06 juin 2020

THE NITS : J.O.S. days


Acquis par correspondance via Momox en mai 2020
Réf : CBS 651308 2 -- Édité par CBS en Europe en 1987
Support : CD 7,5 cm
Titres : J.O.S. days -- Yksi kaksi kolme -- Magic of Lassie II -- Moutain Jan

In the Dutch moutains est le dernier album studio des Nits que j'ai acheté neuf au moment de sa sortie (le premier, c'était soit Work soit Omsk). J'ai toujours apprécié ce disque, principalement pour ses arrangements légers et sa production ligne claire, le résultat probable d'une contrainte que le groupe s'était imposée pour l'enregistrement : des prises directes dans son local de répétition, sans retouches par la suite.
Mes deux chansons préférées, la chanson-titre et J.O.S. days, sont toutes les deux sorties en single. Je n'avais jamais acheté ces disques car j'avais l'album, mais je les ai trouvés récemment à un prix très correct, frais de port compris, et je me les suis offerts pour compléter ma collection.
J'aime toujours beaucoup la chanson In the Dutch mountains, qui est apparemment le plus grand succès du groupe à l'échelle européenne, mais j'ai choisi de chroniquer aujourd'hui J.O.S. days car, au  bout du compte, c'est vraiment ma chanson favorite de l'album, et les faces B de ce maxi sont intéressantes.
Columbia est sûrement la maison de disques qui a le plus travaillé la question des mini-CD. Pendant une période qui s'est étendue de 1988 à 1991 au moins, ils les présentaient dans des mini-pochettes ouvrantes, glissées pour la vente en magasin dans des emballages plastiques plus grands (j'en ai dans cette série par Les Objets, The KLF, Les Satellites et LL Cool J). A ce moment, la plupart des gens devaient avoir un adaptateur, et les plateaux des nouveaux lecteurs de CD permettaient de lire les mini-CD sans cet accessoire. Mais avant ça, comme c'est le cas pour ce disque des Nits, Columbia avait adopté une solution différente : un mini-CD et son adaptateur glissés dans une pochette cartonnée de taille "normale" de 12 cm.
Le "J.O.S." du titre, c'est le Jeugd Organisatie Sportclub, un club fondé en 1920 à Amsterdam, qui a fusionné depuis pour devenir le JOS Watergraafsmeer. L'un des grands-pères d'Henk Hofstede en est le co-fondateur.
J.O.S. days est une chanson, empreinte de nostalgie, qui fait le parallèle entre le destin des membres du club morts pendant la deuxième guerre mondiale (il y a un monument aux morts entre les deux terrains du club, les combats n'ont duré que quatre jours aux Pays-Bas et les jeunes sportifs y sont sûrement partis en pensant en sortir vainqueur) et les mésaventures sportives de Henk, la honte de la famille puisqu'il n'a pas joué assez bien lors d'un match de sélection pour être intégré à l'équipe, alors que ses cousins, grand et bêtes, tapaient déjà dans la balle quand ils étaient encore dans le ventre de leur mère. A la fin, Henk indique qu'il peut se passer d'un doigt ou d'un orteil, mais qu'une tête est nécessaire pour lui.
Ayant souvent été présenté comme "l'intello" de la famille, avec deux pieds gauches et pas habile de mes dix doigts, cette chanson me parle particulièrement !
Comme le studio de répétition n'avait pas de cabine isolée pour enregistrer les voix, Henk a chanté J.O.S. days depuis une Lada garée à l'extérieur (on le voit ).
Il me semble que J.O.S. days n'est pas construite comme une chanson pop classique, même si elle est très simple. Le tempo est moyen mais le rythme me semble particulier. Le chant des couplets est mélodique, et heureusement, car le refrain est réduit à sa plus simple expression, le titre de la chanson répété deux fois à la fin des couplets, avec une voix en chœur et de l'harmonica. Ca n'empêche pas le tout d'être très accrocheur !
Je me suis un peu fait avoir en achetant le 33 tours d'In the Dutch mountains plutôt que le CD (mais pas de regret car c'était beaucoup moins cher, et de toute façon je n'avais pas encore de platine CD en 1987 !) puisque le compact compte trois titres en plus, Strangers of the night, Moon and stars, et un titre jazzy-boogie pas très intéressant d'1'37, The magic of Lassie (d'après le titre de l'un des films avec la célèbre chienne dans le rôle principal).
Le maxi 45 tours d'In the Dutch mountains proposait en face B les deux premiers des titres bonus du CD, mais le troisième titre était The magic of Lassie II, et ce II change tout car cette chanson de 2'45 est une excellente face B, avec une base synthétique et une batterie très présente.
Pour le maxi 45 tours suivant, J.O.S. days, le matériel devait commencer à manquer. On y trouve en face B Yksi kaksi kolme (Un deux trois en finlandais), un instrumental inédit, Mountain Jan, un extrait d'In the Dutch mountains (bien, mais pas un de mes titres préférés de l'album) et Bike in head, de l'album précédent Henk, une excellente chanson, mais ça faisait un peu redite.
La plupart des singles des Nits ont été édités pour le marché des Pays-Bas, tout en étant plus ou moins diffusés dans l'Europe entière. Mais cette édition CD de J.O.S. days était vraiment été produite pour le marché européen. Du coup, pour appâter le client et pouvoir écrire que deux des titres n'étaient disponibles sur aucun 33 tours, cassette ou CD, le label a été rechercher The magic of Lassie II pour remplacer Bike in head sur ce CD. Et c'est tant mieux !




The Nits, J.O.S. days, dans une émission de télévision autrichienne en 1988. L'extrait commence par une version en extérieur à l'accordéon.


The Nits, Yksi kaksi kolme, en concert en 1987 au Saapasjalka Rock festival à Pihtipudas en Finlande, l'un des rares pays où le public pouvait comprendre le titre de cet instrumental ! Je préfère cette version à celle en studio.


The Nits, J.O.S. days, en public en avril 1988 lors du gala Edison en avril 1988 (le plus ancien prix musical des Pays-Bas).

30 mai 2020

TIGHTEN UP VOLUME 2


Acquis chez Happy Cash à Dizy le 23 mai 2020
Réf : TTL-7 -- Édité par Trojan en Angleterre en 1969
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Pour les vide-grenier cette année j'y compte même pas. Ce sera presque une bonne surprise s'il y en a quelques-uns d'organisés dans quelques mois (et dans quelles conditions ?). Mais les dépôt-vente, les ressourceries et les Emmaüs ont rouvert et je me suis remis à acheter des disques.
Happy Cash, je passe devant quasiment toutes les semaines mais je n'y vais presque jamais car leur petit rayon de disques est généralement cher et peu intéressant. Mais là, après deux mois de disette, je me suis dit que ça valait le coup d'y faire un tour rapide. Et j'ai bien fait, car il y avait un peu de 33 tours, leurs trucs habituels avec des Sardou à 5 € et des Kiss tout pourris à 15 €, mais il y en avait aussi quelques-uns à 2 € et j'en ai pris deux.
L'un est une réédition d'un album de 1959 de Fats Domino, Sings million record hits, avec notamment Be my guest, qui est réputé être l'un des titres de rhythm and blues qui ont le plus influencé la naissance du ska. Et ça nous fait une transition avec l'autre disque, cette très belle compilation reggae de 1969.
J'avais noté que cet exemplaire avait une pochette générique pour le Volume 3, alors que je sais que, en général, les pochettes de cette série sont illustrées de photos de femmes assez peu vêtues.
Comme il n'y avait pas de mention du numéro de volume sur les étiquettes du rond central, ce n'est qu'après coup que j'ai constaté que j'avais acheté le disque du Volume 2 glissé dans la pochette du Volume 3. Dommage, mais pas grave car le disque en lui-même est excellent.
On ne peut pas tout avoir...! Voici ce qui me manque : La pochette de mon disque Volume 2 et le poster qui était à l'intérieur de ma pochette Volume 3 :





En 1969, le reggae était en train d'exploser en Angleterre et Trojan en était le principal pourvoyeur. Mais cela concernait surtout des 45 tours, dont un bon nombre se retrouvait dans le classement des meilleures ventes. Pour toucher un public plus large et commencer à vendre des albums, Trojan a eu l'idée de sortir Tighten up, une compilation de ses derniers succès à prix économique, vendue dans le circuit de la grande distribution, comme les magasins Woolworth's, l'équivalent des Prisunic français.
Ça a tellement bien marché que huit volumes de Tighten up sont sortis jusqu'en 1973. Sorti quelques mois après le premier, le Volume 2 est celui qui a eu le plus de succès. Si certains des volumes tardifs n'ont connu que trois éditions différentes, on en compte vingt et une chez Discogs pour le 2. La plus récente est un 33 tours picture disc, mais je recommande l'édition Deluxe en double CD, avec les 12 faces B des titres originaux et 24 autres titres bonus. Il y a aussi le coffret triple CD Trojan 'Tighten up' de 2000, avec une sélection de 50 titres pris dans les huit volumes parus.
Ce qui compte, c'est que la réputation de cette compilation est largement méritée. Les douze titres s'enchaînent parfaitement et on passe un très bon moment d'un bout à l'autre.
Pour ce qui est du titre d'ouverture, Long shot kick the bucket des Pioneers, ma génération a découvert cette chanson en 1980 avec la reprise des Specials sur l'EP live Too much too young. Cette version originale de l'histoire du canasson Longshot qui clabote pendant une course est plus chaloupante. S'ensuivent John Jones de Rudy Mills et Fire corner, crédité à Clancy Eccles mais avec le DJ King Stitt au micro. Mon titre préféré est peut-être bien Wreck a buddy des Soul Sisters, basé sur L'enfant au tambour. Il s'agit d'une réponse au Wreck a pum pum de Prince Buster et visiblement la réplique des filles est aussi salée et salace que la chanson du mec. La face se termine sans répit avec le Reggae in your jeggae de Dandy Livingstone et Fattie fattie de Clancy Eccles.
La face B est dominée par trois compositions de Lee Perry. Elle s'ouvre et se ferme avec deux excellents instrumentaux des Upsetters, le tube Return of Django et le déjà bien cinglé Live injection, et au milieu il y a Come into my parlour, un titre chanté par les Bleechers sur une base instrumentale similaire. Les autres titres sont l'excellent et déjà très roots Sufferer des Kingstonians (peut-être bien mon autre titre préféré de l'album), Moonlight lover de l'américaine Joya Landis et Them a laugh and a ki ki des Soulmates (Hi ! Hi !, ça chatouille !).
L'album en entier est en écoute ci-dessous. Même sans vide-grenier et même sans la bonne pochette, si je peux trouver chaque semaine un album paru il y a un demi-siècle de cette qualité pour 2 €, je signe tout de suite !

22 mai 2020

S.B. DEVOTION : Love me baby


Acquis d'occasion dans la Marne vers 2010
Réf : 49 288 -- Édité par Carrère en France en 1977
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Love me baby -/- Love me baby (Instrumental)

La seule raison pour laquelle j'ai acheté ce disque, c'est que c'est l'édition originale de Love me baby, avec S.B. Devotion crédité comme artiste.
Ah, en 1977 ça a fait causé dans les chaumières, la nôtre comme beaucoup d'autres, quand, peu de temps après cette sortie "anonyme", il a été révélé que la chanteuse était en fait Sheila, que beaucoup de fans avaient de toute façon reconnue. Et qu'elle était accompagnée pour l'occasion par des américains. Carrément, des américains...
Le disque est alors ressorti avec la mention Sheila B. Devotion sur la pochette et ce fut l'un des succès de l'année. A la maison, celle-là même où, peu d'années plus tôt, je chantais par cœur et intégralement Les rois mages, on a écouté avec émotion et dévotion Love me baby, mais pas au point d'acheter le 45 tours quand même.
Un grand succès, et de quoi donner une nouvelle image à Sheila, dont les couettes avaient disparu depuis longtemps, métamorphosée en reine du disco à l'américaine. On avait oublié que ce n'était pas nouveau pour elle de se tourner vers l'Amérique, puisque le nom de scène d'Annie Chancel était déjà pris du tube américain Sheila de Tommy Roe qui, en version française, était aussi le titre principal de son premier 45 tours en 1962.
Mais toute cette histoire d'Amérique, c'était du pipeau.
Une fois la révélation faite, Sheila est apparue à la télé entourée de Black Devotion (ou B. Devotion), un trio de danseurs-chanteurs (Danny Mac Farlane, Freddy Stracham et Artur Wilkins, qui ont enregistré aussi sous le nom de Trinita) avec une belle fable à raconter, comme quoi elle aurait rencontré les auteurs de la chanson à New York, ainsi que Wilkins, qu'elle aurait invité à venir en France et qui lui aurait présenté ses deux collègues londoniens.
La véritable histoire, vous pouvez la découvrir si ça vous intéresse dans l'article très complet Sheila B. Devotion, de l'Europe aux USA chez Disco Chez Julian. Julian explique notamment que, des chansons dans le style disco, cela faisait plusieurs années que Sheila en publiait, sans que ça ait d'impact.
Pour ce qui est de la chanson Love me baby, elle a été écrite en France par Pamela Forest pour les paroles et Mat Camison, Gilbert Chamouny et Claude Carrère (tous sous pseudonyme) pour la musique.
Les pistes musicales ont été enregistrées dans les studios Air et Morgan de Londres par des musiciens de session anglais, et aussi le guitariste Slim Pezin. Quant au chant, Sheila l'a enregistré en France au studio C.B.E. de Bernard Estardy.
Julian date de mai-juin 1977 le moment où Carrère a annoncé que Sheila se cachait derrière S.B. Devotion, mais il semble bien que toute l'opération était minutieusement préparée depuis le début. Sur mon disque "original", un code (A.R.E.A.C.E.M. - F-3) permet de dater l'impression de la pochette en mars 1977. Sur la deuxième édition, celle avec Sheila B. Devotion, le code est le même, ce qui signifie que la pochette a été imprimée au cours du même mois. On peut donc penser que Carrère avait pris ses précautions et prévu dès le début de relancer le disque sous le nom Sheila B. Devotion après le premier tirage.
Après Love me baby, Sheila B. Devotion a sorti l'album et le 45 tours Singin' in the rain. Puis, il y a eu en 1979 un tube international, Spacer, favori de la critique car il est écrit et produit par Chic, tout comme le deuxième et dernier album, King of the world.
Pour ma part, j'ai lâché l'affaire après Love me baby et je n'ai jamais accroché à Spacer les rares fois où je l'ai écouté. En 1980, je préférais chanter avec Bip Bip !


Sheila B. Devotion, Love me baby, avec un gros travail sur la chorégraphie


Sheila B. Devotion, Love me baby, dans l'émission hollandaise Top Pop.


Sheila et B. Devotion avec Danièle Gilbert dans l'émission Midi Première, le 2 janvier 1978. Dans les années 1970, pas de Sheila sans Danièle Gilbert, Guy Lux ou Maritie et Gilbert Carpentier !

17 mai 2020

MONGUITO SANTAMARIA : Hey sister


Acquis à la Bourse BD Disques d’Épernay le 8 mars 2020
Réf : 116.502 -- Édité par DiscJockey en France en 1969
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Hey sister -/- Work out

Depuis quelques années, l'association BD-Bulles organise une bourse BD-Disques à Hautvillers pour aider à financer son événement principal, le Festival de BD d'Hautvillers. J'y ai déjà fait quelques bonnes trouvailles (Nits, Ray Charles, Brassens).
En 2020, ils ont décidé de doubler la mise en organisant une deuxième bourse aux Palais des Fêtes d’Épernay. Elle a pu se tenir, mais de justesse. Ce dimanche-là, on commençait à parler de l'interdiction des rassemblements de plus 1000 personnes (la décision a été prise le lendemain), mais on n'imaginait pas l'ampleur de ce qui allait suivre. Toujours est-il que c'est la dernière fois où j'ai pu chiner des disques avant le confinement et, hors Emmaüs ou ressourcerie, je ne sais pas si j'en aurai beaucoup l'occasion pour le reste de cette année. Pas question en tout cas pour l'instant de compter sur les vide-greniers pour ça. Et le festival de BD 2020 a malheureusement dû être annulé.
Et il se trouve que, pour moi qui suit à la recherche du disque intéressant pas cher plutôt que du collector hyper coté, j'ai plutôt fait de meilleures affaires que d'habitude à cette bourse, puisque j'en suis revenu avec 11 45 tours que j'ai payés de 1/3 à 2 €.
Celui-ci, je l'ai trouvé à l'un des derniers stands que j'ai visités, au moment où j'allais repartir. D'habitude je ne m'y arrête pas puisque c'est celui d'un vendeur professionnel, visiblement très apprécié, qui a un très grand stand d'albums très recherchés, dont une bonne partie, signe des temps, sont plutôt des rééditions que des originaux. Mais pour la première fois cette année il avait disposé deux boites de 45 tours sur son stand, à 2 € ou à 1 € les deux, et j'en ai choisi trois.
Le premier, à 2 €, c'est l'EP quatre titres de Wire qui était glissé en 1979 dans les premiers exemplaires de leur album 154. J'ai racheté l'album il y a une bonne trentaine d'années dans une autre bourse aux disques à l'ami Philippe R., mais ce chenapan n'avait pas pensé au préalable à y glisser l'EP qui était rangé avec ses 45 tours. Mon exemplaire est désormais complet !
Pour les deux autres, j'ai fait un lot à 1 € avec une version reggae d'Eleanor Rigby par Bernie Lyon et ce 45 tours de Monguito Santamaria.
Pour ce qui est de la musique latino/afro-cubaine, je suis assez sélectif. J'achète quelques disques au feeling, mais pas tout. Là, ce qui m'a décidé, outre que le disque et sa pochette étaient comme neufs, c'est le petit texte de Jacques Barsamian qu'on trouve au dos de la pochette :

"Après le "Tamla Motown sound" et le "Stax sound", voici une nouvelle sonorité, le "Latin soul" qui vient d'obtenir un premier succès avec "SOUL DRUMMERS" de Ray BARRETTO, chef d'orchestre et musicien très demandé dans les studios d'enregistrement aux États-Unis.
Ce son est à dominante de Soul music avec des pointes de Jazz et des sonorités Afro-cubaines dans lequel les instruments à percussion : conga, bongo, timbales sont particulièrement mis en valeur.
Le chef d'orchestre et pianiste, MONGUITO SANTAMARIA, natif de La Havane, bien qu'il ne soit âgé de guère plus de 21 ans, est également hautement considéré par les critiques musicaux d'Outre-Atlantique. Nul doute que son disque suivra le chemin tracé par le "Soul Drummers" de Ray BARRETTO."
Jacques BARSAMIAN (Revue ROCK & FOLK)

Pour un disque daté d'avril 1969, ça donnait envie. Sur le rond central on trouve un autre argument de vente,"A. Fania Records" (sic), que Barsamian ne mentionne pas, sûrement parce que la très bonne réputation de ce label New Yorkais n'était pas encore faite en France à cette époque.
Un lien très fort est fait dans ces notes de pochette avec le Soul drummers de Ray Barretto. Ce lien est encore renforcé avec le choix d'une pochette quasiment identique à celle de Ray Barretto, un disque sorti seulement deux mois plus tôt sur le même label :



Monguito Santamaria est donc associé au Latin Soul. Une autre façon de décrire sa musique, qui donne encore plus envie de danser, c'est le Boogaloo, un genre auquel les deux très courts titres de ce 45 tours se rattachent.
Hey sister débute dans un style purement afro-cubain, avec du piano, qui est l'instrument de Monguito Santamaria. Mais ensuite la basse et les cuivres font très rhythm and blues. Le chant aussi, avec les "Gotta gotta gotta" répétés par le chanteur Ronnie Marks dans les deux titres,  qui rappellent Otis Redding.
En face B, Work out est dans une veine tout à fait similaire. Bizarrement, quelque chose dans le "You gotta work out" du refrain me fait penser à un titre de Devo (!), mais je n'ai pas poussé plus loin mes recherches et je ne pense pas que c'est au très tardif Watch us work it que je pense.
Monguito Santamaria a sorti trois albums remarqués sous son nom de 1968 à 1970, un autre en 1974 et puis plus rien. Je n'ai pas trouvé d'informations détaillées sur sa biographie, mais il a dû se passer quelque chose. La seule information qu'on trouve, c'est qu'il est le fils du cubain Mongo Santamaria, lui-même un percussionniste joueur de conga et chef d'orchestre très réputé.

Un bon disque, donc, que je suis bien content d'avoir trouvé. J'imagine que le vendeur professionnel n'avait pas vérifié toutes les cotes de ses 45 tours avant de les "solder" : celui-ci se vend plusieurs dizaines d'euros en moyenne. Ce qui, comme souvent, n'a pas vraiment de sens puisqu'on trouve à un prix relativement modique des exemplaires de l'album Hey sister, qui n'a jamais été édité en France.


La pochette de l'album Hey sister, qui contient les deux faces de ce 45 tours.

08 mai 2020

NASH THE SLASH : 19th nervous breakdown


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate le 18 novembre 2010
Réf : DIN 29 -- Édité par Dindisc en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : 19th nervous breakdown -/- Danger zone

L'autre jour, quelqu'un a changé sa photo de profil pour un cliché où il est masqué de blanc avec des lunettes noires. Ce n'étaient pas des bandages mais, en voyant cette photo, j'ai tout de suite pensé à Nash The Slash, l'artiste New Wave du début des années 1980, qui est un peu le pendant film d'horreur/violon électrique de ce que Klaus Nomi était à la même époque au chant opératique.
Je me souvenais que j'avais un 45 tours de lui et je suis allé le rechercher dans mes boites. De mémoire et par recoupements, je suis à peu près sûr que j'ai acheté ce disque en même temps que le single No more heroes des Stranglers. Et au même prix, 50 pence : j'avais eu de la chance ce jour-là.
Quand j'ai examiné le disque, j'ai trouvé qu'il était suffisamment lugubre pour être parfaitement dans l'air du temps. Sachant que Nash The Slash est à l'origine le nom du tueur dans Do detectives think ?, une parodie de film policier de 1927 avec Laurel et Hardy, on pourrait, en français, présenter le disque ainsi :
"Les productions Coupe-Gorge présentent Georges l’Égorgeur, qui en est à sa 19e dépression nerveuse et entre dans une zone de danger". Nash The Slash est un personnage créé par Jeff Plewman, un canadien multi-instrumentaliste, par ailleurs membre du groupe de rock progressif FM. Après avoir publié ses premiers disques en indépendant au Canada, il a fait la première partie de Gary Numan en Angleterre en 1980 et 1981 (ils ont aussi collaboré) et a signé chez Dindisc, la filiale de Virgin chez qui on trouvait aussi Orchestral Manoeuvres in the Dark, Martha and the Muffins et The Monochrome Set.
les deux faces de ce 45 tours sont extraites de Children of the night, son deuxième album, paru en 1981. Il est produit par l'ex-Gong Steve Hillage, qui a aussi travaillé avec Simple Minds cette année-là.
C'est un pari à double tranchant de s'attaquer à un classique comme 19th nervous breakdown. Certes, on a de l'excellente matière, mais ce n'est pas évident de faire plus que de donner envie d'aller réécouter l'excellente version originale. Cette reprise a une base instrumentale plus synthétique, bien sûr, et elle est tout à fait honorable, mais elle n'a pas le côté révolutionnaire qu'avait le Satisfaction de Devo. En tout cas, il faut croire que les artistes New Wave en pinçaient pour le répertoire des Rolling Stones des années 1965-1966, puisque j'ai déjà chroniqué ici des versions de Get off of my cloud par The Bakersfield Boogie Boys et Mother's little helper par Polyphonic Size en plus du Devo.
En face B, Danger zone est un truc bien oppressant, bien dans l'ambiance de film d'horreur que Nash The Slash appréciait visiblement. La boite à rythmes bien speedée, quand elle arrive, semble presque anticiper la techno !

En 2012, Jeff Plewman a annoncé qu'il mettait Nash the Slash en retraite. Il n'en aura pas profité longtemps puisqu'il est mort en 2014 à 66 ans.




Pour mieux se rendre compte de l'apparence de Nash the Slash, la pochette de son 45 tours précédent, Dead man's curve, que je n'ai pas, et en bonus ci-dessous la vidéo pour cette reprise de Jan and Dean :

01 mai 2020

NDONGO OMER (TINERON PUBLIC) : Mbombog


Acquis d'occasion probablement dans la Marne probablement dans les années 2000
Réf : AD 019 / SP 10524 -- Édité par Afro-Disc / Soul Posters en France en 1976
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Mbombog -/- Salamander 250

Habituellement, le 1er mai, je joue à domicile pour la brocante, une grande manifestation qui compte de plus en plus d'exposants professionnels mais, sur plus de vingt ans, j'y ai quand même fait un paquet de bonnes affaires, dont plusieurs ont déjà été chroniquées ici.
Pour cette année, on sait que c'est râpé pour les vide-greniers (et en plus ce matin il y a de bonnes averses), alors la solution c'est de chiner dans mon propre stock de disques, ce qui réussit l'exploit de me permettre de faire de très belles et inattendues (re)découvertes.
C'est ce qui s'est passé avec ce 45 tours de Ndongo Omer. C'est en rangeant dans ma boite de 45 tours d'Afrique le disque de François Lougah que je suis retombé dessus. J'avais souvent aperçu sa pochette, avec ce jeune gars souriant et son balafon, mais je ne m'y étais plus intéressé depuis que je l'ai acquis je ne sais plus du tout comment et rangé après l'avoir écouté une fois.
Là, je me suis dit que j'allais l'ajouter à ma collection Discogs. J'y ai trouvé la fiche du disque et j'ai été surpris de voir qu'un cinglé en demandait 150 €, alors même qu'il n'a jamais été vendu sur le site (depuis un gars a mis en vente un autre exemplaire au prix plus raisonnable de 20 €).
Ensuite, j'ai écouté le disque et c'est là que j'ai eu une très bonne surprise.
Mbombog s'ouvre sur quelques notes de balafon, puis la chanson démarre, sautillante et entraînante, avec le chant accompagné par une basse et une guitare électriques, une batterie et des percussions et, plus surprenant, un orgue. C'est déjà très bien et réjouissant comme ça, mais en plus arrive dans la deuxième moitié un beau solo de guitare tout en doigté et en retenue. Super !
En face B, dans la même veine, Salamander 250 est tout aussi agréable et dansant.
Je n'ai pas trouvé d'autres disques avec l'Orchestre "Africa New Power" de Yaoundé, qui accompagne ici Ndongo Omer. Quant à lui, il est surtout réputé pour avoir chanté en 1983 les louanges du nouveau Président du Cameroun Paul Biya avec son disque Fidélité en engagement. Aujourd'hui encore, ce Président est toujours en poste !
Le seul autre disque que j'ai trouvé avec Ndongo Omer, c'est l'album de 1979 qu'il a dirigé et dont il a écrit la plupart des titres, Les balafons de Botmakak, par le Groupe Copains Band de Botmakak. On y trouve un morceau intitulé Salamander, qui doit sûrement être une version de Salamander 250, ainsi qu'une excellente reprise de Hit the road Jack.
La présentation de Salamander par Errol Leighton au dos de la pochette est intéressante : "Pour plaire aux filles, il faut être à la mode et chaussé de salamanders (chaussures à talons devant et derrière). Si ma mère ne m'a pas donné d'argent, je retourne au village porter mes écailles. Pas la peine de se fâcher, cela ne m'empêchera pas de réussir dans mes études. Ceux qui suivent la mode souvent échouent...".
Je ne comprends pas trop la mention "TINERON public" sous le nom de Ndongo Omer sur la pochette de mon 45 tours. Tout ce que je sais, c'est que sur les étiquettes du rond central, les deux titres sont crédités à Ndongo Omer Tineron. En ligne (ici ou ), il se présentait lui-même sous le nom d'Augustin Omer Ndongo Ndongo. Et j'utilise le passé parce que, malheureusement, Ndongo Omer est mort en février dernier à l'âge de 69 ans.
Quant à moi, j'espère un jour retourner chiner en plein air, mais en attendant je ne me plaindrai pas trop si je continue à faire d'aussi belles trouvailles sans sortir de la maison !

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