22 novembre 2009

PATSY CLINE & DR. HERMAN : Saw-blade # 6



Acquis par correspondance chez Glitterhouse en Allemagne en novembre 2009
Réf : TRAGEDY EIGHTY SIX (MT-248) -- Edité par Musical Tragedies en Allemagne en 1994
Support : 45 tours 17 cm
Titres : PATSY CLINE : Honky tonk merry go round -/- DR. HERMAN + LES JEUNES HOMMES DU VACHE : Kiss

Je cherchais quelques disques pour boucler une commande chez Glitterhouse et, en regardant leurs offres spéciales, je suis tombé une fois de plus sur ce 45 tours split de Patsy Cline et Dr. Herman soldé à 1 €. Ça fait bien un an qu'il traîne là dans ce bac à soldes virtuel mais cette fois-ci je me suis décidé à le mettre dans mon panier, peut-être parce que j'ai noté que le 45 tours en question avait une forme découpée.
Cette série de 45 tours en forme de scie circulaire du label Musical Tragedies existe depuis 1992. Plus de trente titres ont été publiés et le choix d'artistes est des plus éclectiques, des groupes actuels associés à des vieilles gloires, des gens bruyants et des crooners, ça fait un panorama intéressant. Citons Mudhoney et Gas Huffer, sur le premier disque, mais aussi Lee Ranaldo, Cher, Suicide, Philip Boa, D.O.A., Frank Zappa, Die Toten Hosen, Captain Sensible, etc.
A l'origine, ces disques étaient découpés avec une machine spéciale dans une usine de pressage. Quand celle-ci a fait faillite, Musical Tragedies a été jusqu'à racheter la machine pour presser ses disques, au risque de doigts presque coupés et de pouces bleuis par les pinçons. Cette machine est désormais au rencard et le label utilise désormais un procédé jalousement gardé secret pour produire ses scies musicales un peu spéciales.
Ce disque-ci, les responsables du label l'appellent la scie country. Honky tonk merry go round date de la toute première session d'enregistrement de Patsy Cline le 1er juin 1955, même si le titre n'a été édité qu'en 1957 sur le EP Songs by Patsy Cline, après que Cline ait enfin trouvé le succès avec Walking after midnight.
Dans l'esprit honky tonk, la chanson est enlevée, avec une basse bien marquée et le violon et la steel guitar qui se répondent. Le chant de Cline est énergique, un peu comme celui de son amie June Carter.
Dr. Herman se fait aussi appeler, entre autres, Herman Herrmann. Il a joué avec les groupes Britta, Die Regierung et Die Lassie Singers et a aussi fait pas mal de production. Ceci est l'un de ses rares enregistrements en solo, sorti alors qu'il était membre des Lassie Singers. Le groupe qui l'accompagne est bizarrement nommé Les Jeunes Hommes du Vache. Je ne sais pas où ils ont été cherché ça : c'est peut-être lié au pseudo de l'un des musiciens, Delford "Tin Tin" LaVache, mais en tout cas, ça me fait penser à l'acronyme des australiens de C.O.W. (Country Or Western), qui faisaient aussi dans la country décalée.
Comme je l'avais espéré en voyant le titre de la chanson, Kiss est bel et bien une reprise du classique de Prince, dans un style country acoustique. C'est sympathique, pas aussi radical et très différent de la version d'Age of Chance, mais ça prouve une fois de plus qu'une bonne chanson résiste à tous les traitements musicaux.
L'édition "normale de ce disque", tirée à 500 exemplaires, est en vinyl jaune, mais il y en a eu 100 de plus pressés par erreur en noir. Visiblement, Glitterhouse a récupéré une partie du stock "défectueux" car mon exemplaire est en noir...

21 novembre 2009

AIMABLE : Main dans la main


Acquis chez Maman Dodu à Louze le 21 novembre 2009
Réf : [sans] -- [Extrait du double 33 tours 28 tubes, référence 404524, édité par Vogue en France en 1980]
Support : 1 fichier MP3
Titre : Main dans la main

Une fois de plus, ça m'apprendra à tergiverser. Mais bon, autant pour Bo Diddley, dont je savais qu'il était âgé et malade, j'ai pu regretter de n'avoir pas chroniqué un de ses disques avant sa mort, autant pour Jacno je n'ai pas trop à avoir de regrets car je ne m'attendais pas à ce que sa mort survienne aussi peu de temps - relativement - après sa naissance.
Quand même, ça m'énerve car ces deux ou trois dernières années, j'ai sorti plusieurs fois son premier disque, celui avec Rectangle, dans sa superbe édition originale en maxi 45 tours sur disques Dorian, pas la réédition chez Celluloid en 33 tours avec un titre en plus, avec l'idée d'en parler ici. Je ne l'ai finalement pas fait, et toujours pas non plus la semaine dernière, malgré mes hésitations, notamment car je n'aime pas trop faire dans la nécrologie. Ce sera sûrement pour plus tard.
Pour ce qui concerne Aimable, je croyais y avoir fait allusion quand j'ai chroniqué son EP de reprises de Françoise Hardy, mais apparemment non : vers 86-87 j'avais emprunté à ma mère un de ses albums pour en extraire une version de Could you be loved de Bob Marley, que j'avais programmée dans Rock Comptines, au grand dam de Phil Sex il me semble me souvenir.
Ce disque, je suis retombé dessus aujourd'hui en fouinant chez ma maman et j'ai été surpris de redécouvrir que, outre celle de Marley, il ne contient que des reprises (28 tubes, c'est son titre !), avec une sélection très éclectique des succès de l'année 1980, de Bécassine c'est ma cousine à Food (for thought) de UB 40 en passant par La salsa de Lavilliers et T'es OK, t'es bath, t'es in.
Mais ce qui a attiré mon attention, vu les tristes circonstances, c'est la présence en fin de face C d'une version du premier 45 tours d'Elli et Jacno, Main dans la main, dont j'avais complètement oublié l'existence.
Grâce à une mini-chaîne, de piètre qualité, certes, mais pratique car elle comporte un tourne-disques mais aussi une prise USB et une fonction d'enregistrement direct sur support numérique, j'ai pu en un tournemain enregistré ce morceau, le voici :

Qui sait, si Jacno n'avait pas produit Amoureux solitaires de Lio (une excellente chanson signée Elli et Jacno), qui est devenu un énorme succès, peut-être que c'est Main dans la main qui se serait bien vendu à sa place. Après tout, après le succès de Rectangle, Jacno avait la cote et il a utilisé sa recette d'une new wave minimaliste et géométrique pour les deux chansons.
Oui mais voilà, Amoureux solitaires a été enregistré d'abord, en juin 1980, juste avant Main dans la main (juillet à septembre) et Lio avait aussi une énorme cote après l'énorme succès du Banana split. Lio a donc touché à nouveau le gros lot, tandis que le premier disque d'Elli et Jacno ne se vendait que très parcimonieusement. En fait, Elli et Jacno n'auront jamais de grand succès ensemble et Elli devra attendre son premier disque solo pour avoir finalement droit à son tube, Toi mon toit.
Si Aimable a sélectionné Main dans la main pour l'insérer dans son album, ce n'est donc pas à cause de sa popularité, c'est parce qu'Aimable était signé chez Vogue, tout comme Elli et Jacno. Les deux versions ont d'ailleurs été enregistrées au même endroit, les studios Sidney Bechet de Vogue à Villetaneuse.
Chose assez rare pour ce genre de disque, les musiciens ayant participé à l'enregistrement de l'album d'Aimable sont en photo sur la pochette intérieure du double album. Je n'ai relevé qu'un seul nom de ma connaissance, celui de Léo Petit à la basse.
A près de vingt ans d'écart, il y a quand même une certaine logique à voir Aimable reprendre Tous les garçons et les filles de Françoise Hardy puis Elli et Jacno. Après tout, les paroles de Françoise Hardy contiennent aussi l'expression "Main dans la main" et ce n'est sans doute pas un hasard car en 1980 il était impossible de lire un article sur Elli et Jacno sans voir mentionner leur admiration pour le travail de Françoise Hardy, qui au bout du compte signera les paroles de Tant de baisers perdus, le premier 45 tours solo de Jacno.
Quant à la version d'Aimable, elle substitue certes de l'accordéon à une partie des synthés, et elle est un peu plus "dansante", mais elle n'est pas très éloignée de l'instrumental de la version originale. Tiens, elle aurait fait un bon générique pour Platine 45 !

15 novembre 2009

BRENTON WOOD : Gimme little sign


Acquis sur le vide-grenier de la rue de la Chaude Ruelle à Epernay le 11 novembre 2009
Réf : AZ 10 340 SG 8 -- Edité par Disc AZ en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Gimme little sign -/- I think you've got your fools mixed up

Le vide-grenier de la rue de la Chaude Ruelle à Epernay est généralement une date importante : il est grand et sympa et il marque la fin de la saison : pour le reste de l'automne et pour l'hiver, il n'y a plus ensuite que des rendez-vous de taille réduite avant tout fréquentés par des professionnels.
Cette année, il ne pleuvait pas, c'est déjà ça. J'ai eu l'impression d'y faire de moins bonnes affaires que d'habitude, mais au bout du compte, je suis rentré avec six 45 tours, principalement années 60, avec de grands noms du rock (Jimi Hendrix, les Doors et le MC5, avec des disques en mauvais état pour ces deux derniers, quand même) et puis surtout, il y eu ce 45 tours de Brenton Wood, le dernier trouvé ce jour-là et de loin le plus intéressant.
Brenton Wood, ce nom m'était absolument inconnu. Je trouve que la maquette de la pochette ne fait pas trop rhythm and blues, mais je me suis quand même arrêté sur ce disque car le titre, Gimme little sign, avec sa faute d'orthographe (Il manque l'article "a"), me disait quelque chose. J'étais sûr d'en connaître une version par Lambchop, dans la lignée de leurs reprises soul de Frederic Knight (I've been lonely for so long) ou de Curtis Mayfield (Give me your love).
J'étais persuadé que cette reprise par Lambchop était sur l'un de leurs disques. J'ai vérifié vite fait, mais non. Et sur internet, aucun résulat dans les discographies, mais une trace qui prouvait que j'avais inclus ce titre dans une de mes playlists en 2002 ! En fait, il est probable que Lambchop a repris cette chanson assez rarement sur scène, mais ils l'ont fait au Belcourt Theater de Memphis le 27 mars 2000, très probablement avec James McNew de Yo La Tengo au chant, si j'en crois cette interview. J'avais dû récupérer un MP3 extrait de ce concert et le trouver assez bon pour le mettre dans l'une de mes compilations mensuelles.
Celui-ci est le premier des 45 tours de Brenton Wood édités en France. C'est aussi son plus gros succès aux Etats-Unis (n° 9 au hit-parade), l'autre étant The oogum boogum song. Les hits se sont malheureusement arrêtés assez vite pour Brenton Wood. Il n'enregistre plus, mais chante encore ponctuellement.
Gimme little sign est une excellente chanson. Elle vous prend tout de suite à la gorge, avec ses deux voix qui ouvrent le titre, sans introduction musicale. La batterie est sèche et énergique, la basse est souple, les cuivres sont discrets mais bien présents, le refrain est accrocheur, le chant est parfait et il y a même un solo réussi, de synthétiseur ou au minimum d'orgue trafiqué (On est en 1967 et les synthés étaient rares). Tout ça en 2'14. Cool.
La face B, You got your fools mixed up, n'est pas mal non plus. Elle est plus lente, mais cette fois une guitare au son cristallin est bien mise en valeur.
Voilà une très bonne façon de boucler la saison des vide-greniers, et si vous voyez d'autres 45 tours de Brenton Wood pas chers et en bon état, n'hésitez pas à me faire un petit signe !

Une version de Gimme little sign en direct à la télé américaine pour l'émission Playboy after dark.
On peut aussi écouter la version du 45 tours ou regarder une autre version en direct à la télé, en Angleterre pour Top of the Pops en 1968.

14 novembre 2009

JACQUES HIGELIN : Pars


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne vers le début des années 2000
Réf : JBPAT 600.219 -- Edité par Pathé en France en 1978 -- Tirage limité - Vente interdite au public - Réservé aux exploitants des juke-boxes
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Pars -/- Denise

Le principe de ce blog c'est que je chronique des disques qui m'appartiennent, en espérant les conserver une fois qu'ils sont chroniqués. Mais en plus de trente ans d'acquisitions de disques, il y en a un certain nombre, très minoritaire certes, que j'ai eus mais que je n'ai plus. Soit que je les ai perdus, donnés, prêtés et pas récupérés. Il y en a même quelques-uns que j'ai été assez bête pour revendre, comme le Physical world EP de The Sound ou l'édition chez Wessex de The odd man out des Teenage Filmstars.
J'avais envisagé à un moment de créer une rubrique spéciale pour parler de ceux de ces disques "disparus" que je regrette, mais j'ai renoncé car j'ai bien assez de matière avec ceux qui me restent ou que j'acquiers au fil du temps. En tout cas, parmi ces disparus, j'aurais fait figurer l'album No man's land de Jacques Higelin, dont ce 45 tours est extrait.
LienHigelin, c'est à part Ange le seul français que je retrouvais presque systématiquement dans les collections de disques des voisins et copains de lycée un peu plus âgés vers 1976-1977. Il était alors peu question des disques de la période Areski-Fontaine, mais les trois albums BBH 75, Irradié et Alertez les bébés étaient présents un peu partout (Et on se repassait le mot : "Oui, regarde, là, au dos de la pochette d'Irradié, c'est bien Louis Bertignac de Téléphone").
Higelin a été important pour moi vers 1978. J'ai écouté les disques des copains, bien sûr. J'ai vu sa prestation dans l'émission Chorus d'Antoine de Caunes. J'ai acheté No man's land à peu près au moment de sa sortie, ce qui est loin d'être anodin car c'est la seule fois que c'est arrivé pour moi pour un album d'Higelin, mais surtout, à 15 ans je n'avais pas les moyens d'acheter beaucoup de disques et No man's land est peut-être l'un des dix ou vingt premiers 33 tours que j'ai achetés.
Encore plus important : le tout premier vrai concert rock auquel j'ai assisté, si mes souvenirs sont bons, est un concert de Jacques Higelin, au Palais des Fêtes d'Epernay, en 1978 je pense, mais peut-être plutôt à l'automne qu'au printemps.
Avant ça, j'avais vu des groupes sur scène, dont Martin Circus, à la Foire-Exposition de Châlons ou sur les podiums d'été d'Europe 1 ou du Tour de France, mais là, pour Higelin, on était partis pour Epernay à quatre ou cinq en 4L, avec un copain qui avait le permis, donc. Je n'en suis plus certain, mais je pense bien que mon copain Bruno était de la partie et que c'est lui qui m'avait entrainé dans cette aventure.
Je ne garde aucun souvenir de la prestation d'Higelin elle-même. Mon seul souvenir précis, c'est avant de rentrer dans la salle. On attendait dehors. C'était sûrement mal organisé car on a attendu longtemps et il y avait beaucoup de monde. Quand enfin le public a pu rentrer un par un en montrant son billet, ça a poussé tellement fort qu'une des portes en verre a éclaté : pas de blessé, mais ceux qui étaient tout près se sont retrouvés avec plein d'éclats de verre dans le dos et le pantalon...
Quant à mon exemplaire de No man's land, je l'ai prêté vers 1980-1981 à l'un des membres du groupe Ouane Brothers Band, sûrement Hervé, le chanteur.
Les Ouane donnaient dans le rock sudiste, à fond, avec drapeau de la confédération en fond de scène et tout. Pour ma part, je n'ai jamais acheté le double live One more for the road de Lynyrd Skynyrd, qui était leur disque de référence, mais j'appréciais vraiment leurs versions de Sweet home Alabama et Free bird (Les Ouane n'ont jamais fait de disques mais ont longtemps joué autour de Châlons, et ils avaient un vrai groupe de fans qui les suivaient), et surtout, j'ai passé un grand nombre de bonnes soirées à faire la fête avec eux dans leur local de répétition, vers Fagnères.
Le groupe n'existe plus depuis longtemps, mais au moins trois des anciens membres du groupe constituent depuis plus de quinze ans la cheville ouvrière de l'association qui organise le festival Les Moissons Rock à Juvigny.
Toujours est-il que mon album d'Higelin, je l'ai réclamé et réclamé pendant des mois, jusqu'à ce qu'un jour, dans la salle à manger de mes grands-parents, deux des Ouane finissent par m'avouer que le pauvre exemplaire de No man's land n'existait plus, qu'il avait été cassé au cours d'une déconnade, en servant de frisbee ou quelque chose de ce genre. Sur le coup, je croyais qu'ils me faisaient marcher, mais non, il a bien fallu me rendre à l'évidence que je ne reverrais pas mon disque...


Ce 45 tours sans pochette, je l'ai acheté surtout parce qu'il était hors commerce.
Pars a été le petit tube de cet album. C'est une chanson que j'aime bien, de l'intro au motif musical au synthé et à l'accompagnement à l'accordéon. Il n'y a que le couplet sur "- Mais, et l'enfant ? - L'enfant ? , mais il est là, il est avec moi" qui m'irrite toujours un peu, avec son côté "Mon fils, ma bataille". J'aime bien aussi la reprise qu'en a fait Grace Jones en 1980 sur l'album Warm leatherette.
Denise, c'est la double face B : cette chanson se trouvait déjà fin 1977 au dos du 45 tours, Jaloux d'un rêve, issu des mêmes sessions que l'album mais qui n'y a pas été inclus (du coup, je ne l'ai jamais entendu). Denise est sur l'album, par contre, et aussi en face B de ce 45 tours réservé aux juke-boxes (Je ne crois pas qu'il y en a eu de version commercialisée).
Denise, c'est Higelin qui fait du rock. Et en général, Higelin qui fait du rock, c'est avant tout du bon vieux boogie auquel il ajoute bien sûr sa touche personnelle, son lyrisme, son abattage, son grain de folie. C'est encore plus évident dans le document ci-dessous, la version live enregistrée lors de la fameuse émission Chorus que j'ai vue à l'époque. Le groupe avec ses trois guitares reste bien sagement aligné à l'arrière pendant que le chanteur fait son grand Jacques, face à un public du Théâtre de l'Empire très surprenant : vu son âge et son attitude, on a bien l'impression qu'il s'agit du public familial de L'école des fans arrivé en avance pour réserver sa place et qui est médusé par cet extraverti.
N'empêche, en y réfléchissant bien, sans trop déconner et sans que les chansons se ressemblent vraiment musicalement, je trouve qu'il n'y a pas si loin dans l'esprit de la Gabrielle de Johnny en 1976 à la Denise d'Higelin en 1977. Est-ce qu'Higelin a voulu s'amuser à décalquer Gabrielle, à la transposer à sa façon ? Est-ce que c'est inconscient ? En tout cas, Johnny a peut-être raté une bonne occasion de faire la fortune d'Higelin en n'incorporant pas Denise à son répertoire, alors que cette chanson aurait très bien pu lui convenir.

PS : Pour être complet, je précise que j'ai récupéré ces dernières années un autre exemplaire de No man's land. Aussi chez Emmaüs, je crois, contrairement à d'autres albums d'Higelin qui m'ont été légués par des amis qui se débarrassaient de leurs vinyls.

11 novembre 2009

RON CAPONE AND HIS ORCHESTRA : Gloo gloo water trumpet


Acquis sur le vide-grenier de Mutigny le 1er novembre 2009
Réf : 86 027 -- Edité par Ami en France vers 1972
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Gloo gloo water trumpet -/- Black soul train

Le vide-grenier de Mutigny, petit village perché sur la "montagne de Reims" que j'e peux apercevoir de la fenêtre de ma chambre, a lieu le jour de la Toussaint. L'atmosphère y est donc humide ou froide, ou les deux, selon les années. Cette fois, c'était plus humide que froid, même s'il n'a pas vraiment plu.
Comme souvent à cette époque de l'année, les exposants étaient avant tout des professionnels, pour la plupart pas de bonne humeur. Sauf ce monsieur, pas de la région, le seul à qui j'ai acheté quelque chose, qui proposait une boite de 33 tours et une boite de 45 tours à prix correct.
De cette dernière, j'ai extrait finalement quatre disques, dont Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve de Jane Birkin, un Jouvin que je n'avais pas (ça ne m'arrive plus si souvent) et ce Gloo gloo water trumpet, que j'ai sélectionné pour trois raisons : le titre, quand même, le mauvais goût certain de la pochette avec ce bras tenant la trompette qui sort d'un bidet, et aussi, on peut rêver, le titre la face B, Black soul train, qui me semblait prometteur.
Et quand je ramène un disque à la maison et que je découvre qu'il a été programmé par les amis de L'Opération Kangourou, je sais d'emblée que je ne me suis pas trompé.
Puisqu'on parle de Georges Jouvin et de trompette , rappelons que l'un de ses premiers albums 25cm s'appelait Georges Jouvin et sa trompette wa-wa, le wa-wa étant une sourdine utilisée par les joueurs de cuivres pour faire un effet de... ben, de wah-wah, quoi, cela des années avant que la fameuse pédale d'effet électrique équivalente soit utilisée par les guitaristes.
Là, si je peux me permettre, Ron Capone pousse le bouchon un peu plus loin, en se faisant une spécialité de la guitare glou-glou, un effet sonore aquatique qui donne l'impression qu'il joue avec son instrument plongé dans un liquide. Dans les faits, je ne sais pas si ce son est produit effectivement comme ça, ou avec un autre effet type pédale, chambre d'écho ou technique de mixage, toujours est-il que Gloo gloo water trumpet c'est ça, un slow instrumental assez classique, plutôt réussi dans le genre, avec du piano et même un orgue à la A whiter shade of pale, dont l'instrument solo est une trompette au vibrato fortement prononcé, accompagnée de quelques glou-glou. Il faut dire que Yan Tregger, l'auteur des deux titres de ce disque, était visiblement spécialisé dans l'illustration musicale. Ce disque en est peut-être un exemple, d'ailleurs, vu qu'il est précisé au dos qu'il fait partie de la série Radio-Télé Ciné 16.
Alors, soit ce disque s'est bien vendu, soit Yan Tregger est devenu accro à sa trompette glou-glou car, à quelques temps d'écart, avant ou après la sortie de ce disque, il en a sorti un autre, sous son propre nom cette fois mais sur un autre label, intitulé Bubble bubble, dont voici la pochette :

Pas besoin de l'écouter pour savoir qu'ici aussi la trompette fait des bulles ! Je suis surtout fasciné par la comparaison des deux pochettes : le concept est strictement le même, mais l'appareil sanitaire est différent, le bidet laissant la place ici à une baignoire (volante ?). Quelle persévérance dans l'originalité et le bon goût !
En fait, il semble que Yan Tregger a enregistré au moins cinq titres différents à la "water trumpet", dont on peut écouter des extraits sur un site de téléchargement. (On peut aussi les acheter, mais faut pas déconner quand même. Téléchargez plutôt Gloo gloo water trumpet chez Ponytone si vous êtes vraiment curieux).

Et la face B, alors ? Et bien, elle explique peut-être en partie le choix du pseudonyme de Yan Tregger. En effet, Ron Capone était un ingénieur du son, un pilier des studios Stax, qui est mort le 1er février 2006. Et, comme son titre le laissait penser, Black soul train est bien dans l'esprit soul/rhythm'n'blues, avec un soupçon de funk. Le titre s'ouvre par un pseudo-sifflet de locomotive (on est toujours dans le domaine de l'illustration musicale) et ensuite le rythme est effréné, avec un son dominé par de l'orgue, de la guitare électrique et ce qui est peut-être bien une flûte. En tout cas, Black soul train justifie bien plus l'achat de ce disque si vous tombez dessus que le gimmick sonore de la face A.

08 novembre 2009

MJ HIBBETT AND THE VALIDATORS : My boss was in an indie band once


Acquis par correspondance chez Artists Against Success en Angleterre en octobre 2009
Réf : AAS 063 -- Edité par Artists Against Success en Angleterre en 2009
Support : CD 12 cm
Titres : My boss was in an indie band once -- House of fun + 17 titres MP3 (Dinosaur planet bootleg) + 1 vidéo

Avant de lire l'autre jour le billet d'Alistair Fitchett sur ce disque, je n'avais jamais entendu parler de MJ Hibbett. J'ai bien aimé cette histoire de patron qui a joué dans le temps dans un groupe indé et qui le reforme car un label japonais souhaite rééditer ses 45 tours. Elle est basée semble-t-il sur un copain de MJ qui s'est retrouvé à un concert avec ses collègues subordonnés et sur des discussions avec Phil Wilson des June Brides qui, comme d'autres (The Monochrome Set, Television Personalities par exemple), a effectivement été contacté par des japonais pour une réédition.
Du coup, j'ai décidé de commander ce CD single, en prenant même le soin de ne pas regarder au préalable la vidéo qui figurait sur le site, des fois que ça me fasse changer d'avis.

Etant donné que MJ Hibbett enregistre énormément (sur cassette au départ, depuis 1983 : il avait 13 ans !) des chansons souvent autobiographiques, je m'attendais en fait à recevoir un enregistrement très lo-fi et peut-être plus drôle qu'intéressant musicalement, mais MJ est accompagné depuis plusieurs années par un groupe, The Validators, et j'ai eu la très bonne surprise de découvrir que My boss was in an indie band once est une chanson rigolote, effectivement, mais aussi accrocheuse et bien produite, avec même des choeurs féminins, quelque part entre les Popticians et Helen Love.
Le titre n'étant pas inscrit sur le disque, il m'a fallu attendre le refrain pour reconnaître la deuxième chanson, la reprise de House of fun de Madness, une chanson que je connais, mais pas sur le bout des doigts. Pendant le premier couplet, je m'étais dit que ça sonnait un peu ska-pop, façon Piranhas : je ne me trompais pas de beaucoup !


En plus des deux titres principaux du single, du superbe badge vert et du clip vidéo de My boss was in an indie band once, la partie multimédia du CD extra contient en plus un document, l'enregistrement de l' "opéra rock" de MJ, Dinosaur planet, live au dernier festival Fringe d'Edimbourg (le off du Festival International, l'un des plus grands au monde).
Pour le coup, MJ est tout seul à la guitare acoustique et il y a pas mal de narration entre les chansons. Il y a de bons moments, comme We are the giant robots, mais je pense que c'était bien mieux d'assister au spectacle en direct. A ce sujet, d'ailleurs, je note que MJ Hibbett & The Validators donnent deux concerts en Allemagne la semaine prochaine. Je ne sais pas s'ils ont déjà joué en France mais en tout cas j'aimerais bien avoir l'occasion d'aller les voir.
En attendant, je vous suggère de vous procurer, pour pas cher du tout port compris, ce CD single (limité à 200 exemplaires). S'il est épuisé ou si vous en voulez plus, vous pouvez lui préférer l'album sur lequel il figure, Regardez, écoutez et répétez, également disponible en lot avec les deux premiers singles extraits, l'excellent Do the indie kid et It only works because you're here, que j'ai moins aimé.

07 novembre 2009

BAGAD FEMININ NOMINOE (REDON) : Folklore breton


Acquis sur le vide-grenier de Magenta le 11 octobre 2009
Réf : FY 2344 M -- Edité par Festival en France probablement vers 1963
Support : 45 tours 17 cm
8 titres

Après le Aimable et le Mario Bua, voici le troisième (et dernier pour l'instant) disque improbable ramené de Magenta cette année.
Autant, quand j'en ai l'occasion, j'apprécie toujours d'écouter des prestations de fanfares, quel que soit leur genre musical, autant j'achète rarement leurs enregistrements. Aucun disque ne parvient à capter de façon suffisamment efficace les vibrations de l'air provoquées par les percussions et le bourdon des cornemuses que l'on ressent physiquement lorsque l'on est à proximité des musiciens.
Mais là, outre la pochette bucolique, c'est l'association de "féminin" à "bagad" qui m'a attiré l'oeil.
Déjà, j'ai appris des choses puisque je pensais que cette formation musicale particulière de groupe de sonneurs qu'est le bagad était vieille comme la Bretagne, alors qu'en fait elle ne s'est stabilisée sous cette forme que depuis les années 1940. Ensuite, comme beaucoup je pense, je connais surtout le Bagad de Lann Bihoué, la formation militaire popularisée par Alain Souchon qui est l’un des moyens privilégiés des relations publiques de la Marine. Et, même si ce dernier Bagad est actuellement mixte, on n'a pas l'habitude d'associer le militaire au féminin, et encore moins au féminisme, car, à n'en pas douter, fonder en 1956 à Redon un groupe 100% féminin comme le Bagad Nominoë n'avait rien d'anodin.
Filles ou pas, une fois le bras posé sur le disque, on ne fait pas et on ne cherche pas à faire de différence. Les bombardes et les binious sonnent, les batteries claquent et moi, comme je ne me refais pas, je préfère les titres les plus rythmés et rapides comme l'Air du roti (Son ar rost), Bale merch'ed Redon (Marche des filles de Redon) ou Les rondes, même si ce dernier titre est profondément rayé sur mon exemplaire.
Après plus de cinquante ans, on est content de savoir que le Bagad Nominoë, bagad de 5e catégorie, existe toujours. Son costume, originellement kabig blanc, jupe noire, béret noir avec des pompons blancs et noirs, a été modifié par deux fois, en 1972 (robe noire et blanche) et en 1994 (gilet de la région), date à laquelle le groupe est devenu mixte, ce dont un partisan de la mixité comme moi ne peut que se réjouir.
Quant à Soazig Noblet, fondatrice et directrice pendant au moins cinq ans du Bagad,
elle a continué à oeuvrer pour la diffusion de la musique bretonne en collectant de nombreuses chansons et en entreprenant l'étude et la diffusion de la harpe celtique. Le site de sa fille Enora Laouenan nous apprend qu'elle a créé en 1968 le groupe Les Tregeriz, formation qui a enregistré plusieurs disques et qui se produisait en public encore récemment.

06 novembre 2009

THE JUNE BRIDES : In the rain


Acquis probablement chez Rough Trade à Londres en juin 1984
Réf : PI 001 -- Edité par Pink en Angleterre en 1984
Support : 45 tours 17 cm
Titres : In the rain -/- Every conversation

Après l'arrêt brutal des concerts Living Room à l'Adam's Arms le 10 février 1984, il a fallu quelques semaines aux gens de Creation pour se retourner. Le concert suivant auquel j'ai assisté, c'était le 1er mars 1984, dans un autre pub, l'Union Tavern. Ça n'a pas duré longtemps à cet endroit et en avril le club s'est transporté au Three Johns pub. Je ne sais plus lequel de ces deux lieux était situé près de la station de métro Angel, à une encablure de King's Cross, toujours est-il que c'était bien moins pratique pour moi que l'Adam's Arms car ça me faisait un changement et quelques stations de métro de plus, et plusieurs fois je suis sorti en courant du pub, préférant sprinter jusqu'à King's Cross pour ne pas rater le métro et être certain de regagner ma lointaine banlieue.
En tout cas, le premier groupe que j'ai vu jouer à l'Union Tavern la première fois que j'y suis allé, c'était The June Brides. Ce jour-là, ils ouvraient pour The Living Room (le groupe qui s'apprêtait à devenir The Loft) et les Television Personalities.
Dès ce premier concert, ils étaient remarquables. Leur répertoire, celui qu'ils allaient enregistrer les deux années suivantes, était déjà en place. La plupart des groupes qui passaient au Living Room avaient d'excellents titres aussi, mais eux, ce qu'ils avaient en plus, c'est de travailler leur mise en scène. Dans ces salles de pub pourries et riquiqui, ce sont les seuls que j'ai vus qui avaient un décor de fond de scène (une peinture au bombage d'après une photo connue) et même des tenues de scène (des chemises peintes, un peu à la Buzzcocks). Musicalement, ils étaient tout à fait dans le ton des groupes Creation, de The Loft aux Pastels en passant par les Jasmine Minks et Biff, Bang, Pow!, sauf que leur son était un peu plus riche grâce à l'apport d'un violon et d'une trompette.
Jusqu'à mon départ de Londres fin juillet 1984, j'ai assisté en tout à cinq concerts des June Brides, quatre au Living Room et le dernier, le 4 juillet 1984, au Noise Above, un club tenu au Bridgehouse par des habitués du Living Room, pour une affiche mémorable qui les associait aux Pastels et à Biff, Bang, Pow !. A tous les concerts où je les ai vus, ils ont de toute façon été associés à du beau monde (The Loft, TV Personalities, The Nightingales, Five Go Down To The Sea ?, The Times, Ut) sauf que, au bout d'un mois et demie, c'est déjà eux qui étaient en "tête d'affiche" au-dessus de Ut et FGDTTS?.

Clip de In the rain réalisé à partir d'images d'époque tournées en Super 8.

Dans les quelques discussions que j'ai eues au moment de leurs concerts, tout le monde pensait que Creation allait sortir les disques des June Brides. Sauf que, apparemment, Alan McGee a finalement décidé de ne pas le faire, parce que "c'était trop évident". Ils ont quand même dûment été inclus sur Alive in the Living Room, mais In the rain, leur premier 45 tours, est sorti au bout du compte sur Pink, un nouveau label créé par Simon Down, un autre habitué du Living Room
Donc, ce disque n'est pas sur Creation, mais il en a toutes les autres caractéristiques. La pochette d'abord (la seule que j'aime bien de leurs cinq disques), réalisée par Luke de Chomatone design sur une feuille de papier pliée en deux (sûrement imprimée à Glasgow là où travaillait Bobby Gillespie) et glissée dans un sac en plastique, avec la même façon d'indiquer le copyright (19©84). Le studio ensuite (Alaska) et le producteur aussi pendant qu'on y est (Joe Foster)
Ce disque dû être enregistré au cours de ce printemps 1984 (le second, Every conversation, ayant été enregistré le 3 juillet 1984, à la veille du concert au Noise Above). Les deux chansons sont excellentes, mais le disque est sorti juste avant l'été et n'a probablement pas été tiré à plus de 1000 exemplaires, il n'a donc pas eu un énorme impact. Le deuxième 45 tours, Every conversation, a mieux marché mais c'est l'unique album qui a suivi, There are eight million stories, qui, malgré son horrible pochette, a fait le succès du groupe : n° 1 des charts indépendants, couverture des hebdos anglais, soutien inconditionnel de Raoul Ketchup dans Rock Comptines...
Après un changement de label, les June Brides ont sorti deux autres singles, toujours avec un certain succès, avant de se séparer. C'est alors que Phil Wilson, le chanteur du groupe, s'est enfin retrouvé signé chez Creation pour deux singles qui, malgré un effort certain de promotion par le label, n'ont pas vraiment décollé.
Il est bien dommage que le groupe ait choisi de ne pas inclure In the rain sur son court (8 titres) album. Cette erreur est réparée grâce à la compilation Every conversation, sortie par Cherry Red en 2005 et toujours disponible, qui propose en deux CD une quasi-intégrale des enregistrements des June Brides et de Phil Wilson, y compris des sessions pour la BBC.
Le groupe, qui se reforme occasionnellement pour des concerts, a même eu droit en 2006 à un album hommage, Still unravished, avec plein de beau monde, des Manic Street Preachers aux Jasmine Minks, en passant par les TV Personalities et Jeffrey Lewis.
Pour ma part, je n'ai pas eu l'occasion de revoir les June Brides en concert après le printemps 1984 et, si le concert de Biff, Bang, Pow ! a bien eu lieu à Reims le 25 octobre 1986, c'est finalement sans Phil Wilson, qui était à l'affiche mais qui n'a pas pu faire le déplacement.

01 novembre 2009

SOMETHING FOR THE WEEKEND


Acquis peut-être bien chez Rough Trade à Paris en décembre 1994
Réf : FNUN2 -- Edité par Flying Nun en Angleterre en 1994
Support : CD 12 cm
12 titres

Allez, un petit truc pour le week-end.
Avec sa pochette cartonnée, ce disque ressemble vraiment à un CD promo distribué aux professionnels pour faire connaître les nouvelles parutions d'un label, mais il y a un code-barre, aucune mention "promo" et je crois me souvenir l'avoir acheté chez Rough Trade à Paris. Cette compilation tomberait donc dans une autre catégorie très courante, celle des disques mis en vente à bas prix pour faire connaître au public les nouvelles parutions d'un label.
Something for the weekend n'est d'ailleurs pas à proprement parler une vraie compilation, avec une liste de titres variée et travaillée. Non, on a ici tout simplement six albums récents (en 1994) de Flying Nun dont on a extrait deux titres de chacun. Du coup, aucun recoupement avec mes précédentes compilations Flying Nun, In love with these times et The Flying Nun compilation, sorties bien avant 1994.
Du fait de l'actualité, c'est David Kilgour qui se taille la part du lion ici, avec quatre titres, deux de son album solo Sugarmouth et deux avec The Clean, groupe historique pour lequel Flying Nun a été fondé, qui a enregistré l'album Modern rock à l'occasion de l'une de ses reformations (Ils viennent de sortir un tout nouvel album, Mister Pop).
Dans le lot, Filter (David Kilgour) et Starting point (The Clean) sont mes préférés, mais l'instrumental Stomp the guru de The Clean est aussi intéressant, d'autant plus qu'il s'écarte un peu de leur veine indie-pop habituelle.
J'aime d'ailleurs bien au moins un des titres de chacun des groupes. La seule exception, c'est Solid gold hell : en les écoutant, je me disais que ça sonnait comme une fusion jazz et hardcore. En voyant que le titre de l'album était Swingin' hot murder, je me suis dit que je ne devais pas trop me tromper. En tout cas, ce n'est absolument pas mon truc.
Par contre, pour Chug, j'aime beaucoup Evil knievel alors que pour les 3Ds c'est l'excellent Beautiful things, proposé ici dans sa version single.
Les titres des Tall Dwarfs sont extraits de 3 EPs, un album qu'on avait reçu à La Radio Primitive, ce qui m'avait permis de vraiment faire connaissance avec ce groupe et de pas mal le passer dans mon émission Vivonzeureux!. Bee to honey et Self-deluded dream boy ne sont pas mal, surtout le premier, mais franchement, si j'avais eu le choix, j'aurais extrait d'autres titres de cet excellent album, What goes up et For all the Walters in the world pour commencer, ou même Kidstuff, Two dozen lousy hours, More 54, Bob's yer uncle...
N'empêche, voilà au bout du compte un bon petit disque pas cher qui donne un bon instantané sonore de la (riche) production de Flying Nun en 1994.

31 octobre 2009

NEW ORDER : Everything's gone green


Acquis probablement à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en 1982
Réf : FBNL 8 -- Edité par Factory Benelux en Belgique en 1981
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Everything's gone green -/- Mesh -- Cries and whispers

Ça fait un moment que je tourne autour du pot, hésitant à sélectionner un premier disque de New Order pour en parler ici. Autant commencer par les débuts. Alors, le tout premier single, Ceremony ? Pourquoi pas, mais on verra plus tard. Le deuxième, Procession ? Oui, je l'aime bien, mais c'est ballot, j'ai toujours préféré Everything's gone green, sa face B. OK, ben alors, autant prendre directement le maxi Everything's gone green, l'un des deux parus exclusivement chez Factory Benelux (avec titres inédits et pochette spécifique), l'autre étant Murder en 1984.
Enregistré en même temps que ou juste après Movement, Everything's gone green, présenté ici dans une version un peu plus longue que celle de la face B de Procession, marque une étape importante dans la maturation de New Order : on entend pour la première fois un séquenceur de façon proéminente qui, combiné avec la batterie de Stephen Morris, donne un côté musique de danse à l'ensemble. Peter Hook tricote une ligne mélodique avec sa basse, comme à son habitude. La guitare, elle surprend, on dirait une guitare acoustique au son hyper trafiqué.
L'ambiance est donc clairement à la danse, façon Giorgio Moroder ankylosé, sauf que, quand le chant arrive, les paroles sont encore assez dans l'ambiance Joy Division : "Help me, somebody help me, I wonder where I am, I see my future before me, I'll hurt you when I can".
Vers 1982-1983, j'ai échangé de façon régulière des cassettes avec au moins deux correspondants, l'un allemand et l'autre belge je crois. Le pire, c'est que, j'ai beau chercher, je n'arrive pas à me souvenir par quel moyen j'étais entré en contact avec ces gens que je n'ai jamais rencontrés. Toujours est-il que l'un d'entre eux m'avait mis sur une cassette un enregistrement studio pirate de New Order avec une version d'Everything's gone green qui durait environ un quart d'heure et qui prouve une chose : le groupe était en train de tâtonner pour trouver sa voie, celle qui lui permettrait d'évoluer en sortant de l'ombre de son passé. Et ils allaient la trouver assez rapidement puisque, rétrospectivement, on sait que, si Everything's gone green était déjà très bien, Temptation aurait en plus un refrain accrocheur et, bien sûr, avec Blue Monday en 1983 le groupe allait finalement trouver la formule magique.
Pendant longtemps, les deux faces B de ce maxi n'ont été disponibles que sur ce disque. Elles datent des sessions de Movement et il se trouve que le nom des deux chansons ont été inversés : la première devrait s'appeler Cries and whispers et non Mesh et vice-versa pour la seconde. Mais ça, on ne le savait pas à l'époque et on s'en tape un peu. Ce qui compte, c'est que ce sont deux excellents titres.
Je n'ai pas réécouté Movement en entier depuis un moment, mais franchement, je crois bien que, en-dehors de mes quatre titres préférés (Dreams never end, Truth, Senses et ICB, les quatre de la Peel session sortis en 45 tours pirate qu'un autre copain, de fac celui-là, m'avait copié), n'importe lequel des quatre autres aurait pu être avantageusement remplacé par la première de ces faces B. C'est un titre enlevé, bien chanté, excellent musicalement, chaudement recommandé à tout fan de New Order.
Le deuxième titre n'est pas mauvais non plus, mais je comprends mieux pourquoi il a été écarté de l'album : de l'intro à la basse au break après les couplet sjusqu'à certains effets sonores, on entend plein de plans "à la Joy Division", tant et si bien que, hormis la voix, on n'aurait pas été surpris d'apprendre qu'il s'agissait d'un inédit des sessions de Closer.

Ces trois titres figurent tous sur la réédition "collector" en double-CD de Movement parue en 2008.


Everything's gone green live à New-York en décembre 1981, pile au moment de la sortie de ce disque.

30 octobre 2009

MARIO BUA ET SON ORCHESTRE TYPIQUE : Les derniers succès du Père Duval pour la danse


Acquis sur le vide-grenier de Magenta le 11 octobre 2009
Réf : 211157 -- Edité par Bel Air en France en 1964
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Chanson d'amour -- Fils de la terre -/- A Bilbao -- Au coin de ma rue

Mario Bua ? Jamais entendu parler avant de voir ce disque. Mais Le Père Duval, je l'ai toujours connu.
Si sa collègue religieuse chanteuse Soeur Sourire est désormais connue de toute une nouvelle génération grâce au film biographique qui lui a été consacré cette année, Le Père Duval, qui l'a précédée dans la gloire et accompagnée dans les déboires, est en passe, vingt-cinq ans après sa mort, de tomber dans l'oubli.
Grâce aux milieux qu'elle fréquentait dans sa jeunesse, ma maman a dû connaître les chansons d'Aimé Duval dès ses premiers succès dans la deuxième moitié des années cinquante. Ses disques étaient déjà dans la maison quand je suis né et ses chansons nous ont accompagnés même jusqu'au mariage de ma soeur en 2000.
Je me souviens au moins d'un 33 tours et de deux 45 tours, dont l'un, sûrement celui de 1972, était même autographié : Le Père Duval l'a signé pour ma mère sur la scène de la Salle des Fêtes de Châlons. Je l'ai interrogée à ce sujet, et il n'est pas impossible j'ai été présent dans la salle ce jour-là. En tout cas, le Père Duval connaissait bien notre région puisque, à peine ordonné prêtre en 1949, il a dirigé la chorale d'une école de Reims où il enseignait le français.
Très honnêtement, je ne me souviens d'aucun des airs du Père Duval, et je ne savais pas que Mario Bua avait été son accompagnateur et son chef d'orchestre pendant des années, mais franchement, un disque de versions "pour la danse" des succès du Père Duval ça sonne tellement incongru que je m'en suis emparé presque aussi avidement que si j'étais tombé sur le EP français de 7 & 7 is de Love, d'autant plus que ça complétait bien ma récolte après le Aimable joue Françoise Hardy.
Musicalement, on nous annonce un orchestre typique, trois chansons sur des rythmes différents de samba et une en cha cha. Au bout du compte, c'est ce qu'on a et rien de plus, avec de l'accordéon sur au moins deux titres et une guitare électrique bien en vue sur A Bilbao. Franchement, si ce disque s'était appelé Mario Bua a bu à Rio ou quelque chose de ce genre, il n'y aurait pas eu tromperie sur la marchandise. Mais il se trouve que ces compositions sont bien du Père Duval et que Mario Bua était bien son chef d'orchestre. Logique donc, que l'association avec le Père Duval soit mise en avant.
Du coup, l'esthétique de la pochette est tout à fait pertinente. Pour un disque typique de base, on aurait eu des sombreros ou des bikinis sur une plage. Là, on a deux ados propres sur eux qui dansent. On imagine très bien la surprise-partie très sage du jeudi après-midi dans salle paroissiale après le catéchisme, mais attention : ils dansent le slow et avec le slow il est difficile de rester sage très longtemps !
Mon oeil a été attiré par le crédit photographique de cette pochette : [Agence] Rapho, mais surtout Janine Niepce. Vérification faite, Janine Niepce est bien une cousine éloignée du pionnier de la photographie Nicephore Niepce, mais ça c'est anecdotique. Surtout, résistante et féministe, elle fut l'une des premières femmes photo-reporters en France.

Georges Brassens et Le Père Duval s'entretiennent avec Robert beauvais pour Le magazine de la chanson (29 février 1960)
Georges Brassens chante en se marrant bien Les trompettes de la renommée, chanson qui cite Le Père Duval (parue sur disque en 1962)
Des sermons et des chansons, reportage sur Le Père Duval dans Cinq colonnes à la une (6 octobre 1961)

26 octobre 2009

LONEY, DEAR : I am John


Acquis au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate le 24 septembre 2009
Réf : CDREGDJ 139 -- Edité par Regal en Europe en 2007 -- For promotional use only, not for resale
Support : CD 12 cm
Titres : I am John -/- Warm, dark, comforting night

Ce principe semble immuable dans les Record & Tape Exchange (d'où les petites cases sur les étiquettes) : si un disque n'est pas vendu, au bout d'un certain temps on baisse le prix et ainsi de suite tant que le disque est en rayon, même pour un collector censé être très rare. Ce n'est pas vraiment le cas de ce CD promo, mais ce qui est sûr c'est qu'à 4 £ je ne l'aurais même pas regardé, alors qu'à 10 pence, même si je n'avais jamais écouté auparavant Loney, Dear, je l'ai pris sans hésitation. En fait, à ce prix là, une pochette sympa, un label à bonne réputation, un nom connu au dos de la pochette suffit pour décider d'acheter un disque complètement inconnu. C'est comme ça qu'on arrive, dans le lot, à faire des découvertes intéressantes.
Pour Loney, Dear, j'avais peut-être même déjà eu l'occasion de les écouter. En tout cas, j'avais vu passer ce nom (sur La Blogothèque par exemple) et j'avais sûrement lu quelques chroniques.
Derrière ce pseudonyme de Loney, Dear, on trouve un suédois, Emil Svanängen, qui a auto-produit quatre albums de 2003 à 2005. Le quatrième, Loney, Noir, sorti à l'origine en 2005, a ensuite été réédité en 2007, chez Sub Pop aux Etats-Unis et chez Regal en Europe. C'est de cette époque que date ce CD promo, également disponible en 45 tours dans le commerce, avec I am John extrait de l'album en face A et en face B un titre du tout premier album, The year of River Fontana.
I am John semble raconter l'histoire de John et Johnny, qui fuient on ne sait trop quoi (des chiens, des diables,...), d'où sûrement le rythme effréné : Emil prend sa respiration au tout début, et c'est parti pour trois minutes et quelques, parti dans tous les sens avec une base de guitare saturée, des choeurs. Pour le chant et l'accent nordique on pense à St. Thomas. Pour la profusion d'instruments et de voix, on peut plutôt penser à Sufjan Stevens. En tout cas, c'est excellent. Le clip, très beau mais très noir, met en scène un chasseur plutôt que des fuyards. S'il avait été filmé avec de vrais personnages plutôt que dessiné, je ne suis pas sûr que les télés l'auraient accepté...
La face B, comme tout le premier album, a été enregistrée en solo dans la cave des parents d'Emil. Warm, dark, comforting night est moins luxuriant et entraînant qu'I am John, mais ça reste agréable.
Le cinquième et dernier album en date de Loney, Dear, qui s'appelle Dear John (décidément, à reprendre des bouts du nom de son groupe dans les titres et à multiplier les John, il va finir par nous perdre !), est sorti un peu plus tôt cette année.

25 octobre 2009

MICKEY BAKER : Adagio d'Albinoni


Acquis sur le vide-grenier d'Ecriennes le 18 octobre 2009
Réf : EP 1090 -- Edité par Disc'AZ en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Adagio d'Albinoni -/- Love is strange -- Camp meeting

Un petit vide-grenier familial, dans le "parc du château" d'un village d'une campagne qui ne m'est pas trop familière, par un beau temps d'automne, frais, clair et sec. La ballade se suffirait à elle-même. Cerise sur le gâteau, j'en suis revenu avec quelques disques intéressants, dont un album de l'Orchestre Petiot de Tahiti de 1979 pas mauvais du tout et surtout ce 45 tours de Mickey Baker.
A 84 ans, il semble que Mickey Baker, né aux Etats-Unis, vit toujours dans la région toulousaine. Il s'est installé par chez nous au début des années soixante, où il a rejoint d'autres musiciens comme son ami Memphis Slim. C'est pour sa réputation de bluesman et jazzman que j'ai d'abord connu Mickey Baker. Il n'est d'ailleurs pas impossible que j'ai eu l'occasion de le voir en concert vers 1979 ou 1980, soit sous nom à la salle des fêtes de Châlons dans le cadre d'une de ces tournées "blues festival", soit avec Memphis Slim à Châlons ou à Reims.
Mais ce n'est là que l'un des aspects du très riche parcours musical de Mickey Baker, qui débute dans les années 40 comme guitariste de session et artiste solo, et pas de la petite bière puisque, ayant sorti son propre Guitar mambo dès 1952 et ayant joué sur la version originale de Shake, rattle and roll par Big Joe Turner, il est de fait un pionnier pas assez reconnu du rock and roll. Il a connu cependant une période de succès assez fort aux Etats-Unis dans la seconde moitié des années cinquante, grâce notamment au tube Love is strange du duo Mickey & Sylvia. Autre grand moment, le It's gonna work out fine d'Ike & Tina Turner, sur lequel Mickey Baker donne la réplique vocalement et tient tête à la tigresse.
Parmi les autres facettes de la carrière de Mickey Baker, il y a l'arrangeur, producteur et musicien de tout un pan des yé-yés français, après son arrivée en France en 1962 avec, de Ronnie Bird à Sylvie Vartan et des dizaines d'autres, de bonnes et de moins bonnes choses. Il y a aussi le pédagogue de la guitare, qui a produit des méthodes d'apprentissage dans différents genres, mais même la version allégée pour les lecteurs de Salut Les Copains n'a pas réussi à faire de moi un guitariste !
Avec tout ça, j'ai donc été bien content de tomber sur ce 45 tours à la superbe pochette, très rock'n'roll, avec cette photo noir et blanc pleine de mouvement et le lettrage "Mickey Baker" orange qui claque. L'excellent label de réédition Rev-Ola ne s'y est d'ailleurs pas trompé, qui a repompé cette pochette, en un peu moins réussie, pour sa compilation sûrement indispensable d'enregistrements années cinquante de Mickey Baker, Hit, git & split.
Malgré tout, et sans surprise, avec une version de L'adagio d'Albinoni, en fait une reprise de Remo Giazotto plutôt que de Tommy Albinoni, la face A de ce disque n'est pas très rock. En fait, c'est même carrément de la soupe, un slow baveux à la A whiter shade of pale, en moins bien, avec orgue pompeux façon église de rigueur en intro. Certes, le jeu de guitare, auquel répond le vibraphone, est sûrement excellent, mais dans le style naufrage d'un guitariste virtuose du rock, ça vaut bien le Love is blue de Jeff Beck.
Heureusement, la face B est d'un tout autre calibre et fait honneur à la pochette du disque.
Elle s'ouvre avec Love is strange. Il s'agit là au moins de la troisième version éditée par Mickey Baker. La première, celle de 1957 par Mickey & Sylvia, a une histoire compliquée. Elle était co-signée par Mickey, Sylvia et Ethel Smith pour la musique. Derrière le nom d'Ethel Smith se cachait en fait son mari Bo Diddley, sûrement pour des raisons contractuelles, mais le véritable créateur du riff si distinctif de cette chanson serait le guitariste de Bo, Jody Williams, qui a d'ailleurs porté plainte à ce sujet.

La deuxième version a été enregistrée en France et en français. Je donnerai bien quelques centimes d'euro pour avoir la chance d'écouter L'amour est étrange par Mickey et Monique, sorti sur disques Versailles en 1963 ! Je ne sais pas ce que Monique est devenu par la suite, mais Sylvia a eu elle un très beau parcours, avec une carrière solo sous le nom de Sylvia Robinson, qui lui a notamment donné le tube Pillow talk en 1973, amis surtout, en tant que co-fondatrice de Sugar Hill Records en 1979, elle est l'une des pionnières et un personnage clé de l'histoire du hip hop.
La version instrumentale de Love is strange proposée ici, dans laquelle j'ai du mal à reconnaître le riff original distinctif, débute avec un coup d'harmonica à la Antoine. Par la suite, l'association guitare-vibraphone-orgue rappelle certaines productions de Mickey Baker pour Ronnie Bird. Cette fois-ci, la guitare électrique a de l'attaque, et c'est encore plus vrai pour Camp meeting, un autre instrumental (sauf qu'on entend Mickey galvaniser ses musiciens de la voix) où la guitare perçante rivalise avec l'orgue Hammond (La boutique French Attack propose en écoute un extrait de Camp meeting suivi d'un bout de Love is strange).
En tout cas, autant la face A est molle, autant la face B chauffe et swingue. Je veux bien ramasser des rondelles comme ça dans les champs tous les dimanches à la campagne !

18 octobre 2009

LAURA VEIRS : Riptide


Acquis chez Gibert Joseph à Lyon le 14 octobre 2009
Réf : BELLACD84 -- Edité par Bella Union en Angleterre en 2004
Support : CD 12 cm
Titres : Riptide -- Raven marching band -- Cliff driver

Les dernières fois que j'ai eu l'occasion de visiter Joseph Gibert à Lyon, je n'y ai pas fait de bonne affaire géniale, à part le Nature anthem de Grandaddy. Cette fois-ci, par contre, j'ai trouvé plusieurs CD très intéressants dans les quatre ou cinq caisses bien pleines posées sous les bacs. Avec neuf disques pour moins de 15 €, ça vaut le coup de passer trois-quarts d'heure assis par terre à remuer des disques !
Si Carbon glacier reste sûrement mon disque préféré de Laura Veirs, celui avec lequel jai fait sa connaissance également, je ne l'ai jamais acheté car la Médiathèque l'avait et j'ai préféré du coup investir dans deux des albums précédents, dont l'excellent Troubled by the fire.
Logiquement, le label anglais de Laura Veirs avait choisi The cloud room comme premier single extrait : c'est le titre qui a la rythmique la plus marquée et donc le plus de chances de passer sur les radios commerciales. Comme deuxième choix, Riptide est un peu moins évident. C'est l'un des bons titres du disque, mais pas l'un de mes préférés (Ils 'agit de Icebound stream et de Lonely angel dust). Le tempo est assez lent, comme sur quasiment tout le disque, la guitare acoustique domine et, après la partie chantée, le titre (et l'album aussi avec puisque Riptide était placé à la fin) se termine sur une assez longue partie instrumentale avec des violons.
J'ai eu le plaisir de voir Laura Veirs en concert deux fois dans les tournées qui ont immédiatement suivi la sortie de Carbon glacier. A Nantes d'abord, le 3 octobre 2004, en duo avec Karl Blau, puis à Reims le 11 mars 2005, en trio, pour mon premier concert à La Cartonnerie. Les deux fois, j'ai été entendu par Laura quand elle nous a sollicités pour proposer un morceau : elle a joué Icebound stream à ma demande à Nantes et, puisque cette chanson avait déjà été jouée avant, Ohio clouds à Reims.
Les deux fois, la chanson Raven marching band a été un moment important du concert. C'est d'ailleurs un titre qui doit compter énormément pour elle puisqu'elle l'a choisi pour nommer son propre label et qu'elle l'a enregistré au moins deux fois, en 2001 d'abord pour l'album The triumphs and travails of Orphan Mae, et ensuite pour la version qu'on trouve ici, datant probablement des sessions de Carbon glacier. Fondamentalement, les deux versions ne sont pas très différentes, sauf que pour celle-ci Laura est accompagnée du seul violoniste Eyvind Kang et que nous sommes dispensés de la minute trente bruitiste qui concluait la version originale.
J'imagine que Cliff driver, le dernier titre, a été écarté de l'album car il est un tout petit peu inférieur au reste. Pourtant, cette histoire d'un gars qui conduit comme un fou au bord d'une falaise, conclue par un mouvement de cuivres, est d'un très bon standing. Avec le style propre à Laura Veirs, et donc une ambiance complètement différente, cette chanson raconte exactement la même histoire que Stop this car de Jonathan Richman !

Laura Veirs sortira dans quelques semaines son septième album, July flame (Overture). Après deux disques sortis par Nonesuch, une filiale de Warner, elle est de retour pour l'occasion chez Bella Union pour l'Europe et diffusera elle-même le disque aux Etats-Unis via Raven Marching Band. Pour l'instant, seule une tournée anglaise est annoncée, pour janvier 2010, mais je ne doute pas que des dates suivront par chez nous : des concerts qui mériteront le déplacement...