14 septembre 2014

A STRANGE KIND OF LOVE


Acquis dans une boutique de charité à Saint Sampson le 29 mai 2013
Réf : 535 516-2 -- Edité par Polygram TV en Angleterre en 1996
Support : CD 12 cm
20 titres

Après le Strange love d'hier, voici une autre variété d'amour étrange, A strange kind of love. Ça ne devrait surprendre personne puisqu'on sait depuis Mickey et Sylvia que Love is strange !
Ce qui m'a surtout paru bizarre quand j'ai découvert ce disque dans une assez grande boutique de charité sur l'île de Guernesey, c'est sa pochette. Ce graphisme de BD à l'eau de rose, ces trames à la Roy Lichtenstein, j'ai d'emblée eu du mal, et j'en ai toujours, à les associer à Joy Division, The Cure ou Echo and the Bunnymen !
Pour comprendre, il suffit sde savoir que cette compilation a été éditée en 1996 par Polygram TV, une filiale de la major qui, comme son nom l'indique, est spécialisée dans l'édition de disques promus à  grands coups de publicité dans la presse et surtout à la télévision. Et dans ce milieu, les méthodes sont les mêmes, que l'on vende les slows de l'été, les succès en discothèque ou, comme c'est le cas ici, des chansons d'amour des années 1980.
J'aurais moins été surpris si on avait moissonné pour ce disque la plus abjecte de la variété eighties (comme pour toute époque, il y a de quoi faire !), et les deux premiers titres (The look of love d'ABC et Love action, de The Human League, mais pas dans sa meilleure période) font craindre le pire, mais pour le reste on a au bout du compte une compilation new wave de très bonne tenue, avec simplement deux paramètres particuliers pour la sélection des titres : des chansons plus ou moins d'amour et, de manière générale, les titres les plus populaires des artistes concernés, afin d'espérer faire cracher au bassinet les trentenaires des années 1990 accrochés par la pub télé et déjà nostalgiques de leurs années de jeunesse.
Alors oui, il y a les Stranglers, mais c'est obligatoirement Golden brown (encore que Always the sun aurait pu faire l'affaire). Pour The Passions, pas d'hésitation, I'm in love with a German film star. Joy Division ? Love will tear us apart ! Yazoo ? Only Only you ! Madness ? It must be It must be love ! Pour The Cure, le choix de Boys don't cry est excellent et, même si la date indiquée dans les crédits est 1986, il me semble que c'est bien la version originale qu'on entend sur ce disque.
Ce n'est évidemment pas le genre de disque avec lequel on fait des découvertes, mais ça fait au bout du compte une compilation agréable, une programmation toute faite pour une soirée rétro au cours de laquelle on réécoute aussi avec plaisir Treason (It's just a story) de The Teardrop Explodes, The back of love d'Echo and the Bunnymen, It's different for girls de Joe Jackson, Party fears two de The Associates, Enola Gay d'OMD ou Love my way de The Psychedelic Furs.

13 septembre 2014

THE DEEP VIBRATION : Strange love


Offert par Fargo Records à Paris le 2 août 2014
Réf : FR21259 -- Edité par Fargo en France en 2011 -- Promotional advance coipy. Not for sale.
Support : CD 12 cm
10 titres

Ils ont une habitude très sympathique à la boutique Fargo. Au moment de ressortir, on voit par terre derrière la porte un petit carton de disques avec la mention "Servez-vous". Il contient en général des CD hors-commerce diffusés - ou pas - par Fargo, par des gens qui ne sont pas tous complètement inconnus. Comme je refuse rarement un disque en cadeau et comme j'ai un faible pour les disques promo, je ne me suis pas fait prié lors de mon dernier passage et j'ai pris un exemplaire de chacun des six ou sept disques différents présents dans le carton. Il y avait notamment deux disques d'Alela Diane et un de Clare and the Reasons. Et celui-ci bien sûr.
A part la liste des titres et le fait que le groupe a produit l'album lui-même, il n'y a aucun renseignement technique sur la pochette. J'ai donc écouté le disque sans savoir du tout à quoi m'attendre (sauf que c'était un style susceptible de plaire à Fargo, bien sûr) ni d'où viennent ces gens.
Ça commence très bien avec le morceau-titre Strange love, complètement country dès les trois notes de guitare en intro et avec sa pedal steel ensuite, le tout emballé en moins de deux minutes. C'est à l'attaque du deuxième titre que j'ai été très surpris : on passe sans aucune transition à du rock électrique très marqué, avec chant à l'avenant. Pas spécialement mauvais, mais moins mon truc. Et tout l'album est comme ça. Le titre suivant Worried mind me plaît beaucoup, dans un style un peu sudiste avec guitare et orgue. Ça me rappelle quelque chose, le chant notamment, mais je n'arrive pas à trouver quoi. Il y a quand même quelques fois deux titres dans des atmosphères proches, comme ensuite avec Lonely for so long ou, malheureusement, pour les deux blues boogies électriques enchaînés, Black cat blues et You've got me. Il y a d'autres bonnes choses, dont I was cruel, l'autre titre avec de la pedal steel, ici bien associée à de l'orgue, mais c'est déconcertant d'écouter un album qui part comme ça dans tous les sens, même si toutes les compositions sont de qualité et maîtrisées.
Une fois en ligne, il ne m'a pas fallu longtemps pour apprendre que The Deep Vibration est (était plutôt) un groupe de Nashville (j'aurais dû m'en douter !, ce côté très pro et très propre dans les compos et l'interprétation), mené par le jeune guitariste-chanteur Matt Campbell, qui enregistre également en solo. Leur nom leur aurait été suggéré par Lou Reed, et ils avaient sorti avant cet album un EP, Veracruz.
IL ne m'a pas fallu longtemps non plus pour comprendre qu'il y avait anguille sous roche. Certes, Strange love est en vente au format numérique sur Bandcamp. Certes, l'album a sa page sur le site de Fargo et Gonzaï en a même publié une non-chronique il y a trois ans, qui pointe bien ses aspects sudistes et pas très originaux, mais chez Fargo la date de parution est toujours fixée à "TBA" (A paraître) et le disque n'est pas en vente. Et j'ai eu beau cherché partout, je n'ai trouvé aucun exemplaire en vente du CD "officiel" de l'album. La conclusion est simple : bien que le groupe ait annoncé officiellement sur sa page Facebook le 31 août 2011 la sortie de l'album chez Fargo, avec détails à suivre qui ne sont jamais venus, et bien que Fargo ait diffusé ce CD promo, il est plus que probable que le label a décidé à un moment ou l'autre d'arrêter les frais et de ne pas commercialiser l'album. Comme visiblement il n'y a pas eu non plus de CD commercialisé aux Etats-Unis ou ailleurs, ce disque est d'emblée un collector. Merci Fargo !
Comme je le disais, je pense que le groupe n'existe plus. Son principal titre de gloire reste la reprise remarquée de I was cruel par Caitlin Rose sur son album The stand-in en 2013. Rose est visiblement une proche du groupe. Elle fait des choeurs sur Strange love, y compris sur I was cruel, et au moins deux musiciens de The Deep Vibration l'ont accompagnée sur scène. Il s'agit du guitariste Jeremy Fetzer et du steeler anglais Spencer Cullum Jr, qui ont fondé tous les deux le groupe instrumental Steelism, dont le premier album sort justement dans trois jours.



07 septembre 2014

PERE UBU : Carnival of souls & Cogs




Acquis par correspondance chez Fire Records en Angleterre en août 2014
Réf : FIRECD358 -- Edité par Fire en Angleterre en 2014
Support : CD 12 cm et 100 p. 23 cm
9  et 9 titres

J'ai acheté l'an dernier au moment de sa sortie l'album Lady from Shanghai de Pere Ubu.  Je n'en ai pas parlé ici car, sur le coup, je n'ai pas particulièrement apprécié ce disque. Je viens de le réécouter et, à froid, je commence à mieux l'aimer, mais il doit y avoir quelque chose dans la production ou le mixage qui me rend ce disque hermétique, distant. Même David Thomas quand il chante semble lointain, peu impliqué. Un comble !
Alors, nonobstant les hyperboles de Charlie Dontsurf, j'ai pris mes précautions cette fois-ci avant de commander Carnival of souls : contrairement à mon habitude, j'ai d'abord écouté les titres disponibles en ligne, et j'ai été suffisamment emballé pour investir.
Au bout du compte, ce nouvel album est sûrement mon préféré de Pere Ubu depuis Ray gun suitcase en 1995, soit il y a déjà presque vingt ans. Ceux qui sont restés bloqués sur Non-alignment pact seront ravis des quatre-vingts premières secondes du disque, qui en sont dans le droit fil. Évidemment, cette première partie s'arrête brutalement et la chanson, comme l'album dans son ensemble, partent dans plein d'autres directions. Pour l'heure, mes titres préférés sont Golden surf II, justement ce titre d'ouverture, Bus station, Road to Utah et Irene.
David Thomas a répété cette fois-ci une expérience débutée l'an dernier avec Lady from Shanghai : accompagner l'album par la publication d'un livre qui explique et éclaire sa création. Le procédé a un seul défaut : il n'y a plus du tout de livret dans les CD de Pere Ubu, juste des notes de pochette réduites au strict minimum.
Cette fois-ci, j'ai aussi acheté le livre, Cogs : The making of Carnival of souls et, si on comprend l'anglais, c'est un plaisir de le lire entre deux écoutes du disque. David Thomas a plein d'esprit et de culture. Il est le mieux placé pour expliquer son processus créatif, y compris par des slogans et des règles, et, ça c'est moins évident, il a aussi suffisamment de recul et même une bonne dose d'autodérision, pour expliquer le fonctionnement de Pere Ubu et ses propres rapports avec les musiciens, le public et les médias. En voilà ci-dessous un exemple. Les amis rémois anciens de Rock In Opposition et de Recommended France seront ravis de cette mention d'Henry Cow.



Je ne vais pas vous résumer le livre ou les dossiers de presse qui accompagnent le disque. Sachez juste qu'à la base de cet album, il y a la musique et les paroles créées par Pere Ubu en juillet 2013 pour accompagner une projection du film Carnival of souls de 1962 et une tournée européenne en novembre 2013 sans la bassiste et le joueur de synthés du groupe, ce qui a conduit le groupe à improviser une majeure partie de ses concerts.
J'ai découvert en lisant Cogs que Carnival of souls est en partie un album champenois ! En effet, Irene est issue d'une improvisation lors d'un concert à la maison à Troyes, chez Alexandre Horn, en prélude à la tournée de novembre 2013. Et surtout, alors que j'étais resté persuadé que c'était toujours John Thompson qui faisait toutes les pochettes de Pere Ubu, j'ai appris que, comme pour The Lady from Shanghai, si John Thompson s'occupe toujours de la typographie et de la mise en page, l'illustration principale est justement due à Alexandre Horn. Ce sont ses deux premières pochettes de disques physiques de Pere Ubu mais, en incluant les projets pour David Thomas et Rocket From The Tombs, il a déjà réalisé plus de vingt pochettes pour hearpen.com !
L'actualité de Pere Ubu cette semaine c'est non pas un concert en France, mais une nouvelle prestation en direct pour accompagner une projection de Carnival of souls, vendredi 12 novembre à Paris pour l'Etrange Festival. Ceux qui n'en seront pas peuvent pour se consoler en mettant un doigt, deux oreilles pour le disque et deux yeux pour le livre dans l'engrenage du manège des âmes de Pere Ubu.



06 septembre 2014

GLORIA JONES : Tainted love


Acquis je ne sais fichtre où mais sûrement dans la Marne à un moment quelconque entre 1985 et 2005
Réf : 2C 008-07.599 -- Edité par EMI en France en 1982
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Tainted love -/- Go now

L'effet recherché est assez réussi. Le dessin au trait avec son cadre hachuré, le fond pastel (bleu ici, jaune voire beaucoup plus rarement rose sinon), l'ovale qui indique "version originale" plutôt que "n° 1 en Angleterre". D'ici peu, je pense, je saurai si le J.C. Houdry qui est l'auteur de ce dessin est le Jean-Claude Houdry qui se trouve être un presque voisin de Reims....
Oui, c'est réussi. Sans même lire le titre Tainted love, on ne peut en voyant ce disque que penser à celui de Soft Cell, l'un des grands succès de l'année 1981. Succès tel que, en 1982, les gens d'EMI se sont réveillés et se sont rendus compte qu'ils avaient dans leur catalogue un enregistrement par Gloria Jones de ce tube.
Petit souci. Pour l'édition maxi correspondante, la mention sur la pochette est précise et exacte : "par Gloria Jones interprète de la version originale". Exact, mais ni sexy ni vendeur, et ça prend de la place sur la pochette d'un petit 45 tours. Va donc pour "version originale", sauf que du coup c'est faux : la version originale de Tainted love par Gloria Jones date de 1965, tandis que celle qu'on trouve ici est une deuxième version, de 1976.
Bon, il faut dire que c'est le genre de chanson qui a eu un parcours chaotique. Écrite pour Jones par son producteur Ed Cobb, la version originale n'est, en 1965, que la face B du 45 tours My bad boy's comin' home. Un titre assez obscur, donc, mais qui est redécouvert dans les années 1970 par le DJ anglais Richard Searling, qui en fait un titre phare de la Northern soul. D'où, sûrement, les deux premières reprises en 1975 par Ruth Swann et The Jezebelles.
Entre-temps, Gloria Jones a joué dans la version de Hair de Los Angeles, été embauché par Motown comme auteur-compositeur (usant au départ du pseudonyme LaVerne Ware) avant de faire des choeurs pour T. Rex, entre autres. C'est avec son compagnon Marc Bolan qu'elle a co-produit en 1976 son album solo Vixen., qui contient des compositions originales, mais aussi des reprises, dont une de Get it on. Plusieurs singles ont été tirés de cet album à l'époque en Angleterre, mais aucun ne contenait la seconde version de Tainted love enregistrée par Gloria Jones qui était sur l'album.
Malheureusement, outre Tainted love, Gloria Jones reste surtout réputée pour être la conductrice qui a eu un accident de voiture le 16 septembre 1977. Elle a été grièvement blessée et son passager Marc Bolan est mort.
Prise isolément, cette version de 1976 est tout à fait correcte, mais elle pâlit quand on la compare à la version de 1965, qui est visiblement celle qui a directement inspiré Soft Cell pour sa reprise (même si on imagine bien que les gars de Soft Cell étaient aussi fans de Bolan).
En face B, on trouve Go now, une reprise d'un titre de Bessie Banks produit par Leiber et Stoller en 1964, surtout renommé pour sa version par The Moody Blues la même année. C'est un slow, une ballade soul pas mauvaise du tout, mais c'est pas trop mon truc quand même. Elle a eu droit à une face A de single en 1977, d'où le passage télé ci-dessous, sûrement.
Il est à noter que, dès 1981, Vogue, qui distribuait en France le Tainted love de Soft Cell, avait réédité en 45 tours et maxi la vraie version originale de Tainted love. Sauf que, il y a là encore un hic : il s'agissait d'un "nouveau mixage U.S.", présenté comme ceci : "La présente version de 'Tainted Love' a été enregistrée dans les années 60 par Gloria Jones. Cette même chanteuse la réenregistra dans les années 70, produite par Marc Bolan, son mari et leader de T. Rex. Dix ans après le groupe anglais 'Soft Cell' en fait un numéro 1 mondial, c'est pourquoi les producteurs de la première version ont décidé, par une modification d'arrangement et un habile mixage, de vous donner la possibilité de la découvrir ou de la redécouvrir sous l'appellation 'New U.S. Remix'." Je n'ai pas trouvé ce remix à écouter en ligne, mais s'il s'agissait de faire sonner la version originale comme du Soft Cell, c'était sûrement casse-gueule !



31 août 2014

THE JAM : Going underground


Acquis chez A la Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en 1980
Réf : 2607 044 -- Edité par Polydor en France en 1980
Support : 2 x 45 tours 17 cm
Titres : Going underground -/- The dreams of children et Away from the numbers -- The modern world -/- Down in the tube station at midnight

Je n'ai acheté qu'un seul album de The Jam, All mod cons en 1979, dans l'édition anglaise importée par Polydor en France, sûrement après avoir été convaincu par les chroniques plutôt dithyrambiques de ce disque. Je n'ai pas regretté mon achat et je considère toujours cet album comme l'un des meilleurs du groupe, mais par la suite, je n'ai investi que dans deux de ses disques au moment de leur sortie, et c'est à chaque fois parce que j'ai été alléché par l'offre de deux 45 tours pour le prix d'un : le tardif Beat surrender et cet excellent Going underground.
Ce disque est sorti au printemps 1980, entre les albums Setting sons et Sound affects, sortis à un an d'écart, et donc entre les singles qui en étaient extraits, The Eton rifles et Start : ça qui montre combien le groupe était à la fois productif et au sommet de sa forme  à cette période.
Going underground est un disque important pour The Jam : c'est leur premier à avoir été classé n° 1 des ventes en Angleterre. Par la suite, jusqu'à l'annonce surprise de sa séparation en 1982,leur succès a été constant en croissant en Angleterre.
Contrairement à beaucoup d'autres titres de The Jam, il n'y a quasiment aucune touche sixties dans cette chanson. Au contraire, avec son énergie rentrée, ses saccades musicales, ses touches discrètes de synthé et même ses quelques coups de batterie tribale, ce titre est complètement de son temps et s'enchaînerait parfaitement avec d'autres tubes de l'année, comme Brass in pocket ou Message in a bottle. Côté paroles et chant, rien de rentré : Paul Weller crache ses mots pleins de rage et de venin, remonté contre l'arrivée des conservateurs au pouvoir et la guerre froide et la course aux armements qui battent leur plein : "You choose your leaders and place your trust as their lies wash you down and their promises rust. You'll see kidney machines replaced by rockets and guns and the public wants what the public gets, but I don't get what this society wants. I'm going underground.".
Les sixties, on les retrouve peut-être un peu plus en face B sur The dreams of children. En le réécoutant, je me disais que c'était quand même un très bon titre qui se trouvait relégué sur une obscure face B, mais c'était avant que je me renseigne et que je redécouvre que le groupe avait prévu initialement de le sortir comme face principale du single, avant qu'une confusion au moment du pressage ne pousse Going underground en face A, ce qui est quand même mieux à mon goût, mais le groupe a initialement poussé les deux titres et a même tourné deux vidéos à l'époque.
Ça ne peut pas être un hasard si on trouve sur le 45 tours bonus de cette édition limitée un titre enregistré en concert de chacun des trois premiers albums de The Jam, dans l'ordre de leur parution. Sur le pressage anglais, fabriqué en France, il y avait la précision sur le rond central, que l'enregistrement a été fait au Rainbow Theatre (à Londres),le 3 novembre 1979. L'information a bêtement disparu sur l'édition française. Le son, ou en tout cas le mixage, n'est pas génial, mais les interprétations sont excellentes, tout comme le choix des titres : Away from the numbers, This is the modern world et Down in the tube station at midnight (les deux derniers étant aussi des faces A de 45 tours dans leur version studio).

Les deux titres studio ont été repris sur plusieurs compilations de The Jam, à, commencer par Snap ! en 1983. Les trois titres live sont sur l'album Live Jam de 1993.




23 août 2014

CATCHERS : The shape of things to come


Offert par Philippe D. à Paris le 3 juillet 2014
Réf : I -- Edité par Catchers en Angleterre vers 2005
Support : CD 12 cm
Titres : The shape of things to come -- Macosquin coleraine -- Clocks and clones

Je continue d'explorer les disques offerts par Philippe le mois dernier. En général, je les écoute d'abord à la sourde, c'est à dire sans me renseigner au préalable sur le groupe et l'enregistrement (de toute façon, il n'y a quasiment aucune info sur la plupart de ces disques promo, qui sont généralement accompagnés d'un dossier de presse que je n'ai pas). Pour ce qui est de Catchers, il se trouve que je les connaissais car j'ai justement acheté l'an dernier leur très estimé premier album Mute, de 1994.
Je n'ai donc pas été surpris à l'écoute de ces chansons pop-rock, sophistiquées mais pas trop, mais j'ai surtout tendu l'oreille à l'écoute de la troisième, Clocks and clones, qui avait vraiment un petit quelque chose de particulièrement accrocheur.
J'ai donc voulu en savoir un peu plus après cette écoute, et j'ai déjà sorti l'insert glissé dans la pochette cartonnée du CD-R et appris que ce disque n'est pas une publication officielle du groupe, mais un recueil de démos de nouvelles chansons, toutes écrites et jouées par l'homme-orchestre du groupe, Dale Grundle, avec juste Alice Lemon aux choeurs sur deux titres.
L'histoire s'est un peu corsée quand j'ai cherché des infos en ligne sur ces chansons. Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre que Catchers n'avait jamais publié de versions officielles de ces trois chansons. Par contre, The Sleeping Years, le groupe suivant de Dale Grundle, les a bien toutes enregistrées, d'abord en 2007 sur deux des trois EP édités par le groupe pour se lancer (pour Macosquin, Coleraine et Clocks and clones), puis à nouveau en 2008 sur le premier - et unique à ce jour - album du groupe, We're becoming islands one by one.
Me voilà donc l'heureux possesseur de versions primitives et inédites de ces chansons de The Sleeping Years, mais attribuées ici à Catchers ! C'est donc un disque qui porte bien son titre principal, Voilà ce qui s'annonce...
Comment cela s'explique-t-il ? Assez facilement, en fait, et Dale Grundle l'a fait dans plusieurs entretiens en français pour Dark Globe, Attica et Pop News. En fait, la séparation de Catchers a été très longue. Le groupe est passé progressivement de cinq membres à deux, puis un, jusqu'à ce que Dale Grundle se retrouve à jouer de nouvelles chansons avec de nouveaux musiciens et décide finalement de tirer pour de bon un trait sur l'expérience Catchers. Ces démos ont été enregistrées dans la phase intermédiaire où il composait de nouvelles chansons sans avoir encore décidé d'arrêter Catchers (mais on note quand même que l'adresse donnée au dos du disque est déjà @sleepingyears.com...
En tout cas, voici un bel objet, à l'emballage très soigné, qui se double d'une curiosité et rareté intéressante dans le parcours de Dale Grundle. Super !
Je vous mets ci-dessous en écoute la version album de Clocks and clones, qui par son rythme et son énergie se rapproche plus de la version démo que celle du EP.





16 août 2014

LAMBCHOP : Whitey



Acquis par correspondance probablement chez Insound aux Etats-Unis vers 2001
Réf : MRG 126 -- Edité par Merge aux Etats-Unis en 1996
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Whitey -/- Playboy, the shit

J'ai fait une ou deux commandes chez Insound au début du siècle pour acheter quelques 45 tours à un prix tout à fait correct, avec des frais de port raisonnables. Dans le lot, il devait y avoir deux Will Oldham, dont Little boy blue, un ou deux Calexico du tout début et deux Lambchop, Soaky in the pooper et ce Whitey.
Dans ses notes de pochette pour la compilation Tools in the dryer, Jonathan Marx nous explique que ce disque a été enregistré en 1996, entre les albums How I quit smoking et Thriller, et qu'il est sorti simultanément avec un autre 45 tours, que je n'ai pas, Cigaretiquette. Les deux pochettes reflètent ce rapport : des posters pliés en quatre avec des portraits des membres du groupe et les huit lettres de son nom réparties sur les différents volets. Aucun des titres n'a été repris sur un album.
Dès l'intro instrumentale de Whitey, c'est gagné. Tapis de guitare steel et de saxophone, acrostiche de guitare acoustique, un rythme et une mélodie prenants... Sans compter les paroles, dès les deux premiers vers ("Like a scowling Father Dowling between the job site and the crapper"), poétiques au point qu'on peut les apprécier pleinement sans en saisir complètement le sens. Jonathan Marx toujours précise que le Whitey du titre est Whitey Ford, le Duke of Paducah, pas le joueur de base ball. C'était un artiste country comique, joueur de banjo, animateur de radio et membre du Grand Ole Opry. Kurt Wagner cite sa phrase fétiche de fin de spectacle, "I'm goin' back to the wagon, boys. These shoes are killin' me !". Deanna Varagona chante quelques vers de cette chanson et fait aussi des choeurs à la fin de la face B, Playboy, the shit (quel titre !), et c'est parfaitement dosé. Cette face B ressemble à un exercice très réussi de lenteur, quelque chose dont Lambchop semble avoir le secret.
Le groupe maîtrise ici parfaitement son art et réussit à être complètement original avec des ingrédients on ne peut plus courants. Cette période est peut-être bien ma préférée de la production de Lambchop, mais ces deux titres sont peut-être un peu méconnus du fait qu'ils ne sont sortis initialement qu'aux Etats-Unis. Heureusement, Whitey a été repris sur Tools in the dryer et sur toutes les éditions de The decline of the country and western civilization. Par contre, Playboy, the shit n'est que sur l'édition européenne de cette dernière, chez City Slang. Cest donc celle que je vous conseille.





14 août 2014

LES CALAMITES : A bride abattue


Acquis chez New Rose à Paris vers 1984
Réf : NEW 26 -- Edité par New Rose en France en 1984
Support : 33 tours 30 cm
9 titres

C'est avec ce disque, leur premier, que j'ai connu Les Calamités, n'ayant pas eu l'occasion d'écouter l'année précédente la compilation Snapshots, où elles apparaissaient avec le titre carte de visite Je suis une calamité.
Ce titre et le nom du groupe indiquent bien que Les Calamités ne se prenait pas excessivement au sérieux. Ca explique en partie pourquoi ce groupe, qui faisait pourtant à fond dans le rétro  sixties,  était éminemment sympathique : influence des beat groups, certes, mais avec suffisamment de distance et d'humour pour que ça ne soit pas béat ni bêta !
A bride abattue a beau tourner en 33 tours et compter neuf titres, on le classera dans la catégorie bâtarde des mini-albums, par sa durée (une petite vingtaine de minutes) et surtout parce que le label New Rose en avait décidé ainsi en lui attribuant une référence "New", alors que les albums avaient droit à "Rose". Le prix était du coup inférieur à celui d'un album, et c'était encore moins cher dans la boutique New Rose : ça a dû achever de me convaincre d'acheter le disque !
Il y a ici quatre titres en français et cinq en anglais. On considérera ces derniers, y compris l'original Behind your sunglasses, comme des "faces B", des enregistrements sympathiques, reflétant le goût et les influences du groupe (Les Troggs, The Who...), mais les titres de ce disque qu'on a envie d'écouter et de réécouter en s'éclatant, ce sont bel et bien les compositions en français. L'excellent Toutes les nuits, également sorti en 45 tours, ou les infortunes d'avoir un fiancé somnambule. Le supermarché, le point névralgique de la vie sociale dans une ville de province. Nicolas, qui ne peut pas lâcher un instant son amoureuse (qui se trouve être sa guitare). Et le tout aussi excellent Malhabile, le titre parle de lui-même, avec son chorus de guitare et ses choeurs. Les influences sont les mêmes (sixties, garage, punk), et à l'écoute de ce dernier titre j'ai chaque fois l'impression d'entendre Biff, Bang, Pow ! avec Christine au chant.
Un disque qui ne respire que la bonne humeur, donc, et qui ne suscite chez moi qu'un regret, celui de ne pas avoir eu l'occasion d'assister à un concert des Calamités.

Le site Calamiteux n'est plus en ligne, mais on peut encore le consulter grâce à la Machine à remonter le temps. La compilation des Calamités C'est complet éditée par Last Call n'est malheureusement pas disponible actuellement.



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