27 mai 2018

HAMILTON LEITHAUSER : I don't need anyone


Acquis au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres le 21 janvier 2018
Réf : RBN047CDP -- Édité par Ribbon Music en Europe en 2014 -- For promotional use only / Not for sale - This promotional CD remains the property of Ribbbon Music and must be surrendered upon request
Support : CD 12 cm
Titre : I don't need anyone - Radio edit

Allez, encore un des CD promo trouvés lors de ma dernière visite à Notting Hill Gate, comme le Scumbag Philosopher, les King Creosote ou le Magnetic Fields.
Le nom d'Hamilton Leithauser ne me disait rien a priori, mais heureusement le petit texte sur l'étiquette collée au dos m'a permis de comprendre qu'il était l'un des membres des Walkmen, ce groupe qui a plus ou moins pris la suite de Jonathan Fire Eater et qui est lui-même en pause depuis plusieurs années.
Ribbon Music est une filiale américaine de Domino et les bonnes habitudes de la maison mère en matière de disques promo sont conservées pour cette sortie : on a droit à un CD avec une pochette cartonnée dont la photo est proche mais différente de celle de l'album Black hours dont le titre est extrait.
Ce qui rend ce disque particulièrement intéressant, outre qu'il s'agit d'une version "radio edit" sûrement un peu trafiquée par rapport à celle de l'album, c'est que, même si le label a mis cette chanson en avant avec ce CD ou en réalisant une vidéo, il n'y a eu aucun disque équivalent diffusé dans le commerce, ce qui fait de ce CD au minimum une curiosité, à défaut d'être une rareté recherchée.
Black hours est le premier disque d'Hamilton Leithauser sous son nom, mais c'est tout sauf un disque "solo". Pour I don't need anyone, il est accompagné à la guitare et à l'orgue par son collègue des Walkmen Paul Maroon, à la basse et aux percussions par Morgan Henderson des Fleet Foxes et à la batterie par Richard Swift des Shins. S'il n'a besoin de personne, l'ami Hamilton, il n'a quand même pas trop l'air d'aimer la solitude puisque, depuis Black hours, il a sorti deux albums studio co-signés l'un avec Paul Maroon et l'autre avec Rostam Batmanglij, ex-Vampire Weekend, également présent sur d'autres titres de Black hours.
S'il y avait un seul reproche à faire à I don't need anyone, c'est qu'il n'y a pas grand chose qui différencie cette chanson de celle des Walkmen. Mais pourquoi pas après tout ? Surtout que la comparaison serait à faire avec les meilleures chansons de son ancien groupe. Des parties de guitare en introduction aux quelques notes de basse qui soutiennent le tout et au chant, c'est une chanson qui me plaît beaucoup et qui donne envie d'aller écouter le reste de l'album.




Hamilton Leithauser, I don't need anyone, lors de son premier concert solo, le 15 avril 2014, au Joe's Pub, à New York.

21 mai 2018

AHAMADA SMIS : Origines


Acquis chez Gilda à Paris le 23 février 2017
Réf : [sans] -- Édité par Colombe en France en 2012 -- Mix non masterisé -- Extraits de l'album à paraître en mars 2013 - Interdit à la vente
Support : CD 12 cm
Titres : Bachraf -- Masikini -- Guiri hiri

Ce jour-là, j'avais trouvé le CD de Papas Fritas que je recherchais chez Parallèles mais j'avais aussi acheté une vingtaine de CD chez Gilda.
Pourquoi j'avais sélectionné celui-ci particulièrement ? Pochette sympathique, titre en français, mention d'enregistrement aux Comores et à Zanzibar. Autant d'indices intéressants, et je n'ai pas regretté mon choix car les trois titres de l'album Origines d'Ahamada Smis, alors en cours de finalisation, sont tout bonnement enthousiasmants. J'avais apprécié ce disque dès sa première écoute et je l'avais mis de côté pour le chroniquer, mais il s'est un peu perdu dans la pile au fil des semaines. J'ai bien fait de le déterrer.
Vous saviez qu'à Marseille, un habitant sur dix viendrait des Comores ? Moi non plus. En tout cas c'est le sujet de Planète Marseille, enfants des Comores, un documentaire de Charlotte Penchenier de 2017.
Ahamada Smis est de Marseille, justement, et sa famille est originaire des Comores. Il vient plutôt du monde du slam et du hip hop teinté d'acoustique et de musiques du monde mais, pour son deuxième album Origines, comme le titre l'indique, il est allé enregistrer sur place "une fusion entre musiques traditionnelles des Comores et poésie urbaine (slam/rap), dans un esprit afro-ngoma (afrobeat comorien)". On peut bien sûr faire un parallèle avec la démarche à Haïti de Mélissa Laveaux pour son album Radyo Siwèl.
Il est aussi précisé sur le site de son label que "ce projet s’inspire de l’héritage musical arabo-bantu de l’océan Indien". Cela s'entend particulièrement sur le premier titre Bachraf (Il n'est pas entièrement en ligne, mais on en entend des extraits dans cette bande-annonce de l'album. Il y a aussi une version remixée par Mungo's Park), qui démarre comme de la musique orientale presque classique, avant que ne déboule un slam en français sur une aventure cauchemardesque dans l'ascenseur d'une tour d'habitation.
Excellent, mais les deux autres titres sont presque meilleurs. Masikini est entraînant et, avec les chœurs des Femmes de la Lune de Chiconi, on se croirait presque à Soweto avec les Mahotella Queens.
Guiri hiri a une très belle mélodie, accompagnée de percussions et de guitare acoustique. Pour le coup, avec le mélange de paroles en français et de musique africaine, ça rappelle à mon souvenir le Bwana Zoulou Gang de Ray Lema.
L'album est sorti sorti finalement en novembre 2013, pas en mars. Origines a ensuite été porté à la scène, en trio acoustique ou en sextet, et je regrette bien de ne pas avoir assisté à l'un de ces spectacles.
Ahamada Smis vient de sortir en mars un nouvel album, Afrosoul, et on risque d'en reparler ici car je viens de le commander.









20 mai 2018

SCUMBAG PHILOSOPHER : Scumbag philosopher


Acquis au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres le 21 janvier 2018
Réf : [sans] -- Édité par Words On Music aux États-Unis en 2011
Support : CD 12 cm
Titre : Scumbag philosopher

Tout comme les King Creosote ou le Magnetic Fields, j'ai ramené ce disque dans mes filets, avec une cinquantaine d'autres, un dimanche matin de l'hiver dernier à Notting Hill Gate.
Ce groupe-là, je ne le connaissais pas du tout. Mais son nom, Philosophe Sac à merde, qui est aussi le titre de la chanson, est percutant pour avoir attiré mon attention. Tout comme la pochette, avec son Penseur de Rodin affublé d'attributs branchés, casquette, chaussures de sport, chien, joint et bouteille d'alcool.
Scumbag Philosopher est un groupe originaire de Norwich en Angleterre, signé sur un label américain. Ce sont surtout de petits rigolos. Précédemment, ils se faisaient appeler Fuck Dress, et ils présentaient ce nouveau projet comme "une sorte de farce situationniste".
Ils ont sorti un seul et unique album, It means nothing so it means nothing, avec une pochette proche de celle-ci, mais différente (Penseur sous un autre angle, avec d'autres attributs).
Censément, deux "singles" ont été extraits de l'album, celui-ci et God is dead so I listen to Radiohead mais en fait, comme c'est devenu une habitude au 21e siècle, il n'y a pas eu de disques commercialisés pour ces singles, ils ont juste été disponibles sous forme de vidéos et en version numérique. Les deux CD à pochette cartonnée, même si pour une fois ce n'est pas indiqué dessus, sont destinés à la promotion.
Pour ce qui de la chanson, bonne surprise, Scumbag philosopher est un bon titre, avec des échos de Wire à la fois dans la musique et dans la manière de chanter.

On trouve encore facilement It means nothing so it means nothing.

13 mai 2018

MÉLISSA LAVEAUX : Radyo Siwèl


Acquis par correspondance chez Nø Førmat en mai 2018
Réf : NØF. 40 - 19075806692 -- Édité par Nø Førmat en France en 2018
Support : CD 12 cm
12 titres

Dans le n° 295 de Mojo il y a un article d'une page sur Mélissa Laveaux. J'avais déjà vu passer son nom, mais je ne connaissais rien d'elle. En lisant cet article sur cette chanteuse, née au Canada de parents haïtiens qui ont fui la dictature des Duvalier, qui vit à Paris, qui allait après l'entretien donner un cours à des élèves sur le Punk et les sociétés marginalisées, qui s'est immergée pour son troisième album Radyo Siwèl dans les musiques traditionnelles haïtiennes et s'est intéressée à la période d'occupation d'Haïti par les États-Unis de 1915 à 1934, je me suis dit que j'avais un problème. C'est bien beau de s'intéresser à la musique des Antilles, de chroniquer des disques de chanteuses haïtiennes mortes depuis longtemps, comme Martha Jean-Claude, ou récemment, comme Émy de Pradines, mais ce serait quand même mieux de s'intéresser à ce que sont en train de créer des vivants tout près de chez moi. J'ai donc aussitôt commandé l'album et j'ai bien fait car j'ai été conquis dès la première écoute.
Et pourtant, j'ai été surpris. De ce que j'avais lu sur l'inspiration créole et haïtienne, sur le fait qu'il y a plusieurs chansons en commun avec mes disques de Martha Jean-Claude et Émy de Pradines, je m'attendais à quelque chose avec un son et un style assez proches de ces disques. Eh bien, ce n'est pas du tout le cas. Cet album chanté principalement en créole, enregistré en cinq jours en avril 2017 à Pantin avec deux ou trois prises par chanson, est bien celui de jeunes musiciens qui ont infusé des décennies de folk et de rock, et ça s'entend. De même qu'on n'est pas étonné d'apprendre que, outre les deux haïtiennes déjà citées, Mélissa Laveaux, qui est guitariste, dit avoir été inspirée par Sister Rosetta Tharpe.
Ce lien et en même temps cet éloignement avec les musiques traditionnelles est très bien expliqué sur le site du label Nø Førmat : "Les racines peuvent donc libérer, si l'on ne veut pas en rester prisonnier. Pour Mélissa, Haïti était comme cette voix sortie d'une radio dont le signal se brouille avant de revenir, ne livrant à l'auditeur que quelques mots épars... mais du même coup, la liberté d'inventer ceux qui manquent. Mélissa a réinventé le passé, pour mieux s'ouvrir un avenir de possibles. A partir des racines, elle a choisi les branches et les feuilles de l'arbre qu'elle continue de faire pousser. Son arbre donne des petites prunes, qu'en Haïti on appelle sirouelles, ou Siwèl en créole. Radyo Siwèl, voici le troisième album de Mélissa Laveaux."
Je suis encore en train de découvrir l'album, je ne vais pas en détailler les titres, d'autant qu'ils me plaisent  déjà tous, du premier Lè ma monte chwal mwen, avec de lointains échos de Walk on the wild side, à la comptine La sirèn la balèn, en passant par le très rock Nibo, Tolalito, Kouzen et Angeli-ko (trois titres en commun avec Martha Jean-Claude, je pense), Panama mwen tombe (dont il y a une version par Émy de Pradines). Les autres, Nan fon bwa, Simalo, Joli bwa, Twa fey et Legba na konsole sont tout aussi bien.
Un disque enthousiasmant donc,et mon prochain objectif, en sus de me procurer les deux premiers albums, sera de réussir à voir Mélissa Laveaux sur scène. Elle tourne actuellement Radyo Siwèl un peu partout dans le monde, et présentera également les 14 et 15 juin au Théâtre Le Tarmac à Paris Et parfois la fleur est un couteau, une fable afro-futuriste en forme de "concert dramatique".
Mais j'ai d'ores et déjà un regret : celui de ne pas avoir découvert cet album trois semaines plus tôt. En effet, Mélissa Laveaux a donné un concert le 21 avril à la salle Jeanne d'Arc de Verdun, là même où j'ai vu Gontard ! en février dernier, et je suis bien sûr que j'aurais fait le déplacement.

Radyo Siwèl est en vente chez Nø Førmat.


Première des vidéos de présentation de Radyo Siwèl. Bien regarder toute la liste.







11 mai 2018

THE MAGNETIC FIELDS : Andrew in drag


Acquis au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres le 21 janvier 2018
Réf : RUG452CDP -- Édité par Domino en Angleterre en 2012 -- For promotional use only / Not for sale - This promotional cd remains the property of Domino Recording Co. Ltd & must be surrendered upon request.
Support : CD 12 cm
Titre : Andrew in drag

En 2012, après trois albums chez Nonesuch/Warner, The Magnetic Fields est retourné au bercail chez l'indépendant américain Merge, pour lequel le groupe enregistrait jusqu'à 69 love songs en 1999. En Europe, c'est l'autre gros indépendant Domino qui a sorti Love at the bottom of the sea. Ce trajet d'un groupe qui tente l'aventure chez des majors pour revenir sur son ancien label n'est pas si rare. Je pense par exemple à The Jesus and Mary Chain, revenu chez Creation pour Munki en 1998. Ce qui est plus surprenant par contre, c'est que l'album suivant, 50 song memoir (2017) est à nouveau sorti sur Nonesuch !
C'est Andrew in drag qui a été choisi comme single pour annoncer la sortie de l'album. Seul un 45 tours a été commercialisé aux États-Unis et en Europe. C'est bien, ça fait à la fois jeune et rétro, mais ce n'est pas très pratique au 21e siècle. Alors, comme c'est devenu une habitude, Domino a pressé ce CD avec sa petite pochette cartonnée à des fins de promotion. J'ai récupéré mon exemplaire lors de la razzia que j'ai faite au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate en janvier dernier mais, en-dehors des exemplaires refourgués par des journalistes et autres professionnels, ce CD n'a jamais été commercialisé dans les circuits traditionnels.
Si j'en juge par le nombre de vidéos disponibles en ligne, Stephin Merritt a dû faire une tournée de promotion mondiale au cours de laquelle il interprétait systématiquement Andrew in drag seul au ukulélé. Dans la version enregistrée pour le Guardian, il explique en préalable les conditions particulières de création de la chanson. Il s'est réveillé un matin visiblement après une cuite carabinée, sans se souvenir de ce qui s'était passé la veille au soir ni de comment il était rentré chez lui. En regardant son carnet de chansons, il y a découvert les paroles d'Andrew in drag, qu'il avait dû écrire tard dans la nuit. Heureusement, il se souvenait quand même de l'air qui allait avec :



Love at the bottom of the sea a souvent été présenté comme un retour de Magnetic Fields  au son de 69 love songs. Il est vrai en tout cas qu'Andrew in drag n'aurait pas déparé sur ce monument et aurait même pu figurer dans le haut du panier de mes titres préférés.
C'est bouclé en 2'15, le refrain est minimal (le titre chanté trois fois, conclu par un "Yeah !"), mais c'est efficace et la mélodie qui n'a l'air de rien se révèle entêtante.
Côté paroles, Stephin Merritt s'amuse bien avec les questions de genre et de sexualité, puisqu'il est question d'un gars et de son amour impossible : la femme dont il est tombé amoureux, c'est le personnage travesti interprété une seule et unique fois pour rigoler par son pote Andrew. "Dommage qu'elle n'existe pas, dommage qu'il ne soit pas pédé" semble être la morale de l'histoire, donnée en ouverture de la chanson.



08 mai 2018

SUPERORGANISM : Superorganism


Acquis chez Cultura à Cormontreuil le 3 mai 2018
Réf : WIGCD413X -- Édité par Domino en Europe en 2018
Support : CD 12 cm
10 titres

Depuis quelques temps, Philippe R. a pris la bonne habitude de regarder les concerts Tiny Desk de la radio américaine NPR (littéralement enregistrés dans le bureau de Bob Boilen, l'animateur de l'émission All songs considered) pour y découvrir des musiques par des artistes connus ou inconnus.
Récemment, il m'a envoyé le lien vers la prestation de Superorganism le 25 avril dernier, avec comme simple commentaire : "C'est ça qui est bien : être encore surpris, j'aime beaucoup".
Je suis allé voir de suite et, avant même d'écouter, j'étais déjà conquis, à la simple lecture du texte de présentation expliquant que Superorganism avait demandé avant de venir l'autorisation d'accrocher des baleines gonflables au plafond et puis, pour leur prestation, pas pour consommer, ils avaient demandé qu'on leur fournisse sept pommes bien croquantes et sept canettes en alu.
Le concert lui-même ne m'a pas déçu, je n'ai peut-être pas vu un collectif aussi plein de vie sur scène depuis Les Gamins En Folie en 1991. Dix minutes de pure joie :



Notons quand même que, sur le premier titre Prawn song, les sept membres du groupe chantent tous à un moment ou un autre. Évidemment, comme les chansons sur un crustacé par un groupe barjot ne sont pas légion, on pense aux B-52's. Et puis, tous ces petits bruitages, ça rappelle aussi un autre très bon moment, les débuts de CocoRosie. Sur Something for your M.I.N.D., les coups d'arrêt m'ont fait penser au Novocaine for the soul de Eels. Mais je vais arrêter le petit jeu des références car ce qui compte c'est de les voir s'amuser et de passer un bon moment à les écouter. Voici encore un groupe qui répond parfaitement à ma définition de la hip-pop optimiste.
On voit bien que le groupe est formé autour de trois musiciens (batterie, guitare, claviers), avec une chanteuse plutôt réservé et trois foufous chanteurs-danseurs-bruiteurs.
Le noyau musical du groupe est en fait composé de trois membres du groupe néo-zélandais The Eversons (un quatrième est présent en coulisses), formé en 2010 et qui a sorti plusieurs albums. Pour ce projet, ils se sont réunis à Londres avec des amis venus d'un peu partout dans le monde entier, et ont associé à distance la chanteuse Orono, une fan des Eversons qu'ils avaient rencontrée lors d'une tournée aux États-Unis.
A peine la vidéo de Tiny Desk regardée, j'ai vérifié qu'il y était en stock et je me suis arrêté au supermarché culturel qui était sur mon chemin pour me procurer ce Superorganism, le premier album du groupe, sorti en mars.
En-dehors des conditions particulières de la prestation que je venais de voir, il y avait un gros risque que je sois déçu par l'album. Mais il n'en est rien. Le bon esprit est bien là aussi sur cet enregistrement studio et, pour l'heure, mes titres préférés sont Nobody cares, Everybody wants to be famous et Something for your M.I.N.D..
La bonne nouvelle, c'est que Superorganism sera sur scène près de chez moi le 16 juin prochain, au festival La Magnifique Society de Reims. La mauvaise nouvelle c'est que je ne serai pas à ce concert. Ce n'est pas que je ne suis pas disponible mais, depuis plusieurs années je fuis ce genre de foire à bestiaux. A défaut de voir le groupe dans de bonnes conditions, je préfère rester sur ma bonne impression et à la maison, à écouter l'album et regarder des vidéos !










Superorganism en session pour KEXP pendant les Trans Musicales à la Halle de la Courrouze à Rennes, le 7 décembre 2017.

06 mai 2018

LA SEMENCE PASTORALE : La semence pastorale


Acquis par correspondance chez Mécanique Populaire en janvier 2018
Réf : NFR 001 -- Édité par Mécanique Populaire en France en 2002 -- n° 352/600
Support : CD 12 cm
Titres : Quand Jean Bête est mort, il a laissé bien des héritiers -- Vivons heureux, vivons cachés -- Le bois tordu fait le feu droit -- À pisser contre le vent, on mouille sa chemise -- Le monde est rond, qui ne sait nager va au fond

C'est Alig qui, au cours de nos discussions à propos de Easy listening (Not) m'a demandé si je connaissais Jef Benech' de Mécapop. La réponse était non, mais il ne m'a pas fallu longtemps pour aller farfouiller sur le site du label pour le découvrir. J'ai vu que Mécanique Populaire avait produit plusieurs disques de ou autour de la musique de deux groupes importants pour moi, Legendary Pink Döts et Ptôse Production. Family Fodder avec une version de Gorgon Zola's baby a notamment participé à la compilation de reprise intégrale de l'album Asylum de Legendary Pink Döts (Creatio ex materia #1).
Pour ma part, j'ai assez vite été attiré par le disque de La Semence Pastorale. Un nom de groupe et des titres en français, une présentation recherchée (une boite cartonnée en forme de cadre dans laquelle on peut choisir son image de pochette parmi les 5 illustrations/collages illustrant les 5 morceaux), et un concept présenté comme tordu mais d'autant plus alléchant : "Un nain toréador qui prêche la bonne parole en utilisant de vieux proverbes français" !
J'ai écouté le premier titre pour assurer ma décision, mais c'était superflu car j'étais déjà quasiment convaincu, et j'ai aussitôt commandé le CD.
La Semence Pastorale, c'est l'un des nombreux projets musicaux de Jef Benech' (bouche et un peu de guitare), ici principalement associé à Pascal Tremolo (guitare dans tous ses états), qui ont fait appel pour l'occasion à cinq musiciens solistes (cornet, hautbois, saxophone, flûte à bec, accordéon).
Ce fut l'une des trois premières productions du label et ce ne fut pas facile, comme Jef l'explique dans un entretien pour Oksküre Mag : "Suite à une opportunité familiale, pensant naïvement que je serais choyé, j’ai finalement opté pour l’imprimerie et une édition assez conséquente de 600 exemplaires pour ces 3 CDs sous la forme de coffrets assez luxueux. Mais ce choix s’est révélé être une épreuve particulièrement éprouvante car j’ai mis un an et demi à récupérer les pochettes et livrets. L’imprimeur avait (entre autre) tout simplement oublié d’imprimer l’encre noire sur les documents. Difficile à imaginer n’est-ce pas ? J’ai dû terminer le travail chez un autre imprimeur… Cela m’a mis totalement sur la paille financièrement et surtout j’étais complètement abattu et désenchanté au point de ne même pas être capable d’assurer la promotion des disques…".
Musicalement, le disque s'est avéré à la hauteur de mes attentes, dès les premières notes. Quand Jean Bête est mort, il a laissé bien des héritiers est  une sorte de reggae paysan boiteux, comme j'imagine Albert Marcœur pourrait en produire. Assez fou donc, mais pas autant que les vocaux, très étranges, et ça sur toute la longueur du disque. Ils m'ont fait penser tour à tour à Sieur & Dame et à l'ami L'Incohérent de L'Opération Kangourou, mais en fait ça ne ressemble à rien de connu et c'est complètement inintelligible.
L'explication de ces bizarreries nous est fournie par Miss Ming, l'auteur des paroles, qui enregistre aussi sous le nom de Candy Rainbow. Dans un entretien pour Panic Goldfish, elle revient sur sa participation à ce projet : "Ma première touche était d’écrire pour Jef Benech des textes dans plusieurs langues réécrits srevne (envers)". C'était donc ça ! Si le chant sonne aussi bizarre, c'est que les paroles sont du "srevne", un peu à l'image de la Zorglangue de Zorglub dans Spirou et Fantasio.
Les quatre titres suivants sont tout aussi entraînants et rafraîchissants que le premier. Les 17 minutes que dure le disque passent très vite et on en vient vite à regretter que cette semence n'ait pas produit d'autres récoltes.

La semence pastorale est toujours disponible à la vente chez Mécapop.

01 mai 2018

ROBERT PALMER : Johnny and Mary


Offert par Claire B. à Châlons-en-Champagne le 11 avril 2018
Réf : 6837 869 -- Édité par Island en France en 1985 -- Hors commerce - Exemplaire réservé aux lecteurs de Synchro
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Johnny and Mary -/- All around the world

Après celui de Grèce, voici un autre disque de mon Tonton Mimi, lié lui aussi à une opération promotionnelle de Renault.
Cela va surtout me donner l'occasion de revenir sur Johnny and Mary de Robert Palmer, une chanson que j'ai eu tendance à snober à sa sortie en 1980. Il faut dire que le peu que je connaissais de Robert Palmer au moment de la sortie de ce disque ne m'attirait pas vers lui, alors que j'étais en pleine phase New Wave : sa chanson Bad case of loving you n'était "qu'une" reprise de Moon Martin; sur ses pochettes de disque, il avait l'air creux d'un playboy,... Fan de rhythm and blues, il avait quand même commencé son parcours avec The Alan Bown Set avant de jouer dans Vinegar Joe.
Alors, j'ai beaucoup écouté Johnny and Mary en 1980 car la chanson passait partout (ça reste le plus grand succès en France de Robert Palmer), j'ai dansé dessus dans les soirées, mais je me suis bien gardé d'acheter le 45 tours (il a fallu attendre des années pour que je le prenne dans un vide-grenier).
J'étais vraiment bien bête, car c'est une bonne chanson, avec une mélodie qui reste en tête et une production qui, justement, est très électronique et très de son temps (je ne savais pas alors que, sur l'album Clues dont cette chanson est tirée, Palmer a repris I dream of wires de Gary Numan et collaboré avec lui pour l'écriture d'un autre titre). 
Heureusement qu'à l'époque je n'ai pas vu la vidéo tournée pour cette chanson, car là c'est sûr j'en aurais été dégoûté à vie :



Beau succès donc en 1980, mais ce n'était pas fini car, en 1985, Renault a commencé à utiliser cette chanson en bande sonore pour des publicités dont le slogan était "Des voitures à vivre" :



Ces publicités ont été matraquées et elles ont beaucoup marqué. D'autant que ça a duré des années, d'abord avec la version originale puis avec des versions reprises par d'autres artistes. Je vous ai même trouvé un Top 10 des publicités Renault avec la musique de Robert Palmer !
Entre temps, Robert Palmer avait connu un premier grand succès en France grâce à la pub, en 1982, quand sa chanson de 1978 Every kinda people avait été utilisée pour la pub Heineken, "La bière qui fait aimer la bière".
Sans surprise, Island a ressorti Johnny and Mary en 1985, avec une nouvelle pochette reléguant le nom de l'artiste en bas à gauche pour laisser la place à un gros encart annonçant le "Thème original publicitaire".
On pourrait croire que le disque de mon oncle qui, rappelons-le, tenait un garage Renault, est un exemplaire de cette réédition commercialisée suite à la pub Renault. Presque, mais pas tout à fait. En effet, il s'agit d'un tirage spécial (le disque est identique mais la pochette a été imprimée spécialement), "réservé aux lecteurs de Synchro". Synchro ? Eh bien, vous serez heureux d'apprendre que c'est le magazine du réseau Renault, lancé en avril 1985 et qui existe toujours ! Le 45 tours a été inclus avec l'un des tous premiers numéros du magazine.
L'un des intérêts de cette réédition pourrait être sa face B. Au lieu d'un "vieux" titre de l'album Secrets de 1979 (In walks love again), on trouve ici un titre hors album, enregistré pour la bande originale du film de science-fiction Explorers. Il s'agit de All around the world, une reprise d'une chanson de Little Richard parue à l'origine en 1956 en face B de The girl can't help it. C'est un gros budget, au milieu des années 1980, avec Bernard Edwards de Chic à la production. Rien d'infamant, mais c'est quand même sans grand intérêt :



En préparant cette chronique, j'ai découvert sur le site français dédié à Robert Palmer qu'il existait une version en français intitulée tout simplement Johnny et Marie, sortie dès 1980 par Marie Léonor, avec des paroles adaptées par Boris Bergman.
De fil en aiguille, je suis tombé sur cet extrait du Collaroshow de 1981, où Robert Palmer et Marie Léonor chantent ensemble, lui en anglais, elle en français, en posant leur voix en direct sur une bande musicale :



Que l'interprète original et celui de la reprise se retrouvent ensemble à la télé, c'est assez rare, mais tout est possible. Devo est bien passé au Collaroshow en 1980 ! Mais quand je suis tombé sur un extrait d'une autre émission, où cette fois
Robert Palmer chante en partie en français, j'ai été vraiment intrigué. L'explication est simple puisque, selon l'information donnée par plusieurs sites, Robert et Marie Léonor étaient alors en couple. Un "bad case of loving you" d'anthologie puisque, selon Wikipedia et surtout La vie secrète des chansons françaises de Bertrand Dicale et André Manoukian, cette histoire d'amour aurait inspiré à Marie Léonor les paroles de la chanson Ouragan, devenu le tube que l'on connaît une fois interprété par Stéphanie ! Désormais, à chaque fois que vous entendrez "Comme un ouragan qui passait sur moi, l'amour a tout emporté", vous pourrez avoir une pensée pour Robert Palmer, qui est mort à Paris en 2003, à 54 ans.



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