16 juillet 2018

THE MONOCHROME SET : The strange boutique


Offert par Thierry T. par correspondance en 2010
Réf : DIN 18 -- Édité par Dindisc en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The strange boutique -/- Surfing S.W.12

Samedi 7 juillet, j'étais dans la forêt ardennaise à Petit Fays en Belgique pour le parfaitement nommé Ptit Faystival. C'est la deuxième fois que je m'y rendais. En 2012, j'y avais notamment vu Arlt et Patrik Fitzgerald. Là, le beau temps étant de la partie, j'ai encore une fois passé un moment des plus agréables, dans une ambiance unique. J'ai joué à la pétanque avec un marseillais, j'ai mangé des frites et des canadas aux rousses avec des belges, et j'ai vu six concerts dans la journée.
Le premier, magique, a eu lieu derrière l'église, sous le marronnier du centenaire, planté en 1930. Tartine de Clous, Alasdair Roberts et Neil McDermott nous ont charmés avec leurs chansons avec (ou sans) folklore, dans l'esprit du Mélusine des années 1970. Un album de la coopération entre ces français et ces écossais est annoncé chez Okraina à l'automne.



Les autres concerts ont eu lieu sous chapiteau et la soirée s'est terminée de façon torride avec plein de fans de The Monochrome Set (tous les fans belges du groupe ?) qui, à la fin du concert, quand le groupe a enchaîné Eine Symphonie des grauens et He's frank, étaient tellement déchaînés que j'ai dû m'écarter et me reculer pour ne pas être trop bousculé, comme on le voit sur cette photo diffusée dans un tweet de David Mennessier :



On trouve de nombreuses photos du festival chez Fabonthemoon, et aussi chez Laurent Orseau, que j'ai dû côtoyer toute la journée sans qu'on se reconnaisse.
C'était la troisième fois que je voyais The Monochrome Set en concert (après 1984 à la London School of Economics et 2013, aussi à Londres mais au Bush Hall), mais c'était la première fois pour moi que le groupe jouait en quatuor, avec deux membres historiques (Bid à la guitare et au chant, Andy Warren à la basse et aux chœurs) et deux plus récents (Mike Urban à la batterie et John Paul Moran aux claviers et aux chœurs). Je me demandais comment ça allait se passer pour les parties de guitare sans "soliste", mais en fait, bien soutenu par l'orgue, Bid s'en sort très bien tout seul.
Le groupe a joué ce qui de fait était un best-of bien sélectionné, se concentrant sur les premières années. Il y a eu environ un petit quart de chansons que je ne connaissais pas, sûrement relativement récentes donc, et ce qui est bien c'est que la plupart de ces chansons m'ont beaucoup plu.
Parmi les anciennes chansons jouées, j'ai cru me souvenir (ce n'est pourtant pas si vieux !) qu'il y a avait l'excellente The strange boutique, la chanson-titre de leur premier album et aussi la face A du 45 tours que j'ai sélectionné aujourd'hui. Je me trompais, mais cette erreur m'a au moins donné l'occasion de ressortir ce 45 tours.
A quelques jours d'écart en avril 1980, Dindisc a donc sorti deux disques de The Monochrome Set titrés The strange boutique. Autant je me suis procuré peu de temps après sa sortie l'album en pressage anglais distribué en France par Arabella Eurodisc (quelques mois plus tard, ce label ira jusqu'à presser une édition française de Love zombies), autant je pense que je n'ai jamais vu à l'époque le 45 tours, le seul extrait de l'album. Je ne pense pas que je me le serais offert de toute façon juste pour sa face B inédite, car mon budget de lycéen était très serré.
Du coup, ce disque a longtemps manqué à ma collection presque complète (jusqu'en 1985 en tout cas) des singles du groupe. Mais en 2010 je suis allé à Marseille pour le lancement à La Poissonnerie de L'estourdisco volume 8, que j'avais compilé, et on en est venu à parler de Monochrome Set avec Thierry, de La Poissonnerie et aussi entre autres de Fall of Saigon. Je ne sais plus comment c'est venu, et je ne sais plus non plus s'il avait le disque en un exemplaire ou en double, toujours est-il que Thierry m'a proposé à Marseille de m'offrir ce disque et il a tenu parole en me l'envoyant quelques semaines plus tard.
Ce 45 tours est intéressant à plusieurs titres.
Pour sa pochette déjà, qui est le pendant de celle de l'album The strange boutique. J'ai toujours trouvé que la pochette de l'album, créditée au groupe et à Peter Saville, aurait mieux convenu à Joy Division ou à un autre groupe lugubre très new wave qu'à ces petits rigolos de Monochrome Set. En tout cas, cette pochette est marquante et elle est très réputée, comme la plupart des travaux de Peter Saville de ces années-là, mais c'est bien dommage qu'à chaque fois qu'on réimprime dans un livre la pochette de l'album avec son fameux plongeur, on ne mette pas en regard celle du 45 tours, avec un carton du même gris, avec le cadre de photo au recto et celui des crédits au verso en relief comme pour les premiers exemplaires de l'album, et surtout avec cette autre photo en noir et blanc, sans plongeur mais avec les traces d'un plouf dans l'eau !
Un autre intérêt du disque, c'est la chanson The strange boutique. Il s'agit de la même version que celle qui clôturait l'album, moins les quelques secondes tout à la fin où le son remontait après s'être presque arrêté. Pour le coup, contrairement par exemple à 405 lines, ça me parait un bon choix de face A, car c'est sûrement l'un des titres les plus directement "rock" de l'album, avec de l'orgue qui rappelle le son garage des sixties. Bon choix donc, mais ça n'a pas suffi car j'ai l'impression que ce 45 tours ne s'est vraiment pas beaucoup vendu.
Autre intérêt de ce disque, sa face B, une vraie chanson, Surfing S.W.12, qu'on ne trouvait nulle part ailleurs à l'époque. C'est peut-être bien l'une des chansons du groupe où l'on entend le plus l'influence que le Velvet Underground a eu sur lui. Il est aussi possible tout simplement que ça en soit une sorte de parodie. Quand le volume 2 de la compilation Volume, contrast, brilliance est sorti en 2016, on a pu découvrir que cette face B était en fait l'une des toutes premières chansons du groupe, puisqu'on y trouve une version de 1978 titrée I wanna be your man.

J'allais écrire qu'on pouvait trouver les deux faces de ce 45 tours sur le coffret 1979-1985 : Complete recordings sorti plus têt cette année, mais la version CD est déjà épuisée et la version 33 tours est à prix prohibitif. The strange boutique se trouve facilement partout avec l'album. Pour Surfing S.W.12, il y a YouTube, ou sinon carrément le 45 tours, qui se vend d'occasion à un prix relativement abordable.


The Monochrome Set, The strange boutique, en concert au festival Marathon '80 à Minneapolis le 22 septembre 1979.


The Monochrome Set, The strange boutique avec un volume faible, en concert probablement à Nottingham le 16 août 1990.

06 juillet 2018

Melle RATIBA EL-CHAMIAH : Anti ya oum ein


Acquis chez Emmaüs à Reims le 29 juin 2018
Réf : B 095741-T -/- B 095743-T -- Édité par Baidaphon probablement au Liban probablement dans les années 1930
Support : 78 tours 25 cm
Titres : Anti ya oum ein 1 -/- Anti ya oum ein 2

Vendredi dernier, je suis allé chez Emmaüs à Reims pour la première fois depuis plusieurs mois. Entre-temps, le rayon "culture" a changé d'emplacement, et j'ai été content de voir qu'il y avait plus de disques que la dernière fois.
J'ai trouvé une petite poignée de 45 tours, autant de CD, mais surtout il y avait une pile de 78 tours de laquelle j'ai extrait une dizaine de disques, dont deux "arabes".
J'ai écouté le premier, sur le label B. Rsaissi. Très bien dans le genre, mais peut-être pas aussi accrocheur que celui de Mahjouba. En sortant le second disque pour l'écouter, je me suis dit que j'aime beaucoup cette musique assez traditionnelle aux sons orientaux, mais que j'aimerais bien tomber sur quelque chose plus dans le style de la chanson francarabe à la Lili Boniche.
Sans génie à la Aladin, il est rare que les souhaits se réalisent dans l'instant, mais c'est pourtant précisément ce qui s'est passé car je me suis vite rendu compte que la chanson Anti ya oum ein de Melle Ratiba El-Chamiah est chantée à la fois en arabe et en français ! Ratiba El-Chamiah chante d'abord en arabe, puis elle enchaîne sur des phrases en français ("Vous êtes très jolie", "Oh ma belle folie", "La première fois", "Y a mademoiselle jolie"...), sans que je sois en mesure de dire si ces phrases, traduisent, complètent ou commentent celles en arabe. Ensuite, un chœur d'hommes reprend les paroles qu'elle a chantées. De façon très étonnante, le rythme en arrière-plan sonne presque binaire à mes oreilles.
Il semble que le titre signifie Toi ou moi. Dans la partie 2 de la chanson, sur l'autre face, je saisis d'autres bouts de phrases en français, mais pas tous : "Fais-moi petit plaisir", "Viens guérir ma plaie", "Quand est le rendez-vous", "De moi ayez pitié",... On se doute qu'il s'agit d'une chanson légère.
Comme souvent avec mes disques 78 tours, je me suis vite rendu compte que ce disque n'est pas référencé en ligne. En tout cas, je n'ai rien trouvé sur Discogs, ni chez Internet Archive ni à la Bibliothèque Nationale de France.
Le label Baidaphon est pourtant réputé. C'est l'une des toutes premières maisons de disques établies en Afrique du Nord. Créé par des membres de la famille Baida à Beyrouth dès les premières années du vingtième siècle, il a très longtemps fait fabriquer ses disques en Allemagne par l'intermédiaire de l'un des frères, médecin installé dans ce pays. Rainer E. Lotz, dans son projet The German 78rpm Record Label Book, dédie un chapitre très complet à Baidaphon.
Dans un article d'Emmanuel Haddad pour Al Jazeera, on trouve une explication possible pour le manque d'information disponible sur les productions Baidaphone. En effet, les archives de la firme ont souffert à la fois des bombardements de Berlin et de la guerre civile libanaise.
J'ai quand même trouvé quelques informations sur "Melle Ratiba El-Chamiah", dont le nom est plus souvent transcrit en Ratiba Chamia. Elle serait morte à 68 ans en 1981. J'ai même trouvé une photo d'elle page 9 du numéro du 16 janvier 1932 de L'Afrique du Nord illustrée :


Sur la même page, on trouve une photo de sa tante Flifla Chamia, chanteuse et danseuse comme Ratiba ("La meilleure danseuse orientale"). Les Chamia, famille juive de Tunisie, étaient visiblement une famille d'artistes. Flifla est notamment réputée pour avoir joué dans Le fou de Kairouan, le premier film musical et le premier film en arabe réalisé en Tunisie. Une autre tante de Ratiba, Bahia, était aussi artiste, et la chanteuse Hana Rached, fille de Flifla, a poursuivi la tradition familiale.
La famille Chamia était suffisamment connue dans les années 1930 en Tunisie pour que "Chamia" et "Bahia" soient mentionnées comme artistes animant des galas orientaux à Tunis à la suite du nom de la grande vedette Habiba Messika dans la nouvelle Ninette de la rue du Péché de Vitalis Danon (1938).
Je sais depuis quelques temps que j'ai plus de chances de trouver des raretés en fouillant les quelques 78 tours que je croise qu'en espérant qu'un 45 tours garage sixties se soit glissé parmi des centaines de disques de variétés. J'espère avoir encore bientôt la main aussi heureuse !

Melle RATIBA EL-CHAMIAH : Anti ya oum ein (1 & 2).
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01 juillet 2018

JOHNNY DOWD : Hell or high water


Acquis chez Transmission Records à Cliftonville le 15 juin 2018
Réf : Nico7 - 001 -- Édité par Nicole aux Pays-Bas en 2000
Support : 33 tours 17 cm
Titres : Hell or high water -/- Divorce, American style

Séjournant quelques jours dans le Kent le mois dernier, je n'ai eu l'occasion de visiter que deux disquaires. L'un, qui s'est installé dans la grande rue de Canterbury peut-être bien dans les locaux qui accueillaient Indoor Market en 2010, propose à des prix délirants des disques d'occasion même pas en particulièrement bon état. L'autre, à Cliftonville/Margate, est une boutique beaucoup plus sympa et intéressante, où l'on trouve des vinyls neufs et d'occasion à des prix de 2018, et où il y avait au moins un petit carton de 45 tours soldés duquel j'ai extrait avec plaisir ce disque de Johnny Dowd à 1 £.
La discographie de Johnny Dowd est conséquente. Chose assez rare, en incluant des cassettes et des live en édition limitée, Discogs liste 23 albums, mais seulement 4 singles ! Celui-ci est le plus ancien et je suis d'autant plus content d'être tombé dessus.
En Europe, les disques de Johnny Dowd étaient alors édités aux Pays-Bas par Munich Records. Quelques-uns sont aussi sortis en Allemagne chez Glitterhouse. Ce disque-ci, qui s'écoute en fait en 33 tours car les titres sont un peu longs, est sorti sous l'étiquette par Nicole Records, présentée au dos de la pochette comme une filiale de Munich. C'est apparemment l'unique disque publié par ce label.
C'est dommage qu'il n'y ait aucun crédit pour la photo de pochette, qui nous montre un campeur devant son feu de camp et près de sa voiture, dans les années 1930 ou 1940 je dirais.
LA face A, Hell or high water est extraite de Temporary shelter, le troisième album de Johnny Dowd. Je n'ai pas cet album (peut-être que Philippe R. l'a car on s'arrangeait souvent pour ne pas prendre des disques en doublon quand on commandait ensemble chez Glitterhouse dans ces années-là), mais je connais bien la chanson car je l'avais sur la compilation Out of the blue volume 8 de Glitterhouse.
Rythme bancal, claviers crades, guitare râpeuse, duo vocal homme-femme brut de décoffrage, paroles tellement noires qu'elles finissent par prendre une dimension désespérément comique, il y a là tout ce que j'aime chez Johnny Dowd, tous les ingrédients qui m'ont fait craquer la première fois que j'ai entendu First there was sur une autre compilation Glitterhouse.
La face B, Divorce, American style, est plus rare. Elle est sortie initialement en 1999 sur la compilation d'enregistrements maison Unsound - Volume 2 : Guitars ! (on peut écouter un extrait de 30 secondes de la chanson en suivant ce lien), puis l'année suivante sur ce disque et c'est tout. Pourtant, j'ai dû récupérer un MP3 de ce titre à un moment ou un autre puisque, preuve qu'il m'avait bien plu, je l'ai inclus en octobre 2002 sur ma compilation Ma femme n'est pas là (le titre de la compilation vient de la chanson d'Arno Je veux nager, mais il colle très bien à celle de Dowd !).
Là, Johnny est juste un batteur. Le gars qui raconte l'histoire explique comment il est arrivé chez lui pour trouver sa femme au lit avec quelqu'un d'autre (avec une variante par rapport à la version classique : "She was in bed with my best friend's wife, no bigger surprise have I had in my life") et les conséquences du divorce qui a suivi.
Chez Counter Punch, j'ai trouvé une information intéressante : en 2016, sur son album Execute American folklore, Johnny Dowd a revisité et retravaillé certaines de ses chansons, parmi lesquelles Divorce, American style, qui est devenue pour l'occasion une sorte de hip hop crade titré Sexual revolution.
Quand j'ai trouvé ce disque, comme je connaissais les deux titres, je pensais qu'ils venaient d'un album que j'avais à la maison, mais j'étais déjà bien content. Mais je n'avais pas la face B en disque, et en plus elle est très bonne et rare. C'est parfait !

Des exemplaires autographiés de Temporary shelter sont actuellement en vente pour 4,99 $ sur le site de Johnny Dowd.


Johnny Dowd, Hell of high water, sur la compilation Down To The Promised Land: 5 Years of Bloodshot Records. Sauf erreur de ma part, c'est la version de l'album et du single.


Johnny Dowd et Kim Sherwood-Caso, Hell or high water, au Felicia's Atomic Lounge à Ithaca, la ville de Johnny Dowd, le 11 juillet 2010, dix ans après la sortie de Temporary shelter.

24 juin 2018

JAH WOOSH : Judy drowned


Offert par Damien R. à Épernay le 23 juin 2018
Réf : SP 10021 - Reggae Power 4 -- Édité par Soul Posters en France vers 1974
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Judy drowned -/- Crooked skank

Damien est tombé sur ce disque en brocante il y a quelques semaines. Il se doutait qu'il ne lui plairait pas mais il a pensé que ce disque reggae des années 1970 intéresserait sûrement l'un de ses amis. Je l'étais, et je le remercie d'autant plus de ce cadeau que j'ai nettement tendance ces derniers temps à revenir bredouille ou quasiment bredouille des brocantes que je visite.
Jah Woosh était ce que les jamaïcains appellent un DJ, c'est à dire non pas un gars qui passe les disques mais une sorte d'animateur qui, dans les soirées dansantes, "toaste" en parlant/chantant sur les versions instrumentales de titres reggae. Sur la compilation The deejays, parue en 2000 dans
la collection Classic reggae, on trouve un large éventail de DJs, de U Roy à I Roy, de Big Youth à Prince Far I, de Dillinger à Dennis Alcapone. Jah Woosh en fait partie, mais c'est vrai que, malgré une discographie conséquente, il n'est pas très renommé par chez nous. Pour ma part, je ne le connaissais que parce que, dans les années 1990, j'ai acheté en solde la compilation We chat you rock, qui est présentée comme une bataille avec I Roy, avec une alternance de titres de ces deux DJs.
Je n'aurais pas imaginé qu'un 45 tours de Jah Woosh ait pu être édité en France dès 1974. C'est parce que je ne connaissais pas vraiment ce label Soul Posters, qui a fait un sérieux travail de défrichage à cette époque, avec notamment la série de cinq 45 tours Reggae Power (celui-ci est le n° 4) et les trois albums compilations très pointus In the land of reggae. Mais j'ai quand même beaucoup de disques Soul Posters chez moi car cette maison a notamment distribué en métropole les disques réunionnais Jackman et les antillais Hit Parade.
Ce 45 tours est extrait du premier album de Jah Woosh. Il est produit par Rupie Edwards, à qui les deux excellents titres sont crédités.
Je ne sais sur quel "riddim" Judy drowned est bâti, mais pour les paroles Jah Woosh s'est inspirée d'une chanson traditionnelle, popularisée sur disque par Harry Belafonte en 1957 sous le titre Judy drownded, sur son album Belafonte sings of the Caribbean. Un peu comme avec Sur le pont de Nantes, c'est l'histoire d'une petite fille qui connaît un destin funeste pour n'avoir pas écouté les conseils sa mère.
En face B, Crooked skank est la version DJ de Down below, un titre d'Errol Dunkley, dont la version instrumentale est due aux Rupie Edwards All Stars.
Jah Woosh, Neville Beckford de son nom de naissance, est mort en 2011 à 59 ans. Il existe un Best of de 24 titres. On ne le trouve peut-être plus facilement en CD, mais on peut l'écouter intégralement en ligne.

23 juin 2018

THE TING TINGS : That's not my name


Acquis chez YMCA à Douvres le 13 juin 2018
Réf : 88697293792 -- Édité par Columbia en Angleterre en 2008
Support : CD 12 cm
Titres : That's not my name -- That's not my name (Soul Seekerz Radio Mix)

Je connaissais le nom du groupe et je savais qu'il avait eu beaucoup de succès, mais ça fait tellement longtemps que je ne suis plus de près l'actualité discographique qu'il a fallu attendre le mois dernier, quand j'ai trouvé à Plivot pour 1 € un exemplaire de l'édition "Deluxe" de leur premier album We started nothing (un CD plus un DVD), pour que j'écoute enfin attentivement un disque des Ting Tings.
Et ce qui est bien que ce que j'ai entendu m'a beaucoup plus plu, avec un bon paquet de titres forts sur cet album pop-rock-électro.
Alors, quand la semaine dernière  je suis tombé à Douvres sur cet exemplaire en pressage anglais de leur single That's not my name, je me suis jeté dessus, d'autant qu'il semblait bien me souvenir que c'était l'un des titres que j'avais bien aimés sur l'album. Une bonne affaire à 50 pence, même si pour le coup il aurait mieux fallu que je tombe sur le pressage européen de ce single, qui compte deux titres et une vidéo de plus.
Les Ting Tings, c'est un duo anglais composé de Katie White, qui chante beaucoup et joue notamment des guitares, et Jules de Martino, qui joue notamment de la batterie, chante un peu et produit.
That's not my name est l'un des nombreux singles extraits de l'album. C'est même celui qui s'est le mieux vendu puisqu'il a atteint la première place des ventes. Comme quoi, j'arrive largement après la bataille ! Les paroles ont été inspirées à Katie White par les différents "petits" noms plus ou moins ouvertement sexistes que des gars du monde de la musique s'obstinaient à utiliser pour la nommer. C'est rythmé et accrocheur. Dans l'esprit, pour la musique et même pour les paroles, je rapprocherais cette chanson de Je ne te connais pas de Prototypes, sorti quelques années plus tôt.
Le Soul Seekerz Radio Mix raccourcit la chanson et lui donne une touche électro-house. Ce n'est pas mauvais mais tout à fait dispensable.
Le groupe a sorti deux autres albums depuis et, si on en croit le titre de la page d'accueil de leur site, il est actuellement en train d'enregistrer un autre.





12 juin 2018

LIAISONS DANGEREUSES : Los niños del parque


Acquis probablement chez A La Clé de Sol à Reims vers la fin des années 1980
Réf : RR-125537 -- Édité par Roadrunner aux Pays-Bas en 1982
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Los niños del parque -/- Être assis ou danser -- Mystère dans le brouillard

L'hiver dernier, une révolution interne a agité Magic, la revue pop moderne. Une grande partie des contributeurs historiques du magazine a quitté le navire et, une fois dehors, ils se sont retrouvés et se sont demandé ce qu'ils allaient faire ensuite. Dénommés Section 26, ils ont commencé par revenir aux sources en sortant un gros fanzine à imprimer soi-même, avec notamment un article sur Felt de Christophe Basterra , un autre sur Television Personalities par Étienne Greib et le Je bande encore de l'ami Philippe Dumez. Depuis, le fanzine est devenu un site qui est régulièrement mis à jour.
Dans le fanzine, il y avait aussi un entretien d'Alex Mimiraki avec The Hacker à propos du livre Mute : A visual document de Terry Burrows.
The Hacker y revient sur ses rapports de fan avec Mute Records. J'ai été un peu surpris de la place prééminente qu'il accorde au Lady shave de Fad Gadget car, parmi les premiers singles du groupe, c'est celui que j'ai le moins écouté. Et en plus, j'ai tendance à préférer la face B, Make room. Voilà ce qu'il en dit : "À chaque fois que j’ai essayé de copier Lady Shave de Fad Gadget pour en faire une reprise, j’ai trouvé autre chose, qui a fait un hit ! Je ne dois pas être très doué, parce que cela m’emmène ailleurs. La première fois, cela a donné 1982 de Miss Kittin & The Hacker, et la deuxième fois Flesh & Bone, avec Perspects, qui a très bien marché. Ce morceau demeure une source perpétuelle d’inspiration pour moi…". Du coup, j'ai ressorti le disque et je dois bien dire que je l'ai mieux apprécié qu'à l'époque.
Mais cet article m'a fait ressortir un autre disque, Los niños del parque de Liaisons Dangereuses, qui est le disque Mute préféré de The Hacker. Il a effectivement été sorti par Mute sous licence en Angleterre, en petit 45 tours deux titres, mais la sortie originale s'est faite en Allemagne fin 1981.
Contrairement à beaucoup d'autres disques New Wave qui sont dans ma discothèque, je n'ai pas acheté celui-ci au moment de sa sortie. Je l'ai pris sans le connaître quelques années au plus tard, un jour où je suis tombé sur un exemplaire soldé.
Mon édition étant hollandaise et certains titres en français, j'ai longtemps pensé avoir affaire à un groupe belge, d'autant que ma chanson préféréé du lot, Mystère dans le brouillard, est tout à fait dans la veine Polyphonic Size. Mais non, Liaisons Dangereuses était un groupe d'Allemagne, un trio composé de Chrislo Hass, un ex-membre de Deutsch Amerikanische Freundschaft, de Beate Bartel et du chanteur Krishna Goinaud, qui doit avoir des attaches françaises, ce qui explique les nombreuses et bienvenues paroles en français du groupe, une caractéristique qui les rapproche d'autres groupes d'Allemagne francophiles, Sprung Aus Den Wolken et The Truffauts.
La discographie de Liaisons Dangereuses se limite à un unique album, sorti en 1981, qui s'ouvre avec les trois titres de ce maxi, leur unique single.
La face A, Los niños del parque, est devenue une référence. Elle a été souvent samplée et plusieurs fois reprise. Si les liens avec des contemporains comme D.A.F., bien sûr, Fad Gadget et Front 242 sont clairs, on entend bien ici également les aspects proto-technos qui ont fait la réputation du groupe et la joie des DJs.
J'étais complètement passé à côté jusqu'ici d'Être assis ou danser et j'ai eu tort car c'est une réussite, que je préfère à la face A. C'est aussi une chanson rapide, mais avec un séquenceur moins rigide, un peu façon Devo de la même époque, et même du saxopĥone à la Tuxedo Moon.
Les paroles sont très bien :
"C'est l'histoire d'un garçon qui ne pouvait pas arrêter de danser
Il regardait autour de lui, tout le monde était assis, c'est vraiment chiant
Ses parents l'avaient prévenu, il ne faut pas traîner toutes les nuits dans les discosC'est l'histoire d'un garçon, et bien sûr il finit par crever, c'est normal aujourd'hui"
D'avoir réécouté plusieurs fois ce maxi me donne envie de découvrir l'album Liaisons dangereuses, avec des titres comme Apéritif de la mort, Peut-être... pas, Kess kill fé show, Dupont ou Avant-après mars. La dernière réédition en CD, qui date de 2013, est encore facilement disponible.




Liaisons Dangereuses, Los niños del parque, en concert à l'Hacienda à Manchester, le 7 juillet 1982. Ce concert a été édité en vidéo en 1987.

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