05 février 2012

PETE ASTOR : Songbox


Acquis par correspondance chez Second Language en Angleterre en janvier 2012
Réf : SL012 & SL012x -- Edité par Second Language en Angleterre en 2011
Support : 2 x CD 12 cm
11 + 11 titres

Cet album de Pete Astor s'appelle Boite à chansons et le CD qui contient ces chansons est effectivement rangé dans une boite en carton, avec des cartes postales sur lesquelles les paroles sont imprimées. Les premiers exemplaires étaient accompagnés d'un CD de reprises des onze titres de l'album. Sur le coup, je m'étais agacé de cette édition avec bonus très limitée, mais j'aurais dû me renseigner d'abord et j'aurais compris que le projet de Second Language est justement, hors de la production industrielle habituelle, d'être un label fait-main qui diffuse de la musique de manière réfléchie et travaillée, en quantité limitée comme toute production artisanale, prioritairement destinée aux soutiens du label ont choisi de s'abonner à l'avance aux différentes parutions. Et même si je me suis réveillé un peu tard, Glen Johnson, de Second Language et de Piano Magic, entre autres, a eu la gentillesse de glisser le CD-R de reprises dans ma boite lorsque je l'ai commandée.
Avant ça, j'avais découvert cet album grâce à Dead trumpets, l'extrait qui en avait été largement diffusé en ligne et qui indiquait d'emblée que Songbox est à classer parmi les meilleures productions de Pete ces vingt-cinq dernières années, c'est à dire bien meilleur que les premiers albums solo chez Creation et aussi enthousiasmant que les disques chez Danceteria, les faces B quasi-solo des Weather Prophets comme Joe Schmo and the eskimo ou les meilleurs titres de The Wisdom of Harry.
On n'a pas à faire ici à un album concept, mais après des années de pratique et alors qu'il enseigne la musique à l'université, Pete Astor réfléchit à sa pratique d'auteur-compositeur, et le premier et le dernier titre de l'album parlent notamment de ça, de chanson. Le refrain du premier, Dead trumpets, est clair : "Welcome to my late night solo drinking song. It's called 'Dead trumpets' and no one's going to sing along." Sauf que, l'ironie ne peut être que volontaire, cette partie entraînante de la chanson est justement celle où Pete est accompagné par plusieurs choristes !
De façon très directe, Mistress of song traîte de la question de l'écriture de chanson, et là il y a un précédent évident que le titre lui-même évoque, la Tower of song de Leonard Cohen. Pete Astor en dit plus sur le sujet dans le podcast de Second Language et dans sa rencontre filmée avec Lawrence. Il explique notamment la référence à la première rencontre avec la chanson, en 1974 : c'est l'année où il a assisté à son premier concert rock, un prof l'ayant emmené voir Hawkwind avec d'autres élèves de sa classe.
Outre ces deux chansons, l'ensemble de l'album est une réussite. Les arrangements sont travaillés, notamment avec l'utilisation d'instruments à vent (joués par Keiron Phelan et Jenny Brand) et de choeurs, mais la production reste toujours très fraiche et très légère. J'y retrouve la patte de Peter, avec des accents qui rappellent The Weather Prophets ou ses précédents disques solo, avec une majorité de chansons que j'aime beaucoup, dont Slip away, Dunce, Tiny town, The perfect crime et Sleepers.
Le CD de reprises peut être vu comme une prolongation de la réflexion sur la fabrique de chansons, cette matière première étant retravaillée par de vieilles connaissances et de jeunes groupes. Chacun adapte les chansons à son style, quitte à les améliorer, comme le souligne Pete dans l'interview. Dead trumpets par Dollboy semble avoir été mixé avec la reprise du Rock'n'roll de Gary Glitter par The Human League. Dunce par Pastourelle donne aussi (discrètement) dans l'électro. Plusieurs titres ont un son plutôt lo-fi, notamment ceux de Let's Wrestle, Darren Hayman, Comet Gain et The Proper Ornaments. La version assez folk de Slip away par Pete Greenwood a le mérite de révéler la parenté de cette chanson avec les compositions de Townes Van Zandt. Parmi les vieilles connaissances, Patrik Fitzgerald surprend en utilisant le piano plutôt que son habituelle guitare et les Raincoats continuent à jouer les têtes chercheuses et aboutissent avec The perfect crime à un résultat assez proche de ce que Mathew Sayer fait de Tree of birds. L'album se conclut magistralement avec une version dépouillée de Mistress of song par Piano Magic, chantée par Angèle David-Guillou, qu'on entend aussi sur le disque de Pete Astor (au piano électrique et aux choeurs), mais pas sur la version originale de ce titre.

A écouter : le Podcast 12 de Second Language, avec Pete Astor qui s'explique sur la création de Songbox.
Songbox est en vente chez Second Language.


La vidéo de Dead trumpets réalisée par Gina Birch des Raincoats.


Pete interviewé par Lawrence à propos de Songbox (1ère partie).

04 février 2012

FAMILY MAN : Midnight sunshine / GREGORY AND STICKY : You are my sunshine



Acquis sur le vide-grenier de Condé-sur-Marne le 1er avril 2002
Réf : ERT 834 -- Edité par Escort en Angleterre en 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : FAMILY MAN : Midnight sunshine -/- GREGORY AND STICKY : You are my sunshine

On en rêve souvent, mais des trouvailles de disques quasi-miraculeuses ça reste rare. Certes, j'ai récupéré dans une poubelle des EP de Ronnie Bird et de Bob Dylan alors qu'ils étaient en plus sur le point d'être transformés en frisbee, mais ce genre de belle histoire ne vous arrive pas souvent. La seule autre que j'ai en tête qui me concerne, c'est celle de la cueillette de 45 tours de reggae le 1er avril 2002 sur le vide-grenier de Condé-sur-Marne. J'ai compilé ces 45 tours sur l'un de mes disques virtuels, Condé-sur-Kingston et l'aventure est racontée dans les notes de pochette, mais ce jour-là, je n'étais présent que pour le deuxième service et nous étions alors trois compères.
Je ne possède donc réellement qu'on grosse poignée des 24 disques glanés ce jour-là, mais ils sont presque tous excellents et j'ai eu du mal à en choisir un pour le présenter ici. Finalement, je me suis décidé pour ce disque paru chez Escort, une des nombreuses étiquettes du groupe Pama Records qu'on a découvertes ce jour-là (et quelle belle étiquette, qui compense largement l'absence de pochette illustrée), car on y trouve associés sur ses deux faces plusieurs grands noms du reggae.
Le Family Man de la face A, c'est bien sûr Aston Barrett. Il a démarré l'année 1970, celle de la sortie de ce disque, comme membre des Upsetters de Lee Perry, mais il l'a terminée comme bassiste des Wailers (à moins qu'il ait joué avec les deux groupes en même temps...). Je n'aurais jamais imaginé qu'il avait eu une carrière solo en parallèle de ces groupes, mais il a bel et bien sorti une série de 45 tours à cette époque et ce ne sont pas des instrumentaux comme je l'avais pensé initialement. Family Man chante sur Midnight sunshine et il s'en tire honnêtement, même s'il n'a pas une voix exceptionnelle. Midnight sunshine n'est d'ailleurs pas le vrai titre de cette chanson au rythme enlevé : on a voulu donné une thématique "sunshine" aux deux faces du 45 tours et sûrement égarer les ayant-droits, mais ce titre est bel et bien une reprise d'un tube soul de 1967, Mellow moonlight de Leon Haywood. L'original est très bien, mais cette reprise très dansante se défend pas mal, avec des cuivres et de l'orgue très travaillés. On aurait bien imaginé The Beat la reprendre dans ce style quelques années plus tard.
On ne compte plus les reprises de You are my sunhine, surtout depuis que cette chanson popularisée en 1940 par Jimmie Davis est devenue l'un des hymnes de l'Alabama, dont il a été par deux fois le gouverneur. Cette version de You are my sunshine est interprétée par deux vedettes encore peu connues qui la chantent en choeur, Gregory Isaacs et Sticky, alias Uziah Thompson (lui aussi beaucoup plus réputé comme instrumentiste, aux percussions, que comme chanteur). Leur version est très cool. Sur une rythmique reggae ponctuée d'orgue, les deux compères se contentent de chanter en boucle le refrain de la chanson, sans s'être fatigués à apprendre le moindre couplet. Cerise sur le gâteau, Reggaepedia nous apprend que cette chanson a été enregistrée par Gregory et Sticky pour Lee Perry ! Si c'est bien le cas, il y a toutes les chances, sachant qu'Aston Barrett était membre des Upsetters, pour que Lee Perry soit le producteur des deux faces de ce disque, même si son nom n'apparait nulle part sur l'étiquette.

Midnight sunshine et You are my sunshine sont en écoute sur YouTube.
You are my sunshine a été réédité en 2004 par Trojan dans le coffret Sunshine reggae.

29 janvier 2012

LUNA : Close cover before striking


Acquis par correspondance via Amazon aux Etats-Unis en janvier 2012
Réf : TWA51CD -- Edité par Jetset aux Etats-Unis en 2002
Support : CD 12 cm
7 titres + 2 vidéos

Jusqu'ici, je n'avais aucun disque de Luna, juste un morceau sur une compilation des Inrockuptibles, Superfreaky memories, que j'adore mais je n'avais jamais poussé plus loin mon exploration Lunaire. Et puis, Magnet Magazine, qui reparait depuis peu en version imprimée mensuelle, a sorti une info sur la réédition en téléchargement de deux albums du groupe et de cet EP, Close cover before striking. L'info était accompagnée d'un MP3 à télécharger gratuitement, Teenage lightning. Je suis presque tombé de ma chaise en l'écoutant et, après avoir constaté qu'il y avait en plus sur le disque une reprise de Neon lights de Kraftwerk, il ne m'a pas fallu longtemps pour en commander un exemplaire d'occasion à petit prix.
Close cover before striking est sorti quelques mois après l'album Romantica, et en est en quelque sorte un complément, sonore mais également visuel : s'il y avait un briquet sur la pochette de Romantica, le digipack de Close cover before striking est présenté comme une pochette d'allumettes (le titre étant le message de sécurité qu'on trouve sur ces pochettes). Dans la partie multimédia du CD, on trouve d'ailleurs deux vidéos pour des titres de Romantica : Lovedust, un bon titre pop-rock, juste un cran en-dessous d'une réussite comme Superfreaky memories, et 1995, un petit brûlot punky de deux minutes.
Sur le disque lui-même, on trouve des titres originaux et deux reprises. Teenage lightning est sûrement effectivement le meilleur du lot, une ballade dépouillée, un peu à la Velvet, aux paroles réussies ("I can hypnotize a pancake, I can levitate the Pope, I can make your teacher crazy, 'Cause it's all within my scope"). Les membres du groupe ont d'ailleurs dû penser que cette chanson était trop bonne pour rester confinée sur un disque aussi obscur : Dean et Britta en ont fait une nouvelle version en 2009 sur 13 most beautiful... Songs for the Andy Warhol's screen tests.
L'autre excellent titre original du disque, c'est Astronaut. Celui-là, il n'y a qu'une seule raison pour expliquer qu'il ne se soit pas retrouvé sur Romantica. L'intro rappelle The Cure, Inbetweendays plus précisément, c'est à dire The Cure s'inspirant de New Order, et tout le reste du morceau reprend les éléments caractéristiques du New Order des années 83-87, le chant y compris, mais ça ne m'empêche pourtant pas de l'apprécier.
Les autres titres ne sont pas mauvais non plus. L'instrumental Drunken whistler démarre avec une boite à rythmes et comporte une basse aux accents psychédéliques (on entend une trentaine de secondes de ce titre dans une publicité pour American Express). L'enchaînement avec The alibi est bon, mais je préfère le titre suivant, New Haven comet. 
Waiting on a friend est une chanson des Rolling Stones à la généalogie tortueuse. Jouée dès 1970, le groupe a essayé de l'enregistrer au moment de Goat's head soup, mais elle n'est finalement sortie que sur Tatoo you en 1981. J'imagine que la version de Luna de cette ballade vaguement countrysante est assez fidèle à l'originale.
Pour Neon lights, la principale différence avec Kraftwerk c'est que Luna en donne une interprétation avec des éléments rock (guitare électrique, basse, batterie). Joué ainsi, ça me rappelle la reprise en concert de Radioactivity par Kat Onoma. Une fois de plus, ça montre que la musique de Kraftwerk est d'assez bonne qualité pour être transposée dans tous les styles, du quartette à cordes au groupe de rock.

La réédition en téléchargement de Close cover before striking est en écoute sur Bandcamp, mais je n'arrive pas à insérer le lecteur ici. Les deux vidéos sont remplacées par deux bonus, des reprises de Led Zeppelin et Alice Cooper, mais je conseillerais plutôt de chercher à acheter un CD, qu'on trouve encore pour à peine plus cher que le téléchargement.
Ensuite, je conseille de faire comme moi : commander le Best of Luna de 2006 dans son édition double-CD chez Beggars Banquet (surtout pas le simple CD chez Rhino) : le deuxième CD ne contient que des reprises, dont Neon lights mais aussi Outdoor miner, Thank you for sending me an angel, Dream baby dream, That's what you always say du Dream Syndicate, etc, etc. Miam miam, j'ai décidément plein de goûts en commun avec Luna.




28 janvier 2012

DOGBOWL : The best of Dogbowl volume II


Offert par Dogbowl par correspondance au printemps 2002
Réf : 62 TV 29846 -- Edité par 62 TV en Belgique en 2001
Support : CD 12 cm
19 titres

Avec ce disque, on multiplie les aller-retour entre le réel et le virtuel. En effet, c'est ce Best of Dogbowl volume II bien réel édité par les amis belges de 62 TV qui m'a donné l'idée de créer Vivonzeureux Records, même si le catalogue a ensuite intégré des disques imaginaires antérieurs. En l'écoutant, j'ai eu l'idée d'une sélection de mes titres préférés de Dogbowl complémentaire à celle-ci. Ça a donné Chasing bare bones : the best of Dogbowl volume 4, que j'ai décidé de "publier" sur mon label virtuel.
J'ai présenté Chasing bare bones à Dogbowl et Poney, le groupe belge qui l'accompagnait pour les concerts de promotion du best of, lors du concert-vernissage d'une exposition de Dogbowl à la médiathèque de Mons le 27 avril 2002 et c'est un peu plus tard que Dogbowl m'a envoyé cet exemplaire du disque à la pochette personnalisée au feutre. D'où le "Merci", et aussi le "DEVO", en référence à mon enthousiasme pour l'excellente reprise de The day my baby gave me a surprise de Devo que Dogbowl et Poney avait jouée au Bar de la Comédie à Reims un peu plus tôt dans l'année, le 22 février 2002.

 
Dogbowl et Poney à la Médiathèque de Mons le 27 avril 2002. Photo : Pol Dodu.

La troisième et dernière fois que j'ai vu Dogbowl jouer avec Poney, ce fut le 28 août 2002 sur la Guinguette Pirate à Paris, un "concert d'adieu" à l'Europe de Dogbowl, qui retournait s'installer aux Etats-Unis (deux témoignages vidéo du concert à voir ci-dessous).
Depuis cette époque, Dogbowl est resté très actif. Il fait beaucoup de peinture, a publié un second roman, Hundred percent lunar boy (qui sera prochainement adapté au cinéma), sorti un disque inédit, Songs for Narcisse, et deux d'archives, Le chien lunatic, le fameux concert en français de Bruxelles, et des enregistrements de ses premiers concerts solo au CBGB's en 1985-1986. Presque de quoi envisager un best of volume 6 !
Dogbowl est revenu ponctuellement en France, souvent pour des collaborations avec son vieux compère Michel Cloup, avec qui il avait enregistré le double 45 tours Nuage nuage. J'ai eu la chance que l'une de ces visites ait lieu à la Cartonnerie de Reims le 19 février 2009, où Dogbowl a donné un concert d'une demi-heure, debout sur le bar, seul avec sa guitare électrique comme au temps du CBGB's.
Dix ans après, ce Best of volume II constitue toujours un parcours palpitant dans la discographie solo de Dogbowl, de Tit ! (An opera) en 1989 à Fantastic carburetor man en 2001. Il y a deux inédits, des nouvelles versions de Hot day in Waco et Gunsmoke enregistrées avec Poney, et un titre rare, Blue fur bosom girl, sorti uniquement en 45 tours. On y trouve notamment Nothing better, l'ode très expressive au cunnilingus et à la fellation, et plein d'autres chansons que j'adore : Love bomb, Hello Helen, Cindy on the sidewalk, On the monkey bars, Oklahoma, The president was shot... Une de mes préférées reste le court titre a cappella Going out on a date (with a girl that you like), qui exprime parfaitement la nervosité d'un premier rendez-vous.

The best of Dogbowl volume II est actuellement disponible en téléchargement. Des CD sont encore à la vente d'occasion, mais il faut bien sûr refuser de payer le prix prohibitif que certains en demandent.




iTunes sell music

Des titres inédits en disque de Dogbowl en solo enregistrés en 2009.



Dogbowl et Poney à la Guinguette Pirate, Paris, le 28 août 2002.

26 janvier 2012

POL DODU : Mes disques virtuels


Acquis par correspondance chez The Book Edition à Lille en janvier 2012
Réf : 978-2-9536575-4-8 -- Edité par Vivonzeureux en France en 2012
Support : 212 p. 20 cm
30 titres

Après Mes disques improbables en 2010, voici Mes disques virtuels !
Ce quatrième livre des Editions Vivonzeureux, c'est le catalogue commenté et augmenté de dix ans du label Vivonzeureux Records et c'est aussi, après Tu m'as trompette mon amour, un nouvel exemple de fiction discographique.
L'occasion de découvrir notre catalogue éclectique, de Pascal Comelade à Dogbowl et des Frères Nubuck à Jonathan Richman.
Dans les prochaines semaines, plusieurs chroniques de Blogonzeureux! se pencheront sur des disques, réels certes, mais liés d'une façon ou d'une autre aux disques virtuels présentés dans le livre.

Plus d'infos sur Vivonzeureux!

Acheter Mes disques virtuels





 

22 janvier 2012

CLAY ALLISON : Fell from the sun


Acquis avec le n° 8 du magazine Bucketfull of Brains chez Rough Trade à Londres en 1984
Réf : SR001 -- Edité par Serpent aux Etats-Unis en conjonction avec Bucketfull of Brains en Angleterre en 1984
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Fell from the sun -/- All souls

Etrange destinée pour ces deux enregistrements, qui ont été édités sous trois noms d'artiste différents.
L'édition originale c'est celle-ci, créditée à Clay Allison, sur  Serpent, le label du groupe (je suppose), mais principalement diffusée avec le n°8 du magazine Bucketfull of Brains en 1984. C'est comme ça que je me suis procuré ce disque. La revue, j'ai dû l'égarer depuis bien longtemps car je n'arrive pas à remettre la main dessus et je ne me souvenais même plus de la couverture.



Quelques mois plus tard, le groupe avait changé de formation et décidé de changer de nom. J'imagine qu'ils ne s'étaient pas encore mis d'accord sur un nouveau patronyme, deux nouveaux titres sont donc sortis sous celui des trois membres du groupe Kendra Smith (ex-Dream Syndicate), David Roback (ex-Rain Parade) et Keith Mitchell. Aux Etats-Unis, les deux faces du 45 tours ont été incluses sur le maxi. En Angleterre, seule Fell from the sun est dessus, mais en face A.




Le groupe a ensuite très vite pris le nom d'Opal et sorti son seul véritable album, Happy nightmare baby, en 1987. Kendra Smith a quitté Opal en 1989, Hope Sandoval l'a remplacée et le groupe a encore une fois changé son nom pour devenir Mazzy Star.
Pour boucler l'histoire Opal, une compilation des premiers enregistrements du groupe est sortie en 1989, sous le titre Early recordings, où l'on retrouve Fell from the sun et All souls accolés à un troisième nom de groupe.



Et la musique alors ? Fell from the sun, écrite par Kendra Smith, est une chanson excellente. En amont, on sent les influences de Nico et du Velvet Underground. En aval, outre Mazzy Star bien sûr, on peut y entendre des germes de Galaxie 500/Damon & Naomi/Luna ou de Low.
J'ai un peu plus de mal avec All souls, une chanson moins rythmée, sans guitare, avec la voix de Smith peut-être un peu trop à nu.

21 janvier 2012

NIC ARMSTRONG : Broken mouth blues EP


Acquis chez Parallèles / Gilda à Paris le 28 décembre 2011
Réf : 397TP7 -- Edité par One Little Indian en Angleterre en 2004
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Broken mouth blues -- As warm as you really are -/- My voice will be quiet -- I want to be your driver

Un chanteur inconnu par chez moi, mais un 45 tours bien épais typique des années 2000, un logo complètement rétro, et au dos les noms de Liam Watson et de son studio Toe Rag, des gages de qualité, célèbres depuis les White Stripes mais qu'on avait déjà repérés des années plus tôt sur des disques des Television Personalities.
Nic Armstrong est anglais. Il a un penchant pour les sixties, pas tellement pour la période pop-art psychédélique qui fascine Dan Treacy mais plutôt pour le rock et le blues des origines tels que les Rolling Stones et les Beatles avant lui les ont digérés. Ceci est son premier single, inclus la même année sur l'album The greatest white liar. L'album est sorti sous son nom, mais aux Etats-Unis quelques temps plus tard il a été crédité à Nic Armstrong and the Thieves. L'album suivant est carrément sorti sous le nom de IV Thieves, un nom de groupe abandonné depuis.
Le 45 tours dans son ensemble est excellent. Mes deux titres préférés sont le premier et le dernier. Broken mouth blues, avec sa basse fuzz et son harmonica rappelle les Stones des débuts, il y a même des choeurs très réussis tout à la fin. C'est aussi le titre le plus proche des White Stripes.
I want to be your driver est une reprise de Chuck Berry, mais du Chuck Berry comme en jouaient les Beatles en 1963-1964. Ce titre n'était pas sur l'album anglais mais il a été ajouté sur l'édition américaine.
As warm as you really are est plus dans la veine Kinks/Who mid-sixties. My voice will be quiet est le seul titre du lot à ralentir un peu le rythme. Ces deux titres ne se trouvent que sur cet EP, toujours disponible en téléchargement, et même en 45 tours en cherchant un peu.
Nic Armstrong joue aujourd'hui même à Austin au Texas, et il s'y produira à nouveau en mars pour South By Southwest. Il a un nouvel album en préparation.

15 janvier 2012

CLEARLAKE : Something to look forward to


Acquis chez Parallèles / Gilda à Paris le 28 décembre 2011
Réf : MOTE102CD -- Edité par Dusty Company en Angleterre en 2000
Support : CD 12 cm
Titres : Something to look forward to -- Let's get out of here -- Daybreak

Ce jour-là, j'ai d'abord trouvé un 45 tours de Clearlake, que j'ai failli reposer car j'ai confondu un instant le nom du groupe avec celui de Midlake, qui ne m'intéresse pas du tout. Ensuite, j'ai vu que le disque était sorti chez Domino, alors je l'ai mis dans la pile.
Quelques minutes plus tard, j'ai trouvé ce CD, toujours parmi les disques soldés de chez Gilda, et là je l'ai mis de côté sans hésitation. Je procède toujours comme ça quand j'achète un disque pas cher de groupe que je ne connais pas du tout : j'en prends aucun ou tous ceux que je vois, c'est le meilleur moyen d'éviter d'avoir de gros regrets si je découvre à l'écoute que ça me plait beaucoup. Neuf fois sur dix, c'est surtout le meilleur moyen de se retrouver avec un plus gros paquet de merdes inutiles à la maison, mais bon, on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs.
Dans ce cas précis, si le 45 tours Good clean fun, plus récent et plus produit, m'a paru agréable, sans plus, j'ai accroché dès la première écoute au premier titre du CD, et quand le deuxième m'a fait le même effet, j'ai su que j'étais bien tombé.
Clearlake est un groupe anglais de Brighton, officiellement encore en activité bien que leur dernier album remonte à 2006 et que leur leader Jason Pegg ait sorti un album solo en 2009. Ceci est leur troisième single, sorti en 2000, comme les deux précédents. Ils ont tous été inclus en 2001 sur leur premier album, Lido.
Les chansons de ce single, comme d'autres de l'album, semblent traiter de l'envie de s'échapper du quotidien, ce que confirme l'illustration de pochette avec sa photo de plage ensoleillée au-dessus de l'évier et de la vaisselle sale, et aussi pas mal de la volonté/difficulté de se lever de son lit le matin, les deux étant évidemment liés !
Something to look forward to n'est pas un choix évident comme face A de single, ce n'est pas une pop song classique, même si elle m'a plu à la première écoute. Comme point de comparaison, j'ai d'emblée pensé aux Delgados, avant d'apprendre que Clearlake a eu l'occasion de tourner avec eux au moment de la sortie de ce disque.
Pour Let's get out of here, on ne se pose pas de question. C'est une tranche de pop noisy, avec un soupçon de son rétro qui rappellerait presque Madness. C'était déjà un vieux titre pour le groupe en 2000 puisqu'ils en avaient enregistré une version en 1998 quand ils s'appelaient encore Musikland, diffusée en 2005 sur l'album Not bit of wood.
Le dernier titre, Daybreak, est différent, plus lent, avec des tonalités psychédéliques. Il doit y avoir un lien mais ce titre chanté de 3'11 semble différent de celui de 1'13 sur Lido intitulé Daybreaking (si j'en crois l'extrait instrumental de 30 secondes que j'en ai écouté).

Ce disque est toujours en vente chez Domino.

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