03 décembre 2017

LES AMIS DES ONDES : A la recherche du temps... des biguines


Acquis chez Récup' R à Dizy le 25 novembre 2017
Réf : CELINI 108 -- Edité par Aux Ondes/Disques Célini en France en 1970
Support : 33 tours 30 cm
10 titres

J'ai fait un petit tour à la Ressourcerie la semaine dernière. Dans un premier temps, j'ai cru qu'il n'y avait eu aucun arrivage récent de disques, puis en fouillant un peu, j'ai trouvé un bel exemplaire du Vacances-party de Georges Jouvin, et puis un album de Duffo, le premier Herman Brood and his Wild Romance... Finalement, je suis reparti avec six 33 tours, la plus belle pièce étant celui-ci, un exemplaire acquis par "Lisiane" à Fort de France en juillet-août 1976.
Quand je pense que, la veille encore, je participais à une rencontre avec l'écrivain guadeloupéen Daniel Maximin, au cours de laquelle il a insisté sur l'importance de la musique dans son écriture. Je lui avais expliqué que je voyageais souvent aux Antilles, par la musique, grâce aux disques que j'achète autour d’Épernay. A ce moment-là, je n'espérais pas ajouter un disque à ma collection dans les heures qui allaient suivre !
Le recto de la pochette fait peur, pourtant. Quand j'ai vu le haut du disque et de la photo, je m'attendais à un disque folklorique typique, genre du sud de la France continentale. Et puis, j'ai vu le mot "biguines" en bas de la pochette, et j'ai tout de suite su que ce disque allait m'intéresser. Et j'en ai été certain quand j'ai retourné la pochette et que j'ai vu que c'était un disque Célini/Aux Ondes.
Ce 33 tours est un album au sens propre, en ce sens qu'il a une pochette ouvrante, avec un feuillet supplémentaire. On y voit les musiciens en studio le 1er novembre 1969, dont Robert Mavounzy, qui m'avait déjà beaucoup plu il y a quelques temps sur le 45 tours Adieu foulard adieu madras. Là, il retrouve un autre grand saxophoniste, Émilien Antile, ainsi que Tony Faisans à la basse Fender et Philippe Dambury (pour les noms que j'arrive à déchiffrer). Et l'invitée d'honneur de ce disque, dont le but était de mettre à l'honneur la biguine d'antan, est la chanteuse, qui n'est autre que Madame Lise Mavounzy, la maman de Robert.
J'étais bien content de mon achat, mais je l'ai été encore plus dès les premières notes de Tête cantée sur le côté, qui donnent  bien le ton de tout le disque : c'est rythmé, dansant, hip pop optimiste et excellent de bout en bout. La preuve sur la suite de la face avec Ban moin on lisine, Roulé la bodé et Moune dino.
Quand les titres s'allongent en fin de face, avec Mayé quand minme et le sommet du disque, En ké ba ou ça, ça donne la possibilité aux musiciens de s'en donner à cœur joie dans des parties instrumentales.
Le rythme ne faiblit pas en face B, avec Licifé, Belzébithe, Mac Mahon, Boboyotte en moin, Téléphonez la femme au galop, qui démarre avec le son d'une sirène, et Diab'la prend yo.
Toutes les chansons sont créditées comme du "Folklore", mais je m'étonne un peu car les seules références qu'on trouve aux titres de ces chansons mènent à ce disque. Soit ces chansons sont vraiment traditionnelles, mais elles sont peu référencées et enregistrées par ailleurs, soit la plupart ont des paroles au moins en partie originales.
A propos de ces paroles et de Madame Mavounzy, c'est paradoxalement dans un livre en anglais publié en 2000 aux Presses de l'Université de Chicago (Awakening spaces : French Caribbean popular songs, music and culture, de Brenda F. Berrian) que j'ai trouvé le plus d'informations.
Page 153, on apprend d'abord que Madame Mavounzy a été reine de la Fête des cuisinières. C'est grâce à ça que j'ai compris que les photos en couleurs de la pochette ont été prises pendant la parade de cette fête.
Ensuite, et surtout, on découvre que les paroles des chansons de ce disque sont truffées d'allusions sexuelles, qui sont mieux acceptées venant d'une dame âgée et donc respectable ! Ainsi, il serait question de femme adultère dans Téléphonez la femme au galop, d'une femme qui couche avec trois hommes différents dans Licifé, Belzébithe et Mac Mahon, d'une femme enceinte indifférente à sa grossesse dans Roulé la bodé et d'une femme qui apprécie les rencontres sexuelles dans En ké ba ou ça où, sans rougir, Mme Mavounzy décrit quatre positions différentes et chante sur le refrain "Je vais t'en donner jusqu'à t'épuiser, je vais t'en donner, jusqu'à ce que tu supplies pour en avoir plus" !

Cet album, ainsi que l'album de 1972 Musique folklorique d'Al Lirvat et Robert Mavounzy, a été réédité en double CD dans la collection Nostalgie Caraïbes, mais cette édition semble actuellement indisponible.



02 décembre 2017

NANCY HOLLOWAY : T'en vas pas comme ça


Acquis sur le vide-grenier de la rue de la Chaude Ruelle à Épernay le 11 novembre 2014
Réf : 70.917 -- Édité par Decca en France en 1964 -- Offert par Phildar
Support : 45 tours 17 cm
Titres : T'en vas pas comme ça (Don't make me over) -/- Tu n'es pas venu (Whirlpool)

Certains laissent parfois entendre que tous les 45 tours deux titres (en opposition aux EP quatre titres) de la première partie des années 1960 sont destinés aux juke-box. On en avait déjà parlé à propos de Satisfaction : il y avait bien des versions deux titres qui sortaient dans le commerce en parallèle des EP. La pochette n'était pas en quadrichromie, elle n'était pas pelliculée et, avec les deux titres en moins, ça faisait un disque vendu moins cher dans le commerce.
Ce 45 tours-ci de Nancy Holloway est sorti quelques mois après l'édition originale en EP. Mon exemplaire porte une étiquette dorée qui indique qu'il a été "Offert par Phildar", probablement à l'occasion d'une opération de promotion, locale ou nationale. Le petit plus avec cette édition c'est que la photo utilisée n'est pas la même que pour le EP :


La pochette du EP 4 titres, sûrement plus facile à trouver que le 45 tours simple.

De nombreux artistes américains se sont établis en France dans les années 1960. Certains sont repartis après quelques années, d'autres sont restés, comme Memphis Slim ou Mickey Baker. Nancy Holloway vit toujours par chez nous.
On trouve sur ce disque deux adaptations en français de succès américains, avec un orchestre dirigé par quelqu'un que je ne connaissais pas, Jean Leccia, qui se trouve avoir fait le chemin inverse de Nancy Holloway puisque ce français a fait par la suite carrière aux États-Unis, vivant pendant longtemps à Las Vegas.
T'en vas pas comme ça est une version de Don't make me over, le tube énorme de Dionne Warwick. Je ne suis pas particulièrement fan du style un peu grandiloquent de Bacharach et David, mais j'admets bien volontiers que cette chanson est parfaitement réussie et d'une grande efficacité. L'interprétation de Nancy Holloway, avec sa pointe d'accent, et l'arrangement musical sont de très bonne tenue.
Mais je préfère la face B, une reprise de Whirlpool, un 45 tours de Wanda Jackson de 1962. Au moment de rédiger ces lignes, je viens de tomber sur une chronique de l'an dernier de Kevin du 77 pour Requiem pour un twister et il y dit exactement ce que je pense. Certes, la chanson originale est très bien, mais Tu n'es pas venu est une chanson enthousiasmante, avec son rythme chaloupé et ses chœurs, l'accompagnement de guitare, et surtout les solos enchaînés d'orgue et de guitare.
La même année que Nancy Holloway, une certaine Peggy a également enregistré Tu n'es pas venu, dans une version moins forte, au chant qui penche un peu vers Françoise Hardy.
Sylvie Vartan  a aussi interprété Whirlpool, mais en anglais, dans une version plus teintée Rhythm and Blues. L'enregistrement date de 1965, mais il n'est apparemment sorti qu'en 2010, sur un 45 tours avec Ne t'en vas pas en face B (rien à voir avec Don't make me over). Ce qui me rappelle qu'il y a quelque chose de singulier à voir l'association des deux titres de mon 45 tours de Nancy Holloway : le gars, s'il n'est pas venu, il ne risque pas de s'en aller comme ça !

27 novembre 2017

NEW ORDER : The perfect kiss


Acquis neuf je ne sais plus où dans la deuxième moitié des années 1980
Réf : Fac 123 -- Édité par Factory en Angleterre en 1985
Support : 45 tours 30 cm
Titres : The perfect kiss -/- The kiss of death -- Perfect pit

En novembre 1985, j'ai passé trois semaines en Grande-Bretagne, qui ont été bien occupées : séances en studio avec Biff, Bang, Pow !, séjour à Glasgow, concerts à Aberdeen et Croydon avec Primal Scream et Meat Whiplash, concerts à Manchester et Leeds avec The Jesus and Mary Chain et Felt...!
Au milieu de tout ce maelstrom, il y a eu des périodes de calme, notamment à un moment où l'ami Alan était absent de Londres. Du coup, j'ai repris la bonne vieille habitude de mon année londonienne 1983-1984 et, le 23 novembre 1985, j'ai passé mon après-midi au Scala Club Cinema, près de King's Cross. Trois films de Woody Allen étaient au programme pour un prix d'entrée inférieur à celui pour un film en centre-ville, Manhattan, Annie Hall et Play it again, Sam. Comme si ça ne suffisait pas, à un moment, au lieu du Woody Allen suivant, on a vu démarré quelque chose d'autre, et j'ai assez vite compris qu'il s'agissait d'une vidéo de New Order (réalisée par Jonathan Demme, avec Henri Alekan comme directeur de la photographie). Le son de cette vidéo, je l'ai appris plus tard, n'est pas comme d'habitude celui du disque, mais celui de la captation de la performance du groupe (même si des "pains" ont été corrigés par la suite).
J'ai dû acheter l'album Low-life dans les semaines qui ont suivi sa sortie, je connaissais donc Perfect kiss, mais c'est après avoir vu cette vidéo que j'ai vraiment pleinement apprécié cette chanson. Par contre, ce n'est que plus tard, et sûrement pas au prix fort, que j'ai acheté ce maxi sorti en même temps que l'album. Comme c'était la première fois que la face A d'un single de New Order était aussi sur un album, j'ai dû en profiter pour dépenser mon maigre budget autrement.
C'est bien entendu Peter Saville qui s'est chargé de la pochette. Un peu comme pour le 45 tours de Ceremony, on a une pochette unie avec des indications en relief. Comme l'habitude en avait été prise, le nom du groupe n’apparaît pas (mais hors Angleterre, les maisons de disque ne se gênaient pas pour ajouter un autocollant) et, pour ajouter au "mystère", seul le mot central du titre est au recto. Pour moi, c'est un des exemples qui montrent que toutes les pochettes de Saville ne sont pas mémorables.
La chanson, elle, l'est, heureusement. Pour cette version maxi de Perfect kiss, le groupe ne s'est pas contenté de remettre la version de l'album. Celle-ci, à plus de 8 minutes, dure presque deux fois plus longtemps, et la chanson y gagne, ce qui est loin d'être toujours le cas pour les "versions longues".
La première partie est une (bonne) chanson de New Order, avec des ingrédients qui me plaisent comme le séquenceur, les rythmes et les remarquables riffs de basse de Peter Hook. Mais, dans la partie instrumentale de la deuxième moitié, ça décolle vraiment et, si on arrive à commander à ses oreilles de faire abstraction du synthé un peu trop en avant et peu intéressant, on peut atteindre une transe dansante, qui vaut presque celle induite par l'écoute du maxi Blue Monday.
Sur la face B, Kiss of death est une version "dub" largement instrumentale de The perfect kiss et, miracle, les synthés sont moins présents dans la deuxième moitié. Quant à Perfect pit, c'est un court extrait, instrumental également, de ce qui semble être une version plus "brute" de la chanson, peut-être avec le jeu de batterie de Stephen Morris "au naturel", avant qu'il soit échantillonné et réintroduit dans le morceau.  Car, c'est l'une des choses que l'on découvre en regardant la vidéo ou des versions en concert : si Peter Hook et Bernard Sumner jouent à un moment des percussions, Stephen Morris, lui, déclenche des rythmes mais ne semble pas jouer directement de sa batterie.


New Order, The perfect kiss, la fameuse vidéo réalisée par Jonathan Demme.


New Order, The perfect kiss, en concert à l'International Centre de Toronto le 4 août 1985.
Je ne parlerai pas de la coupe de cheveux de Peter Hoook, mais Bernard Sumner est ridicule avec son short et ses chaussettes dans des mocassins vernis.


New Order, The perfect kiss, en concert à Louvain en 1985.



26 novembre 2017

MANU CHAO : Politik kills


Acquis le 29 janvier 2015 chez Emmaüs à Reims
Réf : BECAUSE 0216 -- Édité par Radio Bemba / Because en France en 2008 -- Promotional use only. Not for sale.
Support : CD 12 cm
Titres : Politik kills x 10

J'ai trouvé ce CD promo de Manu Chao, dans sa petite pochette cartonnée, un jour où j'avais fait de bonnes pioches chez Emmaüs à Reims, dont le 45 tours de Michel Colombier.
Je suis le parcours de Manu Chao depuis Mano Negra, et il y a plein de choses que j'apprécie énormément dans sa production. En solo, il a trouvé un ton et un son qui lui sont propres, à tel point que, dans ses collaborations (avec Idir, Noir Désir, Amadou et Mariam ou Calypso Rose par exemple), on reconnaît immédiatement sa patte. Le revers de la médaille, c'est qu'il se tient à cette formule musicale, et à tout l'univers qu'il a créé autour, au point parfois de donner l'impression de se répéter. Une impression renforcée, on va le voir, par l'habitude de remettre son ouvrage sur le métier et de faire évoluer certaines chansons sur plusieurs années.
Politik kills est pris de l'album La radiolina, paru en 2007. Avec son rythme tranquille, ses cuivres hispanisants, son chant et ses chœurs sereins, c'est une réussite. Les paroles, dénonciatrices, sont ici en anglais, mais facilement compréhensibles car dans une langue volontairement et habilement malmenée, comme Manu Chao sait le faire aussi avec l'espagnol et le français.
Quand cette chanson est sortie en 2007, elle avait déjà une longue histoire, y compris sur disque, car on en trouve des ébauches sur deux parutions précédentes.
La première c'est sur l'album Automatik kalamity d'Anouk, paru en 2017. Je connaissais Anouk sans la connaître, car elle est créditée au chant sur les albums de Mano Negra, sous son prénom ou son célèbre pseudonyme de Madame Oscar (sachant que, dans Mano Negra, Manu Chao était Oscar Tremor). Sur son album, qui comporte plusieurs échantillons de disques reggae, Manu Chao est crédité à la guitare, la voix et la basse. Sur la chanson Politik, qui est une autre chanson que celle-ci, on entend en même temps qu'Anouk chante l'échantillon d'un chanteur de reggae, ainsi que Manu Chao qui chante en chœur "Politik kills". Après deux minutes, il intervient plus longuement pour chanter "Politik use drugs, politik use bombs, politik use torpedoes, politik use blood, why my friend it's an evidence, politik is violence", c'est à dire un bon bout des paroles de Politik kills.
Idem en 2002, quand Mr. Bobby, une autre chanson de Manu Chao à l'histoire bien compliquée, a été éditée en single. En face B, la version Mr. Bobby (Politik kills) propose dans sa dernière minute, vous l'avez deviné, une autre version embryonnaire de la chanson.
On retrouve sur mon CD hors commerce la version de l'album, accompagnée de cinq remixes différents et des versions instrumentales de quatre de ces remixes. Notons que les disques commercialisés en France, aux États-Unis ou au Mexique ne comptaient que six ou sept titres. Deux versions ici présentes n'ont a priori pas été distribuées (le Rude Barriobeat instrumental et le David B. instrumental), tandis que le dub de Dennis Bovell n'est sorti que sur maxi américain.
Le clou du disque, c'est la version due à Dennis "Blackbeard" Bovell, qui a fait appel pour l'occasion à son vieux complice Linton Kwesi Johnson. Sur ce Denis Bovell remix, j'apprécie comment, de façon simple et subtile, LKJ choisit d'émousser le côté un peu slogan des paroles en chantant "Some politics kill" plutôt que simplement "Politik kills".
Le Prince Fatty remix, dû bien sûr à Prince Fatty, est lui aussi très reggae et excellent, tout comme sa version instrumentale.
Arrivé au Chris Blackwell & Paul "Groucho" remix, je dois bien dire que je commence à fatiguer, d'autant que cette version, tout à fait honnête, est proche de la version de l'album, avec des angles un peu plus arrondis peut-être.
Après ça, le style ragga du Rude Barriobeat remix m'aurait sûrement plu pris de façon isolée, mais là c'est déjà l'indigestion. Et quand arrive la version techno du David B. remix, là je rends mon tablier, même si au bout du compte j'ai passé un bon moment avec ce disque.




Manu Chao, Politik kills, en direct dans l'émission One Shot Not sur Arte, avec en invité un Linton Kwesi Johnson malheureusement sous-employé.


Manu Chao, Politik kills, en direct dans l'émission Tarata en 2009, avec en invités Tiken Jah Fakoly et Amazigh Kateb.


Manu Chao, Politik kills / Rainin' in paradize, en direct dà la télévision, dans une version acoustique.

19 novembre 2017

FOREST FIRE : Survival


Offert par Philippe D. à Paris le 3 juillet 2014
Réf : [CA TAL047] -- Édité par Talitres en France en 2009 -- For promotional use only, not for resale
Support : CD 12 cm
9 titres

Hier, je cherchais quel disque j'allais bien pouvoir chroniquer aujourd'hui. J'ai donc jeté un coup d’œil à la (petite) pile de CD mise de côté dans cette éventualité et l'un de ces disques, collé à un autre par une étiquette de prix, est tombé derrière le meuble. Je me suis contorsionné pour le récupérer et, quand j'ai vu la pochette, ça ne me rappelait rien du tout !
Il s'avère que c'est l'un des très nombreux disques offerts par Philippe D. il y a trois ans. Je l'ai écouté une fois et il m'a suffisamment plu et intrigué pour que je le mette de côté.
C'est un album court (9 titres en moins de 27 minutes), et en le réécoutant hier je l'ai à nouveau fortement apprécié et ça a confirmé mes bonnes impressions de la première écoute.
Forest Fire fait partie de ces groupes qui ont bénéficié du développement d'Internet pour se faire connaître. Ils ont enregistré leur album de façon complètement indépendante, l'ont mis en ligne et ont vendu quelques CD gravés. Repérés par quelques passionnés (La Blogothèque, notamment, en a fait son album de l'année 2008), ils ont ensuite pu éditer l'album plus largement chez eux aux États-Unis, mais aussi en Angleterre et même en France chez l'excellent label bordelais Talitres.
J'ai été accroché dès les premières notes d'I make windows. Pas grand chose de vraiment nouveau là-dedans, on est dans une sorte de folk-rock-Américana qu'on connaît et qu'on aime bien, mais c'est dynamique et accrocheur et ça donne bien la tonalité de l'album, confirmée par le titre suivant, Fortune teller, pas sorti en single mais pour lequel une vidéo a été tournée.
A force d'être courtes, certaines chansons donnent l'impression d'être coupées ou pas finies, comme Through my gloves, qui sonne un peu Calexico et Promise, qui démarre comme du blues joué à la façon du Velvet Underground, mais qui s'interrompt brusquement après 1'42 plutôt que de s'étaler sur dix minutes.
Et ça continue comme ça jusqu'au bout, avec notamment un enchaînement final de trois titres imparables.
Une belle découverte, donc, à l'image de The Shaky Hands, un autre groupe découvert grâce aux disques de Philippe, qui compte un musicien (Nathan Delffs) en commun avec Forest Fire.
Le groupe a sorti deux autres albums, Staring at the X en 2011 et Screens en 2013, mais je pense qu'il est maintenant séparé.

L'album est toujours disponible chez Talitres, en téléchargement et même en CD à moins de 5 €.






La vidéo de Fortune teller, suivie de deux versions très différentes l'une de l'autre, de 2010 et 2008.

18 novembre 2017

FRANKIE VALLI : Can't take my eyes off you


Acquis chez Hervé L. à Épernay le 24 juillet 2017
Réf : B304.139F -- Édité par Philips en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Can't take my eyes off you -/- My funny valentine

Chez Hervé L. l'été dernier, je n'ai pas acheté que des disques des îles de l'Océan Indien (Marie-Josée et Roger Clency, Michou) ou d'Afrique (Goguin Hounzinmé). Non, comme ses goûts, sa collection était très variée et j'ai ramené des 45 tours français ou étrangers de toutes époques, dont celui-ci, l'édition originale française de Can't take my eyes off you de Frankie Valli.
Cette chanson est devenue un classique et elle a été reprise des centaines de fois mais, très bizarrement, je n'ai quasiment jamais eu l'occasion d'écouter cette version originale, qui a connu un très gros succès dès sa sortie aux États-Unis.
C'est par des reprises que j'ai connu cette chanson, à commencer par celle, version disco, de Boys Town Gang en 1982. J'ai vu le 45 tours des milliers de fois dans les bacs des vide-greniers (sans jamais l'acheter) et, si jamais j'ai vu le groupe à la télé à l'époque, heureusement que je l'ai oublié car il y a de quoi être dégoûté à jamais de cette excellente chanson :



D'un autre côté, jusqu'à aujourd'hui j'ignorais jusqu'à l'existence d'Une poussière dans le cœur, la version française par Line Renaud, dont les paroles n'ont rien à voir avec l'original !
Pour moi, il y a eu surtout ensuite le medley des Pet Shop Boys avec Where the streets have no name de U2, mais c'est notamment parce que je n'ai aucune compilation avec cette chanson (contrairement à trois succès des Four Seasons qu'on trouve sur la BO de The wanderers) que j'ai passé autant de temps sans connaître la version de Frankie Valli.
Can't take my eyes off you est donc une chanson terriblement efficace, avec une construction un peu particulière il me semble. Elle s'ouvre sur deux couplets, sur un tempo plutôt lent, avec déjà une première mélodie et des paroles qui restent en tête ("You're just too good to be true, can't take my eyes off of you"), puis il y a un court passage instrumental qui fait monter le tempo et la pression, avant que le refrain n'explose, un moment que Frankie Valli signale d'un geste du bras quand il interprète la chanson. Et ce refrain et ses paroles sont aussi très mémorables ("I love you baby and if it's quite alright, I need you baby to warm a lonely night"). Du grand art, signé Bob Gaudio et Bob Crewe, à qui on doit, parmi beaucoup d'autres, Walk like a man.
En face B, My funny valentine est un autre classique, de la chanson jazz, mais là c'est une reprise que fait Frankie Valli. Cette chanson, pour le coup, c'est par la version d'Elvis Costello que je l'aie connue, avec la face B d'Oliver's army reprise en 1980 sur la compilation américaine Taking liberties. La version Valli est plutôt enlevée et très réussie.
Les deux faces de ce 45 tours figurent sur Solo, le premier album de Frankie Valli sans les Four Seasons. Mais le groupe n'était pas loin car le titre de l'album était préfacé par la mention "The 4 Seasons present" et, sur la pochette, le groupe le portait sur un plateau. Un peu bizarre.
Aujourd'hui, à 83 ans, Frankie Valli se produit encore régulièrement en concert.



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