30 août 2015

LEADBELLY : Noted rider


Acquis chez Sonic Steph à Couëron le 13 août 2015
Réf : 45 FS 514 -- Edité par Joc en France vers 1969
Support : 45 tours 17 cm
Noted rider -- Big fat woman -- Burrow love and go -/- Bring me li'l water Silvy -- July Ann Johnson -- Line'em -- Whoe back buck

Steph s'apprêtait à se débarrasser d'une partie de son stock de disques pour faire de la place. Étant passé par là juste avant, je l'ai soulagé d'une grosse vingtaine de 45 tours à cinquante centimes pièce.
J'ai pris ce disque de Leadbelly parce que 1) Je n'avais aucun 45 tours de lui et 2) je ne connaissais aucun des sept courts titres qu'il contient. Il n'y en a pas un seul sur les compilations CD de ses plus grands succès que je possède. Et pour cause, il ne s'agit pas ici de ses titres célèbres aux enregistrements assez propres sur eux (Goodnight Irene, The Midnight special), mais de titres bruts enregistrés en basse fidèlité, sûrement très rapidement, en octobre 1943 à New York, là où Leadbelly vivait après sa dernière sortie de prison. Il y est seul, chantant a cappella sur un titre et s'accompagnant à la guitare ou au piano sur les autres.
Noted rider, avec très sûrement un double sens grivois, est un bon blues, mais comme souvent avec Leadbelly d'autres chansons sont plus folk.
C'est la face B que je préfère, avec le titre d'ouverture Bring me li'l water Silvy, puis surtout July Ann Johnson et Line 'em, rythmées par un bruit percussif vocal, une sorte de grognement ! J'aime bien aussi le dernier titre Whoe back buck.
Un document intéressant, donc, et pas un mauvais disque, mais ce qui m'intriguait surtout c'était de savoir comment un label établi à Bandol dans le Var s'était retrouvé à éditer dans les années 1960 des disques de folk et de blues de Pete Seeger, Lightning Hopkins ou Big Bill Broonzy.
Des informations à ce sujet, j'en ai trouvé dans un article de Gilbert Béreau pour Feeling Blues.
Joc est le premier label créé par Jean Karakos, alors disquaire à Bandol. Faisant déjà preuve d'initiatives entrepreneuriales, il importait à bon compte pour les commercialiser chez nous des disques US mono, qui ne se vendaient plus trop là-bas avec le développement de la stéréo.
Il a aussi dû passer un contrat avec le label américain Archive of Folk & Jazz Music pour constituer le catalogue de Joc, dans lequel on retrouve l'édition française d'un album de Leadbelly, diffusé également sous la forme de deux 45 tours, dont celui-ci. Je pense que le tirage de ces disques était plutôt confidentiel.
L'aventure Joc n'a pas dû durer très longtemps, mais Jean Karakos a continué par la suite à diffuser de la musique, notamment en tant que co-fondateur des labels Byg en 1967 et Celluloïd en 1976. Il fut aussi le co-producteur de La lambada, mais c'est une autre histoire.

29 août 2015

YVON ETIENNE : La confiture ça colle à la figure


Acquis par correspondance via CD and LP en août 2015
Réf : IRS 4.302 -- Edité par Iris en France vers 1976
Support : 45 tours 17 cm
Titres : La confiture ça colle à la figure -/- La java des hommes-grenouilles

Bon, tout ça c'est la faute de Philippe R. ! Sans lui, je n'aurais probablement jamais acquis de disques d'Yvon Etienne.
Il y a deux ans, il a proposé de me donner si ça m'intéressait un album en public de ce sieur, qu'il avait en double, en précisant que ça pouvait m'intéresser. Pourquoi pas ? J'ai accepté, tout en doutant un peu car Yvon Etienne, que je ne connaissais vaguement que de nom, était pour moi un chanteur breton bretonnant, sûrement folk.
Je me trompais. Impossible de le réduire à ce créneau. Sur ce disque, on trouve certes deux traditionnels, et des adaptations en breton de Tom Paxton et Gérard Lenorman mais, outre de nombreuses chansons originales, il y aussi des reprises de Mentalité française de Jehan Jonas, de La complainte du P3 de Jean Yanne et de La java des hommes-grenouilles de Ricet-Barrier, qui permettent de le situer tout autant que les références à la Bretagne. A l'issue de l'écoute de ce disque fut simple, j'en ai déduit tout simplement qu'Yvon Etienne est un chanteur français qui se trouve être originaire du Finistère.
J'en étais resté là quand, cet été, le même Philippe a fait l'acquisition d'un autre 33 tours du loustic, Histoire d'y penser et d'en rire. On l'a écouté ensemble et la dernière chanson, La confiture, m'a beaucoup plu. J'ai cherché à en savoir plus et j'ai vu qu'il existait un 45 tours, l'un de ses tous premiers disques, avec cette chanson en face A. Comme j'en ai trouvé un exemplaire en vente pas trop cher (chez un disquaire du Finistère, bien sûr !), je me le suis offert.
Pour ma part, question confiture, je ne connaissais que la chanson des Frères Jacques, plus célèbre mais pas aussi réjouissante que celle d'Yvon. La sienne, il la présente comme ça sur son disque en public de 1977, enregistrée avec son compère Gégé et Les Shouters : "Une chansons schizophréno-débilo-philosopho-racisto-anticléricale". Il précise ensuite : "Alors, on a changé la version. On a commencé on faisait une version, euh, euh, 'normale', 'blanche'. Après, on a fait une version 'rock', et maintenant on fait pire, on fait une version 'pounk'."
La confiture ça colle à la figure est sûrement l'une des chansons fétiches d'Yvon Etienne. La meilleure preuve en est qu'il l'a enregistrée au moins quatre fois :
Cette chanson, qui est presque une comptine, pourrait très bien être apprise par les enfants des écoles et chantée dans les spectacles de fin d'année (moins le dernier couplet, peut-être). Si ça vous tente, n'hésitez-pas, Yvon fournit les paroles et la partition sur son site.
La face B, est une version fidèle et réussie de La java des hommes-grenouilles de Ricet-Barrier. Une version studio, différente elle aussi de celle que l'on trouve sur le disque en public.
Malheureusement, ni la version 45 tours de La confiture, ni la version d'Histoire d'y penser et d'en rire ne sont disponibles en ligne, mais vous pouvez quand même vous faire une idée en écoutant la version en public et une version reggae, qui est probablement la version de 1996.
Et puis, en bonus, un document : une émission de FR3 Rennes de 1982 : un quart-d'heure pour présenter le nouvel album de l'époque, Schklong.

21 août 2015

CAKE : I will survive


Acquis par correspondance via PriceMinister en août 2015
Réf : 574 470-2 -- Edité par Capricorn en France en 1997
Support : CD 11 cm
Titres : I will survive (Radio edit) -/- Rock 'n' roll lifestyle

Bon, je sais, je n'avais objectivement aucune bonne raison d'acheter ce disque. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si je l'avais dédaigné quand je l'avais vu en vente au Continent de la route de Cernay à Reims à l'époque de sa sortie. Après tout, j'avais déjà I will survive sur l'album Fashion nugget, et j'ai même acheté aussi à un moment ou un autre le CD single quatre titres, avec une pochette bleue plutôt moins bien que la plupart des pochettes de Cake. Quant à "l'inédit" annoncé sur l'étiquette, sans que ce soit un mensonge, c'est tout à fait relatif. Il était inédit surtout parce que l'album Motorcade of generosity de 1994 sur lequel il figure, le premier de Cake, n'avait pas été distribué par chez nous. Mais pour ma part, comme pour beaucoup de fans conquis par Fashion nugget, je n'avais pas attendu la sortie du single pour me procurer Motorcade of generosity en import.
Donc, pas besoin de chercher ce disque. Sauf que, toutes ces années, à chaque fois que je le voyais mentionné, j'avais un petit regret. Ce CD découpé à la forme de la couronne de Fashion nugget, fragile et pas pratique à écouter sur un lecteur à plateau, est quand même un objet particulier, qui n'a été édité que par chez nous. Et puis, les deux titres sont excellents. Alors, quand je l'ai vu en vente pas cher du tout cet été, je n'ai pas hésité à me faire un petit plaisir.
Le deuxième titre, Rock 'n' roll lifestyle, on en a déjà parlé ici, dès 2006, puisqu'en plus de l'album j'ai aussi trouvé un CD promo avec une pochette spécifique. Cette critique du consumérisme rock reste on ne peut plus d'actualité, et en 2015 elle peut s'appliquer au groupe Cake lui-même : Quand j'arrive sur sa boutique en ligne et que je tombe sur une collection de T-shirts à 20 $ de moyenne, j'entends aussitôt John McCrea chanter "And how much did you pay for your rock 'n' roll T-shirt, that proves you were there, that you heard of them first ?" !
I will survive reste un modèle de reprise réussie. J'ai dû souvent entendre à la radio l'original disco de Gloria Gaynor au moment de sa sortie en 1978, mais je ne m'y étais jamais vraiment intéressé. Cette version au son rock basique (plus la trompette, quand même...) a notamment porté mon attention sur les paroles, très réussies, grâce au chant traînard et au sens du rythme particulier de John McCrea, parfait dans son rôle de glandeur.
La version proposée ici est un "radio edit". La version album fait 5'11. Pour le single quatre titres, on passe à 4'14, en shuntant l'excellente partie instrumentale pleine de solos à la fin, et en prenant bien soin de neutraliser la première syllabe de "fucking lock". Ici, pas de "fucking" non plus, et on descend sous les quatre minutes (3'52) en sabrant cette fois les vingt secondes d'intro instrumentale, au prix d'un démarrage assez périlleux sur le premier mot des paroles. La version album est bien celle qui est indispensable et définitive.
L'année suivant la sortie de ce single, I will survive est redevenue d'un seul coup d'actualité, puisque cette chanson a été l'hymne officieux de l'équipe de France de football. Malheureusement pour Cake, les sportifs se sont éclatés sur la version originale de Gloria Gaynor, pas sur leur reprise.

PS : Puisqu'il était question de trompette, j'ai vérifié, et il semble que Georges Jouvin n'a pas enregistré de version d'I will survive, même pas sur le Hit "Jouvin" n°35 : Disco trumpet collection, sorti en 1978 mais sûrement quelques mois avant le tube de Gloria Gaynor. Il y a aussi des titres disco sur les n°s 36 et 37, mais pas celui-là. Un jour pas fait comme un autre, je chroniquerai peut-être cet album ici... Par contre, vous êtes pour l'instant tranquilles : je n'ai pas le 45 tours Je survivrai de Régine !




16 août 2015

COMEDIAN HARMONISTS : Les gars de la marine


Offert par Philippe R. à Nantes le 11 août 2015
Réf : EGF 838 -- Edité par La Voix De Son Maître en France en 1965
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Les gars de la marine -- Quand la brise vagabonde -/- Avec les pompiers -- Amusez-vous

Je crois que c'est en me baladant en début d'année parmi les 78 tours numérisés d'archive.org je me suis retrouvé à m'intéresser aux Comedian Harmonists. On en a parlé avec Philippe R., on s'est intéressé à leur histoire et surtout on a écouté quelques-uns de leurs enregistrements, particulièrement leur version vocale de Creole love call de Duke Ellington et leur chanson en français Ali Baba. Quelques semaines plus tard, Philippe trouvait cet EP dans un vide-grenier. Il a eu la gentillesse de me l'offrir et ça me donne l'occasion de présenter en détails ce groupe vocal, qui a un nom anglais mais qui a été formé en Allemagne en 1927. Un groupe qui a eu un énorme succès dans le monde entier, y compris en France à partir de 1930, avec pour preuve le titre principal de ce disque, Les gars de la marine, qui n'est pas une reprise : ils en sont les créateurs !



Pour ce qui est de l'histoire de cette formation qui comptait cinq chanteurs et un pianiste, je ne vais pas paraphraser ce qu'on trouve en ligne : allez-lire leur biographie sur l'excellent site Du Temps des cerises aux Feuilles mortes, complétée par une discographie détaillée. Leur parcours a été jalonné de succès, donc, mais il reste avant tout marqué par le contexte de l'époque, celui de l'émergence du parti nazi et de sa prise de pouvoir en 1933. Le groupe comptait des juifs dans ses membres et leurs familles et parmi ses auteurs et compositeurs. Menacés d'être interdits de chanter, ils ont décidé se séparer après un dernier concert à Münich le 25 mars 1934.
Quelque part, les nazis sont parvenus à leur fin puisque, par la suite et jusqu'en 1939, deux groupes ont succédé aux Comedian Harmonists, l'un établi en Allemagne avec les membres non-juifs, le Meistersextett, l'autre émigré à Vienne avec les trois autres membres, Comedy Harmonists.
Leur histoire est le sujet de deux films, le documentaire de 1977 d'Eberhard Fechner Comedian Harmonists : Sechs Lebenslaüfe et Comedian Harmonists de Joseph Vilsmaier en 1997.

Je ne sais pas trop ce qui a justifié l'édition en 1965 de ce 45 tours qui reprend les titres de deux 78 tours parus en 1931 et 1934. Les quatre titres figurent également sur l'album Ensembles vocaux de la collection Les belles années du Music-Hall de La Voix De Son Maître. Je pense que ça s'inscrit dans une vogue rétro qui a sévi à ce moment.
Pour ma part, je connais surtout Les gars de la marine à cause de la galéjade de Dutronc qui, en 1987, en a enregistré une version avec la Musique des équipages de la flotte de Toulon en se gardant bien de prévenir quiconque que, lors de la publication, la chanson serait rebaptisée Les gars de narine !
Je ne savais donc pas que cette chanson, tout comme Quand la brise vagabonde, a été créée pour un film de 1931, Le capitaine Craddock, dans lequel les Comedian Harmonists jouaient. Il s'agit d'une production franco-allemande, tournée en Allemagne. Comme le procédé permettant le doublage des films par l'ajout d'une piste sonore n'était pas encore développé, le film a été tourné en plusieurs versions, Les Comedian Harmonists ont aussi publié en 78 tours les versions allemandes des deux chansons, Das ist die Liebe der Matrosen et Wenn des Wind weht über das Meer. Avec le seul accompagnement du piano, on retrouve ici ce qui a fait le succès des Comedian Harmonists : un chant harmonisé à plusieurs voix, voix qui imitent également certains instruments et font des bruitages. Parmi leurs nombreux émules, je citerais volontiers en premier Les Frères Jacques.
Vous y avez sûrement pensé, moi aussi : il semble bien que le titre Le Capitaine Craddock ait inspiré Hergé pour nommer son personnage le Capitaine Haddock. Quant au titre allemand du film, Bomben auf Monte-Carlo, il nous permet de faire la transition avec la face B, qui reprend deux titres d'un 78 tours de 1934.
En effet, on trouve sur cette face B une version d'Amusez-vous, une chanson qui est parvenue jusqu'à nous surtout dans sa version par Albert Préjean, très hip-pop optimiste, mais qu'il est difficile d'écouter sans un certain malaise quand on connaît le climat politique de 1934.
Ce que je ne savais pas, c'est que cette chanson avait été créée la même année, par Henry Garat, dans un contexte très différent, pour l'opérette Florestan 1er, Prince de Monaco, écrite par Sacha Guitry, Albert Willemetz et Werner Heymann, qui retrace la vie de Florestan, acteur devenu Prince, et dont l'action se situe au XIXe siècle. Les paroles originales font clairement référence à Monaco :
  • Que ce serait charmant sur terre, un pays où les gens n'viendraient
    Que par plaisir, pour se distraire, où dans ce but tout serait fait.
    Combien ce serait sympathique, un pays où l'on n's'occuperait
    Ni d'affaires ni de politique, où sans arrêt l'on s'reposerait.
    Et vraiment quelle joie souveraine quand on est Prince de Monaco
    De pouvoir dire à tous ceux qui viennent, de Londres ou bien de Chicago :
    Amusez-vous, foutez-vous d'tout, la vie entre nous est si brève.
    Amusez-vous, comme des fous, la vie est si courte, après tout.
La version d'Albert Préjean a gommé toute référence à Monaco...
Le dernier titre, Avec les pompiers, est une version d'une chanson très populaire, enregistrée également, parmi beaucoup d'autres, par Léon Raiter.
Démarrer avec la new wave et aboutir aux Gars de la marine, cela pourrait surprendre, mais le fil des chroniques publiées ici permet de retrouver le chemin tortueux qui a mené de l'un à l'autre !


L'étiquette du 78 tours de 1931.

08 août 2015

JAMES YORKSTON AND THE ATHLETES : Shipwreckers


Acquis au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres dans la deuxième moitié des années 2000
Réf : RUG193CDP2 -- Edité par Domino en Angleterre en 2005 -- For promotional use only / Not for sale / This promotional CD remains the property of Domino Recording Co Ltd and must be surrendered upon request
Support : CD 12 cm
Titre : Shipwreckers radio mix

Voici un autre exemple de mes nombreux CD promo intéressants du label Domino, achetés à Londres ou Paris ou qu'on m'a donnés. Shipwreckers a bien été commercialisé en tant que premier single pris de Just beyond the river, le deuxième album de James Yorkston and the Athletes, mais ce single avait des faces B, et surtout une pochette différente.
Ici, pas de face B, juste le titre destiné aux programmateurs radio et aux journalistes, et une photo de James avec la chienne Daisy prise par Sean Dooley, qu'on trouve aussi dans le livret de Just beyond the river.
Je dois dire qu'après le choc Moving up country, je suis passé plus vite sur les disques suivants de Yorkston. Non pas qu'ils m'aient déplu, simplement, la joie de la découverte était passé et leur tranquillité ne convient pas à toutes les occasions.
Mais je peux vous dire d'expérience que la musique de James Yorkston est parfaite pour les calmes après-midi d'un été presque caniculaire, quand on se retranche à l'ombre des volets en veillant à bouger le moins possible.
Chaque écoute de l'album confirme que Shipwreckers est mon titre préféré de Just beyond the river, avec certains des ingrédients qui ont fait le succès de Yorkston, banjo, accordéon et violon notamment. Je ne suis donc pas surpris qu'il ait été sélectionné pour passer en radio. Comme c'est souvent le cas, on l'a fait remixer pour l'occasion, par Kevin Bacon et Jonathan Quarmby. Il y avait peu de risques je suppose qu'ils bousillent le morceau en lui mettant une rythmique techno et, effectivement, leur travail est très discret. Mais en général dans ces cas-là on cherche à "gonfler" l'enregistrement en accentuant les basses et la batterie pour qu'il se fasse plus remarquer. C'est exactement l'inverse qui a été fait ici : la rythmique a été noyée dans le mixage, le violon placé plus devant,... C'est subtil mais ça suffit à faire perdre à la chanson une bonne partie de sa dynamique et de son énergie, et c'est bien dommage. Je conseille donc plutôt la version album.
Si j'ai eu envie de me replonger dans mes disques de James Yorkston, c'est parce que j'ai lu il y quelques semaines un article de JC The Vinyl Villain de sa série Read it in books sur It's lovely to be here qui m'a donné envie de me le procurer et de le lire.



Je ne suis pas sûr que j'ai été au courant de la publication de ce livre en 2011. En tout cas, si je l'ai été, je n'y ai prêté aucune attention, et j'ai bien eu tort. Comme le précise le sous-titre, il s'agit des "carnets de tournée d'un gentleman écossais". Après une introduction d'une vingtaine de pages sur ses débuts et sur les événement qui l'ont amené à signer chez Domino, on a droit à cinq carnets de tournée, d'inégales longueurs. C'est l'une des rares bizarreries du livre, mais je ne n'ai toujours pas compris pourquoi ces tournées ne sont pas présentées dans l'ordre chronologique (on passe de 2004 à 2008 avant de revenir progressivement à 2005 et de finir en 2009). Mais pas d'importance, ça ne gêne pas la lecture et rien n'interdit de lire les chapitres dans le désordre.
La répétition est un élément intrinsèque des tournées, et on le retrouve évidemment ici : le voyage, la recherche de l'hôtel et du lieu de concert, la rencontre avec les promoteurs et les autres groupes à l'affiche, la recherche de nourriture adéquate (un défi constant pour un végétalien en tournée), la qualité du whisky (un défi constant pour un écossais en tournée), le confort de la chambre, les anecdotes et les rencontres, le déroulement du concert lui-même... Ça devient peut-être un tout petit peu trop répétitif et long quand on arrive à la dernière tournée (le plus long carnet), mais dans l'ensemble on passe un très bon moment en compagnie de James Yorkston, un gars sympa avec qui on aimerait bien partir en tournée, jamais très sûr de son talent ou de la qualité du spectacle qu'il propose, toujours très tendu et  amené à se doper à l'alcool et au valium quand il doit prendre l'avion (et on prend beaucoup l'avion pour aller partout en Europe, mais aussi aux Etats-Unis et au Canada).
Sans surprise, on découvre quelqu'un de très différent de Luke Haines, par exemple, qui dans son livre Bad vibes démolissait pas mal de gens avec beaucoup de talent. Yorkston dit rarement du mal de ceux qu'il rencontre et évite soigneusement à de nombreuses reprises de citer les groupes pour qui il ouvre ou qui font sa première partie. Par exemple, quand il ouvre à Bruges en 2007 pour un groupe qui sonne comme Joy Division, très célèbre, pas très bon, qui se prend plutôt trop au sérieux, mais dont le bassiste apprécie sa musique, il le rebaptise The Funky Jumpsuits (Les Combinaisons Funky). Je n'ai pas cherché trop longtemps, mais je n'ai pas réussi à identifier le groupe en question.

It's lovely to be here est en vente sur le site de James Yorkston.



La pochette du single disponible dans le commerce.

05 août 2015

PERE UBU : Datapanik in the year zero-A



Disque acquis probablement au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres dans les années 1980
Pochette offerte par Dorian Feller à Villedommange vers la fin des années 2000
Réf : RT 049 -- Edité par Rough Trade en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Final solution -/- My dark ages

A la parution de ma Discographie personnelle de la New Wave, l'ami Charlie Dontsurf, à qui l'on doit Ubu Dance Party, l'excellent site en français dédié à Pere Ubu, s'est légitimement étonné de l'absence de disques de Pere Ubu dans ma sélection. La raison en est simple : en-dehors d'un coffret de rééditions, je ne possède quasiment pas de disques du Pere Ubu de la première époque, celle qui correspond à la période chronologique couverte par le livre. En fait, je n'en ai qu'un, qui aurait dû effectivement intégrer le livre si j'y avais repensé à temps, d'autant qu'il m'a fallu plus de quinze ans pour réunir le 45 tours lui-même avec un exemplaire de sa pochette !
En fait, j'ai d'abord acheté le disque seul, dans une pochette cartonnée toute blanche, comme d'habitude dans la cave d'un des Record and Tape Exchange, sûrement pour 10 pence. J'espérais peut-être un jour tomber sur un autre exemplaire du disque complet avec sa pochette, mais à aucun moment je n'imaginais trouver la bonne pochette toute seule. C'est pourtant ce qui s'est passé un jour que je fouillais dans la discothèque de Dorian Feller. Je suis tombé sur cette fameuse pochette, qu'il a bien sûr accepté de m'offrir après quand même avoir tenté le coup en proposant de faire l'échange dans l'autre sens et que moi je lui offre le disque ! Merci Dorian !
On pourrait s'étonner de voir une pochette vide traîner chez Dorian, mais ce n'est pas si surprenant. D'une part, il s'arrange pour récupérer les pochettes vides qu'ils trouvent dans les stands de vide-grenier en les ajoutant en bonus aux lots de disques qu'il achète, et d'autre part, il reste chez lui quelques-unes des pochettes vides qu'il avait à des fins de promotion lorsqu'il faisait de la distribution au titre de Recommended Records France au début des années 1980. Dans ce lot, j'avais depuis longtemps récupéré une pochette des Residents et une autre d'Art Bears, mais c'est la première fois que j'ai le disque qui va avec !
Pere Ubu a débuté son parcours en éditant quatre singles de 1975 à 1977 sur son propre label, dénommé Hearthan puis Hearpen.
Ces disques ont chacun été tirés à quelques milliers d'exemplaires, dont une bonne partie s'est vendue en Europe plutôt qu'aux Etats-Unis.
En 1978, Pere Ubu a sorti ses deux premiers albums chez Blank, un label associé à Polygram. A ce moment-là, les premiers 45 tours étaient épuisés et déjà très recherchés, c'est sûrement pourquoi, au moment des premiers concerts de Pere Ubu en Angleterre, Radar Records a édité le maxi Datapanik in the year zero, une sélection de quatre des huit faces des premiers 45 tours plus un inédit.
Pour l'un des titres phares du groupe, Final solution, en-dehors de la compilation Max's Kansas City : New York New Wave, il aura fallu attendre 1980 pour le voir rééditer. Pourquoi ? Eh bien, pour répondre à cette question, nous allons bénéficier de l'aide de Pere Ubu, un groupe dont l'un des derniers slogans en date est "Pere Ubu fixes things" (une des traductions possibles est "Pere Ubu remet les choses en place") et un groupe qui fait ce qu'il dit. Sur son site officiel Ubu Projex, on trouve des tas de documents de référence et des protocoles, parmi lesquels pas moins de quatorze listes de réponses à des questions fréquemment posées !! Tout n'est malheureusement jamais parfait. Je n'ai pas retrouvé dans ces listes la réponse à ma question. Elle figure par contre dans une liste disponible sur une copie de l'ancien site, et elle était reprise en extrait dans le livret du coffret de 1996 Datapanik in the year zero.
Or donc, à la question "Pourquoi le titre Final solution a-t-il disparu pendant des années ?", Pere Ubu répond : "A cause du titre. Une nouvelle de Sherlock Holmes intitulée Le dernier problème a inspiré la chanson. S'il y a un problème final, il doit y avoir une solution finale. On n'y a plus repensé jusqu'à ce qu'arrive le mouvement punk avec ses références symboliques au nazisme. Le groupe a préféré laisser tomber la chanson plutôt que de risquer l'association."
En 1980, les punks bas de plafond et leurs croix gammées avaient libéré le terrain, et le groupe a dû penser que la voie était libre pour rééditer deux autres de ses premières chansons (Les deux derniers titres, pour ceux qui suivent, avaient entre-temps été inclus sur le premier album).
Ah oui, il y a aussi ce titre Datapanik in the year zero, utilisé pour le maxi, pour ce 45 tours avec le suffixe "-A" qui signifie peut-être "Appendice" et pour le coffret de 1996. Alors, "Que signifie Datapanik in the year zero ? Et est-ce que ce sens nous éclaire sur la raison pour laquelle Ubu a recyclé le titre de son maxi ?". Là encore, Pere Ubu nous apporte la réponse : "Ça ne signifie rien, vraiment. L'inspiration pour le titre vient d'un film appelé Panic in the year zero, une vision de science-fiction d'un futur perturbé. En 1978, Johnny et moi (David) étions intrigués par la notion de trop-plein d'information. Nous avions l'impression que l'information était devenue un sédatif, un info-sédatif. Que, privés de leur info-sédatif, les gens devenaient agités et malheureux. l'info-sédatif est sans douleur et ne requiert rien de l'utilisateur. Étrangement prophétique au regard de l'internet aujourd'hui [et la réponse date sûrement de 1996...]. Nous avons réutilisé le titre parce qu'il est bon et parce que le maxi original était depuis longtemps épuisé et ça nous a semblé une bonne idée sur le moment. Je déteste gâcher les choses. Je me suis senti obligé de le recycler." Pour ma part, j'avais aussi pensé en 1996 que ce titre anticipait de façon étonnante l'apocalypse annoncée du bug de l'an 2000.
Il est peut-être temps d'en venir à la musique... Final solution est l'un des quelques classiques rock écrits par Pere Ubu. En réécoutant la chanson, je me disais que sa piste instrumentale pourrait facilement passer pour du Joy Division, trois ans avant Unknown pleasures (pour Heart of darkness, chant compris, on pourrait facilement le faire passer auprès d'un fan naïf pour un inédit du groupe de Manchester !). C'est pour ça que je n'aime pas trop utiliser le terme post-punk : enregistré en février 1976, ce titre est quasiment pré-punk mais sonne tout à fait new wave, le terme que je préfère, surtout parce qu'il était utilisé à l'époque car, en elle-même, cette étiquette est tout aussi ridicule : une vague n'est nouvelle qu'au moment elle apparaît et seulement jusqu'à l'arrivée de la suivante. Des nouvelles vagues, il y en a eu plein avant et après la New Wave, à commencer par la Nouvelle Vague du cinéma français et la Bossa Nova... Pour ce qui est de la question des étiquettes, Pere Ubu a aussi la réponse !  : La seule étiquette qu'ils acceptent est qu'ils font du rock. Quant à l'expression "Avant garage", qui leur va comme un gant, ils l'ont adoptée en 1979 afin d'avoir quelque chose à jeter en pâture aux journalistes.
Pour ce qui est des paroles de Final solution, elles ont cette grande qualité qu'il est à peu près impossible de les interpréter de façon univoque. C'est plutôt celui qui tente de les interpréter qui apporte son grain de sel ou ses obsessions. Il est clair que le narrateur est un ado boutonneux en rébellion, comme tous les ados. Pour le sens du refrain, "Pas besoin d'un remède, il me faut une solution finale", j'ai toujours pensé que cette solution était la mort, mais comme je me le disais ça n'engage que moi.
A Reims, le 16 décembre 2009, en rappel de la représentation de la pièce Bring me the head of Ubu Roi,  Pere Ubu a joué des version très énergiques de Final solution et Non alignment pact et m'a comblé !
Final solution était la face A du deuxième 45 tours. My dark ages était à l'origine la face B du troisième 45 tours, Street waves, enregistré quelques mois plus tard, après le départ du guitariste Peter Laughner. Comme Roadrunner, c'est une chanson sur la voiture, ou plus précisément ici sur le manque de voiture (et aux Etats-Unis, qui n'a pas de voiture n'emballe pas !). Elle a pour sous-titre dans l'édition originale "I don't get around", ce qui est raccord avec l'intérêt maintes fois manifesté de de David Thomas pour les Beach Boys, une passion également partagée par Charlie Dontsurf sur son site BeachBoys.fr.
Les titres de ce 45 tours viennent d'être réédités une nouvelle fois sur un album intitulé The Hearpen singles inclus dans le coffret Elitism for the people 1975-1978. Sorti de façon très limitée pour le Record store day 2015, il sera disponible plus largement à partir du 21 août.

03 août 2015

DIDIER WAMPAS : Punk ouvrier


Acquis chez Parallèles à Paris le 1er août 2015
Réf : ATEDC046 -- Edité par Atmosphériques en France en 2012
Support : CD 12 cm
Titres : Punk ouvrier -/- Magritte

J'ai été bien content de tomber sur ce beau CD de Didier Wampas parmi les disques soldés chez Parallèles. Contrairement à l'habitude, il n'y a aucune mention indiquant que ce disque est hors-commerce, mais il n'y a pas non plus de code-barres et je suis à peu près sûr qu'il n'a jamais été distribué dans le circuit habituel.
Les deux titres sont extraits de Taisez-moi, le premier album de Didier sous son nom, sorti en 2011. Sans surprise, il serait sorti sous le nom des Wampas que personne n'aurait vu la différence, il me semble.
Ce qui a dû se passer, c'est que le label Atmosphériques a dans un premier temps sorti fin 2011 un 45 tours avec en face A Punk ouvrier et en face B un titre hors-album, Les framboises dorées (je ne suis pas sûr non plus que ce 45 tours a été largement commercialisé. Puis, de sa propre initiative ou à la demande de Didier Wampas ou de son label, le dessinateur Lindingre a adapté Punk ouvrier en BD. La BD a dû paraître dans Fluide Glacial au printemps 2012 et, à cette occasion, ce CD Punk ouvrier a été édité, avec la BD collée sur six pages à l'intérieur du rabat de la pochette. Trente exemplaires du CD ont été offerts par concours aux lecteurs de Fluide Glacial, et je suppose que le reste du tirage a servi à des fins de promotion.
Didier Wampas a peut-être eu l'occasion de faire encore mieux, mais Punk ouvrier et Magritte sont deux excellentes chansons punk yéyé.
Le sujet de Punk ouvrier est autobiographique. On le sait depuis quelques années, quand le fait qu'il a mené de front son parcours de chanteur des Wampas et d'employé de la RATP est devenu un sujet incontournable de ses entretiens avec la presse.
Dans celui accordé à la CFDT, on apprend qu'il pourrait depuis 2012 ajouter la précision "et retraité" à son titre.
Je trouve l'adaptation de Lindingre très réussie et, si c'est Magritte qui se trouve en face B plutôt que Les framboises dorées, c'est tout simplement parce qu'il ne s'est pas contenté d'adapter Punk ouvrier : il a fait d'une pierre deux coups en y glissant de nombreuses références à Magritte.
Un excellent petit disque comme on aimerait en voir plus souvent !



30 juillet 2015

THE JESUS AND MARY CHAIN : Never understand



Acquis au Virgin Megastore à Londres en février 1985
Réf : NEG 8T (249130-0) -- Edité par Blanco Y Negro en Angleterre en 1985
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Never understand -/- Suck -- Ambition

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le raconter, j'ai passé du 15 au 18 février 1985 quelques jours à Londres particulièrement mouvementés en compagnie d'Alan McGee, en sa qualité de patron de Creation Records et manager de Jesus and Mary Chain. C'est pendant ce séjour que j'ai récupéré Jacob's ladder de The Monochrome Set, le maxi resté inédit d'Upside down, mais aussi des exemplaires de l'album Pass the paintbrush, honey de Biff, Bang, Pow !, qui m'était dédié, et aussi ce maxi, le deuxième single de JAMC, qui venait de sortir.
La lecture récente de la biographie Barbed wire kisses : The Jesus and Mary Chain story, par Zoë Howe, très détaillée sur les premières années, m'a rappelé combien le groupe jouait gros avec la sortie de ce disque. En effet, après le succès inattendu de leur premier single Upside down chez Creation, toujours n° 1 des charts indépendants en février 1985, quatre mois après sa sortie, le groupe avait signé chez Blanco Y Negro, filiale de Warner gérée par Geoff Travis, également patron-fondateur de Rough Trade. Mais, si au bout du compte ils sont restés dix ans et ont publié cinq albums sur ce label, le contrat initial ne portait que sur ce single. Il fallait donc rapidement faire ses preuves.
Même si le groupe était désormais associé à une major du disque, certaines choses restaient artisanales, comme le montre cette anecdote relatée dans le livre : quand Geoff Travis a expliqué au groupe qu'il faudrait prévoir des publicités pour la presse, Jim et Douglas ont demandé une feuille de papier et ont crayonné ceci, qui a effectivement été utilisé pour toute la promo presse :



Pas si mal et plutôt efficace en relation avec ce qu'on entend sur le disque !
S'il y a une chose qui a été ratée, par contre, c'est la pochette. Je ne dédaigne pas un certain minimalisme, mais dans ce cas précis ce rouge uni avec juste le nom du groupe en noir est vraiment quelconque. C'est d'autant plus rageant que, comme le raconte John Robb, journaliste et leader des Membranes, le groupe s'était rendu à Manchester à l'automne 1984, à la fois pour y faire sa première grande interview avec Robb et pour rencontrer Linder, pressentie pour faire la pochette du prochain disque.
Linder, c'est cette artiste, également musicienne avec Ludus, qui a notamment illustré Orgasm addict des Buzzcocks et Real life de Magazine. Elle n'est pas créditée et je ne retrouve pas ma source d'information, mais au bout du compte, un collage de Linder a bien été utilisé pour la pochette de Never understand, mais il a inexplicablement été relégué au verso. Un vrai gâchis !! 
Never understand fait sûrement partie du premier lot de chansons composées par les frères Reid. Il y en avait une version sur la première démo du groupe de 1983-1984 et ils l'ont enregistrée lors de leur première Peel session en octobre 1984. Je suppose qu'ils l'ont jouée quand je les ai vus à la Living Room le 9 juin 1984 et qu'elle faisait partie de ces chansons que j'avais trouvées très bonnes, même si elles étaient pleine de distorsion (je ne savais pas alors qu'une bonne partie de ces quelques chansons étaient des reprises, car je ne connaissais pas les version originales de Vegetable man de Syd Barrett, Somedoby to love de Jefferson Airplane et Ambition de Subway Sect).
Au niveau sonore et musical, Never understand reste très proche d'Upside down, avec un feed-back peut-être mieux maîtrisé et un vrai cri de la mort à la fin.


Never understand a fait une carrière très modeste dans les classements des ventes, mais ça n'a pas empêché le magazine Smash Hits d'en publier les paroles (via The Sound of Young Scotland et Brian McCloskey)

En face B, le groupe voulait initialement mettre Jesus fuck, un titre qui ne verra officiellement le jour qu'avec la réédition de Psychocandy de 2011. A la place, on a droit à quasiment la même chose, c'est à dire Suck, l'un des nombreuses faces B de JAMC qui sonne très fort comme du Public Image époque First issue / Metal box., avec à la fin des "Pa pa pa" plus pop qui me rappellent un autre de leurs titres, et peut-être bien quand même à la fin des "Fuck" ou "Jesus fuck" noyés dans le mix.
Vient ensuite la version bien plus punk que l'originale d'Ambition de Subway Sect. Elle aussi se termine avec des "Fuck" et des "Fuckin' evil"...
J'ai vu/entendu The Jesus and Mary Chain en concert cinq fois entre juin 1984 et novembre 1985. A l'époque, le groupe était bien incapable de rendre justice sur scène aux chansons de son chef d’œuvre Psychocandy. Musicalement car il n'en avait pas les compétences, et psychologiquement car ils étaient incapables de monter sur scène sans être complètement imbibés d'alcool.
Trente ans après (purée, trente ans ça passe vite !), ce n'est plus le cas. Le groupe, à cinq avec les seuls frères Reid comme membres originaux a joué le 16 novembre dernier à La Cigale l'intégralité de Psychocandy et, même en tenant compte de toutes mes réserves pour ces reformations nostalgiques, c'était excellent et nouveau, puisque ces chansons n'avaient jamais été jouées aussi bien sur scène.
Quelques jours plus tard, le groupe jouait deux soirs de suite dans sa ville d'origine, à Glasgow. Un enregistrement de ces concerts, Psychocandy live : Barrowlands, sort demain, en version CD simple avec juste les quatorze chansons de l'album original, ou en coffret luxe avec en plus sur le CD les sept titres du mini-concert best-of joués en plus, plus les mêmes titres sur deux disques vinyl et un livre de quarante pages.


The Jesus and Mary Chain à La Cigale, Paris, le 16 novembre 2014. Photo : JC Brouchard.

Quatre versions de Never understand et les faces B de ce maxi sont disponibles sur la réédition 2 CD-1 DVD de Psychocandy de 2011.


The Jesus and Mary Chain, Never understand, dans l'émission belge VRT le 17 mars 1985.
Ce passage télé est devenu célèbre pour l'entretien qui l'a précédé, au cours duquel a) Jim s'est amusé à dire qu'il détestait Joy Division, uniquement parce qu'on lui avait dit auparavant que le présentateur en était un grand fan (tout comme Jim...) pendant que b) Bobby flirtait avec sa copine sur le canapé.

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