14 juillet 2024

NEW ORDER : Bizarre love triangle


Acquis d'occasion dans la Marne dans les années 2000
Réf : 90 286 -- Édité par Factory / Virgin en France en 1986 -- Échantillon gratuit - Interdit à la vente
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Bizarre love triangle -/- Bizarre love triangle [Bizarre dub triangle]

En 1986, je suivais de très près les productions de New Order, mais je n'ai pas acheté tous leurs disques parus dans cette année bien pleine pour eux.
J'ai acheté le pressage français du maxi hors album Shellshock paru en mars, qui était bien rempli et pas cher; je n'ai pas eu besoin d'acheter l'album Brotherhood et le single hors album State of the nation parce que, si mes souvenirs sont bons, l'ami Jeff Barrett qui faisait la promo de Factory à cette époque me les a offerts; j'ai acheté le maxi de la Peel session de 1982 paru comme les deux précédents en septembre; mais pas contre j'ai fait l'impasse en novembre sur Bizarre love triangle, pour la seule raison que, même si le single était remixé, j'avais déjà le titre sur Brotherhood.
J'aurais pu avoir des regrets, mais l'année suivante j'ai acheté la compilation Substance et ainsi je suis entré en possession de la version maxi de Bizarre love triangle. Ce n'est que des décennies plus tard que, pour compléter ma collection, j'ai fini par acheter ce 45 tours, qui était pas cher, chez Emmaüs près de chez moi je pense.

Peter Saville est un grand de la pochette de disque. Pour autant, je ne dirais pas que toutes ses réalisations sont des chefs d’œuvre. Je trouve notamment que ses productions pour New Order en 1986 sont très décevantes. C'est une série de pochettes très abstraites et, si Shellshock et Brotherhood passent encore à peu près pour moi, je trouve que State of the nation et Bizarre love triangle, très proches l'une de l'autre, sont sans aucun intérêt. C'est pour cela que, dans ce cas précis, je ne ferai surtout pas le reproche au label français d'avoir trahi l'intention de Saville en ajoutant le nom du groupe et le titre au recto.
Assez bizarrement, je note que l'illustration de cette pochette française est différente de celle du 45 tours anglais (qui est beaucoup plus rouge-orange). Il semble plutôt que la pochette française est un recadrage sur la partie jaune de la pochette du maxi anglais. Il y en haut à gauche de cet exemplaire du commerce un tampon sec qui indique que c'est un échantillon promo interdit à la vente. Le communiqué de presse qui l'accompagnait devait ressembler à ça, un niveau lamentable qu'on retrouvait régulièrement dans ce qu'on recevait à l'époque à Radio Primitive.

Bizarre love triangle est l'un des nombreux excellents classiques de New Order.
D'abord, le titre est excellent. Apparemment, c'est un article de journal qui l'a inspiré aux membres du groupe. De même que le nom du groupe et le titre apparaissent rarement sur les pochettes du groupe, le titre est rarement repris dans leurs paroles. C'est le cas ici, mais pour autant les paroles de Bizarre love triangle sont une autre réussite. Ce qui est étonnant avec cette chanson, c'est que, quand je la chantonne, le refrain me revient en tête, comme souvent ("Every time I see you falling I get down on my knees and pray, I'm waiting for that final moment you'll say the words that I can't say"), mais aussi de nombreux vers des couplets, ce qui est moins courant : "It's no problem of mine but it's a problem I find living a life that I can't leave behind", "There's no sense in telling me the wisdom of a fool won't set you free", "I feel fine and I feel good, I'm feeling like I never should", "Why can't we be ourselves like we were yesterday", "I'm not sure what this could mean, I don't think you're what you seem", "I do admit to myself that if I hurt someone else then I'll never see just what we're meant to be",... C'est impressionnant. Les paroles n'ont rien d'exceptionnel et ne brillent pas par leur sens, mais elles sont particulièrement efficaces et donc réussies.
Et puis il y a la musique, qu'on pourrait qualifier de rock and roll électronique.
Je crois que la meilleure version de Bizarre love triangle est peut-être tout simplement la première, celle de l'album Brotherhood. Électronique notamment avec sa rythmique synthétique et son séquenceur au son grave, plus tous les petits synthés autour. Et rock and roll parce que Peter Hook est à la basse, et Peter Hook est toujours rock and roll, et il y aussi la guitare électrique brouillonne de Bernard Sumner vers la fin. Et même la boite à rythmes éclate bien la tête.
Cette version aurait pu sortir telle quelle en single, mais il a été décidé de faire appel à Shep Pettibone pour le remixer. On va considérer que la version de base est la version du maxi. Je trouve que l'exercice est réussi. Après la longue intro très rythmique, on retrouve l'essentiel de la chanson, sans que ses qualités soient perdues. La version de mon 45 tours, excellente et sans aucun déchet, est une version réduite de la version maxi. Idem pour la face B, qui est une version raccourcie de l'instrumental Bizarre dub triangle du maxi. Je préfère les versions chantées.
En 1988, un remix différent, par Stephen Hague, est sorti sur la bande originale du film Veuve mais pas trop (Married to the mob) de Jonathan Demme, qui avait réalisé la vidéo de The perfect kiss. C'est apparemment ce remix qui a servi de modèle à la version Bizarre love triangle '94 publiée sur la compilation (The best of) New Order.
Sauf erreur de ma part, il reste une seule autre version studio officielle, sortie en 1995 sur (The rest of] New Order. Celle-là, le Armand van Helden mix, vous pouvez tout à fait vous en dispenser. Moi-même, je n'ai pas tenu les neuf minutes de ce truc techno où, pour le coup, il ne reste plus de la chanson originale que le "Every time I see you falling".

Le single Bizarre love triangle n'a pas été particulièrement un grand succès pour New Order. Mais la chanson est rapidement devenue un classique, grâce notamment aux reprises. Les premiers à s'y coller, ce furent Devine & Statton en 1989 sur leur album Prince of Wales. Leur version est très dépouillée, juste la voix d'Alison Statton et une guitare acoustique. Clairement, leur arrangement a dû inspirer la version de Frente! en 1994 sur Marvin the album. Sortie en single et mieux distribuée, c'est sûrement la reprise de cette chanson qui a eu le plus de succès. Parmi de nombreuses autres versions, notons, toujours dans le même moule, que Bizarre love triangle a été passé à la moulinette Nouvelle Vague, dans une version à deux voix.




New Order dans l'émission Rockline des Enfants du rock en 1987, avec deux titres interprétés de Brotherhood interprétés en répétition, Paradise et Bizarre love triangle10').


New Order, Bizarre love triangle, en concert en 1987 avec un chanteur particulièrement excité.


06 juillet 2024

BLOOD, SWEAT AND TEARS : Spinning wheel


Acquis chez Damien R. à Avenay Val d'Or le 29 avril 2024
Réf : 4220 -- Édité par CBS en Allemagne en 1968
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Spinning wheel -/- More and more

L'ami Damien m'a fait signe pour me signaler qu'il allait bientôt se débarrasser du reliquat du lot de 45 tours dans lequel j'avais bien pioché l'an dernier et que je pouvais si je le souhaitais l'explorer à nouveau avant la date fatidique. C'est tellement la dèche cette année question trouvailles que je n'allais pas laisser passer ça, et mine de rien je suis reparti avec une trentaine de disques à prix encore plus d'ami que l'autre fois.

Celui-ci, j'allais le passer sans m'y intéresser du tout. La pochette est mochtingue, toute en couleurs lavasses (en 1968 !), et Blood, Sweat and Tears c'est un nom que je connais mais un groupe auquel je ne me suis jamais intéressé. Mais Damien m'a arrêté et m'a suggéré de regarder à l'intérieur. Et effectivement, le disque lui-même est superbe, très psychédélique pour le coup, un très bel objet :



Suite à cette découverte, j'ai pris le disque sans aucune hésitation. Il y a juste une chose qui ne laisse pas de m'étonner depuis : j'ai vérifié dix fois, tourné et retourné la pochette dans tous les sens, il n'y a absolument rien qui indique que le disque qu'il contient est en vinyl coloré. Même pas la trace d'un autocollant. C'est très surprenant d'investir dans la fabrication d'un vinyl aussi particulier et de ne pas l'utiliser comme un argument de vente dans les rayons des disquaires.

J'ai écouté le disque sans rien connaître du groupe ni de ces deux chansons.
Spinning wheel, dans un premier temps, m'a paru plutôt pas mal. Il y a une côté rhythm and blues assez prononcé. Ça se gâte complètement à la marque des deux minutes, avec une partie instrumentale jazz de 40 secondes, dans le style de jazz que j'ai du mal à supporter. La dernière minute est aussi un peu jazz, par à-coups avec flûte et cuivres, mais ça c'est plutôt sympa. Le titre se termine avec quelqu'un qui dit "That wasn't too good" et les autres qui rigolent à côté.
Au fur et à mesure que je préparais ma chronique, j'ai senti qu'il y avait anguille sous roche. Notamment quand j'ai remarqué que, sur la première vidéo ci-dessous, la chanson durait 2'35 mais avait l'air d'être complète. Sur mon disque, la durée est de 4'06.
J'ai fini par comprendre qu'il y a eu deux versions de la chanson. Celle publiée sur le deuxième album Blood, Sweat and Tears en 1968, qui dure 4'06 et qui est celle sur mon disque. Et la version de Spinning wheel publiée en single en 1969, qui dure 2'39. L'enregistrement original de l'album a été retravaillé, réduit de plus d'un tiers en durée, et notamment la partie instrumentale jazz a été virée pour être remplacée par un solo de guitare électrique de 10 secondes !!
Et quand je parlais de l'investissement du label pour ce 45 tours, je ne croyais pas si bien dire. J'ai remarqué que, sur la photo du disque que j'ai repiquée de chez Discogs pour ma chronique, la durée indiquée pour Spinning wheel est de 2'39. Sur le mien, la durée sur la rondelle est bien imprimée à 4'06. Les deux pochettes et les références catalogue sont identiques. Cela signifie qu'il y a eu deux pressages de ce disque multicolore. L'un, le mien, peut-être par erreur, avec les versions album, et l'autre avec les versions single.

J'ai utilisé le pluriel pour la phrase précédente car ce qui est valable pour la face A l'est aussi pour la face B. Sur mon disque, on trouve la version album de More and more, pas la version single. Mais cette fois la différence est moindre : juste une quinzaine de secondes coupées dans la partie instrumentale au milieu.
Notons que cette chanson est une reprise, assez réussie d'une chanson de 1967 de Little Milton.

Une formation de Blood, Sweat and Tears tourne encore de nos jours. Cela doit faire très longtemps qu'elle ne comprend plus aucun membre fondateur. De toute façon, il y a peu de chance que j'aie l'occasion de m'intéresser à nouveau à eux, mais je suis bien content d'avoir ce très beau disque.


Blood, Sweat and Tears, Spinning wheel, dans sa version single.


Blood, Sweat and Tears, en concert au festival de Woodstock le 18 août 1969, où ils étaient l'une des têtes d'affiche. Le premier titre est More and more. Le dernier filmé est Spinning wheel, à 12'45. A ce moment là, le caméraman filmait en cachette car le manager du groupe avait refusé les conditions financières pour participer au film et interdit le tournage.

29 juin 2024

BRENTON WOOD : Brenton Wood


Acquis au Repaire du Racoon à Épernay le 25 mai 2024
Réf : LPO 32541 -- Édité par Disc'AZ en France en 1968
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

J'allais faire un tour au centre-ville d’Épernay et je me disais que l'époque où je pouvais espérer y faire quelques achats de disques est bien révolue, surtout depuis la fermeture fin 2019 de Royer Disques où j'ai eu l'occasion de faire quelques bonnes affaires.
Révolue ? Pas tout à fait, puisque j'ai repensé à cette boutique de jeux où j'avais trouvé l'an dernier Smoke on the water. La boutique a changé de nom depuis, mais ils avaient toujours un peu de disques (une étagère de CD, deux caisses de 33 tours et une de 45 tours), mais ça sentait la fin du rayon puisque les prix étaient bradés et en plus il y avait un disque gratuit pour un acheté.
Moi ça m'allait très bien, puisque j'avais à peine commencé à regarder les 45 tours que je mettais la main sur l'EP Reach out I'll be there des Four Tops. Pas en super état, mais à 25 centimes je n'allais pas me plaindre, surtout que je n'ai jamais eu ce disque. Et surtout que je mettais la main quelques secondes plus tard sur un disque que je recherche depuis que j'ai découvert Les Maxel's, La grosse poupée par
Jacques Bracmort !!
Au final, je suis reparti avec ces deux 45 tours, un CD de Happy Mondays et quelques maxis et albums, soit, et de loin, ma meilleure séance de chine depuis le début de l'année !

Dans le lot, il y avait ce disque de Brenton Wood, une édition française de 1968. La pochette a bien morflé, le disque aussi un peu mais il est très épais pour l'époque (genre les pressages 180 grammes actuels, mais là on doit bien être à 200) et passe encore très bien.

Son heure de gloire n'a pas duré très très longtemps, mais Wood a eu trois tubes de suite en 1967 et, cette même année, le label en a encaissé les dividendes en sortant coup sur coup ses deux premiers albums, Oogum boogum et Baby you got it.
Deux albums comme ça, ça faisait beaucoup pour un jeune artiste à peine lancé, alors, dans la plusieurs pays européens, les maisons de disques se sont contentées de sortir fin 1967/début 1968 un seul disque compilant des titres des deux albums américains.
C'est ce qu'a fait Disc'AZ en France avec ce disque, qui contient 4 titres du premier album et 8 du second. Seul petit regret, la sélection nous prive de la version Brenton Wood de Psychotic reaction, une reprise qui n'existe que parce que Count Five était signé sur le même label, Double Shot, et il fallait rentabiliser le répertoire !

L'album est globalement excellent de bout en bout. Je pourrais le qualifier de rhythm and blues ligne claire, avec la voix légère et assez haute de Brenton Wood, dans la lignée d'un Curtis Mayfield, une
alternance de tempos moyens et lents avec une production assez dépouillée, où l'orgue est souvent présent. Sur certains, c'est le groupe Kent and The Candidates du batteur Kent Sprague qui accompagne le chanteur. Notons que le seul titre de cette sélection qui n'est pas écrit ou co-écrit par Alfred Smith, alias Brenton Wood, est le Trouble de Kent and the Candidates.

J'ai déjà eu l'occasion de chroniquer il y a presque 15 ans Gimme little sign, chanson que je trouve toujours excellente. C'est, de peu, ma préférée de cet album, où on retrouve aussi l'excellente face B I think you've got your fools mixed up.
Dans les tubes, j'aime aussi énormément Baby you got it et The oogum boogum song et des chansons comme Give it up, Catch you on the rebound, Goodnight baby ou Trouble sont d'une trempe équivalente.

Enfin une première vraie belle trouvaille de chine en cette année 2024, donc, mais je ne risque pas de renouveler l'expérience au même endroit : le Repaire du Racoon ferme définitivement ses portes aujourd'hui.

Quant à Brenton Wood, qui est né en 1941, il s'était lancé cette année dans une tournée d'adieu, Catch You On The Rebound, mais malheureusement sa santé était trop fragile et elle a été interrompue lorsqu'il a dû être hospitalisé.







22 juin 2024

PAPOOSE : Le grand cirque




Acquis d'occasion dans la Marne dans les années 2000
Offert par Claire B. à Châlons-en-Champagne le 1er mai 2024
Réf : 6011 046 -- Édité par Mercury en France en 1972
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Le grand cirque (Hey ho) -/- Petit pois

Ma sœur Claire conserve la bonne habitude de m'offrir des 45 tours qu'elle achète pas cher "au feeling" en ressourcerie ou en brocante. Parfois, elle tombe très bien, comme avec le Jack Scott, parfois elle tombe à côté avec des disques qui m'intéressent peu. Parfois, elle tombe tout simplement bien, la meilleure preuve étant que j'ai déjà le disque chez moi.
C'est ce qui s'est passé avec ce 45 tours de Papoose. Je savais que je l'avais déjà, alors je l'ai rangé au grenier dans une boite de disques à donner aux copains ou à échanger. Mon erreur, ce fut de ne pas respecter ma procédure habituelle : normalement dans ce cas de figure, je sors le premier disque de mes étagères, je compare les deux exemplaires et je conserve celui en meilleur état. Ce n'est d'ailleurs pas toujours facile de décider, entre l'état de la pochette et celui du disque, la présence ou non d'une languette ou d'écritures...
Là, dans les semaines qui ont suivi, je suis retombé sur mon premier exemplaire et je me suis dit, sans faire le lien avec le récent doublon, que sa pochette était vraiment dans un sale état. Puis, en rangeant un autre double au grenier, je me suis dit que ce disque de Papoose était vraiment en bon état pour un disque que j'avais écarté. Au bout de deux ou trois aller-retour comme ça, j'ai fini par additionner deux et deux et j'ai pris un pour le comparer à l'autre et sélectionner le "meilleur" des deux.
C'est là que j'ai enfin découvert que, certes, les deux pochettes sont sur fond jaune et utilisent des typographies identiques, mais les photos qui les illustrent sont différentes !
La première pochette que j'avais, celle avec le groupe aux cheveux colorés et aux visages maquillés, c'est quelque chose ! Certes, on est en 1972 en pleine vague glam, mais j'ai dû vérifier par deux fois car je croyais que le maquillage des yeux du gars en bas à droite avait été fait au stylo par un précédent propriétaire.
L'autre photo est bien plus (ou trop) sage, presque digne de Creedence Clearwater Revival. Selon France Heavy Rock, celle-ce serait chronologiquement la première pochette. La décision d'imprimer une nouvelle pochette aurait été prise suite à un changement de formation du groupe, Philippe Cauvin ayant succédé à Jérôme B. Sedeyn.

Marche arrière toute, donc, je garde les deux exemplaires du disque et j'en profite pour le chroniquer.

La discographie de Papoose compte un album et cinq 45 tours sortis entre 1971 et 1973, ce qui n'est pas mal du tout. Il n'y a pas des centaines de groupes français de l'époque qui ont été aussi productifs.
Le groupe est classé en "glam", et la pochette au maquillage et aux cheveux colorés est parfaitement dans ce ton, mais Le grand cirque, qui est apparemment leur plus grand succès, ne s'inscrit pas dans ce style musical.
Avec la ribambelle de noms à consonance italienne qui signent la chanson, on n'est pas surpris de découvrir qu'il s'agit d'une reprise, de Jungles's mandolino (La mandoline de la jungle), l'unique 45 tours de Jungle's Men (la face B étant une version de cette chanson par la fanfare folklorique Complesso Caratteristico "La Racchia"). On trouve assez souvent ce disque italien, qui a été sorti par chez nous par Vogue. La bonne preuve : je l'ai dans ma collection.
Musicalement, la reprise de Papoose est relativement fidèle à la version originale, mais avec un côté "tribal" moins prononcé. Il faut dire que, côté paroles, je pense que Boris Bergman s'est complètement affranchi du texte italien pour nous raconter son histoire de post-apocalypse nucléaire.

En face B, Petit pois est un instrumental signé Bernard Dupré, le guitariste-chanteur du groupe. Contrairement à Le grand cirque, ce titre n'a pas été inclus dans l'album de Papoose, Les amants outangs "Moi Tarzan et toi Jane".

A la suite de la séparation du groupe en 1975, ses anciens membres ont eu des parcours musicaux très variés, des musiques de traverses au hard rock en passant par la variété ! La première fois que j'ai vu mentionné le nom de Philippe Cauvin, c'était en 1982 sur la compilation Douze pour un des amis rémois d'A l'Automne Alité. A ce moment-là, il avait déjà fait partie d'Uppsala, dont le nom était un hommage à Samla Mammas Manna. Quant au batteur Jean-Emile Hanela, il a été membre fondateur d'un petit groupe qui a pas mal marché, Trust.


Pour l'édition du 45 tours en Turquie, le label 1 Numara a pris le titre de la chanson au pied de la lettre !

15 juin 2024

THE UNDERTONES : The love parade


Acquis au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres vers 1984
Réf : 12 ARDS 11 -- Édité par Ardeck en Angleterre en 1982
Support : 45 tours 30 cm
Titres : The love parade -/- Like that -- You're welcome -- Crisis of mine -- Family entertainment

En 1982, ce n'était pas encore si courant d'éditer un single à la fois en 45 tours et en maxi. C'est ce qui est arrivé pour ce disque des Undertones, que j'ai trouvé en bon état, bien qu'il ait une pochette en carton fin, d'occasion et pour pas cher (60 pence) dans le magasin que je fréquentais plusieurs fois par semaine pendant l'année scolaire que j'ai passée à Londres. Je crois que c'était peu de temps après mon acquisition de l'album qui m'a vraiment fait découvrir le groupe et qui m'a emballé, Positive touch.

Ce disque est sorti à l'automne 1982. Il a dû être enregistré au début des sessions de l'album The sin of pride, le dernier avant la séparation du groupe original, qui est arrivé au printemps 1983.

Après Positive touch en 1981, le groupe n'a plus travaillé avec le producteur Roger Bechirian. Début 1982, ils ont sorti un excellent 45 tours hors album, Beautiful friend, produit par David Balfe et Hugh Jones, qui avaient notamment travaillé sur le premier album d'Echo and the Bunnymen. Là, ils ont fait appel à Mike Hedges, réputé à l'époque pour ses productions de The Cure ou Siouxsie and the Banshees. Le problème du groupe était tout simple : depuis My perfect cousin et Wednesday week en 1980, leurs disques se vendaient de moins en moins.

The sin of pride est considéré comme l'album "soul" du groupe. En tout cas, l'influence de Motown est revendiquée puisque, sur les douze titres, il y a deux reprises du catalogue du label de Detroit, Save me, sorti à l'origine par The Miracles en 1966, et Got to have you back (Isley Brothers, 1967), qui ouvre l'album et qui est même sorti en single (ce qui en dit sûrement assez long sur la confiance que le label avait dans le groupe à ce moment-là de son parcours). L'influence de ce son était dans l'air à l'époque, après Get happy !! d'Elvis Costello, Searching for the young soul rebels de Dexys Midnight Runners, et surtout Paul Weller, qui venait de boucler The Jam avec l'ultime album The gift et s'apprêtait à fonder The Style Council.

Avec The love parade, on est dans cette veine et on s'éloigne des perles pop de deux minutes qui étaient la spécialité du groupe. La plupart des éléments étaient déjà en place dans une démo enregistrée un peu plus tôt en 1982. La version enregistrée le 8 novembre 1982 pour une Peel session sonne plus "live", mais est très proche également.
La construction de la chanson est relativement complexe, avec un break marqué vers le milieu. L'orgue de Damian O'Neill y est en bonne place. C'est à mon sens l'instrument phare de l'album.
Il y a un gros travail sur les voix. Outre le chant principal impeccable de Feargal Sharkey, il y a trois sortes de chœurs par le groupe et The Chanter Sisters des "Ouh ouh ouh ouh love" sur le refrain, des phrases en "What's the point" sur les couplets et des "Love love love" pendant le break. Sur le pont, c'est même le bassiste Michael Bradley qui chante.
Cette version maxi est un peu plus longue que la version du 45 tours et de l'album, mais la différence est très légère : 15 secondes d'intro à l'orgue en plus et 45 secondes à la fin avec les chœurs.

La face B, Like that, est excellente. Elle est plus proche dans l'esprit de Positive touch. Elle n'est pas été retenue pour The sin of pride alors qu'il y a sur l'album des chansons que je trouve plus faibles.

Le bonus pour ce maxi, ce sont trois chansons qui sont présentées comme "live". Il y en a deux de Positive touch, You're welcome et Crisis of mine, et une du premier album, Family entertainment. Il n'y a aucune précision sur la date et le lieu d'enregistrement, mais c'était peut-être au Japon : les chansons sont reliées par des montages sonores qui y font penser.

Ce maxi a eu droit pour le Record Store Day 2022 à une réédition pour ses 40 ans, avec la même pochette mais en vinyl vert. Mais le contenu n'est pas identique : il y a les deux faces du petit 45 tours (pas la version maxi de Love parade, donc) et deux démos, de Love parade et d'un autre titre de l'album, Soul seven, qui prennent la place des trois titres live.

Au cours de la tournée qui a suivi la sortie de The sin of pride, Feargal Sharkey a annoncé sa décision de quitter The Undertones, qui s'est séparé mi-1983. Le groupe s'est reformé en 1999 avec un nouveau chanteur. Certes, Sharkey n'écrivait aucune chanson, mais The Undertones sans lui, c'est comme Ultravox! sans John Foxx ou The Stranglers sans Hugh Cornwell, ça n'a aucun sens.




The Undertones, The love parade, en direct dans l'émission Oxford Road Show le 28 janvier 1983.

08 juin 2024

COCO BRIAVAL QUARTET : Coco Briaval Quartet


Acquis par correspondance via Ebay en mai 2024
Réf : 658 089 -- Édité par Polydor en France en 1967
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

C'est Philippe R. qui m'a aiguillé vers un reportage de fin 2023 de l'INA qui a retrouvé la trace des frères Briaval qui avaient fait l'objet d'un reportage de l'ORTF en 1967.
A l'époque, les trois frères (Henri/Coco, guitariste soliste, René, guitariste rythmique, et Gilbert, batteur), accompagnés par le contrebassiste Diego, impressionnaient par leur fougue et leur talent.
Pour le reportage de 2023 il y a l'émotion en plus, ne serait-ce que parce que les frères sont toujours là, qu'ils jouent toujours de la musique et qu'ils ont eu pendant toutes ces années un parcours remarquable.


Le reportage original de Central Variétés pour l'ORTF diffusé le 30 juillet 1967 (C'est l'information donnée sur la page YouTube par l'INA, mais l'INA elle-même se contredit par ailleurs sur la date du reportage initial...).


Le reportage des retrouvailles de l'INA en 2023.

Pour marquer le coup, j'ai décidé de me procurer un de leurs disques. Je n'ai pas trouvé d'exemplaire en vente pas trop cher de leur premier album, Les Briaval (Philips, 1966), ni des 45 tours qu'ils ont ensuite sorti chez Ducretet-Thomson (Entrée libre et Amusez-vous), alors je me suis rabattu sur cet album sorti probablement fin 1967 chez Polydor, et ça tombe bien parce que c'était pile au moment du reportage de l'ORTF.

La pochette est réussie. Si quelqu'un reconnaît le bâtiment très particulier sur le perron duquel ils sont assis, ça m'intéresse.

L'album compte douze pistes instrumentales. La moitié sont des reprises de succès du moment, ce qui ne surprend pas à l'époque. L'autre moitié, et ça c'est plus remarquable pour un groupe si jeune, sont des compositions originales de Coco Briaval.
Le tout est dans le style jazz manouche, avec une rythmique jazzy, donc, une guitare solo qui, dans un premier temps, joue la mélodie principale (dans ces passages, on n'est pas si loin de Santo & Johnny), avant, à un moment ou un autre même si les titres sont courts, un passage de "tricotage" à la guitare où Coco fait preuve de sa virtuosité.

Parmi les reprises, mes préférés sont celles que je connaissais et appréciais déjà, Des ronds dans l'eau (que je connais dans la version Françoise Hardy), What now my love / Et maintenant de Gilbert Bécaud et Love is blue / L'amour est bleu. Comme quoi Jeff Beck n'est pas le seul guitariste à s'être amouraché de cette bluette !
Les compositions originales sont largement au niveau des reprises et, dans le lot, ma préférée est Easy going four.

Dans le reportage des retrouvailles, les frères mentionnent le tour international qu'a pris leur parcours musical. Cela avait déjà commencé en 1967, puisque cet album a été édité en Angleterre sous le titre Lazy night in Paris, avec une pochette toute moche pour le coup !

La belle histoire n'est pas terminée et les frères Briaval, avec certains de leurs enfants, se répartissent actuellement dans deux formations, le Groupe Coco Briaval et René et Alexandre Briaval Père et Fils.

A écouter :
Coco Briaval Quartet : Easy going four
Coco Briaval Quartet : Des ronds dans l'eau