11 juillet 2009

TITI ET SYLVESTRE : Au Mexique


Acquis sur le vide-grenier de Cramant le 5 juillet 2009
Réf : 16 422 -- Edité par Warner Bros en France en 1974
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Titi au Mexique -/- Titi sur la côte

Titi et Sylvestre étaient des vedettes à la maison dans les années 70. Nous aimions les dessins animés et nous faisions tourner un 45 tours en boucle, mais ce n'était pas celui-là : c'était le premier de la série, celui que tout le monde a acheté, le tube de Noël 73 qui était encore en mars 1974 dans le Top 20 du Hit-Parade de RTL (Il faut dire que, à part Gigi l'amoroso de Dalida et une Joni Mitchell visiblement égarée là, la concurrence était particulièrement faible, même si elle comprenait deux ex-Beatles).
Depuis cinq-six ans, j'ai acheté à peu près toute la série des disques Titi, des 45 tours aux deux 33 tours. J'avais même déjà ce Titi au Mexique en 45 tours depuis quelques temps, avec l'autre pochette, pelliculée et au bleu plus foncé, mais il était dans un état déplorable, comme souvent avec les disques pour enfants. J'aurais donc pu sélectionner le disque de mon enfance pour en parler ici, mais franchement les deux faces de ce 45 tours, visiblement sorti pour l'été 1974, que j'ai racheté en très bon état dimanche dernier, ont l'immense avantage de proposer mes deux chansons préférées du duo Titi et Sylvestre. Et puis, en ce jour de grands départs en vacances à la météo maussade, elles donnent à la journée un fort goût de vacances sans avoir à subir les embouteillages.
Si les dessins animés de Titi et Grosminet sont bien sûrs des produits américains de la Warner, cette série de disques est un projet 100% français, pas une traduction ou une adaptation de chansons parues aux Etats-Unis. La pochette originale du premier 45 tours portait d'ailleurs en gros la mention "Titi et Sylvestre chantent en français", plutôt que Titi à la neige. L'instigateur du projet est très probablement l'éditeur Jean Davoust, alors patron des éditions Warner Bros Filipacchi et crédité ici comme producteur. Les voix de Titi et Grosminet sont interprétées par deux grands acteurs, Arlette Thomas et Georges Aminel.
Pour le répertoire, la commande était simple et elle parait évidente quand on écoute l'album d'un bout à l'autre : il s'agissait de s'approprier divers genres musicaux et de coller dessus le schéma habituel des histoires de Titi et Sylvestre : le gros chat veut manger le petit canari, qui finit toujours par s'en sortir.
L'avantage ici c'est que les deux styles musicaux pastichés sont des genres que j'aime bien et que l'ensemble est bien réalisé avec des paroles plutôt drôles. Pour Titi au Mexique, on a droit bien sûr aux mariachis et autres espagnolades. On est plus près de Luis Mariano que du Ring of fire de Johnny Cash ou de Calexico, mais c'est excellent. Pour Titi sur la côte, la pochette a beau être bleue, il est plus question de Tahiti que de la côte d'azur. La guitare hawaïenne et les choeurs sont bien mis en valeur. On est plus proche du Marcel Amont de La polygamie que des productions de Gaston Guilbert, mais c'est toujours drôle et excellent.
Le point commun entre les deux chansons, outre la destination ensoleillée, c'est que Grosminet poursuit Titi de ses assiduités. Officiellement pour le manger, mais à force ça devient ambigu : à la fin de Titi au Mexique, Sylvestre invite Titi à danser et lui dit de se rapprocher, tandis qu'à la fin de Titi sur la côte, il veut l'embrasser !
Ce disque a bien dû se vendre, mais n'a pas eu le succès du premier. A Noël 1974, Warner remettait le couvert avec Tout ce que je veux pour Noël, mais sans toucher à nouveau le jackpot. Faut quand même pas pousser Mémé dans les griffes de Grosminet...

Les deux faces de ce 45 tours sont en écoute dans le radio-blog qu'on trouve dans la colonne de droite ci-contre.

05 juillet 2009

THE MONOCHROME SET : He's Frank (Slight return)


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres en septembre 1981 ou septembre 1982
Réf : BL1 -- Edité par Disquo Bleu en Angleterre en 1979
Support : 45 tours 17 cm
Titres : He's Frank (Slight return) -/- Silicon carne -- Fallout

Je me souviens très bien de ce que j'ai fait le jour où je suis tombé sur ce disque dans le Record & Tape Exchange du 28 Pembridge Road à Londres (la boutique appartient toujours au même groupe, mais a abandonné les disques pour les fringues rétro il y a quelques années) : je l'ai acheté, bien sûr, et j'ai détalé le long de Portobello Road jusqu'à la boutique Rough Trade pour en savoir plus sur ce disque.
La disquaire (un des piliers de la boutique, que j'ai retrouvée derrière le comptoir pendant des années) a eu l'air un peu surpris et amusé de voir ce français se pointer avec ce disque d'occase, mais elle a aimablement répondu à mes questions, au nombre de deux en fait :
Est-ce qu'il y avait eu une pochette illustrée pour ce disque à l'origine ? Réponse : Non, le disque n'a été vendu qu'avec cette pochette en papier blanc.
Et est-ce bien Rough Trade Records qui a édité ce disque ? En effet, le label est mentionné sur l'étiquette, mais il y aussi en gros "Disquo Bleu" et le logo correspondant (Pour ceux à qui ça ne parlerait pas, qu'il sachent que les Disque Bleu étaient une variété de cigarettes françaises Gauloises, mises sur le marché en 1934. Je n'en suis pas sûr, mais j'imagine que ces cigarettes ne sont plus en vente de nos jours.). Réponse : Oui.
Je ne connais pas toute l'histoire derrière la publication de ce disque, notamment la raison exacte pour laquelle il n'est pas sorti sous une vraie étiquette Rough Trade, mais on a des éléments de réponse.
Après le dernier sillon de la face A, il y a gravé "Archive jive", et il s'agit bien d'une publication d'archives (récentes, elles avaient 18 mois à l'époque, mais des archives quand même). On en a su un peu plus en 1983 dans les crédits de la compilation Volume, contrast, brilliance..., qui reprenait deux des titres de ce 45 tours : l'enregistrement date d'avril 1978, alors que He's Frank/Alphaville, le premier 45 tours publié, avait été enregistré en novembre 1978. Dans l'historique du groupe publié sur le site officiel du Monochrome Set, on apprend que ces enregistrements étaient à l'origine des démos. Les notes de pochette de Volume... y sont par ailleurs contredites sur deux points : le bassiste serait Simon Croft plutôt que Jeremy Harrington et les enregistrements dateraient de l'été plutôt que d'avril.
Mais qu'est-ce qui a bien pu pousser le Monochrome Set, qui venait de sortir ses trois premiers singles depuis le début de l'année 1979, à éditer ce disque d'archive, proposant une version différente de la face A du tout premier disque, avant même la fin de cette même année 1979 ? Le groupe avait sûrement envie de diffuser ces enregistrements, d'ailleurs repris à de nombreuses reprises depuis sur des compilations, mais une autre partie de la réponse est peut-être à cherche dans le fait que, lorsque ce disque est sorti, The Monochrome Set avait sûrement déjà signé chez Dindisc et s'apprêtait à enregistrer son premier album The strange boutique. Ce disque est peut-être à considérer un peu comme un au-revoir au label Rough Trade.
Ce He's Frank (Slight return) n'est pas fondamentalement différent de la version He's Frank publiée initialement. Démo oblige, le son est un peu plus sourd. la voix est doublée, le batteur avait des progrès à faire et le son de guitare est un peu différent, mais la structure et l'arrangement sont déjà en place.
Bid n'a peut-être pas été le premier à faire le jeu de mots entre "Silicon" et "Chili con carne", mais en tout cas il n'a pas été le dernier. Il suffit par exemple de se souvenir du groupe suisse des années 90 Silicone Carnet. Silicon carne est une chanson au tempo moyen, assez travaillée, avec un pont chanté et tout (du moins, je crois que c'est comme ça que ça s'appelle techniquement). Avec une production studio plus travaillée elle n'aurait pas déparé sur un album du groupe.
Fallout est très bien aussi, mais plus rapide et plus punky. Contrairement à Silicon carne, elle n'était pas sur Volume..., mais on l'a retrouvée quelques années plus tard sur What a whopper!. Tous les ingrédients du son Monochrome Set sont déjà prsents et bien en place ici.

Les deux faces des deux éditions de He's Frank chez Rough Trade se trouvent dispersées sur plusieurs compilations chez Cherry Red, mais on les trouve rassemblées de façon pratique et simple sur The independent singles collection, toujours disponible.

04 juillet 2009

RAPH DUMAS & PASCAL COMELADE FEAT. LOU : Le chanson douce


Acquis par correspondance chez Maria Dos à Céret en novembre 2008
Réf : ENJ011 -- Edité par Enjoy en France en 2008
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Le chanson douce -/- Le chanson douce (The soul edit)

A chaque fois que j'écoute ce disque, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée presque compatissante pour Because Music, le label français de Pascal Comelade depuis deux ou trois ans. En effet, le métier de base d'un label est de vendre des disques : il ne faut en effet pas se leurrer, même si ce n'est pas leur aspect qui m'intéresse le plus, mais les disques sont bien avant tout des produits d'une industrie culturelle, des objets commerciaux par définition.
Donc, visiblement, Because tente de faire son travail de façon assez volontaire, en sortant un best-of en France, l'album Métode de Rocanrol, puis une compilation dans le monde hors-France et bientôt un nouvel album. Vu la productivité et l'éclectisme de Comelade, il n'a certainement jamais été question que Because sorte absolument toutes ses productions mais, en me mettant à la place des responsables du label, je me dis qu'en écoutant ce disque ils ont dû regretter que Pascal ait choisi de sortir le titre le plus "vendable" qu'il ait produit depuis longtemps en édition limitée sur le label d'un copain !
Car objectivement, Le chanson douce, une collaboration avec le DJ disquaire de Perpignan Raphaël Dumas, déjà ingénieur du son sur plusieurs disques récents de Pascal, a un certain potentiel commercial. Le son de piano et de guitare de Pascal Comelade se marie parfaitement au groove (basse de Patrick Felices, beats et samples de Raphaël Dumas, je suppose) et à la voix de Lou Dumas, qui entonne des "Pam pa pa pam pa pa pam pam" du plus bel effet. En plus, la sortie du 45 tours a été accompagnée d'un clip frais et sympa très réussi. Jugez-en par vous même :


Because annonce pour octobre prochain la sortie d'un nouvel album de Pascal Comelade, A freak serenade. Je suis un peu curieux de savoir si Le chanson douce sera dessus, mais je parierais bien que non.

C'est un détail (monochrome), mais les aficionados ne pourront s'empêcher à l'écoute de ce Chanson douce de se reporter un quart de siècle en arrière et de penser à une autre Chanson, qui figurait sur le premier album de Pascal Comelade chez Les Disques du Soleil et de l'Acier en 1984. Cette chanson associait une orchestration réalisée à base de re-recordings sur des mini-cassettes, avec les instruments jouets de Comelade, et la voix d'une fillette qui chantait une comptine (américaine). Cette voix, c'était celle de Cathy Claret, qui provenait d'une vieille bande enregistrée quand elle avait trois ans !


Je n'arrive plus à retrouver l'endroit où j'ai eu l'info donnée par Raphaël Dumas, et j'aurais bien été incapable de le deviner tout seul vu que le disque sixties est des plus rares, mais la pochette de ce 45 tours est un clin d'oeil à celle du EP français des Thirteenth Floor Elevators qu'en bon optimiste je ne désespère pas de trouver un jour sur un vide-grenier ou dans un Emmaüs !

03 juillet 2009

THE MONOCHROME SET : He's Frank


Acquis probablement chez New Rose à Paris sinon chez Rough Trade à Londres vers 1981
Réf : IR 9002 -- Edité par International Record Syndicate aux Etats-Unis en 1979
Support : 45 tours 17 cm
Titres : He's Frank -/- Alphaville

Après la parution coup sur coup en 1980 chez Dindisc des deux albums Strange boutique et Love zombies, j'ai réussi à me procurer assez vite et sans trop de difficultés les quatre 45 tours du Monochrome Set parus l'année précédente chez Rough Trade. Mais pour le tout premier de ces 45 tours, He's Frank, je ne suis pas tombé la première fois sur l'édition originale anglaise du 45 tours mais sur ce pressage américain, sorti sous licence Rough Trade par le label de Miles Copeland International Record Syndicate (I.R.S.), un label débutant en fanfare avec à son palmarès quelques inconnus certes,mais surtout de belles réussites comme le Monochrome Set, donc, mais aussi les Buzzcocks, l'excellent United de Throbbing Gristle et le John Cale électrique de Sabotage et Mercenaries, les Cramps, Wall of Voodoo, Magazine, The Beat, les Stranglers, etc.
Je n'aime pas trop cette pochette et je parierais bien que, contrairement à beaucoup d'autres pochettes, le groupe n'a pas été trop impliqué dans le choix de cette illustration à base de code à barreaux de prison, qui de plus a perdu le peu d'exotisme qu'elle pouvait avoir pour les européens en 1979, époque à laquelle les codes à barres n'étaient pas aussi omniprésents chez nous qu'ils le sont aujourd'hui.
En achetant ce disque, je ne savais peut-être même pas que ce n'était pas l'édition originale, mais c'est bien à cause de cette pochette que j'ai eu plusieurs fois par la suite l'occasion de regretter de n'avoir pas attendu un peu pour m'acheter l'édition originale du 45 tours avec sa superbe illustration attribuée à Bo Zartes.
N'en doutons pas, connaissant le Monochrome Set, ce Bo Zartes n'a jamais existé et cache l'identité d'un ou plusieurs membres du groupe (dont peut-être le guitariste Lester Square, alias Thomas W. B. Hardy, à qui l'on doit par exemple les pochettes d'Eligible bachelors, Cast a long shadow et Volume, contrast, brilliance...). Pourquoi est-ce que je m'avance autant ? Parce que Bo Zartes, cela ressemble bien trop à la prononciation par des anglais francophiles de l'expression "Beaux-Arts"...

Par contre, si on retourne la pochette, je trouve le verso de l'édition américaine plus réussi que celui de l'édition anglaise, avec cette photo qui a l'air assez rétro d'une injection avec seringue :

Côté musique, les deux disques, l'anglais et l'américain sont sensés proposer les mêmes enregistrements, ou presque. En effet, ma seule "bible", The International discography of the new wave de B George et Martha DeFoe, précise que l'édition américaine est un mixage différent. Rien de flagrant à l'écoute, mais cette information est sûrement des plus fiables car l'un des participants les plus assidus à l'élaboration ce cette discographie n'est autre que John D. Haney, ci-devant batteur du Monochrome Set à l'époque des faits !
Les deux titres sont excellents. He's Frank est l'un de ces ovnis dont le Set a le secret. Je dis ovni car je suis bien incapable de trouver un point de comparaison. C'est de la pop iconoclaste, il y a un motif de guitare accrocheur et un superbe chorus, le chant est excellent et les paroles sont drôles et énigmatiques : il est question d'un jeune Frank et de son passage à l'âge adulte ("Who'll save him from being a man, not me").
Alphaville est, avant Ici les enfants (du paradis) notamment, un premier témoignage de la cinéphilie du groupe. La production est moins léchée mais ce titre n'aurait pas du tout déparé sur Strange boutique.
He's Frank est en passe de devenir un classique. Au fil du temps, il y a eu des reprises par les Sneetches, les Grays, et surtout, je viens de l'apprendre en préparant ce billet, le premier album de The BPA (The Brighton Port Authority), le dernier projet en date de Norman Cook/Fatboy Slim, s'ouvre sur une reprise de He's Frank, avec rien moins que Iggy Pop au chant ! Si la version studio de cette reprise passe à peu près, la version live dans l'émission de David Letterman est à fuir ! En fait, le principal intérêt de cette reprise est de remettre en lumière le Monochrome Set, et accessoirement peut-être d'alimenter le compte en banque de Bid et Lester Square, les deux auteurs de la chanson.
Autre conséquence de cette reprise : j'ai bien l'impression que The BPA en a fait la promotion en expliquant que Frank Tovey de Fad Gadget en était le sujet. Première nouvelle, et sacré scoop ! En près de trente ans, je n'avais jamais lu cette info nulle part, même pas au moment de la mort de Frank Tovey...
The BPA crédite la chanson sous le titre He's Frank (Slight return). Il s'agit bien de la même chanson, simplement le (Slight return) a été ajouté au titre de la chanson fin 1979, quand The Monochrome Set a sorti fin 1979 en 45 tours trois titres démo enregistrés en avril 1978, soit avant les sessions de ce premier 45 tours.

L'édition Rough Trade de He's Frank est en téléchargement chez Always searching for music.
Les deux faces des deux éditions de He's Frank chez Rough Trade se trouvent dispersées sur plusieurs compilations chez Cherry Red, mais on les trouve rassemblées de façon pratique et simple sur The independent singles collection, toujours disponible.

28 juin 2009

THE ROLLING STONES : Honky tonk women


Acquis sur le vide-grenier de Chouilly le 21 juin 2009
Réf : 333.015 -- Edité par Decca en France vers 1972 -- Offert par Antar
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Honky tonk women -/- You can't always get what you want

Depuis quelques temps, j'achète les 45 tours sixties des Stones que je trouve et que je n'ai pas, même quand il s'agit de rééditions du début des années 70, comme c'est le cas ici ou comme ça l'était pour Paint it, black. Ces deux disques dont partie d'une série de trois "offerts par Antar" vers 1971 contre des bons obtenus en achetant de l'essence, mais Decca a sacrément exploité le filon dans les seventies puisque, comme le détaille le site L'âge d'or des Rolling Stones, il y a eu aussi dans ces moments-là les séries Golden Hit-parade (18 titres !) et les dix-neuf 45 tours de la série L'âge d'or des Rolling Stones ! Outre quelques raretés, il est à noter qu'un bon nombre de ces disques réédités ont des pochettes différentes de celles des EP et des singles français originaux, avec quelques belles photos rares pour certains d'entre eux.
A l'époque où la série Antar a été distribuée, je ne tannais pas mes parents pour qu'ils aillent faire le plein chez Antar, un distributeur d'ailleurs pas très implanté par chez nous. Moi, ce qui m'intéressait, c'étaient les figurines des Aristochats en plastique mou proposées chez Esso contre des points, qui s'appelaient des Glup's, apparemment.
Pour ce disque, comme pour Undercover of the night, tout est une question de pochette. Sur le vide-grenier quand je venais de l'acheter et une fois rentré à la maison, quand je l'examinais avant de l'écouter, quelque chose me troublait, et j'ai assez vite mis le doigt dessus : c'était ce "2000" à l'intérieur duquel le nom Rolling Stones est inscrit. Hors, quand on associe "2000" aux Stones, on pense avant tout à 2000 light years from home., la chanson de Their satanic majesties request, reprise notamment par WC3. Mais ce titre n'est pas sur mon disque, et je connaissais par ailleurs la photo de pochette du 45 tours original Honkey tonk women, avec les Stones et quelques entraîneuses de bar :

Pas grand chose à voir avec mon disque. Par contre, quand j'ai su que la face B de 2000 light years from home était She's a rainbow, j'ai su que ma pochette, avec son bout d'arc-en-ciel, illustrait bien les deux faces de ce 45 tours. Et vérification faite, cette réédition associe bien l'illustration de pochette d'un 45 tours de 1967 avec deux titres de 1969, en se contentant d'effacer les titres originaux pour les remplacer par les deux nouveaux titres dactylographiés :

Evidemment, on se demande bien pourquoi Decca s'est amusé à caviarder ainsi une de ses pochettes de disque. A mon avis, il y a deux explications qui sont les plus plausibles : soit il était prévu au départ de sortir effectivement 2000 light years from home dans la série Antar, et un changement de dernière minute est intervenu, soit, et c'est ce qui me parait le plus probable, les responsables commerciaux d'Antar n'ont pas souhaité distribuer dans leurs stations-service une pochette représentant des femmes de mauvaise vie dans un lieu dissolu et ont demandé ce changement.
Pour ce qui est de la musique gravée sur ce disque, rien à redire : il s'agit de deux classiques de Stones qui n'ont absolument pas été caviardés. Je n'ai découvert que très récemment en écoutant l'exemplaire de l'album Let it bleed que j'ai acheté cet hiver qu'il existe une autre version de Honky tonk women intitulée Country honk, plus acoustique et avec un violon western proéminent. Elle est bien aussi, mais il est évident que c'est cette deuxième version, le premier titre des Stones où l'on entend Mick Taylor, plus électrique et très blues rock, qui avait le plus de chance de faire un tube.
You can't always get what you want est proposé ici dans le même enregistrement que celui qui figure sur Let it bleed, mais amputé de près de trois minutes sur sept et demie (principalement les parties de la chorale bach de Londres au début). J'ai toujours beaucoup aimé cette chanson, mais on se laisse bien mieux emporter par le rythme,les choeurs et les congas avec la version complète de l'album.
Et maintenant, sans même parler des disques originaux, il ne me reste plus qu'une bonne trentaine de rééditions des 45 tours des Stones à trouver !!

25 juin 2009

AAMOK vous souhaite un joyeux Noël


Acquis sur le vide-grenier de Dizy le 7 juin 2009
Réf : 6009 523 -- Edité par Philips en France en 1974 -- Vente interdite - Echantillon gratuit
Support : 45 tours 17 cm
Titres : German Christmas medley -/- Silence in the night

Bon, après celui de Low l'an dernier, je ne compte pas me faire une spécialité de la chronique de disques de Noël le 25 juin, mais puisque l'occasion s'est présentée, je n'allais pas m'en priver. D'autant moins que, ces temps-ci, je n'ai pas eu la main très heureuse sur les vide-greniers, et ce disque représente, avec un kilo de cerises fraichement cueillies dans un jardin, tout ce que j'ai ramené de Dizy cette année (et c'est mieux que rien, je suis revenu plusieurs fois bredouille d'autres villages ce printemps).
Si je n'ai pas laissé passer ce disque, c'est avant tout grâce à Dorian Feller, qui l'a acheté l'an dernier et a eu la bonne idée de me le faire écouter cet hiver (non, pas le soir de Noël...). Et, au cas où je l'aurais oubliée, j'avais en plus revu cette pochette chez lui la veille même du vide-grenier. Et bon sang, il est trash ce Père Noël, avec son couteau plein de sang à la main, son colt de cowboy et le pied qui dépasse de sa hotte toute rapiécée ! Mais malgré tout, j'aurais peut-être sûrement et bêtement raté ce disque en le passant trop rapidement si je n'avais pas déjà eu l'occasion de visualiser sa pochette.
Je l'ai trouvé sur le stand de gens de bonne famille (peut-être dans le Champagne), qui avaient une vingtaine de 45 tours à 1 €, dont plusieurs visiblement issus de la collection d'une boite de nuit. Le disque de Dorian Feller provient aussi d'une discothèque : je ne pense pas qu'il se soit vendu beaucoup d'exemplaires de ce disque dans le commerce...
Ce qu'il y a de bien, c'est que le German Christmas medley de la face A est aussi punk avant l'heure que le dessin de la pochette le donne à penser. Après une intro trompeuse de cloches d'église, le chanteur entame son medley sur un rythme ternaire (peut-être parce qu'il a du mal à tenir sur ses deux pieds) en éructant une version de Stille Nacht qui fait passer la reprise de My way de Sid Vicious pour de la guimauve.
La face B, Silence in the night, se rapproche musicalement et thématiquement de tout un paquet de titres publiés de par le monde au fil des années, dont par exemple le Silence et grésillement des Civils.
Mais qui peut bien être responsable d'un tel disque complètement punk avant l'heure ? Les crédits sur la rondelle du disque donnent une indication : Bearbeitung und Arrangement (Adaptation et arrangement) : Konrad Plank. Le responsable de cette horreur, sortie à l'origine en 1973 en Allemagne sous le titre Deutsches Weihnachts-Potpourri, est bel et bien Konrad Plank, plus connu sur les crédits d'un grand nombre de nos pochettes de disques sous le nom de Conny Plank. Et ça, c'est très surprenant, car il faut bien avouer que, du Krautrock à la new wave en passant par l'ambient, de Kraftwerk à Rita Mitsouko en passant par Ultravox! et Eurythmics, le moins qu'on puisse dire c'est que le nom de Conny Plank est rarement associé à des disques dont l'humour est la première qualité !
Je ne suis pas certain que l'idée de Conny Plank ait été de créer un groupe fictif nommé Aamok pour l'occasion : Aamok était le nom du label qu'il avait créé en 1972 avec Wilken F. Müller ("auteur" de la face B...!) et ce disque est peut-être tout simplement à considérer comme une carte de Noël au troisième degré envoyée par le label pour les fêtes de 1973...

20 juin 2009

GRANDADDY : Nature anthem


Acquis chez Gibert Joseph à Lyon en 2005
Réf : BLT 1236-2P -- Edité par Ultra aux Etats-Unis en 2004 -- Promotional use only
Support : CD 12 cm
Titres : Nature anthem -- Nature anthem (video)

Jason Lytle vient de sortir son premier album solo, Yours truly, the commuter. Les premiers extraits que j'en ai entendus sonnent exactement comme du Grandaddy, mais ça ne n'est absolument pas une surprise pour moi car ça fait bien longtemps que je suis persuadé que Jason Lytle est à lui seul responsable de la quasi-totalité des sons qu'on entend sur la grande majorité des enregistrements studio de Grandaddy. Malheureusement, ces deux ou trois titres que j'ai écoutés penchent plutôt du côté ramollo mou du genou de Grandaddy que je n'aime pas trop et qui m'a fait m'éloigner petit à petit du groupe, même si sur quasiment tous leurs disques on trouve au moins une des ces chansons plus rapides, un peu punkies, bricolos et rigolotes, y compris sur l'utime album du groupe (Elevate myself par exemple).
Nature anthem (L'hymne à la nature) fait plutôt partie de ces chansons que j'aime bien. Elle n'est pas hyper rapide, mais elle est entraînante, façon chanson de feu de camp à chanter en se tenant par les bras et en se balançant de gauche à droite, comme Jason Lytle promet qu'il l'a fait pendant l'enregistrement avec la chorale d'enfants qu'on entend ici.
C'est sympa, ça ne va pas chercher loin, mais ça a aussi le grand mérite de ne pas se prendre au sérieux, comme le prouve la pochette avec ses béliers (plus ou moins, c'est plutôt des bouquetins, mais "Bélier" se dit "Ram" en anglais) et le tee-shirt de Jason Lytle ("Je déteste les Rams", ces Rams là étant visiblement une équipe de football américain) et surtout le clip de la chanson, dont le plus gros poste budgétaire a très probablement été la location de costumes d'animaux en peluche !
Le seul problème pour les fans de Grandaddy, c'est qu'officiellement pour se procurer cette chanson (et le clip en bonus) il fallait payer le prix d'un album complet, celui de Below the radio, la compilation mix-tape concoctée pa Jason Lytle sortie en 2004. Un disque avec plein-de-beau-monde-qu'on-aime-bien (Little Wings, Howe Gelb, The Handsome Family, Beck, Fruitbats), mais un CD au prix fort ça fait un peu cher pour une bête compile du style de celle que Mojo fournit chaque mois à ses lecteurs avec son magazine. Seuls les journalistes ont eu droit à un extrait promo de cette compilation (en CD ou même en 45 tours), qui contenait le seul titre inédit de l'album, ce Nature anthem crédité à Grandaddy. Mais ce disque promo a dû être assez largement diffusé, puisque rien que chez Gibert Joseph à Lyon, il y en avait deux ou trois exemplaires le jour où j'ai acheté le mien, à divers prix.
Et puis, je viens de me rendre compte en préparant ce billet que les vrais fans de Grandaddy connaissaient déjà cette chanson depuis l'année précédente, 2003, qui a vu la sortie de l'album Sumday. En effet, la première édition limitée de Sumday, disponible à sa sortie, contenait trois plages multimédia (une deuxième édition limitée six mois plus tard contenait un CD bonus live) et, parmi ces trois plages multimédia, on trouvait un clip de Nacher anthem, c'est à dire Nature anthem moins quelques bidouillages et moins la chorale d'enfants. Selon le site Grandaddy FTP, Nacher anthem fait partie des quinze titres démos enregistrés en vue de Sumday. Quant à la vidéo, il s'agit des mêmes prises de vue que pour Nature anthem, mais montées différemment.

Nacher anthem (mp3) - Nacher anthem (vidéo, mpg)

19 juin 2009

LES RITA MITSOUKO : C'est comme ça


Acquis probablement à La Clé de Sol à Reims en 1986
Réf : 90 287 -- Edité par Virgin en France en 1986
Support : 45 tours 17 cm
Titres : C'est comme ça -/- Clown de mes malheurs

J'étais là pour le concert des Rita Mitsouko au Festival des Musiques de Traverses de Reims le dimanche 19 mai 1985. Comme j'ai noté leur nom dans leur agenda, c'est que j'ai assisté au moins à une partie de leur concert, mais probablement pas à tout car j'en garde peu de souvenirs. Il faut dire que, en fin de festival, je devais être à peu près rassasié, avec les performances de Dick Tracy et Joseph Racaille et son Big band Cha Cha Cha le jour même, et surtout les Legendary Pink Döts et Tuxedo Moon la veille.
Ce concert de Rita Mitsouko dans ce festival à la programmation pointue était un peu particulier, car il avait été préparé alors que le groupe n'était encore que les chouchous branchés du magazine Actuel mais, quelques mois plus tard, le jour du concert venu, Marcia Baïla était devenu un tube et Rita Mistouko des vedettes populaires.
Ce n'est pas pour autant que Chichin et Ringer avaient envie de jouer le jeu du groupe qui fait mousser son gros succès : le principal souvenir que j'ai de ce concert est indirect, c'est celui de Phil Sex racontant souvent par la suite que, pour cette tournée, Rita Mitsouko avait débauché au débotté un groupe de hard-rockeux et avait produit un concert des plus bourrins.
Andy est le premier titre de l'album The no comprendo à être sorti en 45 tours. Je l'aimais assez bien, mais pas assez pour l'acheter, avec sa pochette toute moche en plus. La pochette de C'est comme ça, le 45 tours sorti juste après, avec une photo issue des mêmes sessions, est presque plus moche : les seules différences sont la police de caractère et l'article "Les" qui apparait pour la première fois dans le nom du groupe, mais là j'ai craqué pour le morceau et j'ai tout de suite acheté le 45 tours, en plus de l'album car la face B ne figure pas dessus.
Quelques semaines plus tard, le clip de C'est comme ça signé Mondino a commencé à tourner sur les écrans télé (et ce petit bijou a vraiment été matraqué pendant des mois !) et Virgin a pris une décision judicieuse : ils ont réédité C'est comme ça, avec une nouvelle pochette proposant une maquette modernisée et des photos extraites du clip. Ça a probablement aidé le disque à devenir un grand succès.
Avec ou sans clip, C'est comme ça est une grande réussite. C'est une chanson originale, exaltante, dansante, super. J'ai toujours pensé que Catherine Ringer était avant tout une vocaliste, mais je viens de (re)découvrir en scrutant les crédits de The no comprendo que son rôle comme instrumentiste dans le groupe est loin d'être négligeable. Même avec une production Tony Visconti, ce ne sont pas des requins de studio qui opèrent et sur C'est comme ça, Catherine joue la basse (et la basse tient un rôle très important) et une des guitares (je pense que c'est la guitare jouée sur une corde au début). Fred lui est à la batterie et à la guitare, même si, contrairement à ce que pourrait laisser penser le clip, ce n'est pas lui qui fait le solo de guitare, mais un certain Sam Smith.
Donc, la musique est excellente, et en plus les paroles et le chant sont peut-être encore plus réussis. Comme à chaque fois que ça fonctionne, voilà une preuve de plus que le rock peut se chanter excellemment en français, avec juste ici une utilisation très efficace du mot "Move". Et pourquoi ça marche ? Parce que Catherine Ringer écrit des paroles de chanson, pas un poème ni un texte en prose et, comme les anglais quand ils font du français, elle n'hésite pas à malmener la grammaire quand c'est nécessaire ("Ça le grince juste pendant la nuit"). Quant au sens général des paroles, il garde sa part de mystère, même si je miserais bien sur un secret qui empoisonne un couple et va peut-être entraîner une séparation au moins provisoire.
Clown de mes malheurs, issue des mêmes sessions, a été écartée de The no comprendo et c'est plutôt dommage tellement cette bizarrerie est réussie. A posteriori, je pourrais décrire cette chanson en disant que c'est un peu comme si Brigitte Fontaine était accompagnée par Les Frères Nubuck !
Je viens de découvrir que, au moment de sa sortie, cette chanson était depuis un moment au répertoire de Rita Mitsouko, puisque Lionel Rotcage y faisait référence dans un article du Monde de la Musique en 1982, époque à laquelle le groupe se produisait en duo avec des bandes pré-enregistrées plutôt qu'avec des rockers bourrins.
Là aussi, les paroles sont excellentes. Les "couplets" sont parlés, et le premier donne à peu près ça :

  • "On imagine parfois le vent soufflé de grains de sable
    Un panoramique insatiable coulissant dans vers un endroit
    Une aspérité longitudinale, un Pont-Lévêque miroitant
    Un arc-en-ciel phénoménal piétinant le soleil couchant"
Pour ma part, à chaque fois j'imagine plutôt un Maroilles miroitant qu'un Pont-Lévêque, tellement le fromage de Thiérache a la faculté d'avoir une surface brillante...
Quant au refrain, il n'est pas mal non plus dans le genre :
  • "Si tu rentrais dans ma vie pour te mettre au lit,
    Tu passerais par la faille, le trou de souris,
    Si tu rentrais dans ma vie
    Qu'est-ce qu'on ferait ? Je ne sais pas, je ne veux pas le savoir
    Si tu rentrais dans ma vie par cet entonnoir"
Cette version originale de Clown de mes malheurs ne figure que sur les deux éditions du 45 tours C'est comme ça, il me semble. Elle n'est pas en bonus sur les CD de The no comprendo, malheureusement, et c'est une version remixée qu'on trouve sur le maxi d'époque et sur le CD Bestov.

La version remixée de Clown de mes malheurs en écoute chez MusicMe
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14 juin 2009

THE HUMAN LEAGUE : Holiday '80


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres dans la première moitié des années 1980
Réf : SV 10512 -- Edité par Virgin en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Marianne -- Being boiled -/- Dancevision -- Rock'n'roll/Nightclubbing

Virgin était loin d'être un énorme label au tournant des années 80, mais ils n'en essayaient pas moins de rentabiliser les groupes qu'ils signaient et, parmi d'autres situations vécues par des groupes comme XTC ou Magazine, le cas de cet EP de Human League est assez exemplaire.
Au départ, Virgin a sorti Holiday '80 en avril 1980 avant tout pour tester le marché après les ventes jugées décevantes du premier album Reproduction. Il s'agissait d'un double 45 tours 5 titres en édition limitée à 10 000 exemplaires, avec comme titre d'appel Marianne, une nouvelle chanson originale de Human League. Le groupe avait enregistré deux versions de cette chanson, le label n'a pas choisi la préférée du groupe. De toute façon, ce titre, honnête sans plus et largement inférieur aux meilleurs extraits de Reproduction, n'avait à mon avis aucune chance de faire un tube.
Virgin a dû s'en rendre compte et a aussitôt décidé de diffuser Holiday '80 dans une version simple 45 tours, en mettant en valeur en face A une reprise qui figurait sur une des faces du double 45 tours, le Rock'n'roll de Gary Glitter. Là, c'était du lourd, un hymne de 1972 connu de tous les anglais, qui avait d'ailleurs dû marteler la jeunesse glam des membres de Human League. C'est cette version de Holiday '80 que j'ai achetée au moment de sa sortie chez New Rose, et elle a un peu mieux marché, valant même au groupe un passage à Top of the pops bien qu'elle soit restée à l'extérieur du Top 40.
En ce printemps 1980, Virgin avait aussi préparé une édition maxi de Holiday '80. Celle-là même que j'ai trouvée d'occasion quelques temps plus tard dans une cave de Londres pour 1,20 £ et qui, pourtant, n'aurait jamais été officiellement commercialisée. Certains exemplaires ont dû être destinés à fin de promotion, mais sans mention particulière, en tout cas sur le mien, qui doit faire partie de ce lot.
Sur ce maxi, outre Marianne et Rock'n'roll (une version synthétisée, mais somme toute assez fidèle à l'originale), on trouve une autre reprise enchaînée à Rock'n'roll, Nightclubbing, une version honnête mais pas transcendante de la chanson d'Iggy Pop co-écrite avec Bowie, qui apporte moins de nouveauté par rapport à l'original que la version qu'en donnerait Grace Jones l'année suivante.
Le quatrième titre n'est pas une reprise mais presque, puisqu'il s'agit d'une nouvelle version du premier 45 tours de The Human League, Being boiled, mais là aussi la version, bien qu'excellente si on la considère indépendamment, perd tout intérêt quand on la compare à l'originale car elle ne lui apporte rien. C'est le seul titre du disque qui sera inclus le mois suivant sur Travelogue, le deuxième album du groupe, qui est pour le coup une réussite majeure.
Le dernier titre du disque est Dancevision, une vieillerie déjà en 1980 puisque cet instrumental avait été enregistré en 1977 par Ian Craig Marsh et Martyn Ware sous le nom de The Future, avant même que The Human League soit officiellement formé. A la limite, j'aime mieux Dancevision que les quatre instrumentaux qu'on trouve sur le deuxième single du groupe, le maxi Dignity of labour.
Mais la saga Holiday '80 n'est pas finie, et décidément Virgin n'a jamais réussi son coup avec ce disque. Ils ne sont pas à plaindre, car vous savez sûrement qu'en 1981, une fois les deux principaux musiciens du groupe partis, la nouvelle formule de Human League menée par le chanteur Phil Oakey et complétée par deux danseuses/chanteuses a cartonné dans le monde entier avec l'album Dare ! et le single Don't you want me. Du coup, EMI a ressorti début 1982 la version originale de Being boiled, et ça a fait aussi un tube ! Sans se démonter, Virgin a contré en éditant pour la troisième fois son Holiday '80, en simple 45 tours mais en mettant en valeur cette fois Being boiled sur la pochette. Le coup a moyennement marché puisque, si le disque s'est mieux vendu qu'en 1980 (46e des charts), c'est bien la version originale qui a fait le plus gros score (n° 6).
Si je compte bien, ça nous fait quatre versions différentes de Holiday '80 avec quatre variations de la pochette, cela sans compter un maxi japonais et quelque chose qui parle particulièrement à l'amateur de disques virtuels que je suis, les quatre pochettes fictives attribuées au titre du EP sur le double 45 tours et le maxi.



Tous les titres de Holiday '80 sont inclus en bonus dans les rééditions de Travelogue.
La version en simple 45 tours de Holiday '80 avec Rock'n'roll en face A est en téléchargement chez Always searching for music.

13 juin 2009

LEE HAZLEWOOD : Baghdad knights


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres le 22 juin 2007
Réf : BPX 8869701392 -- Edité par BPX 1992 en Europe en 2006 -- For promotional use only. Not for sale.
Support : CD 12 cm
Titre : Baghdad knights

A 4 £, le prix de départ de ce disque, je ne l'aurai même pas regardé (faut pas pousser). Mais, grâce à la pratique des Record Exchange qui veut qu'un disque qui n'est pas vendu baisse de prix au bout d'un certain temps, quand je l'ai trouvé ce CD était descendu en cinq paliers jusqu'à 10 p et dans le même temps de l'étage à la cave.
Il s'agit du tout dernier single édité par Lee Hazlewood dans sa longue carrière, extrait de son tout dernier album, Cake or death. Pour une fois dans ce contexte, "dernier" signifie dernier pour de bon car, quand ce disque est sorti, Lee Hazlewood se savait incurablement malade et l'information était publique. Il est d'ailleurs décédé dans les mois qui ont suivi, à 78 ans.
En tout cas, sur cette chanson Hazlewood ne sonne ni malade ni vieilli. Hormis le thème d'actualité, ce titre pourrait même très bien être extrait de ses meilleures productions des années 60. On y trouve d'ailleurs à la guitare son vieux compère Al Casey (décédé lui aussi peu de temps après l'enregistrement, en 2006) qui, comme l'explique Pitchfork dans sa chronique, reprend avec une guitare électrique bien forte et bien crade le riff dérivé du Smokestack lighnin' de Howlin' Wolf qui figurait déjà sur leur première collaboration, le hit The fool par Sandy Clark de 1956. Cette guitare très twang (Duane Eddy, aussi présent sur l'album, a débuté avec Hazlewood) est accompagnée de cuivres puissants qui rappellent ses plus grands tubes, d'une flûte qui ponctue le refrain et de choeurs féminins qui font quelques "Ah ah ah". J'ai écouté un bon paquet d'albums de Lee Hazlewood de toutes époques et on a là un de ses enregistrements les plus énergiques, que je préfère à bien d'autres plus réputés. Et maintenant que j'y pense, on n'est pas loin du tout dans l'esprit des productions du jeune John Barry.
Baghdad knights est bien sûr une chanson sur la guerre, écrite par un vétéran de Corée. Son thème est probablement parfaitement synthétisé par la devise qui figure sur l'illustration de pochette : "Respectez les chevaliers, détestez la guerre". Un soldat y raconte sa guerre dans une lettre : "Parfois on se bat, parfois on court. C'est comme jouer au football avec une arme".
Malheureusement, les chevaliers américains ont déjà passé plus de deux fois 1001 nuits à Bagdad depuis l'invasion de l'Irak en 2003 et, près de deux ans après sa mort, la chanson de Lee Hazlewood conserve toute son actualité.

Baghdad knights est en écoute sur Youtube.

07 juin 2009

THE CURE : A single


Acquis chez New Rose à Paris le 7 août 1982
Réf : FICG 15 -- Edité par Fiction en Angleterre en 1982
Support : 2 x 45 tours 17 cm
Titres : The hanging garden -- One hundred years -/- A forest -- Killing an Arab

Le mois dernier, le magazine Mojo a consacré sa rubrique "How to buy" à The Cure (il s'agit d'un guide d'achat réalisé en partie avec la collaboration des lecteurs) et c'est Pornography qui s'est retrouvé classé en tête. Cette publication aura eu au moins un mérite : me prouver qu'il n'y a pas que Libération, et Bayon plus spécifiquement, pour placer ce quatrième album de The Cure sur un piédestal.
Pour ma part, autant je trouve a posteriori l'album précédent Faith très décevant, à l'exception notable mais pas unique du single Primary, autant mon avis sur Pornography n'a pas évolué depuis que je l'ai acheté à sa sortie : c'est un très bon album, mais pas l'un de mes préférés du groupe, cet honneur allant plutôt à Seventeen seconds, Three imaginary boys et même The head on the door (même s'il se trouve que je n'ai jamais acheté ce dernier album !).
Le premier souvenir que j'ai de Pornography, c'est la prestation de Cure à la télé, avant même la sortie du disque, où ils avaient joué une version de The figurehead, avec Lol Tolhurst qui utilisait des maillets (Si j'en crois la liste des apparitions télé du groupe fournie par le site Boys are forever drowning in pornography, ça se passait le 21 mars 1982 dans l'émission Mégahertz d'Alain Maneval).
L'été qui a suivi, c'est en pensant au titre de l'album que j'ai eu l'idée de nommer ma toute première émission de radio Phonographie (neuf émissions en juillet-août sur une radio libre rémoise qui n'attendait que l'autorisation de la pub pour devenir commerciale).
Si je n'étais pas emballé au-delà du raisonnable par Pornography, pourquoi alors ai-je décidé, lors d'un aller-retour éclair à Paris pour y dépenser une bonne partie de l'argent gagné à la sueur de mon front au mois de juillet, d'investir dans ce disque ? (Ce jour-là, j'ai aussi acheté They could have been bigger than The Beatles des Television Personalities, le 45 tours de The Colonel et des disques de The Sound, Wasted Youth et The Gist).
Et bien, les deux titres du premier 45 tours étant de simples extraits de l'album que j'avais déjà, il est évident que, outre le bel objet que représente ce double 45 tours, comme tous les double 45 tours, c'est le deuxième 45 tours live inédit qui m'a convaincu, d'autant plus que les titres sont deux classiques incontournables de Cure, A forest et Killing an Arab, enregistrés lors de la tournée qui a accompagné la sortie de l'album en Angleterre (le 27 avril 1982 à Manchester).
The Cure n'est pas le genre de groupe à beaucoup faire varier ses morceaux du studio à la scène ou d'un concert à l'autre. Ces deux versions ne sont donc pas très différentes de dizaines d'autres, mais elles sont quand même très bonnes, rapides, avec un très bon son, et surtout il me semble bien qu'elles n'ont jamais été reprises ailleurs, même pas sur la réédition "de luxe" de Pornography qui comporte pourtant tout un CD bonus !
Si j'avais dû extraire un titre de l'album pour en faire un single (tâche pas facile, il faut bien l'admettre), c'est One hundred years que j'aurais mis en face A. Dans l'esprit, il est peut-être un peu proche de Primary, mais c''est le titre le plus "rock" et "électrique" de l'album, avec des échos de New Order (la basse mélodique en avant, la boite à rythmes) et du Flowers of Romance de PIL (l'importance des percussions, comme sur tout l'album). Mais bon, d'un autre côté je comprends bien que les radios et les télés d'un pays anglophone n'auraient probablement pas fait une très grosse promotion pour une chanson dont les paroles s'ouvrent sur "It doesn't matter if we all die", avant d'évoquer, sans trop de structure, le coup fatal, des patriotes fusillés, la mort du père d'une petite fille, de la viande fraiche dans une pièce propre et de finir sur "Nous mourons l'un après l'autre, et encore et encore, et encore et encore" !!
Sans avoir à y réfléchir plus d'un instant, je peux citer au moins dix singles de Cure des années 70 et 80 que je préfère à The hanging garden, de Boys don't cry à Just like heaven ou de Charlotte sometimes à The caterpillar. Ce n'est pas que je n'aime pas cette chanson, ou que je la trouve particulièrement mauvaise (elle fonctionne d'ailleurs plutôt bien, avec ses percussions façon PIL, toujours, ou façon Creatures, le groupe de Siouxsie et Budgie que Robert Smith connaissait très bien), mais The Cure a tellement fait mieux par ailleurs, plus pop, plus original, plus excitant, que The hanging garden pâlit en comparaison. Le disque n'a d'ailleurs pas fait mieux que la 34e place des charts anglais...

Publicité pour Pornography parue dans Rock & Folk au printemps 1982.

06 juin 2009

CHHUN-VANNA & IM-SONG-SOEUM : Quand tu me comprendras


Acquis sur le vide-grenier de Chavot le 1er juin 2009
Réf : H 2903 -- Edité par Indépendance au Cambodge vers 1966
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Quand tu me comprendras -/- L'aigrette vole seul, l'épervier vole en couple

Saison difficile pour les vide-greniers : soit le temps ne s'y prête pas du tout, soit je rentre bredouille.
La semaine dernière à Chavot, je n'ai trouvé que ce seul disque. Il y a encore peu d'années, je ne me serais pas du tout intéressé à ce 45 tours cambodgien, "offert à Mme Cibert qui connaitra le Cambodge par ses chansons et musiques" à Paris le 3 juin 1966, si l'on en croit la dédicace qui figure au dos.
Mais depuis quelques temps, Internet nous a ouvert les oreilles. Il y a eu les relectures du groupe de San Francisco Dengue Fever, les articles comme ceux de La Blogothèque ou de WFMU, les compilations comme celles de Sublime Frequencies, les sites comme Radiodiffusion Internasionaal.
C'est grâce à tout ça que je me suis intéressé de près à ce 45 tours quand je suis tombé dessus au milieu d'un petit lot de disques quelconques, puis que je me suis décidé à l'acheter. Et c'est suite aux retombées de la colonisation française du Cambodge que l'on trouve sur la pochette la traduction du titre des chansons en français ainsi que la translittération du nom des artistes. S'il n'y avait eu que la version khmer sur la pochette, j'aurais bien été en peine de vous dire quoi que ce soit d'autre sur ce disque que mes impressions à l'écoute.
Chhunn Vanna chante sur les deux faces du disque. Je ne m'attendais pas en l'achetant à trouver du rock sur ce disque (et ce n'est effectivement pas du rock), mais Chhun Vanna, chanteuse très populaire au Cambodge, a fait partie de la vague dite "khmer rock" dans les années 60. Elle l'est l'une des rares artistes populaires à avoir survécu au régime khmer rouge et vit désormais aux Etats-Unis.
La face A est un duo avec Im Song Soeum (Oeum Song Soeum pour les anglais, apparemment), également un chanteur très populaire au Cambodge, qui a enregistré de nombreux duos avec diverses chanteuses, si j'en crois ceux qui sont disponibles sur Youtube, dont Ph'Kor Lorn Doerm Chh'Nam, avec Chhun Vanna justement.
Les deux titres de ce disque sont des Ramvong, une des danses traditionnelles les plus populaires du Cambodge, qui se danse en ronde, comme on peut le voir sur la pochette du 45 tours et sur cette vidéo karaoke, sur une chanson de Chhun Vanna.
C'est beaucoup moins funky et moins fou, mais quand je cherche un point de comparaison pour cette musique je pense à la musique éthiopienne de la fin des années 60/début années 70, telle qu'on a pu la découvrir grâce à la série Ethiopiques. Sans s'en tenir à l'exotisme pur, il y a un rythme et un groove communs aux deux traditions musicales.
Pour Quand tu me comprendras, le duo, les deux voix se complètent de façon dynamique , accompagnées notamment par une guitare électrique (discrète) et surtout une trompette solo bien embouchée.
Les cuivres (saxophones et/ou trompette) sont aussi présents sur L'aigrette vole seul, l'épervier vole en couple (quel titre !), pour une chanson tout aussi réussie que la première.
Et même si le temps ne s'annonce encore pas folichon, avec un peu de chance un fragment du bout du monde et d'un autre temps viendra encore (quasiment) frapper à ma porte demain matin...

De nombreux titres de Chhun Vanna sont disponibles sur Khmernet Radio, notamment les deux faces de ce 45 tours, Quand tu me comprendras sous le titre Ma-dong Niss Main Haeuy et L'aigrette vole seul, l'épervier vole en couple sous le titre Kok Heur Teh Aeng.
Trois titres sont aussi disponibles sur Archive.org.

01 juin 2009

CAMPER VAN CHADBOURNE : Camper van Chadbourne


Acquis chez AYAA à Reims en 1987
Réf : SAVE 46 -- Edité par Fundamental en Angleterre en 1987
Support : 33 tours 30 cm
14 titres

Un peu avant le milieu des années 1980, l'association A l'Automne Alité (AAA) est devenue la SARL AYAA. Quelques temps plus tard, au moment d'un passage financier difficile, AYAA a fait appel aux bonnes volontés et a ainsi obtenu la distinction d'être la seule société de laquelle je sois jamais devenu actionnaire. Actionnaire très symbolique (une seule action, à 300 F je crois), sans jamais participer à un seul CA ni recevoir un seul document financier, mais actionnaire quand même.
J'ai rarement visité l'entrepôt d'AYAA qui se situait rue Ponsardin à Reims. Trois, quatre fois peut-être. Mais à chaque fois, guidé par Etienne Himalaya qui connaissait bien mes goûts (de la musiqe qui peut être bien déjantée mais qui conserve au moins une vague structure pop-rock), j'en suis revenu avec des disques intéressants (Mute Drivers, Kalahari Surfers, An der shönen blauen Donau,...), dont celui-ci est sûrement le plus bel exemple.
Je connaissais Camper van Beethoven depuis que j'avais récupéré dans les entrepôts de Rough Trade Records un exemplaire promo pour mon émission de radio de leur premier maxi anglais, l'excellent Take the skinheads bowling. Le nom d'Eugene Chadbourne ne me disait rien à l'époque, mais il aurait dû me parler car je connaissais et appréciais Shockabilly, le groupe dont il avait fait partie avec Kramer et David Licht.
On peut d'ailleurs faire un lien entre Shockabilly et Camper van Chadbourne (une collaboration, vous l'aurez compris, entre Eugene Chadbourne et Camper van Beethoven, qui a produit plusieurs album de 1987 à 1999 : ceci est le premier). Les deux groupes ont fait énormément de reprises, et là où Shockabilly les traitait façon punk progressif super accéléré, Camper van Chadbourne les traite façon country-folk jazzy déjanté, plutôt ralenti. Je m'apprêtais à faire un rapprochement entre CvC et, par exemple, la collaboration entre les Flamin' Lips et les Butthole Surfers pour la version "bluegrass" de Turn it on quand j'ai appris que CvC avait justement repris très régulièrement sur scène un titre des Butthole Surfers, The Shah sleeps in Lee Harvey's grave.
Plutôt que ceux d'une sorte de super-groupe underground, les disques de Camper van Chadbourne sont avant tout des disques d'Eugene Chadbourne accompagné par Camper van Beethoven : les titres originaux sont tous signés Chadbourne, c'est lui qui assure le chant principal et les autres musiciens sont des potes à lui, mais la sauce prend excellemment avec le talent particulier des musiciens de CvB.
Je n'aime pas tout dans ce disque, mais tous les titres qui me plaisent je les trouve vraiment excellents et agréablement déjantés, surtout les débuts de face.
La A débute avec une superbe version de Reason to believe de Tim Hardin enchaînée avec une reprise de I talk to the wind de King Crimson. Est-il utile de préciser que j'ai très peu de titres de King Crimson chez moi (ceci est peut-être bien le seul) et que, après vérification, je préfère, et de très loin, cette reprise à l'originale ?
Lafayettenam est l'un des excellents titres originaux de ce disque, avec Boy with the coins, qui ouvre la face B, Psychadelic basement (le titre le plus punky du lot), Evil filthy preacher et They can make it rain bombs.
Les versions de cette chanson sont légion, mais celle qu'on trouve ici de The ballad of Easy Rider est ma préférée. Par contre, autant le choix du titre est excellent ("Axe" signifiant aussi bien "Hache" que "Guitare", et Eugene Chadbourne est bien sûr un guitariste), autant la reprise de Pink Floyd Careful with that axe, Eugene n'est pas pour moi. De même, je laisse aux fans de jazz les reprises de Thelonius Monk et de Pharoah Sanders (sauf peut-être la version Slight return un peu reggae de Ba-lue Bolivar ba-lues are), tout comme je laisse bien volontiers aux fans de Frank Zappa (qui sont en partie les mêmes), le fameux Zappa medley présent ici.
Eugene Chadbourne précise sur son site que ce disque est celui de sa pléthorique discographie qui s'est le plus vendu (plus de 15 000 exemplaires dans ses différentes éditions, CD y compris). Ce n'est pas étonnant, car ce disque est sûrement l'un des plus accessibles de Chadbourne et il a aussi tout pour plaire aux (relativement) nombreux fans de Camper van Beethoven.

Quatre concerts de Camper van Chadbourne de la fin des années 1980 sont disponibles en téléchargement sur archive.org.

31 mai 2009

THE JOHN BARRY SEVEN PLUS FOUR : Hit & miss


Acquis chez Oxfam à Saint-Helier le 20 mai 2009
Réf : 45-DB 4414 -- Edité par Columbia en Angleterre en 1960
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Hit & miss -/- Rockin' already

Il n'y avait quelques 33 tours que dans une minorité de la grosse dizaine de boutiques caritatives de Saint-Helier que j'ai visitées, et des 45 tours dans quasiment aucunes, sauf chez Oxfam où il y en avait une trentaine sous l'étiquetage approprié de "Vieux disques".
Ces disques, achetés sur place à Jersey si j'en crois le tampon du magasin qui figurait sur certains d'entre eux, venaient probablement de la collection d'un unique propriétaire. Ils dataient tous du début des années 60 (avant la révolution Beatles) et se présentaient tous, comme c'était la règle à l'époque en Angleterre, dans des pochettes génériques des labels, dont certaines sont de grandes réussites du design graphique.
Je suis reparti avec cinq de ces disques et je savais dès que mes yeux sont tombés dessus que ce 45 tours de John Barry me plairait beaucoup car, l'hiver dernier, Dorian Feller m'avait fait écouter un EP français du début des années 60, The John Barry sound, et j'avais été très agréablement surpris par la pêche qu'avait ce disque. Je m'étais fait une note de penser à acheter tout disque de John Barry pré-James Bond qui se présenterait à moi dorénavant et, coup de bol, ce 45 tours correspond justement à la moitié du EP français, l'autre moitié étant le 45 tours suivant Walk don't run/I'm moving on.
La différence avec les musiques de films qui rendront John célèbre, c'est que ces enregistrements quasiment-rocks sont enregistrés dans une formation réduite, The John Barry Seven, à laquelle sont quand même ajoutés sur ce 45 tours quatre autres musiciens (probablement une section de cordes).
J'ai parlé de quasi-rock plus haut car de façon assez surprenante l'instrument solo principal ici est la guitare électrique, tenue par un gars qui touche sa bille, Vic Flick. Il y a sur les deux titres en contrepoint de la guitare des cordes plus aigües (jouées en pizzicato si j'en crois de plus qualifiés que moi) et l'effet est très réussi. On pense pour le côté twangin' guitar à des groupes instrumentaux comme les Shadows (ce n'est pas un hasard si la face A du 45 tours suivant Walk don't run est une reprise des Ventures) et pour l'association guitare/cordes à Duane Eddy, même si l'arrangement est ici beaucoup moins ampoulé que certains enregistrements, certes peut-être plus tardifs, de Duane Eddy.
La face A Hit & miss est une composition de John Barry, c'est une grande réussite, à tel point que la BBC a ensuite décidé de l'utiliser pour remplacer l'indicatif original de la célèbre émission Juke box jury.
Pour la face B Rockin' already, coulée dans le même moule que la A (ni plus ni moins rock d'ailleurs), John Barry n'est crédité que pour les arrangements. J'ai compris pourquoi, pas en écoutant les premières mesures de musique, mais quand les choeurs sont arrivés. Après un petit doute, je me suis rendu à l'évidence : ces choeurs chantent bien l'air de Wimoweh (Le lion est mort ce soir).

Ces deux titres ont été très souvent réédités, notamment sur des compilations de la période EMI de John Barry.