01 juillet 2026

AMADOU & MARIAM : Once in a lifetime


Consulté la première fois sur INA le 24 juin 2026
Réf : [sans] -- Diffusé par Le Mouv' le 5 avril 2012
Support : 1 fichier FLV
Titre : Once in a lifetime

J'étais persuadé à tort que j'avais chroniqué il y a bien longtemps mon CD single de Je pense à toi d'Amadou et Mariam, dans les premières années du blog. Et ça fait un moment que j'envisage de m'intéresser à un autre de leurs disques, peut-être mon maxi promo de Les beaux dimanches. Au bout du compte, ce n'est pas avec un disque mais avec une session radio filmée et diffusée à la télé qu'on va "étrenner" ici "le couple aveugle du Mali".
Sachant que Mariam Doumbia (1958-) et Amadou Bagayoko (1954-2025) ont commencé à jouer ensemble au début des années 1980, ce n'est que tardivement, quand l'album Sou ni tilé est sorti en France en 1998, que j'ai commencé à m'intéresser à eux. Je regrette fort de ne pas être allé les voir en concert quand ils ont joué dans la Marne autour de l'an 2000. Ils avaient le don de créer d'excellentes chansons très accessibles.

Comme avec Daouda, c'est en allumant ma box télé internet pré-réglée sur Melody d'Afrique que je suis tombé au milieu de cette chanson. J'ai notamment été impressionné par le jeu de guitare d'Amadou sur cette prise en direct, sachant qu'il assure aussi le chant. J'ai été surpris de voir à la fin que la chanson était titrée en anglais et que ce titre était le même que celui du classique de 1980 de Talking Heads.
Ça n'a pas suffi pourtant pour que j'ai le déclic. Pour moi, j'avais entendu une chanson originale d'Amadou et Mariam. Ce n'est que le lendemain, quand j'ai cherché à la réécouter et à voir sur quel disque on la trouve (aucun...) que j'ai bien dû me rendre à l'évidence : le Once in a lifetime d'Amadou et Mariam est une reprise de Talking Heads.

D'abord, il faut dire qu'Amadou et Mariam ne chantent pas la chanson en anglais (plutôt en bambara, je suppose). Je ne sais pas s'ils ont traduit les paroles, mais vu le contexte, je parierais bien que ce sont des paroles originales.
Les autres musiciens sont excellents eux aussi, mais c'est la guitare qui porte le morceau. Le riff de base, c'est carrément du rock and roll le plus basique possible. C'est pas Louie Louie, mais on en n'est pas loin.
Ce que je reconnais le mieux de la chanson originale, ce sont les refrains ("Letting the days go by..."). Pour le reste, je me dis que ce sont les couplets qu'ils chantent en duo. Mais, comme indiqué sur la page Dailymotion, il s'agit vraiment d'une réinterprétation complète, pas d'une simple reprise, et, sans manquer d'honnêteté, je n'aurais rien trouvé à redire si Amadou et Mariam s'étaient attribués cette chanson.

On sait que  des musiques d'Afrique ont largement influencé la création de l'album des Talking Heads. En 2018, Angélique Kidjo a en quelque sorte bouclé la boucle en reprenant intégralement Remain in light. Beaucoup plus proche de l'originale, je trouve son Once in a lifetime moins impressionnant que celui d'Amadou et Mariam..

Un documentaire de Ryan Marley, Amadou et Mariam : Sons du Mali, est sorti en 2025.
Un an après la mort de son époux, Mariam a repris la route. Elle est actuellement en tournée en France pour continuer à chanter Amadou & Mariam.



Amadou & Mariam en Mouv' Session dans Rodéo sur le Mouv' le 5 avril 2012.

27 juin 2026

BOB NEWMAN : Ay round the corner


Acquis sur la brocante de l'avenue Victor Hugo à Ay le 21 juin 2026
Réf : V. 3189 -- Édité par Vogue en France vers 1954
Support : 78 tours 25 cm
Titres : Ay round the corner (Au coin du grand bois) -/- Sand boogie (Le boogie des sables)

Il y a des arbres alignés le long de l'avenue qui mène à la gare d'Ay. C'était donc ombragé en début de matinée, la chaleur était supportable et la ballade très agréable sur cette brocante majoritairement familiale. Comme c'était aussi la Fête de la Musique, j'ai même pu voir une partie du concert bien sympathique d'un orchestre folk d'accordéons/épinette.

Les choses se sont déroulées quasiment de façon identique à l'an dernier, quand j'avais trouvé le disque exceptionnel de Guy Cornély : vers la fin de mon parcours, sur un stand de particuliers où il y avait juste un carton de disques venant de plusieurs générations de propriétaires, j'en ai trouvé deux qui m'intéressaient. Un 45 tours de Little Bob Story de 1978, dont l'intérêt principal que la face A est une chanson de Springsteen que lui-même n'avait pas publiée à l'époque. Dans la même catégorie, je préfère Because the night de Patti Smith !
L'autre est ce 78 tours, qui côtoyait un album dépareillé d'une dizaine de disques. Ce qui a d'abord attiré mon attention, c'est le mot "boogie" dans l'un des titres. J'ai compris en lisant les rondelles que c'était du country and western façon cow-boy et j'ai apprécié de voir la traduction des titres en français. J'étais déjà décidé à l'acheter quand j'ai vu la mention indiquant que le label original était le légendaire King Records de Cincinatti. Certes, ce disque ne date pas de l'âge d'or rhythm and blues du label, plutôt de ses productions country des premières années, mais ce n'est pas tous les jours qu'on voit passer une de ses productions.

Ce n'est qu'en repartant, alors que j'admirais le rond central, que j'ai vraiment fait attention au titre Ay around the corner, parfait pour cette occasion : après tout, je venais d'acheter ce disque à Ay, qui, en exagérant à peine, se trouve au coin de la rue en bas de chez moi !

Ce n'est pas toujours le cas pour les 78 tours, mais j'ai trouvé ce disque référencé sur Discogs. En y regardant bien, j'ai vu qu'il ne s'agit pas de la même édition que la mienne, qui doit lui être antérieure. Vogue a corrigé quelques erreurs. Le titre de la face A y est orthographié Around the corner (il y a plein de variantes), il y a une mention "DR" (Droits réservés) plutôt que "B.I.E.M." et les noms des formations "Trio" et "String band" qui sont inversés sur mon édition par rapport à la publication originale, sont remis dans le bon ordre.
Comme les labels français le faisaient souvent, Vogue a pioché les deux faces sur deux disques américains différents. Il y a sur mon exemplaire la mention "juillet 1954" pour indiquer sa date d'achat ou de réception. 

Bob Newman (1915-1979) a rejoint en 1935 les Georgia Crackers, le groupe de ses frères Hank et Slim, également connu, sans surprise, sous le nom de Newman Brothers. Actif de la fin des années 1920 à la fin des années 1950, le groupe, parfois décrit comme un hybride de  Jimmie Rodgers et des Sons of the Pioneers, a eu du succès dans le Sud et le Mid-West des États-Unis, en concert, à la radio, sur disque et même au cinéma dans les années 1940.
Bob, qui composait la plupart des titres du groupe, a été le dernier des trois frères à se lancer en solo, en parallèle du groupe. Il a enregistré vingt-cinq titres pour King de 1950 à 1952, dont les deux de mon 78 tours.
Son titre qui a eu le plus de postérité, c'est Phfft! you were gone, chanson comique reprise tout au long des années 1960 par différents invités de l'émission Hee haw.

A-round the corner (Beneath the berry tree) est l'adaptation d'une chanson populaire par Josef Marais, publiée en 1952 par le duo Marais and Miranda qu'il constituait avec son épouse. Un peu à la manière de Madeleine de Brel, elle conte l'histoire d'un gars qui attend sa chérie Emily, avec qui il a rendez-vous sous un arbre. Mais Emily est en retard...
La version de Marais and Miranda (je ne suis pas sûr que ce lien pointe vers la première version enregistrée) est joyeuse et sautillante, mais elle se conclut par un meurtre à la faucille : "Tonight all the folks will cut the corn, tonight I am sad and so forlorn. For my Emily was fickle, so I used my sharpened sickle, and the blood beneath the berry tree does trickle."
Ce couplet final sanglant n'apparaît pas dans la plupart des versions qui ont suivi, il reste juste le côté léger.
La version qui a eu le plus de succès est celle de Jo Stafford, qui a été n°1 des ventes en Angleterre (Emily est transformée pour l'occasion en Henry Lee). A la même époque, les Weavers ont également enregistré cette chanson avec succès.
La version de Bob Newman d'A-round the corner est très bonne. Je crois que c'est ma préférée des quatre citées. Elle est prise sur un tempo rapide, avec de la contrebasse, un piano, une guitare slide qui imite le sifflet d'un train et un solo de violon.

Sand boogie est une composition originale de Bob Newman. La guitare électrique, y compris avec slide, y est mise en avant.
On retrouve ce titre sur la compilation Roots of rock and roll 1952 vol. 8 de Frémeaux et Associés. Dans le livret, Gérard Herzhaft indique que Bob Newman "a enregistré certains des chefs d’œuvre d’un country boogie virant allègrement vers le rockabilly". Sand boogie en est un très bon exemple.

Jamais deux sans trois ? Si j'y retourne l'an prochain, je signe tout de suite pour retrouver un disque de cette qualité sur ce vide-grenier !

24 juin 2026

SUN RA : Enlightenment


Consulté pour la première fois sur YouTube le 12 mars 2026
Réf : SR 10 001 -- Édité par Shandar en France en 1971
Support : 1 fichier MP3
Titre : Enlightenment

C'est l'ami Philippe R. qui m'a envoyé il y a quelques mois le lien  vers l'émission de la télé française L'état du monde diffusée le 31 mai 1969. Le thème était Spécial États-Unis et on y voit Sun Ra et son Intergalactic Arkestra jouer chez lui, dans son appartement de Philadelphie. Ils interprètent notamment la courte chanson Enlightenment, et c'est un moment magique.
Pour faire bonne mesure, Philippe m'a aussi envoyé le lien vers ce qu'il pensait être la version studio de la chanson (et moi aussi d'ailleurs). L'arrangement est très proche de la version télé et c'est tout aussi bon. En fait, la demi-seconde d'applaudissements au tout début indique qu'il s'agit d'une version en concert. On y reviendra.

Depuis que j'ai découvert il y a 25-30 ans l'album Batman and Robin auquel l'Arkestra a participé, je sais qu'il y a des choses qui peuvent m'intéresser chez Sun Ra, que ce n'est pas juste du jazz cosmique pas fait pour mes oreilles.

J'ai essayé de retracer l'histoire d'Enlightenment.
A priori, sa première publication sur disque c'était en 1959 sur l'album Jazz in silhouette. La musique est composée par Sun Ra et le trompettiste membre de l'Arkestra Hobart Dotson. On reconnaît bien Enlightenment, surtout au début, mais cette version est entièrement instrumentale, dure cinq minutes, et surtout c'est pour le coup bien jazz.
La version studio chantée que j'ai fini par repérer (il y en a peut-être d'autres), est sortie en 45 tours vers 1973. Elle reste très proche des deux versions que Philippe m'avait envoyées. Les deux membres de l'Arkestra crédités pour le chant, qui doivent être les deux mêmes que dans la version télé, sont June Tyson et le saxophoniste John Gilmore.

Et la version live de Philippe, que je préfère à la version studio ? Eh bien, après une enquête soignée, j'ai pu déterminer qu'elle a été enregistrée en 1970, à Saint-Paul de Vence, à l'occasion des Nuits de la Fondation Maeght. Sun Ra y a donné ses deux premiers concerts hors des États-Unis. Deux volumes en 33 tours ont été édités en France par Shandar à l'époque. Strut a réédité en 2025 l'intégralité des deux concerts des 3 et 5 août 1970.

La musique est toute simple. La basse lui donne un bon balancement. La mélodie du chant et les appels/réponses entre les deux chanteurs la rendent accrocheuse et irrésistible.
En l'écoutant, je pense d'abord à mon 45 tours Japan de Pharoah Sanders, et aussi, je ne sais pas trop pourquoi parce que musicalement c'est différent, à Bird's lament de Moondog. Et encore à certains des titres bricolés et chantés en duo d'Areski et Brigitte Fontaine (hasard saisissant, l'image de fond de la page Bandcamp de Byg pour la réédition de L'incendie est un CD de Sun Ra !).

Je suppose que les paroles sont de Sun Ra. Elles sont excellentes, très hip-pop optimistes et complètement spatiales. Elles sont aussi une ode à la musique.
J'ai cherché comment traduire au mieux "enlightenment". Pas si simple, et au bout du compte il me semble que le mieux dans le contexte est de rester au plus près de l'étymologie et de parler d'illumination spirituelle. Sun Ra nous invite à rejoindre son monde spatial ("Le son de la joie c'est l'illumination; L'espace, le feu, la vérité c'est l'illumination; L'espace, le feu, parfois c'est la musique; Des mathématiques étranges, des équations rythmiques").
L'immense majorité des 47 titres des Nuits de Maeght fait référence à l'espace. J'imagine que Sun Ra ne pouvait que s'intéresser aux explorations spatiales de l'époque. L'un des titres est d'ailleurs Why go to the moon ?. La réponse : essayez plutôt Neptune, ou Pluton, ou Sun Ra !

Pour ma part, je vais peut-être répondre favorablement à l'appel de Sun Ra. Dans l'espace, on se rapproche du soleil et des autres étoiles, mais il n'y fait pas aussi chaud que chez moi aujourd'hui.



20 juin 2026

TRICKY : For real


Acquis par correspondance via Discogs en janvier 2022
Réf : CID 753 / 562 304-2 -- Édité par Island / Durbon Poison en Europe en 1999
Support : CD 12 cm
Titres : For real -- Bombing bastards -- Pop muzik

Cela fait bien longtemps maintenant que j'ai chroniqué Karmacoma de Massive Attack, et ça fait un moment que je pense à m'intéresser à l'un des disques de Tricky sortis sous son nom.
J'en ai un bon paquet, et l'autre jour j'ai entrepris de réécouter à la suite une bonne partie mes cinq CD singles sortis entre 1993 et 1995 qui sont tirés de son premier album : Aftermath, Overcome, Black Steel, The Hell E.P. et Pumpkin (Il y en a eu un sixième, Ponderosa !).
J'en ai conclu que les faces A sont pour la plupart excellentes, mais qu'au bout du compte, les remixes et autres faces B n'apportaient pas grand chose et que le titre à conserver c'était systématiquement la version album ou celle raccourcie pour les passages en radio. Belles pochettes et tout ça, mais aucun disque suffisamment motivant pour moi dans son ensemble. A tout prendre, autant s'intéresser à l'album Maxinquaye, dont les six premiers titres sont les singles, sauf que je n'avais pas envie de chroniquer un album.
Et puis, en rangeant ces disques, je suis retombé sur celui-ci, dont je ne me souvenais plus trop. Eh bien lui il fait l'affaire ! Ce n'est sûrement pas son meilleur disque, mais la face A est d'excellente tenue, et les deux faces B sont intéressantes.

J'ai inclus ce disque dans une commande Discogs, motivée principalement par le Tindersticks et le Vic Chesnutt, que j'avais complétée pour amortir le port et faire de bonnes affaires. C'était tout début 2022, mais les choses ont déjà bien changé depuis : les sept CD singles de ce vendeur autrichien m'avaient coûté 11 € plus 7,50 € de port. Aujourd'hui, le même vendeur a  toujours de nombreux CD pas chers, mais le port serait à 25 € pour le même colis...

La face A est tirée du quatrième album de Tricky, Juxtapose, produit en collaboration notamment avec DJ Muggs de Cypress Hill (que je connaissais, mais qui n'intervient pas sur ce titre) et Grease,  producteur notamment du rapper DMX, que je ne connaissais pas.
Apparemment, au moment de l'enregistrement, Tricky était sous pression de son label pour obtenir de meilleurs résultats commerciaux. Il a quitté Island après ce disque.

For real fait partie de ces titres hip hop dont on sent qu'ils sont joués principalement par des musiciens avec leurs instruments, plutôt que construits à partir d'échantillons. Le rythme est intéressant, avec une petite virgule sonore accrocheuse. Tricky est dans son style habituel, en un peu moins sombre peut-être.
Les paroles semblent directement en lien avec son statut d'artiste en difficulté avec son label. Il contraste la vie rêvée du cinéma avec la vraie vie, dont la vedette qui a un contrat discographique serait protégée.
C'est une chanson qui me plaît vraiment bien, qui ne dépare au côté des plus grandes réussites de ses débuts.
Il existe une autre édition de ce single, avec trois remixes de For real (Hip hop, Rollo et Genaside II), tous sans intérêt pour moi et beaucoup moins bien que la version originale. Je suis donc tombé par chance sur la bonne édition, avec deux "faces B" intéressantes.

Bombing bastards ne figure pas sur l'album, mais ce n'est pas vraiment un inédit non plus. C'est l'une des nombreuses collaborations de Tricky, cette fois avec le groupe allemand Terranova. Ce n'est pas clairement indiqué sur le single, mais on trouve cette chanson sur Close the door, le premier album  de Terranova.
Pour le coup, ce titre contient de nombreux échantillons, et c'est très bien aussi. La boucle de batterie est jouée par André Ceccarelli sur un 45 tours collector de 1968 par The Piranha' Sounds; Il y a trois secondes de son d'une œuvre de Stockhausen; et surtout, la basse synthétique qui m'a bien accroché vient de la musique du film Assaut par John Carpenter.
Le texte de Tricky reprend un bout d'une autre collaboration, avec Afrika Islam, Here come the aliens. Il l'a interprété sur scène dès 1997, avec une musique différente (voir ci-dessous).

Pop muzik nous propose le tube de M à la sauce Tricky, dans une version co-produite par DJ Mugs. C'est justement moins poppy que la chanson originale, mais c'est une version intéressante et c'est du très bon Tricky, avec notamment des sons de guitare saturée. Peut-être bien que ce titre a été choisi parce que la thématique méta-musicale des paroles fait en partie écho à celle de For real.

Un nouvel album de Tricky, Different when it's silent, son premier sous son nom seul depuis 2020, sort le 17 juillet prochain. Son manager est actuellement un certain Alan McGee ! Et apparemment, il vit en France depuis quelques années.




Tricky, For real, en concert au Bowery Ballroom à New York le 16 septembre 1999.


Tricky, Bombing bastards, en concert au Shepherd's Bush Empire de Londres le 16 avril 1997. Image et son pourris, mais cette excellente version, qui date d'avant la collaboration avec Terranova, est très différente et plus "sauvage".

17 juin 2026

EDWARD SHARPE AND THE MAGNETIC ZEROS : Home (Demo)


Consulté la première fois sur YouTube le 14 avril 2026
Réf : CSD7 1401 -- Édité par Community Music / Fairfax Recordings aux États-Unis en 2009
Support : 1 fichier FLV
Titre : Home (Demo)

Plusieurs fois ces derniers temps, j'ai repensé à Home d'Edward Sharpe and the Magnetic Zeros, une des grandes chansons joyeuses des années 2000, et je me suis dit que ça serait bien de me la procurer en single pour la chroniquer ici.
Oui mais voilà, on est au 21ème siècle, et si Home est bien le titre le plus populaire du groupe, si une vidéo a été tournée pour en faire la promotion, il n'y a pas eu de single commercialisé pour cette chanson tirée d'Up from below, leu premier album. Tout ce qu'on trouve sur Discogs, c'est plusieurs versions promo en CD-R. Si j'étais tombé dessus à l'époque, dans la cave de Record and Tape Exchange à Londres ou chez Gilda à Paris, j'aurais été content d'en acheter un pour pas cher, mais je ne vais pas payer plusieurs euros port compris pour un disque gravé qui ne passe sûrement plus et une pochette papier imprimée maison.
Mais quand même, à force de recherches, j'ai découvert que, en face B de Simplest love, le premier 45 tours du groupe, on trouve une version démo de Home. Là, port compris, on est à plus de 50 € pour les exemplaires actuellement en vente sur Discogs, donc pas question non plus d'acheter ce disque, mais la chanson est sur YouTube, alors j'ai pu l'écouter, la mettre sur ma compilation La colère des imbéciles, et je peux maintenant vous en parler aujourd'hui.

Edward Sharpe and the Magnetic Zeros  était un collectif folk-rock néo-hippie comme il y en a eu quelques-uns à la même époque.
Home, dans sa version album, est une chanson au rythme entraînant, lancée par des sifflements. Pour le chant, c'est un duo féminin/masculin. Sur les couplets, ils chantent l'un après l'autre en se répondant (dans le genre, ça me rappelle notamment Melon Galia). Sur le refrain, ils sont rejoints par leurs potes du groupe et on a immanquablement envie de chanter tous ensemble.
C'est une chanson d'amour aux paroles drôles, avec une grande complicité entre les chanteurs. On a l'impression que c'est du vécu, notamment parce qu'ils utilisent leurs véritables prénom (Alexander et Jade) dans la partie parlée, qui est l'un des grands moments de la chanson.

La version démo de Home est très bien. Tous les éléments intéressants sont déjà présents, y compris les anecdotes parlées. Le refrain est peut-être un peu mou du genou par rapport à la version disque, mais sinon on se demande si c'était bien utile de la réenregistrer pour l'album. J'ai souvent cette impression à l'écoute de démos, comme celles de Stax et j'apprécie la spontanéité de "premières versions" de classiques comme Moon River ou Hit the road Jack.

Question fraîcheur, regardez la version de Home pour Road trippin' with Ice Cream Man (ci-dessous), enregistrée en acoustique, en direct et en plein air sur le site d'un festival, proche dans l'esprit de la prestation de l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp qu'on écoutait la semaine dernière.

Home n'a pas eu un énorme succès commercial au moment de sa sortie, mais la chanson a été reprise de nombreuses fois depuis, et elle est souvent utilisée comme musique de film ou de pub, sans parler de diffusion virale sur les réseaux. Apparemment, une publicité Peugeot de 2013 a fait beaucoup pour son succès en France


Edward Sharpe and the Magnetic Zeros, Home, en direct en 2013 pour Road trippin' with Ice Cream Man.


La vidéo de la version de Home de l'album Up from below.


Edward Sharpe and the Magnetic Zeros pour un concert Tiny Desk de NPR Music. Trois chansons, dont Home au milieu..

14 juin 2026

THE OSMONDS : Crazy horses


Offert par Claire B. à Châlons en Champagne le 1er décembre 2024
Réf : 2006 142 -- Édité par MGM en Belgique en 1972
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Crazy horses -/- That's my girl

J'ai rarement été autant surpris par les premières secondes d'un disque. Il faut dire que, en mettant ce 45 tours sur la platine, je m'attendais à entendre de la pop bubble gum. Je connaissais les Osmonds surtout de réputation; à l'époque de leurs succès au début des années 1970, j'enviais surtout le petit frère Little Jimmy Osmond, et d'autres jeunes stars comme René Simard ou Roméo.
De la pop légère, les Osmonds en faisaient, mais c'était avant leur sixième album, en 1972. Là, la chanson-titre Crazy horses démarre par quelques secondes d'un son strident, puis c'est carrément un riff de hard rock bien lourd qui démarre. Quand le chant arrive, il est dans la même tonalité. Je ne m'y attendais tellement pas que j'ai vérifié deux fois si le disque et la pochette correspondaient bien !

Ce disque fait partie d'un paquet de plus d'une vingtaine de 45 tours offerts par ma sœur, dont certains comme celui-ci ont été ramenés d'un séjour en Belgique.
La pochette est un beau ratage. Le label a repris celle de l'album, mais en monochrome en lieu et place de la quadrichromie. Du coup, le titre de la face A, qui était sur la pochette originale, se retrouve presque invisible, en fumée bistre sur fond bistre. Comme en plus le titre de la face B, comme le nom du groupe, est en blanc, au premier coup d’œil on ne voit que ces informations.

Un peu à la manière des Monkees, Crazy horses est le premier album où les Osmonds se sont imposés vis à vis de leur label et ont obtenu d'écrire et interpréter eux-mêmes leurs chansons.
Le son aigu si particulier dans l'intro est obtenu à partir de la "bande portamento" d'un orgue Yamaha YC-30.
Il y a une originalité dans le son de rock lourd de ce disque : l'intégration réussie de cuivres aux guitares sur le refrain, qui sont arrangés par le bien nommé Jim Horn !
Le tout est bouclé en 2'30, pas mal, surtout pour l'époque.
Pour la photo de pochette, le groupe est pris en photo dans une casse auto. C'est parce que les chevaux fous en question sont les voitures polluantes, qui ne manquaient pas en Amérique et qui se multipliaient. Ça ne s'est pas amélioré dans le demi-siècle qui s'est écoulé depuis, et les paroles ("Si elles continuent à rouler, alors c'est entièrement de notre faute") restent d'actualité. 

La face B, That's my girl, également tirée de l'album, n'est pour le coup pas du tout surprenante. C'est une chanson lente, avec envolées de cordes et de cuivres, chœurs et tout ça. Je ne l'écouterai pas deux fois !

Crazy horses a été un grand succès, mais le hiatus entre le son du disque et l'image du groupe est impressionnant. Gros son rock ou pas, avec les Osmonds on est en plein show business. Il y a des mouvements chorégraphiés, et surtout, pour leurs tenues de scène à paillettes, ils ont suivi le conseil d'Elvis et se sont adressés à son tailleur préféré Bill Belew. C'est à la mode de l'époque, mais ça pique et je ne peux m'empêcher de les trouver plutôt ridicules.

Le single a été réédité en 1995 en Angleterre dans une version remixée techno par Utah Saints. En 2025, Dave Audé a fait une version "Future rave". Autant rester sur la plutôt bonne surprise de la version originale...!




The Osmonds, Crazy horses, en direct en 1972 dans l'émission Beat-Club de la chaîne Erstes Deutsches Fernsehen.




La pochette de l'édition française de ce single. Un disque qui a dû se vendre énormément : je l'ai vu en vente des centaines de fois ces trente dernières années.

10 juin 2026

ORCHESTRE TOUT PUISSANT MARCEL DUCHAMP : Coagule


Consulté la première fois sur YouTube le 1er juin 2026
Réf : [sans] -- Édité par Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp en Suisse en 2026
Support : 1 fichier FLV
Titre : Coagule

Depuis quelques temps, l'ami Philippe R., en terme de musiques nouvelles, s'intéresse principalement aux performances en direct, souvent acoustiques, à l'esprit spontané, parfois familiales ou amicales. De la musique jouée dans une cour de maison en Afrique, dans un salon aux États-Unis, ou un vendredi au marché d'Uturoa.
C'est lui qui m'a signalé cette toute récente vidéo de l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp qui interprète en direct Coagule, une chanson de son dernier album en date, Ventre unique.

J'ai eu la chance de voir trois fois l'OTPMP en concert. D'abord sous chapiteau au Ptit Faystival en 2012 (où j'étais allé pour Patrik Fitzgerald et où j'ai découvert Arlt), en salle à Reims en 2014 et en plein air à Châlons en 2021 pour le meilleur festival de la Marne, les Musiques d'Ici et d'Ailleurs.

La vidéo est tournée à Genève, la ville d'origine de l'Orchestre, dans un lieu nommé Porteous. Ce n'est évidemment pas par hasard si ce lieu a été choisi. Cette ancienne station d'épuration est réinvestie depuis 2018 par un collectif qui y développe un projet de transformation culturelle et sociale.

Il y a sûrement de l'électricité à Porteous, mais pour l'occasion, l'OTPMD a choisi de jouer dehors, sans amplification ni instruments électriques.
La formation compte 18 membres. Ils n'ont jamais été aussi nombreux quand je les ai vus en tournée. Nombreux, certes, mais il n'y a rien de surchargé dans l'excellente chanson qu'est Coagule. Chacun apporte sa pierre à l'édifice, tout le monde participe, personne ne se met en avant.

Le chant lui aussi est collectif, avec des paroles marquantes : une question macro-existentielle, "C'est assez inédit comme forme de tristesse, l'extinction d' l'espèce", et puis "Nous aussi on touche le fond", "On ne comprend plus bien l'intérêt qu'on avait autrefois à obéir"...
La phrase qui comprend à la fois le titre de la chanson et celui de l'album se situe dans la suite de ces paroles, mais elle pourrait évoquer aussi l'Orchestre lui-même, voire le projet Porteous : "Pour le moment, on coagule dans un ventre unique, on s'agglomère autour d'un rêve commun".

C'est un très bon moment de musique vivante. Pour en vivre d'autres, rendez-vous par exemple le 20 juin à Virieu le Grand dans l'Ain pour fêter la musique avec l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp. 




La version de Coagule de l'album Ventre unique (2024).

06 juin 2026

JUNIOR PARKER : Love my baby


Acquis sur le vide-grenier de Recy le 31 mai 2026
Réf : CEP 104 -- Édité par Charly en Angleterre en 1978
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Love my baby -- Mystery train -/- Feelin' good -- Fussin' and fightin' blues

Je devais passer par Recy en début d'après-midi. Même à cette heure tardive, ça valait le coup de s'y arrêter, d'autant que la brocante était plus grande que dans mon souvenir. Il n'y avait pas beaucoup de disques, comme c'est presque systématiquement le cas ces temps-ci, mais j'ai quand même acheté deux 45 tours à 1 € sur deux stands familiaux, qui proposaient chacun une boite à chaussures de quelques disques par ailleurs inintéressants.
Celui-ci, avec sa pochette colorée, j'ai cru un instant que c'était un disque de Ray Parker Jr que je ne connaissais pas. Mais quand j'ai vu la mention "Mystery train" j'ai tout de suite su qu'il n'y avait rien à voir avec les années 1980 ou la musique du film SOS Fantômes !

Mystery train, quand on lit ça, on pense à Elvis Presley et, pour beaucoup de ma génération à Peter Guralnick, puisque c'est le titre de son livre paru initialement en 1975, avec un chapitre entièrement dédié à cette chanson.

Ce super EP que j'ai trouvé est l'une des rares rééditions en 45 tours des quatre titres publiés de Junior Parker publiés par Sun Records en 1953 (quatre autres ont été enregistrés et sont restés inédits à l'époque). Ce disque devrait d'ailleurs être crédité à Little Junior's Blue Flames, puisque c'est sous ce nom que sont sortis les deux singles originaux, en 78 tours et 45 tours.
Cette réédition est une publication du label anglais Charly, fondé en France par Jean-Luc Young. On est à l'époque encore au début de leur gros travail de réédition des grands titres du rock and roll. C'est l'un de la vingtaine d'EP publiés dans leur collection A jukebox giant, avec des pochettes très réussies dessinées par Mike Davidson (Je n'ai trouvé aucune information à son sujet). Les notes de pochette érudites sont signées par un autre des premiers historiens du rock, Charlie Gillett, auteur dès 1970 de The sound of the city, traduit en deux volumes chez Rock & Folk / Albin Michel : Histoire du rock 'n' roll : 1. La naissance et Histoire du rock 'n' roll : 2. L'apogée.

Junior Parker (1932-1971) était un chanteur et harmoniciste associé à la scène blues de Memphis. Sa spécificité était d'avoir un style de chant assez doux pour un chanteur de rhythm and blues.
Il a joué avec Howlin' Wolf et a été soutenu par Sonny Boy Williamson II. Repéré par Ike Turner, il enregistre son premier disque chez Kent en 1952, avant les deux disques chez Sun. Il fera la majeure partie de sa carrière chez Duke, de 1954 à 1966.

L'introduction de Love my baby confirme que la réputation proto-rockabilly de cette chanson n'est pas surfaite. Quand le chant arrive, on est surpris car on s'attend à entendre "Train, train...". C'est tout simplement parce que, comme l'explique Charlie Gillett, on connaît cette musique avant tout par la version d'Elvis de Mystery train, qui incorpore plusieurs éléments de Love my baby.
C'est ma préférée des quatre chansons de l'EP. Elle a été en tant que telle reprise assez fidèlement par Hayden Thompson en 1957, sous la houlette de Sam Phillips de Sun. J'aime moins la version très blues enregistrée par Junior Parker avec son compère de tournée Bobby "Blue" Bland.

Mystery train dans sa version originale est plutôt lente. Le saxophone évoque le sifflet d'une locomotive à vapeur. Guralnick insiste sur l'origine des paroles, qui proviennent d'un couplet d'une chanson populaire enregistrée pour la première fois en 1930 par The Carter Family sous le titre Worried man blues. Je me suis intéressé tardivement à cette chanson quand j'ai écouté la compilation de Devo Pioneers who got scalped, où l'on trouve la rareté It takes a worried man, enregistrée pour le film de 1982 de Neil Young Human highway.
Grâce à la version d'Elvis, Mystery train est devenu un classique, souvent repris.

Feelin' good
est un blues électrique qui, toujours selon les notes de pochette, s'inspire de Boogie chillen de John Lee Hooker. Cette chanson a elle-même été reprise en 1967 par Magic Sam sous le titre I feel so good (I wanna boogie).

Le dernier titre, Fussin' and fightin', est un blues lent, avec guitare et saxophone et un chant doux. Ça fait quatre excellents chansons sur quatre !

Junior Parker est mort en 1971 à 39 ans des suites d'une tumeur au cerveau. Il avait moins de succès sur la fin de son parcours, mais ça ne l'empêchait pas de suivre un chemin original pour un bluesman. L'un des derniers albums qu'il a enregistrés, The outside man, contient carrément trois reprises des Beatles, Taxman, Lady Madonna et une version ralentie et intéressante de Tomorrow never knows.

Je me suis aperçu que j'avais déjà les quatre titres de cet EP sur l'excellent coffret Les triomphes du rhythm and blues, mais je suis très content d'avoir ce 45 tours ! Il ne me reste plus qu'à tomber un jour sur Annie get your yo-yo, l'unique EP français de Junior Parker, paru sur Disques Pop en 1962.

03 juin 2026

SPARKS : Je m'appelle Russell


Consulté sur YouTube au moins depuis décembre 2025
Réf : [sans] -- Édité par Columbia en France en 1993
Support : 1 fichier FLV
Titre : Je m'appelle Russell

Je crois que c'est en regardant la liste des titres de The hell collection de Sparks que j'ai repéré une chanson en français et que je suis allé écouter Je m'appelle Russell sur YouTube pour la première fois.

Comme je l'ai déjà expliqué ici, cela fait un bon moment que je m'intéresse aux titres chantés en français par des non-francophones.
Je contribue régulièrement à la rubrique Parlez-vous français ? de l'Arrière-Magasin de Renaud Sachet mais en 2024, pour la chanson Madonna de Sparks, un single de 1988 qu'ils ont enregistré en plusieurs langues, je m'étais contenté de suggérer la chronique à Renaud. Cette fois-ci je me lance.

Madonna et Je m'appelle Russell ne sont que deux exemples de la relation particulière que les frères américains Ron et Russell Mael entretiennent avec le français et les francophones.

Cette liste n'est sûrement pas complète, mais il y a aussi : 
  • la chanson The Louvre en 1973 sur l'album A woofer in tweeter's clothing 
  • l'album Pas dormir de Bijou en 1979 produit par les frères Mael;
  • les paroles anglaises pour un album de Lio sorti au Canada, Suite sixtine;
  • également, les paroles de l'album Sex de Telex en 1981;
  • la collaboration avec Les Rita Mitsouko sur trois titres de l'album Marc et Robert, Singing in the shower, Hip kit et Live in Las Vegas; 
  • la chanson When you're a French director, enregistrée avec Leos Carax, parue en 2017 sur l'album Hippopotamus;
  • et surtout, la collaboration avec ce même Leos Carax pour la comédie musicale Annette, projetée en ouverture du festival de Cannes en 2021, dont la musique et le scénario sont de Sparks.

The hell collection est une compilation de raretés. C'est le pendant de The heaven collection qui rassemble leurs succès. Les deux ont été publiées en 1993 par Columbia, uniquement en France.
Je m'appelle Russell fait partie des huit titres précédemment inédits qu'on trouve sur The hell collection.
La chanson date de 1977, une époque où le groupe était justement signé chez Columbia. On trouve sur Discogs un disque souple technique de Columbia avec cette chanson. Je n'en sais pas plus. Y a-t-il eu un projet de 45 tours pour le marché français ? Ont-ils créé cette chanson pour une grande émission de variétés à la télé ? En tout cas, la chanson est longtemps restée dans les cartons et je suis bien content qu'elle ait fini par en sortir.

Musicalement, ça démarre sur un léger disco bien d'époque, puis vient le chant avec notamment ces paroles
"Mais quand tu me dis que tu veux dormir j'ai peur,
Je ne sais pas quoi faire car chaque soir je suis angoissé
Tu rêves à haute voix,tu parles en chanteurs français.
Mais je m'appelle Russell, tu te souviens ? Johnny Hallyday ? Non !
Je me demande pourquoi tu penses que Julien Clerc habite chez moi.
Je m'appelle Russell, tu te souviens ? Michel Polnareff n'est pas là.
S'il te plaît, réveille-toi et pense juste à moi.
"

Je trouve bien délirante et assez représentative de l'humour particulier du groupe cette histoire du gars traumatisé parce que son amoureuse le confond dans son sommeil avec des grandes vedettes de la variété française !
Pour le son, il y a un petit côté brut de démo, mais le refrain est accrocheur et je chante dans ma tête depuis des semaines "Je m'appelle Russell, tu te souviens ?". J'ai même titré une de mes compilations Michel Polnareff n'est pas là. Qui sait, cette chanson aurait peut-être eu du succès si elle était sortie à l'époque ?

Sparks démarre une tournée ce mois-ci et jouera notamment au Cabaret Vert à Charleville-Mézières le 25 août.

La photo de Russell Mael en ouverture n'est pas une pochette de disque. Elle est parue dans le magazine Mirabelle en septembre 1974 et j'ai trouvé qu'elle était parfaite pour illustrer ma compilation Michel Polnareff n'est pas là.
Ci-dessous, la pochette et la rondelle du disque souple référencé sur Discogs.



30 mai 2026

ASH : Girl from Mars


Acquis neuf vers 1995
Réf : INFECT24CD -- Édité par Infectious en Angleterre en 1995
Support : CD 12 cm
Titres : Girl from Mars -- Astral conversations with Toulouse Lautrec -- Cantina Band

Ayant acquis l'impressionnante compilation double-45 tours  Crazed and confused, j'ai découvert Ash à leurs débuts, avec leur reprise de Punk boy d'Helen Love. Je les ai suivis de près ensuite avec le mini-album Trailer et le single Kung fu, avec une fameuse photo de Cantona sur la pochette.
Dès le moment de l'enregistrement de Trailer, en 1994, le groupe avait dans ses cartons la chanson Girl from Mars (en démo, mais ils en ont enregistré une bonne version pour une session radio de la BBC), mais les membres du trio n'avaient que 17 ans et étaient encore au lycée. Sentant que la chanson avait du potentiel, leur manager a conseillé de la réserver pour un moment où ils seraient plus disponibles pour en faire la promotion. Ils l'ont enregistrée au printemps 1995, avec Owen Morris comme producteur, qui avait notamment travaillé avec Oasis. Le single est sorti en juillet, une fois qu'ils en avaient terminé avec les examens de leurs A levels (le bac anglais). J'ai acheté le disque à sa sortie ou peu de temps après.

Tim Wheeler, le chanteur, guitariste et auteur de la chanson a expliqué qu'au départ Girl from Mars sonnait assez Teenage Fanclub, mais qu'une fois accélérée par le groupe en studio, elle s'approchait plutôt des Buzzcocks. Parmi beaucoup d'autres, on pourrait citer aussi les Undertones, originaires d'Irlande, comme eux. Quelque part, La fille de Mars c'est aussi un peu Une autre fille, une autre planète. En tout cas, quand la guitare se met à vrombir comme un aspirateur survolté, c'est immanquablement Dinosaur Jr. qu'ils évoquent.
Qu'elles aient été enregistrées en 1978, en 1986 ou en 1995, je suis toujours très bon public pour les pépites de pop bruyante de ce genre, de véritables concentrés de joie et d'énergie.
Le titre a été inspiré, non pas par une chanson country des années 1950, mais par le titre d'un téléfilm de 1991 aperçu dans un programme télé. Les paroles évoquent à la fois une première rupture amoureuse et des souvenirs de vacances en France, ce qui permet à Tim Wheeler de faire rimer Mars avec les cigares Winterman.

Les deux titres suivants sont co-produits par Phil Thornally, longtemps associé à The Cure. Pour le coup, ce sont de véritables faces B, des titres sympas, un pas de côté largement instrumental et une reprise, agréables à écouter mais qui n'auraient pas eu leur place sur un de leurs albums ou en titre principal de single.

Pour Astral conversations with Toulouse Lautrec, l'aspect astral s'exprime par l'utilisation d'un vocoder. Pour le reste c'est six minutes de rock électrique sans véritables paroles.

Cantina Band
est une version accélérée et à la guitare d'une composition de John Williams entendue dans une scène réputée du premier film Star wars.

Stars wars est sorti en 1977, année connue comme celle du punk. C'est aussi l'année de naissance de deux tiers des membres du groupe. Tout ça explique pourquoi le groupe a appelé son premier album 1977. On y retrouve notamment Girl from Mars, qui avait eu suffisamment de succès pour que le groupe passe à Top of the pops. L'album lui, a carrément été classé numéro 1 des ventes à sa sortie.
Et comme le temps a tendance à passer, on nous annonce pour cet automne une réédition pour les 30 ans de l'album, avec des bonus, dont une démo de Girl from Mars et un album live. Le groupe, qui ne s'est jamais séparé entre-temps, est en tournée toute cette année.



Ci-dessus, la vidéo originale réalisée pour Girl from Mars, et ci-dessous celle faite ensuite pour le marché américain.




Ash, Girl from Mars, en direct en 1996 dans l'émission Hanging out de MTV.


Ash, Girl from Mars, en direct en 2001 dans l'émission Boxed set de Scottish TV.

27 mai 2026

PIGEON : Miami


Acquis par correspondance via Bandcamp le 24 mai 2026
Réf : [sans] -- Édité par Memphis Industries en Angleterre en 2026
Support : 1 fichier MP3
Titre : Miami

Je suis depuis plusieurs années le blog I Left Without My Hat de -Twist-, qui publie notamment chaque jour la chronique d'un nouveau titre. Je lis toutes ces chroniques et, quand ça m'inspire, j'écoute le titre en question. C'était le cas le 19 mai dernier avec Black James Dean de Pigeon, tiré de leur premier album, Outtanational.

Falle Nioke, le chanteur de Pigeon est originaire du Ghana et vit à Margate, dans le Kent. C'est là que, à l'issue d'une jam, il a fait connaissance avec les autres membres du groupe, Graham Godfrey, Josh Ludlow, Steve Pringle et Tom Dream. Certains d'entre eux ont de la bouteille, puisqu'ils ont joué avec Michael Kawinuka ou Little Simz.

J'ai apprécié Black James Dean, qui m'a un peu fait penser à Basement 5, et j'ai écouté le reste de l'album. Il y a plein de bonnes choses, et c'est Miami qui a particulièrement retenu mon attention. Une chanson accrocheuse et dansante avec sa basse synthétique et son séquenceur. Là, c'est à Basil Clarke de Yargo que le chant m'a fait penser à certains moments.

Les paroles, et surtout la vidéo, font un parallèle entre Margate et Miami, inspiré par une mouche voyageuse, plutôt qu'un pigeon ! Certes, il y a à Margate un gratte-ciel (j'exagère à peine) entre la gare et la plage, mais les deux villes balnéaires restent très différentes. Margate est une petite ville qui se trouve à la croisée des chemins depuis quelques années : d'un côté elle reste économiquement défavorisée avec une population appauvrie, et de l'autre, dans la foulée de l'ouverture de la galerie d'art Turner Contemporary en 2011, la vieille ville est devenue un quartier culturel et branché en plein essor.

Outtanational est un disque prometteur. On ne sera pas étonné si le Pigeon prend son envol dans ces prochains mois.



23 mai 2026

KRAFTWERK : Radioactivity


Acquis neuf à Châlons-sur-Marne en 1976
Réf : 2C 010-82119 -- Édité par Capitol en France en 1976
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Radioactivity -/- Antenna

Voilà un disque que je possède depuis un demi-siècle, c'est presque vertigineux.
A 13 ans, je ne pense pas que j'avais suffisamment d'argent de poche de côté pour l'acheter moi-même. Ce 45 tours m'a donc sûrement été offert par mes parents (qui étaient la principale source de mon argent de poche, de toute façon !).
Il y a une indication très claire que ce disque fait partie des tous premiers de ma collection : il y a au recto de la pochette, bien visible en rouge, une étiquette faite à la Dymo avec mon surnom familial (et aussi mon nom au stylo bille). Heureusement, je n'ai pas eu longtemps accès à cette étiqueteuse... Trois autres disques de cette époque ont déjà été chroniqués ici : Autobahn, Moviestar de Harpo (pire : j'ai arraché l'étiquette...!) et mon premier exemplaire de The humours of Lewis Furey. Je ne pense pas qu'il en reste beaucoup d'autres dans mes étagères, mais je ne suis pas à l'abri d'une surprise.

C'est le premier disque de Kraftwerk de ma collection. Au maximum un an plus tard, je faisais avec Autobahn ce que je considère être ma toute première acquisition d'un 33 tours.
Je me suis rendu compte en lisant récemment une chronique de la réédition des 50 ans de Radio-activity que c'est l'album de la grande époque de Kraftwerk que j'ai dû le moins écouté (avec Electric café). Ce n'est pas que je l'aime moins, c'est principalement je pense parce que je l'ai acheté plus tard, dans le courant des années 1980. Cela explique aussi pourquoi cette chronique n'arrive que maintenant, alors que j'ai déjà abordé des disques liés à Autobahn, Trans Europe Express, The man-machine, Computer world et Electric café.

L'album est titré Radio-activity, un jeu de mots en quelque sorte puisque les chansons traitent d'activités autour de différents aspects de la radio, qu'il s'agisse d'ondes radioactives, radiophoniques ou même stellaires.
Le disque est synthétique, bien plus qu'Autobahn, mais il y a aussi un aspect rétro-futuriste, qu'on retrouvera de façon plus marquée avec Trans Europe Express, avec les photos à l'ancienne du groupe et le poste de radio choisi pour la pochette, qui date des années 1940 et doit être l'équivalent d'une Volkswagen.

La chanson Radioactivity (sans tiret car pour le coup il est question de radioactivité) est un classique des classiques. La version du 45 tours est réduite de moitié par rapport à celle de l'album, mais il ne manque aucun élément essentiel.
Je me souviens avoir été captivé après l'avoir entendue à la radio pendant l'été 1976 à la radio. La France est l'un des pays où elle a eu le plus de succès (300 à 600 000 exemplaires vendus). Je n'écoutais pas l'émission, mais ce succès a peut-être été aidé par le fait que Jean-Loup Lafont en avait fait l'indicatif de son émission Maximum de musique sur Europe 1, comme indiqué sur cette version de la pochette. Jean-Loup avait de la suite dans les idées, car l'année suivante il a pris une version d'Oxygène de Jean-Michel Jarre pour l'indicatif de son émission Basket.

Ce n'est que cette semaine que j'ai eu connaissance d'un ingrédient essentiel de cette chanson (et de l'album dans son ensemble) : le tapis sonore éthéré et magique qu'on entend en fond est produit par un instrument particulier, l'Orchestron de Vako, un clavier qui était une forme plus élaborée du Mellotron ou de l'Optigan, des instruments qui utilisent des sons pré-enregistrés. Visiblement, Kraftwerk a opté pour des sons de chant choral.
Il y a d'autres excellentes trouvailles dans ce morceau : l'utilisation du morse pour épeler de façon sonore le titre et certaines des paroles, les percussions électroniques novatrices, les dix notes accrocheuses du gimmick principal...
Les paroles sont en deux langues, anglais et allemand. Elles présentent la radioactivité de façon assez neutre ("Elle est dans l'air pour toi et moi", "Découverte par Madame Curie"), voire positive ("Branchez-vous sur sa mélodie", "Quand il s'agit de notre avenir").
Quand Kraftwerk enregistrera une nouvelle version de Radioactivity pour l'album The mix en 1991, outre qu'elle sera beaucoup plus dansante, les paroles seront revues pour alerter sur les dangers de l'énergie nucléaire. Depuis, ces paroles sont régulièrement adaptées en fonction de l'actualité.
Une des meilleures versions de la chanson est celle en concert à Captain Vidéo à Paris en mai 1981. Ce n'est pas du rock, mais contrairement aux concerts depuis le retour du groupe dans les années 2000, on a vraiment l'impression qu'ils jouent en direct, avec des variations notables par rapport au disque.

La face B est une autre de mes chansons préférées de l'album.
Antenna traite bien sûr de radio diffusion ou, plus précisément pour garder le côté rétro, de TSF (transmission sans fil).
Les paroles sont minimales : tu es l'émetteur, je suis l'antenne réceptrice.
Je me demande si cette chanson aurait aussi pu être un tube si elle était sortie en titre principal de single. En tout cas, avec séquenceur, synthés et percussions électroniques, c'est vraiment un prototype de techno pop. On se rend compte à l'écoute de ce titre paru fin 1975 que The Human League, The Normal ou Orchestral Manoeuvres In The Dark n'ont pas inventé grand chose. Pour ma part, après avoir été biberonné à Kraftwerk et Vangelis, je ne dois pas m'étonner d'être ensuite devenu un grand fan de New Wave.

Ralf Hutter est le seul membre qui reste du groupe qui a enregistré Radio-activity, mais une formation de Kraftwerk est en tournée en ce moment.






Kraftwerk, Radioactivity, dans l'émission Chorus sur Antenne 2 diffusée le 1er octobre 1978. Le groupe est sur la scène du Théâtre de l'Empire, mais c'est la version du disque qu'on entend.
J'ai probablement vu cette émission le jour de sa diffusion.



Michel Sardou et Danièle Gilbert présentent Kraftwerk au grand public français dans l'émission Midi-Première du 21 juin 1976.

20 mai 2026

DODUBABOUM : Cavalrire


Acquis par correspondance via Bandcamp le 17 mai 2026
Réf : [sans] -- Édité par Les Disques du Paradis en France en 2026
Support : 1 fichier MP3
Titre : Cavalrire

Bon, les Dodu ça ne court pas vraiment les sillons. Chez Discogs, très peu d'artistes Dodu sont répertoriés. Les seuls a priori qui donnent envie d'en savoir plus sont Dodu Dodo et sa Dodomanie, DonDonDodu avec Nah dead like a Dodu et Père Dodubaboum, qui a l'air bien allumé sur sa photo de profil, torse nu avec un tablier de cuisine, on dirait Gontard dans un grand jour.

Père Dodubaboum a sorti un tiers d'album en 2010. Avec un nom réduit à  Dodubaboum, il a publié pas mal de titres sur Bandcamp depuis 2012.
Un compère Dodu, on pourrait penser que j'y aurais prêté une oreille particulièrement attentive. Et pourtant, il a fallu attendre une chronique de Pop News le mois dernier pour que je découvre son existence.

Dodubaboum, c'est le nom sous lequel Dorian Verdier produit de la musique synthétique sans paroles. Il a joué précédemment avec le groupe Le Pingouin (dont j'ai l'album Hyperurbain) et avec J.C. Satàn.
Dodu, JC, un aspect culino-musical avec le tablier de cuisine qui me rappelle mon émission de radio Buffet froid, le titre du nouvel album L'espoir n'est pas mort qui est assez hip-pop optimiste. J'ai d'emblée plein d'atomes crochus avec Dorian Verdier !

Ce nouvel album est publié par le label bordelais Les Disques du Paradis. Il y a plein de bonnes choses dedans, mais j'ai sélectionné la chanson que Pop News avait mise en avant parce que, premièrement elle est entraînante et accrocheuse, avec de temps en temps des sons qui me rappellent le Devo d'E-Z listening disc, et deuxièmement, pour ce qui 
de nos jours la qualifie de "single", elle a donné lieu à la réalisation d'une vidéo bien rigolote.

Ne craignez pas la mauvaise humeur ou la déprime, tout espoir n'est pas mort, la Cavalrire de Dodubaboum arrivera toujours à temps pour vous remonter le moral et vous faire danser !



16 mai 2026

DAY ONE : I'm doin' fine


Acquis chez Gilda à Paris le 6 juin 2013
Réf : SADD 6 / 7243 8 96311 2 8 -- Édité par Melankolik / Virgin en Angleterre en 1999
Support : CD 12 cm
Titres : I'm doin' fine -- Say no more -- Ordinary man (Acoustic)

Quand le duo Day One est arrivé sur la scène en 1999, on l'a naturellement associé d'une part à Massive Attack, de Bristol comme eux, qui les avait signé sur son label Melankolik, et à leur co-producteur Mario Caldato Jr, réputé pour son travail avec les Beastie Boys ou Beck.
On pourrait dire qu'après Massive Attack, Tricky et Portishead, ils incarnent une deuxième génération du son trip hop de Bristol.
J'ai écouté et apprécié leur premier album Ordinary man à sa sortie. Mon titre préféré était Bedroom dancing, que j'avais mis sur une de mes compilations. Il n'est jamais sorti en single, mais il a été inclus plus tard sur la bande originale du film Ma femme est une actrice. Sur une autre compilation, j'avais mis mon deuxième titre préféré, qui est la face A du single qui nous intéresse aujourd'hui.

Avec des éléments de hip hop, un tempo léger, une voix doucement rappée, j'ai vu plusieurs fois cité The Streets à propos de Day One. Pour ma part, je penserais plutôt à l'américain Bobby Sichran ou à un autre duo, écossais lui, Arab Strap, principalement pour la façon de raconter des histoires, car il y a des grosses différences musicalement et thématiquement.

Quelques années plus tôt, la musique d'I'm doin' fine aurait été construite à partir d'échantillons de vieux vinyls craquotants, mais en 1999 le groupe a fait pour l'occasion appel à de "vrais" musiciens, dont une section de cordes, qui sont utilisées de façon intéressante.
L'attention à l'écoute des titres de Day One a tendance à se concentrer sur le récit du chanteur Phelim. Là, typiquement, on a tendance à ne pas le croire un instant quand il nous explique que "Ça va, je vais bien, Je survis bien sans toi, Et qu'est-ce que tu voulais ? Et à quoi tu t'attendais ? Que je parle encore de toi ? Non, non pas question, je suis tout seul maintenant et je m'en sors bien.".

Say no more est un titre qui n'est disponible que sur ce single (et que je n'ai pas trouvé en ligne). Il y a une rythmique assez marquée à la batterie, renforcée par un son samplé que je n'arrive pas à identifier, plus du synthé. L'ensemble est de bonne tenue.

Sur l'album à qui elle donne son titre, Ordinary man est déjà plutôt acoustique, piano et voix avec un tout petit peu de guitare. La version qu'on trouve ici a été enregistrée en direct pour une "session acoustique" pour la radio XFM et la guitare acoustique remplace le piano.
C'est l'histoire d'un gars ben ordinaire qui se demande s'il arrivera un jour à se faire remarquer par la femme qu'il croise dans la rue et dont il est un amoureux transi. 
C'est aussi une bonne chanson qui, mine de rien, reste en tête.

Ordinary man a été bien reçu. Le disque a eu un certain succès, il est notamment sorti aux États-Unis, le groupe a beaucoup tourné. Et puis après, plus rien pendant plusieurs années. Le deuxième album Probably art est sorti au Japon en 2005 et en Angleterre seulement en 2007. Le troisième, Intellectual property, est sorti en numérique en 2015 et il a encore fallu attendre fin 2016 pour qu'il soit disponible en disque (Je ne suis pas surpris de voir qu'un des titres, Just believe, a été remixé par Andrew Fearn de Sleaford Mods). A peine dix ans sont passés depuis, donc rien n'interdit d'imaginer que le groupe sortira un jour un quatrième album. Mais en tout cas, leur page Facebook n'a pas été modifiée depuis 2020.




Day One, I'm doin' fine, en concert aux Eurockéennes de Belfort en 2000.