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08 avril 2023

THE BALLADURIANS : Un éléphant me regarde


Acquis par correspondance via Bandcamp en mars 2023
Réf : TB453/1 -- Édité par Pagans en France en 2014
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Un éléphant me regarde -- Triangle -/- Gut feeling

Après Juniore, c'est la deuxième fois qu'une de mes balades du Bandcamp pour le webzine Casbah m'incite à acheter un disque. En mars, c'est l'album d'Oh, no ! It's Diva qui m'a incité à explorer Bandcamp à la recherche d'autres reprises de Devo par des français. Arrivé au terme de cette exploration, c'est Gut feeling par The Balladurians que j'ai sélectionné.

Le titre s'ouvre par un enregistrement de Youri Gagarine
à l'issue de son premier vol cosmique, qu'on se serait peut-être plutôt attendu à entendre sur une reprise de Space junk. Ensuite, ça part dans une version plutôt fidèle de ce qui doit être la chanson la plus basiquement rock de tout le répertoire de Devo, avec un mélange guitare/claviers et, dans le dernier tiers, un passage instrumental assez emballant. Très bien donc, et j'aurais même dit parfait si le groupe avait eu la bonne idée d'adapter les paroles originales en français, comme Non! l'a fait avec The day my baby gave me a surprise.

Comme la pochette du 45 tours me plaît bien et que Bandcamp indiquait qu'il restait juste deux exemplaires de ce 45 tours en vinyl rouge sorti il y a bientôt dix ans, j'y suis allé de ma commande (et donc, à cette minute, il n'y a officiellement plus qu'un seul exemplaire du disque à la vente).

Le label Pagans qui a sorti ce disque, basé à Pau tout comme The Balladurians, a été fondé par le groupe Artùs. Il est géré par la compagnie Hart Brut et, parmi les gens qui s'en occupent, il y a Nicolas Godin, membre par ailleurs de Porta S. Le catalogue du label est éclectique. L'un des seuls noms que je connaissais est celui de Sourdure.

The Balladurians est un duo composé d'Hellvis (guitare et chant) et Paul Memphis (claviers, boites à rythmes et vinyls). Une formation minimale qui donne à leur son des tonalités un peu garage.
Leur nom sonne bien aujourd'hui, avec le recul, mais dans les années 1990 ils se seraient sûrement fait lyncher. J'imagine bien de nos jours des groupes se lancer en se baptisant Les Macroniens ou Les 101 Darmanins...!

Gut feeling est la face B de leur troisième 45 tours, un disque particulier présenté ainsi : "Trois reprises pour illustrer les principales influences du groupe : le rock 60's à la française et les sonorités synthétiques des années 80."

Les deux autres titres sont sur la face A.
Un éléphant me regarde a été enregistré en hommage à Gérard Rinaldi le jour de sa mort, le 2 mars 2012, mais je ne suis pas sûr que Les Problèmes, et donc Rinaldi, jouent sur la version originale d'Antoine.

L'autre titre est une version de Triangle, l'un des instrumentaux du premier disque solo de Jacno, mais pas le choix le plus évident qui aurait été le mini-tube Rectangle.

The Balladurians ont sorti quatre 45 tours jusqu'en 2014. Plus rien depuis, mais le groupe jouait encore en 2019 puisqu'on peut les voir sur YouTube jouer Gut feeling en concert en avril 2019.




The Balladurians en studio pendant l'enregistrement de ce 45 tours.


The Balladurians, Gut feeling, en concert à Bayonne probablement en 2011, avec Lederhosen Lucil en invitée.

04 février 2023

OH, NO ! IT'S DIVA : Oh, no ! It's Diva


Acquis par correspondance via Bandcamp en janvier 2023
Réf : [sans] -- Édité par Oh, no ! It's Diva en France en 2022
Support : Cassette
10 titres

C'est par une chronique de Paskal Larsen que j'ai découvert l'existence de ce groupe parisien, Oh No !, It's Diva. J'ai tout de suite été intéressé : après tout, le répertoire de ce trio est uniquement constitué de reprises de Devo, un groupe dont je suis fan depuis 1978.

Après une écoute rapide, j'ai eu envie de soutenir le groupe et de le chroniquer ici. J'aurais pu me contenter de l'album numérique, mais comme une sortie physique existait, je me suis fait violence et j'ai commandé cette cassette. Violence parce que, plus le temps passe et plus je pense que c'est une aberration de continuer à produire des vinyls. Mais pour ce qui est des cassettes, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, ce n'est pas une simple aberration, c'est une aberration au carré ! En 2023, je dis "Vive le CD !".

Au fil de toutes ces années, on n'a pas manqué de projets qui ont gravité dans l'orbite Devo.
Il y a eu dès 1979 la compilation Devotees de reprises par des auditeurs de KROQ-FM, dont les Bakersfield Boogie Boys.
Dans les années 1980, même si je ne l'ai découvert que des années plus tard, il y a eu les versions instrumentales E-Z listening de titres de Devo par Devo et les premières parties de leurs concerts en tant que Dove (The Band of Love).
En 1990, on a eu droit à Visiting Kids, projet artistique et familial impliquant épouse, enfants et membres de Devo.
Et en 2010, presque le plus incroyable, est sorti l'unique album de DEV2.0, groupe pré-fabriqué d'adolescents recrutés pour réenregistrer le répertoire de Devo et le faire connaître à la jeune génération, le tout dans le cadre d'un projet de Disney !

C'est peut-être de DEV2.0 qu'Oh, No ! It's Diva est le plus proche, sauf que dans l'esprit on est complètement à l'opposé. DEV2.0 c'était les membres de Devo avec la grosse machine Disney qui ont monté un gros projet professionnel de bout en bout, avec un gros budget. Oh, No ! It's Diva ce sont trois fans (Victoria Arfi, Marie Filliette, Margot Oger), dont on ne serait pas surpris d'apprendre qu'elles ont découvert le groupe dans la discothèque de leurs parents, qui décident de rendre hommage à Devo en ne craignant pas de verser si besoin dans le sabotage.
Les dix chansons sont des reprises, mais les titres ont été modifiés, peut-être bien pour se libérer des règles de Bandcamp à ce sujet. Les paroles aussi sont parfois différentes.
Je m'attendais à une production plutôt synthétique, mais non, on a droit à des versions brutes rock/électriques des chansons, un aspect qui était effectivement présent dans les premières années de Devo, mais qui a disparu assez vite par la suite.
L'ensemble passe très bien, d'autant qu'il s'agit de chansons que je connais et apprécie beaucoup. Mes deux titres préférés sont Gates (Gates of steel de Freedom of Choice) et She was really messed up (Big mess de Oh, No ! It's Devo).
J'aime aussi beaucoup Tête de bloc, mais avec un titre pareil je m'attendais à une adaptation de Blockhead en français, comme Non! l'avait fait avec The day my baby gave me a surprise), mais malheureusement ce n'est pas le cas.

J'imagine qu'Oh, No ! It's Diva est un projet ponctuel. Je vois mal ses membres aligner pendant des années des reprises de Devo (on les retrouve déjà dans d'autres groupes, Cheap Riot et Mary Bell), mais pour l'heure elles soutiennent la sortie de leur album et sont annoncées en concert à Bordeaux le 12 mars.


08 janvier 2023

TROUBLEMAKERS


Offert par Fabienne M. à Mareuil sur Ay en décembre 2022
Réf : PRO-A-857 -- Édité par Warner Bros. aux États-Unis en 1980
Support : 2 x 33 tours 30 cm
24 titres

En décembre, quelqu'un a diffusé sur Twitter la copie d'un article de 1997 de Record Collector sur Jonathan Richman. Je l'ai téléchargé, je l'ai lu, et j'ai été surpris d'y apprendre qu'I'm Straight, l'une des chansons des Modern Lovers première période, a été publiée officiellement pour la première fois en 1980 sur une compilation américaine de Warner, Troublemakers (en fait, cette information est assez connue, reprise dans pas mal d'endroits, mais soit je n'y avais jamais prêté attention, soit je l'avais oubliée).
J'ai une histoire un peu particulière avec I'm straight, car on trouve cette chanson sur certaines rééditions de The Modern Lovers, mais pas sur mon édition originale anglaise, et on la trouve aussi sur certaines éditions de The original Modern Lovers, mais pas sur mon exemplaire français. En fait, il a fallu attendre 1992 et la réédition CD Rev-Ola de The Modern Lovers (pour laquelle j'ai écrit des notes de pochette) pour qu'I'm straight atterrisse dans ma discothèque.
En tout cas, cette information m'a incité à aller me renseigner sur Troublemakers, et ce que j'ai découvert m'a donné envie de me faire offrir ce double album, d'autant qu'un exemplaire à prix correct était proposé à la vente par un français sur Discogs.

Troublemakers est le tout dernier volume paru de la série de compilations Loss leaders de Warner, qui avait démarré en 1969. Le concept était un peu particulier, il s'agissait de compilations-catalogues de Warner et ses labels affiliés (Reprise et Island, notamment), vendues uniquement par correspondance, à un prix très bas (2 $ le double album dans les années 1970). Cela était rendu possible en réduisant les coûts, y compris sur les droits versés aux artistes. La publicité pour ces parutions était faite sur les pochettes intérieures d'albums Warner ou dans des publicités dans la presse.
Pour la plupart des volumes parus, l'effet catalogue joue à plein, et les disques sont juste des pot-pourris de nouveautés, avec Captain Beefheart et James Taylor sur le même disque, par exemple. Mais l'un des intérêts de Troublemakers, c'est son unité thématique : elle est parue en 1980 et, clairement, l'objectif à cette occasion était de se concentrer sur des artistes associés à la New Wave, américains et anglais (La pochette avec son graphisme et le style des mannequins le confirme). Un autre intérêt est que la sélection des titres et excellente et que, comme c'était la tradition pour la plupart des Loss leaders, elle comporte quelques titres précédemment inédits, comme ceux des Modern Lovers, et d'autres rares aux États-Unis).

On va d'ailleurs commencer par s'intéresser aux cinq titres inédits (à l'époque) que contient Troublemakers.

Pour les Modern Lovers, je ne vais pas refaire toute l'histoire ici, mais la particularité c'est que Warner a signé le groupe en 1972, qu'il y a eu plusieurs sessions d'enregistrement avec John Cale ou Kim Fowley comme producteur, mais que Warner a fini par renoncer fin 1973, et le groupe s'est séparé, principalement parce que Jonathan Richman voulait changer de direction musicale.
Après ça, Beserkley Records a racheté les bandes à Warner et a sorti en 1976 The Modern Lovers, une compilation de neuf titres. Un des rares cas où une simple compilation d'inédits est désormais considérée comme un album important et "classique" du rock. Au moins trois autres titres de cette époque sont souvent ajoutés aux rééditions, I'm straight, Government center et Dignified and old.
Pour Troublemakers, je ne pense pas que, après avoir financé les enregistrements originaux avant de les céder à Beserkley, Warner a re-payé pour les utiliser ici, mais en tout cas I'm straight et Government center sont publiés "avec l'autorisation de Berserkley".

I'm straight est une chanson très particulière. Musicalement, rien d'exceptionnel. Je trouve qu'on est sur un rythme et dans un style pas si éloigné que ça de Hoochie coochie man/I'm a man/Mannish boy (sachant que Jonathan Richman a fait sur scène en 1983 une adaptation comique de ces classiques, I'm a jerk)
Côté paroles, la thématique est originale...! Voilà la situation : Jonathan a vu sur le campus une étudiante accompagné de son petit copain, un hippie (nommé Johnny ou Ernie selon les versions). Il trouve que ce n'est pas un gars bien pour elle, alors il lui téléphone pour lui expliquer tout simplement que le hippie est toujours dans les vapes alors que lui Jonathan a l'esprit clair et qu'il veut prendre sa place. Comme méthode de drague, on a vu moins lourdingue !
La version d'I'm straight qu'on trouve ici (et sur les rééditions de The Modern Lovers) est ma préférée. Il est indiqué que Kim Fowley est le producteur. Si c'est exact, alors, même si ce n'est pas ce que disent les quelques sources disponibles, j'avancerais que cette version date des démos enregistrées en juin 1972. En effet, il existe aussi une autre version studio d'I'm straight, également produite par Kim Fowley, celle qu'on trouve sur certaines éditions de The original Modern lovers. Ce qui me fait dire que cette autre version est la plus tardive (datant des sessions de l'automne 1973), ce sont les paroles modifiées, qui, montrent que Jonathan ne croit plus lui-même à sa chanson et qu'il hésite à la chanter. Le hippie n'est même plus présent dans cette version.
Pour information, il existe aussi deux versions live d'I'm straight publiées officiellement au fil des années. Là aussi, ça se mélange dans tous les sens entre les différentes éditions, mais la version de Live at the Longbranch and more, qui commence directement par "I called this number") est excellente, et même violente quand Jonathan s'énerve contre Hippie Ernie  : "His Woodstock brain, and his acid face. Yeah You walked by the computer centre with spineless Ernie, I telephoned to say, I could easily take his place. He's a hippie, Hippie Ernie. I'm straight and I want to take his place. Hey where's his backbone ? Hippie Ernie,  huh ? I'm tryin to make mine straight". On a rarement vu Jonathan Richman aussi agressif...!
La version de Precise Modern Lovers order est plus longue, plus lente aussi peut-être, et elle est un peu inférieure.

Pour Governement center, c'est un peu plus simple. Elle est apparue tardivement dans le répertoire des Modern Lovers première version et n'a été enregistrée qu'une fois, par Kim Fowley à l'automne 1973. C'est l'excellente version qu'on trouve ici. Mais cette chanson fait aussi partie des quatre première officiellement publiées par Jonathan Richman & the Modern Lovers, en 1975, sur la compilation Beserkley chartbusters volume 1. Il manque l'orgue de Jerry Harrison à cette deuxième version, plus acoustique, mais elle est tout aussi excellente et cette ode aux secrétaires de la cité administrative de Boston est de toute façon un grand moment de rock and roll.

On a aussi droit à deux documents précédemment inédits de rien moins que les Sex Pistols ! Il s'agit d'une première publication officielle, mais ces titres ont dû être piratés dès le lendemain de leur enregistrement : il s'agit d'Anarchy in the USA, le dernier titre joué leur de leur ultime concert le 14 janvier 1978 au Winterland de San Francisco, et de No fun, le seul rappel qui l'a suivi. Le son est pourri, c'est assez pathétique, mais c'est un document, qui se conclut par le fameux "Ever get the feeling you've been cheated ?" de Johnny Rotten.

J'ai été déçu par le dernier inédit, issu des sessions de l'album de 1972 The academy in peril de John Cale. Il s'avère que Temper est un instrumental (dont le titre fait référence au clavier tempéré ?), assez ennuyant pour moi. Il n'empêche, sa seule autre publication officielle semble être sur la compilation de 1994 Seducing down the door

Ce qui est étonnant, c'est qu'il y a très peu de titres faibles sur les 24 de ce double album et que la plupart des sélections correspondent parfaitement à mes goûts (sachant qu'il y a quelques classiques dans le lot).

Parmi ceux qui étaient rares aux États-Unis, il y a Social fools de Devo, dans sa version produite par Brian Eno lors des sessions de l'album Are we not men ? We are Devo !. Elle n'était sortie qu'en Europe, en face B du 45 tours Come back Jonee.
Et puis aussi, on retrouve John Lydon avec Public Image de Public Image, inédit aux USA car Warner n'avait pas voulu sortir le premier album, jugé non commercial. Et comme, les groupes ont souvent droit à deux titres ici, il y a en plus Swan lake, de The metal box, ou plutôt Second edition aux États-Unis.

Pour Urban Verbs, on a droit à ma chanson préférée du groupe, Subways, et à The only one of you,  que j'avais oubliée mais qui est très bien aussi. Il faudra que je réécoute leurs deux albums. Le grand malheur d'Urban Verbs, c'est qu'ils sont arrivés sur la scène après Talking Heads et qu'ils n'ont pas su s'en démarquer.
Difficile de choisir seulement deux titres à extraire d'Entertainment ! de Gang of Four, mais bon, Damaged goods et Anthrax, c'est parfait. Et idem avec 154 de Wire : moi-même, j'aurais probablement aussi proposé Map ref. 41ºN 93ºW et I should have known better.
Et ça continue avec The Buggles et leurs deux excellents singles Video killed the radio star et Clean clean et Marianne Faithfull avec le morceau-titre de l'album Broken English et la reprise de Lennon Working class hero.
Je ne suis pas un grand fan de Nico en solo et je me demande bien pourquoi les compilateurs sont allés repêcher My only child sur son album Desert shore de 1970, mais j'ai été surpris d'apprécier cette chanson, surtout grâce à la présence de chœurs.

Au bout du compte, il y a sur cette double compilation très peu de chansons que je ne connaissais pas du tout.
Parmi les bonnes découvertes, il y a Nervous breakdown de Brian Briggs, une reprise d'Eddie Cochran un peu à la manière d'Alan Vega. Sous son nom John Holbrook, il a été une figure importante (ingénieur du son, producteur...) des studios Bearsville aux États-Unis.
On a droit aux deux faces du deuxième single de Pearl Harbor and the Explosions et, autant je n'ai pas particulièrement accroché à la face A, You got it (Release it), autant j'ai apprécié la face B, Busy little B side, qui est exactement ce que son titre décrit.
Sachant que le groupe comptait à certains moments un ou deux ex-Modern Lovers, j'avais déjà écouté des titres de Robin Lane & the Chartbusters, mais j'avais été déçu. Ca se confirme ici avec les deux extraits du premier album, Don't wait till tomorrow et Kathy Lee, que j'ai trouvés très quelconques.

Troublemakers est donc un très beau chant du cygne pour la collection Loss leaders. Je connaissais la plupart des titres, mais je n'ai plus souvent l'occasion de me procurer des publications originales des Modern Lovers (étant donné que j'ai la majeure partie de leur discographie...!).



Ses Pistols, Anarchy in the USA et No fun, les deux chansons publiées officiellement pour la première fois sur Troublemakers. Le concert complet est sur YouTube.


Norman Maslov présente sa collection des compilations Loss leaders de Warner/Reprise (Il n'a pas Troublemakers...).


Une publicité pour Troublemakers parue dans Rolling Stone en 1980.

30 mai 2015

DEVO : Girl you want


Acquis neuf à Châlons-sur-Marne ou Paris en 1980
Réf : VS 350 -- Edité par Virgin en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Girl you want -/- Turn around

Bon, j'ai bouclé la semaine dernière ma Discographie personnelle de la New Wave mais je n'en ai pas pour autant fini avec la New Wave. Le livre ne se veut pas exhaustif (on m'a judicieusement fait remarquer qu'il y manque Pere Ubu et Lene Lovich, parmi beaucoup d'autres !) et, même si je ne prévois pas de volume 2, je ne vais pas me priver de chroniquer les disques que j'achète ou que je réécoute. Et cela d'autant moins quand il y a de l'actualité, comme c'est le cas pour Devo avec la parution cette semaine aux États-Unis d'un livre de la collection 33 1/3 sur l'album Freedom of choice de 1980.
33 1/3, ce sont ces petits livres qui se concentrent sur un album, écrits par des passionnés, journalistes ou souvent musiciens, comme c'était le cas pour celui sur 69 love songs. Pete Astor a signé l'an dernier celui sur Blank generation.
Pour annoncer la parution du livre, l'éditeur a publié une semaine d'infos sur Devo par l'auteur du livre Evie Nagy, et j'ai vraiment découvert quelque chose qui vaut le jus avec celle du deuxième jour : le 18 juin 1980, Devo est apparu dans le Collaro Show pour y présenter Girl you want !:


Devo, Girl you want,dans l'émission Le Collaro Show, le 18 juin 1980.

L'enregistrement a eu lieu le 12 juin 1980. Quand on lit le programme du groupe ce jour-là, on voit qu'ils ont interprété en play-back Girl you want deux fois cet après-midi-là, avant d'aller voir The Human League au Palace après avoir mangé dans un restaurant en face.
Je n'ai pas vu l'émission à l'époque. J'étais en plein bac, et surtout je fuyais Collaro comme la peste. C'est pour le moquer et pas pour lui rendre hommage que j'ai pris un temps en 1982-1983 le pseudonyme de Stéphane Pollaroc... Ce qui m'étonne c'est que, sauf erreur de ma part, personne ne m'avait informé jusque là de cette prestation par définition mémorable du groupe. Chez Collaro, Devo se trouvait là où il a toujours voulu être, au coeur de la société du spectacle, mais aussi là où sont les gens normaux. Là, où il pourrait le mieux réaliser son objectif : faire tout péter et mettre en oeuvre la dé-évolution.
Mais c'était voué à l'échec. Certes, ils sont bizarres les gars de Devo avec leurs chapeaux en plastique rouge et leurs synthétiseurs, mais ça fait causer cinq minutes les téléspectateurs avant qu'ils ne passent à autre chose, et au bout du compte ça ne surprend pas plus que Pit et Rik chantant La cicrane et la froumi.
Comme Evie Nagy l'explique, Devo et ses deux labels (l'américain et l'européen) avaient beaucoup misé sur Girl you want (orthographié Girl U want sur l'album) en le sortant en  45 tours quelques semaines avant Freedom of choice. Tout le monde pensait que ce titre, décalquant et moquant le tube My Sharona de The Knack (Il a fallu trente ans pour que je m'en rende compte par moi-même !), serait celui qui finirait par toucher le plus grand public. Ce fut un échec, comme avec les précédentes tentatives, et finalement c'est le single suivant, Whip it, qui, presque à la surprise de tout le monde, sera celui qui donnera enfin un très grand succès à Devo (aux Etats-Unis surtout). Et, comme de bien entendu, le groupe ne se remettra jamais vraiment de ce succès.
Girl U want est cependant devenu l'un des titres phares de Devo, et il y en eu plusieurs reprises au fil du temps, y compris de façon assez surprenante une version assez rock par Robert Palmer sortie en single en 1994.
Si j'ai acheté le disque en import anglais à sa sortie, c'est parce que je n'avais pas dû trouver le pressage français en magasin. Le 45 tours a donc été mal distribué et ne risquait pas de profiter du passage chez Collaro. Cela est sûrement dû au changement de distributeur français de Virgin qui est intervenu au moment de la sortie du disque. Il y a même du coup deux pressages français de Girl you want, l'un chez l'ancien distributeur Polydor, qui a dû être enlevé des rayons aussi sec, et l'autre chez le nouveau, Arabella-Eurodisc, qui a dû arriver trop tard pour espérer se vendre bien.
Il y a une excellente face B sur ce 45 tours, Turn around, un court titre à la fois synthétique et énergique, enregistré en même temps que l'album mais qui en a été écarté et c'est presque dommage. Le principal titre de gloire de Turn around depuis 1992 c'est d'avoir été repris par Nirvana, dont on trouve la version sur Incesticide.



09 février 2014

NON! : Dé/composés


Acquis par correspondance chez Optimum en janvier 2014
Réf : Mono-Tone 013 -- Edité par Mono-Tone en France en 2013
Support : 45 tours 30 cm
9 titres

C'est une chronique dans le dernier Abus Dangereux qui m'a donné envie d'acheter ce mini-album. Il y était question d'un disque de reprises de gens comme Elvis Costello ou Devo, on comprend déjà que mon oeil a été attiré, mais en plus ces reprises sont adaptées en français. Et les adaptations en français, ça me plait. J'en ai même fait quelques-unes, en vrai (, ou ) et beaucoup plus en rêve.
J'ai d'abord pensé écouter des extraits ou voir une vidéo, mais dans un premier temps, je n'ai rien vu du tout. Pas de Bandcamp ou de Soundcloud, rien sur Youtube (en fait, le disque est présent sur des sites que je ne fréquente guère, comme Deezer, Spotify et les sites de téléchargement). De toute façon, à partir du moment où le groupe s'est échigné à éditer son disque en vinyl, c'est celui-là qu'il me fallait.
Je ne connaissais pas du tout Non!, qui se décrit comme faisant de la No Pop Nihiliste. J'ai vu quelque part leur musique qualifiée d'électro-punk et ça leur va très bien. Leur biographie nous apprend que Non! est un duo basé à Nice, formé de Didier Memphis, des Dum Dum Boys, et de Karyn Brunella, qui ont aussi joué ensemble dans l'un de leurs nombreux projets, The Love Machine. Ils chantent tous les deux, à tour de rôle ou ensemble. Musicalement, on peut les rapprocher de Dr. Mix and the Remix ou de Kas Product, mais des deux groupes chantent en anglais. Dans l'esprit, avec le ton souvent désabusé de Karyn, on pense plus souvent encore aux Olivensteins.
Les neuf titres de ce disque enregistré à la maison datent originellement des années soixante, soixante-dix, quatre-vingts et deux mille. Certaines chansons, comme L.S.D. des Pretty Things, Millionaire de Justin Love (ou Justin Trouble) ou Trop de musique de Kim Salmon ont conservé leur titre et leur thématique originale, mais les autres ont des paroles entièrement nouvelles et développent une thématique du refus de la  vie "normale", parfaitement résumée par les premières paroles du disque : "On dit qu'il ne faut jamais renoncer, que l'obstination finira par payer, mais à quoi bon ? Non, non, non, non, non, quand on sait bien qu'à la fin, ça mène vraiment à rien. A quoi bon commencer à travailler, quand on a qu'une hâte c'est d'arrêter ? Mais à quoi bon ? Non, non, non, non, non. Autant renoncer d'entrée et ne pas même essayer. Oh, à quoi bon."
Le groupe a indiqué les interprètes originaux des chansons reprises, mais pas leur référence précise. Je sais donc que des chansons excellentes comme A quoi bon ou Plutôt mourir sont des reprises d'Electric Light Orchestra et de de Giorgio Moroder, mais je ne connais pas les titres anglais, même si initialement j'avais pensé à I feel love pour le Giorgio Moroder, mais je dois me planter. Pour ces deux là, ça ne m'empêche pas de dormir. C'est le même cas pour La drogue d'Ike & Tina Turner, mais là j'aurais bien aimé trouver la référence.
Pour une excellente séquence de trois titres sur la face B, je n'ai eu besoin d'aucune recherche pour associer Non non non au Nag nag nag de Cabaret Voltaire et Mais qu'est-ce que tu veux que ça me foute ? au Pump it up d'Elvis Costello and the Attractions. Pour Devo comme pour les autres, la chronique d'Abus ne précisait pas le titre repris. En attendant de recevoir le disque, je m'étais dit que ce serait bien si le titre repris n'était pas une évidence comme Mongoloid, Jocko Homo (qui auraient parfaitement convenu à la thématique du disque, mais je ne le savais pas), Girl U want ou Whip it, et j'avais même espéré, pour coller à mon planning de chroniques, que le titre sélectionné soit The day my baby gave me a surprize. Un peu osé comme pari, mais je suis tombé dans le mille ! Une semaine chargée est, à ma connaissance, la première version en français de cette chanson. Le refrain ("Whaou hou hou hou, hou hou hou", pour rappel) a été conservé tel quel, le reste des paroles n'a rien à voir avec une traduction de l'original.
Le disque se conclut avec Trop de musique, version de Too much music, piochée par Non! sur E(a)rnest, un obscur album auto-produit en 2002 par l'australien des Scientists et des Beasts of Bourbon. Je découvre à cette occasion que l'album de Kim Salmon contient des titres en français comme L'exhumation d'Yves Montand et Touche-moi rien. Voilà une piste à creuser...
En tout cas, Dé/composés est la bande-son idéale pour les cigales qui veulent danser tout l'hiver.

L'édition vinyl de Dé/composés est disponible notamment chez Optimum ou Abus Dangereux. La version numérique est disponible sur les principales plates-formes.

08 février 2014

DEVO : The day my baby gave me a surprize


Acquis probablement à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en 1979
Réf : 2097 993 -- Edité par Virgin en France en 1979
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The day my baby gave me a surprize -/- Penetration in the centrefold

Je me suis intéressé à Devo en 1978, après avoir lu des articles sur eux dans Best et Rock & Folk, et surtout après les avoirs vus un dimanche midi dans Chorus. J'ai donc acheté mes premiers disques d'eux, Q : Are we not men ? A : We are Devo ! et Satisfaction un peu de temps après leur sortie. Mais pour la suite, que j''attendais de pied ferme, il m'a fallu patienter. Dans mon souvenir, l'attente a été longue, mais en fait il ne s'est passé que quelques mois avant que le deuxième album, Duty now for the future, ne s'annonce, et il a même été précédé de six semaines par ce premier extrait en single. J'avais donc du nouveau Devo à me caler entre les oreilles à peine le bac français passé. Je crois me souvenir qu'on l'a écouté un après-midi d'été chez Pascal P. à La Croix Jean-Robert.
A l'époque, je trouvais que ce 45 tours revêtait une certaine aura de mystère. Près de trente-cinq ans plus tard, ce mystère est loin d'être dissipé et ce disque m'intrigue toujours !
Prenons la photo de pochette d'abord. Certes, elle n'est peut-être pas aussi bizarre que celle de Satisfaction, mais quand même. Qu'est-ce qu'ils font assis sur ce lit (d'une chambre d'hôtel ?), ce mec habillé en pantalon de tergal et chemisette et cette nana avec la robe relevée sur les cuisses ? Et pourquoi ces masques rigolards ? On ne serait pas surpris qu'il y ait du sexe joyeux dans l'air...
Bon, maintenant la chanson. J'ai eu un peu tendance à l'oublier au fil des années, mais il y a encore de vrais sons de guitare sur Duty now for the future, et The day my baby gave me a suprise est l'une des chansons qui a un bon gros son de guitare saturée en arrière-plan. Elle a surtout un rythme biscornu très surprenant, qu'on doit sûrement à feu le batteur Alan Myers. Autre particularité pour un disque visant les passages en radio et les hit parades, les paroles du refrain consistent uniquement en "Whaou, hou hou hou, hou hou hou". Pas facile de faire un tube de l'été avec ça ! On se concentre donc sur les paroles des couplets, et là encore c'est très mystérieux. Ainsi donc, le narrateur a reçu un message de sa chérie, griffonné sur son lit d'hôpital, elle annonce qu'elle va quitter sa chambre toute blanche et froide, revenir vivre avec lui, et à nouveau le regarder. Il est aussi mentionné que, le visage tremblant, elle essaie d'ouvrir les yeux. Jusqu'à aujourd'hui, je n'avais jamais analysé les paroles à ce point et je m'étais toujours demandé ce que pouvait être cette surprise. J'avancerais bien l'hypothèse que c'est le fait qu'elle puisse à nouveau voir. Pendant des années, à cause de la vidéo (vue guère plus d'une fois à la télé au moment de la sortie du disque), qui montre les membres du groupe se passer un bébé de main en main, avant de l'envoyer en l'air pour qu'il retombe dans une piscine gonflable, j'ai pensé que la surprise c'est que la chérie est enceinte, qu'il y a eu un "accident heureux", comme dans la chanson de Martin Circus. Je me plantais, bien sûr. Le WikiDevo avance que cette chanson continue l'histoire de Space junk sur le premier album. Je pense qu'il se plante aussi. S'il y a un rapport avec une chanson précédente de Devo, je voterais clairement pour Sloppy (I was my baby gettin'), la face B de Satisfaction, aussi présente sur le premier album : la chérie a acheté une voiture la veille, qui ne l'a pas menée loin car elle a "raté le trou". On aurait les suites de l'accident dans The day my baby gave me a surprise... Je trouve que ma théorie se tient ! Il y a aussi une référence qui semble bien vue, trouvée chez SongMeanings, aux paroles de St James Infirmary de Louis Armstrong : "I went down to St.James Infirmary, Saw my baby there, She was stretched out on a long, white table".
Pour Penetration in the centrefold, même sans comprendre les paroles, on savait d'emblée que le sexe était bien présent. C'est plutôt le "centrefold" qui posait question. Je ne savais pas que cette "pliure centrale", c'est la page centrale d'un journal ou d'une revue et que, par extension, c'est aussi la photo de fille à poil que les magazines érotiques avaient pris l'habitude d'y mettre. La chanson a été inspirée à Devo par un numéro de Hustler, qui a été le premier de ces magazines à grande diffusion à y faire figurer une pénétration. La chanson vaut surtout pour la façon qu'a Mark Mothersbaugh de hurler "Penetration !" sur le refrain. Elle a été enregistrée pendant les sessions pour le premier album à Cologne.
Si Devo a tourné une vidéo pour The day my baby gave me a surprise, projetée dans certains concerts, ils n'ont jamais interprété ce titre sur scène. Il existe par contre une version démo, publiée sur Recombo DNA, qui est très bonne, et peut-être même supérieure à la version officielle. Pour ma part, j'ai quand même un excellent souvenir de cette chanson en concert, grâce à l'excellente version qu'en ont donné Dogbowl et Poney à La Comédie de Reims le 22 février 2002.




Devo dans l'émission de télé allemande Rock Pop le 13 octobre 1979.

18 mars 2012

DEVO : E-Z listening disc


Acquis par correspondance probablement chez Cheap CDs aux Etats-Unis à la fin des années 1990
Réf : RCD  20031 -- Edité par Rykodisc aux Etats-Unis en 1987
Support : CD 12 cm
19 titres

Quand j'ai acheté un exemplaire du pressage américain du Shout de Devo le 28 novembre 1987 en même temps que l'album de Fred Schneider, j'ai eu droit à l'intérieur à une feuille de pub pour les produits 1984-1985 du Club Devo, (T-shirts, poster, dome d'énergie, lunettes 3-D...), dont les volumes 1 et 2 de leurs cassettes E-Z listening.

J'ai dû noter cette offre, mais je n'y ai guère prêté attention : mon intérêt pour les productions de Devo allait s'amenuisant au fil du temps, je n'avais aucune intention de commander quoi que ce soit dans la liste, surtout trois ans après, et puis je n'avais pas compris que l'E-Z listening désignait l'easy listening et la muzak.

Par contre, une dizaine d'années plus tard, quand j'ai commencé à naviguer sur internet et que j'ai découvert l'existence des CD inédits par ailleurs sortis par Ryko (Hardcore vol. 2, Live : The Mongoloid years et celui-ci), je me suis senti beaucoup plus concerné et je les ai tous commandés.

Donc, ce CD E-Z listening disc, sorti à l'origine en 1987 (mon exemplaire, avec un code-barres au dos, doit être une réimpression des années 1990), compile les deux cassettes Volume 1 et Volume 2 diffusées respectivement en 1981 et 1984, à l'exception de l'une des deux versions de Shout qui a sauté, probablement pour que tout puisse tenir sur un seul CD.

Je ne sais pas exactement quel était l'objectif poursuivi par Devo en enregistrant ces cassettes, mais je peux essayer de deviner. C'était probablement le même que lorsqu'ils faisaient leur propre première partie en tant que Dove (The band of love), pseudo-groupe de rock chrétien : s'amuser, se décaler de la norme, surprendre.

Le problème avec l'E-Z listening disc, c'est que Devo a un peu trop bien réussi son coup et produit avec ces versions à 99% instrumentales de la vraie soupe pour ascenseur ou lounge bar, allant de la sauce jazzy à l'électronique façon Jean-Jacques Perrey. C'est volontairement mou et au bout du compte aucune des versions proposées ici n'est indispensable. C'est surtout vrai des grands classiques du groupe, peut-être les plus défigurés (Satisfaction reprend même le riff original des Rolling Stones !), et les titres qui s'en sortent le mieux, surtout issus de la cassette de 1984, sont les meilleures chansons des albums sous-estimés New traditionalists et Oh, no ! It's Devo, Time out for fun, Jerkin' back and forth, It's a beautiful world et Goin' under, auxquelles j'ajouterais juste Space junk.

Ce CD n'est plus distribué et les exemplaires d'occasion se vendent parfois à des prix prohibitifs. De nombreux extraits du disque sont en écoute sur YouTube et on peut télécharger les deux cassettes chez I'm learning to Share !.

28 janvier 2012

DOGBOWL : The best of Dogbowl volume II


Offert par Dogbowl par correspondance au printemps 2002
Réf : 62 TV 29846 -- Edité par 62 TV en Belgique en 2001
Support : CD 12 cm
19 titres

Avec ce disque, on multiplie les aller-retour entre le réel et le virtuel. En effet, c'est ce Best of Dogbowl volume II bien réel édité par les amis belges de 62 TV qui m'a donné l'idée de créer Vivonzeureux Records, même si le catalogue a ensuite intégré des disques imaginaires antérieurs. En l'écoutant, j'ai eu l'idée d'une sélection de mes titres préférés de Dogbowl complémentaire à celle-ci. Ça a donné Chasing bare bones : the best of Dogbowl volume 4, que j'ai décidé de "publier" sur mon label virtuel.
J'ai présenté Chasing bare bones à Dogbowl et Poney, le groupe belge qui l'accompagnait pour les concerts de promotion du best of, lors du concert-vernissage d'une exposition de Dogbowl à la médiathèque de Mons le 27 avril 2002 et c'est un peu plus tard que Dogbowl m'a envoyé cet exemplaire du disque à la pochette personnalisée au feutre. D'où le "Merci", et aussi le "DEVO", en référence à mon enthousiasme pour l'excellente reprise de The day my baby gave me a surprise de Devo que Dogbowl et Poney avaient jouée au Bar de la Comédie à Reims un peu plus tôt dans l'année, le 22 février 2002.


Dogbowl et Poney à la Médiathèque de Mons le 27 avril 2002. Photo : Pol Dodu.

La troisième et dernière fois que j'ai vu Dogbowl jouer avec Poney, ce fut le 28 août 2002 sur la Guinguette Pirate à Paris, un "concert d'adieu" à l'Europe de Dogbowl, qui retournait s'installer aux Etats-Unis (deux témoignages vidéo du concert à voir ci-dessous).
Depuis cette époque, Dogbowl est resté très actif. Il fait beaucoup de peinture, a publié un second roman, Hundred percent lunar boy (qui sera prochainement adapté au cinéma), sorti un disque inédit, Songs for Narcisse, et deux d'archives, Le chien lunatic, le fameux concert en français de Bruxelles, et des enregistrements de ses premiers concerts solo au CBGB's en 1985-1986. Presque de quoi envisager un best of volume 6 !
Dogbowl est revenu ponctuellement en France, souvent pour des collaborations avec son vieux compère Michel Cloup, avec qui il avait enregistré le double 45 tours Nuage nuage. J'ai eu la chance que l'une de ces visites ait lieu à la Cartonnerie de Reims le 19 février 2009, où Dogbowl a donné un concert d'une demi-heure, debout sur le bar, seul avec sa guitare électrique comme au temps du CBGB's.
Dix ans après, ce Best of volume II constitue toujours un parcours palpitant dans la discographie solo de Dogbowl, de Tit ! (An opera) en 1989 à Fantastic carburetor man en 2001. Il y a deux inédits, des nouvelles versions de Hot day in Waco et Gunsmoke enregistrées avec Poney, et un titre rare, Blue fur bosom girl, sorti uniquement en 45 tours. On y trouve notamment Nothing better, l'ode très expressive au cunnilingus et à la fellation, et plein d'autres chansons que j'adore : Love bomb, Hello Helen, Cindy on the sidewalk, On the monkey bars, Oklahoma, The president was shot... Une de mes préférées reste le court titre a cappella Going out on a date (with a girl that you like), qui exprime parfaitement la nervosité d'un premier rendez-vous.

The best of Dogbowl volume II est actuellement disponible en téléchargement. Des CD sont encore à la vente d'occasion, mais il faut bien sûr refuser de payer le prix prohibitif que certains en demandent.




Dogbowl et Poney à la Guinguette Pirate, Paris, le 28 août 2002.

24 janvier 2010

DEVO 2.0 : Dev2.0


Acquis par correspondance via Amazon aux Etats-Unis en janvier 2008
Réf : 61442-7 -- Edité par Disney Sound aux Etats-Unis en 2006
Support : CD 12 cm + DVD 12 cm
12 titres + 9 titres

Ça aurait pu être un coup de génie, un chef d'oeuvre de l'entrisme situationniste (si tant est que ça existe...) : Devo, les tenants de la dé-évolution qui réussissent à vendre à Disney, entreprise reine par excellence du conservatisme, le concept d'une version rajeunie de Devo, recrutée après un casting serrée, chargée de réinterpréter les classiques du groupe pour toucher la génération ado des années 2000.
Ça aurait pu être génial, oui, à la seule condition que, l'idée une fois réalisée, Devo 2.0 ait réussi à faire entrer ne serait-ce qu'un soupçon de subversion chez Disney. Mais non, c'est juste un groupe d'ados préfabriqué interprétant des chansons de Devo aux paroles soigneusement rabotées pour que rien ne dépasse, même pas le "Pour vous, pas pour moi" à la fin de Beautiful world. L'un des deux titres précédemment inédits était à l'origine une chanson de Jihad Jerry, le projet du bassiste Gerald Casale, mais les paroles anti-Bush sont bien sûr passées à la trappe.
Finalement, ce n'est pas très surprenant. Ca fait bien longtemps il me semble que l'esprit de subversion qui animait Devo à ses débuts a disparu. Leur côté décalé et parodique n'est plus que le fond de commerce d'un groupe typiquement américain, comme le montrent les DVD live enregistrés depuis leur reformation (Devo tourne régulièrement depuis 1995. Un nouvel album, leur premier depuis 1990, est même annoncé pour cette année : je n'attends pas après).
Au bout du compte, ce qu'on a avec ce disque de Devo 2.0, c'est un réenregistrement de titres de Devo du début des années 80 (à part  les deux inédits, il y a une seule chanson, Uncontrollable urge, du premier album), joué ou pas par les jeunes eux-mêmes (en fait, il est précisé dans cet article du San Francisco Chronicle que, pour des "raisons budgétaires", c'est bien Devo qui joue sur ce disque), c'est pas le problème, mais chanté en tout cas par eux.
L'intérêt principal que j'y trouve, c'est dans la sélection des titres, qui, outre trois extraits du classique reconnu Freedom of choice, nous en propose trois aussi chacun des deux albums suivants, New traditionnalists et Oh, no ! It's Devo, qui sont loin d'être parfaits mais qui comptent toute une série de perles pop synthétiques, qu'on retrouve presque toutes ici à l'exception notable de Going under et surtout de Time out for fun, qui aurait pourtant convenu parfaitement dans ce contexte.
Le DVD nous propose neuf clips enregistrés avec le groupe, auxquels on pourra préférer les versions avec animations seules, qui permettent d'écouter les versions instrumentales des titres du CD, proches des versions originales, mais bénéficiant de vingt ans d'améliorations techniques. On a droit aussi à un reportage sur l'enregistrement et à une séance d'interviews incongrues qui voient Mark Mothersbaugh et Gerald Casale répondre aux questions de deux des membres de Devo 2.0, loin d'être nés quand Smooth noodle maps est paru en 1990.

PS :  En 1990, Devo avait plus ou moins déjà tenté le même coup, en produisant le disque des Visiting Kids, qui comprenait plusieurs de leurs enfants. C'était un disque indépendant, sorti en France chez New Rose, mais là non plus le résultat ne m'avait pas vraiment convaincu.

Re-PS : Même si le disque est loin d'être essentiel, je peste quand même contre Disney qui proposait un titre bonus (Girl U want, sur le CD on a droit à Boy U want) accessible en ligne en utilisant la piste multimédia du CD. Je n'ai pas pensé à essayer d'y accéder il y a deux ans quand j'ai acheté ce disque, et aujourd'hui le site n'existe plus !

29 décembre 2008

DEVO : Be stiff



Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne probablement début 1979
Réf : 941 002 -- Edité par Stiff en France en 1979
Support : 45 tours 30 cm
6 titres

Parfois on se sent tout con de ne pas avoir été capable d'additionner soit même deux et deux pour trouver la réponse, mais encore faut-il disposer de toutes les données du problème pour être en mesure de le faire. Par exemple, je sais que Devo, dès l'origine, s'est conçu comme un produit complet multimédia, pas juste comme un groupe de musique : ils ont réalisé des films, travaillé leurs costumes et leur jeu de scène, peaufiné tout leur concept de dé-évolution. Ils sont notamment responsables la plupart du temps de la conception graphique de leurs pochettes. Par ailleurs, je sais depuis quelques années que le graphiste Barney Bubbles a réalisé des dizaines de pochettes de disques, pour Hawkwind et pour les labels Stiff Records, Radar et F-Beat notamment, et qu'en règle générale Barney Bubbles ne créditait pas son travail sur ses pochettes de disques (J'ai parlé de Barney Bubbles notamment à propos du 45 tours Emotional traffic de The Rumour). Je savais aussi que ce mini-album six titres, qui compile les trois 45 tours de Devo édités par Stiff en Angleterre, était sorti alors que Devo avait déjà quitté Stiff pour Virgin et Warner. Pourtant, je ne me suis jamais posé de question et j'ai toujours assumé que cette pochette énigmatique, avec cette photo en noir et blanc d'un gars au crâne plutôt dégarni qui porte un loup et joue aux cubes avec la lettre E et des oeufs, était due à Devo.
Et bien non. Il a fallu que le Père Noël m'apporte la semaine dernière Reasons to be cheerful, le livre consacré à la vie et à l'oeuvre de Barney Bubbles, pour que j'eurékate en découvrant au détour d'une page une reproduction de la pochette de ce disque : Eh oui, la pochette est non pas de Devo, mais de Bubbles. On apprend même au passage que les photos ont été prises par un jeune Brian Griffin, qui s'est notamment illustré par la suite en signant les pochettes mémorables des disques d'Echo and the Bunnymen. En cherchant un peu, j'ai même trouvé sur le blog que David Wills consacre à Barney Bubbles des pages extraites de Copyright 1978, un livre publié par Brian Griffin à l'époque en tirage très limité, une troisième photo tirée de cette session :

Chronologiquement, j'ai dû acheter le 45 tours Satisfaction de Devo, puis le premier album Q : Are we not men ? A : We are Devo ! avant d'acheter ce mini-album, probablement au cours du premier semestre 1979, avant en tout cas que ne sortent à la mi-79 le 45 tours The day my baby gave me a surprise et l'album Duty now for the future. Ce qui signifie que, quand j'ai sorti ce disque en beau vinyl jaune claquant de sa pochette, je connaissais déjà quatre des titres, ceux qui figurent dans l'album, mais pas dans cette version pour Jocko homo et Mongoloid, et que j'ai découvert les deux autres titres, Be stiff et Social fools.
Passons rapidement sur les classiques que représentent les deux premiers 45 tours, repris dans d'autres versions donc sur Are we not men ?. Autant dire que, si les versions de l'album sont excellentes, elles sont tout autant inutiles puisqu'elles n'apportent pas grand chose aux versions originales qui figurent ici. La version album de Satisfaction est quasiment identique à celle du single. Celles de Jocko homo, Mongoloid et Sloppy sont accélérées. Après avoir fait une rapide écoute comparative aujourd'hui, je dirais que seule Sloppy gagne vraiment au change, tellement la version album est puissante, et je préfère peut-être un petit peu la version album de Mongoloid, mais bon, ces quatre titres semblent surtout confirmer ce qu'a exprimé Brian Eno, qui a avancé les fonds à Devo pour enregistrer cet album alors qu'ils n'avaient pas encore signé chez un label et qui l'a produit : le groupe est arrivé en studio en sachant très bien ce qu'il voulait et, contrairement à la pratique habituelle de Brian Eno en production, il ne lui a pas laissé de marge pour amener des sons, des inventions et des expérimentations au cours de l'enregistrement. Une rencontre de deux talents ratée en quelque sorte.
Au printemps 1978, c'était un peu la mêlée pour signer Devo, qui s'est un peu emmêlé entre ses différents représentants et a signé chez Virgin alors que des engagements avaient été pris chez Warner. Au bout du compte, Virgin a signé Devo pour l'Europe et Warner a eu le groupe pour les Etats-Unis et le reste du monde (cela explique notamment les pochettes différentes de chaque côté de l'Atlantique pour les deux premiers albums). Mais Devo avait aussi signé chez Stiff pour sortir trois singles. Les deux premiers avaient été des rééditions des singles auto-produits par Devo en 1977 sur son label Booji Boy, mais il en fallait un troisième. Devo a donc extrait des titres enregistrés pour son premier album Be stiff et Social fools, qui sont sortis en 45 tours chez Stiff en juillet 1978. Dès le mois d'août, Virgin sortait en avant-première de l'album Come back Jonee en single, avec encore Social fools en face B.
Mon mini-album ne donne aucune précision sur les crédits de production, mais les étiquettes du 45 tours Stiff précisent bien que Be stiff est produit par Eno et Social fools par Devo. Par contre, sur la face B du single Virgin, Social fools est indiqué comme étant produit par Eno. Après une écoute comparative attentive, même si je n'y ai pas passé des heures, la différence de cinq secondes de durée et de crédit de production entre les deux versions s'expliquent probablement par quelques bidouillages très mineurs et peut-être un peu de remixage, mais il me semble qu'à la base ces deux versions de Social fools résultent du même enregistrement.
En tout cas, à l'écoute de ces deux excellents titres rapides, électriques et énergiques, on se dit que Devo était tout simplement un grand groupe de rock, surtout à cette période-là, l'incorporation d'un grand batteur comme Alan Myers et le passage du studio maison 4 pistes à un vrai studio les ayant sûrement beaucoup aidés à se lâcher, comme le prouvent les versions plus anciennes de ces deux titres publiées sur les compilations Hardcore Devo.
Reste qu'il est dommage que les oreilles de la majorité des fans qui n'ont acheté que le premier album de Devo aient été privées de l'écoute de Be stiff et de Social fools, qui n'ont été rééditées que de faon aléatoire sur diverses compilations. Il me semble d'ailleurs qu'une réédition de qualité de Are we not men ? We are Devo ! ne peut se concevoir que :
a) en donnant la primauté à la pochette américaine, bien plus réussi que l'assez moche pochette européenne
b) en incluant en bonus les trois titres issus des sessions de l'album officiellement publiés, Be stiff, Social fools et l'excellemment titré mais un peu moins bon Penetration in the centrefold (la face B de The day my baby gave me a surprise).
Malheureusement, aucune des éditions en CD existantes de l'album ne répond à ces deux critères... De toute façon, le mieux serait carrément de mettre en bonus les six chansons de ce disque, qui témoignent dans leur ensemble que Devo a entamé sa carrière discographique par une série de coups de maître !
Précisons aussi que, contrairement à ce que beaucoup ont pensé à l'époque (il faut dire que tout a été fait pour...), la chanson Be stiff n'a aucun rapport avec le label Stiff : la chanson existait avant même que le label soit créé et donc bien avant que Devo ne signe chez eux. Mais en 79, Stiff a quand même organisé la tournée Be Stiff, avec cinq artistes du label, dont notamment Jona Lewie, Wreckless Eric et Lene Lovich, qui tous ont repris la chanson de Devo.
Enfin, je l'avais oublié mais je l'ai redécouvert en consultant l'excellente discographie du site Devo Obsesso, lorsque Vogue a repris en France la distribution de Stiff Records (fin 79 ou en 80 je dirais), ils ont réédité ce mini-album, mais avec une pochette différente, celle du 45 tours français Satisfaction.

Ici, on peut télécharger les deux faces du 45 tours Be stiff

03 février 2008

DEVO : Snowball



Acquis aux enchères par correspondance aux États-Unis en janvier 2008
Réf : WBS 49621 -- Edité par Warner Bros aux Etats-Unis en 1980 -- Promotion -- Not for sale
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Snowball -/- Freedom of choice

Ces temps-ci, je me replonge pas mal dans mes disques new wave, en prévision de la conférence que je vais donner le 14 mars prochain à la médiathèque d'Epernay sur le thème Back to 78 - l'année new wave. Parce que oui, les Sex Pistols se sont séparés en janvier 1978, et oui, l'âge d'or de la new wave a commencé il y a trente ans. Et il y a une chose que je peux affirmer sans hésitation, même sans jouer mon Orson Welles, c'est que trente ans ça peut passer très vite !
Donc, l'autre jour, je venais de réécouter Recombo DNA, une double compilation de raretés de Devo sortie par Rhino Handmade en édition limitée et je me suis dit : "Tiens, je vais aller sur eBay me payer un disque de Devo". Dans l'instant qui a suivi, je me suis dit, "T'es con, tu as déjà tous les disques de Devo susceptibles de t'intéresser. A moins de payer un prix fou, tu ne trouveras rien pour toi."

Eh bien, coup de bol ou pressentiment, mais en moins de cinq minutes javais trouvé ce 45 tours promo de 1980, avec une pochette que je ne connaissais pas, à un prix défiant toute concurrence (genre 3 € et quelques port compris depuis les États-Unis), et en plus il ne restait que quelques heures à attendre avant la fin des enchères !
Le lendemain matin au réveil, j'avais remporté l'enchère, je payais et moins de deux semaines plus tard j'avais reçu ce 45 tours extrait du troisième album de Devo, indispensable comme les deux premiers (et il y a d'excellentes choses dans les deux suivants).

Freedom of choice est un album qui est globalement assez synthétique, mais qui a la double qualité d'être pêchu (batterie et guitares, mêmes aux sons trafiqués, sont bien présentes) et, ceci expliquant peut-être cela, de ne pas sonner aseptisé. Et surtout, c'est un album qui comporte plein de bonnes chansons !
Parmi celles-ci, Snowball a toujours été l'une de mes préférées. Avec Don't you know, It's not right et Cold war, c'est l'une des excellentes "chansons d'amour" qui parsèment le disque, chose assez rare chez Devo. La référence n'est pas explicitement donnée, mais les paroles font un parallèle entre la relation amoureuse et le mythe de Sisyphe avec son rocher ! : le gars voit sa chérie remonter leur amour le long d'une colline comme une boule de neige, qui grossit au fur et à mesure, tellement qu'elle finit à chaque fois par lui échapper et retomber.
Pour cette sortie en single, le titre a été remixé. Heureusement, Ian Taylor, qui s'est attelé à la tâche, n'a pas bousillé la fragile alchimie de ce morceau, se contentant juste de mettre plus d'emphase sur le rythme. L'un des gimmicks les plus réussis de Snowball est d'ailleurs dû au batteur qui, sauf erreur de ma part (je n'y connais rien en solfège), joue le 4e temps de la mesure à contre-temps. Ce truc-à, ça m'accroche toujours très fort.

La chanson Freedom of choice sur l'autre face fait, elle, partie des chansons "politiques" de Devo. Là encore, ils montrent qu'ils ont des lettres en faisant référence à un poème latin, mais le truc le mieux vu, c'est à la fin, quand, en changeant un seul mot, ils modifient complètement le sens d'une expression : "Freedom of choice is what you got, Freedom from choice is what you want". Je suis incapble de donner l'équivalent français en si peu de mots, mais grosso modo ça donne "La liberté de choix, vous l'avez, la liberté de ne pas avoir à choisir, c'est ce que vous voulez vraiment".

Ce 45 tours n'est sorti qu'aux Etats-Unis, où il a succédé à Whip it, le plus grand "succès" de Devo dans les charts (14e), et il semble que Warner a vraiment eu du mal à exercer sa liberté de choix de la face A et la face B, à tel point que de nombreuses discographies listent ce titre comme la face A. Sur la pochette, des cases à cocher nous laissent le choix de décider quel titre est en face A ou B, même si le pliage de la pochette désigne clairement Snowball comme la face A, et même si inversement la vidéo qui a été réalisée l'a été pour Freedom of choice (les photos de la pochette en sont tirées).



Les éditions Au diable vauvert ont choisi un moyen efficace de faire la promotion de l'édition française de Babylon's burning : du punk au grunge, le livre de Clinton Heylin qu'elles viennent de sortir : un blog qui proposera à terme 100 billets avec à chaque fois un court extrait du livre et une vidéo en lien avec l'extrait piochée chez YouTube.
Magazine, Wire, Costello, Talking Heads sont déjà au programme, et la semaine dernière Devo a également eu les honneurs de ce blog, avec un excellent choix de vidéo : la version live de Mongoloid interprétée au Théâtre de l'Empire à Paris par Devo pour l'émission Chorus en 1978, soit la première fois que j'ai vu Devo filmé sur scène.


Devo mime Snowball à la télévision, avec une chorégraphie très travaillée.


Devo, la vidéo de Freedom of choice.


Devo, Snowball, en concert à Petaluma en 1980.


Devo, Freedom of choice, en concert à Petaluma en 1980.

03 septembre 2006

HUGH CORNWELL + ROBERT WILLIAMS in Nosferatu


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne le 3 avril 1982
Réf : UAG 30251 -- Edité par United Artists en Angleterre en 1979
Support : 33 tours 30 cm
10 titres

En import, il était trop cher pour moi, mais soldé à 20 F., ce premier disque non pas solo mais en duo du chanteur des Stranglers (avec Robert Williams, surtout réputé pour avoir été batteur de Captain Beefheart) avait tout pour me plaire. D'autant qu'il y a quelques invités de marque, comme les frères Mothersbaugh de Devo sur un titre, Ian Underwood, qui a longtemps joué avec Frank Zappa, aux claviers sur de nombreux titres, et même Ian Dury qui braille sur un titre, caché derrière le pseudonyme de Duncan Poundcake.
La grande réussite de ce disque, pour moi, ça a toujours été la reprise du "White room" de Cream, d'ailleurs sélectionnée par le label pour une sortie en 45 tours. Comme pour d'autres classiques des sixties, c'est d'abord par cette reprise que j'ai vraiment appris à connaitre cette chansons (et d'ailleurs, le jour où j'ai écouté l'original, il ne m'a pas vraiment plu !). Le jeu de batterie est excellent (pas étonnant !), tout comme la basse électrique et électronique due à Hugh Cornwell. Au chant, Cornwell est au meilleur de sa forme, au point que ce titre enlevé aurait fait très bonne figure sur mon album préféré des Stranglers, "The gospel according to The Meninblack".
L'autre grande réussite du disque, c'est "Wired", peut-être le titre qui sonne le plus comme les Stranglers. C'est sûrement pour ça qu'il s'est retrouvé en face B du EP "Don't bring Harry" des Etrangleurs de Guildford.
"Rhythmic itch", le titre avec des membres de Devo, démarre très bien, mais il part assez vite en quenouille. Dommage. Un peu comme le morceau-titre "Nosferatu", chanté par Robert Williams, qui démarre l'album sur un titre rapide, mais s'arrête trop rapidement après un couplet et un passage instrumental.
Je n'aime pas tout dans le reste du disque, mais j'aime assez bien "Losers in a lost land", avec sa basse synthétique. C'est assez amusant de remarquer que sur ce titre, le chant de Hugh Cornwell fait fortement penser à celui de Jah Wobble. Mais Jah Wobble a toujours été un chanteur occasionnel, alors que c'est son chant qui a fait la réputation de Hugh Cornwell.