17 mars 2019

BWA BANDÉ : Radikal


Acquis chez Cash Express à Cormontreuil le 12 février 2019
Réf : 506822 -- Édité par Déclic Communication en France en 1998
Support : CD 12 cm
13 titres

De temps en temps, je passe dans les dépôts-vente au nom souvent en Cash pour faire le tour des CD à 1 ou 2 €. C'est l'occasion de faire quelques emplettes et même quelques bonnes découvertes, mais je me doute bien que ça ne durera plus très longtemps. Il est clair que les rayons de CD dans ces commerces sont sur la pente descendante, de plus en plus petits, avec des prix qui baissent et le fonds de base qui est souvent bradé et ne sera sûrement jamais renouvelé. Et à côté de ça, on voit réapparaître des bacs de 33 tours absolument sans intérêt à plus de 5 €...
Ce jour-là, je suis reparti de Cash Express avec une poignée de disques, dont un de Jean-Claude sans ses Wachi-Wala et un de Callas Nikoff.
Celui-ci, je l'ai choisi à cause du nom du groupe et des titres en créole et parce qu'il était clair au vu des logos apposés au verso qu'il s'agissait de musique de la Guadeloupe.
Vu la date de parution du disque, il y a une vingtaine d'années, je craignais qu'il ait un son mal modernisé, avec synthés et boite à rythmes. Heureusement, ce n'est pas la cas, même si les quelques interventions de synthé sur l'album ont du mal à bien s'intégrer au reste de la musique, qui est à base de percussions, avec chants, guitares, cuivres, flûte et sifflets. C'est ce qu'on entend dès le titre d'ouverture, qui reprend le nom du groupe, Bwa bandé.
Sur son site, Bwa Bandé explique que le groupe s'appuie sur deux aspects de la musique traditionnelle guadeloupéenne. Le Gwoka d'une part, musique de réunion de familles, fêtes et cérémonies où se déroulent souvent des concours de virtuosité entre les "frappeurs de peaux" et aussi entre danseurs et danseuses. Et d'autre part le Mas à St-Jan, musique de rue et de défoulement total jouée par des groupes défilant à pied pendant la période du carnaval. Elle a été mise au point par "Monsieur Saint-Jean" d'où son appellation.
C'est donc une musique de rythme, de danse, avec des chants en appel et réponse, mais ce qui m'a agréablement surpris et conquis à l'écoute de Radikal, c'est que, même si la base de la musique est traditionnelle, les différents auteurs-compositeurs du groupe (Rodrigue Théophile, William Geneviève, Henri Louis et Lucien Barboux) ont composé d'excellentes chansons originales. Outre Bwa bandé, j'aime particulièrement Move vi et Tou piti, où il est question des répondé (chanteurs qui font les chœurs) et des tanbouyé (joueurs de tambour). Il y a beaucoup de groupes qui s'inspirent de musique traditionnelle à tambour et chants en appel et réponse. Tou piti m'a particulièrement fait penser aux Fabulous Trobadors.
Mon titre préféré du disque, c'est Fre d'Afrik, où il me semble qu'il est question des rapports entre africains et caribéens. Une grande chanson.
Radikal est le deuxième album de Bwa Bandé. Auparavant, il y avait eu en 1996 Mi-St Jan/Mi-ka. Ont suivi trois autres disques, Hirochi ka (2000), Mas' é ka (2006) et Apoka (2010). Il y a aussi au moins un album solo d'un membre du groupe, Bitin la bandé ! (2007) par Théo-K, alias Rodrigue Théophile.
En suivant les liens sur les titres des albums ci-dessus, on pouvait les écouter chez Antilles-Mizik. Ça doit encore être possible, mais à condition d'avoir un navigateur qui accepte de faire fonctionner les applications en Flash.
Je n'ai trouvé aucun extrait du disque en ligne par ailleurs, c'est pourquoi je vous propose deux MP3 ci-dessous.
Bwa Bandé n'a pas sorti de disque depuis 2010, mais le collectif, qui est basé en Île de France, est toujours actif (il s'est encore produit le 9 février dernier pour les 20 ans du mouvement culturel Mas Ka Klé) et on peut suivre ses activités sur sa page Facebook ou sur celle de Théo-Ka.

A écouter :
Bwa Bandé : Fre d'Afrik
Bwa Bandé : Tou piti

11 mars 2019

දස්කොන් (DASKON)


Acquis chez Emmaüs à Reims le 22 février 2019
Réf : SLBC/005/7 -- Édité par Sri Lanka Broadcasting Corporation au Sri Lanka en 1975
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Neela Wickremasinghe : Daskon -- Sanath Nandasiri : Geetha -/- Amara Ranatunge & Pulasti Indaka Ranatunge : Senpathi -- Victor Ratnayake : Sasara serisarana thuru

Je passe à l'Emmaüs de Reims tous les deux-trois mois. Ça laisse au stock le temps de se renouveler et j'en repars généralement avec un petit paquet de disques, d'autant qu'il reste dans cette communauté un vrai rayon de 45 et 33 tours.
Ce jour-là, j'ai notamment trouvé un exemplaire de La guitare en 10 leçons, complet avec son livret illustré par Claire Brétécher, dont j'avais oublié jusqu'à l'existence, et avec ce 45 tours produit par la société publique de l'audiovisuel du Sri Lanka.
Pendant longtemps, je ne m'intéressais pas à ce genre de disques, mais depuis plusieurs années j'ai fait de belles découvertes avec des productions de ce genre, y compris celles qui, du simple fait de l'utilisation d'un alphabet différent de celui du latin, ont le pouvoir fort de me transformer instantanément et littéralement en analphabète. Il y a eu par exemple Yemenit songs, Chhun-Vanna & Im-Song-Soeum ou Farouk Salama.
Là, il s'agit d'une production officielle, qui présente certainement la crème de la crème de la musique srilankaise de l'époque. Cela se reflète dans le parcours des artistes sélectionnés ces quarante et quelques dernières années : Neela Wickramasinghe avait été sélectionnée dès 1973 par la Sri Lanka Broadcasting Corporation comme artiste émérite. Elle a ensuite étudié en Inde avant d'enseigner la musique. Sanath Nandasiri est un musicien classique et un universitaire. Il est actuellement Chancelier de l'Université des Arts visuels et du Spectacle du Sri Lanka. Amara Ranatunge, la seule des quatre interprètes à être décédée, l'an dernier à 79 ans, était considérée comme la première à avoir enseigné la musique srilankaise. Quant à Victor Ratnayake, c'est peut-être la première "star" musicale du Sri Lanka : il a été le premier à donner un concert sous son nom seul, le spectacle SA, en 1973. Il a un site officiel et on peut écouter et télécharger un bon nombre de ses titres sur Free Music Archive.
Chacune des quatre chansons a un auteur différent pour les paroles et un compositeur pour la musique, et je suis bien sûr que ce sont tous également des pointures. 
Daskon est une chanson assez lente dans un style et des arrangements que l'on s'attend à entendre pour une production de cette région. Elle raconte l'histoire au 18e siècle de la romance tragique entre la reine Pramila, épouse du roi Vira Parackrama Narendrasinghe, et Daskon, alias Pedro Gascon, fils d'un marin français et Premier Ministre du Roi (Pour en savoir plus, lire la traduction de la chronique de My World & Beyond World et le récit en anglais de The Island Online, qui avance que les raisons de la mort de Daskon étaient plus politiques que ne le laisse penser la mythique histoire d'amour).
La pochette du disque représente Pramila et Daskon. D'avoir découvert les origines de Daskon m'a permis de comprendre pourquoi l'homme est visiblement habillé à l'européenne. Cette histoire a servi de trame à une série télévisée historique, Daskon, diffusée en 2014-2015.
Pour Geetha, l'instrumentation est très dépouillée et plus surprenante, avec des chœurs murmurés et une ambiance très zen. Je parierais que c'est une chanson d'amour. Une très belle chanson d'amour ! 
Senpathi, sur un rythme plus enlevé, est un duo entre Amara Ranatunge et une enfant, sûrement sa fille.
Pour Sasara serisarana thuru, on retrouve des tablas et un rythme assez lent. C'est une belle chanson, avec des ponctuations de cordes mais au bout du compte elle n'est pas si éloignée que ça d'une chanson française.
Une belle découverte, donc, et j'espère que mes bonnes pioches de disques me permettront encore longtemps de voyager écologiquement dans le monde et dans le temps.

A écouter :
Neela Wickremasinghe : Daskon
Amara Ranatunge & Pulasti Indaka Ranatunge : Senpathi

09 mars 2019

THE VICEROYS : Inna de yard


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 18 janvier 2019
Réf : IDYCD005 -- Édité par Inna De Yard en France en 2005
Support : CD 12 cm
10 titres

Pour la première fois depuis des mois, les gars de l'Emmaüs de Tours avaient rangé le meuble à CD, et surtout ils avaient profité de l'occasion pour en ajouter quelques nouveaux. Du coup, j'en suis reparti avec presque une dizaine de disques, dont celui-ci, qui est, si je peux me permettre, un reggael !
Je connaissais le principe de la collection Inna de yard de Makasound (enregistrer du reggae largement acoustique et le plus roots possible à Kingston, dans la cour du guitariste Earl Chinna Smith) et j'en avais écouté un ou deux volumes.
C'est une idée intéressante, qui fait écho à plein de choses qui m'intéressent dans la musique ces dernières années : quelque chose de moins produit, plus proche du public, que je retrouve dans les concerts acoustiques en médiathèque ou en appartement (Michael Holt parmi d'autres), dans des sessions comme celles de Tiny Desk ou dans des vidéos enregistrées à la volée qu'on retrouve sur YouTube ou Facebook (par exemple Jonathan Mann et Brushy One String).
Ce qui est étonnant, c'est que je n'avais absolument jamais entendu parler de The Viceroys. J'en connais des trios vocaux jamaïcains, mais je crois n'avoir jamais vu passer le nom de celui-ci auparavant. Pourtant, leur parcours a débuté dès 1966 et ils ont eu de nombreux succès jusque dans les années 1980.
Ce sont ces succès que l'on retrouve dans ce disque enregistré le le 10 novembre 2005 dans des versions dépouillées, même si, comme indiqué dans les notes de pochette, Inna de Yard a franchi un pas avec ce cinquième volume, avec une instrumentation qui se rapproche de celle d’un album studio, avec basse, batterie, claviers et guitare électrique.
Mais qu'on se rassure, l'instrumentation reste très bien dosée, et l'ambiance reste très brute. Ça s'entend dès le premier titre, Heart made of stone, un grand moment avec juste une guitare et les voix des Viceroys, qui à ce moment étaient composés de Wesley Tinglin, le fondateur du groupe, Neville Ingram et Michael Gabbidon.
Pour Ya ho, un des classiques du groupe, la guitare s'électrifie et la basse et les percussions font leur apparition, mais ça reste plein d'émotion et d'une grande qualité, comme l'est tout l'album. En juillet 2008, les Viceroys et Earl Chinna Smith se sont retrouvés dans la cour pour enregistrer une autre version de cette chanson, titrée Yahoo et parue sur le volume 10 de la collection, Earl Chinna Smith & Idrens volume 2.
Ensuite arrive My mission is impossible, qui contient en début et en fin une citation de l'indicatif de la série télé, mais qui est une chanson qui tient très bien par elle-même.
Pour I guarantee my love et So many problems, toujours très bien, l'orgue et les percussions sont mis en valeur. Vient ensuite une séquence encore meilleure, avec Love Jah et ses ses chœurs, et Last night, avec encore des chœurs. C'est fou, plus ça va et meilleur est l'album ! J'apprécie particulièrement la partie instrumentale à la fin de ce qui était la face A du 45 tours où l'on trouvait Ya ho et qui a aussi été un succès. 
Slogan on the wall en tant que chanson est peut-être un ton en-dessous, mais elle dure neuf minutes et ça skanke bien et longtemps !
J'ai eu une excellente surprise dès les premières notes de Shadrach, Meschach and Abendigo : j'ai tout de suite reconnu là une version - excellente - de Satta massagana, l'une de mes chansons de reggae préférées. Super !!
Pour le dernier titre, Rise in the strength of Jah, on  boucle la boucle puisqu'on retrouve le son dépouillé du début, avec voix et guitare.
Le label Makasound s'est arrêté en 2011, et avec lui la collection Inna de Yard. Wesley Tinglin est mort à 75 ans en septembre 2018 après avoir dû annuler pour maladie des concerts prévus en France pendant l'été. Plusieurs pages se sont donc tournées en relativement peu de temps. Reste comme témoin cet excellent album.


L'image est de petite taille, mais cette vidéo témoigne bien de l'ambiance et des conditions d'enregistrement de l'album. Les Viceroys sont cachés tout au fond !

03 mars 2019

ENRICO MACIAS : Les millionnaires du dimanche


Acquis sur le vide-grenier de Fontaine-sur-Ay le 22 avril 2012
Réf : EG 1032 -- Édité par Pathé en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Les millionnaires du dimanche -- Un refrain -/- Les gens du Nord -- Je le vois sur ton visage

L'autre jour, par hasard, je suis tombé à la télé sur Enrico Macias et Kendji Girac qui jouaient en direct et en duo Adieu mon pays, un de ses grands succès qu'on trouve également sur un nouvel album, Enrico Macias & Al Orchestra, qui sort l'année de ses 80 ans.
L'occasion pour moi de me souvenir que, il y a déjà presque sept ans, j'avais "menacé" Philippe R., qui m'accusait d'ostracisme (pour rire, mais fallait pas s'y risquer !), de chroniquer Les millionnaires du dimanche, que j'avais dûment acquis dans ce but quelques semaines plus tard, en même temps qu'un disque de Hemlata Devi.
Pourquoi spécifiquement Les millionnaires du dimanche ? Parce que j'ai des souvenirs spécifiques associés à cette chanson.
Ça n'a pas dû arriver souvent, mais deux ou trois fois la même année, dans la première partie des années 1970, quand on était en famille en pique-nique au bord de la Marne, à Ablancourt par exemple, on a dû entendre à la radio les mêmes chansons, pas récentes mais facilement associées à la bonne humeur d'un dimanche par beau temps. Il y avait c'est sûr Calor la vida de Marie Laforêt, peut-être bien C'est bon la vie de Nana Mouskouri et ce grand succès d'Enrico Macias. Cette valse enlevée, emmenée par l'accordéon de Jo Courtin, m'a marqué particulièrement car il semblait bien que c'était de notre vie qu'il était question dans les paroles :
"Les millionnaires du dimanche laissent le pain sur la planche
Pour une chemise blanche qui leur va beaucoup mieux
(...)
Dans les cafés les joueurs de tiercé se dépêchent
Au bord de l'eau on s'en va déjeuner et l'on pêche"
Nous aussi on passait le dimanche au bord de l'eau, et Papa aussi, à cette époque, mettait chemise blanche et cravate pour les repas de famille, ou pour aller au tiercé. Il jouait tous les dimanches et, pendant un moment, en plus du travail en équipe à l'usine pendant la semaine, il travaillait le dimanche matin au café accolé au Cirque de Châlons, dont je n'arrive pas à retrouver le nom, peut-être L'Esplanade, qui était un grand PMU, qui m'a paru grouillant et bruyant les quelques fois où je suis allé l'y retrouver. Avec mon frère et ma sœur on ne s'intéressait pas au tiercé, mais on jouait souvent avec les vieux tickets et les pinces perforatrices qui servaient à les valider, comme on en voit dans le Scopitone ci-dessous.
Cette chanson a été un grand succès à sa sortie en 1967 et on voit qu'elle passait encore souvent sur RTL le dimanche vers 1972-1974. Enrico Macias devait vraiment être productif à cette époque car on trouve ici, relégué en première face B, une chanson qui a dû avoir un grand succès également et qui est devenue l'un de ses grands classiques, Les gens du Nord.
Les deux autres titres, Un refrain et Je le vois sur ton visage sont de très bonne facture et ont tous les deux une tonalité "orientale".
Enrico Macias co-signe ces quatre titres, pour les paroles et/ou la musique, et ce n'est évidemment pas un hasard si ses principaux collaborateurs sur ce disque, le parolier Jacques Demarny, le musicien et compositeur Martial Ayela et le compositeur chef d'orchestre et Jean Claudric, ont tous comme lui grandi en Algérie.
Au moins, cette chanson me fait un bon souvenir de ces pique-niques familiaux, en plus de celui, mauvais, laissé par les moustiques qui semblaient préférer ma peau à celle des autres convives. Sur ce, je vous laisse car en me dépêchant un peu je vais avoir le temps, en souvenir de Papa, d'aller prendre l'apéro et jouer un tiercé avant que le PMU ferme à Ay.





24 février 2019

BURTON GREENE : Presenting Burton Greene


Offert par Fabienne M. à Mareuil-sur-Ay le 16 août 2018
Réf : S63719 -- Édité par CBS aux Pays-Bas en 1969
Support : 33 tours 30 cm
6 titres

C'est la 1500e chronique de ce blog et, pour marquer le coup, on va regarder un peu en arrière, vers les tous débuts, le 29 octobre 2005, et même avant puisque ce disque a en fait servi de "numéro zéro" à Blogonzeureux!, comme ce blog s'intitulait initialement.
De septembre à novembre 2005, j'ai fait un stage à la Bibliothèque Pompidou de Châlons. J'avais choisi ce stage parce qu'il était proche de chez moi et surtout parce que je savais que cette bibliothèque était chargée de récupérer et de conserver pour toute la région Champagne-Ardenne les collections de 33 tours que les bibliothèques ne prêtaient plus et dont elles ne savaient plus que faire. Certains établissements se sont séparés d'une manière ou d'une autre de leurs disques, d'autres heureusement les ont confiés à Châlons, pour qu'ils soient conservés en tant que "fonds patrimonial".
Une de mes missions au cours de ce stage était d'évaluer ce fonds, qui avait été installé dans les réserves suite à la construction de la bibliothèque en 2001 mais dont personne ne s'était encore vraiment occupé, et de proposer des pistes pour sa mise en valeur. Pas simple, alors que l'on était vraiment au creux de la vague pour le vinyl, support qui était logiquement en train de mourir de sa belle mort, que seules la passion irrationnelle des fans et un débouché économique inespéré (à plus de 20 € l'album !) ont relancé depuis. De plus, le fait que les disques étaient devenus du "patrimoine" interdisait de relancer un service de prêt.
Les propositions que j'ai faites à l'issue de mon stage n'ont rien de très original (les signaler, communiquer sur leur existence, les valoriser, voir s'il était envisageable d'en numériser une partie,...). Certaines ont été mises en œuvre (reprise de l'intégration dans le catalogue, présentation lors des Journées du Patrimoine et lors d'autres animations), ainsi que d'autres que je n'avais pas imaginées (vente des exemplaires en double, triple, quadruple ou quintuple, ce qui m'a permis de récupérer des disques intéressants comme un Memphis Slim, Chants et danses d'Afrique ou le Neil Diamond).
L'une de mes propositions consistait à transformer les catalogueurs de vinyl en "catablogueurs" :
"Le travail de catalogage est un travail « souterrain», invisible du public. Pour ce qui concerne la collection de microsillons de la BMVR de Châlons, au vu des moyens humains qu’il est possible de mobiliser, on sait que ce travail prendra des années. Nous proposons malgré tout une solution pour informer le public de l’avancement de ce travail de catalogage, qui aurait également l’avantage pour les catalogueurs de rompre la monotonie de cette tâche et de valoriser presque immédiatement leur travail, par le biais d’un travail éditorial en commun. Il s’agirait pour l’équipe de catalogage de choisir à intervalle régulier (toutes les deux semaines par exemple) un disque récemment catalogué, et de rédiger une notule présentant ce disque, en insistant par exemple sur son histoire éditoriale, ses auteurs, les particularités de l’exemplaire conservé,... Le texte pourrait être repris dans une rubrique spécialisée du site de la BMVR ou sur un CataBlogue hébergé sur un site extérieur spécialisé. La pochette du disque accompagnée du texte pourrait également être présentée dans une vitrine à l’Espace musique, avec possibilité d’écouter le disque sur place."
Cette proposition n'a pas été retenue par l'équipe de la bibliothèque mais, vous me voyez venir, aussitôt après l'avoir formulée j'ai commencé à penser que je pourrais l'appliquer à moi-même et à ma propre collection, pour raconter l'histoire de mes disques, ceux déjà dans mes étagères et les nouvelles acquisitions, pour lesquelles j'avais pris l'habitude depuis quelques temps de rechercher des informations, que j'oubliais très vite ensuite car je ne les notais pas. C'est comme ça que j'ai décidé de lancer ce blog, très vite, avant même la fin de mon stage.
Pour illustrer la proposition de blog dans mon rapport, j'avais décidé de proposer un exemple de chronique. Je suis donc allé dans les réserves farfouiller dans les milliers de disques présents et, très vite, je suis tombé sur un album qui m'a paru correspondre parfaitement à ce que je cherchais. Un disque CBS, pas tout jeune (1969), produit par John Hammond, par un gars que je ne connaissais pas du tout, Burton Greene, qu'on voit au dos de la pochette en train de jouer du Moog. Parfait ! Et plus que parfait quand je suis tombé sur un entretien avec Dan Warburton pour Paris Transatlantic grâce auquel j'ai appris que cet album est le premier disque de jazz sur lequel on entend du Moog et qu'il n'avait jamais été réédité (il ne l'a toujours pas été depuis...).
Voici donc ce qu'on peut considérer comme le billet précurseur de ce blog :



Pour le chroniquer aujourd'hui, sachant que je me suis donné comme principe de ne chroniquer que des disques que je possède, je me suis fait offrir un exemplaire de cet album l'an dernier. Mes goûts concernant le jazz ont évolué au fil des années et il y en a certains styles que j'apprécie désormais pleinement, y compris au moins une des faces du 45 tours de Pharoah Sanders que j'ai trouvé il y a quelques années. Comme ce 45 tours, Presenting Burton Greene c'est du free jazz, et autant je trouve l'histoire de ce disque intéressante par certains aspects, autant je mentirai en affirmant que je peux l'écouter sans grincer des oreilles.
C'est le deuxième album de Burton Greene, sorti en 1968 aux États-Unis. Le premier était sorti chez ESP en 1966.
Celui-ci, Greene l'avait enregistré avec son quartet mais avait du mal à trouver un moyen de le publier. Il a finalement fait affaire avec le légendaire John Hammond, mais à la seule condition qu'on entende sur ce disque l'instrument électronique du Dr. Robert Moog, que Greene avait testé dès 1963. L'enregistrement était déjà terminé, mais Greene est retourné en studio pour ajouter du synthé sur Slurp !, un titre datant de 1966, présenté par Burton Greene dans ses notes de pochette comme un commentaire sur la "National Oral Gratification Week". Même avec le synthé, c'est difficile à digérer pour moi...!
Il suffit de voir l'accoutrement des gars sur la pochette pour comprendre qu'on a affaire à du jazz, certes, mais enregistré en pleine période hippie. L'une des pistes s'intitule Nirvana vibrations et la dernière, Voice of the silences, reprend le titre d'un livre d'Helena Petrovna Blavatsky, fondatrice de la Société Théosophique. Burton Greene a dû conserver cet intérêt pour la spiritualité puisque, sur son site officiel, il est présenté comme "Narada Burton Greene".
Après la sortie de Presenting..., Burton Greene est venu en Europe. Il a séjourné en France en 1969, et il nous en reste un document, l'album Aquariana, enregistré aux studios Saravah et paru chez Byg dans la collection Actuel. Puis il s'est installé aux Pays-Bas, où aux dernières nouvelles il vit toujours, sur un bateau à Amsterdam. Vous pouvez en découvrir plus sur son parcours en regardant les deux documentaires ci-dessous.
Pour ma part, après plus de 13 ans et 1500 chroniques, je ne suis pas lassé du blog. Certes, les publications sont plus espacées, mais elles sont aussi plus détaillées. Tant que j'aurai de nouveaux disques qui m'inspirent et tant que je redécouvrirai dans mes étagères des disques intéressants, il est probable que je continuerai. Alors rendez-vous peut-être dans quelques années pour le n° 2000...


Documentaire Burton Greene's Moldavian blues, filmé en 2008.


Documentaire The struggle can be enobling, 2017.

16 février 2019

EDICATION SEXELLE : Si i bon di i bon


Offert par Philippe R. à Nantes le 27 janvier 2019
Réf : NCR 006 - ENC-006 -- Édité par ENC en France probablement dans les années 1970 -- Interdit aux moins de 18 ans
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Bell' mè [Belle.Me] -/- Sille bon dille bon [Si i bon di i bon]

Philippe m'a fait ce beau cadeau en pensant que ce disque ne pouvait que m'intéresser. Il avait raison, bien sûr, et je n'ai eu besoin que de jeter un coup d’œil à la pochette pour le confirmer. C'est vraiment exceptionnel ! La paire de fesses sur le panneau sens interdit, les couleurs criardes façon emballage de paquet de lessive, le nom du groupe, Edication Sexelle, la mention "Interdit aux moins de 18 ans"... Une parfaite réussite !
Là où mon intérêt est monté d'un cran, c'est quand j'ai entrepris de trouver des informations sur ce disque pour savoir un peu plus à quoi j'avais affaire. Et là, c'est bien simple et c'est quand même étonnant en 2019 : je n'ai trouvé absolument aucune mention de ce disque en ligne. Rien, nada, que dalle sur un groupe nommé Edication Sexelle ou sur ce disque !
Il faut dire que les données à disposition sont parcellaires et peu fiables en-dehors du nom du groupe : les chansons ont des titres différents sur la pochette et sur l'étiquette du disque; la référence sur la pochette est NCR 006 mais c'est ENC-006 sur le rond central. Il n'y a aucune mention de label non plus, peut-être en raison de la thématique sexuelle du disque, qui était peut-être censé être diffusé sous le manteau. Il y a juste en petit au verso de la pochette la mention "Distribution : ENC Records, 48, rue Tiquetonne, 75002 PARIS - Tél. 236-68-13".
La présence d'un code postal à 5 chiffres nous indique que ce disque date d'après juin 1972. Pour ce qui concerne ENC Records, j'ai trouvé une référence sur Discogs, une seule valable (l'autre correspond à un label homonyme), celle d'un 45 tours des Vikings de la Guadeloupe, Lé en ké maillé, ce qui confirme simplement ce que mes oreilles m'avaient indiqué à l'écoute: il s'agit de musique des Antilles.
C'est tout ce que j'ai trouvé sur ce disque, une bien maigre récolte, et j'espère que les commentaires de cette chronique pourront la compléter.
La présence sur le même label n'est pas suffisante pour avancer qu'il y a un lien direct entre Les Vikings de la Guadeloupe et Edication Sexelle, mais je saisis quand même l'occasion de vous montrer la pochette de leur album Message aux pachas, qui doit dater de la même époque et qui visuellement a un point commun avec celle de mon 45 tours :



Le nom du groupe Edication Sexelle fait clairement référence à l'éducation sexuelle, un sujet d'actualité dans ces années-là, une actualité qui m'a concerné au premier chef puisque j'étais au collège dans les années qui ont suivi la circulaire Fontanet de 1973 sur cette question. Mais sur ce sujet, la meilleure leçon c'est Pierre Perret qui nous l'a donnée en 1975 avec son tube Le zizi. Dans mon souvenir, avec mon frère et ma sœur on avait appris les paroles par cœur et on se faisait un point d'honneur de les chanter un peu partout le plus fort possible. Quand je les relis aujourd'hui, je me demande quand même si on connaissait l'intégralité des trois couplets et du refrain...
Passons à l'écoute du disque. Contrairement à ce que pourrait laisser penser la pochette, la face A n'est pas Si i bon di i bon mais Bell' mè. Je ne comprends pas les paroles en créole, mais il est bien question à la fois de sexe ("69", "position",...) et de belle-mère, deux sujets qu'on n'associe pas d'emblée ! Musicalement, l'accompagnement est de qualité, avec notamment un pianiste remarquable.
Pour la face B, j'ai failli être complètement nul : il m'a fallu trois semaines pour retrouver la trace de Si i bon di i bon, une chanson de Ry-Co Jazz ! Et pourtant, j'ai la pochette de leur 45 tours depuis vingt-cinq ou trente ans, c'est même l'un des tous premiers disques antillais que j'ai jamais acheté (sauf que ce n'est pas le bon disque qui est dans la pochette...) et j'ai écouté cette chanson il y a à peine quelques mois, car elle figure sur la compilation Disques Debs Internation vol. 1, dont j'ai parlé récemment à propos de Daniel Forestal. Comme pour Edication Sexelle, Si i bon di i bon est mis en valeur sur la pochette, mais relégué en face B du 45 tours :






Les paroles sont différentes, la version est beaucoup plus courte, ce qui fait qu'il manque ce qui fait tout l'intérêt de la chanson originale, la longue partie instrumentale et dansante avec orgue et cuivre, mais la chanson Si i bon di i bon d'Edication Sexelle est bien une reprise de celle de Ry-Co jazz. Et là encore, on sent que les musiciens, notamment le guitariste au toucher très jazz, sont de grande qualité.
En tout cas, j'espère qu'on en saura bientôt un peu plus sur ce disque car tout, tout, tout je voudrais savoir tout sur Edication Sexelle !

Ceci était la 1499e chronique de Vivonzeureux!. En attendant la 1500e prévue la semaine prochain, je vous invite à relire celles qui ont marqué les précédentes bornes, la 100e, la 500e et la 1000e.

A écouter :
Edication Sexelle : Bell' mè
Edication Sexelle : Si i bon di i bon

10 février 2019

PORTA S. : Enfants de la rosée


Offert par Thomas B. par correspondance en janvier 2019
Réf : [sans] -- Édité par Stomoxine en France en 2019
Support : 9 x mp3
9 titres

C'était il y a quelques semaines. Un inconnu profite de la nouvelle année pour m'offrir un petit album de musique réalisé avec des amis. Comme ça, sans engagement. Par la suite, j'ai appris que Thomas B. est un lecteur régulier de Vivonzeureux!, qu'il apprécie Jonathan Richman (même si ça ne se reflète pas dans sa musique), Pascal Comelade, Albert Marcoeur et Robert Wyatt, et qu'il m'est reconnaissant de lui avoir fait découvrir Brodé Tango et Family Fodder.
Je suis toujours content quand j'ai un contact avec un lecteur de Vivonzeureux!. Je suis toujours content aussi quand on me fait des cadeaux, et encore plus quand il s'avère que j'apprécie sincèrement la musique qu'ils contiennent.
Déjà, avec Enfants de la rosée, avant même d'écouter on peut apprécier les titres, en français. Outre celui de l'album, il y a Convergence des flûtes, Hôtel Califourchon, Goût rossignol, Les langues se lavent...
A l'écoute, j'ai découvert que la musique de Porta S. n'est pas dans un style que j'écoute quotidiennement, mais que j'apprécie quand même. Pas de chant, mais pas de la musique instrumentale non plus, puisque des voix, sûrement des échantillons, parsèment les enregistrements. C'est original et varié, proche dans l'esprit (même si je n'ai pas réécouté pour vérifier) du disque de La Semence Pastorale que j'ai chroniqué l'an dernier.
En le sachant d'avance, j'ai pu faire des correspondances avec Brodé Tango (Convergence des flûtes, au début) ou Comelade (Vermicelles, tout à la fin).
L'ordre des titres doit être bien choisi car, pour l'heure, mes titres préférés sont les deux premiers, Crémaillère, avec orgue, guitare et percussions et des voix qui font "Na na na", et Vermicelles. J'ai repéré aussi particulièrement Convergences des flûtes, plus rythmé, avec voix traitées, saxophone et orgue, et Tasseau, avec un rythme qui évoque un convoi de western ou une caravane, et qui du coup me fait penser à Procession towards learning land, de la série Homo safari de XTC. Dans le même ordre d'idée, Rancho Marâtre, avec ses percussions, me rappelle un peu Work away Tokyo day, de l'album solo de Mr. Partridge, qu'avec Philipe R. nous avions choisi comme indicatif de notre émission Camisole en 1982.
A noter également, Raisin de Caroline et sa guimbarde, et Hôtel Califourchon, avec des coups de grosse caisse dans la deuxième moitié qui sont comme un appel à la piste de danse.
Un album que je vous recommande chaudement, donc, par un groupe qui reste assez mystérieux. Sur le même label Stomoxine, ils ont déjà sorti deux autres album, Babe en 2016 et Gloria minou en 2017. Dans les crédits de ce dernier, il est indiqué que le groupe est composé de Louboulbill, Noboupilou et Pounil. Sur la photo de leur page Facebook, il y a trois têtes, ce qui tendrait à confirmer qu'on a affaire à un trio.

Enfants de la rosée est disponible chez Stomoxine, en cassette si ça vous chante mais mais pour ma part ce n'est pas mon truc, ou en version numérique.




03 février 2019

THE HILLS : Juanita Banana - THE IN-BETWEENS : Take a heart


Acquis chez La Ressourcerie de l'Île à Rezé le 26 janvier 2019
Réf : 70 987 -- Édité par Barclay en France en 1966
Support : 45 tours 17 cm
Titres : THE HILLS : Juanita Banana -- Fun -/- THE IN-BETWEENS : Take a heart -- Little nightingale

Dans une ville comme Nantes, on ne s'attend pas de nos jours à trouver des disques années soixante intéressants dans la grande ressourcerie de la ville. Celui-ci, acquis originellement le 14 juin 1966 si j'en crois l'inscription à la Dymo collée au dos, a attiré mon regard car je me suis dit que j'avais peut-être affaire à la version originale de Juanita banana, popularisée chez nous par Henri Salvador. Et puis, cet autre groupe sur la face B, The In-Betweens, pouvait réserver une bonne surprise.
Bon, pas de mystère en tout cas, si ce disque était encore là, c'est que la face A est en grande partie hachée de rayures très marquées. Et puis, bien sûr, je n'ai que le disque, pas le porte-clés : "Ce disque est accompagné d'un porte-clés offert par le Comité inter-professionnel de la Banane 123 rue de Lille, Paris. Réclamez-le à votre disquaire qui se fera un plaisir de vous le remettre."
Le porte-clés n'était donc pas à l'origine attaché petit trou fait dans la pochette du disque, ce qui n'est pas très pratique de toute façon. J'ai quand même trouvé un exemple, sans doute assez rare, des deux ensembles :



Notons au passage que, la pochette plus le porte-clés constituent ensemble une œuvre pop-art par excellence. Je ne serai pas surpris que, au détour d'un séjour à Paris en 1966, elle ait influencé Andy Warhol pour la création de la pochette de The Velvet Underground & Nico...
Il s'est avéré très vite que cette version de Juanita Banana par The Hills n'est pas la version originale. Celle-ci est due à un groupe de studio nommé The Peels, subtile différence, ce qui nous confirme instantanément que cet EP édité par Barclay n'est ni plus ni moins que ce que j'appelle un disque parasite, dont la seule raison d'être est d'aspirer une partie des bénéfices générés par le succès d'un titre. Bien tenté ! Dans le même genre, il y a eu en France un 45 tours Panorama crédité à The Reels ! Tout cela a incité le label original, Karate, à réimprimer la pochette du 45 tours de The Peels en y ajoutant la mention "La véritable "Juanita Banana"", parade classique mais sûrement pas suffisante pour limiter le siphonnement des ventes.
Par souci de justice, et parce que les vidéos valent le coup, je ne résiste pas au plaisir de vous proposer un passage à la télé française de The Peels et le Scopitone d'anthologie d'un Henri Salvador en grande forme :


The Peels, Juanita banana, en public pour la télévision française, le 5 mai 1966.


Henri Salvador, Juanita banana, Scopitone de 1966.

Avant de publier, cet EP, Barclay avait édité l'enregistrement de The Hills sous forme d'un 45 tours deux titres, avec une pochette choc ! Celui-là, je ne le laisserai pas passer si je tombe un jour dessus :



Notons que, pour que la contrefaçon soit parfaite, on a choisi de repomper l'intégralité du 45 tours, puisque Fun, l'instrumental sympathique de la face B, est une reprise/copie de la face B du  45 tours de The Peels !
Bien malin qui pourrait dire qui se cache derrière ce nom de groupe The Hills. Ce disque n'est sorti qu'en France, mais l'accent anglais étant parfait, je pense qu'il ne s'agit pas de français. En tout cas, leur version de Juanita Banana se tient parfaitement.
Si vous voulez en savoir plus sur le phénomène Juanita Banana, qui a surtout sévi en-dehors des États-Unis, je vous conseille d'aller faire un tour chez PopArchives et chez Probe is turning-on the people !, où vous pouvez télécharger plein de versions de Juanita Banana, jusqu'à l'indigestion !
Ce n'est qu'après la publication du 45 tours que le partenariat avec le Comité Inter-Professionnel de la Banane a dû émerger avec l'idée du porte-clés. Du coup, on a dû décider chez Barclay de sortir un EP quatre titres, qui se vendait plus cher et rapportait plus. Mais, ne disposant sûrement que de deux titres par The Hills, le label a été piocher dans son catalogue deux titres d'un groupe inconnu, The In-Betweens, parmi les quatre de son seul EP, Feel so fine.
Quand on a écouté Take a heart par The In-Betweens avec l'ami Philippe R., on a été agréablement surpris. Dans le style rock de l'époque, ce n'est pas mal du tout, avec même un peu de chœurs à la fin, et, même si on l'espère toujours, on ne s'attendait pas vraiment à trouver quelque chose de cette qualité en face B du 45 tours au porte-clés à la banane ! Le deuxième titre, Little nightingale, est dans la même veine, mais je préfère le premier.
En cherchant un peu, j'ai vite découvert que ces deux titres sont des reprises, de The Sorrows et The Mindbenders respectivement.
Et surtout, en creusant encore un peu, j'ai vite compris que The In-Betweens étaient en fait The 'N-Betweens, et que ces deux titres font tout simplement partie des premiers enregistrements du groupe qui allait devenir Slade !
Je n'ai pas trouvé d'explications détaillées à ce mystère, mais c'est un fait que les seuls enregistrements publiés par la première version de The 'N-Betweens, réalisés en 1965 avec John Howells au chant, n'ont été diffusés qu'en France sur le EP Barclay. Après l'arrivée en 1966 de Noddy Holder, The 'N-Betweens ont sorti quatre autres titres, sur un 45 tours commercialisé en Angleterre et sur un 45 tours promo aux États-Unis. Ensuite, le groupe est devenu Ambrose Slade, puis tout simplement Slade. On retrouve tous les enregistrements parus des 'N-Betweens plus des inédits sur la compilation The genesis of Slade, parue initialement en Autriche en 1996.
En tout cas, à partir d'une reprise-contrefaçon d'une chanson rigolote, même sans porte-clés, je ne pensais pas voyager si loin et me retrouver avec deux titres rares d'un groupe anglais à succès.

23 janvier 2019

VPRO'S DE AVONDEN - CROSSING BORDER 1998


Acquis par correspondance chez Glitterhouse en 1999
Réf : CYCLE 003 CD -- Édité par Cycle aux Pays-Bas vers 1999
Support : 2 x CD 12 cm
25 titres

Pendant la dizaine d'années où, avec l'ami Philippe, on a commandé régulièrement des disques chez Glitterhouse, j'ai acheté un paquet de compilations. Celles éditées par le label Glitterhouse, même si la première, Howl, je l'avais achetée à Reims, et plein d'autres, pas chères souvent, notamment toutes celles où apparaissaient des gens que je suivais à l'époque comme Giant Sand, Calexico ou M. Ward.
Celle-ci n'a pas la pochette la plus belle et n'est peut-être pas la plus intéressante musicalement, mais elle vaut le coup car elle contient deux pleins CD d'enregistrements en concert qui sont je pense complètement inédits par ailleurs.
C'est à l'émission De avonden (Les soirées) de la radio publique hollandaise VPRO que l'on doit ces enregistrements réalisés lors de l'édition 1998 du festival Crossing Border, sur l'une des scènes dont la programmation était assurée par l'émission. Et quelle programmation, puisque l'on retrouve ici quelques-uns de mes chouchous (Dogbowl, Calexico, Lambchop), des valeurs sûres (Chris Knox, Songs:Ohia, Kramer) et des découvertes pour moi : Dave Fischoff et  les régionaux de l'étape Club Diana et Joost Visser.
L'album s'ouvre avec quatre titres de Chris Knox, seul avec sa guitare, sans boites à rythmes ni rien. J'ai sélectionné Letter from LA, où il utilise sa pédale de distorsion, mais franchement j'aurais pu choisir au hasard n'importe lequel des titres car ils sont tous excellents. C'est un document d'autant plus précieux que, suite à ses problèmes de santé, il y a peu de chance qu'il revienne jamais jouer en Europe.
Il s'en passe des choses en vingt ans et il y en a d'autres qui, plus radicalement, ne risquent plus de se produire sur scène : le groupe hollandais Club Diana, dont le chanteur Marcel Brand s'est suicidé en 2009, et Songs:Ohia, puisque Jason Molina, le seul membre permanent du groupe, est mort en 2013. De Songs:Ohia, je vous ai sélectionné Badass, mais l'intégralité du concert du 17 octobre 1998 est en écoute sur YouTube.
Quatre jours avant le festival, j'étais au New Morning pour y voir Lambchop, Vic Chesnutt et Calexico, qui n'avait pu jouer qu'une chanson pour une bête raison d'exclusivité pour le Festival des Inrockuptibles. Là, Vic Chesnutt n'est pas présent, mais on retrouve Calexico, en tournée après la sortie de The black light (j'ai sélectionné Trigger parmi les trois titres), et Lambchop, aussi pour trois titres : un du premier album, une version précoce de Up with people, puisque Nixon n'est sorti qu'en 2000, et N.O., de leur album du moment, What another man spills.
On trouve ici aussi deux titres de l'ami Dogbowl, dans la configuration scénique qui était celle de son concert le 24 février 1999 à la M.J.C. Claudel (la première fois que je l'ai vu en concert), c'est à dire seul avec sa guitare, mais avec un CD d'accompagnement musical (boite à rythmes, synthé, voix,...), ce qui lui permet notamment, sur deux titres de The Zeppelin record, Revolve in you et City of lights, de faire des chœurs avec lui-même. Sur l'autre CD, on trouve Kramer, son compère et producteur des années Shimmy Disc, lui aussi en solo. Je n'avais pas idée que l'ex-Shockabilly et Bongwater avait tourné par chez nous sous son nom à cette époque. Là, il joue trois titres du répertoire de Bongwater, dont une reprise de 13th Floor Elevators.
Parmi les locaux, j'ai préféré Joost Visser, le frère de Peter Visser de Bettie Serveert (ils ont joué ensemble dans De Artsen). J'ai particulièrement apprécié l'assez saccadé Provender aid.
Une superbe affiche, donc, et un document rare,à ressortir un jour comme aujourd'hui, pour l'écouter au chaud quand on est plus ou moins bloqué par les intempéries.

A écouter :
Chris Knox : Letter from LA
Songs:Ohia : Badass
Calexico : Trigger
Lambchop : N.O.
Dogbowl : Revolve in you
Joost Visser : Provender aid

20 janvier 2019

DEFINITION OF SOUND : Now is tomorrow


Acquis probablement d'occasion probablement en Angleterre probablement au début des années 1990
Réf : YRCD 54 - 663 640 -- Édité par Circa en Angleterre en 1990
Support : CD 12 cm
Titres : Now is tomorrow (Experiments in sound Part 1) -- Moira Jane's Café -- Now is tomorrow (Experiments in sound Part 2)

D'ici quelques jours, je ferai un bref retour sur les ondes de Radio Primitive en participant à l'une des émissions programmées dans le cadre de l'opération La BU monte le son.
Du coup, pour préparer, j'ai redescendu mes vieilles cassettes du grenier et je les ai survolées. A un moment, en écoutant l'enregistrement de l'émission Vivons heureux (en attendant la mort), comme elle s'appelait à l'époque, du 22 avril 1991, je suis tombé sur un passage musical que j'ai trouvé vachement bien. Il ne m'a pas fallu longtemps pour reconnaître Moira Jane's Café.
Il s'avère que cette semaine-là, le premier 45 tours de Definition of Sound était "Leu skeud de la semaine" dans l'émission, et en cliquant sur le lien, pauvre de vous, vous pourrez réécouter cette chronique, débit trop rapide et bafouillements compris.
En tout cas, réécouter cette chronique m'aura au moins appris une chose : je savais à l'époque que le groupe était un duo originaire de Londres, alors que si on m'avait posé la question il y a quelques jours j'aurais répondu sans hésiter qu'ils étaient américains...
Moira Jane's Café a toujours été ma chanson préférée de Definition of Sound, mais je me souvenais pour le coup que c'est un autre disque, Wear your love like heaven,  que j'ai choisi de chroniquer ici il y a bientôt neuf ans. Pourquoi ? La réponse est dans la chronique, heureusement, sinon je ne m'en serais pas souvenu ! : "Les titres hip-pop du début des années 1990 ne vieillissent pas tous très bien. Par exemple, pour Definition of Sound, j'ai un peu de mal maintenant avec Now is tomorrow, à cause de la voix féminine avec coffre, du style de celles qui polluent la pseudo-soul de ces dernières années. J'aime toujours autant la face B, Moira Jane's café, qui une fois rééditée en face A en 1992 a été le plus grand succès du groupe aux Etats-Unis, mais le problème avec ce titre c'est que son unique atout musical c'est un sample proéminent du Gloria de Them, à tel point qu'il est plus intéressant de se reporter au titre original.".
Ces remarques ne sont pas complètement à côté de la plaque, mais elles ne justifient pas pour autant d'avoir écarté à l'époque ce CD single, d'autant que la voix d'Elaine Vassell est employée plutôt à bon escient et avec une certaine parcimonie sur Now is tomorrow, et d'autant que les samples de Them ou d'autres groupes sixties du même acabit sont certes devenus très courants par la suite, mais en 1990, six ans avant Devil's haircut de Beck, Definition of Sound a été parmi les premiers à se livrer à cet exercice, et l'a fait avec brio.
De l'eau ayant coulé sous les ponts, je ne me gêne donc pas donc pour chroniquer maintenant ce disque, le tout premier du groupe. A l'époque, j'avais passé le 45 tours appartenant à la radio dans l'émission, ce n'est qu'un peu plus tard que j'ai dû me procurer ce maxi CD, probablement lors d'un passage à Londres.
Ce premier disque n'a pas eu un énorme succès, mais les deux titres qu'il contient ont eu un beau parcours par la suite : on les retrouve l'année suivante sur le premier album, Love and life. A journey with the chameleons; au même moment, Now is tomorrow a été ressorti en single, avec plein de remixes, dont un pas particulièrement génial par De La Soul; et en 1992, c'est Moira Jane's Café qui a finalement eu le droit de sortir en face A de single, dans la même version.
Je garde toujours une petite préférence historique pour Moira, mais plus je les écoute, plus je trouve que les deux titres sont particulièrement réussis. Les deux réussissent à associer parfaitement hip hop, groove et énergie rock 'n' roll, ce qui n'est pas une mince affaire.
Now is tomorrow ajoute bien à la sauce une voix soul/gospel, dans le même esprit et avec la même efficacité que le Come together de Primal Scream. Même la version allongée Part 2 est réussie, ce qui est rarement le cas. Quant à Moira Jane's Café, avec sa base Gloria, elle associe super efficacement chant et rap, hip hop et effets psychédéliques, et appelle toujours aussi efficacement à la danse.
En 1990, un label pouvait encore prendre le risque de sortir un disque comme ça avec aucune mention légale pour justifier l'utilisation d'échantillons d'autres disques. C'était la fin d'une époque. Peu de temps après on passait à l'excès inverse, avec un bataillon de juristes nécessaire pour négocier la moindre utilisation d'un extrait de quelques secondes.
Bientôt trente ans ont passé, mais les collectionneurs se semblent pas encore s'intéresser aux disques de Definition of Sound : l'album et les singles se trouvent un peu partout à moins de 1 €, auquel il n'y a que le port à ajouter. Profitez-en pendant qu'il est encore temps...


Definition of Sound, Moira Jane's Café, en direct en 1991 dans l'émission anglaise The Word, avec un peu un son de hangar.


Definition of Sound, Now is tomorrow. Vidéo enregistrée à la télé, avec un son pourri. Il faut absolument écouter aussi le son du disque.

13 janvier 2019

DANIEL FORESTAL ET HENRI DEBS QUINTET : En ka senti en ka houmba


Offert par Fabienne M. à Mareuil sur Ay le 7 janvier 2019
Réf : DD 18 -- Édité par Debs en France en 1963
Support : 45 tours 17 cm
Titres : En ka senti en ka houmba -- Oh ! Je t'en prie, reviens -/- Manno -- Le métis

On ne peut nier, comme l'indique Arnaud Simetiere chez Médiapart et dans sa Causerie musicale, que l'une des tendances musicales actuelles est au créole, avec une vague de rééditions  et aussi de nouvelles créations qui s'en inspirent (voir, rien qu'ici, Sages Comme des Sauvages, Mélissa Laveaux, Saodaj').
Certes, Born Bad a sorti les compilations Disque la rayé et Antilles méchant bateau, mais sinon, assez significativement, les français ne se sont pas précipités pour rééditer largement les musiques antillaises des années 1950 à 1970. On attend encore une grande rétrospective des disques Célini/Aux Ondes et, pour les Disques Debs, c'est le label anglais Strut qui a publié l'an dernier une première rétrospective, Disques Debs international vol. 1, un bel hommage à Henri Debs, qui est mort en 2013.
L'album s'ouvre avec un titre de Daniel Forestal. Certes, une page entière lui est dédiée dans le livre Mémoires et vérités sur la musique aux Antilles d'Henri Debs (toujours disponible chez Antilles Mizik et fortement conseillé), mais sinon je ne connaissais pas Daniel Forestal et je n'avais aucun titre de lui dans ma collection.
Strut a très bien choisi ce premier titre. Je l'ai écouté pour la première fois en voiture en partant au boulot et ma journée a été d'un coup illuminée :



Cette chanson est extraite du 45 tours DD 28 Daniel Forestal et sa guitare et bénéficie énormément d'un arrangement minimal avec guitare et percussions. Il existe une autre version, que je ne connais pas, enregistrée à Paris avec l'Orchestre Robert Joyce et publiée sur le 45 tours Le fond du verre, mais je ne pense pas qu'il soit possible d'enregistrer une meilleure version que celle-ci qui, aussi bien pour sa musique que ses paroles, est un concentré de simplicité, d'émotion et de joie de vivre, semblable à ce que peut nous apporter Jonathan Richman en concert et dans un grand nombre de ses chansons sur disque.
Idéalement, j'aurais bien aimé chroniquer ici le 45 tour Daniel Forestal et sa guitare, mais je n'en ai pas trouvé d'exemplaire en vente (Du coup, pour l'instant, je n'ai écouté aucune des trois autres chansons de cet EP). Alors j'ai fait un pas de côté et repéré cet autre disque, sorti un peu plus tôt (DD 18), en bon état et à un prix correct, et je me le suis fait offrir pour les fêtes.
Comme l'indique le tampon au dos du disque, mon exemplaire a été vendu chez Week End Musical, un commerce situé rue Lamartine à Fort de France en Martinique. Coïncidence, car le siège de Disques Debs, également indiqué au dos, était aussi rue Lamartine, mais à Pointe à Pitre en Guadeloupe.
Sur ce 45 tours, Daniel Forestal est accompagné par le quintet d'Henri Debs, je savais donc que je ne retrouverais pas ici le dépouillement de Ces p'tits je t'aime, mais j'ai quand même eu de la chance d'en retrouver un peu de l'ambiance car le dernier titre du disque, Le métis, est un instrumental avec Daniel Forestal à la guitare solo et, comme Ces p'tits je t'aime, il est annoncé comme étant dans le style cubain guaracha. C'est excellent, et ludique également. Visiblement, Daniel Forestal était un excellent guitariste.
Le titre principal, En ka senti en ka houmba, est présenté comme étant dans le style houmba, que je ne connais pas mais dont je suspecte qu'il a été inventé pour l'occasion. Selon le dictionnaire créole guadeloupéen Wabap, "senti" signifie "ceinture" et "houmba" "besace" ou "gibecière", mais je ne me hasarderai pas à donner une traduction du titre ou des paroles. En tout cas, la chanson est une réussite, avec de belles parties de piano (par Henri Debs) et de cuivres. Tardivement (probablement dans les années 1990) et toujours pour Henri Debs, Daniel Forestal a réenregistré En ka senti en ka houmba pour son album Daniel Forestal story (Le magnifique).
L'autre titre rapide et chanté du EP, présenté lui aussi comme un succès dans les notes de pochette, est Manno, très proche dans l'esprit et la production d'En ka senti, mais un peu inférieur.
Le dernier titre, Oh ! Je t'en prie, reviens, est présenté comme un boléro, autant dire un slow. Aussi bien musicalement que pour le chant, c'est celui que j'aime le moins, même si Henri Debs brille aussi au piano. Il a aussi été réenregistré pour Daniel Forestal story.
Daniel Forestal est mort à 83 ans en octobre 2016. Il a sorti son premier disque en 1956. Il a vraiment joué un rôle important dans la musique guadeloupéenne pendant toutes ces années. Avec ses compositions et ses interprétations, d'abord, qu'il a fait voyager au-delà de la France, au Canada, en Allemagne ou aux États-Unis, mais aussi en tant que professeur de collège enseignant le français, la musique et l'histoire-géographie : bon nombre de ses élèves ont fait carrière par la suite. Après avoir appris les claquettes à New York, il a également fondé une école de danse et de claquettes à la Maison de la Culture du Raizet, avec laquelle il a produit le spectacle Soleil Show, qui a tourné en Guadeloupe de 1981 à 1985.
Pour en savoir plus sur Daniel Forestal, vous pouvez regarder l'émission de de France Télévision de 2012 Mémoire vivante de Guadeloupe ou Fruits de la passion (On y l'y voit notamment interpréter superbement seul à la guitare quelques secondes d'En ka senti en ka houmba) et écouter les propos recueillis par Marie-Line Dahomay pour La Médiathèque Caraïbe le 30 décembre 2005.

A écouter : Le métis et En ka senti en ka houmba

06 janvier 2019

WATER SCHOOL : Break up with Water School


Acquis chez Noz à Châlons-en-Champagne le 27 décembre 2018
Réf : TETRA 007 -- Édité par Neon Tetra en Écosse en 2006
Support : CD 12 cm
13 titres

Il y avait un petit lot de CD dans un des rayons de Noz. Globalement, absolument rien d'intéressant, sauf cet album de Water School, avec sa pochette dans un style dessin d'enfant (fait par un des membres du groupe, Eric Hopkins).
Ça pouvait être pas mal, mais je ne connaissais rien du groupe ni du label et, de temps en temps, je pense à éviter d'encombrer inutilement mes étagères. Alors, comme j'avais un peu de temps devant moi, j'ai fait un truc que je fais encore très rarement : j'ai sorti mon téléphone pour chercher sur internet le titre de l'album. J'ai atterri sur la page Bandcamp de Break up with Water School, où j'ai vu cette mention: "Grand merci à Neon Tetra Records d'avoir été assez cinglé pour publier cet album en Europe".
Juste une phrase, mais elle a suffi pour m'apprendre que le groupe était probablement américain et que c'était plutôt une production indépendante qu'un truc soutenu par un quelconque gros conglomérat. Ça a été suffisant également pour que je trouve ce groupe plutôt sympathique et que je décide d'investir 0,99 € dans ce disque.
"Très sympathique", c'est d'ailleurs un qualificatif parfait pour ce groupe de Baltimore et sa musique, et c'est celui qu'ils utilisent justement pour se présenter, toujours sur leur page Bandcamp : "Water School a été un groupe très sympathique entre 2004 et 2007. Ils sont toujours amis mais ne jouent plus nécessairement ensemble.".
Bon, en fait, en creusant un peu, on découvre que le groupe existait avant 2004, puisque le premier album, Water School,est sorti en 2003. Break up with Water School est le deuxième album. Il a été enregistré en avril 2004 et est sorti aux États-Unis en juillet sur le label Morphius.
De ce côté-ci de l'Atlantique, c'est Daniel Wylie, de Glasgow et du groupe Cosmic Rough Riders, qui s'est intéressé à Water School et qui a décidé de sortir Breaking up with... sur son label Neon Tetra Records. Pour accompagner cette sortie, le groupe est venu en Europe début 2006 tourner avec BMX Bandits et Norman Blake de Teenage Fan Club. Cela fait parfaitement sens, car il s'avère à l'écoute que la musique de Water School est de la pop dans sa plus pure expression, avec des guitares claires, des mélodies radieuses, des chœurs, des chansons légères. Quelque chose tout à fait dans la lignée des Byrds ou des Posies côté américain, ou justement de Teenage Fan Club côté écossais, même si en fait j'accroche mieux aux chansons de Water School qu'à celles du groupe qui a fait une partie des beaux jours de Creation.
L'album commence très fort, dès l'intro à la guitare de Talkin' bout us, et l'enchaînement des trois premiers titres est de haute volée, avec Forgive me Robert et ses chœurs en "Ah shou bidou ouap" et The home we never had, sur un rythme plus rapide. Le titre suivant est sur un rythme plus lent, mais pas mauvais pour autant, et on trouve d'autres excellentes chansons tout au long du disque, comme Sometimes what you don't know, avec sa guitare un peu saturée, Andy, avec son clavier et ses chœurs, All God's children, No cause for celebration, teintée de country, ou Rosita.
Une excellente découverte, donc, pour éliminer les excès des fêtes et démarrer l'année en légèreté.
Avant de s'arrêter, Water School a sorti en 2007 un troisième album, Animals and their hiding places. II/III, un disque "posthume" enregistré vers 2006 est même paru en 2014. Tous les albums sauf le tout premier sont disponibles sur la page Bandcamp du groupe.


01 janvier 2019

MES GRANDES TROUVAILLES DE CHINE 2018

Je renouvelle encore cette année l'expérience de sélectionner mes chroniques de disques d'occasion achetés pendant l'année écoulée, mais ça ne durera pas éternellement car la source se tarit de plus en plus.
Je n'achète quasiment plus de disques en brocante, il n'y a pas grand chose d'intéressant chez les Emmaüs ou les ressourceries, à part des CD sur lesquels je n'ai souvent pas grand chose à raconter. Et j'ai aussi trouvé moins de 78 tours cette année.
Malgré tout, parmi tous les achats récents, j'ai réussi à trouver 11 disques que j'ai encore envie de mettre en avant quelques temps plus tard.
Pas de CD dans cette sélection cette année, mais des parutions qui s'étalent des années 1910 aux années 2000 !

Un clic sur le titre ou la pochette vous emmènera sur la chronique correspondante.
Les disques sont listés dans l'ordre d'apparition de leur chronique sur le blog.



Pour se remuer le derrière dans les années 1910 au Bal Tabarin à Paris, on dansait la Croupionnette !


Je travaillais déjà à mon livre Vente interdite sur les disques hors commerce quand je suis tombé sur ce 45 tours promo de Cornershop à la façon des galettes reggae de Jamaïque.


Trouvé lors d'une vente organisé par Radio Primitive, ce 45 tours fait partir d'une longue liste de disques africains acquis et chroniqués cette année. D'où leur prédominance dans cette sélection.


Je triche un peu car je me suis fait offrir ce disque, mais c'est moi qui ai "chiné" sur Discogs pour trouver cette très belle pièce. Comme quoi, même avec la spéculation et les frais de port, on peut parfois faire de bonnes affaires en ligne.


Je suis cet artiste américain depuis un bon moment et j'ai eu la bonne surprise de trouver ce 45 tours hollandais dans une boutique perdue de Margate, en Angleterre.


Oh, quelle belle folie. Cet enregistrement d'une chanteuse-danseuse tunisienne est vraiment l'une de mes plus belles découvertes de l'année.


Un 45 tours rare, une collaboration entre une légende du blues et un jeune musicien, qui allait devenir l'un des piliers du jazz e France.


Trouvé le même jour que le précédent, cet excellent 45 tours de rumba congolaise.


Excellente chanson, découverte avec à peine treize ans de retard, enregistrée par un groupe composé de suédois et 'une française.


Cet album, reprise intégrale du disque à succès de Prince Nico Mbarga, fait partie, comme le suivant, d'un lot échangé avec un ami.

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