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22 mars 2026

ROUGH TRADE RECORDS COMPILATION


Acquis probablement en Angleterre vers le milieu des années 1980
Réf : 6435 086 -- Édité par Rough Trade en Allemagne de l'Ouest en 1981
Support : 33 tours 30 cm
14 titres

L'autre jour, quelqu'un a fait tourner le lien vers une vidéo pour Blue boy, le deuxième single d'Orange Juice. Les images datent de la sortie du disque en 1980, mais la vidéo a surtout été diffusée au moment de la sortie de la compilation The heather's on fire en 1993. J'adore cette chanson, je trouve que c'est l'une des meilleures du groupe. Je suis allé faire un tour sur Discogs et Ebay en me disant que je chroniquerais bien ce 45 tours, mais je savais d'avance que le disque serait inabordable.
Ce genre d'envie me prend régulièrement ces derniers temps. J'ai fait le même genre de démarche pour Work de Blue Orchids ou Fanfare in the garden d'Essential Logic. Pour I know where Syd Barrett lives de Television Personalities je n'ai même pas essayé car je sais que c'est encore plus hors d'atteinte.

En 1996, j'ai écrit pour mon fanzine Vivonzeureux! un article pour les vingt ans de la boutique Rough Trade. Un réseau de boutiques qui, logiquement, fête ses cinquante ans cette année. J'y avais inclus un
gros plan sur les compilations du label.

Ces compilations, à part la cassette C81 diffusée initialement par le NME, avaient pour but de faire connaître le label dans les territoires où les productions Rough Trade étaient difficiles à trouver.
J'en répertorie cinq pour les premières années du label :
Il y a beaucoup de recoupements entre ces compilations. Plusieurs titres sont présents sur trois des cinq. Le très court Final day de Young Marble Giants est même sur quatre d'entre elles !

Je n'ai pas Long distance, mais j'ai les 33 tours de Wanna buy a bridge ? et Rough Trade Records compilation. En reprenant ce dernier récemment parce que c'est le seul disque sur lequel j'ai Blue boy, j'ai examiné la liste des titres et je me suis dit que je n'avais vraiment pas besoin de me casser à essayer de trouver des singles que je n'ai pas eu les moyens ou l'occasion d'acheter à l'époque, étant donné que la plupart sont déjà présents sur cette compilation, certes sans pochette ni face B, mais franchement, quel superbe ensemble ça fait !

J'ai acheté ce disque non pas en 1981, comme mes autres compilations Rough Trade, mais un peu plus tard, entre 1985 et 1987. Je sais que c'était après 1984 car, quand je suis tombé dessus, dans une boutique d'occasion à Londres, pas en Allemagne, j'avais fait un rapprochement entre le choix de photo de la pochette et celui d'Alive in the Living Room, même si les deux clichés ne sont pas du tout de la même époque.

Je vais répartir les titres de la compilation en trois groupes.

Les cinq 45 tours que je possède :

Ce sont des disques importants. Sans surprise, je les ai tous chroniqués, à la seule exception du Robert Wyatt. En fait la raison en est toute simple : j'ai les trois 45 tours publiés par Robert Wyatt à l'époque chez Rough Trade et réunis ensuite sur l'album Nothing can stop us, et en 2008 j'ai préféré chroniquer At last I am free, dont j'apprécie énormément les deux faces.
Cela ne signifie pas pour autant que je n'aime pas Stalin wasn't stalling. Au contraire, j'apprécie beaucoup cette version d'une chanson de 1943 du Golden Gate Quartet (Robert fait les quatre voix à lui tout seul). C'était bien vu de la part de Wyatt de reprendre cette ode à Staline, créée au moment où l'U.R.S.S. et les U.S.A. combattaient ensemble contre le Troisième Reich allemand. Une bonne façon pour un communiste en pleine guerre froide de souligner que Staline n'a pas toujours été considéré comme le diable par les occidentaux.

Les cinq 45 tours que j'ai envisagés d'acheter :
  • Television Personalities : I know where Syd Barrett lives
    Celui-ci, je ne l'ai pas dans ma collection, mais je l'ai acheté ! C'était en 1981 lors de mon premier séjour à Londres. Philippe R. et François B. m'avaient confié une somme d'argent pour que je leur ramène des disques, notamment de Rough Trade. Philippe avait eu entre autres And don't the kids just love it et François I know where Syd Barrett lives. Malheureusement, François a rapidement égaré ce disque, à l'occasion d'un déménagement je crois, et n'a jamais remis la main dessus. Pour ma part, je ne l'ai jamais racheté, comme j'avais l'album. J'ai fini par avoir aussi la comptine Arthur the gardener de la face B sur une compilation.
    La chanson est un classique. J'ai fait un livre entier sur Television Personalities, je ne vais pas m'étendre plus.

  • Blue Orchids : Work
    Celui-là aussi, je suis à peu près certain que je l'avais ramené de Londres pour François.
    Les Blue Orchids ont la distinction d'être le premier groupe formé par des ex-The Fall. Work reste ma chanson préférée de ce groupe. J'avais été déçu par leur premier album The greatest hit (Money mountain), mais il y a d'autres choses que j'aime beaucoup d'eux, notamment Bad reputation.
    Martin Bramah est très actif ces dernières années, avec des Blue Orchids reformés, mais aussi avec House of All, groupe constitué d'anciens membres de The Fall.

  • Orange Juice : Blue boy  
    C'est étonnant de retrouver ce titre ici, puisque ce deuxième 45 tours d'Orange Juice a été publié au Royaume-Uni chez Postcard, pas chez Rough trade. Mais dans les crédits de la compilation, il est indiqué que la chanson est co-éditée musicalement par Rough Trade Music, qui est dans son rôle en favorisant la diffusion de l’œuvre dans d'autres territoires. Cet excellent titre, assez rock et bien chanté, reste l'une des grandes réussites du groupe d'Edwyn Collins.

  • Essential Logic : Fanfare in the garden
    Comme pour Blue Orchids et Orange Juice, c'est de loin ma chanson préférée d'Essential Logic, alors que par exemple Beat rhythm news - Whaddle ya play ? me laisse plutôt froid. Ce n'est pas un hasard si la chanson a donné son titre à l'une des compilations du groupe.

  • Pere Ubu : Not happy
    Cet excellent single hors album de Pere Ubu, je le recherchais alors même que j'ai acheté à sa sortie en 1996 le coffret de cinq CD Datapanik in the year zero, qui contient des raretés et inédits et grosso modo l'intégrale des titres publiés par le groupe de 1975 à 1982, à cinq exceptions près, dont Not happy. Je me demande encore bien pourquoi.
Les quatre derniers, excellents eux aussi :
  • The Red Crayola : Born in flames
    Il y a un autre 45 tours de Red Crayola en coopération avec Art & Language que j'aimerais bien avoir, c'est Milkmaid, tiré de l'album Kangaroo ? et sorti en face B de An old man's dream.
    Mais ce disque précédent, sur lequel jouent, outre Mayo Thompson, Lora Logic (chant et saxophone), Epic Soundtracks des Swell Maps (batterie) et Gina Birch des Raincoats (basse), est d'excellente tenue. La chanson est présentée sur le 45 tours comme "The social democrats' song from a film by Lizzie Borden...". Ce film, intitulé lui aussi Born in flames, a fini par sortir en 1983.

  • The Fall : How I wrote elastic man
    Quand j'ai acheté cet album, j'avais déjà apprécié Marc Riley et ses Creepers sur scène et sur disque (Marc était encore membre de The Fall quand ce titre a été publié et il en est l'un des co-auteurs). Pourtant, il m'a encore fallu quelques années pour je devienne "fan" de The Fall et apprécie par exemple ce single, l'un des meilleurs titres de leur première période.

  • Cabaret Voltaire : Seconds too late
    Le maxi de Nag nag nag était en vente chez mon disquaire A la Clé de Sol à Châlons, en import et donc cher. Je regrette un peu de ne pas l'avoir acheté, mais j'avais déjà la face A sur Wanna buy a bridge ?. Depuis, j'ai fait l'acquisition de Silent command, autre single Rough Trade, qui est depuis un moment dans la file d'attente des disques à chroniquer ici. Dans la série, je placerais Seconds too late un petit cran en-dessous de ces deux-là, mais un tout petit cran. Ça reste un grand moment de musique növö, comme aurait dit Yves Adrien.

  • Augustus Pablo & Rockers All Stars : Pablo meets Mr. Bassie
    C'est la deuxième référence du catalogue Rough Trade, juste après Métal Urbain. Du punk au reggae le plus pur, Rough Trade a immédiatement fait preuve de son ouverture d'oreilles en éditant en Angleterre ce single jamaïcain. 
    Sur l'album, le titre est crédité à Augustus Pablo, mais sur le 45 tours c'est bien Horace Andy qui est indiqué comme auteur : Il s'agit d'une version de son Problems de 1977, à ne pas confondre avec le Problems de 1975 ("Don't let problems get you down").
    Ce sont aussi les Rockers All Stars qui accompagnaient Horace Andy sur la version originale. Pablo meets Mr. Bassie en est un remix à la sauce Augustus Pablo, sauf erreur de ma part.
Il manque les Raincoats, Métal Urbain, The Monochrome Set, Spizz Energy, Subway Sect, les Feelies, Delta Five, Scritti Politti, les Slits, mais tout ne pouvait pas tenir sur un seul album et cette sélection de quatorze titres du catalogue Rough Trade est un sans-faute. Je suis incorrigible et je ne dirais quand même pas non si je dégotais les neuf 45 tours qui me manquent, mais au moins avec cette compilation je gagne un peu de place.


Orange Juice, Blueboy.


Cabaret Voltaire, Seconds too late.

05 octobre 2025

SLAUGHTER : She's so out of touch


Offert par Joe Foster à Londres en novembre 1986
Réf : CRE 035 T -- Édité par Creation en Angleterre en 1986
Support : 45 tours 30 cm
Titres : She's so out of touch -/- I know you rider -- The lonesome death of Thurston Moore

Il y a quelques semaines, l'ami Bertrand a émis l'opinion, volontairement provocatrice n'en doutons pas, que She's so out of touch est "une des plus grandes chansons du Velvet non enregistrée par le Velvet". Je me garderai bien de me prononcer, mais une chose est certaine : cette chanson n'existerait pas si on n'avait pas trouvé Sunday morning en ouverture du premier album du Velvet Underground.
Cette publication m'a donné envie de ressortir ce disque de Slaughter, alias Slaughter Joe, alias Joe Foster de Television Personalities et Missing Scientists et Creation Records entre autres, de son nom de naissance apparemment Joseph James Foster Ruiz.
Ce maxi me tient particulièrement à cœur parce que c'est l'un des quelques disques où mon nom est mentionné, cette fois-ci dans une longue liste au verso de la pochette.

Je crois que j'ai mis un certain temps à apprendre cette mention de mon nom. En effet, la copie du disque que j'ai ramené d'un séjour à Londres du 6 au 11 novembre 1986, avant la sortie commerciale du disque, est il me semble un "test pressing", daté du 16 octobre, c'est à dire l'un des quelques exemplaires produits pour tester la qualité d'un pressage avant de lancer la production. C'est à distinguer des "white labels", également pressés avant la diffusion commerciale d'un disque, qui sont des exemplaires promo pas encore habillés de leur rond central ou de leur pochette.
Sur le white label référencé sur Discogs, il y a quelques mots d'accompagnement : "Slaughter comes back from the dead, with what can only be described as a Xmas single !! Jingle bells......".
Que ce disque soit plus ou moins un disque de Noël, je n'y avais jamais fait attention. Mais c'est bien "Joyeux Noël" que Joe souhaite à tout plein de gens sur sa pochette, de la famille McGee à Mlle. Lindy Morrison, en passant par Jeffrey Lee Pierce et St. Julian. Dans le lot, j'ai l'honneur de me trouver coincé entre Wee Karen Trashcan, c'est à dire j'en suis à peu près certain Karen Parker, la voix féminine qu'on entend sur Just like honey, et Sky Saxon des Seeds !!
Je n'ai jamais fait l'acquisition du disque avec sa pochette.

C'est à l'automne 1986 qu'il y a eu le plus d'activité autour du personnage JC Brouchard, conseiller spirituel de Biff Bang Pow !. En septembre, j'avais participé aux sessions de l'album The girl who runs the beat hotel. C'est à ce moment je pense qu'Alan a dû lancer l'idée de sortir un single sous mon nom. Et, comme les choses allaient vite, je suis reparti de mon séjour suivant avec mes sacs pleins d'une quarantaine d'exemplaires de Someone stole my wheels, en 45 tours et maxi, en plus de mes achats et des cadeaux reçus, comme ce disque de Joe. Entre-temps, le 25 octobre, Biff Bang Pow ! était venu donner un concert à la M.J.C. Claudel de Reims, sans Joe mais avec Andrew et Christine de Revolving Paint Dream.

Il s'agit du deuxième et ultime single de Slaughter Joe. La photo et la pochette sont de l'ami Luke Hayes de Chromatone Design.
Sur ce disque, Joe est crédité au chant, à la guitare et aux bruits. Il est accompagné par Frank Sweeney  des June Brides (violon, basse, chant, arrangement de cordes), Alejandro "Alec" Palao des Sting-Rays (batterie, basse, guitare douze cordes) et Stuart James Murray (batterie), je suppose uniquement sur le titre live de la face B.

Je considère She's so out of touch comme une grande réussite. La chanson me reste en tête après chaque écoute. Bien sur, il faut arriver à faire abstraction que l'atmosphère générale de la chanson (le xylophone, le violon notamment) est dérivé de Sunday morning.

Comme je ne connaissais pas cette chanson, Joe m'a expliqué en m'offrant le disque que I know you rider est un "traditionnel". Il me semble que l'inspiration pour la version de ce maxi est plutôt l'interprétation par les Byrds. Certes, la version studio des Byrds n'a été publiée officiellement qu'en 1987, mais je pense que des versions pirates circulaient chez les fans comme Joe.

The lonesome death of Thurston Moore, une chanson au titre percutant est enregistrée en concert à Hambourg. On retrouve le style bruyant du premier single I'll follow you down et des productions de Joe comme Upside down.

En 1987, accompagné du Modern Folk Quintet, Joe a publié sur son label Kaleidoscope Sound l'album All around my hobby horse's head. On y retrouve des nouvelles versions de I know you rider et The lonesome death of Thurston Moore.
C'est le dernier disque d'enregistrements originaux de Slaughter Joe. L'album The pied piper of feedback chez Creation en 1990 est en fait une sélection de titres précédemment parus. La compilation Zé do caixão de 2003 regroupe, comme le sous-titre l'indique, l'ensemble de ses enregistrements.
Ces dernières décennies, Joe a poursuivi son défrichage de l'histoire de la musique en rééditant des perles sur ses labels Rev-Ola et Poppydisc.


Joe Foster à Londres en novembre 1986, près des locaux de Rough Trade sur Collier Street, dans le quartier de King's Cross. Photo : JC Brouchard.

10 octobre 2020

THE DUPONT CIRCLES : In search of the family Gredunza


Offert par Wally Salem par correspondance en septembre 2020
Réf : BEAUTY 039 -- Édité par The beautiful Music au Canada en 2020
Support : CD 12 cm
16 titres

Je connais Wally Salem et son label The Beautiful Music depuis au moins 2007, grâce à sa série de compilations en hommage aux Television Personalities. Un projet de longue haleine, auquel j'ai même contribué en bonus du volume 3, qui comptera à terme dix volumes. Le cinquième est actuellement en préparation. Mais au-delà de cette série, The Beautiful Music est devenu au fil des années un label reconnu dans le cercle de l'International Pop Underground, un véritable label indépendant passionné qui, depuis sa base au Canada, donne leur chance à des artistes et groupes gallois, écossais, américains, espagnols ou canadiens.
Parmi les nouvelles parutions de cet automne que Wally m'a gentiment offertes (il est réputé par ailleurs pour gonfler les colis des commandes qu'il envoie avec des bonus et des surprises...!), il y a notamment de très bons albums par Exploding Flowers et Lisa Mychols & Super 8.
Et puis, il y a ce premier album de The Dupont Circles, un groupe dont le nom vient d'un rond-point et quartier de Washington, la ville d'origine du groupe. Le titre, In search of the family Gredunza fait sûrement référence à un dessin animé de 1971 adapté du livre The cat in the hat de Dr. Seuss. Il y est fait plusieurs fois mention de cette famille Gredunza et l'acteur Allan Sherman, qui joue le rôle du chat, y chante une chanson à ce sujet.
La pochette est très réussie, avec ce qui ressemble à un collage surréaliste de gravures. Elle m'a instantanément fait penser à celle de 25 o' clock des Dukes of stratosphear, qui était elle-même un pastiche d'art psychédélique sixties.
C'est donc le premier album de ce groupe... trente ans après sa formation ! Sur cette longue période, le groupe a connu trois principales incarnations, avec comme noyau central le guitariste et organiste Michael Bennet et le batteur-chanteur Bob Primosch.
Le groupe avait précédemment sorti deux 45 tours, Sarah the weather girl en 1995 et The 53 bicycles EP, dont on retrouve ici cinq des six titres, auxquels s'ajoutent des titres inédits couvrant toutes les périodes du groupe. Il semble que The Dupont Circles aime prendre son temps : ce projet de compilation aurait mis cinq ans pour aboutir.
Côté musique, on découvre, sans surprise chez The Beautiful Music, une noisy pop teintée de psychédélisme, avec plusieurs titres qui ont un son garage assez marqué. Dans un style et avec des influences similaires, avec aussi un parcours au long cours, j'ai pensé à l'écoute aux allemands francophiles The Truffauts, que je verrais bien d'ailleurs au catalogue de The Beautiful Music.
Les influences du groupe se reflètent dans les trois reprises au programme : Tales of Flossie Fillet, à l'origine une face B de 1968 de Turquoise; Joke's on Zandra, excellente version d'une chanson de The Times que je ne connaissais pas, parue en 1985 sur Go! with The Times; et bien sûr la très bonne reprise de How I learned to love the bomb, précédemment parue sur le volume 4 des hommages aux Television Personalities. A cette occasion, je viens de me rendre compte avec horreur que j'ai chroniqué deux fois à cinq ans d'écart le maxi original des TVPs, en 2012 puis en 2017 au moment de la sortie de mon livre Journal d'un fan de chambre. C'est d'autant plus bête que,la deuxième fois, j'aurais pu choisir à la place le petit 45 tours, qui a une pochette et des faces B différentes.
Pour ce qui est des chansons originales, je me suis rendu compte que j'ai tendance à préférer les chansons inédites à celles des singles, même si j'aime bien Everywhere girl, 53 bicyles, l'instrumental Sputnik et Sarah the weather girl. Et donc, mon original préféré est The man in the snuff shop, et j'apprécie aussi particulièrement The trip, Locked away, qui me rappelle les amis Jasmine Minks, Wonder et les plutôt garage Get down off my back et Tick tock.
Je n'ai jamais rencontré Wally et je ne verrai probablement jamais The Dupont Circles en concert, mais notre passion commune pour la musique nous rapproche et c'est comme si c'étaient de vieux amis, membres d'un réseau qui fait le tour du monde.




15 octobre 2017

TELEVISION PERSONALITIES : Beautiful despair


Offert par Fire Records par correspondance en août 2017
Réf : FIRECD327 -- Édité par Fire en Angleterre en 2017
Support : CD 12 cm
15 titres

Quand, en début d'année, j'ai mis la dernière main à mon Journal d'un fan de chambre sur Television Personalities en y incluant un panorama de tous leurs albums, je n'imaginais pas un instant que, quelques mois plus tard, un "nouvel" album allait paraître, qui rendrait mon travail incomplet.
Fire Records avait déjà réédité au printemps les quatre premiers albums du groupe, d'abord de façon limitée pour le Record Store Day, puis plus largement. Le 21 juillet, le label diffusait sur Instagram une photo énigmatique, reproduisant la pochette de ce disque. Énigmatique mais pas tant que ça puisque, en zoomant sur l'étiquette apposée sur la pochette, on apprenait que cet album précédemment inédit avait été enregistré en 1990, qu'il contenait des chansons inconnues mentionnant les Lemonheads et Felt (et là, mon cœur a fait un bond car Felt justement est un autre groupe à qui j'ai dédié un livre entier, La ballade du fan) et une autre mentionnant l'ami Alan McGee.
Fire Records m'a gentiment offert un exemplaire du disque, peu de temps avant que sa sortie soit annoncée en exclusivité chez Rough Trade pour le 15 septembre.
J'ai attendu un peu pour chroniquer le disque car je pensais que, comme pour le Record Store Day, une diffusion plus large allait suivre, et j'espérais aussi qu'un ou deux extraits du disque allaient être présentés en ligne, mais un mois plus tard ce n'est toujours pas le cas, tant pis (A la mi-novembre, la sortie du disque a finalement été annoncée pour le 26 janvier 2018).
Le parcours discographique de Television Personalities est plein de trous. Il s'est passé cinq ans entre les albums The painted word et Privilege, et on sait que ce disque était prêt bien avant sa sortie en 1989, chez Fire déjà. Il s'est écoulé encore trois ans avant que n'arrive Closer to God, un marathon de dix-neuf chansons, soit un CD plein à ras bord.
Mais entre-temps, en 1990-1991, Dan Treacy et le bassiste du groupe Jowe Head, ex-Swell Maps et artiste solo par ailleurs, s'étaient retrouvés dans l'appartement de Jowe pendant plusieurs semaines pour enregistrer en quatre pistes les quinze chansons qui sont réunies ici.
Il s'agit donc d'enregistrements maison, mais ce sont plus que des démos : les arrangements sont travaillés (Dan est au chant et à la guitare, Jowe fait tout le reste, basse, guitare, chœurs, cithare, percussions, synthé et programmation de la boite à rythmes). Jowe indique que le projet était alors de terminer ces chansons et de les sortir à un moment donné. Il aura fallu attendre plus de vingt-cinq ans pour que ça se fasse...
Les chansons écrites par Dan ne sont pas pour autant restées dans un placard tout ce temps-là. Le groupe les a souvent jouées sur scène et onze chansons et demie (l'une ne l'a été qu'en version instrumentale) ont été réenregistrées et publiées sur d'autres disque : sept sur Closer to God en 1992 et cinq sur des singles de 1992 à 1996.
Évidemment, je me suis précipité d'abord sur I like that in a girl, la chanson inspirée par une conversation avec Lawrence. C'est un petit bijou de pop noisy, de moins de deux minutes, qui se termine, comme le souligne Jowe, avec Dan qui tente d'imiter l'accent de Birmingham de Lawrence ("Oi loike that in a girl").
Une autre des grandes réussites du disque, c'est Love is a four letter word. Certes, ça reste un enregistrement bricolé, mais on sent bien que cette chanson a le potentiel d'un immense maxi single de pop dansante. J'ai manqué de m'étrangler quand j'ai découvert que cette chanson avait été publiée en 1992 sous le titre Love is better than war en face B d'un single que je possède, We will be your gurus. Comment est-ce que j'avais pu ne pas remarquer cette chanson ? Eh bien, tout simplement parce que la version publiée est beaucoup moins pop. Les chœurs en "Love love love love love love" sont conservés, mais le tout est noyé sous des guitares crasseuses. Si quelqu'un cherche un tube tout fait, il ferait bien de se pencher sur une reprise de cette chanson.
Closer to God, enregistré en groupe et assez électrique, a toujours été pour moi un album très sombre. D'une manière générale, les versions des sept chansons de cet album qu'on trouve ici, même celles qui ont des paroles très noires, me plaisent plus parce qu'elles ont plus de légèreté. C'est notamment vrai pour Honey for the bears, Razor blades & lemonade, le single Goodnight Mr Spaceman et Hard luck story number 39, avec tout à la fin Dan qui fait une référence à Teardrop Explodes en chantant "It's just a story".
Les autres titres qui ont été par la suite réenregistrés et disséminés par des singles l'ont souvent été par Dan quasiment en solo. Du coup, les arrangements varient moins. Il y a de très bonnes choses là-dedans, notamment How does it feel to be loved ? et Suppose you think it's funny.
L'album s'achève avec Dan qui fait un solo de vocalise sur This heart's not made of stone.
Si The painted word était fortement marqué par l'empreinte de Joe Foster, Beautiful despair l'est bien évidemment par Jowe Head. La variété des sons et le côté bricolé rapprochent ce disque de ses productions solo, comme Pincer movement, plus que d'autres disques de la discographie du groupe, à l'exception de l'un de mes disques tardifs préférés du groupe, I was a mod before you was a mod, avec Dan quasiment en solo.
Même si les conditions de production sont particulières, la grande qualité de ce disque c'est l'unité du son et son inventivité. Au bout du compte, je pense que j'aurai plus de plaisir à l'écouter que Closer to God.
Je crains que la santé de Dan Treacy ne lui permette plus d'enregistrer de nouvelles chansons. On en apprécie d'autant plus de découvrir celles-ci, en espérant que d'autres du même acabit nous attendent encore dans ses tiroirs.

La répartition des quinze titres de l'album dans la discographie de Television Personalities :

Précédemment inédits
Beautiful despair
If you fly too high
I like that in a girl

Closer to God (1992)
Hard luck story number 39
Razor blades & lemonade
Goodnight Mr Spaceman
Honey for the bears
My very first nervous breakdown
Have a nice day (I hope you have a nice day)
This heart's not made of stone

We will be your gurus (1992)
Love is a four letter word (Love is better than war)

Far away & lost in joy (1994)
I get frightened too (I get frightened, version instrumentale)
I don't want to live this life

Do you think if you were beautiful you'd be happy ? (1995)
Suppose you think it's funny (I suppose you think it's funny)

Now that I'm a junkie ! (1996)
How does it feel to be loved ?

Beautiful despair est en vente chez Rough Trade, en CD ou en 33 tours.
Fire a annoncé le 14 novembre une sortie générale du disque pour le 26 janvier 2018. L'album est désormais sur Bandcamp :




Un entretien récent qui revient sur le parcours de Jowe Head, des Swell Maps à Television Personalities.

25 juin 2017

TELEVISION PERSONALITIES : People think that we're strange


Acquis par correspondance via Ebay en décembre 2016
Réf : ER-269 -- Édité par Elefant en Espagne en 2009
Support : 45 tours 17 cm
Titres : People think that we're strange -/- A glimpse of my genius

Rock & Folk, dans son numéro 599 daté de juillet 2017, consacre à Television Personalities une pleine page de sa vénérable rubrique Érudit rock. Cela permet de retracer fidèlement le parcours du groupe et d'en raconter les anecdotes les plus juteuses, à l'occasion de la réédition prochaine par Fire des quatre premiers albums du groupe.
Sur le site de Fire, on trouve plusieurs textes sur Television Personalities et même, je viens de le découvrir, une annonce de la sortie de mon livre sur le groupe. Sympa !
Ce livre, Television Personalities : Journal d'un fan de chambre, au-delà du résumé clinique de R & F, permet de revivre quelques-unes de mes expériences de première main de fan du groupe. Il est disponible gratuitement en téléchargement et ceci est la dernière de la série de chroniques que je fais pour accompagner sa sortie.
Pour compléter, vous pouvez réécouter l'émission Bam Balam de Radio Cité Vauban d'avril dernier, pour laquelle j'étais l'invité de Papy Bam :



Venons-en au disque.
Après le désastre qu'a été pour moi l'album Are we nearly there yet ?, sorti en 2007, je me suis quelque peu désintéressé du groupe, dont les disques sont de toute façon sortis de façon très confidentielle. Eh bien, j'ai eu tort. En effet, quatre 45 tours ont été publiés de 2008 à 2010 (The good anarchist, People think that we're strange, My new tatoo et You're my Yoko), sur lesquels il y a de très bonnes choses.
Cinq des huit faces des 45 tours ont été reprises en 2010 sur A memory is better than nothing, l'ultime album du groupe, tant et si bien que j'ai cru pendant un temps que ce disque était une compilation. Mais non, c'est bel et bien un album studio (salué par l'ami Alan McGee dans le Guardian au moment de sa sortie), et plusieurs des titres de singles sont modifiés : You're my Yoko est devenu She's my Yoko; The good anarchist est chanté par Dan Treacy en plus de l'auteur de la chanson Johanna Lundström; My new tatoo est en version complète et People think that we're strange est dans un mixage différent.
A la fin de l'an dernier, au moment où je bouclais la rédaction de mon livre, j'ai entrepris de compléter ma collection, même si je me suis refusé à acheter My new tatoo, pas tant parce que les deux titres sont sur l'album, mais à cause de sa pochette vraiment très moche !
J'ai finalement sélectionné ici People think that we're strange, parce que j'aime beaucoup la face A, et parce que, pour le coup, la pochette est très réussie, parfaitement dans l'esprit enfantin/psychédélique assez typique du groupe.
Sur une base assez simple et répétitive, avec boite à rythmes et basse, plus quelques riffs de guitare par-ci par-là et une montée d'un quart de ton à l'occasion, il me semble, People think that we're strange est donc à mon sens une réussite et le chant de Dan passe tout à fait bien sur ce titre.
Ce n'est pas le cas il faut bien l'avouer de pas mal de chansons de sa dernière période et notamment sur la face B ici, A glimpse of my genius, où sur une rythmique rock, il parle de ses relations avec les fans à l'époque d'internet, d'une voix un peu pâteuse et plus approximative qu'à l’accoutumée. Mais il réussit à mentionner Jonathan Richman pour se moquer de la fan en question ("- Now, I don't suppose you've heard of Jonathan Richman - Oh yes, I love him! - Well, they all say that don't they, babe").



En plus des disques du groupe et de mon livre, les fans de Television Personalities peuvent se régaler avec la production d'un autre passionné, Wally Salem, qui vient de publier sur son label The Beautiful Music le quatrième volume de reprises-hommages aux TVPs, Holding hands under a cloudless sky.

07 mai 2017

TELEVISION PERSONALITIES : I was a mod before you was a mod


Acquis neuf je ne sais plus où vers septembre 1995
Réf : OVER 41 CD -- Édité par Overground en Angleterre en 1995
Support : CD 12 cm
11 titres

Pour mon livre Television Personalities : Journal d'un fan de chambre, toujours disponible en téléchargement gratuit ou en version imprimée, j'ai réécouté et commenté tous les albums studio du groupe, et c'est I was a mod before you was a mod qui m'a le plus agréablement surpris, alors que j'ai été un peu déçu par le sombre Closer to God et l'album de la reformation My dark places. Au bout du compte, je dirais que c'est l'un de mes albums les plus réussis et l'un de mes préférés du groupe, avec les deux premiers et My painted word.
J'ai acheté ce disque dès sa sortie. Je l'ai apprécié, mais assez superficiellement car je ne l'ai pas écouté tant que ça. Je ne l'ai passé qu'une paire de fois dans mon émission Vivonzeureux!  (En attendant la mort...), même si je n'ai pas oublié de le faire figurer en fin d'année dans mes choix de 95.
Cet album est de fait un disque solo de Dan Treacy. Après la fin en 1993 de la période en trio du groupe, la plus stable puisqu'elle durait depuis 1993, diverses formations du groupe ont tourné, mais pour les disques, enregistrés au Toe Rag Studio de Liam Watson, avant que ça devienne le point de passage obligé de tous les amateurs de son authentique, dont les White Stripes, c'était surtout Dan seul, avec l'assistance de Liam pour la batterie et les percussions.
Ces enregistrements ont produit plusieurs singles sur Vinyl Japan et Little Teddy, des titres originaux et des reprises, mais la plupart sont aussi plombants que leurs titres (I don't want to live this life, Do you think if you were beautiful you'd be happy ?, Time goes slowly when you're drowning). Et la grande réussite d'I was a mod before you was  a mod c'est que, mếme si les paroles pour la plupart ne sont pas spécialement gaies, même si elles font souvent fonction d'auto-psychanalyse, les chansons sont suffisamment fortes pour les habiller de manière réjouissante, même dans les cas les plus sombres, comme As John Belushi said ("Spent my days in bed, medication fed my head, but now I know that I'll get all the sleep I need when I am dead, as John Belushi said"; une version instrumentale au piano solo de cette chanson est parue cette même année 1995, sous le titre Who will be your prince ?, en face B du single Do you think if you were beautiful you'd be happy ?.), A stranger to myself ("I'm a danger to myself and I won't deny it's true, and in the stillness of the night I feel so troubled through and through, and I know I have to change but it's easier said than done and after all nobody said that life had to be fun") et Everything she touches turns to gold.
Dan joue de la guitare, du piano, de l'orgue, du glockenspiel, et très souvent il fait plusieurs voix sur les chansons et chante plutôt mieux que d'habitude. Sur certains morceaux rapides, comme l'excellente chanson-titre (sortie l'année suivante en single, dans une version remixée décevante), I can see my whole world crashing down ou A long time gone, cela donne une sorte de garage minimaliste du plus bel effet.
Little Woody Allen n'aurait pas déparé sur le premier album And don't the kids just love it et, dans la série des références à des noms connus, on a un troisième exemple ici avec Evan doesn't ring me anymore, en souvenir du soir où le mur de Berlin est tombé. Deux chansons légères, tout comme Things have changed since I was a girl.
Plus je l'écoute, et plus j'apprécie ce disque dans son ensemble, de la première à la dernière note, y compris la deuxième moitié du disque avec I can see my whole world crashing down et Something just flew over my head. On trouve encore le CD original à un prix très correct. Après la plaisanterie des rééditions des premiers albums pour le Record Store Day (vinyls marbrés à 30 £, ben voyons), je crois que Fire Records a en projet un programme de réédition plus complet. Ce sera peut-être l'occasion de donner un coup de projecteur sur ce disque méconnu.

L'album entier est en écoute sur YouTube.

11 avril 2017

PROUVE-LE MOI (DÉSORDRE MUSICAL)


Mis en ligne par Pol Dodu le 10 avril 2017
Réf : [sans] -- Diffusé par Mixcloud
Support : MP3
22 titres

J'ai démarré mon site Vivonzeureux! il y a plus de vingt ans maintenant. J'ai arrêté mon émission sur Radio Primitive il y a près de dix-neuf ans. Mais la musique m'intéresse toujours autant et l'envie de partager cette passion est toujours présente. Je le fais par écrit, avec ce blog et mes livres, mais la musique c'est bien de la faire écouter !
Au fil du temps, j'ai tenté diverses expériences, comme un abonnement à Live 365, ou le Radio Blog qu'on trouve encore en bas de la colonne de droite de ce site, mais qui n'est plus alimenté depuis longtemps. Mais à chaque fois que j'écoute une de mes compilations maison, comme j'en fais régulièrement depuis les années 1980 au moins, sur cassette pendant longtemps puis sur CD-R, je me dis que c'est dommage de ne pas partager au-delà de Philippe R. et ponctuellement d'une poignée d'amis ou de membres de la famille ces sélections. Elles distillent mes écoutes de musique sur plusieurs semaines (il fut un temps où je faisais une compilation par mois, aujourd'hui on est plutôt sur un rythme de quatre à cinq par ans) et sont l'écho de mes acquisitions (et donc les disques chroniqués ici), des disques qu'on me prête, de ceux que j'emprunte à la Médiathèque et des découvertes que je peux faire en ligne. Je trouve ça dommage qu'on ne soit pas plus nombreux à rigoler de mes conneries, à apprécier un enchaînement acrobatique mais réussi, à se délecter d'un éclectisme qui ne connaît comme limites que les bonnes vibrations que les enregistrements me procurent.
Alors, pour tenter de répondre à cette préoccupation, j'ai décidé de tenter l'expérience de mettre en ligne mes compilations, sur Mixcloud, pour que les plus curieux d'entre vous puissent y jeter une oreille. J'ai décidé du coup de les appeler Désordre musical, parce que c'est un peu à ça que ça ressemble, et c'est un hommage à la chanson de Nemours Jean-Baptiste que je connais surtout dans la version des Maxel's.
Celle que je viens de mettre en ligne, Prouve-le moi, toute récente, est assez typique du genre. On y retrouve des titres récents de petits jeunes dont je suis l'actualité (Dick Annegarn, Albert Marcoeur, Leonard Cohen), des gens chroniqués ici (Moutain Man, Papas Fritas, la Fanfare des Saints-Pères des Beaux-Arts, Senior Model), trois extraits de la triple compilation Bobo Yéyé empruntée à la Médiathèque, des valeurs sûres (Gainsbourg, The Wedding Present, The Beach Boys), trois enregistrements de Pascal Comelade (une reprise des Ramones, un titre de son album avec Pau Riba et la version en concert en juin 1982 de Part time punks par The Fall of Saigon, probablement l'une des toutes premières reprises jamais faites de Television Personalities), et évidemment aussi un titre des Television Personalities eux-mêmes. Pas étonnant, puisque ces derniers temps je me suis plongé très profondément dans la musique de ce groupe pour boucler mon Journal d'un fan de chambre.
Profitez-bien. Prochaine compilation dans quelques semaines. Entre-temps, il est possible que j'en mette quelques anciennes en ligne.



1 Le bikini - The Wedding Present

2 Twist ensemble - Dick Annegarn

3 Bi kameleou - Volta Jazz

4 Sweet lesbian - Senior Model

5 On dirait - Donna Regina

6 Pas long feu - Serge Gainsbourg

7 On y va - Pau Riba y Pascal Comelade

8 Ahsante - John Ondolo

9 Babylon - Mountain Man

10 Be still - The Beach Boys

11 Sheena is a punk rocker - Pascal Comelade

12 Fuck it, I love you - Malcolm Middleton

13 Preposterous tales - I, Ludicrous

14 Part time punks - The Fall of Saigon

15 Way you walk - Papas Fritas

16 Over the ocean (Tranquility Bass remix) - Low

17 People think that we're strange - Television Personalities

18 Leaving the table - Leonard Cohen

19 Si tu m'aimes - Coulibaly Tidiane & Dafra Star

20 Non pas ce soir (No milk today) - Fanfare des Saints-Pères des Beaux-Arts

21 La fanfare des Laumes - Albert Marcoeur et le Quatuor Béla

22 Milaoba - Les Imbattables Léopards

08 avril 2017

TELEVISION PERSONALITIES : How I learned to love the bomb


Acquis en solde chez Vitamine C à Reims vers 1986
Réf : DREAM 004 -- Édité par Dreamworld en Angleterre en 1986
Support : 45 tours 30 cm
Titres : How I learned to love the bomb -/- Now you're just being ridiculous -- Then God snaps his fingers

Ce maxi 45 tours est le premier disque sorti par Television Personalities après mon retour d'Angleterre à l'été 1984. Il est arrivé début 1986, soit près de deux ans après l'album The painted word. Entre-temps, au printemps 1984, le groupe avait perdu deux de ses membres, Joe Foster et Dave Musker, et s'était stabilisé sous la forme d'un trio avec Dan Treacy, Jowe Head à la basse et Jeffrey Bloom à la batterie.
Il faudra encore attendre jusque fin 1989 pour voir arriver Privilege, le premier album enregistré par ce trio. Dans l'intervalle, il y a eu quelques projets non aboutis, et Dan s'est pas mal concentré sur les labels Whamm! puis Dreamworld.

A 49 francs le maxi, chez Vitamine C autant que je me souvienne, je ne me suis pas précipité sur ce disque à sa sortie. Mais quelques mois plus tard, quand l'étiquette a été rayée au feutre rouge et que le prix a baissé, j'ai été bien content de m'offrir ces trois nouvelles chansons d'un groupe que je suivais de près depuis 1981, comme je le raconte dans Journal d'un fan de chambre, mon livre publié il y a quelques semaines, disponible gratuitement en téléchargement.

How I learned to love the bomb est un titre énorme. Déjà, il fait plus de cinq minutes, mais surtout il y a un son lourd auquel le groupe ne nous avait pas habitués, et une sorte de groove menaçant qui en fait l'équivalent dans la discographie de Television Personalities de Sidewalking dans celle de The Jesus and Mary Chain. Le titre s'ouvre avec de la batterie bien lourde, quelques notes graves du piano, une basse énorme. Il y a relativement peu de guitare dans l'enregistrement, et Dan est soutenu au chant par Jowe et des choristes.
Dan Treacy a toujours multiplié les références culturelles dans ses chansons, notamment à ses films préférés. Là, le titre de la chanson fait clairement référence à Docteur Folamour, le film de Stanley Kubrick de 1964 dont le titre complet est Docteur Folamour ou comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe (soit pour le titre original, Dr Strangelove or: How I learned to stop worrying and love the bomb).
Dans cette chanson, comme dans le 45 tours précédent A sense of belonging, Dan mentionne les manifestations du CND (la Campagne pour le Désarmement Nucléaire) auxquelles il a visiblement participé, à une époque de regain de tension de la guerre froide autour de la question de l'installation de missiles de croisière nucléaires en Europe.
Les paroles abordent cette question, de manière plutôt légère, et comme il y est question de Russes plutôt que de Soviets, on peut leur trouver un écho très fort dans l'actualité toute chaude, si on substitue les missiles Tomahawk aux Polaris.
C'est fini pour moi les nuits d'insomnie
Tout est plus facile maintenant
Car j'ai compris parfaitement mon erreur
Je restais éveillé en pleine nuit
A m'inquiéter à propos des Russes
Mais les Russes sont nos amis
Car nous nous aimons d'un amour sans fin

Car maintenant j'ai appris à aimer la bombe
Maintenant j'ai appris à aimer la bombe

(...)

Ne sois pas si stupide (Non non non)
Tu devrais aimer la bombe comme tu aimes ta maman

Et si tu veux vivre dans un monde paisible
Il n'y a qu'une chose à faire
Choisir les missiles de croisière

Car maintenant j'ai appris à aimer la bombe
Maintenant j'ai appris à aimer la bombe

Ne sois pas si stupide (Non non non)
Vous me prenez vraiment pour un con ?
Si on fait des bombes c'est qu'on veut la guerre

Ne sois pas si stupide
Car maintenant j'ai appris à aimer la bombe
Il y a deux chansons en face B de ce maxi. Now you're just being ridiculous est l'une des nombreuses très bonnes chansons d'amour de Dan. Comme How I learned to love the bomb, elle aurait mérité de trouver sa place sur l'un des albums du groupe. Then God snaps his fingers me plaît un peu moins. Le premier couplet fait référence à la mort de Joe Orton.

Bizarrement, à l'automne 1986, un autre disque est paru avec à nouveau How I learned to love the bomb en titre principal. Peut-être pour prolonger l'intérêt pour cette chanson après que le groupe ait tourné une vidéo bien délirante, l'un des rares films du groupe disponibles.
On trouve des images de la vidéo sur la pochette de ce disque 17 cm, qui est plein à ras, au point qu'il doit s'écouter en 33 tours. La version de How I learned to love the bomb est différente, plus longue (huit minutes !), avec de l'orgue et une trompette asthmatique. Elle n'est pas moins bonne, mais pas meilleure que l'autre. J'ai tendance quand même à préférer la première, que j'ai connue d'abord.
Il y a deux autres faces B inédites sur ce disque, dont l'excellent She was only a grocer's daughter, en référence à Margaret Thatcher.

La version maxi et les quatre faces B ont été incluses en 1995 sur la compilation Yes Darling, but is it Art ?. La deuxième version et les quatres faces B avaient été brièvement rééditées sur un maxi CD en 1992. On peut actuellement télécharger les six titres chez Forgotten Songs.



18 mars 2017

TELEVISION PERSONALITIES : Three wishes


Acquis probablement chez Rough Trade à Londres en juin 1982
Réf : WHAAM 4 -- Édité par Whaam ! en Angleterre en 1982
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Three wishes -/- Geoffrey Ingram -- And don't the kids just love it !

Donc, mon livre Television Personalities : Journal d'un fan de chambre, est disponible et peut même être téléchargé gratuitement.
Pour fêter ça, j'ai ressorti cet excellent 45 tours Whaam!, l'un des premiers disques du groupe que j'ai acheté et toujours l'un de mes préférés. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la compilation virtuelle Diary of a young fan, présentée dans le livre et (non) disponible sur Vivonzeureux! Records, commence et finit avec la chanson Three wishes, dont j'ai toujours apprécié le refrain des plus simples, "Si j'avais trois voeux à faire, j'en demanderais trois de plus".
J'ai découvert Television Personalities avec trois compilations Rough Trade, Wanna buy a bridge ?, sur laquelle il y avait Part time punks, et Best / Rough Trade et NME / Rough Trade C81, où on trouvait Magnificent dreams.
Le premier disque que j'ai acheté, c'est le deuxième album Mummy your not watching me début 1982. Quand je suis parti en vacances à Londres pour la deuxième fois en juin 1982, j'avais reçu pour mission de la part de Philippe R. et François B. de leur ramener respectivement pour 200 F. et 100 F. de disques pas cher, surtout de chez Rough Trade. Ils ont eu droit, entre autres, à ...And don't the kids just love it pour le premier et I know where Syd Barrett lives pour le second (un très bon rapport qualité-prix et un très bon investissement si on regarde la cote actuelle...). Pour ma pomme, j'ai acheté une nouveauté, ce 45 tours Three wishes qui venait de sortir, présenté dans une pochette minimale, une feuille A4 noir et blanc photocopiée et pliée.
J'étais jeune et je manquais de certaines références culturelles : j'avais dû voir passer le nom d'Andy Warhol quelque part, mais je n'avais aucun moyen de douter qu'il soit l'auteur des trois chansons du disque, comme indiqué sur l'étiquette, ni qu'il ait co-produit la face B, avec Timothy Leary s'il vous plaît. C'était bien sûr de bonnes grosses blagues. Je ne captais pas non plus à l'époque les références à Roy Lichtentstein du nom du label et de l'illustration sur les rondelles.



On dispose de peu d'informations précises sur le parcours de Television Personalities. Pour la rédaction du livre, le site televisionpersonalities.co.uk m'a été d'une aide précieuse. Je suis sûr que c'est là que j'ai trouvé les deux parties de The true story, un texte de Dan Treacy publié en 1985 dans le Television Personalities Fan Club ‘zine. En tout cas, heureusement que j'ai téléchargé et sauvegardé ces textes car aujourd'hui je suis incapable de les trouver en ligne.
Voilà ce qu'écrit Dan sur l'époque de la publication de ce disque :
"At the start of 1982 we started a new label, Whaam! Ed had left the TVPs now and changed his bands name to THE TIMES. I did not want anyone to replace Eddie and I decided to start anew with a new name… THE GIFTED CHILDREN (a name Joe had previously thought of). The first two releases were THE TIMES ‘RED WITH PURPLE FLASHES’ and GIFTED CHILDREN’S ‘PAINTING BY NUMBERS’. The new bassist for the ‘CHILDREN’ was a chap called Bernie Cooper who was a friend of Mark. Again I received a surprise phone call with an offer of more German dates for the TVPs.
Actually there were only two dates but the fact that one of them was supporting the legendary NICO of the Velvet Underground was the only excuse I needed to ‘reform’ the TVPs. As nobody knew we had ‘split up’ it made no difference. (...) But what happened to Bernie the new bass player?… you tell me!… he just vanished without trace.
Before leaving for Germany, myself, Mark and Bernie had recorded some more tracks for a proposed GIFTED CHILDREN LP. On return though I decided the TVPs had to storm back with some great records so the plan was for a TVPs LP. Eddie had some time free and he joined me and Mark and we recorded some more songs and I put these together with the previously recorded tracks and this was ‘MUMMY YOUR NOT WATCHING ME’ LP. (...)
I released the next TVPs single ‘THREE WISHES’ soon after. It was an unreleased track from the sessions with Mark and Bernie. The b-side was the title track of the first lp ‘And Don’t The Kids Just Love It!’ which did not appear on the lp strangely… and the different and original version of GEOFFREY INGRAM complete with primitive CLAPTRAP EFFECTS. Rough Trade preferred the version without hence it being omitted."
Donc, on apprend que c'est quand Ed Ball a quitté les TVPs pour se concentrer sur son groupe The Times que Dan a décidé de créer The Gifted Children, qui ont sorti un 45 tours qui est la première référence de leur label Whaam!. D'autres titres ont été enregistrés en vue d'un album par une formation comprenant Dan, le batteur du premier album Mark Sheppard et Bernie Cooper à la basse (soit dit en passant, une des choses que j'ai découvertes en écrivant le livre c'est que Mark Sheppard, qui avait à peine quinze ans lors de ses débuts avec TVPs, est devenu acteur par la suite et mène une carrière internationale à la télévision et au cinéma).
Alléché par la possibilité d'ouvrir pour Nico en Allemagne, Dan a reformé Television Personalities, puis Bernie Cooper a disparu et Dan, Mark et Ed Ball ont enregistré d'autres titres. Ces deux sessions ont fourni la matière pour Mummy you're not watching me. Three wishes date de la première de ces sessions, prévue pour The Gifted Children.
Cette version 45 tours de Three wishes me plaît toujours autant, même 35 ans plus tard, avec l'intro à la basse de Bernie, la batterie au son sec de Mark et l'orgue/synthé de Dan. Une autre version de Three wishes, plus longue et un peu plus électrique, a été publiée un peu plus tard en 1982 sur l'album They could have been bigger than The Beatles, qui regroupait des enregistrements rares ou inédits de la période 1977-1981. A l'époque, j'avais été très déçu par cette version. Aujourd'hui, je dois bien admettre qu'elle est tout aussi bonne que l'originale, mais celle-ci, la première que j'ai connue, gardera toujours ma préférence.
L'autre version de Three wishes qu'on trouve sur la compilation virtuelle, c'est celle extraite de la compilation Alive in the Living Room, enregistrée le 10 février 1984 et interrompue par la police. J'étais présent, assis aux pieds de Dan après avoir présenté le groupe au micro en début de concert.
Si on lit bien Dan, on comprend que les deux titres de la face B datent des sessions de l'album ...And don't the kids just love it, paru en janvier 1981. La version de Geoffrey Ingram qu'on trouve ici est la version originale, avec du piano et des effets sonores d'appludissement à la fin qui ne plaisaient pas trop à Rough Trade. La version retenue pour l'album est sans piano, avec plus de guitare et de choeurs. Toutes les deux sont excellentes !
Je n'arrive pas à trouver en ligne la chanson And don't the kids just love it, qui a pourtant été reprise en 1995 sur la compilation Yes darling, but is it art ?. Croyez-moi sur parole, c'est ce qui se rapproche le plus chez TVPs d'un titre funky ! Elle fait partie du club bizarrement pas si restreint des chansons qui ont donné leur titre à un album sans y figurer. Comme Psychocandy de The Jesus and Mary Chain, en face B de Some candy talking, ou Almost blue d'Elvis Costello, mise sur l'album suivant Imperial bedroom, tandis que la chanson Imperial bedroom a échoué en face B des singles Man out of time et Party party.

10 mars 2017

JC BROUCHARD : Television Personalities : Journal d'un fan de chambre


Acquis par correspondance chez The Book Edition à Lille en mars 2017
Réf : 978-2-9536575-7-9 -- Edité par Vivonzeureux en France en 2017
Support : 123 p. 20 cm
7 titres

Mon nouveau livre, Television Personalities : Journal d'un fan de chambre, vient de paraître, sous mon pseudonyme de JC Brouchard. Si on compte ceux sortis sous le nom de Pol Dodu, c'est le septième depuis 2010.
Ce journal, récemment redécouvert, couvre les années 1981 à 1984. Il retrace mon parcours de lycéen de province, de ma chambre d'étudiant chez mes grands-parents aux concerts Living Room organisés par Creation Records à Londres.
Il me donne surtout l'occasion de rendre hommage à Television Personalities, le groupe de Dan Treacy.
Ce livre bénéficie de deux préfaces, par Joe Foster, ancien membre de Television Personalities, producteur émérite et patron de label (actuellement, Poppydisc), et Jean-Daniel Beauvallet, rédacteur en chef aux Inrockuptibles, l'un des organisateurs en 1985 du premier concert de Television Personalities en France.

Le livre numérique est disponible en téléchargement gratuit (format pdf). Seul le livre imprimé est payant (9 € port compris).

Étant donné que Television Personalities est un groupe culte qui a des fans dans le monde  entier, le livre sort simultanément dans une traduction anglaise sous le titre Television Personalities : Diary of a young fan.

Plus d'infos et liens pour télécharger gratuitement le livre numérique ou acheter le livre imprimé chez Vivonzeureux!

31 janvier 2015

THE TIMES : I helped Patrick McGoohan escape


Acquis neuf sûrement au Virgin Megastore à Londres début 1984
Réf : Artpop! No. 1 -- Edité par Artpop! en Angleterre en 1983
Support : 33 tours 30 cm
6 titres

J'ai commencé à m'intéresser à The Times quand j'ai lu des articles dans des fanzines fin 1983 qui chantaient les louanges de ce groupe d'Ed Ball, membre fondateur des Television Personalities. J'ai très vite acheté des disques, le premier album Pop goes art !, qui datait déjà un peu, et This is London, sorti depuis quelques mois. Et puis j'ai pu voir le groupe quatre fois en concert de janvier à juin 1984, trois fois à la Living Room et aussi au fameux 100 Club, avec Direct Hits également à l'affiche. Autour d'Ed Ball au chant et à la guitare, une formation classique avec batteur, bassiste et clavier. On peut écouter chez Groovy Black Shades un extrait du premier concert où j'étais, le 21 janvier 1984.
Autant je suis un très grand fan des TV Personalities, autant j'ai toujours un peu moins accroché aux disques de The Times à l'époque. La facture pop des chansons est excellente, mais il y manque souvent à mon goût un petit quelque chose, une pointe d'humour ou un grain de folie, un je ne sais quoi qui propulse la chose dans une autre dimension.
Mais il y a plein de choses dans la pléthorique production d'Ed Ball que j'apprécie énormément, à commencer par ce disque au statut bizarre, un mini-album qui compile d'anciens titres associés à des inédits. Le but était clairement de mieux diffuser l'un des titres fétiches d'Ed Ball, I helped Patrick McGoohan escape, qu'il avait pourtant déjà sorti quatre fois : fin 1980 en 45 tours sous le nom des Teenage Filmstars, puis sur la fameuse compilation de groupes néo-psychédéliques A splash of colour en 1981, sur l'album Pop goes art ! en 1982 et à nouveau en 45 tours en 1983, quelques mois avant le mini-album il me semble, avec en face B une version de l'indicatif de Dangerman, alias Destination danger, la série qui avait rendu Patrick McGoohan célèbre avant Le Prisonnier.
Ed Ball avait déjà contribué à magnifier la légende de Syd Barrett avec les TVP's, et il a récidivé avec Patrick McGoohan, faisant les choses à fond. Je pense qu'une des raisons de la sortie de ce disque est que le groupe avait eu la possibilité de tourner une vidéo au village de Portmeirion, avec Ed Ball costumé en Prisonnier, ce qui a donné de la matière pour les photos sur la pochette.
Le disque s'ouvre avec les deux faces du 45 tours. I helped Patrick McGoohan escape est une excellente chanson, évidemment bourrée de références à la série, et même à une autre série contemporaine, L'homme à la valise. De même que je ne connaissais pas vraiment les débuts de Pink Floyd quand j'ai écouté I know where Syd Barrett lives pour la première fois, je ne suis pas sûr que j'avais déjà vu un seul épisode du Prisonnier quand j'ai acheté ce disque. La ligne de basse est suffisamment bonne pour avoir été habilement pompée par Biff, Bang, Pow !, juste après l'intro de guitare de Feel a whole lot better des Byrds, sur leur premier single Fifty years of fun (il est possible qu'en fait cette ligne de basse vienne d'un tube sixties, mais je n'arrive pas à retrouver lequel).
La version de l'indicatif de Destination danger est assez fidèle à l'original, un court instrumental typique des génériques des années 1960, composé par Edwyn Astley.
Big painting et Stranger than fiction, les deux premiers titres de la face B sont pris de l'album This is London, mais, outre le 45 tours original, le disque vaut surtout pour les inédits placés à la fin de chaque face. All systems are go !, surtout, une excellente chanson, parfaite dans ses arrangements, avec un gros travail sur les voix et d'excellentes parties d'orgue et de guitare. Up against it est très bien également, avec un long passage aux accents reggae. Il s'agit d'une première ébauche d'un travail qu'Ed Ball a mené autour du scénario du même titre écrit par Joe Orton pour les Beatles, qui a débouché sur un spectacle présenté sur scène à Londres et le cinquième album du groupe en 1986, lui aussi titré Up against it.
Par la suite, en 1988, Ed Ball a enregistré encore au moins une autre version de I helped Patrick McGoohan escape, une version "acide" couplée à l'indicatif de la série, sortie en 1990 sous le nom DJ 6 and the Escape Committe et le titre Thanks for the trip dad ! sur la compilation Pensioners on ecstasy et reprise la même année en bonus sur le CD original de Et Dieu créa la femme.

Les titres de ce disque ont été réédités plusieurs fois en CD au fil des ans, mais il semble qu'actuellement ils ne sont disponibles qu'en téléchargement.


Une publicité pour le disque mise en ligne par Paul Groovie de Groovy Black Shades.






Ces images sont extraites d'un livret qu'on ne trouvait pas dans le disque, mais que le groupe avait déposé chez certains disquaires.