01 mars 2015

THIS MOMENT AGAIN AND AGAIN : This moment again and again


Acquis par correspondance chez This Moment Again And Again le 24 février 2015
Réf : [sans] -- Edité par This Moment Again And Again aux Etats-Unis en 2013
Support : 10 x MP3 + 1 x pdf + 3 x jpg
10 titres

Ça a commencé lundi par une courte note sur le Jojoblog, l'annonce, avec un an de retard et des excuses, du projet musical d'un collectif artistique, This Moment Again And Again.
Quel rapport avec Jonathan Richman ? Aucun, a priori, à part que l'info a été diffusée sur le blog de ses fans. Mais deux indices quand même, quand on arrive sur le site : le groupe est localisé à San Francisco, la ville de Jonathan Richman depuis des années maintenant, et le lettrage dessiné utilisé pour le nom du groupe rappelle celui fait par Jonathan pour le single That Summer feeling. Mais c'est tout, à part l'intro du titre initial, Come walk with me, qui m'a fait penser un instant qu'il pouvait y avoir une proximité musicale directe, et un titre comme The streets remember (They were once fields...), sur un thème proche de celui de Corner store.
Non, si je devais donner deux caractéristiques de ce disque, ce serait d'un côté son calme, qui est la constante sur l'ensemble, un peu comme certains disques de Little Wings, et de l'autre la façon dont les voix d'Ari gelardin et Jacob Palmer (les deux membres du groupe, accompagnés d'un batteur pour l'occasion) s'associent qui évoquent le souvenir des Moldy Peaches, mais des Moldy Peaches tout détendus, donc, assis sur la plage au coucher du soleil à San Francisco plutôt que tout stressés à New York.
Le tempo est tellement tranquille d'un bout à l'autre qu'on en oublierait presque que l'instrumentation varie un peu. Par exemple, Just like honey n'est pas une reprise de Jesus and Mary Chain, mais ce n'est sûrement pas complètement un hasard si on entend justement une guitare saturée sur ce titre. Pour les paroles, le groupe indique avoir inséré des fragments d'oeuvres de Billy Collins, Ron Padgett, Jim Harrison, Hafiz, Pablo Neruda, Walt Whitman.
L'ensemble se déguste d'une traite en une vingtaine de minutes. La séquence des quatre premiers titres est particulièrement réussie. J'ai une petite préférence pour These frail engines of love mais tout est au minimum agréable.
Le disque est accompagné d'un livre numérique, The story of death and migration, avec entre autres des collages qui pour le coup me rappellent un peu ceux des pochettes de Grandaddy.

Ari Gelardin et Jacob Palmer sont très actifs à San Francisco avec des actions artistiques dans la ville, notamment l'intéressant projet Store Front Lab.
Sur le site d'Ari Gelardin, on trouve en plus de cet album une vidéo à la musique atmosphérique et deux titres, Sail on, sailor et Big Sur, extraits d'un autre album (à venir ?) intitulé This Moment Again and Again Go to the Beach !.


22 février 2015

SISTER VANILLA : Little pop rock


Acquis par correspondance via Price Minister en novembre 2010
Réf : CHEM092CD / 062.0092.020 -- Edité par Chemikal Underground en Ecosse en 2007 / Diffusé par PIAS en France en 2007
Support : CD 12 cm
12 titres

Pour fêter les bientôt trente ans de son premier album Psychocandy, The Jesus and Mary Chain interprète (magistralement) depuis l'automne dernier l'intégralité de ce disque sur les scènes d'Europe et bientôt des Etats-Unis. Au moment de repartir sur les routes du Royaume-Uni ce mois-ci, Jim Reid a fait monté la pression en annonçant au NME que le groupe prévoit d'enregistrer un nouvel album cet année. Mais attendons de voir. La reformation initiale date de 2007, mais il n'est pas encore certain que les deux frères soient capables de se supporter suffisamment longtemps en studio pour produire un nouvel album, comme le précisait Jim en novembre pour The Scotsman :“Ça fait des années que nous parlons de faire un nouvel album. Je suppose que ça dépend de la façon dont William et moi nous entendons à ces concerts. (...) Contentons-nous d'attendre et de voir ce qui se passera après la tournée. Si nous y survivons tous les deux, alors peut-être que nous ferons un disque.
Presque toute la presse a relayé l'information concernant ce potentiel nouvel album en précisant que le dernier album en date des deux frères est Munki, sorti en 1998. Certes, c'est le tout dernier album de JAMC avant leur séparation. Mais depuis, Jim et William (qu'ils aient ou non été présents ensemble à un moment en studio) ont bel et bien déjà co-produit, co-écrit et interprété un album. Cet album, c'est Little pop rock, le seul paru à ce jour de Sister Vanilla, projet de leur petite soeur Linda. Et c'est loin d'être un disque à négliger.
Apparemment, Sister Vanilla a émergé suite aux sessions d'enregistrement de Munki, au cours desquelles Linda a chanté Moe Tucker. L'album est sorti initialement en 2005 au Japon, avant d'être édité en 2007 au Royaume-Uni par le label des Delgados, avec une pochette et un ordre des titres différents, et même un titre en plus (Delicat).
PIAS a distribué le disque en France mais ne l'y a pas pressé. Mon exemplaire est identique à celui du Royaume-Uni, à l'exception d'une étiquette collée sur le boitier, avec une référence catalogue spécifique et une citation extraite de Magic qui comporte une superbe faute de français ("Le penchant féminin aux exactions discographiques des Jesus & Mary Chain"). Je vous laisse trouver.
Sister Vanilla a dû donner quelques concerts, puisque qu'on trouve mention sur le site officiel du groupe d'une formation à cinq pour la scène, mais sur ce disque, Linda est principalement accompagnée par ses deux frères et quelques amis.
Cette édition de l'album s'ouvre et se ferme sous le signe des Pastels. Il n'est pas évident au départ que Pastel blue, toute en douceur avec guitare acoustique et piano, parle du groupe, jusqu'à ce que Linda chante "I've got The Pastels playing in my head". The two of us est carrément un duo avec Stephen Pastel (qui a aussi participé au mastering du disque). Ce n'est pas tout à fait du niveau de Nothing to be done, mais c'est très bien. Il faut juste savoir que cette chanson est une reprise assez fidèle d'un titre de Freeheat, le groupe formé par Jim Reid après la séparation de JAMC, paru en 2000.
Ça sonne comme du Mary Chain, mais comme du très bon Mary Chain, c'est ce qui compte, et c'est le cas des meilleurs titres de l'album, à commencer par mon préféré, Jamcolas, qui est le seul crédité aux trois Reid. L'effet est d'autant plus saisissant que, tout au long du disque, les frères ne se contentent pas de jouer et de produire, ils chantent aussi, comme ici pendant toute la première minute, avant la première intervention vocale de Linda, avec une voix qui est très travaillée (doublée ou triplée, avec des effets) tout au long du disque.
Excellent, mais ce n'est pas tout, il y a aussi K to be lost, avec sa déclaration sans ambiguïté ("Honey's dead. Psychocandy. Listened to them all the time"), le single Can't stop the rock et surtout What goes around, que Jim Reid jouait aussi sur scène avec Freeheat. Slacker rappelle les bonne chansons lentes de JAMC et TOTP est plus électronique.
C'est pas dur. J'ai écouté Stoned and dethroned pour la première fois cette semaine. Certes, cet album contient l'intouchable Sometimes always, Feeling lucky, et à la rigueur l'autre single Come on, mais je crois bien que j'aurais plus souvent de bonnes raisons de réécouter Little pop rock. Et si l'éventuel nouvel album de The Jesus and Mary Chain est aussi bien que celui-ci, ce sera déjà très bien.

15 février 2015

THE FLYING LIZARDS : Money


Acquis à La Trocante à Nantes dans les années 1990
Réf : 2141 226 -- Edité par Virgin en France en 1979
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Money -- Money B -/- Summertime blues -- All guitars

Ce jour-là, nous avions fait étape pour l'après-midi à Nantes pendant nos vacances - probablement l'une de mes premières visites dans cette ville - et à un moment, nous avons aperçu de l'autre côté de la Loire l'enseigne de La Trocante (qui était alors là où, de nos jours, on peut voir un éléphant mécanique se promener). Je n'ai pas regretté d'avoir traversé le pont : j'en suis revenu avec deux excellents maxi-45 tours, le pressage belge de Psycho killer et celui-ci des Flying Lizards.
A l'époque, c'est Polydor qui distribuait Virgin en France et le label était loin de sortir chez nous l'intégralité de la production pléthorique du label anglais, notamment les singles. Parfois, ils essayaient de rattraper le coup avec une sortie ultérieure. Ainsi, Life begins at the hop d'XTC n'est pas sorti en France, mais a été mis sur la face B de Making plans for Nigel. C'est exactement ce qui s'est passé avec les deux premiers 45 tours des Flying Lizards. Polydor n'a pas sorti Summertime blues fin 1978, mais a fait une édition couplée en le mettant en face B de Money à la mi-1979.
Autant l'édition en 45 tours de Money s'est très bien vendue en France, comme dans de nombreux pays du monde, et est donc très courante, autant ce maxi 45 tours a dû peu se vendre et se trouve rarement.
Pour le coup, Polydor, disposant de plus de place, ne s'est pas planté. Il n'y avait pas de modèle anglais car aucun maxi de Money n'est sorti dans ce pays alors, pour allonger la sauce, Polydor a simplement compilé les quatre titres des deux 45 tours anglais. Ce qui est très bien, c'est qu'ils ont privilégié pour le recto de la pochette celle originale de Summertime blues, une véritable œuvre d'art à elle seule, avec ses bandes bleues et jaunes et sa photo au lait renversé de Richard Rayner-Canham, qui pré-date et vaut largement le Milk de Jeff Wall, exposé dans les musées d'art contemporain du monde entier. Je n'ai pas trouvé beaucoup d'infos sur Richard Rayner-Canham, mais j'ai appris qu'il était l'auteur de la fameuse photo d'Hermine mettant des 45 tours au lave-vaisselle sur la pochette de The world on my plates. Il a aussi fait une petite photo d'Alig et Dominique de Family Fodder qu'on trouve au dos de l'édition originale de Savoir faire.
David Cunningham présentait son projet Flying Lizards comme un groupe de rock conceptuel à la composition flottante faisant dans la "low technology". Son premier enregistrement, la reprise de Summertime blues d'Eddie Cochran, date de 1976. Il a dû faire la musique entièrement tout seul et a fait appel à Deborah Evans-Stickland, une collègue étudiante de l'école d'arts de Maidstone, pour le chant. Malgré de nombreuses démarches, Cunningham a dû attendre fin 1978 pour qu'un label, Virgin, accepte de sortir son enregistrement.
Les bases du style Flying Lizards sont d'ores et déjà posées : la chanson originale a été disséquée et seuls quelques-uns des éléments essentiels ont été utilisés pour élaborer une version minimale, sur laquelle Deborah Evans pose sa voix, parlée plutôt que chantée et la plus distanciée possible. Pour moi qui connaissait surtout cette chanson dans sa version La fille de l'été dernier, ce fut un choc plaisant, digne de celui causé par Devo avec (I can't get me no) Satisfaction.
En face B, All guitars est un instrumental assez expérimental qui contient beaucoup de guitares, certes, mais aussi d'autres instruments (au moins un métronome ou une boite à rythmes en tout cas), contrairement à ce que le titre peut laisser penser. Cunningham parsèmera ses faces B avec ce genre de titres, qui constituent également une bonne part des deux premiers albums des Flying Lizards.
Summertime blues a connu un succès d'estime, mais Money a été un tube mondial assez inattendu. Si les deux reprises suivent la même recette, en les écoutant à la suite aujourd'hui, on sent bien que Money a quelque chose de plus, du groove et de la pêche notamment, et aussi des choeurs forts à propos. A cause notamment du piano "préparé", il me semble que c'est plutôt la version originale de Barrett Strong qui a été déconstruite plutôt que la version très célèbre par Les Beatles.
A l'époque, les journalistes et les fans ont plongé à fond dans les mystères qui entouraient le groupe. Je me souviens avoir lu une chronique disant que le 45 tours avait été enregistré dans une cuisine, mais c'est la vidéo de la chanson qui se passe en partie dans une cuisine. La version Money B, est une sorte de dub glacial, avec une basse énorme, donc, qui, outre PIL, fait penser aux productions de groupes comme This Heat et Family Fodder qui, comme les Flying Lizards, fréquentaient le studio Cold Storage à Brixton.
Le groupe avait beau être conceptuel, il fallait bien le personnifier quand il s'est agi d'assurer la promotion de Money dans les studios télé du monde entier. Ce sont principalement David Cunningham et Deborah Evans qui s'y sont collés, avec aussi la participation remarquée de Steve Beresford et, je crois, de Julian Marshall. Deborah Evans figure encore sur le troisième single du groupe, l'original TV, mais elle et Cunnningham se sont visiblement engueulés juste après. Pour des raisons d'argent probablement (assez ironiquement, mais sans surprise aucune !), si j'en crois un entretien qu'elle a donné récemment, et elle ne fait apparemment aucune autre contribution sur l'album, sorti pourtant au même moment.

Après des années d'attente, on a eu enfin droit en 2010 à une réédition en double-CD chez RPM de The Flying Lizards et Fourth wall, les deux premiers albums. Une réédition complète, avec en plus les faces B de tous les singles extraits. On y trouve donc les quatre titres de ce maxi.






08 février 2015

MICHEL COLOMBIER : Musique originale du film Surfari


Acquis chez Emmaüs à Reims le 29 janvier 2015
Réf : [sans]-- Edité par Promo-France en France probablement dans les années 1970 -- Offert par Promo-France
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Musique originale du film Surfari -/- Musique originale du film Surfari

Je n'étais pas allé dans cet Emmaüs depuis deux-trois mois, mais le stock de vinyls n'avait pas pour autant beaucoup bougé entre-temps. Par contre, j'ai récupéré un bon lot de CD.
Il y avait quand même par terre près de la caisse un carton avec une vingtaine de 45 tours nouvellement arrivés. Rien d'intéressant a priori, mais je me suis quand même arrêté sur ce disque publicitaire datant visiblement du début des années 1970. D'abord, parce que les magasins de vêtement Carteret en question sont plus ou moins de la région (Laon, Saint-Dizier, Bar-le-Duc). Ensuite, parce que j'ai pris la peine, ne voyant aucune référence au dos, de sortir le disque car j'étais assez curieux de voir quelle musique un magasin de prêt-à-porter avait pu choisir à l'époque pour accompagner une pochette dépliante en plusieurs volets qui n'est rien d'autre que le catalogue d'une ligne de produits (pas donnés d'ailleurs, car les blousons à 200 francs il fallait pouvoir se les offrir à l'époque...). Je n'ai pas été déçu en lisant sur l'étiquette du 45 tours "Musique originale du film SURFARI composée par Michel Colombier".
Surfari par Michel Colombier, ça me disait quand même quelque chose. Et effectivement, une fois rentré à la maison, je me suis rendu compte que j'avais déjà acheté ce disque, sans pochette, sur un vide-grenier il y a moins de deux ans. J'avais pensé le chroniquer ici à l'époque, mais la musique n'avait rien d'exceptionnel et je n'avais trouvé aucune info sur ce film Surfari. Et pour cause : Surfari n'était pas un film de cinéma comme je le pensais, mais tout simplement un film publicitaire pour "Surfari, une nouvelle griffe dans les magasins PROMO-FRANCE". Un film publicitaire projeté sûrement plutôt dans les salles de cinéma qu'à la télévision.
Le disque porte le timbre BIEM, ce qui signifie qu'il a été diffusé originellement au plus tard en 1970. On trouve en ligne des exemplaires en vente avec une pochette différente de la mienne, qui doit être plus ancienne :



Mon idée est que Promo-France a dû se retrouver avec un stock important de 45 tours sur les bras et les a utilisés pendant plusieurs années pour faire la promotion de ses collections auprès de sa clientèle. Il n'y a de date nulle part sur ma pochette, mais le style est clairement celui de la première moitié des années 1970 plutôt que du tournant des années 1960.
Musicalement donc, ce n'est pas inintéressant mais c'est loin d'être ce que Michel Colombier a fait de mieux. La face 1 s'ouvre avec un guitare wah-wah légèrement funky et du piano, puis on a le chant et les choeurs féminins et masculins qui déboulent et s'expriment en yaourt, sans paroles. Une technique à succès dans la pub à l'époque. Sur cette face 1, on a droit à un solo de guitare électrique. En face 2, on prend les mêmes vocalistes et on recommence, sauf que celle-ci fait la part belle à l'orgue, qui a droit cette fois-ci à son solo.
Un produit typiquement de son époque, donc, et une curiosité d'un compositeur réputé, mais certainement pas la pépite rare que vantent certains vendeurs de ce 45 tours.


07 février 2015

THE ESCALATORS : Monday - Munsters theme


Acquis probablement dans un Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres vers 1984
Réf : NS 87 -- Edité par Big Beat en Angleterre en 1983
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Monday -/- Munsters theme

J'ai vu en concert The Prisoners, The Sting-Rays, The X-Men et The Surfadelics, mais jamais The Escalators. Si j'ai acheté ce disque, c'est pour une seule raison, la présence en face B d'une reprise de l'indicatif de The Munsters, une série télévisée en noir et blanc des années 1960, concurrente de La Famille Addams, que je venais de découvrir à mon arrivée en Angleterre. On va conclure ainsi une courte série entamée avec des versions des indicatifs de Destination danger et du Prisonnier.
J'ai deux 45 tours de ce groupe, tous les deux en bon état et sans étiquette, mais je ne me vois pas les acheter au prix fort. Je pense plutôt qu'ils ont été directement relégués dans la cave d'un Record and Tape Exchange à Notting Hill Gate. Si c'est le cas, je les ai eus à 10 pence pièce...
Le premier, de 1981, est une reprise de Get me to the world on time des Electric Prunes créditée à Clapham South Escalators. A l'époque, ce groupe était tout simplement le trio de The Meteors sous pseudonyme. Par contre, quand ce 45 tours est sorti en 1983, Nigel Lewis et Mark Robertson avaient quitté The Meteors et, avec Bart Coles et Woodie, The Escalators étaient devenus un groupe à part entière.
La face A, Monday, reprise sur Moving staircases, l'unique album de The Escalators, est une bonne petite chanson sympathique. Pas psychobilly pour un sou. Elle n'est pas si éloignée que ça dans l'esprit de certains titres des Television Personalities ou The Times.
The Munsters theme est une excellente version arrangée pour guitare de l'indicatif de la série télé. C'est elle qui fait tout l'intérêt du disque et Big Beat a d'ailleurs assez vite réédité le 45 tours en mettant mieux en valeur The Munsters sur la pochette.

Après The Escalators, Lewis et Robertson ont repris le nom d'un autre projet parallèle des Meteors pour fonder The Tall Boys.
Ace a réédité Moving staircases en 2006, en CD et en téléchargement. Malheureusement, cette réédition reprend strictement l'album original, y compris la version allongée de Monday qu'on y trouvait, sans prendre la peine d'ajouter en bonus les trois autres faces des deux 45 tours du groupe sortis en 1983 : The Munsters theme, Something's mixing et The edge.


Je possède au moins une autre version de The Munsters theme, dans un style assez proche mais avec de l'orgue en plus de la guitare. Elle a été enregistrée par Surfin' Lungs et figure sur Munster dance hall favorites ! Vol. 1, un 45 tours compilation quatre titres édité en Espagne mais que Jo La Cravate, de Slow Death, a largement distribué sur Reims l'année de sa sortie.


01 février 2015

TOMMY LORENTE : Trop de questions - The Prisoner theme


Offert par Tommy Lorente par correspondance en janvier 2015
Réf : Y-TLS-212 -- Edité par Yaourt Production en France en 2014
Support : CD 12 cm
Titres : Trop de questions -- The Prisoner theme

Tommy Lorente m'a contacté récemment à propos de La ballade du fan. De fil en aiguille, il a proposé de m'envoyer ses deux premiers disques, et j'étais assez curieux de les écouter car j'avais noté que toutes les paroles étaient en français, ce qui devient malheureusement trop rare.
L'album Un cruel manque de tendresse a été enregistré et est sorti en 2014. Dix chansons originales dans un style pop-rock (lignes claires de guitares, chant avec choeurs, accompagnement d'orgue,...) qui, comme le veut le genre, sont habillées de références et clins d'oeil à plus de cinquante ans de musique. La plus évidente, signe d'une grande culture musicale, vient en ouverture avec Ma dose de toi, construite sur la fondation de (What's so funny 'bout) Peace, love and understanding ? de Nick Lowe.
Toujours en 2014, Tommy a sorti en édition limitée ce CD single, dont l'enregistrement remonte à 2012. Le titre principal, Trop de questions, est une bonne chanson qui n'est pas sur l'album. Le chant et les paroles en français peuvent rappeler Bijou. Le thème, les affres d'un entretien de recrutement, est assez original.
Le deuxième titre est une reprise du générique de la série Le prisonnier, arrangé énergiquement pour guitares. Comme Ed Ball avec The Times, Tommy a sorti pour la pochette un costume du Prisonnier, s'attribuant comme numéro le 86, l'année de sa naissance, au lieu du traditionnel 6.
Tommy Lorente tourne actuellement avec son groupe La Cavalerie. Une session en public de cinq titres au studio Amanita est disponible à la vente en CD en édition limitée ou en téléchargement à prix libre.

Le CD single limité à 100 exemplaires est en vente sur le site de Tommy Lorente. Il est aussi disponible en téléchargement chez Bandcamp.

31 janvier 2015

THE TIMES : I helped Patrick McGoohan escape


Acquis neuf sûrement au Virgin Megastore à Londres début 1984
Réf : Artpop! No. 1 -- Edité par Artpop! en Angleterre en 1983
Support : 33 tours 30 cm
6 titres

J'ai commencé à m'intéresser à The Times quand j'ai lu des articles dans des fanzines fin 1983 qui chantaient les louanges de ce groupe d'Ed Ball, membre fondateur des Television Personalities. J'ai très vite acheté des disques, le premier album Pop goes art !, qui datait déjà un peu, et This is London, sorti depuis quelques mois. Et puis j'ai pu voir le groupe quatre fois en concert de janvier à juin 1984, trois fois à la Living Room et aussi au fameux 100 Club, avec Direct Hits également à l'affiche. Autour d'Ed Ball au chant et à la guitare, une formation classique avec batteur, bassiste et clavier. On peut écouter chez Groovy Black Shades un extrait du premier concert où j'étais, le 21 janvier 1984.
Autant je suis un très grand fan des TV Personalities, autant j'ai toujours un peu moins accroché aux disques de The Times à l'époque. La facture pop des chansons est excellente, mais il y manque souvent à mon goût un petit quelque chose, une pointe d'humour ou un grain de folie, un je ne sais quoi qui propulse la chose dans une autre dimension.
Mais il y a plein de choses dans la pléthorique production d'Ed Ball que j'apprécie énormément, à commencer par ce disque au statut bizarre, un mini-album qui compile d'anciens titres associés à des inédits. Le but était clairement de mieux diffuser l'un des titres fétiches d'Ed Ball, I helped Patrick McGoohan escape, qu'il avait pourtant déjà sorti quatre fois : fin 1980 en 45 tours sous le nom des Teenage Filmstars, puis sur la fameuse compilation de groupes néo-psychédéliques A splash of colour en 1981, sur l'album Pop goes art ! en 1982 et à nouveau en 45 tours en 1983, quelques mois avant le mini-album il me semble, avec en face B une version de l'indicatif de Dangerman, alias Destination danger, la série qui avait rendu Patrick McGoohan célèbre avant Le Prisonnier.
Ed Ball avait déjà contribué à magnifier la légende de Syd Barrett avec les TVP's, et il a récidivé avec Patrick McGoohan, faisant les choses à fond. Je pense qu'une des raisons de la sortie de ce disque est que le groupe avait eu la possibilité de tourner une vidéo au village de Portmeirion, avec Ed Ball costumé en Prisonnier, ce qui a donné de la matière pour les photos sur la pochette.
Le disque s'ouvre avec les deux faces du 45 tours. I helped Patrick McGoohan escape est une excellente chanson, évidemment bourrée de références à la série, et même à une autre série contemporaine, L'homme à la valise. De même que je ne connaissais pas vraiment les débuts de Pink Floyd quand j'ai écouté I know where Syd Barrett lives pour la première fois, je ne suis pas sûr que j'avais déjà vu un seul épisode du Prisonnier quand j'ai acheté ce disque. La ligne de basse est suffisamment bonne pour avoir été habilement pompée par Biff, Bang, Pow !, juste après l'intro de guitare de Feel a whole lot better des Byrds, sur leur premier single Fifty years of fun (il est possible qu'en fait cette ligne de basse vienne d'un tube sixties, mais je n'arrive pas à retrouver lequel).
La version de l'indicatif de Destination danger est assez fidèle à l'original, un court instrumental typique des génériques des années 1960, composé par Edwyn Astley.
Big painting et Stranger than fiction, les deux premiers titres de la face B sont pris de l'album This is London, mais, outre le 45 tours original, le disque vaut surtout pour les inédits placés à la fin de chaque face. All systems are go !, surtout, une excellente chanson, parfaite dans ses arrangements, avec un gros travail sur les voix et d'excellentes parties d'orgue et de guitare. Up against it est très bien également, avec un long passage aux accents reggae. Il s'agit d'une première ébauche d'un travail qu'Ed Ball a mené autour du scénario du même titre écrit par Joe Orton pour les Beatles, qui a débouché sur un spectacle présenté sur scène à Londres et le cinquième album du groupe en 1986, lui aussi titré Up against it.
Par la suite, en 1988, Ed Ball a enregistré encore au moins une autre version de I helped Patrick McGoohan escape, une version "acide" couplée à l'indicatif de la série, sortie en 1990 sous le nom DJ 6 and the Escape Committe et le titre Thanks for the trip dad ! sur la compilation Pensioners on ecstasy et reprise la même année en bonus sur le CD original de Et Dieu créa la femme.

Les titres de ce disque ont été réédités plusieurs fois en CD au fil des ans, mais il semble qu'actuellement ils ne sont disponibles qu'en téléchargement.






Ces images sont extraites d'un livret qu'on ne trouvait pas dans le disque, mais que le groupe avait déposé chez certains disquaires.

25 janvier 2015

DOMINIQUE : Dominique chante...


Acquis chez Royer à Epernay le 6 septembre 2014
Réf : 5396 trs -- Edité par Trianon en France en 1966
Support : 33 tours 25 cm
10 titres

Pour mon projet Tu m'as trompette mon amour : Hommage à Dominique et Georges Jouvin, bouclé en 2010, j'ai collecté des dizaines de disques de Georges Jouvin, dont beaucoup représentaient Dominique sur la pochette et la créditaient comme chanteuse. Pour l'occasion, j'ai établi une ébauche de la discographie solo de Dominique : au moins huit EP chez Vega en 1959-1960, trois mini-33 tours Gala des Variétés avec l'Orchestre des Champs-Elysées en 1962-1963, puis quatre EP chez Trianon en 1965-1966. Question albums, je mentionnais les compilations 25 cm Danse Actualité de Trianon, dont plusieurs contiennent des titres de Dominique, en précisant que celui référencé 5396 trs pourrait être le seul édité sous son seul nom, mais je n'avais vu qu'une référence partielle à ce disque car je n'étais même pas sûr du nombre de titres.
Eh bien, il a fallu attendre 2014 pour que je me procure enfin cet album. Logiquement, j'aurais dû tomber dessus dans un vide-grenier ou chez Emmaüs, à moins qu'un copain ne me le dégote ou que je finisse par me résoudre à le commander en ligne. Mais non, je l'ai acheté un samedi en faisant mes courses, chez le disquaire du coin (le tout dernier de cette espèce en voie de disparition), celui qui a la bonne idée de sortir de temps en temps du fin fond de ses réserves des disques vinyl d'époque, comme ceux d'Henri Salvador ou Kraftwerk déjà évoqués ici. Et là quand même, un disque "neuf" de Dominique (dont la pochette a pris l'humidité quand même) que je n'avais pas, c'est à peine croyable.
Malheureusement, contrairement à ses 45 tours, Dominique n'a pas eu droit à sa photo pour la pochette de son album. Elle n'a même pas eu droit à une illustration originale puisque le même dessin, avec la même maquette, a été utilisé pour l'un des volumes de Danse Actualité.



L'étiquette Trianon, une production Pathé Marconi "Spécial diffusion", servait à éditer des disques à prix économiques (4 francs le 45 tours 4 titres, 8 francs le 33 tours 25 cm), qui devaient être vendus dans des réseaux non spécialisés dans le disque, comme des épiceries. Pathé Marconi étant le label historique de Jouvin, pas étonnant de retrouver chez Trianon sa chanteuse Dominique et aussi son directeur musical Jo Moutet et sûrement une bonne partie des musiciens de son orchestre.
Aucun "inédit" parmi les dix titres de cet album : ils sont tous sortis par ailleurs sur deux EP et demi de Dominique. S'agissant de disques édités pour s'appuyer sur la popularité des derniers grands succès de variétés, on trouve ici quelques titres d'appel très connus comme Michel, reprise de l'adaptation française de Michelle par Danielle Denin, Le folklore américain de Sheila, Même si tu revenais de Claude François. Il y a aussi des choses un peu moins connues : Reviens-moi vite de Claude Vence, Tant d'Alain Barrière, avec des accents de bossa nova, Dio, como ti amo, une chanson de Domenico Modugno interprétée en italien, et Toi et moi, reprise de l'adaptation d'Almost there d'Andy Williams par le canadien Pierre Lalonde.
Parmi mes trois titres préférés du disque, il y a Non !... Pas comme ça, version d'un titre de Gata Rubia, "La chatte blonde", une chanson à l'ambiance latine, qui rappelle le générique de La séquence du spectateur et qui est évidemment pleine de sous-entendus.
Il y a aussi Let's do't (En frappant dans nos mains), que j'avais fait figurer sur mon disque virtuel Georges, viens danser le rock. Signé Jouvin, Moutet et Jacques Demarny, il s'agit d'un décalque éhonté de Let's go, popularisé par The Ventures. On trouvait les deux titres en version instrumentale sur la même face d'un 45 tours de Jouvin et il est clair que cette version chantée par Dominique utilise strictement le même enregistrement ou à tout le moins les mêmes arrangements, avec les mêmes musiciens, sûrement au cours de la même session. C'est sûrement le cas aussi pour Les marionnettes de Christophe, dont on trouve une version instrumentale avec Georges Jouvin à la trompette solo sur le 45 tours dont le titre principal est Opération Tonnerre. Là, plus de trompette, des choeurs en plus de la voix de Dominique, des bonnes parties de guitare et d'orgue, et surtout un mixage qui rend la chanson beaucoup plus rock que l'arrangement original de Christophe !

J'ai déjà les quatre titres sur cet album, mais si quelqu'un trouve pour pas cher le 45 tours Le folklore américain de Dominique, je suis preneur !

Dominique, Les marionnettes.

 

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