01 mai 2018

ROBERT PALMER : Johnny and Mary


Offert par Claire B. à Châlons-en-Champagne le 11 avril 2018
Réf : 6837 869 -- Édité par Island en France en 1985 -- Hors commerce - Exemplaire réservé aux lecteurs de Synchro
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Johnny and Mary -/- All around the world

Après celui de Grèce, voici un autre disque de mon Tonton Mimi, lié lui aussi à une opération promotionnelle de Renault.
Cela va surtout me donner l'occasion de revenir sur Johnny and Mary de Robert Palmer, une chanson que j'ai eu tendance à snober à sa sortie en 1980. Il faut dire que le peu que je connaissais de Robert Palmer au moment de la sortie de ce disque ne m'attirait pas vers lui, alors que j'étais en pleine phase New Wave : sa chanson Bad case of loving you n'était "qu'une" reprise de Moon Martin; sur ses pochettes de disque, il avait l'air creux d'un playboy,... Fan de rhythm and blues, il avait quand même commencé son parcours avec The Alan Bown Set avant de jouer dans Vinegar Joe.
Alors, j'ai beaucoup écouté Johnny and Mary en 1980 car la chanson passait partout (ça reste le plus grand succès en France de Robert Palmer), j'ai dansé dessus dans les soirées, mais je me suis bien gardé d'acheter le 45 tours (il a fallu attendre des années pour que je le prenne dans un vide-grenier).
J'étais vraiment bien bête, car c'est une bonne chanson, avec une mélodie qui reste en tête et une production qui, justement, est très électronique et très de son temps (je ne savais pas alors que, sur l'album Clues dont cette chanson est tirée, Palmer a repris I dream of wires de Gary Numan et collaboré avec lui pour l'écriture d'un autre titre). 
Heureusement qu'à l'époque je n'ai pas vu la vidéo tournée pour cette chanson, car là c'est sûr j'en aurais été dégoûté à vie :



Beau succès donc en 1980, mais ce n'était pas fini car, en 1985, Renault a commencé à utiliser cette chanson en bande sonore pour des publicités dont le slogan était "Des voitures à vivre" :



Ces publicités ont été matraquées et elles ont beaucoup marqué. D'autant que ça a duré des années, d'abord avec la version originale puis avec des versions reprises par d'autres artistes. Je vous ai même trouvé un Top 10 des publicités Renault avec la musique de Robert Palmer !
Entre temps, Robert Palmer avait connu un premier grand succès en France grâce à la pub, en 1982, quand sa chanson de 1978 Every kinda people avait été utilisée pour la pub Heineken, "La bière qui fait aimer la bière".
Sans surprise, Island a ressorti Johnny and Mary en 1985, avec une nouvelle pochette reléguant le nom de l'artiste en bas à gauche pour laisser la place à un gros encart annonçant le "Thème original publicitaire".
On pourrait croire que le disque de mon oncle qui, rappelons-le, tenait un garage Renault, est un exemplaire de cette réédition commercialisée suite à la pub Renault. Presque, mais pas tout à fait. En effet, il s'agit d'un tirage spécial (le disque est identique mais la pochette a été imprimée spécialement), "réservé aux lecteurs de Synchro". Synchro ? Eh bien, vous serez heureux d'apprendre que c'est le magazine du réseau Renault, lancé en avril 1985 et qui existe toujours ! Le 45 tours a été inclus avec l'un des tous premiers numéros du magazine.
L'un des intérêts de cette réédition pourrait être sa face B. Au lieu d'un "vieux" titre de l'album Secrets de 1979 (In walks love again), on trouve ici un titre hors album, enregistré pour la bande originale du film de science-fiction Explorers. Il s'agit de All around the world, une reprise d'une chanson de Little Richard parue à l'origine en 1956 en face B de The girl can't help it. C'est un gros budget, au milieu des années 1980, avec Bernard Edwards de Chic à la production. Rien d'infamant, mais c'est quand même sans grand intérêt :



En préparant cette chronique, j'ai découvert sur le site français dédié à Robert Palmer qu'il existait une version en français intitulée tout simplement Johnny et Marie, sortie dès 1980 par Marie Léonor, avec des paroles adaptées par Boris Bergman.
De fil en aiguille, je suis tombé sur cet extrait du Collaroshow de 1981, où Robert Palmer et Marie Léonor chantent ensemble, lui en anglais, elle en français, en posant leur voix en direct sur une bande musicale :



Que l'interprète original et celui de la reprise se retrouvent ensemble à la télé, c'est assez rare, mais tout est possible. Devo est bien passé au Collaroshow en 1980 ! Mais quand je suis tombé sur un extrait d'une autre émission, où cette fois
Robert Palmer chante en partie en français, j'ai été vraiment intrigué. L'explication est simple puisque, selon l'information donnée par plusieurs sites, Robert et Marie Léonor étaient alors en couple. Un "bad case of loving you" d'anthologie puisque, selon Wikipedia et surtout La vie secrète des chansons françaises de Bertrand Dicale et André Manoukian, cette histoire d'amour aurait inspiré à Marie Léonor les paroles de la chanson Ouragan, devenu le tube que l'on connaît une fois interprété par Stéphanie ! Désormais, à chaque fois que vous entendrez "Comme un ouragan qui passait sur moi, l'amour a tout emporté", vous pourrez avoir une pensée pour Robert Palmer, qui est mort à Paris en 2003, à 54 ans.



6 commentaires:

Anonyme a dit…

pour moi c'est l'exemple type du degré absolu de nullité en matière de pub: quel rapport entre cette chanson et une voiture? Le message est clair: consommateurs on sait ce que vous êtes: des moutons, pas besoin de s'intéresser à des paroles que vous ne comprendrez pas de ttes façons, laissez vous aller et vous penserez Renault. Ds le genre les exemples depuis ne manquent pas(la pub pour le credit mutuel si je ne me trompe pas avec stevie wonder). Consternant de mon point de vue, car la chanson est bonne et se suffit à elle même. Ph

debout a dit…

C'est une bonne chanson en effet de même que "every kind of people", pour le reste de la discographie disons que je passe mon tour, le créneau du gaillard étant un peu d'être le produit, en tête de gondole, situé entre D. Bowie et B. Ferry mais sans le charisme de l'un ni le british style de l'autre et, qui plus est, s'affublant de compos auxquelles il manque toujours le truc pour que l'on puisse distinguer l'une de l'autre (sans parler de la production qui résume le pire des années 80-90, percussions en peau de reverbs japonaises, guitares de mercenaires et chœurs débauchés de chez Madame Claude, le tout sonnant très bling-bling, voire un peu néo beauf de couveuse de start up. Bon ses clips fourguaient de la chaire fraîche par wagons et les intérieurs faisaient la promo du catalogue Ikéa... le pire des années 80-90, vraiment !
On le créditera donc de ces seules deux bonnes chansons et de leur parfaite interprétation, ce qui est d'autant plus rageant parce qu'enfin, un plutôt bon chanteur comme lui aurait pu............

Charlie Dontsurf a dit…

Que nenni, Debout. De l'homme, il faut au moins s'intéresser à la période pre-Clues. Enfin, si on a du goût pour le Rhythm & Blues blanc. Je ne connais pas Secrets, mais les 4 premiers albums, avec souvent Little Feat en backing band, sont excellents. Il faudra que je me trouve Clues en jour dans un vide-grenier mais Johnny & Mary a marqué pour moi la fin de mon intérêt pour le Robert (bon titre par ailleurs, je suis d'accord, et tube affolant).
En parlant du single, il existe en France deux versions du simple "première pochette". La seconde reproduit les lyrics de la chanson. Ce qui permet à chacun de vérifier qu'Anonyme a sans doute raison :-).

debout a dit…

Merci pour le tuyau je vais aller y voir et y jeter une oreille

Marc Andre a dit…

Coucou cousin! Génial ton blog, même si je ne suis pas un consommateur assidue, c'est une une idée originale. Proposer un vinyle quand t'achète une caisse, est bien plus sympa que d'inviter à REconsommer ce que tu viens déjà d'acheter, sous une liste de conditions plus longue que mes deux bras! Tu va me dire, qu'écouter un 33 tours dans une bagnole dans les années 80, ça devait être chaud !!! Mais l'essentiel c'est le principal.
Tout ça pour dire MERCI, étant un petit fils de M. Michel, alias MIMI, alias pépé mimi, alias M. le directeur, je suis très touché, voir même heureux comme un gardon dans sa rivière (ou tout comme: un lapin de garenne au milieu d'un champs d'oignons), que tu mettes en lumière des brides de sa vie, une petite dédicace, un clin d’œil. Mimi est un exemple de bosseur et de personne humble et joyeux que j'aime fort! Donc encore merci cousin et bisous à cousine, fournisseur officiel. Nous avons de la chance, d'avoir de la vaine, d'avoir du pot, d'avoir du bol, d'avoir un mimi dans notre famille. Sur ce, je m'en vais clopin-clopant, manger 14 radis, écouter ces vinyles, puis un coup de serviette sur les ch'veux, un coup de serpillière sur les yeux, une claque su'l'cul et au lit.
Pour info, je me suis permis de mettre quelques belles expressions philosophiques et profondes du grand père, dédicace pour dédicace... Et je fini par une importance capitale et message puissant: Le bruit de la mer et des flots, n’empêchent pas les petits poissons à faire pipi dans l'eau.
bisous

Pol Dodu a dit…

Salut Marc,
Merci beaucoup pour ton message.
Tu l'as compris, le principe du blog est de raconter des tranches de vie à partir de rondelles discographiques.
Avec des disques venant de Mimi, l'occasion était parfaite, puisque je partage beaucoup de souvenirs avec lui, qui remontent à La maison de Toutou ! !
Mais je ne le fréquente pas assez pour connaître toutes ses expressions favorites !

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