Affichage des articles dont le libellé est grandaddy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est grandaddy. Afficher tous les articles

17 novembre 2018

GRANDADDY : Elevate myself


Acquis par correspondance via Discogs en novembre 2018
Réf : VVR5040088P -- Édité par V2 en Europe en 2006 -- For promotional use only - Not for resale
Support : CD 12 cm
Titre : Elevate myself (Edit)

Allez, un petit disque promo de plus pour marquer la sortie de mon nouveau livre, Vente interdite.
J'ai déjà chroniqué ici deux disques promo de Grandaddy. Nature anthem se retrouve dans Vente interdite. Machines are not she n'y est pas, car j'avais déjà inclus cette chronique dans Mes disques improbables en 2010. J'avais décidé de ne pas faire de doublon d'un livre à l'autre, mais je viens de me rendre compte que j'en ai laissé passé au moins un. Je vous laisse trouver lequel, si ça vous chante...!
Il parait clair que ce CD est moins alléchant que les deux promos que j'ai déjà chroniqués : la pochette n'est pas illustrée (contrairement à celle du 45 tours qui a été commercialisé) et il n'y a qu'un seul titre, extrait d'un album qui plus est. Je n'aurais d'ailleurs pas commandé spécifiquement ce disque, mais le vendeur Discogs le faisait pas cher et je pouvais l'ajouter sans augmenter les frais de port à une commande où il y avait d'autres disques qui m'intéressaient plus, alors je l'ai pris.
Ce disque n'est malgré tout pas dénué d'intérêt, ne serait-ce que parce que c'est un vrai CD (pas un CD-R) avec une pochette imprimée, qui n'a pas d'équivalent dans le commerce puisque le single n'a pas été édité au format CD. Et aussi, mais c'est un détail, ce n'est pas tout à fait la version de l'album qu'on trouve ici, mais une version réduite d'une trentaine de secondes, dans l'espoir de faciliter les passages en radio. Mon exemplaire était destiné à un professionnel allemand, si j'en crois le communiqué de presse dans cette langue glissé dans la pochette cartonnée. Mais ce qui compte vraiment c'est que la chanson Elevate myself est ma préférée de l'album Just like the fambly cat sur lequel elle figure.
Arrivé en 2006, Jason Lytle n'en était plus à cacher le fait que Grandaddy en studio c'était lui et lui seul, ou presque (Aaron Burtch assure quasiment toutes les parties de batterie sur l'album). C'est apparent dans les notes de pochette : elles sont rédigées à la première personne du singulier et les membres du groupe sont désignés comme "my boys". De toute façon, ça ne prêtait plus trop à conséquence d'exprimer que Grandaddy n'était vraiment un groupe que sur scène puisque sa séparation avait été annoncée avant la sortie de l'album.
Alors qu'il s'apprêtait à quitter sa ville de Modesto, Jason exprime dans sa chanson un rejet de son rôle de "rock star" et sa volonté de prendre du champ :
"I don't wanna work all night and day on writing songs that make the young girls cry
Or playing little solos on the keyboard so the kids will ask me how and why
I just wanna, I just wanna, I just wanna elevate myself
And maybe for a little, get to where I find it really hard to hate myself
(...)
I don't wanna be a part of all the quality that falls apart these days
I'd rather make an honest sound and watch it fly around, and then be on my way"
L'ironie, bien sûr, c'est que, pour accompagner ces paroles, il a composé une chanson très accrocheuse, un de ses hymnes pop les plus réussis, dans la lignée de AM 180, Go progress chrome ou Chartsengrafs !
Par la suite, Jason Lytle a sorti deux albums solo, mais Grandaddy s'est reformé, d'abord sur scène, avant de sortir un nouvel album, Last place, en 2017. Malheureusement, cette sortie a été suivie quelques semaines plus tard de la mort soudaine du bassiste Kevin Garcia.

16 avril 2016

GIANT SAND : Center of the universe


Acquis probablement chez Crocodisc à Paris vers 1993
Réf : 7 72731-2 -- Édité par Restless aux Etats-Unis en 1992
Support : CD 12 cm
16 titres

Or donc, ce 19 avril à Bruxelles, après Jason Lytle, Giant Sand s'est présenté sur la scène du Botanique avec un Howe Gelb de grande classe, en pleine, forme, avec son chapeau et, pour l'occasion de son ultime tournée a-t-il précisé, un costume à paillettes !
La formation comprenait une section rythmique originaire du Danemark et deux guitaristes de Tucson (qui ont leur propre groupe, Xixa). Avec celle de Howe, ça faisait donc trois guitares sur scène, électriques la plupart du temps et, avec la prestation du 9 juin 2005 à Villeurbanne pendant la tournée Is all over the map, c'était sûrement le concert le plus bruyant de Giant Sand que j'ai vu.



Comme en 1997, le concert s'est ouvert avec une de mes chansons préférées de Giant Sand, Yer ropes, que j'avais justement écoutée dans la semaine précédant le concert. Une version très électrique, donc, mais très maîtrisée également. Excellent ! Et ça a continué comme ça toute une bonne partie du concert, avec notamment Every now and then, excellente chanson du dernier album Heartbreak pass, qui sur le disque, avec la pedal steel, a une forte tonalité country. Là, elle avait carrément pris du muscle, mais sans être maltraitée pour autant. Idem pour Shiver, un des grands moments d'émotion de Chore of enchantment et des concerts depuis plus de quinze ans, qui était accélérée et durcie.
Le moment de calme est arrivé quand Howe s'est mis au piano pour deux chansons très jazzy, avant d'enchaîner sur une reprise de A thousand kisses deep de Leonard Cohen, qu'il avait aussi jouée au Paradiso d'Amsterdam deux jours plus tôt.
Ensuite, Howe a appelé sur scène sa fille Indiosa Patsy Jean, qu'on a vu grandir avec le groupe depuis 1990. Sur cette tournée, elle tient le stand de vente. Par ailleurs, elle a son propre groupe, Patsy's rats, peut-être pour l'instant plus proche des Go-Go's de sa mère que de Giant Sand. Sur scène à Bruxelles, Patsy a fait les chœurs sur quelques titres, à commencer par Wonder, une merveille de l'album Ramp. Il faut avoir du cran pour succéder à Victoria Williams, qui chantait sur l'album.


Indiosa Patsy Jean Brown-Gelb sur scène avec Giant Sand pour Wonder, au Botanique à Bruxelles le 9 avril 2016. Photo : Pol Dodu.

Ensuite, pour les rappels, on l'a vu, Jason Lytle est venu interpréter Hewlett's daughter et la soirée s'est achevée avec une version bien bourrin de Tumble and tear, une chanson de Valley of rain, le premier album de Giant Sand, sorti en 1985.



Giant Sand n'a joué aucun titre de Center of the universe samedi dernier à Bruxelles, mais c'est quand même surtout à cet album sorti en 1992 que le son du concert m'a fait penser.
C'est avec ce disque que je suis devenu fan de Giant Sand. Avant ça, il y a eu des occasions ratées, avec Acres for cents, ou l'album Storm de 1988, que j'ai acheté en solde, écouté rapidement et revendu. J'ai aussi mis beaucoup de temps à vraiment apprécier ce petit bijou qu'est Ramp, de 1991.
On a dû recevoir ce CD à Radio Primitive en mai 1993. J'en ai passé un extrait dans mon émission Vivonzeureux ! (en attendant la mort...) à partir du 11 mai puis presque toutes les semaines ensuite jusqu'à la fermeture estivale, et encore lors de la première émission de rentrée. En fin d'année, l'album s'est retrouvé en tête de liste de ma sélection La crème de la crème sonore de 1993, devant Giant steps de The Boo Radleys, tiens tiens.
Quelques temps plus tard, j'ai trouvé mon exemplaire du disque chez Crocodisc. Pendant quelques années, ils ont eu régulièrement à bon prix (30 francs, je crois) un stock de CD de Giant Sand venant du distributeur Média 7. J'en ai bien profité pour compléter ma collection des premiers albums du groupe que j'avais longtemps ignorés. Mon exemplaire est un pressage américain. C'est ce qu'on appelle un "cut-out", mais comme il n'est pas possible, comme pour un 33 tours, de couper le coin d'un boîtier de CD en plastique, il y a un trou percé dans cette boite et à travers le livret. Sur le cellophane, il y avait cette étiquette promo, reprenant deux citations de la presse rock américaine :



Sur cet album, le groupe est composé de Howe, John Convertino à la batterie, Paula Brown à la basse électrique sur trois titres, Joey Burns à la contrebasse sur presque tous les autres et Chris Cacavas à l'orgue, avec aux voix féminines Victoria Williams sur un titre, Sofie Albertsen sur deux, et surtout les Psycho Sisters (Susan Cowsill et Vicki Peterson) sur quasi la moitié de l'album.
J'ai longtemps considéré Center of the universe comme l'album grunge de Giant Sand, mais c'est plus subtil que ça. C'est un disque plein d'électricité, de distorsion et de saturation, mais le tout est très maîtrisé. Il y a une entrée en matière de folie avec Seeded ('tween bone and bark), Pathfinder ("Looking like an accident waiting to happen", incluant apparemment un solo de ruban adhésif !) et le morceau-titre, avec la performance de Victoria Williams. Même si les titres suivants sont un peu moins rapides et bruyants, ça reste très dynamique, avec à chaque instant l'électricité qui est prête à s'échapper par la moindre faille.
La première respiration arrive avec Thrust, un excellent instrumental au piano de 35 secondes, sûrement l'un des premiers publiés par Howe (il a sorti depuis plusieurs albums instrumentaux). Arrivent ensuite d'autres excellentes chansons, comme Loretta and the insect world, Milkshake girl et Stuck, et aussi, comme à l'habitude chez Giant Sand, de la country façon Howe Gelb avec Thing like that et Unwed and well sped.
L'album se termine en beauté, un peu comme il avait commencé, avec Soloman's ride. Sauf que, comme j'ai un exemplaire américain, il y a un titre en plus sur mon CD, Goin' to New Mexico. En Europe, pour se procurer ce titre à l'époque il fallait acheter l'excellent 45 tours 4 titres Soloman's ride, que j'avais trouvé à Londres ou Paris et ramené à Philippe R.

Bouclons la boucle et revenons à Bruxelles.
En 2016, Indiosa Patsy Jean a quelques traits de dessin tatoués sur ses bras. En 1992, ce sont ses dessins d'enfant qu'on trouvait dans le livret et sur le disque.
On sait depuis longtemps que Howe Gelb a été un soutien important de Grandaddy à ses débuts, facilitant même leur signature chez V2. Ce que je ne savais pas jusqu'à aujourd'hui, c'est que le lien s'est peut-être créé en 1994 quand Grandaddy a inclus sur Recorded live among friends and fidget, l'une de ses premières cassettes, sa version de la chanson Center of the universe !
Quant à Giant Sand, rien n'indique que la tournée actuelle soit vraiment la dernière. Comme il l'a expliqué sur scène, Howe a pensé que c'était le bon moment de mettre le groupe en sommeil, mais il a ajouté qu'il pourrait bien trouver l'occasion de le réveiller par la suite. De toute façon, je suis sûr que ses prochains projets ne manqueront pas d'intérêt. 

Center of the universe est en écoute intégrale sur YouTube.
Fire a réédité l'album en 2011, avec un titre en plus sur le CD par rapport au mien. Cette réédition est toujours disponible, mais on trouve aussi facilement et pas cher des CD originaux.

Jason Lytle et Giant Sand seront
le 19 avril au Trabendo à Paris pour l'ultime concert de cette tournée.

Dans l'attente, on peut lire chez PopNews le témoignage de Marianne Dissard qui raconte Giant Sand et relire pour l'occasion l'entretien qu'elle m'avait accordé en 1998 à propos de Drunken bees, son documentaire sur Giant Sand, paru initialement dans le n° 4 du fanzine Vivonzeureux ! (en attendant la mort...). Il y avait aussi au sommaire, ce n'est pas une coïncidence, un article sur Grandaddy...




Giant Sand, Pathfinder et Unwed and well sped, en direct le 4 février 1993 dans les studios de VPRO à Hilversum, aux Pays-Bas.

15 avril 2016

GRANDADDY : Hewlett's daughter


Acquis probablement par correspondance chez Action Records en Angleterre en 2000
Réf : VVR5014338 -- Édité par V2 en Angleterre en 2000
Support : CD 12 cm
Titres : Hewlett's daughter (Live at the Mercury Lounge) -- Wonder why in L. A. -- Chartsengrafs (Demo version) -- Hewlett's daughter (Video)

Howe Gelb a annoncé en début d'année qu'il allait mettre en sommeil Giant Sand après une dernière tournée européenne ce printemps, après plus de trente ans d'existence du groupe et alors qu'il atteindra lui-même soixante ans en 2016, après surtout la sortie en 2015 de l'album Heartbreak pass, qu'il estime (à raison) parfaitement réussi.
Étant donné que le concert prévu à Bruxelles tombait un week-end et que, en plus, Jason Lytle de Grandaddy était aussi à l'affiche d'une grande partie des concerts de la tournée, j'ai décidé de profiter de l'occasion pour m'offrir une virée en Belgique afin de voir une dernière fois Giant Sand sur scène, dix-neuf ans après mon premier concert du groupe.



Je m'attendais à voir Jason Lytle seul sur scène, mais non, il était accompagné d'un guitariste, qui faisait aussi des choeurs et jouait un peu de clavier. Jason a oublié de nous le présenter, mais ça s'explique peut-être tout simplement par le fait qu'il était épuisé : si Giant Sand en était à son quatrième concert de la tournée, lui venait de la rejoindre et avait voyagé le jour même depuis les Etats-Unis (plus de quinze heures de trajet...).
Le concert, dont on trouve chez Focus un compte-rendu détaillé (en flamand), était très calme : que des titres lents, sauf Disconnecty et sauf quelques intermède instrumentaux avec boite à rythmes et clavier. Le répertoire était surtout constitué de titres de Grandaddy (Now it's on, El caminos in the West, The crystal lake,...) qu'on a pris plaisir à réentendre dans des arrangements épurés, plus deux titres de ses albums solo et au moins une toute nouvelle chanson, Songbird's son.


Jason Lytle (à droite) et son guitariste-choriste, au Botanique à Bruxelles le 9 avril 2016. Photo : Pol Dodu.

Comme prévu, et même s'il tombait de sommeil, Jason Lytle a rejoint Giant Sand sur scène en fin de concert. Ils ont commencé par interpréter Hewlett's daughter, dans une version particulière, sans clavier mais avec pas moins de quatre guitares. A un moment, Howe réussit quand même à quasiment reproduire le son bizarre des synthés de Jason avec sa guitare et ses pédales d'effet.


Jason Lytle avec Giant Sand, Hewlett's daughter, au Botanique à Bruxelles le 9 avril 2016.

Hewlett's daughter est une chanson que je connais depuis que j'ai acheté The sophtware slump dès sa sortie. Mais à l'époque, avoir l'album ne me suffisait pas et j'achetais à un peu près tout ce qui sortait de Grandaddy. J'avais donc commandé aussi le single, que je ne risquais pas de rater puisque je recevais du groupe ou de son label des cartes postales annonçant les sorties. Celle de The crystal lake était en relief, celle de Hewlett's daughter est plus simple, mais réussie aussi, découpée en forme de piano :



Il fallait bien ça pour annoncer les différents formats du single : un 45 tours et deux CD, tous avec des faces B différentes. Mon choix s'est porté sur le CD 2 parce que, en plus de la vidéo de la version album du titre principal, il contenait une version en concert de Hewlett's daughter, un titre inédit et une démo.
Apparemment, ce disque est en fait très rare car il y a eu une erreur de pressage et la plupart des exemplaires du CD 2 contiennent en fait la vidéo plus les titres du CD 1. Voilà ce qui arrive quand on s'amuse à multiplier les formats !
Le titre en concert, enregistré au Mercury Lounge à New York le 16 mai 2000, est assez proche de la version de l'album, ce qui ne me surprend pas trop car, de mon expérience, l'improvisation sur scène n'était pas le point fort de Grandaddy.
En écoutant la chanson pendant le concert, je m'étonnais qu'une chanson titrée La fille de Hewlett ait un refrain qui se termine par "J'aurais dû être votre fils". Il faut dire que je n'avais jamais prêté particulièrement attention à ces paroles, que je ne comprends pas complètement d'ailleurs ("High above the wrecks on ice shelves and glaciers" ?). Elles semblent en fait surtout s'adresser au père de Hewlett et je crois qu'on doit comprendre "J'aurais dû être votre gendre".
J'aime beaucoup le premier couplet :
"La fille de Hewlett aimait son père
et je crois qu'elle m'a aimé aussi pendant un petit moment.
La fille de Hewlett, je l'ai oubliée.
Maintenant je traite les eaux et les déchets la nuit."
Wonder why in L.A. n'est pas mal du tout, du Grandaddy assez typique, mais j'aime mieux la version démo de Chartsengrafs. Il faut dire que cette chanson très punky, où Grandaddy retrouve l'influence Pixies de ses débuts, est une de mes préférées de The sophtware slump.

L'édition européenne du single, en un seul CD, a l'avantage de rassembler sur un seul disque toutes les faces B anglaises, à l'exception malheureusement de Chartsengrafs. Par contre, sur la réédition en double CD de 2011  de The sophtware slump, il y a bien Chartsengrafs et les autres titres, mais pas la version en concert de Hewlett's daughter !

Jason Lytle et Giant Sand seront le 19 avril au Trabendo à Paris pour l'ultime concert de cette tournée.

17 septembre 2011

GRANDADDY : The crystal lake


Acquis je ne sais franchement plus où ni comment vers 2001
Réf : VVR5015693 -- Edité par V2 en Europe en 2001
Support : CD 12 cm
Titres : The crystal lake -- Moe Bandy Mountaineers -- She-deleter -- What can't be erased -- I don't want to record anymore

Onze ans après sa sortie initiale, The sophtware slump, le deuxième album de Grandaddy, vient d'avoir droit à sa réédition en grande pompe, en version double-CD avec faces B, raretés et inédits en bonus. Pour ma part, c'est dès la sortie de ce disque que, constatant que les longues ballades pseudo-cosmiques ce n'est décidément pas mon truc (même si, quand c'est Grandaddy qui les joue je ne les déteste pas, loin de là), j'ai entrepris de me concentrer sur certains aspects de la production du groupe de Jason Lytle : les titres courts, pop ou bruyants des albums, les EP bricolés, les démos et autres faces B pleines de fraîcheur. J'ai même édité une sélection de ces Pépites de Pépé sur Vivonzeureux! Records.
Concrètement, ça signifie que, sur Sophtware slump, même si j'aime beaucoup Miner at the dial-a-view ou Jed' other poem (Beautiful ground), mes titres préférés sont The crystal lake, Hewlett's daughter, Chartsengrafs et Broken household appliance national forest.
Sans trop de surprise, c'est The crystal lake qui a été le premier single extrait de l'album en 2000. C'est une chanson assez rapide, très pop, avec un un petit riff de guitare digne du Cure d'In between days. Les paroles sont bien, sur un gars qui regrette d'avoir quitté sa campagne pour la grande ville, et la vidéo est bien drôle aussi. En France, ce single n'a pas été commercialisé en tant que tel : V2 s'est contenté d'ajouter un deuxième CD, dans une pochette cartonnée reproduisant celle de l'album, qui a été fourni aux premiers acheteurs de The sophtware slump (principalement dans les FNAC je crois). Acheteurs qui se sont retrouvés à acheter d'un seul coup deux versions identiques de The crystal lake, celle de l'album et celle de la face A du single.
Et ce n'était pas fini, car The crystal lake n'a pas vraiment marché en Angleterre à sa sortie en mai 2000. Alors, après avoir sorti Hewlett's daughter en single, V2 a remis le couvert en 2001 en rééditant The crystal lake avec une nouvelle pochette et de nouvelles faces B. Etant donné que je figurais sur les listes de promo anglaises de Grandaddy depuis que j'avais reçu Machines are not she, je recevais presque à chaque sortie une carte postale. Pour la deuxième sortie de The crystal lake, il s'agissait d'une petite carte reproduisant la pochette du CD 1 anglais, qui s'ouvrait pour nous proposer, découpée et en relief, la famille esquimau vue sur la pochette du CD 2 anglais (sur ma photo, on ne se rend pas compte que les esquimaux sont découpés et à la verticale de la carte) :


Au bout du compte, je n'ai acheté aucun des deux CD anglais puisque j'ai eu la chance de tomber sur l'édition européenne de ce single, qui a le grand avantage de rassembler sur un seul disque les quatre faces B des CD anglais. Dommage que V2 Europe n'ait pas poussé sa logique jusqu'au bout et ait oublié d'inclure Rode my bike to my sister's wedding, qu'on trouvait en face B du 45 tours !
Parmi ces faces B, mes deux préférées sont aussi les deux plus courtes, que j'ai incluses sur Les pépites de Pépé. Il s'agit de la blague country Moe Bandy moutaineers, en référence au chanteur Moe Bandy, où il est question d'arrêter le whiskey, le vin et la bière tellement les effets d'un pulvérisateur nasal acheté dans un bric-à-brac sont bien plus efficaces pour planer, et de I don't want to record anymore, probablement composé à un moment où le bricolo de génie du studio maison qu'est Jason Lytle avait dépassé la dose prescrite !
She-deleter est un de ces titres (de près de six minutes) en plusieurs parties que Grandaddy affectionnait à l'époque. Après une minute calme au piano, un "solo" de batterie de trente secondes tellement basique que n'importe qui pourrait le jouer après une demie-leçon, introduit une partie électrique à la Pavement.
What can't be erased est une belle chanson lente qui n'aurait pas déparé sur l'album. C'est d'ailleurs chose faite en 2011 puisque bien sûr les cinq titres de ce CD se retrouvent tous sur la nouvelle édition de The sophtware slump.

20 juin 2009

GRANDADDY : Nature anthem


Acquis chez Gibert Joseph à Lyon en 2005
Réf : BLT 1236-2P -- Edité par Ultra aux Etats-Unis en 2004 -- Promotional use only
Support : CD 12 cm
Titres : Nature anthem -- Nature anthem (video)

Jason Lytle vient de sortir son premier album solo, Yours truly, the commuter. Les premiers extraits que j'en ai entendus sonnent exactement comme du Grandaddy, mais ça ne n'est absolument pas une surprise pour moi car ça fait bien longtemps que je suis persuadé que Jason Lytle est à lui seul responsable de la quasi-totalité des sons qu'on entend sur la grande majorité des enregistrements studio de Grandaddy. Malheureusement, ces deux ou trois titres que j'ai écoutés penchent plutôt du côté ramollo mou du genou de Grandaddy que je n'aime pas trop et qui m'a fait m'éloigner petit à petit du groupe, même si sur quasiment tous leurs disques on trouve au moins une des ces chansons plus rapides, un peu punkies, bricolos et rigolotes, y compris sur l'utime album du groupe (Elevate myself par exemple).
Nature anthem (L'hymne à la nature) fait plutôt partie de ces chansons que j'aime bien. Elle n'est pas hyper rapide, mais elle est entraînante, façon chanson de feu de camp à chanter en se tenant par les bras et en se balançant de gauche à droite, comme Jason Lytle promet qu'il l'a fait pendant l'enregistrement avec la chorale d'enfants qu'on entend ici.
C'est sympa, ça ne va pas chercher loin, mais ça a aussi le grand mérite de ne pas se prendre au sérieux, comme le prouve la pochette avec ses béliers (plus ou moins, c'est plutôt des bouquetins, mais "Bélier" se dit "Ram" en anglais) et le tee-shirt de Jason Lytle ("Je déteste les Rams", ces Rams là étant visiblement une équipe de football américain) et surtout le clip de la chanson, dont le plus gros poste budgétaire a très probablement été la location de costumes d'animaux en peluche !
Le seul problème pour les fans de Grandaddy, c'est qu'officiellement pour se procurer cette chanson (et le clip en bonus) il fallait payer le prix d'un album complet, celui de Below the radio, la compilation mix-tape concoctée pa Jason Lytle sortie en 2004. Un disque avec plein-de-beau-monde-qu'on-aime-bien (Little Wings, Howe Gelb, The Handsome Family, Beck, Fruitbats), mais un CD au prix fort ça fait un peu cher pour une bête compile du style de celle que Mojo fournit chaque mois à ses lecteurs avec son magazine. Seuls les journalistes ont eu droit à un extrait promo de cette compilation (en CD ou même en 45 tours), qui contenait le seul titre inédit de l'album, ce Nature anthem crédité à Grandaddy. Mais ce disque promo a dû être assez largement diffusé, puisque rien que chez Gibert Joseph à Lyon, il y en avait deux ou trois exemplaires le jour où j'ai acheté le mien, à divers prix.
Et puis, je viens de me rendre compte en préparant ce billet que les vrais fans de Grandaddy connaissaient déjà cette chanson depuis l'année précédente, 2003, qui a vu la sortie de l'album Sumday. En effet, la première édition limitée de Sumday, disponible à sa sortie, contenait trois plages multimédia (une deuxième édition limitée six mois plus tard contenait un CD bonus live) et, parmi ces trois plages multimédia, on trouvait un clip de Nacher anthem, c'est à dire Nature anthem moins quelques bidouillages et moins la chorale d'enfants. Selon le site Grandaddy FTP, Nacher anthem fait partie des quinze titres démos enregistrés en vue de Sumday. Quant à la vidéo, il s'agit des mêmes prises de vue que pour Nature anthem, mais montées différemment.

Nacher anthem (mp3) - Nacher anthem (vidéo, mpg)

27 janvier 2008

GRANDADDY : Machines are not she


Offert par Big Cat Records par correspondance en juillet 1998
Réf : ABB128 P -- Edité par Big Cat en Angleterre en 1998
Support : 33 tours 30 cm
6 titres

Pendant un long moment en 97-98, pendant ma grande période Grandaddy, qui malheureusement s'est assez rapidement calmée après la parution de The sophtware slump, j'ai bavé devant le seul titre de ce EP qui était listé dans la discographie du site de Grandaddy comme étant resté inédit.
Ensuite, j'ai ragé quand le label anglais Big Cat a décidé d'accompagner un retirage du premier album de Grandaddy, Under the western freeway, d'un coupon pour recevoir gratuitement ce Machines are not she : j'avais vraiment envie d'écouter ce disque, mais je ne voulais pas avoir à acheter une deuxième fois l'album pour ça ! J'ai donc pris ma plus belle plume pour écrire à Big Cat et leur expliquer que j'avais déjà Under the western freeway et que je comptais publier un article sur Grandaddy dans mon fanzine Vivonzeureux!. J'ai dû être suffisamment convaincant car, quelques temps plus tard, j'ai eu la joie de recevoir chez moi cet exmplaire de 33 tours 6 titres de Grandaddy offert grâcieusement par Big Cat !
Comme la plupart des EPs du groupe et des productions extérieures de Jason Lytle, l'enregistrement de ce disque a surtout été l'occasion pour Grandaddy de tester du nouveau matériel d'enregistrement et donc de laisser libre cours à l'expérimentation sur certains titres (c'est ce qu'on trouvait comme explication à l'époque sur le site du groupe). Le disque n'est pas mauvais pour autant et je le préfère de loin à leurs albums suivants au son plus polissé.
Le disque s'ouvre sur deux titres excellents, Levitz (birdless) et For the dishwasher, que Big Cat avait d'ailleurs retenus en 1998 pour figurer parmi les faces B des nombreux singles extraits de l'album. Avec ces deux-là, mon autre titre préféré du disque est Sikh in a baja VW bug, un titre très rythmé et rigolo. Jason Lytle raconte au début l'histoire de ce sikh dans une Coccinelle Volkswagen jaune, donc, avec une planche de surf sur le toit à deux heures de route de la mer, qui fait la course au démarrage quand le feu passe au vert sans se soucier de ceux qui se moquent de lui. Ensuite la musique démarre, et les seules paroles qui restent sont celle du titre qui sert de refrain. Les trois autres titres sont moins remarquables, mais ne sont pas mauvais du tout.
Machines are not she a été réédité intégralement sur deux albums compilations différents : The broken down comforter collection chez V2 en Europe en 1999 (avec l'autre EP A pretty mess by this one band) et Concrete dunes chez Lakeshore aux Etats-Unis en 2002 (avec aussi A pretty mess by this one band et trois autres raretés en plus, toutes excellentes, qui sont la seule raison de préférer celle-ci). Vous pouvez trouver ces CDs facilement et pour pas cher, mais si vous cherchez ce vinyl, ça risque d'être une autre paire de manches !

21 novembre 2007

RODRIGUEZ : Swing like a metronome


Acquis par correspondance probablement chez Devil In The Woods aux Etats-Unis en 2001
Réf : DIW #22 -- Edité par Devil In The Woods aux Etats-Unis en 1999
Support : CD 12 cm
15 titres

J'imagine que la première fois que j'ai noté dans un coin de ma tête le nom de ce groupe, Rodriguez, c'est vers le moment de sa sortie en 1999 quand j'ai appris que leur album, comme le premier de Fiver, était en partie produit par Jason Lytle de Grandaddy. Jason Lytle a expliqué par la suite que ce type de travail de production lui servait entre autres à s'entraîner à maîtriser les nouveaux équipements de son studio personnel.
Peu de temps après, en 2000, je faisais la connaissance de M. Ward et j'ai tout de suite craqué pour son premier album Duet for guitars # 2. J'ai eu aussi la chance de le voir en concert plusieurs fois de suite à ce moment, seul ou en groupe, en première partie de Giant Sand ou Grandaddy ou en tête d'affiche. Je pense que j'ai dû à l'époque l'interroger sur Rodriguez, mentionné dans toutes les bios comme le groupe dont il faisait partie avant de se lancer sous son nom, mais il avait été assez évasif, ne souhaitant probablement pas trop s'apesantir sur le passé au moment où il se lançait dans une nouvelle aventure, d'autant plus que - je ne le savais pas à l'époque - la séparation du groupe devait être récente puisqu'elle n'était pas effective au moment de la sortie de l'album en 1999 (Duet for guitars # 2 a plus que probablement été enregistré alors que Matt jouait encore avec Rodriguez).
Malgré tout, j'ai assez vite commandé l'album de Rodriguez chez Devil In The Woods, label qui éditait aussi à l'époque l'excellent magazine D.I.W., accompagné parfois de 45 tours avec titres inédits de gens comme Jason Lytle ou Sparklehorse, mais je l'ai mis de côté trop vite après quelques écoutes, ne le trouvant pas aussi bon que les excellents disques que Matt sortaient à un rythme soutenu.
Au fil du temps, je suis revenu vers ce disque et je me suis mis à l'apprécier de plus en plus. A commencer par les meilleurs des titres chantés par M. Ward (le chant est pris à part équitable par Matt et l'autre chanteur-compositeur du groupe, le bassiste Fieldmouse; le trio est complété par un batteur, Mike Funk), dont deux au moins, Teresa et Must be waiting, auraient eu tout à fait leur place sur Duets, tout comme le très bel instrumental For Kat be true, qui me fait aussi penser aux titres acoustiques de Dearling darling, le second album des Feelings. J'appréciais aussi plusieurs des chansons chantées par Fieldmouse, en me faisant d'ailleurs la remarque que son chant n'était pas très différent de celui de Matt, au point d'avoir du mal à les distinguer sur certains titres.
En fait, cet unique album de Rodriguez n'est pas le premier disque d'un groupe débutant. Il a été composé sur cinq années, de 1992 à 1997, comme l'explique Matt ici, et, étant donné que le groupe s'est séparé peu de temps après, il a le mérite d'avoir conservé pour la postérité la production d'un jeune groupe tirant à sa fin, qui a quand même existé pendant huit ans, de 1991 à 1999.
En tout cas, en plus de la dualité de compositeurs-chanteurs et de producteurs (Jason Lytle et l'ami Adam Selzer de Norfolk & Western), le fait que ces chansons aient été composées sur une longue période explique peut-être le manque d'unité de cet album, dont mes titres préférés sont plutôt au milieu ou en fin de disque, et dont la diversité est aussi illustrée par son choix de reprises, Loretta, en hommage à Townes Van Zandt peu de temps après son décès (pas géniale) et Tom Violence de Sonic Youth (pas mal, mais je ne connais pas la version originale).
Outre les trois titres à la M. Ward cités ci-dessus, il y en a plusieurs autres que j'aime beaucoup sur ce disque, et la liste s'allonge à chaque écoute au fur et à mesure que je rédige ce billet : All night long qui fait un tout petit peu penser à Grandaddy, Fountain avec son intro à la Feelies et surtout Take a rest et (More like an ocean than a) Bathtub.
J'en étais resté là jusqu'à il y a quelques mois quand, au détour de mes lectures, je suis tombé sur une nouvelle bien bonne. Je n'avais pas reconnu sa voix (pourtant, quand on le sait ça devient évident), je n'avais pas fait le lien avec le Kyle qui avait fait les dessins de la pochette, mais le Fieldmouse qui chante une bonne moité des chansons de cet album n'est autre que Kyle Field, également connu sous le nom du projet musical qu'il a lancé après la séparation de Rodriguez, Little Wings !!! (Et pour le coup, Take a rest et (More like an ocean than a) Bathtub auraient tout à fait leur place sur un disque de Little Wings !).
Et Little Wings, même si jusque récemment je n'avais pas de disque de ce groupe, je connais et j'aime beaucoup, grâce notamment à une série de titres excellents diffusés par son label K Records pendant un temps, Faith children, What wonder, Next time, Look at what the light did now... (Et pour le coup, Take a rest et (More like an ocean than a) Bathtub auraient tout à fait leur place sur un disque de Little Wings !)
Alors, ne me faites pas dire que cet album de Rodriguez, parce qu'il est peu connu et pas si facile à se procurer, surtout depuis que Devil In The Woods a connu une période de difficultés, est un chef d'oeuvre négligé et qu'il faut remuer ciel et terre pour se le procurer, mais bon, un disque sympathique avec au moins une moitié d'excellentes chansons, par un groupe qui a fait éclore en son sein des talents comme ceux de M. Ward et Little Wings, ça mérite au moins que les fans de l'un ou l'autre de ces artistes tentent de s'y intéresser.

Rodriguez : M. Ward, Fieldmouse (Kyle Field), Mike Funk (Photo : Peter Ellenby)

05 décembre 2005

GRANDADDY : Could this be love


Acquis par correspondance chez Vinyl Ink aux Etats-Unis en 1998
Réf : BJ 005 -- Edité par Big Jesus Enterprises aux Etats-Unis en 1994 -- Exemplaire n° 441
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Could this be love -- Flairless -/- Kim, you bore me to death

Ça sert d'écrire des articles. Au moins à pallier les trous de mémoire. C'est en relisant un de mes vieux articles de Vivonzeureux! pour écrire ce billet que j'ai "appris" que c'est par l'intermédiaire d'une reprise de "Taster" en concert par OP8 que j'avais découvert Grandaddy !
Comme je l'expliquais das l'article, j'avais ensuite fait la chasse aux disques de Grandaddy. Et si je n'ai jamais trouvé leur première cassette, ni le second 45 tours ("Taster"-/-"Nebraska"), j'ai quand même réussi à acheter celui-ci, leur tout premier, avec la pochette en gros carton sérigraphié, l'insert photocopié, et un Peter Falk dessiné sur la rondelle de la face B.
En le ramenant en voiture après l'avoir interviewé avec Jim Fairchild pour la Radio Primitive, avant leur concert à L'Usine de Reims le 20 novembre 1998, Aaron Burtch avait été assez surpris quand je lui avais dit que j'avais ce disque. Il joue dessus, mais il m'avait expliqué qu'il n'en avait même plus un exemplaire pour lui-même !
A l'écoute, on a vraiment l'impression que Kevin Garcia venait d'acheter sa première basse, et qu'il apprenait à en jouer en reproduisant note par note et au ralenti les lignes de basses de Kim Deal ! J'avais un bon souvenir de "Could this be love", mais aujourd'hui, je me dis que ce n'est quand même pas très bon. Ils ont bien fait de ne garder que "Kim, you bore me to death" pour leur premier mini-album, "A pretty mess by this one band". Quant à "Flairless", ce n'est que quelques secondes de guitare électrique.