24 juin 2018

JAH WOOSH : Judy drowned


Offert par Damien R. à Épernay le 23 juin 2018
Réf : SP 10021 - Reggae Power 4 -- Édité par Soul Posters en France vers 1974
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Judy drowned -/- Crooked skank

Damien est tombé sur ce disque en brocante il y a quelques semaines. Il se doutait qu'il ne lui plairait pas mais il a pensé que ce disque reggae des années 1970 intéresserait sûrement l'un de ses amis. Je l'étais, et je le remercie d'autant plus de ce cadeau que j'ai nettement tendance ces derniers temps à revenir bredouille ou quasiment bredouille des brocantes que je visite.
Jah Woosh était ce que les jamaïcains appellent un DJ, c'est à dire non pas un gars qui passe les disques mais une sorte d'animateur qui, dans les soirées dansantes, "toaste" en parlant/chantant sur les versions instrumentales de titres reggae. Sur la compilation The deejays, parue en 2000 dans
la collection Classic reggae, on trouve un large éventail de DJs, de U Roy à I Roy, de Big Youth à Prince Far I, de Dillinger à Dennis Alcapone. Jah Woosh en fait partie, mais c'est vrai que, malgré une discographie conséquente, il n'est pas très renommé par chez nous. Pour ma part, je ne le connaissais que parce que, dans les années 1990, j'ai acheté en solde la compilation We chat you rock, qui est présentée comme une bataille avec I Roy, avec une alternance de titres de ces deux DJs.
Je n'aurais pas imaginé qu'un 45 tours de Jah Woosh ait pu être édité en France dès 1974. C'est parce que je ne connaissais pas vraiment ce label Soul Posters, qui a fait un sérieux travail de défrichage à cette époque, avec notamment la série de cinq 45 tours Reggae Power (celui-ci est le n° 4) et les trois albums compilations très pointus In the land of reggae. Mais j'ai quand même beaucoup de disques Soul Posters chez moi car cette maison a notamment distribué en métropole les disques réunionnais Jackman et les antillais Hit Parade.
Ce 45 tours est extrait du premier album de Jah Woosh. Il est produit par Rupie Edwards, à qui les deux excellents titres sont crédités.
Je ne sais sur quel "riddim" Judy drowned est bâti, mais pour les paroles Jah Woosh s'est inspirée d'une chanson traditionnelle, popularisée sur disque par Harry Belafonte en 1957 sous le titre Judy drownded, sur son album Belafonte sings of the Caribbean. Un peu comme avec Sur le pont de Nantes, c'est l'histoire d'une petite fille qui connaît un destin funeste pour n'avoir pas écouté les conseils sa mère.
En face B, Crooked skank est la version DJ de Down below, un titre d'Errol Dunkley, dont la version instrumentale est due aux Rupie Edwards All Stars.
Jah Woosh, Neville Beckford de son nom de naissance, est mort en 2011 à 59 ans. Il existe un Best of de 24 titres. On ne le trouve peut-être plus facilement en CD, mais on peut l'écouter intégralement en ligne.

23 juin 2018

THE TING TINGS : That's not my name


Acquis chez YMCA à Douvres le 13 juin 2018
Réf : 88697293792 -- Édité par Columbia en Angleterre en 2008
Support : CD 12 cm
Titres : That's not my name -- That's not my name (Soul Seekerz Radio Mix)

Je connaissais le nom du groupe et je savais qu'il avait eu beaucoup de succès, mais ça fait tellement longtemps que je ne suis plus de près l'actualité discographique qu'il a fallu attendre le mois dernier, quand j'ai trouvé à Plivot pour 1 € un exemplaire de l'édition "Deluxe" de leur premier album We started nothing (un CD plus un DVD), pour que j'écoute enfin attentivement un disque des Ting Tings.
Et ce qui est bien que ce que j'ai entendu m'a beaucoup plus plu, avec un bon paquet de titres forts sur cet album pop-rock-électro.
Alors, quand la semaine dernière  je suis tombé à Douvres sur cet exemplaire en pressage anglais de leur single That's not my name, je me suis jeté dessus, d'autant qu'il semblait bien me souvenir que c'était l'un des titres que j'avais bien aimés sur l'album. Une bonne affaire à 50 pence, même si pour le coup il aurait mieux fallu que je tombe sur le pressage européen de ce single, qui compte deux titres et une vidéo de plus.
Les Ting Tings, c'est un duo anglais composé de Katie White, qui chante beaucoup et joue notamment des guitares, et Jules de Martino, qui joue notamment de la batterie, chante un peu et produit.
That's not my name est l'un des nombreux singles extraits de l'album. C'est même celui qui s'est le mieux vendu puisqu'il a atteint la première place des ventes. Comme quoi, j'arrive largement après la bataille ! Les paroles ont été inspirées à Katie White par les différents "petits" noms plus ou moins ouvertement sexistes que des gars du monde de la musique s'obstinaient à utiliser pour la nommer. C'est rythmé et accrocheur. Dans l'esprit, pour la musique et même pour les paroles, je rapprocherais cette chanson de Je ne te connais pas de Prototypes, sorti quelques années plus tôt.
Le Soul Seekerz Radio Mix raccourcit la chanson et lui donne une touche électro-house. Ce n'est pas mauvais mais tout à fait dispensable.
Le groupe a sorti deux autres albums depuis et, si on en croit le titre de la page d'accueil de leur site, il est actuellement en train d'enregistrer un autre.





12 juin 2018

LIAISONS DANGEREUSES : Los niños del parque


Acquis probablement chez A La Clé de Sol à Reims vers la fin des années 1980
Réf : RR-125537 -- Édité par Roadrunner aux Pays-Bas en 1982
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Los niños del parque -/- Être assis ou danser -- Mystère dans le brouillard

L'hiver dernier, une révolution interne a agité Magic, la revue pop moderne. Une grande partie des contributeurs historiques du magazine a quitté le navire et, une fois dehors, ils se sont retrouvés et se sont demandé ce qu'ils allaient faire ensuite. Dénommés Section 26, ils ont commencé par revenir aux sources en sortant un gros fanzine à imprimer soi-même, avec notamment un article sur Felt de Christophe Basterra , un autre sur Television Personalities par Étienne Greib et le Je bande encore de l'ami Philippe Dumez. Depuis, le fanzine est devenu un site qui est régulièrement mis à jour.
Dans le fanzine, il y avait aussi un entretien d'Alex Mimiraki avec The Hacker à propos du livre Mute : A visual document de Terry Burrows.
The Hacker y revient sur ses rapports de fan avec Mute Records. J'ai été un peu surpris de la place prééminente qu'il accorde au Lady shave de Fad Gadget car, parmi les premiers singles du groupe, c'est celui que j'ai le moins écouté. Et en plus, j'ai tendance à préférer la face B, Make room. Voilà ce qu'il en dit : "À chaque fois que j’ai essayé de copier Lady Shave de Fad Gadget pour en faire une reprise, j’ai trouvé autre chose, qui a fait un hit ! Je ne dois pas être très doué, parce que cela m’emmène ailleurs. La première fois, cela a donné 1982 de Miss Kittin & The Hacker, et la deuxième fois Flesh & Bone, avec Perspects, qui a très bien marché. Ce morceau demeure une source perpétuelle d’inspiration pour moi…". Du coup, j'ai ressorti le disque et je dois bien dire que je l'ai mieux apprécié qu'à l'époque.
Mais cet article m'a fait ressortir un autre disque, Los niños del parque de Liaisons Dangereuses, qui est le disque Mute préféré de The Hacker. Il a effectivement été sorti par Mute sous licence en Angleterre, en petit 45 tours deux titres, mais la sortie originale s'est faite en Allemagne fin 1981.
Contrairement à beaucoup d'autres disques New Wave qui sont dans ma discothèque, je n'ai pas acheté celui-ci au moment de sa sortie. Je l'ai pris sans le connaître quelques années au plus tard, un jour où je suis tombé sur un exemplaire soldé.
Mon édition étant hollandaise et certains titres en français, j'ai longtemps pensé avoir affaire à un groupe belge, d'autant que ma chanson préféréé du lot, Mystère dans le brouillard, est tout à fait dans la veine Polyphonic Size. Mais non, Liaisons Dangereuses était un groupe d'Allemagne, un trio composé de Chrislo Hass, un ex-membre de Deutsch Amerikanische Freundschaft, de Beate Bartel et du chanteur Krishna Goinaud, qui doit avoir des attaches françaises, ce qui explique les nombreuses et bienvenues paroles en français du groupe, une caractéristique qui les rapproche d'autres groupes d'Allemagne francophiles, Sprung Aus Den Wolken et The Truffauts.
La discographie de Liaisons Dangereuses se limite à un unique album, sorti en 1981, qui s'ouvre avec les trois titres de ce maxi, leur unique single.
La face A, Los niños del parque, est devenue une référence. Elle a été souvent samplée et plusieurs fois reprise. Si les liens avec des contemporains comme D.A.F., bien sûr, Fad Gadget et Front 242 sont clairs, on entend bien ici également les aspects proto-technos qui ont fait la réputation du groupe et la joie des DJs.
J'étais complètement passé à côté jusqu'ici d'Être assis ou danser et j'ai eu tort car c'est une réussite, que je préfère à la face A. C'est aussi une chanson rapide, mais avec un séquenceur moins rigide, un peu façon Devo de la même époque, et même du saxopĥone à la Tuxedo Moon.
Les paroles sont très bien :
"C'est l'histoire d'un garçon qui ne pouvait pas arrêter de danser
Il regardait autour de lui, tout le monde était assis, c'est vraiment chiant
Ses parents l'avaient prévenu, il ne faut pas traîner toutes les nuits dans les discosC'est l'histoire d'un garçon, et bien sûr il finit par crever, c'est normal aujourd'hui"
D'avoir réécouté plusieurs fois ce maxi me donne envie de découvrir l'album Liaisons dangereuses, avec des titres comme Apéritif de la mort, Peut-être... pas, Kess kill fé show, Dupont ou Avant-après mars. La dernière réédition en CD, qui date de 2013, est encore facilement disponible.




Liaisons Dangereuses, Los niños del parque, en concert à l'Hacienda à Manchester, le 7 juillet 1982. Ce concert a été édité en vidéo en 1987.

10 juin 2018

DAVID ROCHLINE : La règle du jeu


Acquis sur le vide-grenier de Flavigny le 20 mai 2018
Réf : CBS 1750 -- Édité par CBS en France en 1973
Support : 45 tours 17 cm
Titres : La règle du jeu -/- Danseur étoile

En début d'année, j'ai lu le livre Bashung : Vertige de la vie de Pierre Mikaïloff. Je l'avais encore en tête quand je suis tombé à Flavigny sur ce 45 tours à 50 centimes dont les deux faces sont composées par Alain Bashung. Sur le coup, j'ai cru que c'était le 45 tours de Bashung sorti sous pseudonyme dont il est question dans le livre. Ce n'était pas loin car le prénom est le même, mais le pseudo c'était David Bergen et le 45 tours Je ne croirai plus jamais est sorti un peu plus tard, en 1975, avec une pochette où on le reconnaît bien.
Non, outre les disques sous son nom d'avant 1977, dont je pense pouvoir avancer qu'ils sont tous uniformément mauvais, Bashung a multiplié les collaborations de 1966 à 1978, et ce disque en est un exemple.
Entre 1972 et 1974, il a notamment collaboré à trois albums de Dick Rivers, The rock machine, Rockin' along... the River's country side et Rock & roll Star, et les deux ont même enregistré ensemble, en chantant à tour de rôle, un double album de reprises de classiques du rock and roll, attribué au Rock Band Revival. Ce disque a été édité sous de multiples formes et j'ai dû le voir des centaines de fois en brocante ou en Emmaüs. Je me demande si je ne l'ai pas eu à une époque avant de m'en débarrasser.
En tout cas, selon Pierre Mikaïloff, c'est Dick Rivers qui a "découvert" David Rochline, qui avait illustré certaines de ses pochettes, et qui a demandé à Bashung de lui écrire des mélodies sur des textes d'Henri Steimen.
Rochline, qui est mort en 2015, était un artiste pluridisciplinaire, pas spécialement un chanteur, mais il avait une voix. Petit détail intéressant pour moi, Jean-Michel Ribes indique dans l'hommage qu'il lui a rendu dans Télérama qu'il a joué en 1978 dans sa pièce Jacky Paradis, dont la musique originale était de Lewis Furey !
Autant les disques de Bashung sortis sous son nom passaient à l'époque complètement inaperçus, autant ce 45 tours de David Rochline a eu semble-t-il un certain succès sur les radios, qui a même entraîné la publication en 1974 d'un deuxième disque, également composé par Bashung.
Pour ma part, le seul intérêt de ce disque réside dans la musique de La règle du jeu, mais ce n'est pas pour autant à porter au crédit du compositeur Bashung, au contraire, car, dites-le moi si je délire mais, peut-être emporté par l'habitude de faire des reprises, il a utilisé pour cette chanson les principales accroches de Baba o'Riley des Who (le riff souligné de synthé), au point que ça pourrait quasiment en être une adaptation en français !
Dans un style de variété-rock de qualité, un peu à la Balavoine, la face B, Danseur étoile, qui serait un hommage à Rudolph Noureev, est dans la même veine un peu glam que la face A, qui a d'ailleurs été incluse sur la compilation sûrement un peu pirate Glam ou rien. C'était dans l'air du temps il faut dire et, toujours selon Mikaïloff, pendant les deux semaines (quand même) qu'aurait duré l'enregistrement de ce 45 tours au Château d'Hérouville, ses protagonistes y auraient croisé David Bowie, qui enregistrait son album Pin ups, qui contenait deux reprises dûment créditées des Who.
Au moment d'écrire les paroles de l'album qui allait devenir Play blessures, Bashung a fait appel à Henri Steimen, mais il n'a finalement utilisé aucun de ses textes et a décidé de se tourner vers Gainsbourg.

03 juin 2018

BEST FWENDS : Alphabetically arranged


Acquis chez Gilda à Paris le 24 janvier 2013
Réf : MOSHICD20P -- Édité par Moshi Moshi en Angleterre en 2007 -- For promo use only - not for resale
Support : CD 12 cm
34 titres

Je pense que, ce jour-là chez Gilda, j'ai sélectionné ce CD promo en pochette carton en partie parce que la pochette était sympa, et surtout parce qu'il était publié par Moshi Moshi, le label qui a fait connaître Architecture In Helsinki par chez nous.
J'avais retourné la pochette avant de l'acheter, et j'avais été surpris par le nombre de titres (34). Comme promis par le titre de l'album, les 29 titres principaux arrivent par ordre alphabétique, de Aaww-some à Zwzzt. Comme ça au moins ils étaient sûrs de couvrir tout l'alphabet ! Il y ensuite 5 remixes.
Avant même d'écouter le disque, on sent les gars qui ne se prennent pas la tête ni trop au sérieux (Sur Bandcamp, l'album es présenté ainsi : "Quelques bonnes chansons, quelques mauvaises chansons, quelques remixes.").
Anthony et Dustin, les Meilleurs Awis, de Fort Worth au Texas, sont crédités uniquement pour les voix. Pourtant ils font tout le reste : les claviers-jouets, les échantillons, les pédales d'effet, l'ordinateur et peut-être même d'autres instruments. Il est indiqué que l'album a été enregistré dans diverses chambres entre 2002 et 2006 (l'un des titres s'appelle justement Musique de chambre) et on imagine que le groupe est au départ un projet d'étudiants qui s'éclatent bien.
A l'écoute, évidemment, avec 34 titres de moins de deux minutes en moyenne qui se succèdent, ça part dans tous les sens, c'est foutraque et il y a à boire et à manger, avec des bouts de punk, de hip hop, des voix dans tous les sens, des instrumentaux,... Dans l'esprit, on n'est pas loin du Beck du début, du premier They Might Be Giants, et de plein de trucs tout fous et lo-fi qu'on aime bien.
Évidemment, pris de A à Z en une seule fois, ça peut être un peu indigeste, mais c'est avant tout fortement réjouissant, 100% hip-pop optimiste, et il y en a pour tous les goûts. A chaque écoute, on découvre des trucs différents et les préférences changent, mais pour l'heure mes titres favoris sont Days seem shorter, Dream off, Skate or live, Aaww-some, Greetings to you, Bedroom music et Get away from me.
Best Fwends a eu un peu de succès en Europe suite à la sortie de cet album. Par la suite, ils ont sorti fin 2009 un autre album, K R U S H E R, avec des chansons enregistrées elles de 2007 à 2009. Je ne suis pas sûr que le groupe soit encore actif, mais tout récemment ils annonçaient sur leur page Facebook envisager de sortir une compilation de raretés.

Le CD d'Alphabetically arranged se trouve facilement et pour pas cher. On peut aussi télécharger l'album à prix libre.










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