30 juillet 2016

MAHJOUBA : Takalmou chi raâdate


Acquis sur le vide-grenier de Sillery le 24 juillet 2016
Réf : 124 -- Édité par Boudroiphone au Maroc peut-être dans les années 1940
Support : 78 tours 25 cm
Titres : Takalmou chi raâdate -/- Takalmou chi raâdate

Dimanche dernier, j'étais levé tôt et le temps était idéal : je me suis retrouvé dans les allées du vide-grenier de Sillery à une heure très matinale pour moi, avant 8h.
Ce n'est pas pour autant que j'ai trouvé beaucoup de disques. Il y avait largement plus de 200 stands, mais quasiment aucun vinyl intéressant. Le pompon, c'est quand j'ai entendu un vendeur annoncer un prix de 72 € pour huit 33 tours années 1970 et 1980 d'Elvis Presley. Je me suis sauvé sans chercher à voir les autres disques en vente...
Heureusement, il reste les 78 tours. Un pro réclamait 3 € pièce pour ses vieux disques. J'ai passé mon chemin. Mais, quelques instants plus tard, un gars plutôt sympa m'a annoncé 50 centimes le disque quand j'ai commencé à les regarder, et presque aussitôt il m'a proposé 2 € pour le lot. En général, je ne prends pas de lot car c'est le meilleur moyen de se retrouver avec tout un tas de merdes dont on ne sait que faire, mais là j'avais déjà repéré ce disque à l'étiquette en partie en alphabet arabe, plus le 78 tours de Les gars de la Marine par les Comedian Harmonists.Comme il y avait l'air d'y avoir d'autres disques susceptibles de m'intéresser, j'ai vite fait le calcul et décidé de prendre le tout. Ça m'a permis de confirmer que, les 78 tours c'est vraiment lourd, surtout que je pensais avoir acquis une douzaine de disques alors qu'en fait il y en avait une bonne vingtaine.
C'est donc de disque de Mahjouba sous étiquette Boudroiphone qui m'intéressait le plus. Rien d'aussi exotique dans le reste du lot. Ce qui s'en approcherait le plus serait une version du Beau Danube bleu par un orchestre tzigane.  Pour le reste, plusieurs disques de Lucienne Boyer et Tino Rossi, des chansons de films et d'opérettes, et quelques trucs intéressants sur lesquels nous aurons peut-être l'occasion de revenir, mais pour l'instant, concentrons-nous sur ce disque Boudroiphone, qui doit être assez rare.
Quand on fait une recherche sur internet, ce n'est pas qu'on ne trouve rien sur Boudroiphone, mais quand on ne dépasse pas 30 résultats sur Google, c'est quand même la disette. Tout le monde s'accorde pour dire que Boudroiphone était un label marocain et les principales informations qu'on trouve sont les traces de vente d'une poignée de disques du label, ce qui m'a permis de constater qu'il a publié au moins 166 références.
La seule information un peu concrète sur l'histoire de Boudraphone, je l'ai trouvée sur un forum. La fille d'Ahmed Boudroi y expliquait que son père, pianiste diplômé d'une institution parisienne, était le propriétaire de Boudraphone, le premier studio d'enregistrement au Maroc, où il produisait des disques.
C'est tout ce que je sais de Boudraphone, et j'en sais encore moins de Takalmou chi raâdate et de la chanteuse Mahjouba. Là, mes recherches en alphabet latin ne donnent carrément aucun résultat, et mon disque ne semble référencé strictement nulle part en ligne.
Mon absence de connaissances en musiques marocaines et arabe ne me permettent pas de dire à quel style musical Takalmou chi raâdate se rattache, ni de quelle région Mahjouba peut être originaire ou en quelle langue elle chante. Tout ce que je sais, c'est qu'il s'agit d'un enregistrement plein d'énergie, auquel ma captation au dictaphone, saturée qui plus est, ne rend pas du tout justice.
Les commentaires sont ouverts. Toute information à propos de Mahjouba et de ce disque sera la bienvenue !

      Mahjouba : Takalmou chi raâdate (A et B).

27 juillet 2016

SAGES COMME DES SAUVAGES : Largue la peau


Acquis au F'estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs à Châlons le 23 juillet 2016
Réf : SCD001 -- Édité par Lookatmekid / A Brûle Pourpoint en France en 2015
Support : CD 12 cm
12 titres

C'est Philippe R. qui, le premier cet hiver, a attiré mon attention sur Sages Comme Des Sauvages. Au printemps, j'ai emprunté leur premier album Largue la peau à la Médiathèque. Il m'a bien plu et en l'écoutant je me suis dit que ce groupe aurait parfaitement sa place dans la programmation du F'Estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs, qui propose plein de concerts intéressants à Châlons depuis vingt-cinq ans. Un petit tour sur le site du groupe pour vérifier (la programmation du festival n'était pas encore annoncée), et bingo !, Sages Comme Des Sauvages était bien programmé pour ce 23 juillet.
J'ai pu y assister et j'ai passé un excellent moment ! L'an dernier, le concert de Canailles m'avait vraiment enthousiasmé, eh bien c'est pareil cette année avec Sages Comme Des Sauvages. Et les trois autres concerts du festival que j'ai vus étaient tous très réjouissants également.
Sur scène, Sages Comme Des Sauvages s'est présenté avec ses deux seuls membres permanents, Ava Carrère et Ismaël Colombani, dans des costumes de scène remarquables, ce qui n'est pas si courant. Musicalement, le cocktail est surtout constitué de percussions (un tambour "defi" notamment) et de cordes (bouzouki, ukulélé, guitare,...).
Le concert s'est ouvert magistralement, avec une reprise pour percussions et voix de Melocoton de Colette Magny. Il s'est terminé tout aussi en beauté avec La révolte des villes, une chanson façon "goguette" sur l'air de La peinture à l'huile de Boby Lapointe, composée en soutien aux mouvements de protestation contre la loi Travail.



D'autres reprises ont parsemé le concert, dont trois chansons d'Alain Péters (deux qui sont sur l'album plus une : le groupe a annoncé d'un air sérieux son intention de reprendre l'ensemble de son répertoire !), une chanson irlandaise à propos d'une fille mariée par son père à un mari trop jeune (et qui meurt vite...!) et, façon calypso, Somebody bad stole de wedding bell, une chanson enregistrée par Eartha Kitt en 1954.
Mais le répertoire était constitué majoritairement des excellentes chansons originales du groupe. Ils ont joué la majeure partie de leur album, ainsi qu'au moins une nouvelle chanson, excellente elle aussi, Ah, les angoisses.


Sages Comme Des Sauvages : Somebody bad stole de wedding bell, en concert au F'Estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs à Châlons-en-Champagne, le 23 juillet 2016.

Sages Comme Des Sauvages se présente comme un duo de folklore imaginaire, une définition qui leur va très bien. Clairement, ils synthétisent des sons venus d'ailleurs dans le monde entier pour composer d'excellentes chansons. Et pour les paroles ils empruntent une voie qui, je le pense depuis quelques années, est une véritable source de créativité pour la chanson chantée en français : ils s'inspirent du créole pour se libérer du carcan du vocabulaire et de la grammaire du français. Sur l'album, ça donne par exemple, Mon commandant, la première chanson à laquelle j'ai vraiment accroché, une chanson qui aurait pu venir d'un disque d'afrique francophone.


Sages Comme Des Sauvages : Mon commandant.

Des chansons, de cette qualité, l'album en est plein, de Lailakomo à Brindiy a mon zenfan et La montagne. Mais il est varié aussi : Asile Belleville rappelle les belles heures de Mano Negra et du rock alternatif.
Plein de vidéos du groupe sont disponibles. Je vous en propose une large sélection ci-dessous et je ne peux que vous encourager à vous procurer Largue la peau et à ne pas manquer le groupe s'il passe en concert près de chez vous.

Largue la peau est en vente chez A Brûle Pourpoint.






25 juillet 2016

LOUISE & FERERA-FRANCHINI : Southern blues / Hawaiian nightingale



Offert par Philippe R. à Nantes le 18 juillet 2016
Réf : 88 -- Édité par Francis Salabert en France dans les années 1920
Support : 78 tours 25 cm
Titres : LOUISE & FERERA : Southern blues -/- FERERA-FRANCHINI : Hawaiian nightingale

Ces derniers temps, il est peut-être plus facile de trouver sur les vide-greniers des disques intéressants des années 1920 ou 1930 que des années 1950 et 1960. Celui-ci, c'est Philippe qui l'a trouvé dans le coin de Nantes et qui me l'a gentiment offert, pour ses guitares hawaïennes et ses belles étiquettes, et parce qu'il n'est pas encore équipé pour écouter des 78 tours.
Francis Salabert est avant tout réputé comme l'un des plus importants éditeurs musicaux français, mais il a également publié des disques, avec plus de 800 références, probablement dans les années 1920-1930. Cette référence-ci, la 88, se situe plutôt dans les débuts.
J'avais été surpris de l'apprendre il y a quelques années, mais la musique hawaïenne a été l'une des plus populaires aux débuts de la musique enregistrée. Les premiers enregistrements remontent à la fin du 19e siècle et les disques se sont vendus à la pelle au moins jusqu'aux années 1930.
Frank Ferera (aussi nommé Palakiko Fereira), hawaïen de descendance portugaise, a été l'une des premières vedettes mondiales de la guitare hawaïenne. Il a fait carrière aux Etats-Unis dès le tout début du 20e siècle.
Il a beaucoup enregistré avec sa deuxième épouse, Helen Louise Greenus, la fille d'un homme d'affaires de Seattle, passionnée par la musique hawaïenne, qui avait appris à jouer de la guitare et du ukulélé. Ils avaient commencé à jouer ensemble à la fin de l'exposition Panama-Pacific à San Francisco en 1915, qui a déclenché une vogue immense pour la musique hawaïenne. Ils ont eu énormément de succès ensemble, mais la belle histoire s'est terminée en décembre 1919 quand Louise a disparu d'un paquebot qui emmenait le couple de San Francisco à Seattle.
Ce disque édité en France, reprend des probablement des enregistrements d'époque différentes.
Southern blues, un duo de guitare steel et de guitare ou ukulélé,crédité à Louise et Ferera, a dû être enregistré il y a pile cent ans, le 18 juillet 1916 à New York. La chanson a dû être éditée initialement chez Victor. J'ai aussi vu la trace d'un 78 tours de 1923 chez Pathé crédité à la Louise and Ferera Hawaiian Troupe. Ferera a de toute façon enregistré plusieurs versions de cette composition, puisqu'on trouve sur archive.org une version de 1924 par Ferera et John K. Paaluhi éditée chez Edison, qui est plus énergique.
Hawaiian nightingale est une composition populaire façon Tin Pan Alley de Vaughn de Leath sur des paroles d'Anne Hampton. Elle a été publiée en 1922. Là encore, je pense que Ferera l'a enregistrée au moins deux fois sur disque, dans des versions orchestrées. Avec le Palakiko's Hawaiian Orchestra chez Edison et avec le guitariste Anthony J. Franchini chez Pathé Actuelle, dans une version plus épurée ou j'entends du piano et du violon, c'est celle qui est sur mon disque.
Au bout du compte, je me félicite de la sélection des versions sur ce disque édité par chez nous sûrement à partir de 1923. Et on risque de parler encore de vieilleries prochainement par ici car j'ai acheté hier un petit lot d'une quinzaine de 78 tours...

Louise & Ferera : Southern blues.
Ferera-Franchini : Hawaiian nightingale.

17 juillet 2016

PROCOL HARUM : A whiter shade of pale


Acquis d'occasion dans la Marne en deux exemplaires probablement dans les années 2000
Réf : 17.000 -- Édité par Deram en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : A whiter shade of pale -/- Lime Street blues

Pour parer les copies parasitaires du style de Venus par Blocking Shoes qui visaient à capter une partie du chiffre d'affaires d'un grand tube, les maisons de disques étaient bien souvent assez démunies. Visiblement, il y a eu peu de procès ou de saisies (en tout cas j'en entends rarement parler), sûrement parce que, dans ce genre de cas, tout allait très vite et, le temps d'aller en justice, le mal était fait et la période des bonnes ventes passée. Et puis, ces reprises qui sortaient très vite n'étaient pas obligatoirement illégales.
Bien souvent, le label original n'avait qu'une solution : préciser sur la pochette "Version originale", avec ses différentes variations, "Version originale anglaise", "Version originale chantée", ... Sachant que c'était une arme qui pouvait être détournée, puisque l'adaptation en français d'un tube international pouvait très bien se prévaloir d'un gros "Version originale française" sur la pochette.
Pour un tube mondial du calibre de A whiter shade of pale , la toute première parution de Procol Harum, les choses sont aussi allées très vite. Enregistrement fin mars 1967, parution en Angleterre le 12 mai, et sûrement au même moment en France. Pour ce faire, la maison de disques françaises a dû choisir une photo et composer une pochette, assez réussie car elle est tout à fait dans l'esprit de l'époque, car, comme souvent, l'édition originale anglaise n'en avait pas. Du coup, de façon assez surprenante, le verso de la pochette originale française a été laissé blanc. Ce qui a permis au deuxième propriétaire de mon exemplaire, à qui il a été "offert par Tonton Jeannot le 31-3-73", de donner libre cours à sa créativité :



Comme pour d'autres grands succès, les reprises de A whiter shade of pale ont vite dû fleurir en ce printemps 1967. Nous en avons chroniqué ici  il y a quelques années un magnifique exemple avec le disque de Pro Cromagnum qui comportait en énorme sur la pochette la mention "N° 1 au hit-parade", ce qui n'était pas faux, mais très trompeur car la version n° 1 était bien entendu celle de Procol Harum.
La nature ayant décidément horreur du vide, Deram a très vite modifié le verso de la pochette du 45 tours et, dès juin 1967, on pouvait y lire :



Voilà qui était très clair, mais je ne suis pas certain que c'était efficace car il fallait tourner la pochette pour lire cet avertissement. Par la suite, un verso plus classique sera imprimé, avec les crédits de l'enregistrement et un rappel du catalogue.
Si on devait choisir un morceau pour expliquer à quelqu'un ce qu'est un slow, A whiter shade of pale ferait parfaitement l'affaire, tout comme When a man loves a woman de Percy Sledge, dont le titre de Procol Harum s'inspirerait en partie, ainsi que de Bach. Toutes les générations ont dû danser dessus depuis près de cinquante ans et cette chanson passe toujours en radio, mais je n'en suis pas complètement dégoûté. Le rythme est certes des plus bateaux, mais il ne donne pas le mal de mer et l'orgue et les paroles énigmatiques la rendent toujours attachante.
Si quatre minutes de A whiter shade of pale ne vous suffisent pas, vous pouvez toujours écouter quelques-unes des nombreuses reprises, comme celles de Percy Sledge, justement, des Box Tops ou de King Curtis en public au Fillmore West.
En face B, Lime Street blues n'est pas non plus. Pas très original, certes, mais plus rapide et agréable. Aucun de ces deux titres n'a été inclus sur l'édition originale du premier album de Procol Harum, sorti en septembre 1967.



Avec ses images de la guerre au Vietnam, la première vidéo de A whiter shade of pale (ci-dessus) ne passait pas à la télé. Un scopitone a donc été tourné (ci-dessous), mais entre-temps la formation du groupe avait déjà changé et on y voit Robin Trower et B. J. Wilson, qui n'ont pas participé à l'enregistrement.



14 juillet 2016

SISTER ROSETTA THARPE : Gospel feeling


Acquis sur le vide-grenier du Mont-Héry à Châlons-en-Champagne le 26 juin 2016
Réf : CD 198 024-2 -- Édité par Milan en France en 1999
Support : CD 12 cm
12 titres

L'autre jour à Châlons, outre le Johnny "Rock" Feller, j'ai acheté quelques disques rescapés des trombes d'eau qui venaient de s'abattre dont, pour 1 €, ce CD de Sister Rosetta Tharpe à la pochette illustrée par Guy Pellaert.
Sister Rosetta Tharpe a beaucoup tourné en Europe dans les années 1960. En novembre et décembre 1966, le Hot Club De France lui a organisé une tournée européenne pour la première fois sous son nom. Certains concerts ont été enregistrés et, dès 1966, un 33 tours, Hot Club de France concerts, a été édité en France avec une face enregistrée à Pau et l'autre à Dijon.
Gospel feeling est un CD, édité plusieurs fois entre 1997 et 2007 avec quelques variations sur cette pochette, qui contient visiblement d'autres enregistrements de cette tournée, peut-être extraits d'un seul et même concert, mais rien n'est précisé dans les crédits.
Ça commence assez mal avec les notes de pochette de Jacques Pescheux et Josette Mayer, dont l'objectif principal, en plus de résumer son parcours, semble être d'affirmer que Sister Rosetta Tharpe, "plus grande spécialiste du chant religieux noir" avec Mahalia Jackson, fait du jazz. Ça donne : "moins connue sans doute que Mahalia, elle n'en chante pas moins aussi bien qu'elle, dans un registre différent, et sans s'éloigner jamais du pur idiome de la musique de jazz", et en conclusion : "Quelque soit la catégorie dans laquelle on classe ce disque, c'est, tout simplement, du jazz de haute classe".
Pour ma part, je me tamponne de savoir si j'écoute du jazz, quelle que soit sa pureté et sa classe. J'apprécie le blues, le gospel et le rock 'n' roll, certains enregistrements de jazz aussi, et ce qui compte c'est qu'on a là un enregistrement de concert très pur et plein d'émotions.
Sister Rosetta Tharpe est seule sur scène avec sa guitare. Elle chante superbement, mais malheureusement la guitare est au second plan pendant presque tout le concert. La voix est mixée très en avant, la guitare est peu audible et sert surtout d'accompagnement (il y a très peu de parties instrumentales).
Pour l'occasion de ces concerts en France, Rosetta a visiblement appris quelques mots de français : "Merci beaucoup. Et maintenant, je vais vous chanter...". Ce n'est pas grand chose, mais ça suffit pour casser la glace et surtout, les premières fois qu'elle prononce ces mots, ça la fait systématiquement rire d'elle-même comme une gamine et c'est très touchant. A la fin, pour remercier le public, elle finit par demander "How do you say I love you in French ?".
Le disque s'ouvre avec This train, un de ses classiques. Très vite, elle est essoufflée à la fin des chansons et, après la quatrième, elle dit "And now I'm all well and ready to go now. I feel good now. I was a little sleepy you know". Mais ça fait au moins vingt minutes qu'elle tenait la scène toute seule...
Mon moment préféré du concert, c'est l'enchaînement de That's all et Walk all over God's heaven. J'aime beaucoup That's all et c'est l'un des passages les plus électriques, mais en plus il se passe visiblement quelque chose de spécial sur scène. A un moment elle dit "That' ll stay there" et ça ne me semble pas faire partie des paroles. Ensuite, elle fait un superbe solo de guitare, ça rigole et pour la première fois le public se met à l'accompagner en tapant des mains et l'ambiance chauffe ensuite pendant tout le reste du concert. Pendant Walk all over God's heaven, elle chante plusieurs fois "Shout !" et je suis sûr qu'elle enchaîne deux fois ensuite avec "Chante !". A la fin, elle fait semblant de pleurnicher et dit "Won't you tell my Mama", mais je ne comprends pas pourquoi.
En tout cas, quitte à moins trouver de vinyls sur les vide-greniers, je veux bien acheter des CD de cette qualité-là à la place, mais malheureusement ils restent encore rares.

L'album est en écoute chez NewMusicGospel.com.

 
Sister Rosetta Tharpe : That's all et Walk all over God's heaven.

 
Sister Rosetta Tharpe, That's all et Didn't it rain, en groupe, sûrement vers la fin des années 1960-début des années 1970.
 
Un documentaire de 2011, sûrement Sister Rosetta Tharpe : The godmother of Rock & Roll de Mick Csaky.

10 juillet 2016

THE BLOCKING SHOES : Venus


Acquis sur le vide-grenier de Montcetz le 3 juillet 2016
Réf : 3.529 -- Édité par Véga en France en 1969
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Venus -/- Blossom shoes

La semaine dernière, avant d'assister au concert du Eyo'nlé Brass Band dans le cadre du Festival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs, je suis passé en plein milieu d'après-midi sur le vide-grenier de Montcetz, à quelques minutes de Châlons, où je n'avais pas dû mettre les pieds depuis les fêtes mémorables dans l'ancienne salle communale à l'époque du lycée.
Même à cette heure tardive (certains stands commençaient à remballer à la fin de mon petit tour), j'ai trouvé des disques intéressants sur deux stands, dont un lot de trois 45 tours de 1969 venant sûrement du même propriétaire, avec Mais non mais non d'Henri Salvador (je m'étais justement fait la remarque dans la semaine que ce disque manquait à ma collection), un EP du groupe Les Musiciens, et ce 45 tours avec une reprise de Venus de Shocking Blue.



Venus est une excellente chanson, dès l'intro à la guitare acoustique. Ensuite, il y a les motifs d'orgue, les parties de guitare électrique, et surtout un refrain efficace, même s'il ne me parait pas si évident que ça dans sa construction, avec d'un côté le "She's got it, yeah baby she's got it" et de l'autre "I'm your Venus, I'm your fire, at your desire".
C'est sûrement le plus gros tube pop-rock d'un groupe hollandais dans l'histoire. Numéro 1 un peu partout dans le monde entier, à commencer par la France et les Etats-Unis. Si vous n'avez pas ce 45 tours dans votre discothèque, il vous le faut, et ça ne devrait pas être trop difficile de le trouver à 50 centimes dans le premier vide-grenier venu.
Évidemment, un tel succès attire les convoitises. Ce n'est pas un hasard si, toutes les éditions françaises du 45 tours de Shocking Blue, même la toute première, comportent la mention "Version originale" imprimée sur la pochette. Un moyen comme un autre de se prémunir contre les copies qui à l'époque parasitaient souvent, au moins marginalement, les ventes des grands succès.
Et, avec ce 45 tours de The Blocking Shoes, on a un bel exemple de copie de tube, comme on a déjà eu l'occasion d'en chroniquer ici pour A whiter shade of pale, Seaside shuffle ou Al Capone.
Les recettes sont peu ou prou à chaque fois les mêmes. On s'attaque d'abord à la pochette, ce qui sert à vendre le disque en magasin. Dans ce cas précis, c'était facile : la Vénus de Milo étant assez ancienne pour être libre de droits, on prend une photo avec exactement le même angle, on l'agrandit et on la colle bien au centre de la pochette.
Ensuite, il y a le nom du groupe qui, associé au titre de la chanson, doit inciter les clients à penser qu'il s'agit du disque original. Dans la lignée des Pro Cromagnum ou Prince of Wales All Stars, je dois avouer que les gens derrière la sortie de ce disque ont fait fort en claquant The Blocking Shoes, une façon très habile de réaliser leur contrefaçon en lui adjoignant la force d'une contrepèterie !
Pour ce qui est de l'enregistrement lui-même, l'idée est généralement de reproduire au plus près l'arrangement et la production du tube original. Ce n'est pas exactement le cas avec la version de Venus par The Blocking Shoes, qui est plus électrique et plus lourde, avec des relents psychés. Pas mal dans le genre.
La face B, Blossom' shoes, poursuit dans la même veine, avec un titre largement instrumental, si ce n'est des sortes de "Na na na" qui donnent ce qui aurait pu être la ligne de chant.
Généralement, les musiciens qui enregistrent ces copies sont des professionnels de studio qui restent anonymes. Dans ce cas précis, on a une information qui nous est fournie par la face B, créditée à Sam Oliver. Discogs nous apprend que Sam Oliver serait un pseudonyme du compositeur Bernard Gérard, réputé notamment pour ses musiques de films, comme Ne nous fâchons pas. Il y a donc fort à parier pour que ce soit Bernard Gérard et son orchestre qui se cachent derrière The Blocking Shoes.
Pour finir, notons quelques bizarreries supplémentaires.
Quelques mois plus tôt, c'est Véga qui avait édité en France le 45 tours précédent de Shocking Blue, Long lonesome road. De façon incongrue, on a donc dans le rappel catalogue au dos de cette contrefaçon une mention pour un disque du groupe qui est plagié !
Dans le même ordre idée, quatre mois plus tard et sûrement de manière très éphémère car on voit rarement ce disque, la maison de disques qui distribuait Véga a réédité Venus de Shocking Blue en France sous licence Pink Elephant. On a donc une réédition officielle du tube présentée au verso strictement de la même façon que sa copie !!
Chez Vinyl Vidi Vici, j'ai aussi appris que ces deux titres de The Blocking Shoes ont été réédités à peine trois mois plus tard par Véga, mais sous le nom de The Planeters, sur un EP partagé avec Raymond Ruer.
A ce niveau de recyclage de contrefaçon, ça devient difficile à suivre. D'autant que, en 1971, Shocking Blue a sorti un 45 tours intitulé Blossom Lady. Je ne pense pas pour autant que les hollandais essayaient de rendre la monnaie de leur pièce à The Blocking Shoes !

08 juillet 2016

DOING IT FOR THE FROGS : TWELVE TIMES


Acquis avec un abonnement à Les Inrockuptibles par correspondance en 1989
Réf : sa 2106 -- Édité par Virgin en France en 1989 -- Echantillon promotionnel vente interdite
Support : CD 12 cm
12 titres

Une photo de grenouille en gros plan sur fond vert ? La pochette du In the fishtank de Willard Grant Conspiracy + Telefunk m'en a rappelé une autre et m'a incité à ressortir cette compilation concoctée en 1989 par Les Inrockuptibles pour ses nouveaux abonnés.
La discothèque de Bruno m'a rappelé que c'est en mai 1989, dans le n° 17 des Inrockuptibles bimestriels daté juin-juillet, avec Chris Isaak en couverture, que cette compilation a été diffusée. Du coup, pour la première fois en presque vingt ans, je suis allé déterré la revue au grenier, dans un des cartons rescapés de la tempête du 26 décembre 1999.
En fait, contrairement à ce qui est indiqué chez Bruno, le CD n'était pas encarté dans la revue envoyée aux abonnés, mais annoncé par une publicité page 114 avec la précision qu'il était spécialement conçu pour les nouveaux abonnés.
J'étais sûrement abonné avant ça, peut-être que j'étais en phase de renouvellement, mais en tout cas je ne pouvais pas manquer ce CD Creation hors commerce annoncé comme contenant des inédits et j'ai effectivement profité de l'offre puisque le bulletin d'abonnement de mon exemplaire de la revue est découpé. 100 francs pour 6 magazines et 1 CD, ce n'était pas une mauvaise affaire...
Le titre de l'album est bien vu. Il fait référence, en le déclinant pour les français, à l'opération Doing it for the kids lancée avec succès par Creation en août 1988 avec un grand concert au Town and Country Club le 7 août, une compilation-catalogue de 14 titres vendue au prix d'un 45 tours et des 45 tours en édition limitée et pochette générique au prix réduit de 99 pence. Il faut dire qu'artistiquement il y avait de la matière, avec le premier album de House of Love, le second des Weather Prophets, Isn't anything de My Bloody Valentine, Tender pervert de Momus et plein d'autres excellents disques.
La page de pub pour l'abonnement annonçait donc des inédits sur cette compilation. On aurait pu préciser "inédits en France" ou indiquer tout simplement "raretés", car les douze titres présents sur la compilation ont été publiés au Royaume-Uni.
Les morceaux les plus rares sont l'Instrumental de My Bloody Valentine et The poison boyfriend de Momus (il s'agit d'une démo de 1982 qui a donné son titre à l'album de 1987, sans figurer dessus). On les trouvait à l'origine sur des 45 tours en édition limitée inclus dans les premiers exemplaires des 33 tours Isn't anything et Tender pervert.
Il s'agissait d'une autre campagne de promotion de Creation en 1988-89. Il y a eu des 45 tours inédits et limités comme ça également pour The House of Love, The Weather Prophets et Primal Scream, mais malheureusement ils n'ont pas été choisis pour les titres de ces groupes présents ici. Mais les titres sélectionnés à la place sont cependant très bons, et peu courants, sauf Ivy ivy ivy de Primal Scream, leur première publication après être retourné au bercail Creation suite à l'aventure Elevation, sorti en face A de single et sur album, qui fait la transition entre le son byrdso-sixties de la première période du groupe et celui plus électrique du deuxième album. Pour House of Love, on a droit aux deux excellentes faces du 45 tours Destroy the heart, la première sortie du groupe après son premier album à succès, et leur dernière parution chez Creation avant le départ chez Fontana. Quant à The Weather Prophets, cette rareté relative (plusieurs fois rééditée depuis sur des compilations) est une de mes chansons préférées du groupe, avec sa boite à rythmes et son clavier. Il s'agit de Joe Shmo and the eskimo, parue initialement en face B de Hollow heart.
Une autre des chansons un peu rares au moment où ce disque a été diffusé, c'est The Girl from Well Lane de Biff, Bang, Pow!, une belle ballade avec juste Alan McGee et une guitare acoustique. Présentée comme une démo, elle fait partie des chansons précédemment inédites publiées sur la compilation The acid house album en 1989. Elle a été reprise telle quelle en 1990 sur le mini-album Songs for the sad eyed girl, créditée cette fois comme "enregistrée live en mai 1989", ce qui n'est pas incompatible avec la qualification de "démo".
Les américains de l'étape, ce sont The Sneetches. Joe Foster avait sorti en 1988 leur premier album en Europe sur son label Kaleidoscope Sound. Pour le deuxième, Sometimes that's all we have, c'est Creation qui s'y est collé, et on en a deux extraits ici, tout aussi rétro l'un que l'autre, In a perfect place et mon préféré, Empty sea.
J'aime un peu moins les trois derniers titres. Razorcuts m'a toujours paru comme un groupe de deuxième division de la noisy pop. Sauf une chanson, que je trouve excellente mais dont je ne me souviens pas du titre. En tout cas, ce n'est pas The world keeps turning, même si la chanson s'écoute bien. Pour Shrift de Pacific, le seul titre un peu "dance" du lot, qui a été inclus sur plein de compilations Creation, j'ai beau avoir toujours bien aimé les séquenceurs, les synthés et New Order, il y a là des sons qui me hérissent les oreilles encore aujourd'hui. C'est peut-être aussi en partie dû au chant. Par contre, même si à l'époque j'ai toujours eu du mal à accrocher aux chansons de Heidi Berry, je trouve aujourd'hui que son North shore train, extrait de l'album Below the waves, clôt en beauté cette compilation qui, même sans vrais inédits, s'avère être largement au-dessus de la moyenne des objets promotionnels.




02 juillet 2016

JOHNNY "ROCK" FELLER ET SES "ROCK CHILD" : Dansez avec Johnny "Rock" Feller et ses "Rock" child


Acquis sur le vide-grenier du Mont-Héry à Châlons-en-Champagne le 26 juin 2016
Réf : 460.793 ME -- Édité par Fontana en France en 1961
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Je n'suis pas bien portant -- Le rock coco -/- J'aime pas le rock -- Saint-Rock

Bon, il faut croire que j'ai bien fait de pleurer un peu dimanche que je ne trouvais plus de disques un peu excitants cette année. Comme annoncé à la fin de la chronique, je suis ressorti pour me rendre à Châlons en début d'après-midi. Je suis arrivé sur le vide-grenier par un temps clair et sec, mais avec un sol complètement détrempé car une grosse averse quasi-orageuse venait de tomber. Les gens enlevaient les bâches de leur stand, vidaient et essoraient les objets en vente, voire remballaient pour certains.
Sur l'un des stands qui avait visiblement été bien protégé pendant la pluie, j'ai trouvé une boite à chaussures pleine de 45 tours années 1960 et 1970. Vue l'heure, je me doutais bien qu'ils n'étaient pas à 50 centimes pièce. Madame ne connaissait pas les prix et Monsieur était en vadrouille sur la broc. En l'attendant, j'ai fait ma sélection et retenu quatre disques.
Quand Monsieur a fini par revenir, on a pu marchander aimablement. Il me demandait 15 € pour les quatre disques, ce qui était somme toute raisonnable, mais je lui ai dit que seul celui-ci m'intéressait vraiment. Il m'en a demandé 5 €, mais j'ai fait la moue ne lui montrant que la pochette avait pas mal vécu, ce qui est vrai, et il a baissé à 3 €, prix que j'ai accepté de très bon cœur car je savais que je venais de faire ce qui serait pour moi l'affaire de la journée.
Je m'intéresse à Johnny "Rock" Feller, pas seulement à cause de l'ami Dorian Feller et de son ancien projet Rock Feller, même si, coïncidence, il s'apprête d'un jour à l'autre à diffuser un nouvel album de Brodé Tango, Appel d'air (on aura sûrement l'occasion d'en reparler...).
Non, le plus important à propos de cet unique disque de Johnny "Rock" Feller, c'est qu'il contient l'excellent J'aime pas le rock, que je connais bien grâce à une compilation Master série de Jean Yanne, et qui a fait l'objet à l'époque d'un Scopitone.
Car, ce n'est un secret pour personne, Johnny "Rock" Feller est incarné sur disque par Jean Yanne et sur la pochette par l'acteur Jack Ary, selon l'info donnée par Amour du Rock 'n' roll, un grand "second rôle" du cinéma français.
Je me sens un attachement particulier pour Jean Yanne car il est mort en 2003 à quelques kilomètres de chez moi, d'une crise cardiaque dans sa maison de Morains.
Ce 45 tours a été édité par Fontana. Au dos, on trouve des notes de pochette assez loufoques, signées d'un pseudonyme des plus improbables, Honzlagur Pompernickel, qui présentent Johnny "Rock" Feller comme un artiste du litron de rouge (d'où la photo de Jack Ary en clochard poivrot...).
Si ce disque était sorti en 1959 ou avant, on aurait parié que ces notes de pochette étaient à attribuer au directeur artistique de la boite, un certain Boris Vian, lui aussi auteur d'un 45 tours de rock comique pour Henry Cording, alias Henri Salvador.
Mais en 1961, Boris Vian était mort et enterré depuis un moment, donc pas de doute sur l'identité de celui qui se cache sous le pseudonyme Honzlagur Pompernickel. J'ai quand mếmé tiqué quand j'ai vu au bas du verso de la pochette du disque un 45 tours attribué à Honzlagur Pompernickel et sa Dame. J'ai pensé qu'à force d'être improbable il était peut-être virtuel, mais non, il existe bien et on peut être sûr que la chanson Suivez le veuf, tout comme La vache à mille francs de Jean Poiret), fait référence à la campagne de promotion nationale "Suivez le boeuf".
Johnny "Rock" Feller et ses "Rock" Child, dans un premier temps ce nom d'artiste m'a énervé à cause de la faute d'anglais : Avec un pluriel, on s'attendrait à voir "Children" plutôt que "Child". Mais au bout d'un moment, je me suis dit que ce n'était pas possible, que cette erreur était obligatoirement volontaire (même si on a vu de pires horreurs sur des disques français...). Du coup, j'ai rapidement eu l'illumination : il faut prononcer "Child" à la française et du coup, pour ce clochard, on a non pas une mais deux références à des millionnaires célèbres dans le nom de l'artiste, Rockefeller et Rothschild !
Le principal point faible de ce disque, c'est son premier titre, une reprise de Je n'suis pas bien portant. La version d'Ouvrard se suffit à elle-même et cette version "rock" ne lui apporte pas grand chose.
Les trois autres titres sont beaucoup plus intéressants. Ce sont des originaux co-signés par Jean Yanne et Jean Baïtzouroff, alias Popoff, un pianiste réputé notamment comme le complice Jean Yanne, justement, mais aussi de Jacques Martin. On ne sait pas qui fait quoi, mais je suppose que Jean Yanne s'est chargé des paroles et Popoff de la musique. Musicalement, les trois titres proposent du rock dans la droite ligne d'Henry Cording, avec des paroles qui multiplient les jeux de mots sur "rock". Par exemple, ils se sont visiblement emparés de Le rock coco un petit peu avant Léo Ferré, et ils placent aussi à cette occasion "le rock fort". On a droit aussi à Saint-Rock, une prière rock dérivée de La Marseillaise, que je n'ai malheureusement pas trouvée en ligne : "Ô Rock, les blousons noirs, sautez sur vos pick-up, dansons, dansons et que le rock abreuve nos microsillons".
Mais le sommet du disque, c'est sans conteste J'aime pas le rock, une chanson qui se serait peut-être un peu plus démodée si elle s'était appelée J'aime pas le twist ou même J'aime pas le rock 'n' roll. Mais "le rock" est un terme qu'on utilise encore au quotidien et, avec un son décidément très années cinquante, cette chanson donne une excellente occasion à Jean Yanne d'endosser son rôle préféré, celui du français gueulard et bougon.
Dans un style proche, le tandem Baïtzouroff-Yanne a signé, avec Gérard Sire, au moins deux autres excellentes chanson que je ne désespère pas de me procurer (Je peux rêver tout haut, puisque ça semble me porter chance...). Elles ont été interprétées en 1963 par Hector et les Médiators sur un EP qui comportait deux reprises en anglais sans intérêt sur la face A. Ces deux chansons, ce sont T'es pas du quartier (Antoine s'égare chez les babanes deux ans avant le début de sa carrière) et ma préférée, Je vous déteste, un véritable hymne punk, pour le coup près de quinze ans avant la lettre : "Je vous déteste, oui je vous hais, et d'un seul geste je vous balaie (...) Je vois que vous ne m'aimez pas, mais je vous le rends bien.". En réécoutant la chanson, j'en suis presque à me dire que je ne serais pas surpris d'apprendre que c'est Jean Yanne lui-même qui la chante.
En tout cas, je m'étonne que, à ma connaissance,aucun groupe punk n'ait repris Je vous déteste à la grande époque. Mais c'est peut-être tout simplement parce que presque personne ne connaissait cette chanson.
J'ai connu Hector par un mini-album reprenant ses deux premiers 45 tours, édité par Libération et Philips en 1984 (avec des notes de pochette de Bayon, je crois). L'ami Jean-Philippe avait ce disque qui, depuis, est lui-même devenu très rare. Quant au 45 tours original, il est à peu près introuvable, sûrement parce qu'Hector aurait fait un procès à sa maison de disques juste après sa sortie.
En tout cas, je croise les doigts et, s'il ne pleut pas, je terminerai peut-être le week-end avec un disque d'Hector et les Médiators dans ma besace. En attendant, je suis bien content d'avoir déjà Johnny "Rock" Feller et ses "Rock" Child.



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