05 août 2009

COMET GAIN : Réalistes


Acquis par correspondance chez Amazon en France en juillet 2009
Réf : krs 378 -- Edité par Kill Rock Stars aux Etats-Unis en 2002
Support : CD 12 cm
12 titres

C'est Elodie du fanzine Applejack qui, au détour d'un échange d'emails, m'a signalé que mon alter égo JC Brouchard était mentionné dans les notes de pochette de cet album de Comet Gain, leur quatrième. Première nouvelle ! Etant donné que je ne connaissais Comet Gain que de nom, à part peut-être un titre ou deux égarés sur des compilations, ma curiosité a été vivement aiguisée, et j'ai aussitôt commandé l'album.
Elodie m'avait précisé qu'elle avait la version vinyl de l'album. Heureusement, car sur le CD c'est imprimé tellement petit qu'il faut presque une loupe pour déchiffrer sous l'intitulé "réalistes !" la liste non pas de remerciements mais de "Simples noms" qui figure au verso du livret. Et effectivement, sur une ligne qui commence par Peter Townsend et Durutti et se termine par Sarah Utter et Theo, on trouve bien la mention JC Brouchard, juste après Dan Treacy. Quel honneur !
Il ne m'a pas fallu trop longtemps pour comprendre comment ce nom s'était retrouvé dans cette liste. D'abord, le groupe est de Glasgow, comme une bonne partie des membres ou des proches de Biff, Bang, Pow !, mais surtout, on trouve dans la liste des titres She never understood, soit une reprise de Biff, Bang, Pow ! justement. Un très bon choix d'ailleurs car il s'agit de l'une des grandes réussites d'Alan McGee et Dick Green (Ce titre, paru à l'origine en 1987 sur le deuxième album The girl who runs the beat hotel, est actuellement disponible sur le CD Waterbomb!, un disque que je ne saurais trop vous conseiller. Ceux qui ont la chance de le trouver pourront écouter sur la compilation The acid house album une "alternate version" de cette chanson, enregistrée fin 1985 lors de sessions prévues pour Submarines, ou Sixteen velvet Fridays, un album jamais paru).
Il parait évident que c'est la présence de cette reprise qui explique le clin d'oeil dans les notes de pochette à celui qui fut le "conseiller spirituel" de Biff, Bang, Pow ! de 1985 à 1988.
La version que donne Comet Gain de She never understood est tout à fait digne des versions originales. La guitare douze cordes utilisée par BBP! laisse ici la place à une guitare électrique plus furieuse, qui donne ce titre un son plus proche de celui d'Oblivion, le 3e album de BBP!, que du second. Ils doivent être bien fans de Creation puisque, début 2009, ils reprenaient sur scène Ballad of the band de Felt (vidéo à voir sur YouTube).
Dans son ensemble, du titre à la pochette en passant par certaines paroles, Réalistes se place sous le signe du cinéma, comme le confirme une interview entièrement placée sur ce thème disponible sur le site de Kill Rock Stars.
A part une mention en passant au Legal man de Belle and Sebastian, la chronique de Pitchfork de cet album ne fait référence qu'à de la pop lo fi, certes, mais uniquement en mentionnant Sonic Youth. La seule explication possible doit être que le rédacteur de cette chronique est américain, car pour le coup les points de référence de Comet Gain sont évidents et absolument pas cachés par le groupe : il s'agit de tout ce qui touche à la noisy pop des années 80, et de tout ce qui influençait déjà à l'époque les groupes concernés, des sixties au punk. Même en se cantonnant aux groupes écossais, on ne manque pas de points de comparaison, des Pastels à Urusei Yatsura, en passant par les Shop Assistants et tout un pan du catalogue Creation bien sûr.
Même si, du coup, ce disque est plus rétro que novateur, il est dans l'ensemble très réussi, à part un petit coup de mou vers le milieu de l'album (Carry on living et Moments in the snow).
Les deux titres d'entrée, The kids at the club (j'aime particulièrement la reprise instrumentale très électrique à la fin) et Why I try to look so bad (à télécharger chez Kill Rock Stars), sont imparables. Le chant sur I close my eyes to think of God me fait penser à celui d'Andrew Innes avec The Revolving Paint Dream, les cuivres sur Labour ne peuvent que rappeler The June Brides, et j'aime beaucoup le chant à deux voix sur Movies.
Au bout du compte, même s'il s'agit d'un genre musical que je ne suis plus de près car j'en ai pas mal fait le tour, voilà un album que j'ai beaucoup apprécié et qui m'a bien éclaté. Je ne regrette pas mon achat, et pas seulement à cause du clin d'oeil. Désormais, je guetterai Comet Gain s'ils passent pas trop loin en concert, ce qui doit bien arriver puisqu'il semble qu'au moins l'un des membres du groupe habite Bordeaux.
Au passage, j'ai appris qu'un autre groupe avait enregistré une reprise de She never understood. Ils ont pris le nom de la ville écossaise d'Aberdeen (d'où sont originaires les Jasmine Minks), mais sont américains ! On peut écouter un extrait en ligne de leur version et ce qui est amusant c'est que, ralentie et chantée par une fille, leur version sonne tout à fait comme les chansons de BBP! chantées par Christine Wanless.

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