Affichage des articles dont le libellé est vidéo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vidéo. Afficher tous les articles

01 août 2026

VICKI KRISTINA BARCELONA : Pawn shop radio


Acquis au F'estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs à Châlons le 19 juillet 2026
Réf : JARO 4354-2 -- Édité par Jaro Medien en Allemagne en 2020
Support : CD 12 cm
10 titres

Le 35e F'estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs de Châlons en Champagne s'est achevé en beauté dimanche 26 juillet avec, fort logiquement, le spectacle Le dernier concert de la Compagnie I.Si. Une édition un peu particulière, puisque c'était la dernière portée par son directeur-fondateur, l'ami Patrick Legouix.

Je n'ai pas vu beaucoup de concerts du festival cette année, mais les deux moments les plus marquants pour moi ont été les prestations de
Bassi Bakambi, de la rumba congolaise au féminin (pas de chronique car ce groupe a pour l'instant très peu de musique disponible en ligne, et pas du tout en disque), et de Vicki Kristina Barcelona.

Les précédents dimanches, il faisait tellement chaud que les concerts ont dû se replier à l'intérieur de l'église Saint Alpin, mais là le temps était idéal et le groupe a joué sur le parvis, le public étant installé dans la petite rue des Lombards, juste à côté de la maison où l'on trouvait à la fin des années 1970 le HiFi Club, le disquaire chez qui j'ai acheté mon premier disque d'Elvis Costello.

Vicki Kristina Barcelona est le projet de trois musiciennes new yorkaises, qui chantent toutes les trois : Rachelle Garniez, qui joue principalement de la basse et de l'accordéon; Amanda Homi, qui joue toutes sortes de percussions; et la guitariste Kirsten Thien, qui a succédé en 2025 à Terry Radigan.
Toutes ont un parcours musical varié, sous leur nom ou en groupe, mais ce qui les rassemblent spécifiquement au sein du VKB Band, ce sont les chansons de Tom Waits (et Kathleen Brennan pour un bon nombre d'entre elles), qui constituent quasiment l'intégralité de leur répertoire.
Le nom du groupe est inspiré du film Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen (2008), pour faire un parallèle entre le film, qui s'intéresse aux relations de trois femmes avec un homme, et le groupe, où les trois musiciennes se penchent sur l’œuvre de Tom Waits.

Il se trouve qu'il s'agissait du premier concert en France de VKB, pour la plus grande joie du trio, assez francophile, et du public, qui comme moi a passé un excellent moment. Les arrangements sont inventifs, les instruments nombreux et surprenants. En solo, en duo ou en trio, les prestations vocales sont variées et à aucun moment la voix si particulière de Tom Waits ne manque : on se contente d'apprécier la qualité et l'originalité de ses chansons.

A la fin du concert, j'ai choisi en souvenir ce Pawn shop radio, leur premier album, parce qu'il contient plusieurs chansons que j'aime particulièrement, notamment ma préférée du concert, I don't want to grow up, qui avait notamment été reprise de façon mémorable par les Ramones en 1995.
Depuis, deux albums et demi sont parus, Yesterday is here (2022), Crooked little heart (2024) et Second hand moon (2025), pour marquer l'arrivée de Kirsten Thien.

Le titre d'ouverture, Cold cold ground, joué à Châlons avec un peu de guitare saturée je crois, est un bon exemple du traitement appliqué aux chansons par VKB : leur version est presque sautillante et elles s'entraident pour le chant.
Jersey girl associe rythmes latinos et accordéon.
Parmi les chansons que je connaissais et appréciais déjà, il y a notamment Tango till they're sore et Innocent when you dream. Mais il y en a que j'ai (re)découvertes le jour du concert, comme God's away on the business, à l'origine sur Blood money, et I'll be gone, de Frank's wild years.
Mon titre préféré reste I don't want to grow up, cuisiné ici à la sauce cajun. Les paroles sont vraiment une réussite : le narrateur-enfant aurait pu se retrouver chez Jonathan Richman.

Voilà un très bon album, donc, avec d'excellentes chansons dans des versions intéressantes, mais l'écouter est une expérience un peu terne si on la compare avec le très bon moment vécu pendant l'heure et quart du concert, un moment plein de vie, avec la joie des musiciennes d'être là, les petites sautes de vent, les réactions attendues et inattendues du public, les enfants qui jouent, les explications données à l'oreille de ma mère sur la thématique des chansons, les gens qui ne font que passer... On retrouve un peu de tout ça dans la vidéo de la version émouvante de I'll be gone jouée à Châlons.

Et réjouissons-nous,  car même après le dernier concert par Le Dernier Concert, le festival n'est pas tout à fait terminé. Rendez-vous vendredi 11 septembre dans le quartier du Verbeau pour un concert de Lucia de Carvhalo et une frite party.

Le CD de Pawn shop radio est en vente sur Bandcamp. L'album entier est en écoute sur YouTube.


Vicki Kristina Barcelona, I'll be gone, en concert le 19 juillet 2026 au F'estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs, sur le parvis de l'église Saint-Alpin à Châlons en Champagne.








Vicki Kristina Barcelona le 19 juillet 2026 au F'estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs.

15 juillet 2026

JOAN BAEZ : Time rag


Consulté pour la première fois sur YouTube le 8 juillet 2026
Réf : [sans] -- Édité par Portrait en Europe en 1977
Support : 1 fichier flv
Titre : Time rag

C'est Wrongtom qui expliquait sur Bluesky l'autre jour qu'il estime depuis longtemps que Time rag de Joan Baez mérite d'être considéré comme l'un des premiers disques de hip hop. Sachant que cette chanson date de 1977, c'est très surprenant.
Évidemment, je suis aussitôt allé écouter Time rag, et oui, la filiation avec le rap saute aux oreilles : sur une rythmique légèrement funky, Joan enchaîne les couplets parlés.
La grande question est de savoir si Joan Baez était branchée au point de suivre de près les débuts balbutiants du hip hop à New York, deux ans avant Rapper's delight, ou si son parcours et ses propres influences l'ont amenée à se retrouver à ce moment-là sur un chemin proche de celui des rappers. C'est plutôt pour la seconde option que je penche, et Elizabeth Sandifer développe très en détails cet argument dans son article de 2023, Queen Shit : The case for Joan Baez, la meilleure indication étant la description que Joan donne elle-même de la chanson avant de l'interpréter dans l'émission de Johnny Carson : elle a été écrite comme un "talking disco blues", associant donc le parler du talking blues et la rythmique du disco. Même sans chercher à faire du hip hop, elle ne pouvait pas atterrir très loin de la cible. Mais elle savait certainement aussi ce qu'elle faisait puisqu'elle conclut par "OK fellows, this is a rap" (selon les paroles sur la pochette intérieur de l'album, d'après Elizabeth Sandifer), alors qu'on se serait attendu à "This is a wrap" ("C'est dans la boîte").

Les paroles de la chansons sont à la fois mordantes et pleines d'humour. Il y est question d'un entretien avec le magazine Time, qui avait fait sa couverture avec la chanteuse folk Joan fin 1962.
Là, c'est un épisode vécu qu'elle nous conte, alors qu'elle prépare son premier album pour un nouveau label, que sa carrière est en déclin et que son management lui conseille de tenter un gros coup avec Time.
Elle aurait pu se contenter d'intituler la chanson Time mag, mais Time rag est très bien vu, "Rag" désignant à la fois un type de chanson folk et... un torchon !
Ayant l'impression que le journaliste s'intéresse vraiment à ce qu'elle a à dire, Joan enchaîne sur les sujets d'actualité qui lui tiennent à coeur ("I babbled my way through the worldwide list, Ireland, Chile and the African states, Poetry, politics and how they relate, Motherhood, music and Moog synthesizers, Political prisoners and Commie sympathizers, Hetero, homo and bisexuality, Where they all stand in the nineteen-seventies"), mais elle se finit par se rendre compte qu'il n'y a qu'une seule chose qui l'intéresse vraiment : des potins sur sa relation avec Bob Dylan. Autant dire que ça se termine mal et qu'elle n'a jamais refait la couverture de Time !

Sur scène au Palladium de New York en 1977, la version de Time rag, est orchestrée de façon proche de celle de l'album, mais à la télévision, au moins par deux fois, c'est en solo et a cappella que Joan Baez l'a chantée, dans le Johnny Carson show en 1977 et à la télévision française sur Antenne 2 dans un Spécial Joan Baez diffusé le 24 janvier 1978. Les sous-titres de traduction des paroles ont du mal à suivre le débit de la chanteuse !


Joan Baez qui se retient de rire pour chanter Time rag, en direct en 1977 dans le Johnny Carson show aux États-Unis.7

11 juillet 2026

STEVE MILLER BAND : The joker


Acquis chez Récup'R à Dizy le 13 juin 2025
Réf : 2039757 -- Édité par EMI en France en 1990
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The joker (Single version) -/- Don't let nobody turn you around

Dans les années 1980 et 1990, le fabricant de jean's Levi's s'est fait une spécialité d'utiliser de bonnes musiques de l'univers du rock pour ses pubs pourrites. Ce fut le cas en 1991 avec Should I stay or should I go de The Clash, et l'année précédente avec The joker du Steve Miller Band. Il y a même eu des compilations rassemblant ces sélections, comme Levi's music en 1994, ce qui signifie aussi qu'il y avait des gens pour les acheter.
The joker a été réédité en single en 1990 pour l'occasion. Dans la majorité des pays, France incluse, la photo de pochette montrait le motard de la pub. Mais ce n'était sûrement pas assez clair pour EMI France, qui a ressorti le disque avec une autre pochette, avec au recto, en gros en haut, la mention "La chanson de la pub Levi's" avec le logo de la marque, et au verso un de ses slogans et un remerciement pour avoir autorisé l'utilisation de ces éléments !! Et pour autant, ce 45 tours n'était pas un cadeau publicitaire offert aux clients, mais un disque vendu au prix fort dans le commerce. Et cette réédition a bien fonctionné : le disque s'est classé n°1 des ventes en Angleterre, et a pas mal été diffusé aussi en France.
C'est comme ça que j'ai découvert The joker, cette chanson de 1973 qui avait déjà été un tube au moment de sa sortie (n°1 aux États-Unis, cette fois). Il faut dire que jusque-là j'avais soigneusement évité le Steve Miller Band. J'avais vu quelques-uns de leurs disques chez des copains ou dans la presse. J'avais repéré le logo avec le cheval ailé, mais j'avais décidé que c'était du truc de baba, des années 1970 avant le punk. En fait, c'était plutôt à l'origine du blues-rock, et The joker c'est encore autre chose. On ne gagne jamais rien à refuser d'être curieux.

The joker est une excellente chanson. Dans la présentation de la réédition des 50 ans de l'album, Steve Miller détaille rapidement la session et indique que le tout a été enregistré en une demi-heure. C'est valable pour l'enregistrement lui-même, mais il y a eu du boulot en amont; par exemple il lui manquait un refrain et, comme il l'explique par ailleurs, il l'a pioché dans une autre chanson qu'il avait sur le feu, Travelin'.
J'aime bien le fait que ce portrait du Joker fait référence à des personnages qui apparaissent dans d'autres chansons de Steve Miller, le Space Cowboy, le Gangster of Love et Maurice. Il a écrit les paroles au dernier moment et les a complétées en intégrant quelques vers de Lovey dovey des Clovers. Ça lui a coûté, assez logiquement, quelques pourcentages de droits d'auteur.
Je crois que ce qui m'accroche le plus dans cette chanson, c'est la rythmique, particulièrement la basse. L'enrobage de guitares acoustique et slide est très bien également.
D'une manière générale, je trouve le style de chant, ainsi que l'orchestration et les arrangements, assez intemporels. Lors d'une première écoute, j'aurais eu bien du mal à dater précisément cet enregistrement. Significativement, j'ai  rétrospectivement été amené à réévaluer la chanson de 1979 de Joe Jackson, Is she really going out with him ?, comme je l'écrivais en 2008 : "mon appréciation de la chanson de Joe Jackson est un petit peu gâchée par la connaissance du tube de Steve Miller, sorti à l'origine en 1973. Je ne crois pas qu'il y ait un quelconque repompage direct de notes entre les deux titres, ni un plagiat éhonté, mais il y a un petit quelque chose indéfinissable dans la rythmique et le chant qui à chaque fois me fait immanquablement associer les deux titres, au profit du plus ancien bien sûr."

Je ne sais pas pourquoi, mais la face B de cette réédition n'est pas la même que celle du 45 tours original de 1973. Le label est allé déterrer Don't let nobody turn you around, un titre de l'album Saving grace de 1969, produit par Glyn Johns, sorti en single aux États-Unis mais je ne pense pas qu'il a été un tube. Pour le coup, c'est vraiment du blues-rock bien de son époque, d'excellente facture, bouclé en 2'30.

J'ai appris au passage que Steve Miller était tombé dans la marmite de la musique quand il était tout petit : ses parents étaient des passionnés de musique, amis avec notamment Les Paul, le parrain de Steve, et T-Bone Walker, qui lui a donné des conseils pour jouer de la guitare dans le dos ou avec les dents !
A 82 ans, Steve Miller semble en bonne forme. Il a fait une grande tournée en 2024 et des concerts sont annoncés à New York en octobre prochain.




Steve Miller Band, The joker, en direct dans l'émission américaine The midnight special, le 25 janvier 1974.

08 juillet 2026

THE SMITHS : Barbarism begins at home


Consulté pour la première fois sur YouTube en 2023
Réf : [sans] -- Diffusé par Antenne 2 en France le 19 mai 1984
Support : 1 fichier flv
Titre : Barbarism begins at home

Ça doit être au moment de la mort d'Andy Rourke en 2023 que pas mal de vidéos ont circulé et que j'ai vu pour la première fois le passage des Smiths dans l'émission The Tube en mars 1984Barbarism begins at home se termine avec juste le duo basse/batterie pendant que Morrissey et Johnny Marr dansent. Un très bon moment. Je ne sais pas si c'est la première fois que ça se passait ainsi, mais la scène s'est reproduite à Hambourg le 4 mai et, c'est la version que j'ai sélectionnée, à Paris le 9 mai.

On comprend que des fans aient choisi Barbarims begins at home pour rendre hommage au bassiste des Smiths : la colonne vertébrale de la chanson est une ligne de basse très élaborée, assez funky pour rappeler Freak Party, le groupe dans lequel Marr et Rourke ont joué brièvement avant les Smiths. Si c'est Andy Rourke qui a trouvé cette ligne de basse, il n'a pas volé les quelques pourcentages de droits d'auteur qu'il a récupérés quand il s'est plaint après la séparation du groupe.
Elles sont musicalement différentes, mais cette chanson qui prend le temps de se dérouler sur six minutes se rapproche sur ce point de How soon is now ?, qui allait suivre quelques temps plus tard. 

La chanson  a été jouée pour la première fois sur scène en décembre 1983. La ligne de basse n'était pas encore complètement en place. C'était une période de folie pour le groupe, avec les singles à succès qui s'enchaînaient et le premier album qui venait de sortir. Pourtant, les Smiths ont joué régulièrement en 1984 cette chanson pas encore publiée, parfois même deux fois le même soir, dans le corps du concert et en rappel. Il faudra attendre février 1985 pour qu'elle sorte sur disque, sur le deuxième album, enchaînée avec une autre chanson au titre choc, Meat is murder. La sortie de ce titre en face A de single a été programmée pour l'Angleterre mais, comme pour Reel around the fountain, elle a été annulée et il n'y a qu'en Allemagne qu'un single est sorti à l'époque.

Le concert des Smiths à l'Eldorado le 9 mai 1984 est à la fois le premier et l'avant-dernier du groupe en France (je vous laisse calculer combien il y en a eu en tout). Il a été couvert par Antoine de Caunes pour son émission Houba houba et un pirate a été publié. Morrissey avait des fleurs dans la poche arrière du jean et il y en avait partout dans la salle, ne serait-ce que parce que l'affiche et le billet suggéraient au public d'en apporter.
Pour ma part, j'étais en Angleterre ce printemps-là. Les fleurs, les articles dans la presse et les passages télé m'avaient irrité, et j'ai bêtement évité tout ce qui avait trait aux Smiths, alors même que j'étais fourré deux fois par semaine dans la boutique Rough Trade !
La version jouée à Paris ce soir-là est excellente, et c'est bien de voir le bassiste qui sourit sur la fin en voyant ses compères gesticuler. On préfère voir Morrissey et Marr s'amuser comme ça et faire un pied de nez à la barbarie, plutôt qu'être à couteaux tirés comme ils le sont depuis des années (avec plein de bonnes raisons de ne pas être d'accord...!).



The Smiths, Barbarism begins at home, en concert à L'Eldorado à Paris le 9 mai 1984, diffusé dans l'émission Houba houba le 19 mai sur Antenne 2.
Ci-dessous, la séquence complète avec deux autres chansons.

05 juillet 2026

MUSICAL YOUTH : Tell me why ?


Acquis chez Happy Cash à Dizy le 9 novembre 2024
Réf : 105 571 -- Édité par MCA en Europe en 1983
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Tell me why ? -/- Reason

Ce disque fait partie des quelques "bricoles" que j'ai achetées le même jour que le Raymond Sangaria.
Je ne l'ai pas acheté à l'époque de son succès, mais j'ai toujours apprécié le tube Pass the dutchie et, depuis quelques temps, je prends les disques de Musical Youth quand j'en vois passer pour pas cher. Généralement, ils sont au minimum sympathiques. 

C'est bien le cas ici de Tell me why ?, la face A du premier single sorti pour annoncer le deuxième album du groupe, Different style !.
Il s'agit d'une reprise d'un titre de l'album Dusty roads de John Holt, sorti en 1974. Une chanson que Musical Youth a rendue encore plus sautillante. La version allongée US remix est plus intéressante, notamment car le mixage est plus roots et elle inclut le toast qu'un des chanteurs réclame mais n'a pas le temps de placer dans la version de base.

A l'écoute de Reason, j'ai eu exactement la même bonne surprise que quand j'ai découvert l'improbable Disco Reggae Band, derrière lequel on avait dissimulé le groupe anglais Black Slate : on oublie la pop-reggae, on a tout simplement là un excellent titre très roots, mieux que sympathique. Et là aussi, je conseille plutôt la version "complète" de la chanson sur le maxi, qui dure près de sept minutes. Contrairement à l'habitude, ce qu'on trouve sur le 45 tours, ce n'est pas la partie chantée de la première moitié, mais la rallonge toastée de cet excellent "discomix".
La particularité ce cette face B, quand on examine les crédits, c'est qu'elle est produite par Toney Owens. C'est le seul titre de la discographie MCA de Musical Youth qu'il a produit (tous les autres ou quasiment sont produits par Peter Collins). Mais si on regarde la discographie dans le détail, on note que Toney Owens a aussi produit en 1981 le tout premier disque de Musical Youth, Political, sorti comme le You d'Au Pairs sur le label 021, notamment pour financer le Saltley Music Workshop. Et ceci nous ramène à l'actualité et à un disque de Musical Youh qui vient de sortir, Mash down Birmingham: The early recordings of Musical Youth.

Cet album est publié par Needle Mythology, un label fondé par Will Harris et le journaliste Pete Paphides. On trouve à son catalogue des projets très soignés de rééditions avec inédits de disques notamment de Stephen Duffy, Ian Broudie, Robert Forster. Et aussi l'anthologie indiepop Sensitive, sur laquelle on trouve même Someone stole my wheels.
Pete Paphides est originaire de Birmingham, comme Musical Youth. Si vous comprenez l'anglais, je vous conseille la lecture de son livre de mémoires Broken Greek : A story of chip shops and pop songs.
Le déclic pour ce projet, c'est la découverte en 2016 de Political sur la compilation The Midland roots explosion. Pete Paphides a voulu en savoir plus, mais il lui a fallu des années de ténacité pour réussir à rencontrer Toney Owens, qui conservait des dizaines de bandes enregistrées dans une cabane dans son jardin. Il en résulte deux disques, celui de Musical Youth, et celui d'un groupe familial oublié du Birmingham des années 1970, Natrus.

A l'occasion de la sortie de ce disque, l'histoire des débuts de Musical Youth est racontée dans Mojo (n° 391 daté de juin 2026) et dans The Quietus.
A l'origine de tout, il y a Frederick Waite, un jamaïcain qui, avant d'émigrer à Birmingham pour travailler dans une usine automobile, avait eu une carrière musicale remarquable, puisqu'il est membre fondateur de groupe rocksteady The Techniques.
Quand ses fils Freddie Junior (batterie et Patrick (basse) se sont mis à la musique, il a rencontré par l'intermédiaire de Toney Owens ceux très jeunes de George Grant, Kelvin (guitare) et Michael (claviers). C'est ainsi que, au sein du Saltley Musical Workshop est né "le groupe de reggae le plus jeune du monde", initialement nommé Culture Musical Workshop Youths, dirigé par son chanteur, papa Waite, avec les quatre enfants Waite et Grant.
Cette formation originale a enregistré le 45 tours Political et une  session pour John Peel. Sans surprise, Freddie Waite connaissait du monde dans la scène reggae, et parmi les enregistrements restés inédits jusqu'en 2026 il y a des collaborations avec Sugar Minott et Jackie Mittoo. Mais au moment de signer avec un gros label, et pour respecter l'image de jeunesse associée au groupe, Freddie Waite a dû se résoudre à laisser la place et le chanteur de quinze ans Dennis Seaton a été recruté. Leur succès a été immédiat dès le premier 45 tours Pass the dutchie.

Et comment s'intercale Reason dans tout ça, avec Toney Owens à la production mais Dennis Seaton au chant, pas Frederick Waite père ? Eh bien, soit cette chanson date de juste avant la signature avec MCA, juste après les enregistrements qu'on trouve sur Mash down Birmingham, soit le groupe est retourné bosser avec lui après son succès pour une session dont ce seul titre aurait émergé.

Après leur tube initial, jeunes ou pas, les membres de Musical Youth ont été pressés comme des citrons par l'industrie du disque. Le groupe s'est séparé en 1985. Les deux frères Waite sont morts depuis, Patrick en 1993 et Freddie "Junior" en 2022. Une reformation de Musical Youth existe encore, avec Dennis Seaton et Michael Grant. Quant à Kelvin Grant, il se produit en solo.



01 juillet 2026

AMADOU & MARIAM : Once in a lifetime


Consulté la première fois sur INA le 24 juin 2026
Réf : [sans] -- Diffusé par Le Mouv' le 5 avril 2012
Support : 1 fichier FLV
Titre : Once in a lifetime

J'étais persuadé à tort que j'avais chroniqué il y a bien longtemps mon CD single de Je pense à toi d'Amadou et Mariam, dans les premières années du blog. Et ça fait un moment que j'envisage de m'intéresser à un autre de leurs disques, peut-être mon maxi promo de Les beaux dimanches. Au bout du compte, ce n'est pas avec un disque mais avec une session radio filmée et diffusée à la télé qu'on va "étrenner" ici "le couple aveugle du Mali".
Sachant que Mariam Doumbia (1958-) et Amadou Bagayoko (1954-2025) ont commencé à jouer ensemble au début des années 1980, ce n'est que tardivement, quand l'album Sou ni tilé est sorti en France en 1998, que j'ai commencé à m'intéresser à eux. Je regrette fort de ne pas être allé les voir en concert quand ils ont joué dans la Marne autour de l'an 2000. Ils avaient le don de créer d'excellentes chansons très accessibles.

Comme avec Daouda, c'est en allumant ma box télé internet pré-réglée sur Melody d'Afrique que je suis tombé au milieu de cette chanson. J'ai notamment été impressionné par le jeu de guitare d'Amadou sur cette prise en direct, sachant qu'il assure aussi le chant. J'ai été surpris de voir à la fin que la chanson était titrée en anglais et que ce titre était le même que celui du classique de 1980 de Talking Heads.
Ça n'a pas suffi pourtant pour que j'ai le déclic. Pour moi, j'avais entendu une chanson originale d'Amadou et Mariam. Ce n'est que le lendemain, quand j'ai cherché à la réécouter et à voir sur quel disque on la trouve (aucun...) que j'ai bien dû me rendre à l'évidence : le Once in a lifetime d'Amadou et Mariam est une reprise de Talking Heads.

D'abord, il faut dire qu'Amadou et Mariam ne chantent pas la chanson en anglais (plutôt en bambara, je suppose). Je ne sais pas s'ils ont traduit les paroles, mais vu le contexte, je parierais bien que ce sont des paroles originales.
Les autres musiciens sont excellents eux aussi, mais c'est la guitare qui porte le morceau. Le riff de base, c'est carrément du rock and roll le plus basique possible. C'est pas Louie Louie, mais on en n'est pas loin.
Ce que je reconnais le mieux de la chanson originale, ce sont les refrains ("Letting the days go by..."). Pour le reste, je me dis que ce sont les couplets qu'ils chantent en duo. Mais, comme indiqué sur la page Dailymotion, il s'agit vraiment d'une réinterprétation complète, pas d'une simple reprise, et, sans manquer d'honnêteté, je n'aurais rien trouvé à redire si Amadou et Mariam s'étaient attribués cette chanson.

On sait que  des musiques d'Afrique ont largement influencé la création de l'album des Talking Heads. En 2018, Angélique Kidjo a en quelque sorte bouclé la boucle en reprenant intégralement Remain in light. Beaucoup plus proche de l'originale, je trouve son Once in a lifetime moins impressionnant que celui d'Amadou et Mariam..

Un documentaire de Ryan Marley, Amadou et Mariam : Sons du Mali, est sorti en 2025.
Un an après la mort de son époux, Mariam a repris la route. Elle est actuellement en tournée en France pour continuer à chanter Amadou & Mariam.



Amadou & Mariam en Mouv' Session dans Rodéo sur le Mouv' le 5 avril 2012.

24 juin 2026

SUN RA : Enlightenment


Consulté pour la première fois sur YouTube le 12 mars 2026
Réf : SR 10 001 -- Édité par Shandar en France en 1971
Support : 1 fichier MP3
Titre : Enlightenment

C'est l'ami Philippe R. qui m'a envoyé il y a quelques mois le lien  vers l'émission de la télé française L'état du monde diffusée le 31 mai 1969. Le thème était Spécial États-Unis et on y voit Sun Ra et son Intergalactic Arkestra jouer chez lui, dans son appartement de Philadelphie. Ils interprètent notamment la courte chanson Enlightenment, et c'est un moment magique.
Pour faire bonne mesure, Philippe m'a aussi envoyé le lien vers ce qu'il pensait être la version studio de la chanson (et moi aussi d'ailleurs). L'arrangement est très proche de la version télé et c'est tout aussi bon. En fait, la demi-seconde d'applaudissements au tout début indique qu'il s'agit d'une version en concert. On y reviendra.

Depuis que j'ai découvert il y a 25-30 ans l'album Batman and Robin auquel l'Arkestra a participé, je sais qu'il y a des choses qui peuvent m'intéresser chez Sun Ra, que ce n'est pas juste du jazz cosmique pas fait pour mes oreilles.

J'ai essayé de retracer l'histoire d'Enlightenment.
A priori, sa première publication sur disque c'était en 1959 sur l'album Jazz in silhouette. La musique est composée par Sun Ra et le trompettiste membre de l'Arkestra Hobart Dotson. On reconnaît bien Enlightenment, surtout au début, mais cette version est entièrement instrumentale, dure cinq minutes, et surtout c'est pour le coup bien jazz.
La version studio chantée que j'ai fini par repérer (il y en a peut-être d'autres), est sortie en 45 tours vers 1973. Elle reste très proche des deux versions que Philippe m'avait envoyées. Les deux membres de l'Arkestra crédités pour le chant, qui doivent être les deux mêmes que dans la version télé, sont June Tyson et le saxophoniste John Gilmore.

Et la version live de Philippe, que je préfère à la version studio ? Eh bien, après une enquête soignée, j'ai pu déterminer qu'elle a été enregistrée en 1970, à Saint-Paul de Vence, à l'occasion des Nuits de la Fondation Maeght. Sun Ra y a donné ses deux premiers concerts hors des États-Unis. Deux volumes en 33 tours ont été édités en France par Shandar à l'époque. Strut a réédité en 2025 l'intégralité des deux concerts des 3 et 5 août 1970.

La musique est toute simple. La basse lui donne un bon balancement. La mélodie du chant et les appels/réponses entre les deux chanteurs la rendent accrocheuse et irrésistible.
En l'écoutant, je pense d'abord à mon 45 tours Japan de Pharoah Sanders, et aussi, je ne sais pas trop pourquoi parce que musicalement c'est différent, à Bird's lament de Moondog. Et encore à certains des titres bricolés et chantés en duo d'Areski et Brigitte Fontaine (hasard saisissant, l'image de fond de la page Bandcamp de Byg pour la réédition de L'incendie est un CD de Sun Ra !).

Je suppose que les paroles sont de Sun Ra. Elles sont excellentes, très hip-pop optimistes et complètement spatiales. Elles sont aussi une ode à la musique.
J'ai cherché comment traduire au mieux "enlightenment". Pas si simple, et au bout du compte il me semble que le mieux dans le contexte est de rester au plus près de l'étymologie et de parler d'illumination spirituelle. Sun Ra nous invite à rejoindre son monde spatial ("Le son de la joie c'est l'illumination; L'espace, le feu, la vérité c'est l'illumination; L'espace, le feu, parfois c'est la musique; Des mathématiques étranges, des équations rythmiques").
L'immense majorité des 47 titres des Nuits de Maeght fait référence à l'espace. J'imagine que Sun Ra ne pouvait que s'intéresser aux explorations spatiales de l'époque. L'un des titres est d'ailleurs Why go to the moon ?. La réponse : essayez plutôt Neptune, ou Pluton, ou Sun Ra !

Pour ma part, je vais peut-être répondre favorablement à l'appel de Sun Ra. Dans l'espace, on se rapproche du soleil et des autres étoiles, mais il n'y fait pas aussi chaud que chez moi aujourd'hui.



20 juin 2026

TRICKY : For real


Acquis par correspondance via Discogs en janvier 2022
Réf : CID 753 / 562 304-2 -- Édité par Island / Durbon Poison en Europe en 1999
Support : CD 12 cm
Titres : For real -- Bombing bastards -- Pop muzik

Cela fait bien longtemps maintenant que j'ai chroniqué Karmacoma de Massive Attack, et ça fait un moment que je pense à m'intéresser à l'un des disques de Tricky sortis sous son nom.
J'en ai un bon paquet, et l'autre jour j'ai entrepris de réécouter à la suite une bonne partie mes cinq CD singles sortis entre 1993 et 1995 qui sont tirés de son premier album : Aftermath, Overcome, Black Steel, The Hell E.P. et Pumpkin (Il y en a eu un sixième, Ponderosa !).
J'en ai conclu que les faces A sont pour la plupart excellentes, mais qu'au bout du compte, les remixes et autres faces B n'apportaient pas grand chose et que le titre à conserver c'était systématiquement la version album ou celle raccourcie pour les passages en radio. Belles pochettes et tout ça, mais aucun disque suffisamment motivant pour moi dans son ensemble. A tout prendre, autant s'intéresser à l'album Maxinquaye, dont les six premiers titres sont les singles, sauf que je n'avais pas envie de chroniquer un album.
Et puis, en rangeant ces disques, je suis retombé sur celui-ci, dont je ne me souvenais plus trop. Eh bien lui il fait l'affaire ! Ce n'est sûrement pas son meilleur disque, mais la face A est d'excellente tenue, et les deux faces B sont intéressantes.

J'ai inclus ce disque dans une commande Discogs, motivée principalement par le Tindersticks et le Vic Chesnutt, que j'avais complétée pour amortir le port et faire de bonnes affaires. C'était tout début 2022, mais les choses ont déjà bien changé depuis : les sept CD singles de ce vendeur autrichien m'avaient coûté 11 € plus 7,50 € de port. Aujourd'hui, le même vendeur a  toujours de nombreux CD pas chers, mais le port serait à 25 € pour le même colis...

La face A est tirée du quatrième album de Tricky, Juxtapose, produit en collaboration notamment avec DJ Muggs de Cypress Hill (que je connaissais, mais qui n'intervient pas sur ce titre) et Grease,  producteur notamment du rapper DMX, que je ne connaissais pas.
Apparemment, au moment de l'enregistrement, Tricky était sous pression de son label pour obtenir de meilleurs résultats commerciaux. Il a quitté Island après ce disque.

For real fait partie de ces titres hip hop dont on sent qu'ils sont joués principalement par des musiciens avec leurs instruments, plutôt que construits à partir d'échantillons. Le rythme est intéressant, avec une petite virgule sonore accrocheuse. Tricky est dans son style habituel, en un peu moins sombre peut-être.
Les paroles semblent directement en lien avec son statut d'artiste en difficulté avec son label. Il contraste la vie rêvée du cinéma avec la vraie vie, dont la vedette qui a un contrat discographique serait protégée.
C'est une chanson qui me plaît vraiment bien, qui ne dépare au côté des plus grandes réussites de ses débuts.
Il existe une autre édition de ce single, avec trois remixes de For real (Hip hop, Rollo et Genaside II), tous sans intérêt pour moi et beaucoup moins bien que la version originale. Je suis donc tombé par chance sur la bonne édition, avec deux "faces B" intéressantes.

Bombing bastards ne figure pas sur l'album, mais ce n'est pas vraiment un inédit non plus. C'est l'une des nombreuses collaborations de Tricky, cette fois avec le groupe allemand Terranova. Ce n'est pas clairement indiqué sur le single, mais on trouve cette chanson sur Close the door, le premier album  de Terranova.
Pour le coup, ce titre contient de nombreux échantillons, et c'est très bien aussi. La boucle de batterie est jouée par André Ceccarelli sur un 45 tours collector de 1968 par The Piranha' Sounds; Il y a trois secondes de son d'une œuvre de Stockhausen; et surtout, la basse synthétique qui m'a bien accroché vient de la musique du film Assaut par John Carpenter.
Le texte de Tricky reprend un bout d'une autre collaboration, avec Afrika Islam, Here come the aliens. Il l'a interprété sur scène dès 1997, avec une musique différente (voir ci-dessous).

Pop muzik nous propose le tube de M à la sauce Tricky, dans une version co-produite par DJ Mugs. C'est justement moins poppy que la chanson originale, mais c'est une version intéressante et c'est du très bon Tricky, avec notamment des sons de guitare saturée. Peut-être bien que ce titre a été choisi parce que la thématique méta-musicale des paroles fait en partie écho à celle de For real.

Un nouvel album de Tricky, Different when it's silent, son premier sous son nom seul depuis 2020, sort le 17 juillet prochain. Son manager est actuellement un certain Alan McGee ! Et apparemment, il vit en France depuis quelques années.




Tricky, For real, en concert au Bowery Ballroom à New York le 16 septembre 1999.


Tricky, Bombing bastards, en concert au Shepherd's Bush Empire de Londres le 16 avril 1997. Image et son pourris, mais cette excellente version, qui date d'avant la collaboration avec Terranova, est très différente et plus "sauvage".

17 juin 2026

EDWARD SHARPE AND THE MAGNETIC ZEROS : Home (Demo)


Consulté la première fois sur YouTube le 14 avril 2026
Réf : CSD7 1401 -- Édité par Community Music / Fairfax Recordings aux États-Unis en 2009
Support : 1 fichier FLV
Titre : Home (Demo)

Plusieurs fois ces derniers temps, j'ai repensé à Home d'Edward Sharpe and the Magnetic Zeros, une des grandes chansons joyeuses des années 2000, et je me suis dit que ça serait bien de me la procurer en single pour la chroniquer ici.
Oui mais voilà, on est au 21ème siècle, et si Home est bien le titre le plus populaire du groupe, si une vidéo a été tournée pour en faire la promotion, il n'y a pas eu de single commercialisé pour cette chanson tirée d'Up from below, leu premier album. Tout ce qu'on trouve sur Discogs, c'est plusieurs versions promo en CD-R. Si j'étais tombé dessus à l'époque, dans la cave de Record and Tape Exchange à Londres ou chez Gilda à Paris, j'aurais été content d'en acheter un pour pas cher, mais je ne vais pas payer plusieurs euros port compris pour un disque gravé qui ne passe sûrement plus et une pochette papier imprimée maison.
Mais quand même, à force de recherches, j'ai découvert que, en face B de Simplest love, le premier 45 tours du groupe, on trouve une version démo de Home. Là, port compris, on est à plus de 50 € pour les exemplaires actuellement en vente sur Discogs, donc pas question non plus d'acheter ce disque, mais la chanson est sur YouTube, alors j'ai pu l'écouter, la mettre sur ma compilation La colère des imbéciles, et je peux maintenant vous en parler aujourd'hui.

Edward Sharpe and the Magnetic Zeros  était un collectif folk-rock néo-hippie comme il y en a eu quelques-uns à la même époque.
Home, dans sa version album, est une chanson au rythme entraînant, lancée par des sifflements. Pour le chant, c'est un duo féminin/masculin. Sur les couplets, ils chantent l'un après l'autre en se répondant (dans le genre, ça me rappelle notamment Melon Galia). Sur le refrain, ils sont rejoints par leurs potes du groupe et on a immanquablement envie de chanter tous ensemble.
C'est une chanson d'amour aux paroles drôles, avec une grande complicité entre les chanteurs. On a l'impression que c'est du vécu, notamment parce qu'ils utilisent leurs véritables prénom (Alexander et Jade) dans la partie parlée, qui est l'un des grands moments de la chanson.

La version démo de Home est très bien. Tous les éléments intéressants sont déjà présents, y compris les anecdotes parlées. Le refrain est peut-être un peu mou du genou par rapport à la version disque, mais sinon on se demande si c'était bien utile de la réenregistrer pour l'album. J'ai souvent cette impression à l'écoute de démos, comme celles de Stax et j'apprécie la spontanéité de "premières versions" de classiques comme Moon River ou Hit the road Jack.

Question fraîcheur, regardez la version de Home pour Road trippin' with Ice Cream Man (ci-dessous), enregistrée en acoustique, en direct et en plein air sur le site d'un festival, proche dans l'esprit de la prestation de l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp qu'on écoutait la semaine dernière.

Home n'a pas eu un énorme succès commercial au moment de sa sortie, mais la chanson a été reprise de nombreuses fois depuis, et elle est souvent utilisée comme musique de film ou de pub, sans parler de diffusion virale sur les réseaux. Apparemment, une publicité Peugeot de 2013 a fait beaucoup pour son succès en France


Edward Sharpe and the Magnetic Zeros, Home, en direct en 2013 pour Road trippin' with Ice Cream Man.


La vidéo de la version de Home de l'album Up from below.


Edward Sharpe and the Magnetic Zeros pour un concert Tiny Desk de NPR Music. Trois chansons, dont Home au milieu..

14 juin 2026

THE OSMONDS : Crazy horses


Offert par Claire B. à Châlons en Champagne le 1er décembre 2024
Réf : 2006 142 -- Édité par MGM en Belgique en 1972
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Crazy horses -/- That's my girl

J'ai rarement été autant surpris par les premières secondes d'un disque. Il faut dire que, en mettant ce 45 tours sur la platine, je m'attendais à entendre de la pop bubble gum. Je connaissais les Osmonds surtout de réputation; à l'époque de leurs succès au début des années 1970, j'enviais surtout le petit frère Little Jimmy Osmond, et d'autres jeunes stars comme René Simard ou Roméo.
De la pop légère, les Osmonds en faisaient, mais c'était avant leur sixième album, en 1972. Là, la chanson-titre Crazy horses démarre par quelques secondes d'un son strident, puis c'est carrément un riff de hard rock bien lourd qui démarre. Quand le chant arrive, il est dans la même tonalité. Je ne m'y attendais tellement pas que j'ai vérifié deux fois si le disque et la pochette correspondaient bien !

Ce disque fait partie d'un paquet de plus d'une vingtaine de 45 tours offerts par ma sœur, dont certains comme celui-ci ont été ramenés d'un séjour en Belgique.
La pochette est un beau ratage. Le label a repris celle de l'album, mais en monochrome en lieu et place de la quadrichromie. Du coup, le titre de la face A, qui était sur la pochette originale, se retrouve presque invisible, en fumée bistre sur fond bistre. Comme en plus le titre de la face B, comme le nom du groupe, est en blanc, au premier coup d’œil on ne voit que ces informations.

Un peu à la manière des Monkees, Crazy horses est le premier album où les Osmonds se sont imposés vis à vis de leur label et ont obtenu d'écrire et interpréter eux-mêmes leurs chansons.
Le son aigu si particulier dans l'intro est obtenu à partir de la "bande portamento" d'un orgue Yamaha YC-30.
Il y a une originalité dans le son de rock lourd de ce disque : l'intégration réussie de cuivres aux guitares sur le refrain, qui sont arrangés par le bien nommé Jim Horn !
Le tout est bouclé en 2'30, pas mal, surtout pour l'époque.
Pour la photo de pochette, le groupe est pris en photo dans une casse auto. C'est parce que les chevaux fous en question sont les voitures polluantes, qui ne manquaient pas en Amérique et qui se multipliaient. Ça ne s'est pas amélioré dans le demi-siècle qui s'est écoulé depuis, et les paroles ("Si elles continuent à rouler, alors c'est entièrement de notre faute") restent d'actualité. 

La face B, That's my girl, également tirée de l'album, n'est pour le coup pas du tout surprenante. C'est une chanson lente, avec envolées de cordes et de cuivres, chœurs et tout ça. Je ne l'écouterai pas deux fois !

Crazy horses a été un grand succès, mais le hiatus entre le son du disque et l'image du groupe est impressionnant. Gros son rock ou pas, avec les Osmonds on est en plein show business. Il y a des mouvements chorégraphiés, et surtout, pour leurs tenues de scène à paillettes, ils ont suivi le conseil d'Elvis et se sont adressés à son tailleur préféré Bill Belew. C'est à la mode de l'époque, mais ça pique et je ne peux m'empêcher de les trouver plutôt ridicules.

Le single a été réédité en 1995 en Angleterre dans une version remixée techno par Utah Saints. En 2025, Dave Audé a fait une version "Future rave". Autant rester sur la plutôt bonne surprise de la version originale...!




The Osmonds, Crazy horses, en direct en 1972 dans l'émission Beat-Club de la chaîne Erstes Deutsches Fernsehen.




La pochette de l'édition française de ce single. Un disque qui a dû se vendre énormément : je l'ai vu en vente des centaines de fois ces trente dernières années.

10 juin 2026

ORCHESTRE TOUT PUISSANT MARCEL DUCHAMP : Coagule


Consulté la première fois sur YouTube le 1er juin 2026
Réf : [sans] -- Édité par Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp en Suisse en 2026
Support : 1 fichier FLV
Titre : Coagule

Depuis quelques temps, l'ami Philippe R., en terme de musiques nouvelles, s'intéresse principalement aux performances en direct, souvent acoustiques, à l'esprit spontané, parfois familiales ou amicales. De la musique jouée dans une cour de maison en Afrique, dans un salon aux États-Unis, ou un vendredi au marché d'Uturoa.
C'est lui qui m'a signalé cette toute récente vidéo de l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp qui interprète en direct Coagule, une chanson de son dernier album en date, Ventre unique.

J'ai eu la chance de voir trois fois l'OTPMP en concert. D'abord sous chapiteau au Ptit Faystival en 2012 (où j'étais allé pour Patrik Fitzgerald et où j'ai découvert Arlt), en salle à Reims en 2014 et en plein air à Châlons en 2021 pour le meilleur festival de la Marne, les Musiques d'Ici et d'Ailleurs.

La vidéo est tournée à Genève, la ville d'origine de l'Orchestre, dans un lieu nommé Porteous. Ce n'est évidemment pas par hasard si ce lieu a été choisi. Cette ancienne station d'épuration est réinvestie depuis 2018 par un collectif qui y développe un projet de transformation culturelle et sociale.

Il y a sûrement de l'électricité à Porteous, mais pour l'occasion, l'OTPMD a choisi de jouer dehors, sans amplification ni instruments électriques.
La formation compte 18 membres. Ils n'ont jamais été aussi nombreux quand je les ai vus en tournée. Nombreux, certes, mais il n'y a rien de surchargé dans l'excellente chanson qu'est Coagule. Chacun apporte sa pierre à l'édifice, tout le monde participe, personne ne se met en avant.

Le chant lui aussi est collectif, avec des paroles marquantes : une question macro-existentielle, "C'est assez inédit comme forme de tristesse, l'extinction d' l'espèce", et puis "Nous aussi on touche le fond", "On ne comprend plus bien l'intérêt qu'on avait autrefois à obéir"...
La phrase qui comprend à la fois le titre de la chanson et celui de l'album se situe dans la suite de ces paroles, mais elle pourrait évoquer aussi l'Orchestre lui-même, voire le projet Porteous : "Pour le moment, on coagule dans un ventre unique, on s'agglomère autour d'un rêve commun".

C'est un très bon moment de musique vivante. Pour en vivre d'autres, rendez-vous par exemple le 20 juin à Virieu le Grand dans l'Ain pour fêter la musique avec l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp. 




La version de Coagule de l'album Ventre unique (2024).

30 mai 2026

ASH : Girl from Mars


Acquis neuf vers 1995
Réf : INFECT24CD -- Édité par Infectious en Angleterre en 1995
Support : CD 12 cm
Titres : Girl from Mars -- Astral conversations with Toulouse Lautrec -- Cantina Band

Ayant acquis l'impressionnante compilation double-45 tours  Crazed and confused, j'ai découvert Ash à leurs débuts, avec leur reprise de Punk boy d'Helen Love. Je les ai suivis de près ensuite avec le mini-album Trailer et le single Kung fu, avec une fameuse photo de Cantona sur la pochette.
Dès le moment de l'enregistrement de Trailer, en 1994, le groupe avait dans ses cartons la chanson Girl from Mars (en démo, mais ils en ont enregistré une bonne version pour une session radio de la BBC), mais les membres du trio n'avaient que 17 ans et étaient encore au lycée. Sentant que la chanson avait du potentiel, leur manager a conseillé de la réserver pour un moment où ils seraient plus disponibles pour en faire la promotion. Ils l'ont enregistrée au printemps 1995, avec Owen Morris comme producteur, qui avait notamment travaillé avec Oasis. Le single est sorti en juillet, une fois qu'ils en avaient terminé avec les examens de leurs A levels (le bac anglais). J'ai acheté le disque à sa sortie ou peu de temps après.

Tim Wheeler, le chanteur, guitariste et auteur de la chanson a expliqué qu'au départ Girl from Mars sonnait assez Teenage Fanclub, mais qu'une fois accélérée par le groupe en studio, elle s'approchait plutôt des Buzzcocks. Parmi beaucoup d'autres, on pourrait citer aussi les Undertones, originaires d'Irlande, comme eux. Quelque part, La fille de Mars c'est aussi un peu Une autre fille, une autre planète. En tout cas, quand la guitare se met à vrombir comme un aspirateur survolté, c'est immanquablement Dinosaur Jr. qu'ils évoquent.
Qu'elles aient été enregistrées en 1978, en 1986 ou en 1995, je suis toujours très bon public pour les pépites de pop bruyante de ce genre, de véritables concentrés de joie et d'énergie.
Le titre a été inspiré, non pas par une chanson country des années 1950, mais par le titre d'un téléfilm de 1991 aperçu dans un programme télé. Les paroles évoquent à la fois une première rupture amoureuse et des souvenirs de vacances en France, ce qui permet à Tim Wheeler de faire rimer Mars avec les cigares Winterman.

Les deux titres suivants sont co-produits par Phil Thornally, longtemps associé à The Cure. Pour le coup, ce sont de véritables faces B, des titres sympas, un pas de côté largement instrumental et une reprise, agréables à écouter mais qui n'auraient pas eu leur place sur un de leurs albums ou en titre principal de single.

Pour Astral conversations with Toulouse Lautrec, l'aspect astral s'exprime par l'utilisation d'un vocoder. Pour le reste c'est six minutes de rock électrique sans véritables paroles.

Cantina Band
est une version accélérée et à la guitare d'une composition de John Williams entendue dans une scène réputée du premier film Star wars.

Stars wars est sorti en 1977, année connue comme celle du punk. C'est aussi l'année de naissance de deux tiers des membres du groupe. Tout ça explique pourquoi le groupe a appelé son premier album 1977. On y retrouve notamment Girl from Mars, qui avait eu suffisamment de succès pour que le groupe passe à Top of the pops. L'album lui, a carrément été classé numéro 1 des ventes à sa sortie.
Et comme le temps a tendance à passer, on nous annonce pour cet automne une réédition pour les 30 ans de l'album, avec des bonus, dont une démo de Girl from Mars et un album live. Le groupe, qui ne s'est jamais séparé entre-temps, est en tournée toute cette année.



Ci-dessus, la vidéo originale réalisée pour Girl from Mars, et ci-dessous celle faite ensuite pour le marché américain.




Ash, Girl from Mars, en direct en 1996 dans l'émission Hanging out de MTV.


Ash, Girl from Mars, en direct en 2001 dans l'émission Boxed set de Scottish TV.

27 mai 2026

PIGEON : Miami


Acquis par correspondance via Bandcamp le 24 mai 2026
Réf : [sans] -- Édité par Memphis Industries en Angleterre en 2026
Support : 1 fichier MP3
Titre : Miami

Je suis depuis plusieurs années le blog I Left Without My Hat de -Twist-, qui publie notamment chaque jour la chronique d'un nouveau titre. Je lis toutes ces chroniques et, quand ça m'inspire, j'écoute le titre en question. C'était le cas le 19 mai dernier avec Black James Dean de Pigeon, tiré de leur premier album, Outtanational.

Falle Nioke, le chanteur de Pigeon est originaire du Ghana et vit à Margate, dans le Kent. C'est là que, à l'issue d'une jam, il a fait connaissance avec les autres membres du groupe, Graham Godfrey, Josh Ludlow, Steve Pringle et Tom Dream. Certains d'entre eux ont de la bouteille, puisqu'ils ont joué avec Michael Kawinuka ou Little Simz.

J'ai apprécié Black James Dean, qui m'a un peu fait penser à Basement 5, et j'ai écouté le reste de l'album. Il y a plein de bonnes choses, et c'est Miami qui a particulièrement retenu mon attention. Une chanson accrocheuse et dansante avec sa basse synthétique et son séquenceur. Là, c'est à Basil Clarke de Yargo que le chant m'a fait penser à certains moments.

Les paroles, et surtout la vidéo, font un parallèle entre Margate et Miami, inspiré par une mouche voyageuse, plutôt qu'un pigeon ! Certes, il y a à Margate un gratte-ciel (j'exagère à peine) entre la gare et la plage, mais les deux villes balnéaires restent très différentes. Margate est une petite ville qui se trouve à la croisée des chemins depuis quelques années : d'un côté elle reste économiquement défavorisée avec une population appauvrie, et de l'autre, dans la foulée de l'ouverture de la galerie d'art Turner Contemporary en 2011, la vieille ville est devenue un quartier culturel et branché en plein essor.

Outtanational est un disque prometteur. On ne sera pas étonné si le Pigeon prend son envol dans ces prochains mois.



23 mai 2026

KRAFTWERK : Radioactivity


Acquis neuf à Châlons-sur-Marne en 1976
Réf : 2C 010-82119 -- Édité par Capitol en France en 1976
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Radioactivity -/- Antenna

Voilà un disque que je possède depuis un demi-siècle, c'est presque vertigineux.
A 13 ans, je ne pense pas que j'avais suffisamment d'argent de poche de côté pour l'acheter moi-même. Ce 45 tours m'a donc sûrement été offert par mes parents (qui étaient la principale source de mon argent de poche, de toute façon !).
Il y a une indication très claire que ce disque fait partie des tous premiers de ma collection : il y a au recto de la pochette, bien visible en rouge, une étiquette faite à la Dymo avec mon surnom familial (et aussi mon nom au stylo bille). Heureusement, je n'ai pas eu longtemps accès à cette étiqueteuse... Trois autres disques de cette époque ont déjà été chroniqués ici : Autobahn, Moviestar de Harpo (pire : j'ai arraché l'étiquette...!) et mon premier exemplaire de The humours of Lewis Furey. Je ne pense pas qu'il en reste beaucoup d'autres dans mes étagères, mais je ne suis pas à l'abri d'une surprise.

C'est le premier disque de Kraftwerk de ma collection. Au maximum un an plus tard, je faisais avec Autobahn ce que je considère être ma toute première acquisition d'un 33 tours.
Je me suis rendu compte en lisant récemment une chronique de la réédition des 50 ans de Radio-activity que c'est l'album de la grande époque de Kraftwerk que j'ai dû le moins écouté (avec Electric café). Ce n'est pas que je l'aime moins, c'est principalement je pense parce que je l'ai acheté plus tard, dans le courant des années 1980. Cela explique aussi pourquoi cette chronique n'arrive que maintenant, alors que j'ai déjà abordé des disques liés à Autobahn, Trans Europe Express, The man-machine, Computer world et Electric café.

L'album est titré Radio-activity, un jeu de mots en quelque sorte puisque les chansons traitent d'activités autour de différents aspects de la radio, qu'il s'agisse d'ondes radioactives, radiophoniques ou même stellaires.
Le disque est synthétique, bien plus qu'Autobahn, mais il y a aussi un aspect rétro-futuriste, qu'on retrouvera de façon plus marquée avec Trans Europe Express, avec les photos à l'ancienne du groupe et le poste de radio choisi pour la pochette, qui date des années 1940 et doit être l'équivalent d'une Volkswagen.

La chanson Radioactivity (sans tiret car pour le coup il est question de radioactivité) est un classique des classiques. La version du 45 tours est réduite de moitié par rapport à celle de l'album, mais il ne manque aucun élément essentiel.
Je me souviens avoir été captivé après l'avoir entendue à la radio pendant l'été 1976 à la radio. La France est l'un des pays où elle a eu le plus de succès (300 à 600 000 exemplaires vendus). Je n'écoutais pas l'émission, mais ce succès a peut-être été aidé par le fait que Jean-Loup Lafont en avait fait l'indicatif de son émission Maximum de musique sur Europe 1, comme indiqué sur cette version de la pochette. Jean-Loup avait de la suite dans les idées, car l'année suivante il a pris une version d'Oxygène de Jean-Michel Jarre pour l'indicatif de son émission Basket.

Ce n'est que cette semaine que j'ai eu connaissance d'un ingrédient essentiel de cette chanson (et de l'album dans son ensemble) : le tapis sonore éthéré et magique qu'on entend en fond est produit par un instrument particulier, l'Orchestron de Vako, un clavier qui était une forme plus élaborée du Mellotron ou de l'Optigan, des instruments qui utilisent des sons pré-enregistrés. Visiblement, Kraftwerk a opté pour des sons de chant choral.
Il y a d'autres excellentes trouvailles dans ce morceau : l'utilisation du morse pour épeler de façon sonore le titre et certaines des paroles, les percussions électroniques novatrices, les dix notes accrocheuses du gimmick principal...
Les paroles sont en deux langues, anglais et allemand. Elles présentent la radioactivité de façon assez neutre ("Elle est dans l'air pour toi et moi", "Découverte par Madame Curie"), voire positive ("Branchez-vous sur sa mélodie", "Quand il s'agit de notre avenir").
Quand Kraftwerk enregistrera une nouvelle version de Radioactivity pour l'album The mix en 1991, outre qu'elle sera beaucoup plus dansante, les paroles seront revues pour alerter sur les dangers de l'énergie nucléaire. Depuis, ces paroles sont régulièrement adaptées en fonction de l'actualité.
Une des meilleures versions de la chanson est celle en concert à Captain Vidéo à Paris en mai 1981. Ce n'est pas du rock, mais contrairement aux concerts depuis le retour du groupe dans les années 2000, on a vraiment l'impression qu'ils jouent en direct, avec des variations notables par rapport au disque.

La face B est une autre de mes chansons préférées de l'album.
Antenna traite bien sûr de radio diffusion ou, plus précisément pour garder le côté rétro, de TSF (transmission sans fil).
Les paroles sont minimales : tu es l'émetteur, je suis l'antenne réceptrice.
Je me demande si cette chanson aurait aussi pu être un tube si elle était sortie en titre principal de single. En tout cas, avec séquenceur, synthés et percussions électroniques, c'est vraiment un prototype de techno pop. On se rend compte à l'écoute de ce titre paru fin 1975 que The Human League, The Normal ou Orchestral Manoeuvres In The Dark n'ont pas inventé grand chose. Pour ma part, après avoir été biberonné à Kraftwerk et Vangelis, je ne dois pas m'étonner d'être ensuite devenu un grand fan de New Wave.

Ralf Hutter est le seul membre qui reste du groupe qui a enregistré Radio-activity, mais une formation de Kraftwerk est en tournée en ce moment.






Kraftwerk, Radioactivity, dans l'émission Chorus sur Antenne 2 diffusée le 1er octobre 1978. Le groupe est sur la scène du Théâtre de l'Empire, mais c'est la version du disque qu'on entend.
J'ai probablement vu cette émission le jour de sa diffusion.



Michel Sardou et Danièle Gilbert présentent Kraftwerk au grand public français dans l'émission Midi-Première du 21 juin 1976.