03 décembre 2007

FELT : Space blues


Acquis chez Vitamine C ou à La Clé de Sol à Reims en 1988
Réf : CRE 060T -- Edité par Creation en Angleterre en 1988
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Space blues -- Be still -/- Female star -- Tuedays secret

Après le concert du 24 avril 1987 à Londres, je n'ai plus eu de contact direct avec Felt, et Creation ne m'a plus envoyé leurs disques. Du coup, je n'ai acheté le maxi The final resting of the ark que quelques mois après sa sortie, en solde, et j'ai carrément fait l'impasse sur l'album instrumental Train above the city enregistré par Gary Ainge et Martin Duffy sans Lawrence (Je regrette juste de n'avoir toujours pas eu l'occasion de l'écouter depuis). Par contre, j'ai acheté The Pictorial Jackson Review au moment de sa sortie, tout comme ce Space blues, qui se trouve être le dernier disque sorti par Felt chez Creation, un peu plus d'un an avant le disque des adieux de Felt, Me and a monkey on the moon.
C'est dans le livre de David Cavanagh The Creation Records story : My magpie eyes are hungry for the prize (Virgin, 2000) que j'ai trouvé, pages 246-248, des informations intéressantes sur le contexte de l'enregistrement de Space blues. Figurez-vous qu'à cette époque Lawrence s'était installé à Brighton, en co-location avec... Alan McGee ! Après son divorce et avec les débuts de l'acid-house, Alan entamait sa période hédoniste, mais la cohabitation avec Lawrence s'est visiblement bien passée. Cependant, Creation traversait une de ses nombreuses périodes de difficultés financières, et Alan n'était apparemment pas très chaud pour que Lawrence s'offre pour deux jours les services du célèbre producteur John Leckie, qui avait déjà produit Felt en 1984 pour l'album The strange idols pattern and other short stories, et qui figure dans mon panthéon personnel comme producteur du Real life de Magazine, des premiers XTC et de l'album de Mr. Partridge. John Leckie, lui, était désolé de voir Felt obligé de travailler avec un budget aussi réduit alors qu'un des autres groupes avec qui il travaillait au même moment dépensait des sommes énormes avec le soutien de son label Silvertone. Ce groupe, c'était les Stone Roses, qui enregistraient alors leur premier album.
Space blues est un disque excellent. Une fois n'est pas coutume, commençons par parler du dernier titre, Tuesdays secret, le seul sur lequel Felt est au complet dans une formation traditionnelle (Lawrence, Martin Duffy, Gary Ainge et Mick Bund à la basse). La chanson, que Felt a interprétée sur scène à partir de la fin 1987, est très bonne. Elle aurait tout à fait eu sa place, peut-être pas en face A de single, mais à tout le moins sur un album comme The strange idols pattern ou, plus exactement, vu que Martin Duffy est présent, sur Ignite the seven cannons ou Forever breathes the lonely word.
Les trois autres titres ont une tonalité musicale très particulière, due à l'absence de batterie, à l'utilisation d'un piano Fender Rhodes Bass acheté par Lawrence pour 25 livres à Birmingham et d'un vieux synthé Yamaha qui traînait dans le studio de John Leckie. Dans cette ambiance, Felt a enregistré l'excellente chanson Space blues, avec le renfort de Rose McDowall aux choeurs et de Francis Sweeney, le violoniste des June Brides. De la musique qu'on dirait littéralement hallucinée. David Cavanagh cite Douglas Hart, de Jesus and Mary Chain, qui compare le son de ce disque à ce qu'il entendait dans les premières raves, et effectivement ces trois titres sonnent un peu comme de l'ambient house avant l'heure. Je me demande bien à qui Lawrence fait référence dans les paroles : "I'm your greatest fan 'cause you don't give a damn".
Be still, un extrait de l'album Friends des Beach Boys, est la seule reprise de la discographie studio de Felt. L'orgue et le saxophone soprane de Richard Thomas y sont en évidence. Pour Female star, c'est surtout le solo de slide de Neil Scott qui est remarquable.
Selon David Cavanagh, Lawrence était très content de Space blues, mais il s'est rendu compte qu'il aurait un mal fou dans l'avenir pour réunir le budget nécessaire pour enregistrer dans d'aussi bonnes conditions, et c'est à partir de ce moment qu'il aurait commencé à organiser la fin de Felt.
Comme une comète qui revient à intervalle régulier, on a eu à nouveau le blues de l'espace en 2002 quand Martin Duffy a rendu hommage à Lawrence avec Space blues #2 sur l'album Evil heat de Primal Scream. Pour l'occasion, Martin s'est fait chanteur, avec des paroles pas gaies qui parlent de choix à faire au moment du jugement dernier. Brrrr.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Mais il devient quoi Lawrence ?? il a monté un nouveau groupe non, et fais un ou deux concert à Paris.Je me demande toujours comment ils font pour tenir financiérement...

Parle nous du nouveau Mendelson ! :)

il faut soutenir ce groupe. tu n'aimes peut-être pas du tout.

Pol Dodu a dit…

Après Felt et Denim, Lawrence a fondé Go-Kart Mozart. Pas trop de nouvelles depuis le 2e album et les concerts qui l'ont suivi jusqu'à il y a un an environ.
Le meilleur moyen d'avoir des nouvelles, c'est probablement ce site consacré à Felt : http://felt.planetaclix.pt.
Mendelson, je n'aime pas tout, mais il y a des choses que j'aime beaucoup. J'en ai justement parlé dans ma sélection radio du mois d'octobre 2007.

LinkWithin

Linkwithin