17 mai 2015

THE POOH STICKS : Multiple orgasm


Acquis probablement chez A la Clé de Sol à Reims vers 1993
Réf : fright047 CD -- Edité par Fierce au Pays de Galles en 1991
Support : CD 12 cm
19 titres

Je me souviens des chroniques de certains des premiers disques du label Fierce, qui étaient souvent single de la semaine dans les hebdomadaires anglais. Il y a eu notamment le "riot single" de Jesus and Mary Chain (pas de musique, juste du son, notamment du public qui casse tout à l'un de leurs concerts) et puis le I know someone who knows someone who knows Alan McGee quite well des Pooh Sticks, qui m'a particulièrement interpellé puisque je connaissais moi-même très bien quelqu'un qui connaissait très bien Alan McGee.
Les chroniques des disques, j'arrivais facilement à y accéder, mais les disques eux-mêmes, bernique ! C'étaient des éditions limitées, le Alan McGee faisant carrément partie d'un coffret de cinq 45 tours mono-faces. Je ne cherchais pas particulièrement après non plus, même si j'étais un peu curieux. Je crois que je n'ai jamais rien entendu des Pooh Sticks à cette époque.
Les premiers disques du groupe que j'ai fini par acheter, ce sont deux rééditions en CD d'albums parus initialement en 1989, Trade mark of quality et celui-ci, devenu Multiple orgasm car il compte neuf titres de plus que l'Orgasm original. Ils font partie je pense des dizaines de disques bradés chaque année à la Quasimodo par La Clé de Sol, qui sont venus remplir mes étagères.
Je note que le verso du livret de mon CD est autographié par les cinq membres du groupe, Hue, Trudi, Alison, Paul et Stephanie, ce qui constitue un véritable exploit puisque, en-dehors de musiciens recrutés ponctuellement pour la scène, il parait que les Pooh Sticks se réduisaient en fait à deux membres, le chanteur Hue Williams et le manager-auteur-compositeur-patron de label Steve Gregory ! Avec un groupe de blagueurs pareils, toute information est à prendre avec des pincettes, comme celles qui figurent dans les notes de pochette de l'album, signées Trudi. Il faudrait croire donc que les neuf titres de l'album original ont été enregistrés en direct dans la cave chez Trudi le 17 septembre 1988, tandis que les dix autres l'auraient été en studio les deux week-ends suivants en vue d'un nouveau coffret de cinq 45 tours, annulé quand il a été décidé de sortir Orgasm sur le label 53rd & 3rd, fondé par Stephen Pastel. Un catalogue dans lequel The Pooh Sticks étaient parfaitement à leur place aux côtés des Shop Assistants, de Beat Happening, des BMX Bandits, de Talulah Gosh.
La musique des Pooh Sticks est dérivative, bourrée de références et de clins d'oeil dans les paroles et aussi dans la musique, un peu comme les Television Personalities des débuts, sans parler des emprunts et des vols caractérisés. Mais ce qui est réjouissant, c'est qu'avec tous ces ingrédients connus ils arrivent à produire d'excellentes chansons qui valent souvent bien leurs modèles. C'est surtout le cas ici des neuf chansons d'Orgasm, à commencer par I know someone who knows someone who knows Alan McGee quite well, dans une version plus électrique que celle du 45 tours original. On est en 1988, alors c'est Alan McGee qui a droit au titre et au premier couplet ("There's talk of a deal with Creation, with an expensive Lenny McKaye production", en référence au fric dépensé pour faire produire Mayflower des Weather Prophets par le guitariste américain de Patti Smith. Il y a eu aussi un désastre avec la production de Sonic flower groove de Primal Scream par Mayo Thompson). Si la chanson avait été faite trois ans plus tôt, c'est Geoff Travis de Rough Trade qui aurait eu la vedette. Là, il n'a droit qu'au deuxième couplet ("Now that The Smiths have split, I've heard he thinks we're going to be 'it'"). C'est bouclé en moins de deux minutes et c'est excellent.
Les titres s'enchaînent ensuite, et ils sont du même niveau : Heroes and villains, une chanson qui n'est pas écrite par Brian Wilson, avec une deuxième voix féminine comme dans le meilleur de la noisy pop. Il s'agit peut-être bien d'Amelia Fletcher elle-même !; Foxy boy; Force fed by love; Sex head; On tape, leur premier single, avec encore plein de références pour les fous de disques ("I've got Falling and laughing, the original Postcard version. I've got The Pastels' Songs for children"); Indiepop ain't noise pollution; l'excellent 1-2-3 red light, la seule reprise de ce premier lot, un tube bubble gum de 1910 Fruitgum Company et enfin Heartbreak.
Mais l'équilibre entre la blague et la magie pop n'est pas facile à maintenir. On s'en rend compte avec les dix titres suivants, où d'un seul coup le groupe est pataud et ne convainc plus autant, que ce soit dans ses propres titres (on peut comparer avec la première version de Force fed by love) ou ses autres reprises de tubes du début des années 1970.
Ce qui est très étonnant dans l'histoire de The Pooh Sticks, c'est que ce groupe quasi-parodique, travaillant au deuxième ou au troisième degré, est devenu dans la seconde partie de sa carrière un groupe "normal", signé sur de gros labels et cherchant à percer sur le marché américain avec ses deux derniers albums Million seller et Optimistic fool. Ils sont même remontés régulièrement sur scène ces dernières années.

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