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08 août 2014

THE dB's : Repercussion


Acquis neuf à Londres vers 1984
Réf : ALB 109 -- Edité par Albion en Angleterre en 1982
Support : 33 tours 30 cm
12 titres


Acquis probablement à Londres probablement vers la fin des années 1980
Réf : ALB 109 -- Edité par Albion en Angleterre en 1982
Support : Cassette
14 titres

Là, j'ai dû m'y reprendre à deux fois pour avoir le produit complet. J'ai d'abord acheté le 33 tours, je ne sais plus trop où mais il me semble bien me souvenir que c'était à Londres dans un magasin qui vendait des disques neufs à prix réduit. J'ai longtemps été intrigué par la mention au dos de la pochette indiquant que le disque était livré avec une version cassette gratuite de l'album, ce qui n'était malheureusement pas le cas de mon exemplaire. Ce n'est que quelques années plus tard que je suis tombé sur la cassette en vente, je ne sais plus diantre où pour le coup, mais même si j'ai dû payer j'étais bien content de l'avoir. Il s'avère que seul le premier pressage de 10 000 exemplaires du disque comportait la cassette. Le mien n'en faisait pas partie, sinon on verrait une trace de l'attache en carton au recto qui permettait de tenir la cassette. Par contre, il est sûr que ma cassette avait initialement été attachée à un 33 tours, étant donné que cet album n'a pas été commercialisé séparément en cassette.
La pochette, assez marquante, est signée Malcolm Garrett (d'après Roy Lichtenstein, bien sûr). Visiblement, elle a été choisie par le label anglais de ce groupe américain car, pour l'édition américaine comme pour une de leurs compilations, c'est la pochette originale du groupe qui a été choisie, qui comportait aussi un triangle et des cercles, mais pas de référence explicite à Lichtenstein.
Allez, cessons de parler chiffons (ou plutôt emballages) pour nous intéresser à la musique. J'ai trois albums des dB's, dont le premier, mais celui-ci, le deuxième, est le seul qui m'a durablement marqué. C'est pas dur, je le trouve excellent et réjouissant de bout en bout. Je cherchais un point faible à signaler ici, mais à chaque écoute je découvre qu'une des chansons que je pensais un peu moins bonne me plaît quand même énormément !
Clairement, The dB's fait partie de ces groupes qui se sont retrouvés associés à la new wave uniquement parce qu'ils ont émergé à cette période, mais à toute autre époque depuis les années 1960, on se serait contenté de dire qu'ils font de la pop. Une pop-rock d'excellente facture, parce qu'ils ont en quantité la matière première essentielle du genre, d'excellentes chansons. Ce carburant, il est fourni par les deux guitaristes-chanteurs du groupe, Peter Holsapple et Chris Stamey, qui se partagent à part strictement égale les crédits. Ils composaient séparément, et on est en droit de se demander, si ensemble ils auraient fait encore plus fort et déclenché l'étincelle qui leur aurait permis de rencontrer un grand succès public. Mais il devait y avoir des rivalités au sein du groupe : Chris Stamey l'a quitté en avril 1982, juste après la sortie de Repercussion (ce qui n'a pas dû aider à la promotion du disque..). Pour ma part, je n'ai jamais vraiment réussi à faire de différences entre leurs compositions. Et même, il me semble à l'écoute des paroles que Happenstance de Stamey, Neverland et Amplifier d'Holsapple se répondent presque
Ceci est le premier album crédité à Scott Litt comme producteur. Il a sûrement fait un excellent boulot, cinq ans avant de commencer à travailler avec R.E.M.. A propos de cet album, François Gorin évoque surtout Squeeze. Le parallèle est évident, mais pour ma part j'irais même chercher jusqu'aux Undertones de Positive touch (Ask for Jill) et aux Nits des débuts (Ups and downs), même si les dB's n'ont absolument rien de synthétique. Les Beatles sont évidemment très présents dans leur ADN, surtout dans leur période légèrement psyché. C'est en tout cas ce qui ressort ici à l'écoute de From a window to a screenI feel good (today) et Nothing is wrong, une impression confortée par le fait que le groupe reprenait Tomorrow never knows sur scène. Storm warning surprend avec son rythme caribbéen.
Le label Albion a annoncé l'album six mois avant sa sortie en éditant un double 45 tours avec quatre de ses perles, Amplifier, Ask for Jill, Ups and downs et We were happy there. Presque du gâchis, et en pure perte puisque le succès commercial n'est pas venu, et pas plus avec les autres excellents 45 tours pris de l'album, Neverland et Living a lie.
Et pour en revenir à la cassette, son principal intérêt est de contenir deux titres en plus par rapport au 33 tours. Il s'agit de Judy, la face A d'un 45 tours sorti en 1981, entre les deux premiers albums (Le producteur est Roger Bechirian, le même que pour Positive touch et Get happy !!, tiens tiens.) et de l'instrumental surf pH factor, qui lui évoque furieusement un groupe new yorkais contemporain des dB's, The Raybeats.

Repercussion est actuellement disponible en réédition CD ou en téléchargement.
Pour en savoir plus sur les dB's, allez visiter The dB's Repercussion, un site consacré aux dB's (mais pas seulement), avec notamment plein d'enregistrements de concert à télécharger.





16 novembre 2013

MAGAZINE : A song from under the floorboards


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne ou chez New Rose à Paris en 1980
Réf : VS 321 -- Edité par Virgin en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : A song from under the floorboards -/- Twenty years ago

C'est avec ce 45 tours que s'est annoncé, au tout début de l'année 1980, le troisième album de Magazine, The correct use of soap, et comme très souvent à l'époque, c'est dans l'émission Feedback de Bernard Lenoir que j'ai dû l'entendre pour la première fois.
C'est aussi avec ce disque qu'on a découvert la thématique "savon de Marseille" des pochettes de Magazine en cette année 1980 : les pochettes réalisées par Malcolm Garrett pour les quatre 45 tours utilisent toutes le carton retourné et le graphisme qui rappellent ces savons et leur emballage (seule la couleur des étiquettes changeait d'un disque à l'autre), et la pochette de l'album y fait également référence.
J'ai toujours trouvé qu'A song from under the floorboards était une chanson tès originale, pas une pop song facile au premier abord. Je me suis toujours focalisé à l'écoute de cette chanson sur la basse, très élastique, qui en est le véritable squelette, et sur le chant et les paroles d'Howard Devoto, particulièrement percutantes, notamment les trois premiers vers : "Je suis en colère, je suis malade, je suis moche comme le péché. Mon irritabilité me maintient en vie et en forme. Je connais le sens de la vie et ça ne m'est d'aucune utilité." J'ai aussi toujours été intrigué par ce titre, Une chanson d'en-dessous du plancher. Par contre, je n'avais jamais prêté particulièrement attention au travail intéressant sur les choeurs.
Ce n'est que récemment, notamment en lisant un article du Guardian, que j'ai appris que, pour cette chanson, Howard Devoto s'est inspiré (et ne s'en est jamais caché) d'un roman de Dostoïevski, Les carnets du sous sol. En quelques lignes, il rend apparemment parfaitement compte du caractère et des pensées du narrateur, dont le monologue occupe toute la première partie du roman.
Musicalement, on est très proche d'un disque qui allait sortir quelques mois plus tard, Christine de Siouxsie and the Banshees, un disque qui a en commun avec celui-ci le guitariste John McGeoch, qui n'avait pas encore quitté Magazine mais se faisait déjà inviter chez ses amis Banshees.
Twenty years ago est l'une des nombreuses excellentes chansons de Magazine reléguées en face B de 45 tours. Elle a dû être enregistrée au début des sessions pour l'album et donc sélectionnée pour ce single. Si elle était apparue plus tard, elle aurait sûrement été retenue pour figurer sur The correct use of soap. Le groupe l'appréciait d'ailleurs au point de la jouer sur scène lors de toute la tournée qui a suivi : on la trouve sur l'album live Play et en face B du single Sweetheart contract. Elle aurait d'autant pu figurer sur l'album que, sauf erreur de ma part, c'est la seule chanson issue de ces sessions à mentionner le fameux savon dont il est question dans le titre de l'album, un titre qui lui aussi est suffisamment bon pour m'intriguer depuis plus de trente ans. Ces paroles ne nous éclairent pas pour autant ("Il y a vingt ans, j'ai utilisé ton savon") pour comprendre le titre, par contre, en préparant ce billet, je suis tombé page 323 du Punk diary de George Gimarc, sur un document que je ne connaissais pas et qui est soit une affiche soit plutôt une publicité parue dans la presse :

Pour la première fois, voilà données visuellement deux interprétations possibles du titre de l'album : la façon correcte d'utiliser le savon serait de le prendre comme combustible en substitut au charbon ou au bois, ou bien de le déguster au petit déjeûner !


Magazine, A song from under the floorboards, en direct dans l'émission de télévision Rockpalast. Filmé en public au Metropol à Berlin le 30 octobre 1980.

06 mai 2012

BUZZCOCKS : Orgasm addict


Acquis par correspondance via eBay en Angleterre en avril 2012
Réf : UP 36316 -- Edité par United Artists en Angleterre en 1977
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Orgasm addict -/- What ever happened to ?

Si je respectais les règles que je me suis fixé à moi-même, je n'aurais jamais acheté ce disque : je possède les deux faces de ce 45 tours sur la compilation des Buzzcocks Singles going steady depuis plus de trente ans maintenant, donc je n'avais nul besoin d'ajouter ce 45 tours à ma collection. Mais bon, je me devais un cadeau, et surtout j'attache une importance particulière à ce disque, le deuxième des Buzzcocks après Spiral scratch, le premier après le départ du chanteur original Howard Devoto et la signature chez United Artists.
Ce 45 tours, j'aurais pu l'acheter il y a bien longtemps, vers 1978 ou 1979, au Prisunic de Châlons-sur-Marne, là où j'ai snobé un autre disque à pochette jaune, l'Egyptian reggae de Jonathan Richman, à quelques dizaines de mètres de là où j'ai acheté le Satisfaction de Devo (à l'époque, le Prisunic et le Grand Bazar de la Marne communiquaient au sein du Centre Hôtel de Ville). Il s'agissait du pressage français du disque. La pochette ne pouvait que me fasciner, et en plus il y avait écrit "100% punk" dessus, et Devoto de Magazine était crédité sur un des titres. J'ai eu le 45 tours en main, mais je l'ai reposé, en partie par manque de budget mais surtout parce que je devais avoir d'autres priorités d'achat. Si j'avais acheté ce pressage français, il m'aurait certes manqué le verso de la pochette, complètement caviardé par chez nous, mais j'aurais eu un disque bien plus rare que cette édition originale anglaise. En effet, il se raconte que United Artists n'a pas fourni les bonnes bandes à sa branche française, et donc les deux faces de l'édition française du disque comportent des prises différentes de celles commercialisées partout ailleurs ! (on peut écouter 29 secondes d'Orgasm addict chez Vinyl Vidi Vici).
Je trouve que ce disque est un peu trop oublié et surtout pas assez souvent cité quand on s'intéresse aux classiques du punk. En général, on se contente de mentionner un seul disque des Buzzcocks, et pour ça, Spiral scratch fait très bien l'affaire : c'est le premier, il est auto-produit, et Devoto était encore dans le groupe. Mais, comme Spiral scratch, Orgasm addict mériterait cent fois de figurer aux côtés de God save the Queen, Anarchy in the UK, White riot et No more heroes, pour n'en citer que quelques-uns, dans la liste des grands singles punks de 1977.
Après avoir signé avec United Artists le 16 août 1977, les Buzzcocks ont enregistré une démo, une Peel session et sont entrés en studio dès septembre pour enregistrer quatre titres. Le choix du premier single s'est porté sur Orgasm addict, qui fonctionnait très bien sur scène, mais le groupe avait déjà dans sa besace l'excellent What do I get ?, qui serait son prochain 45 tours. Il y a peut-être une volonté de provocation dans ce choix. Si, contrairement au Clash et aux Sex Pistols, les Buzzcocks n'abordaient pas de front les questions politiques, le fait de s'intéresser d'aussi près aux relations interpersonnelles et au sexe pouvait être tout aussi scandaleux. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'autres 45 tours diffusés par un gros label qui abordent aussi crûment le thème de la masturbation ("T'as essayé juste une fois c'était pas mal pour prendre ton pied, Mais maintenant tu te rends compte que c'est une habitude poisseuse,T'es accro à ta bite,Tu te caches dans les coins avec des revues de cul,Ta mère veut savoir d'où viennent ces tâches sur ton jean,T'es accro à ta bite"), et il est probable que c'est le climat ambiant de 1977 qui a rendu possible la sortie de ce titre, qui n'a pas tant fait de remous. Certes, la BBC a refusé de la diffuser, mais le groupe aura plus de soucis quelques mois plus tard avec Oh shit, une chanson beaucoup plus anodine, que l'usine de pressage d'EMI refusera de fabriquer pendant quelques jours.
Orgasm addict a peut-être aussi été choisie comme face A parce que c'est l'une des premières chansons des Buzzcoks, qui aurait d'ailleurs pu être enregistrée pour Spiral scratch. Les paroles sont de Howard Devoto, qui l'a aussi interprétée avec les Buzzcocks sur scène et enregistrée en démo (publiée sur Time's up) en octobre 1976. C'est la première fois que Pete Shelley tient le chant principal sur disque et il s'en sort remarquablement bien, d'ailleurs, vu l'implication de Devoto et la date de sortie de 1977, je me suis longtemps demandé à l'époque si Devoto était encore dans le groupe ou non pour ce disque (et ce n'était pas si facile de trouver la réponse en 1979-1980...). La musique est à la hauteur des paroles et du chant et, avec quelques choeurs et une bonne dose de ahanements suggestifs, on a un parfait brûlot punk dont la petite affaire est terminée en moins de deux minutes.
D'après les étiquettes du disque, Orgasm addict est la face A et Whatever happened to ? est la face 1, pas la B. Il y a d'ailleurs eu un disque promo avec juste ce titre pour limiter la controverse. Cette chanson a la particularité, comme Just lust un peu plus tard, d'avoir des paroles signées Alan Dial, alias Richard Boon, le manager du groupe. L'amour y est mis en parallèle avec des objets de consommations ("Your passion is a product"), comme dans d'autres titres des Buzzcocks ou de Gang of Four. J'ai toujours trouvé que cette chanson avait un petit goût de Stranglers, principalement parce que No more heroes, sorti au même moment, mettait aussi en avant l'expression "Whatever happened to", mais il y a d'autres rapprochements puisque, à l'époque les deux groupes enregistraient pour le même label, United Artists, et avec le même producteur, Martin Rushent.
Un excellent disque, donc, mais il me semble qu'il est aujourd'hui réputé pour sa pochette autant sinon plus que pour sa musique.
Pour faire cette pochette, ils s'y sont mis à deux. Linder Sterling d'abord, une amie de Howard Devoto (on lui doit aussi, notamment, la pochette du Real life de Magazine), qui a aussi fait de la musique avec Ludus. De 1976 à 1978, elle a réalisé de nombreux collages associant pornographie et électro-ménager (entre autres), dont certains ont été publiés en 1978 dans le fanzine The secret public, réalisé avec Jon Savage. C'est l'un d'eux qu'on retrouve sur la pochette, la photo de femme ayant été découpée dans un numéro du magazine français Photo, celle du fer à repasser venant d'un quelconque catalogue de vente.

Celui qui a recadré le collage, l'a retourné, mis dans un monochrome bleuté sur un fond jaune vif et qui a fait le reste du graphisme de la pochette, c'est Malcolm Garrett, le gars qui au fil du temps, avec ses "images assorties" (pour ce disque-ci, elles sont "arbitraires") a réalisé de très nombreuses pochettes, d'abord pour les Buzzcocks, mais aussi pour Magazine (Touch and go, The correct use of soap et les singles qui en sont tirés).
Cette pochette fonctionne parfaitement. Elle attire l'oeil, elle marque, et en plus le collage fait écho aussi bien au thème d'Orgasm addict qu'à celui de Whatever happened to ?.
On peut considérer que ce collage est désormais "officiellement" reconnu comme une oeuvre d'art importante puisque la Tate Gallery a acheté l'original, en 2007,  ainsi que six  autres oeuvres de Linder.
Je parierais cependant que, quand la Tate l'a exposé, elle l'a fait sans mettre en regard un exemplaire de la pochette d'Orgasm addict, et c'est à mon sens une grave erreur. Cette oeuvre est historiquement associée au 45 tours et le musée aurait été bien avisé d'acquérir en plus du collage les travaux originaux de Malcolm Garrett, un exemplaire du 45 tours et de présenter le tout dans une salle où on permet au public d'écouter les deux faces du disque ! C'est l'une des forces de la musique populaire d'avoir su diffuser des produits qui sont certes fabriqués de façon industrielle et diffusés commercialement, mais qui sont aussi parfois, dans l'association disque/pochette, de véritables oeuvres collectives et composites. Orgasm addict en est une parfaite illustration, et c'est surtout pour ça que j'ai cherché, près de trente-cinq ans plus tard, à m'en procurer un exemplaire.


Un autre collage de Linder, qui aurait pu illuster Whatever happened to ? ("Whatever happened to - twin sets, Whatever happened to - hi-fi, Whatever happened to - TV sex, Whatever happened to - you and I"). On peut en voir quelques autres chez Anthropomorphe.

Je n'ai pas trouvé de film d'époque, mais, en concert à la Manchester Academy le 16 janvier 2009, les Buzzcocks ont enchaîné en rappel les deux faces de ce 45 tours.
A la fin de ce mois-ci, Howard Devoto rejoindra Buzzcocks sur scène lors de deux concerts à Manchester et à Londres

11 novembre 2011

BUZZCOCKS : Harmony in my head


Acquis probablement au Record and Tape Exchange de Plymouth vers 2002
Réf : UP 36541 -- Edité par United Artists en Angleterre en 1979
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Harmony in my head -/- Something's gone wrong again

A mon grand étonnement, je me suis rendu compte en faisant référence dans mon billet sur les Smiths à la grande productivité des Buzzcocks entre 1978 et 1980 que je n'avais encore chroniqué aucune de leurs parutions. Que plus de 800 autres disques leur soient passé devant le nez, c'est totalement injustifié.
Mais par lequel commencer pour se corriger ? En toute logique, ça aurait dû être Singles going steady, leur excellente compilation des huit premiers 45 tours. Mais bon, les compilations ne sont pas de "vrais" disques et je viens déjà de faire une exception avec Hatful of hollow, alors on va trancher et prendre plutôt l'un de ces 45 tours, Harmony in my head, qui se trouve être le dernier de leurs disques dont j'ai fait l'acquisition.
J'avais déjà ces deux titres depuis 1980 environ, puisque j'ai acheté Singles going steady peu de temps après sa sortie, mais j'ai quand même pris ce 45 tours quand je suis tombé dessus pour pas cher un matin à Plymouth parce que c'est un très bel objet, Malcolm Garrett ayant produit pour l'occasion une de ses "images" les plus réussies (il en a produit beaucoup notamment pour Magazine, et les Buzzcocks donc). Sur la pochette intérieure de Singles going steady, la pochette de ce 45 tours était toute rouge, mais apparemment c'est cette version en bleu qui est la plus courante. 
Harmony in my head est sorti en juillet 1979, c'est donc le dernier a avoir été inclus  dans Singles going steady, compilé à l'origine pour le marché américain en septembre 1979. Les deux titres ont dû être enregistrés pendant les sessions qui ont donné le troisième album, A different kind of tension, sorti lui aussi en septembre 1979, mais ils n'ont pas été repris sur l'album, suivant la (bonne) habitude des Buzzcocks.
Moins bijou pop que d'autres singles des Buzzcocks, Harmony in my head est plutôt une tuerie rock. C'est un titre particulier dans l'histoire du groupe car c'est la première face A écrite par le seul guitariste Steve Diggle et en plus c'est lui qui chante plutôt que Pete Shelley. Pour les couplets, il s'exécute avec une hargne digne d'un Hugh Cornwell à son sommet avec les Stranglers. Le refrain, qui doit durer environ 7 secondes, est plus que minimal ("But it's a harmony in my head, it's a harmony in my head"), mais il a la qualité essentielle d'un refrain, celle de rester justement dans la tête.
Something's gone wrong again, la face 1 (et non B, si l'on en croit l'étiquette), le récit d'une journée de merde, marqué par une note de piano insistante, a longtemps été l'un de mes titres préférés de la compilation. Depuis qu'ils ont repris ce titre en 1988 sur un flexi Rock Hardi, et surtout, depuis qu'ils l'ont joué à la MJC Claudel de Reims lors d'un concert mémorable où la foule était si compacte dans la salle minuscule que leur gros son s'en est retrouvé étouffé, je ne peux plus écouter cette chansons sans penser aux Thugs.

Les deux faces de ce 45 tours sont disponibles pour pas cher sur les rééditions de Singles going steady, une compilation qui compte désormais 24 titres, et de A different kind of tension, mais à tout prendre je conseillerais, tant qu'on en trouve des exemplaires en vente à prix correct, d'investir plutôt dans Product, l'excellente intégrale en trois CD de la première époque du groupe.



17 janvier 2009

MAGAZINE : Sweetheart contract


Acquis probablement à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne, sinon chez New Rose à Paris en 1980
Réf : VS 368-12 -- Edité par Virgin en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Sweetheart contract -- Feed the enemy -/- Twenty years ago -- Shot by both sides

Apparemment, il était prévu que la sortie en mai 1980 du troisième album de Magazine, The correct use of soap, soit accompagnée d'une série de trois singles, avec tous une pochette sobre en carton retourné qui rappelle le design de celle de l'album. Deux sont sortis début 1980, le bizarre et excellent A song from under the floorboards et la reprise décalée du Thank you (Falentinme be mice elf again) de Sly Stone. Le troisième est sorti quinze jours après l'album et, très bizarrement, ni la face A Upside down, ni la face B (une nouvelle version de The light pours out of me, sortie à l'origine sur l'album Real life) ne figurent sur The correct use of soap.
Je ne sais pas si Upside down a bénéficié du succès de la chanson éponyme de Diana Ross au même moment, toujours est-il que cette bonne chanson un peu poppy de Magazine, dont le refrain reste bien en tête, a été leur plus grand succès dans les charts anglais.
C'est sûrement pour capitaliser sur ce succès que la série de trois singles est devenue une série de quatre avec la sortie de Sweetheart contract en juillet 1980, en deux formats, un double 45 tours et ce maxi. Si j'avais le choix aujourd'hui, je crois que je préfèrerais le double 45 tours, que je pourrais en plus ranger à côté des trois autres, mais je pense qu'à l'époque seul le maxi avait été importé dans le magasin où je l'ai acheté. Si on m'avait demandé mon avis, ce n'est sûrement pas Sweetheart contract que j'aurais proposé comme troisième extrait de l'album. C'est une chanson agréable, mais qui n'a rien de génial. Je lui préfère de loin l'assez électrique et rapide Because you're frightened, qui ouvre l'album. C'est cette dernière que j'écoutais à fond le matin en juin-juillet 1980 pour me mettre en condition pour aller passer les oraux de rattrapage du bac. Ça n'a pas suffi cette fois-là pour l'avoir, mais ça n'enlève rien à la qualité de cette chanson ! Model worker ou Philadelphia auraient aussi très bien pu faire l'affaire...
Le principal intérêt de ce disque, ce sont donc les trois titres live, enregistrés le 3 mai 1980 à la maison, au Russel Club de Manchester, quelques jours avant le suicide de Ian Curtis (rien à voir je sais, à part Manchester...). Ce sont les derniers enregistrements parus avec le membre original John McGeoch à la guitare et au saxophone : il a quitté le groupe en juillet cette année-là et ne figure pas sur l'album live Play enregistré un peu plus tard.
Feed the enemy est très accélérée par rapport à la version de l'album Secondhand daylight et les claviers sont beaucoup moins présents. Au début, ça a surtout pour effet de faire perdre beaucoup de la tension dramatique qui caractérise cette chanson, mais petit à petit cet arrangement différent s'installe et s'impose.
La bonne chanson Twenty years ago n'a pas été intégrée à l'album, mais ça a dû être de peu et le groupe devait bien l'aimer : ils l'ont interprétée pour leur Peel session de janvier 1980, elle est en face B du single A song from under the floorboards et en live sur ce single mais aussi sur Play. Ce qui n'est pas le cas de Shot by both sides, dont on trouve ici la troisième et dernière version publiée par le groupe de son vivant, la seule enregistrée en concert. Elle est assez fidèle aux versions studio et constitue, bien sûr, un tour de force. J'aime particulièrement les choeurs sur le refrain (je ne me souviens pas s'il y en avait dans les autres versions). Le break vers la fin du morceau est également très réussi.

Les trois titres live ont été repris en 1990 sur la compilation de raretés Scree. On en trouve aussi deux d'entre eux sur le coffret (Maybe it's right to be nervous now) de 2000.
Pour ceux que ça intéresse, Magazine entame en février 2009 une tournée avec trois de ses membres originaux essentiels (John McGeoch n'est pas retourné d'entre les morts).


Silence est l'unique numéro d'une revue éditée au deuxième semestre 1980 chez Futuropolis. Elle contient des interviews d'Iggy Pop, Howard Devoto, John Mc Kay de Siouxsie and the Banshees et Human League réalisées par Dorothée Lalanne et des illustrations en noir et blanc de Loulou Picasso.
L'interview avec Devoto a eu lieu au lendemain d'un concert à Nancy, le jour d'un concert à Paris. SI j'en crois la liste qui figurait sur feu le site non officiel consacré à Magazine, Shot by both sides, ce concert a probablement eu lieu le 22 mai 1980 au Bataclan, lors de la tournée qui a suivi la sortie de The correct use of soap.
L'an dernier, lorsque je préparais l'exposition Back to 78, j'ai retrouvé à peu près tous les documents auxquels je pensais, sauf mon exemplaire de Silence, que j'ai peut-être bien acheté à l'exposition Les chefs d'oeuvre de Kiki Picasso au Forum des Halles (sûrement la première fois que j'y allais), à moins que ce soit ailleurs à Paris.
A la faveur d'un rangement d'été, Silence est réapparu, (trop) bien rangé au fond d'un tiroir... Cela me permet de vous proposer ci-dessous (cliquer sur les images pour agrandir) cette interview bilingue de Devoto, qui est probablement la plus détaillée jamais réalisée en France.

Silence est actuellement disponible ici au prix de 15 €










07 septembre 2007

MAGAZINE : Real life


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne probablement fin 1978
Réf : 2933 748 -- Edité par Virgin en France en 1978
Support : 33 tours 30 cm
9 titres

Je croyais me souvenir que je m'étais intéressé à Magazine après avoir lu une chronique très élogieuse de Real life fin 1978 et que c'était ensuite que je les avais vus en live à la télé dans l'émission Chorus d'Antoine de Caunes.
Mais l'excellent site non-officiel consacré à Magazine Shot By Both Sides indique que c'est dès le 23 septembre 1978 que Magazine s'est produit au Théâtre de l'Empire à Paris, là où étaient enregistrés les concerts de Chorus (et aussi L'école des fans de Jacques Martin, je crois bien).
Ce qui veut dire que j'aurais d'abord été scotché par les trois titres live du groupe diffusés par Antenne 2 (Mes souvenirs sont plus que flous, mais il me semble qu'il s'agissait de My tulpa, Parade et Give me everything ; en tout cas, Devoto portait une petite veste rouge comme celle qu'il a sur l'une des photos de cette page) avant de lire les chroniques et de me décider à acheter leur premier album.
Ce qui est sûr, c'est que j'ai acheté Real life soit à l'automne 1978 soit au tout début de l'hiver 78-79. Je l'ai ramené dans la chambre que j'avais depuis peu sous les combles de la maison de mes grands-parents et, au cours de la soirée, je l'ai écouté sept fois dans son intégralité face A, face B, face A, etc. C'est la seule fois où ça m'est arrivé. C'est dire si ce disque m'a accroché et s'il s'est rapidement gravé dans mes neurones.
Le disque est produit par John Leckie, qui, avec son travail pour XTC, Simple Minds, The Human League est vite devenu pour moi un producteur fétiche à l'époque.
Je crois que cet album est unanimement reconnu comme l'un des indispensables de la new wave (pas seulement par moi). Je préciserais même que c'est sûrement l'un des tous premiers albums post-punk au sens littéral du terme : nombreux sont ceux qui faisaient de la new wave avant 1978 (Brian Eno, Ultravox !, Talking Heads, Devo, XTC), mais Howard Devoto est l'un des premiers à être passé, dès 1977, du punk (les Buzzcocks) à cette musique différente, plus variée, avec souvent des synthés. Magazine fait même encore plus fort puisqu'on trouve sur cet album des sons que certains auraient pu considérer comme sacrilèges à l'époque ; des solos de guitare héros et même de saxophone ! (tous dus à John Mc Geoch). La présence du saxo explique sûrement en partie la comparaison souvent faite de Magazine avec Roxy Music. Je n'ai jamais réussi à écouter Roxy suffisamment longtemps pour me faire un avis sur cette comparaison, mais ce qui est sûr, c'est que, au-delà de l'implantation capillaire des deux gars, il y a une filiation certaine entre le Brian Eno des albums solo chantés des années 70 et Howard Devoto. Je n'ai d'ailleurs pas du tout été surpris d'apprendre, dans mes lectures de préparation de ce billet, que Devoto et Shelley avaient repris du Eno de la meilleure époque (The true wheel, sur Taking tiger mountain (by strategy)) lors du tout premier concert du groupe qui allait devenir les Buzzcocks.
La légende veut que les membres de Magazine aient été recrutés par petite annonce. Même s'ils s'y sont repris à deux fois pour trouver un clavier virtuose (Dave Formula), Magazine a quand même réuni une sacrée brochette de musiciens avec John Mc Geoch, Barry Adamson à la basse et Martin Jackson, un batteur qui n'est resté que le temps de cet album, mais qui n'était pas manchot du tout (il est réapparu dans les années 80 avec Swing out Sister).
Le titre d'ouverture du disque, Definitive gaze, sert d'ailleurs un peu de présentation des différents musiciens : il démarre par plus d'une minute d'instrumental en plusieurs phases, avant que la vedette Howard Devoto entre en scène pour chanson en deux couplets sans refrain, qui cite le titre de l'album : "So this is real life, you're telling me, and everything is where it ought to be".
L'enchaînement est parfait avec My tulpa. La basse élastique de Barry Adamson fait merveille et les synthés sont encore très en avant sur cette chanson. J'ai appris à connaître les paroles de ces chansons à l'oreille. En effet, elles n'étaient pas fournies avec le disque et il m'a fallu attendre la parution du recueil It only looks as if it hurts pour pouvoir les déchiffrer complètement. De toute façon, ces paroles sont d'une telle qualité littéraire qu'il ne suffit pas de les voir imprimées pour dévoiler tout leur mystère. Pour ma part, je me surprends encore souvent à l'écoute de ce disque à chanter les paroles "en yaourt", telles que je les chantais dans la chambre du grenier. C'est le cas notamment pour My tulpa (un tulpa, je ne l'ai appris qu'aujourd'hui, c'est dans la mystique tibétaine un objet créé par la pensée). Quand Devoto chante "I wanna see you, don't you wanna see me ?" ça va, mais la phrase qui suit, je ne la déchiffre toujours qu'en lisant les paroles. Quant à la suite, "You can touch yourself anytime" ("Tu peux te toucher quand ça te chante") avec la deuxième voix qui dit "In isolation", je ne suis pas sûr que je l'aurais chantée aussi souvent à haute voix si j'en avais compris le sens !
Le troisième titre, Shot by both sides, permet enfin à John Mc Geoch de mettre sa guitare largement en valeur. C'est dans ce titre, un des classiques du groupe, sorti quelques mois plus tôt dans une première version en face A du premier 45 tours, qu'il place un solo superbe de 25 secondes, en plus du riff principal écrit par Pete Shelley à l'époque des Buzzcocks.
Recoil est un titre rapide, presque punk, avec des roulements de batterie marqués, mais il a quand même un petit quelque chose de spécial avec des breaks où Devoto dit "Hop" et "On" il me semble.
Burst, qui clôt la face A, est la première chanson relativement lente du disque. Elle se termine sur une sorte de mantra, "Keep your silence to yourself, you will forget yourself".
Motorcade démarre la face B sur le même rythme, mais se met à accélerer follement au bout de deux minutes, peut-être pour reproduire le rythme du cortège officiel auquel il est fait allusion (Là encore, j'ai longtemps été conduit à croire qu'une motorcade était une limousine, car j'avais vu ce mot utilisé dans un récit de l'assassinat de Kennedy…).
J'adore tout le disque, mais la chanson The great beautician in the sky m'a toujours particulièrement plu, peut-être parce qu'elle débute sur un rythme de valse et avec un son qui rappellent un manège de fête foraine, avant là aussi de changer complètement de rythme et de mélodie au milieu.
The light pours out of me, avec son rythme martial et sa basse lourde, est devenu au fil de leur courte carrière l'un des titres phares de Magazine. Ils en ont sorti une nouvelle version en face B du 45 tours Upside down en 1980, l'un de leurs disques qui ont eu le plus de succès. L'album live Play sorti en 1980 est loin d'être renversant, mais je vous conseille quand même de jeter une oreille sur la version de The light pours out of me : musicalement, elle est très proche de la version studio, mais Devoto chante plusieurs des vers en français !
Le disque se clôt magistralement avec Parade. Je viens seulement de remarquer aujourd'hui que c'est une boite à rythmes qui accompagne le piano en intro de cette ballade presque lounge à la mélodie jouée au synthé et au solo de saxo bien bien dégoulinant. Devoto s'amuse comme un petit fou, notamment sur le refrain, "Sometimes I forget that we're supposed to be in love, sometimes I forget my position" ("Parfois j'oublie que nous sommes censés être amoureux, parfois j'oublie ma position"). En concert, il ajoutait même, malicieusement et mystérieusement, une phrase du style "And my position is somewhere between the waitress and a table, but the service is very very good" ("Et ma position est quelque part entre la serveuse et une table, mais le service est très très bon").

Real life est un classique reconnu, actuellement disponible heureusement (il a été réédité ce printemps, comme tous les albums du groupe, en version remasterisée avec les quatre titres des deux premiers singles en bonus). Pourtant, il a fallu que je sorte mon appareil photo pour vous proposer une image de la pochette complète (pas parfaite, car trop blanche sur le côté gauche), car je n'ai trouvé en ligne que des reproductions des pochettes des CDs, qui tronquent honteusement la superbe illustration de pochette de Linder, qui a fait beaucoup pour le mystère du disque, comme les photos des cinq musiciens au dos, avec Barry Adamson très smart, John McGeoch un verre de whisky à la main et Martin Jackson avec ses cheveux teints en blond plus que flashant. Quant à Dave Formula, j'ai fini une paire de décennies plus tard par avoir la même implantation de cheveux que lui !
L'illustration de pochette, je l'aimais tellement que je l'avais choisie pour qu'Eric L. me la reproduise sur un t-shirt pendant l'année 79/80, au moment où il s'était lancé dans la peinture sur tissu. J'ai toujours les deux t-shirts qu'il m'avait dessinés (l'autre c'est un dessin d'Elvis Costello en noir et blanc avec le slogan "Elvis is king"), mais je crains qu'ils ne soient plus à ma taille !




Une publicité pour l'album paru dans la presse anglaise. Je n'ai jamais vu ailleurs le bon slogan "It's out of this world".

Ajout du 17 mars 2012


Magazine, Definitive gaze, en 1978 dans l'émission The Old Grey Whistle Test. Malheureusement, ils ont zappé l'intro. 

07 avril 2007

MAGAZINE : About the weather


Acquis chez New Rose à Paris en 1981
Réf : VS 412-12 -- Edité par Virgin en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 30 cm
Titres : About the weather -/- In the dark - The operative

Entre la sortie de ce disque début mai 1981 et celle de l'album qu'il annonçait "Magic, murder and the weather" à la mi-juin, Howard Devoto avait annoncé qu'il quittait le groupe qu'il avait fondé, et donc que Magazine s'arrêtait, après quatre ans et autant d'albums studio.
Puisqu'il est question de météo sur la face A, je crois me souvenir qu'il faisait un grand beau temps, chaud et ensoleillé, le jour où j'ai acheté ce disque. Ce qui signifie que c'était probablement vers juin-juillet 1981, même si je ne retrouve pas de trace de ce voyage à Paris.
"About the weather" est tout à fait dans la lignée des singles sortis par Magazine en 1980, comme "Upside down" ou "Sweetheart contract", qui lui avaient valu de connaître ses premières ébauches de succès, et proche aussi de "Rainy season", l'autre single à tonalité météorologique qui serait la première parution solo de Devoto en 1983. C'est une chanson que je trouve agréable, rythmée avec une basse un peu funky bien marquée, mais sans plus, même si je trouve qu'elle s'améliore dans toute la partie finale quand Devoto répète à l'envi "I'm so changeable, it's so frightening". En tout cas, c'est loin d'être ma chanson préférée de l'album.
En face B, "In the dark", composée par Barry Adamson, est une bonne face B, sombre, comme son titre l'indique, avec un son très new wave. Par contre, "The operative" est bien mieux que ça, et aurait vraiment dû être incluse sur l'album. Composée par Devoto et le batteur John Doyle, elle est basée sur un petit rythme de batterie sympa, auqel répondent quelques notes de piano.
Ces deux faces B ont été reprises en 1990 sur la compilation "Scree", en 2000 dans le coffret "(Maybe it's right to be nervous now"), et elles figurent en bonus sur la réédition remasterisée de "Magic, murder and the weather" qui vient sortir (les trois autres albums sont également réédités, avec aussi des bonus).

23 juin 2006

MAGAZINE : Rhythm of cruelty


Acquis chez Music Box à Paris en 1979
Réf : VS 351 -- Edité par Virgin en Angleterre en 1979
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Rhythm of cruelty -/- T.V. baby

Dans un article sur Lewis Furey, je racontais il y a quelques années un voyage à Paris en avril 1979 :
"En avril 1979, Lewis Furey et Carole Laure sont donc au théâtre Bobino pour un spectacle beaucoup plus médiatisé que le précédent, avec Europe 1 comme partenaire par exemple. J'y suis allé, bien sûr. Ce n'était peut-être pas la première fois que j'allais seul à Paris, ce 18 avril 1979, en tout cas c'était, à 16 ans, une des toutes premières fois. J'y suis allé en train, pour une de ces expéditions qui allaient devenir presque habituelles, à Paris ou à Londres, qui a commencé, j'imagine, par des étapes à la FNAC Rennes, à Music Action au Carrefour de l'Odéon, et surout à Music Box, tout près, où j'ai dû acheter ce jour-là certains des 45t de Magazine que je chéris toujours et la deuxième édition du "Spiral scratch" des Buzzcocks."

J'allais réécrire plus ou moins la même chose aujourd'hui, donc c'est plus facile de simplement le recopier ! En fait, je ne sais plus exactement quel jour j'ai acheté les 45 tours "Give me everything" et "Touch and go" de Magazine et le "Spiral scratch" de Buzzcocks, mais je suis à peu près certain que c'est bien ce jour-là que j'ai acheté "Rhythm of cruelty", qui venait de sortir.

Initialement, j'ai été assez déçu par "Rhythm of cruelty". La pochette est l'une des moins marquantes des premiers disques du groupe, et musicalement c'était plus ou moins le premier disque de Magazine que j'écoutais après le choc de la découverte de "Real life" (sept écoutes de l'album en intégrale le même soir, c'est dire !). Je n'ai pas trouvé "Rhythm of cruelty" aussi bon que le chef d'oeuvre "Real life", ni l'album "Secondhand daylight" dont il est extrait, d'ailleurs (après réécoute attentive, je pense que le titre a été remixé pour lalbum, ça s'entend notamment pour le synthé et les chœurs). Cela ne m'a pas empêché de beaucoup les écouter à l'époque, et il faut bien admettre aujourd'hui que, pris isolément de "Real life", les deux sont d'excellents disques.

Pour ce qui est de ce 45 tours, "Rhythm of cruelty" a énormément de qualités. C'est un titre assez rapide, avec une bonne intro et une batterie énergique, ce qui explique sûrement pourquoi le label l'a sorti en single.
Les paroles sont excellentes. Un peu mystérieuses, bien sûr, comme c'est souvent le cas pour des paroles de chanson réussies, et c'est d'autant plus normal pour une chanson qui se termine par "We don't know what it could mean" ("Nous ne savons pas ce que ça peut bien vouloir dire"). Je ne me lancerai donc bien évidemment pas dans une tentative d'interprétation trop littérale ou univoque, mais avec des expressions comme "le rythme de ta cruauté" et "ça me fait même mal quand je crie", on est visiblement dans une relation dominant-dominé, mais c'est sûrement plus compliqué que ça : souvenons-nous que le recueil des paroles de Howard Devoto est intitulé "It only looks as if it hurts" ("On dirait que ça fait mal mais ce n'est qu'une impression") ! En tout cas, le chant de Devoto est excellent, et les deux premières phrases ("I brought your face down on my head, It was something I rehearsed in a dream") et la façon dont il prononce "I've got to admire your ingenuity" sont vraiment marquantes.

Pour couronner le tout, la face B, "T.V. baby", uniquement disponible ici à l'époque, est l'une des meilleures de Magazine. Elle s'inscrit parfaitement à la suite de la face B du 45 tours précédent, qui était une reprise de "I love you you big dummy" de Captain Beefheart. Là, c'est un original dans le même style, avec une ligne de basse tournante, le saxo de John McGeoch qui est très présent, et encore une grande performance de Devoto.


Magazine, Rhythm of cruelty et Shot by both sides dans l'émission espagnole Aplauso en 1980.

19 mars 2006

FAST PRODUCT - THE FIRST YEAR PLAN


Acquis à La Clé de Sol de Châlons-sur-Marne en 1980
Réf : F11 / EMC 3312 -- Edité par Fast Product / EMI en Angleterre en 1979
Support : 33 tours 30 cm
14 titres

Des compilations de labels, j'en connais un paquet, mais il n'y en a pas beaucoup d'aussi bonnes que celle-ci, sortie pour célébrer la première année d'activité du label indépendant Fast Product, qui n'a pas dû exister assez longtemps pour fêter son deuxième anniversaire !
Il faut dire qu'il ne s'agit pas de titres isolés pris ici ou là dans le maigre catalogue du label, mais bel et bien de la réédition des singles entiers publiés par Fast de début 78 à début 79, et quels singles ! :
Les deux premiers titres de Human League, "Being boiled" et "Circus of death" (réenregistrés par la suite pour leur premier album, "Reproduction"), les trois premiers de Gang of Four, avec les chefs d'oeuvre "Damaged goods" et "Love like anthrax" (réenregistrés pour le premier album "Entertainment!") et "Armalite rifle", plus les deux premiers singles des Mekons, dont les classiques "Where were you" et "Never been in a riot". Dans le lot, l'unique single de 2-3, qui est excellent (surtout "Where to now ?"), fait relativement pâle figure face à la concurrence. Qquant au premier single des Scars, qui est tout à fait honnête, il n'arrive cependant pas à faire oublier leur posture néo-romantique par la suite au moment de leur premier album.
En fait, la seule faute de goût du disque, c'est sa pochette, pourtant supervisée par Malcolm Garrat, qui nous a habitués à mieux.
Ce disque a eu une histoire éditoriale mouvementée. L'année suivante, il a été éditée aux Etats-Unis sous le titre "Mutant pop", avec deux faces B des Mekons en moins, remplacées par un single des Flowers, et en 1993, l'édition CD anglaise, retitré "Rigour, discipline and disgust", a ajouté à l'album original sept titres bonus (les quatre du second single de Human League et le meilleur single des Fire Engines).
Quand à mon disque vinyl original, je me suis aperçu aujourd'hui en préparant ce billet que je m'étais fait voler ! En effet, je l'ai acheté neuf, mais je n'ai pas eu droit à la pochette intérieure imprimée reproduite sur cette page.