08 juillet 2016

DOING IT FOR THE FROGS : TWELVE TIMES


Acquis avec un abonnement à Les Inrockuptibles par correspondance en 1989
Réf : sa 2106 -- Édité par Virgin en France en 1989 -- Echantillon promotionnel vente interdite
Support : CD 12 cm
12 titres

Une photo de grenouille en gros plan sur fond vert ? La pochette du In the fishtank de Willard Grant Conspiracy + Telefunk m'en a rappelé une autre et m'a incité à ressortir cette compilation concoctée en 1989 par Les Inrockuptibles pour ses nouveaux abonnés.
La discothèque de Bruno m'a rappelé que c'est en mai 1989, dans le n° 17 des Inrockuptibles bimestriels daté juin-juillet, avec Chris Isaak en couverture, que cette compilation a été diffusée. Du coup, pour la première fois en presque vingt ans, je suis allé déterré la revue au grenier, dans un des cartons rescapés de la tempête du 26 décembre 1999.
En fait, contrairement à ce qui est indiqué chez Bruno, le CD n'était pas encarté dans la revue envoyée aux abonnés, mais annoncé par une publicité page 114 avec la précision qu'il était spécialement conçu pour les nouveaux abonnés.
J'étais sûrement abonné avant ça, peut-être que j'étais en phase de renouvellement, mais en tout cas je ne pouvais pas manquer ce CD Creation hors commerce annoncé comme contenant des inédits et j'ai effectivement profité de l'offre puisque le bulletin d'abonnement de mon exemplaire de la revue est découpé. 100 francs pour 6 magazines et 1 CD, ce n'était pas une mauvaise affaire...
Le titre de l'album est bien vu. Il fait référence, en le déclinant pour les français, à l'opération Doing it for the kids lancée avec succès par Creation en août 1988 avec un grand concert au Town and Country Club le 7 août, une compilation-catalogue de 14 titres vendue au prix d'un 45 tours et des 45 tours en édition limitée et pochette générique au prix réduit de 99 pence. Il faut dire qu'artistiquement il y avait de la matière, avec le premier album de House of Love, le second des Weather Prophets, Isn't anything de My Bloody Valentine, Tender pervert de Momus et plein d'autres excellents disques.
La page de pub pour l'abonnement annonçait donc des inédits sur cette compilation. On aurait pu préciser "inédits en France" ou indiquer tout simplement "raretés", car les douze titres présents sur la compilation ont été publiés au Royaume-Uni.
Les morceaux les plus rares sont l'Instrumental de My Bloody Valentine et The poison boyfriend de Momus (il s'agit d'une démo de 1982 qui a donné son titre à l'album de 1987, sans figurer dessus). On les trouvait à l'origine sur des 45 tours en édition limitée inclus dans les premiers exemplaires des 33 tours Isn't anything et Tender pervert.
Il s'agissait d'une autre campagne de promotion de Creation en 1988-89. Il y a eu des 45 tours inédits et limités comme ça également pour The House of Love, The Weather Prophets et Primal Scream, mais malheureusement ils n'ont pas été choisis pour les titres de ces groupes présents ici. Mais les titres sélectionnés à la place sont cependant très bons, et peu courants, sauf Ivy ivy ivy de Primal Scream, leur première publication après être retourné au bercail Creation suite à l'aventure Elevation, sorti en face A de single et sur album, qui fait la transition entre le son byrdso-sixties de la première période du groupe et celui plus électrique du deuxième album. Pour House of Love, on a droit aux deux excellentes faces du 45 tours Destroy the heart, la première sortie du groupe après son premier album à succès, et leur dernière parution chez Creation avant le départ chez Fontana. Quant à The Weather Prophets, cette rareté relative (plusieurs fois rééditée depuis sur des compilations) est une de mes chansons préférées du groupe, avec sa boite à rythmes et son clavier. Il s'agit de Joe Shmo and the eskimo, parue initialement en face B de Hollow heart.
Une autre des chansons un peu rares au moment où ce disque a été diffusé, c'est The Girl from Well Lane de Biff, Bang, Pow!, une belle ballade avec juste Alan McGee et une guitare acoustique. Présentée comme une démo, elle fait partie des chansons précédemment inédites publiées sur la compilation The acid house album en 1989. Elle a été reprise telle quelle en 1990 sur le mini-album Songs for the sad eyed girl, créditée cette fois comme "enregistrée live en mai 1989", ce qui n'est pas incompatible avec la qualification de "démo".
Les américains de l'étape, ce sont The Sneetches. Joe Foster avait sorti en 1988 leur premier album en Europe sur son label Kaleidoscope Sound. Pour le deuxième, Sometimes that's all we have, c'est Creation qui s'y est collé, et on en a deux extraits ici, tout aussi rétro l'un que l'autre, In a perfect place et mon préféré, Empty sea.
J'aime un peu moins les trois derniers titres. Razorcuts m'a toujours paru comme un groupe de deuxième division de la noisy pop. Sauf une chanson, que je trouve excellente mais dont je ne me souviens pas du titre. En tout cas, ce n'est pas The world keeps turning, même si la chanson s'écoute bien. Pour Shrift de Pacific, le seul titre un peu "dance" du lot, qui a été inclus sur plein de compilations Creation, j'ai beau avoir toujours bien aimé les séquenceurs, les synthés et New Order, il y a là des sons qui me hérissent les oreilles encore aujourd'hui. C'est peut-être aussi en partie dû au chant. Par contre, même si à l'époque j'ai toujours eu du mal à accrocher aux chansons de Heidi Berry, je trouve aujourd'hui que son North shore train, extrait de l'album Below the waves, clôt en beauté cette compilation qui, même sans vrais inédits, s'avère être largement au-dessus de la moyenne des objets promotionnels.




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