c'est l'année où il a assisté à son premier concert rock, un prof l'ayant emmené voir Hawkwind avec d'autres élèves de sa classe.
Outre ces deux chansons, l'ensemble de l'album est une réussite. Les arrangements sont travaillés, notamment avec l'utilisation d'instruments à vent (joués par Keiron Phelan et Jenny Brand) et de choeurs, mais la production reste toujours très fraiche et très légère. J'y retrouve la patte de Peter, avec des accents qui rappellent The Weather Prophets ou ses précédents disques solo, avec une majorité de chansons que j'aime beaucoup, dont Slip away, Dunce, Tiny town, The perfect crime et Sleepers.
Le CD de reprises peut être vu comme une prolongation de la réflexion sur la fabrique de chansons, cette matière première étant retravaillée par de vieilles connaissances et de jeunes groupes. Chacun adapte les chansons à son style, quitte à les améliorer, comme le souligne Pete dans l'interview. Dead trumpets par Dollboy semble avoir été mixé avec la reprise du Rock'n'roll de Gary Glitter par The Human League. Dunce par Pastourelle donne aussi (discrètement) dans l'électro. Plusieurs titres ont un son plutôt lo-fi, notamment ceux de Let's Wrestle, Darren Hayman, Comet Gain et The Proper Ornaments. La version assez folk de Slip away par Pete Greenwood a le mérite de révéler la parenté de cette chanson avec les compositions de Townes Van Zandt. Parmi les vieilles connaissances, Patrik Fitzgerald surprend en utilisant le piano plutôt que son habituelle guitare et les Raincoats continuent à jouer les têtes chercheuses et aboutissent avec The perfect crime à un résultat assez proche de ce que Mathew Sayer fait de Tree of birds. L'album se conclut magistralement avec une version dépouillée de Mistress of song par Piano Magic, chantée par Angèle David-Guillou, qu'on entend aussi sur le disque de Pete Astor (au piano électrique et aux choeurs), mais pas sur la version originale de ce titre.

A écouter : le Podcast 12 de Second Language, avec Pete Astor qui s'explique sur la création de Songbox.
Songbox est en vente chez Second Language.


La vidéo de Dead trumpets réalisée par Gina Birch des Raincoats.


Pete interviewé par Lawrence à propos de Songbox (1ère partie).

Aucun commentaire:

LinkWithin

Linkwithin