Acquis chez Salvation Army à Deptford le 13 novembre 2015
Réf : tg318pr -- Edité par Touch and Go aux Etats-Unis en 2007 -- For promotional use only - Not for sale
Support : CD 12 cm
Titres : Rainbowarriors (Radio edit) -- Rainbowarriors (Album version) -- Promise (Album version)
Avant de chroniquer La maison de mon rêve plus tôt cette année, j'avais essayé de voir si je ne pouvais pas plutôt me trouver un single ou un disque promo de CocoRosie. Je lorgnais notamment le trois titres promos avec By your side et Terrible angels, plus une version de Beautiful boyz sans Antony, mais je n'en avais pas trouvé d'exemplaire en vente, alors je m'étais rabattu sur l'album.
Et là, chez l'Armée du Salut, entre deux averses de crachin, dans la grande rue de Deptford qui sera bientôt mangée par les programmes de réhabilitation urbaine en cours, voilà que je tombe sur ce CD-R promo à 50 pence. Super !
Il n'y a pas de pochette recto, mais je pense qu'il n'y en a jamais eu car Touch and Go semble avoir eu l'habitude de procéder ainsi pour des disques promo. Par contre, il y a un insert couleurs imprimé recto-verso comme pour un disque du commerce, en plus des autocollants de la boîte chargée des relations presse. Rainbowarriors est le titre qui ouvre Ghosthorse and stillborn, le troisième album de CocoRosie. Je n'ai pas l'album, j'ai eu l'occasion de l'écouter, et il est clair que cette chanson est l'une des grandes réussites du disque et un titre très accrocheur, comme il y en a en général au moins un sur les albums du groupe après le premier. Cependant, même si une vidéo a été réalisée, il n'y a pas eu de single commercialisé.
Il y a tout ce qu'on aime chez CocoRosie dans cette chanson. Un rythme comme du hip-hop bancal, les voix des deux soeurs qui se contrastent et se complètent, plein de bruits bizarres, d'animaux, de jouets, de jeux vidéo, et une mélodie portée sûrement par une sorte de synthé, mais qui aurait aussi bien pu être jouée à la cornemuse. La version Radio edit se contente de couper les vingt-cinq dernières secondes de la chanson. Promise est le deuxième titre de l'album et c'est déjà du CocoRosie plus ordinaire.
Je suis certain d'avoir vu CocoRosie interpréter Rainbowarriors sur scène car, la deuxième fois que j'ai vu le groupe en concert, c'était dans la grande salle de La Cartonnerie à Reims, le 2 juin 2007, dans le cadre de la tournée qui a suivi la sortie de l'album.
CocoRosie a sorti il y a quelques semaines à peine son sixième album, Heartache city.
Acquis par correspondance via Discogs en mars 2015
Réf : tg253cd -- Edité par Touch And Go aux Etats-Unis en 2004
Support : CD 12 cm
12 titres
Je ne m'amuse pas trop à ce genre de jeu, mais si je devais faire la liste de mes albums préférés de la décennie 2000, La maison de mon rêve, le premier album de CocoRosie, y figurerait en bonne place. C'est pourquoi, alors que depuis 2004 je m'étais contenté de quelques extraits en MP3 et de l'exemplaire de la Médiathèque, je me suis enfin décidé à m'offrir le disque.
Cet album est un grand disque parce que, un peu à la manière de Colossal youth de Young Marble Giants, c'est un O.S.N.I., un objet sonore non identifié qui crée son propre univers et se suffit à lui-même.
On le découvre dès les premières notes de l'album, avec l'intro de Terrrible angels: de la guitare acoustique et une sorte de mugissement électronique, avant les deux voix féminines accompagnées de grincements et autres sons bizarres. Ça y est, on est entrés dans ce monde où les anges sont effroyables. Alors, pourquoi les accueille-t-on ? Parce qu'ils nous plaisent. Au deuxième titre, By your side, la boite à rythmes fait son apparition. Là, la voix semble sortir du crin-crin d'un 78 tours. Un peu comme si Moby avait enregistré Play sans utiliser de synthétiseurs ni échantillonner des disques. Pour Jesus loves me, à l'ambiance gospel, on a l'impression que la guitare aurait pu être jouée par Elizabeth Cotten la première fois où elle a tenu cet instrument entre ses mains. Good Friday est tout aussi excellent et la séquence magistrale qui ouvre l'album se clôt avec le tout court Not for sale, l'un de mes titres préférés du disque.
Par la suite, La maison de mon rêve entre dans une phase paradoxale plus débridée, parsemée de bruitages et de sons de jouets électroniques qui nous rappellent le Beck bricolo des débuts ou, pour rester en France, la production d'Areski et Brigitte Fontaine dans les années 1970. On y rencontre un Tahiti rain song, mais aussi des Haitian love songs, dont un choix de couplets est égrené, mais seul Madonna me marque autant que les premiers titres.
L'album aurait suffi à nous marquer. Très vite, on en a su un peu plus sur l'histoire de Coco et Rosie, Bianca et Sierra Casady, deux sœurs américaines qui se sont retrouvées à Paris, où elles auraient enregistré l'album dans la salle de bains d'une chambre de bonne de Montmartre. A part un "Merci Stéph" et un "18ème" inscrits façon broderie sur la photo d'un tissu au dos du livret, aucune référence n'est faite dans les crédits du disque à l'anecdote française de la création de ce disque.
Avec Philippe R., on a eu la chance d'en découvrir plus sur ce groupe intriguant et enthousiasmant : il était hors de question qu'on rate le concert du 17 novembre 2004 à Nantes, dans la petite salle du Lieu Unique, loin d'être pleine si je me souviens bien.
La première vision qu'on a eu des deux sœurs, c'est à la fin du concert de première partie, quand elles sont venues rejoindre
Antony and the Johnsons sur scène pour You and your sister. Antony lui-même, encore peu connu à l'époque, est venu chanter au moins deux chansons pendant le concert de CocoRosie.
Le groupe pour cette occasion était un trio, avec un gars dont on a su plus tard qu'il s'appelait Spleen. Et là, ce fut la révélation. Ces boites à rythmes décalées et une partie des sons bizarres qui parsèment le disque, ils ne provenaient pas de machines au son trafiqué mais étaient tout bonnement produits par une "boite à rythmes humaine", Spleen (Si c'est bien lui qu'on entend sur le disque car il n'est crédité nulle part), qui nous a scotché à nouveau un peu plus tard quand il s'est levé pour rapper en français sur Madonna. On a aussi découvert à cette occasion que, si Sierra jouait régulièrement de la guitare ou du piano, les principaux instruments de Bianca, outre quelques percussions, étaient ses fameux jouets électroniques et on a eu à plusieurs reprises confirmation de la complicité qui unissait les deux soeurs. Nafoute a mis en ligne sur YouTube ce concert de CocoRosie à Nantes dans son intégralité ou presque. Ça fait bizarre de revivre partiellement après plus de dix ans un concert auquel on a assisté. J'en ai sélectionné mes passages préférés ci-dessous.
Il y a de bons et même d'excellents titres dans chacun des quatre albums sortis par CocoRosie depuis La maison de mon rêve, mais la magie de la découverte ne se vit qu'une fois, c'est pourquoi j'estime particulièrement ce premier album.
Acquis chez Cultura à Cormontreuil le 3 mai 2018
Réf : WIGCD413X -- Édité par Domino en Europe en 2018
Support : CD 12 cm
10 titres
Depuis quelques temps, Philippe R. a pris la bonne habitude de regarder les concerts Tiny Desk de la radio américaine NPR (littéralement enregistrés dans le bureau de Bob Boilen, l'animateur de l'émission All songs considered) pour y découvrir des musiques par des artistes connus ou inconnus.
Récemment, il m'a envoyé le lien vers la prestation de Superorganism le 25 avril dernier, avec comme simple commentaire : "C'est ça qui est bien : être encore surpris, j'aime beaucoup".
Je suis allé voir de suite et, avant même d'écouter, j'étais déjà conquis, à la simple lecture du texte de présentation expliquant que Superorganism avait demandé avant de venir l'autorisation d'accrocher des baleines gonflables au plafond et puis, pour leur prestation, pas pour consommer, ils avaient demandé qu'on leur fournisse sept pommes bien croquantes et sept canettes en alu.
Le concert lui-même ne m'a pas déçu, je n'ai peut-être pas vu un collectif aussi plein de vie sur scène depuis Les Gamins En Folie en 1991. Dix minutes de pure joie :
Notons quand même que, sur le premier titre Prawn song, les sept membres du groupe chantent tous à un moment ou un autre. Évidemment, comme les chansons sur un crustacé par un groupe barjot ne sont pas légion, on pense aux B-52's. Et puis, tous ces petits bruitages, ça rappelle aussi un autre très bon moment, les débuts de CocoRosie. Sur Something for your M.I.N.D., les coups d'arrêt m'ont fait penser au Novocaine for the soul de Eels. Mais je vais arrêter le petit jeu des références car ce qui compte c'est de les voir s'amuser et de passer un bon moment à les écouter. Voici encore un groupe qui répond parfaitement à ma définition de la hip-pop optimiste.
On voit bien que le groupe est formé autour de trois musiciens (batterie, guitare, claviers), avec une chanteuse plutôt réservé et trois foufous chanteurs-danseurs-bruiteurs.
Le noyau musical du groupe est en fait composé de trois membres du groupe néo-zélandais The Eversons (un quatrième est présent en coulisses), formé en 2010 et qui a sorti plusieurs albums. Pour ce projet, ils se sont réunis à Londres avec des amis venus d'un peu partout dans le monde entier, et ont associé à distance la chanteuse Orono, une fan des Eversons qu'ils avaient rencontrée lors d'une tournée aux États-Unis.
A peine la vidéo de Tiny Desk regardée, j'ai vérifié qu'il y était en stock et je me suis arrêté au supermarché culturel qui était sur mon chemin pour me procurer ce Superorganism, le premier album du groupe, sorti en mars.
En-dehors des conditions particulières de la prestation que je venais de voir, il y avait un gros risque que je sois déçu par l'album. Mais il n'en est rien. Le bon esprit est bien là aussi sur cet enregistrement studio et, pour l'heure, mes titres préférés sont Nobody cares, Everybody wants to be famous et Something for your M.I.N.D..
La bonne nouvelle, c'est que Superorganism sera sur scène près de chez moi le 16 juin prochain, au festival La Magnifique Society de Reims. La mauvaise nouvelle c'est que je ne serai pas à ce concert. Ce n'est pas que je ne suis pas disponible mais, depuis plusieurs années je fuis ce genre de foire à bestiaux. A défaut de voir le groupe dans de bonnes conditions, je préfère rester sur ma bonne impression et à la maison, à écouter l'album et regarder des vidéos !
Superorganism en session pour KEXP pendant les Trans Musicales à la Halle de la Courrouze à Rennes, le 7 décembre 2017.
Offert par Le Vieux Mad par correspondance en mars 2007
Réf : #33 -- Edité par Sorry But Home Recording en France en 2007 -- n° 66/500
Support : 2 x CD 12 cm
43 titres
Pour fêter les cinq ans de son label, Le Vieux Mad, mentor de cette écurie iséro-dromoise, a fait appel à ses poulains et à de nombreux invités pour réaliser cette double compilation "Home/Fame", mode d'emploi de la (re)découverte des 32 premières références de Sorry But Home Recording Records à base de reprises et de remixes de titres du catalogue.
C'est une compilation un peu particulière pour moi puisque, ayant répondu à l'appel du Vieux Mad, je figure au générique de cet album, et c'est la toute première fois que "Pol Dodu" est crédité en tant qu'artiste sur un disque ! Je vous laisse découvrir à vos risques et périls les 59 secondes de mon "Vivonzeureux! Verchuren remix" du "Débonnaire", un titre des Frères Nubuck, et je me contenterai d'évoquer ici les 42 autres participants à la compilation.
Parmi ces participants, il y a d'ailleurs pas mal d'amis et de bonnes connaissances de Vivonzeureux!, dont plusieurs figurent d'ailleurs au catalogue de mon propre label, le virtuel Vivonzeureux! Records : Le Vieux Thorax, Pauline Easy, et les piliers de Sorry But les Frères Nubuck et le Bingo Bill Orchestra.
Toute l'équipe du label est évidemment présente, et ça donne lieu à de sympathiques échanges de bons procédés : Brother Roger qui traduit Les Frères Nubuck en anglais tandis que les Nubuck l'adaptent en français, Cyrz qui reprend le Bingo Bill Orchestra tandis qu'Henri Bingo lui rend la pareille, et même Daniel Bill qui reprend un titre des Chicken Belmondos composé par son ancien alter égo du Bingo Bill Orchestra.
Globalement, "Home/Fame" me fait le même effet que toutes les compilations de reprises : je l'écoute avant tout en fonction de ce que je connais des versions originales et, quelle que soit la qualité de l'interprétation, ma préférence a tendance à aller vers des titres que j'aimais déjà au départ. Mais ce qui compte, c'est que, sur les 42 titres, il y en a un bon paquet qui me plaisent énormément.
Les "grands noms" s'en sortent plutôt très bien, comme Bertrand Betsch avec "Le hublot" et Ignatus avec "L'éducation musicale", deux titres extraits du dernier album en date des Frères Nubuck, "Chaque vivant est un mort en puissance", qui est particulièrement mis en valeur sur "Home / Fame", tout comme les productions de Crooner Mic Action, avec par exemple le titre de Holden, dont les voix ont un petit côté CocoRosie qui ne peut que me séduire.
J'ai aussi bien sûr fait de nombreuses bonnes découvertes au fil de l'écoute, comme Eddy Tornado et les Scandaleux, qui font une reprise presque twist de "Nils", S.Libar avec leur version torride de "La minuterie", Sidabitball avec une version dansante entièrement composée et jouée à la Gameboy de "Con el gringo del norte", Watoo Watoo avec une version un peu jazzy de "L'histoire du monde" ou Quai Soir qui reprend "A la ville".
Acquis sur le vide-grenier de Cuis le 20 mai 2007
Réf : 2 C006-90650 M -- Edité par Stateside/EMI en France en 1969
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Japan -/- Colors
Même après trois vide-greniers d'où je suis rentré bredouille, même après deux jours de congés de suite sans vide-grenier pour cause de mauvais temps, même si les 45 tours étaient à trente centimes sur le stand où j'ai trouvé celui-ci, même si la pochette et le disque sont en bon état, même si ne on trouve pas ce disque à tous les coins de rue, il est fort probable que, au moment même où la pluie se mettait une fois de plus à tomber, j'aurais laissé ce 45 tours dans son carton si mon œil n'avait pas été attiré par cette étiquette incongrue collée sur la pochette avec la mention "Free-jazz ou slow de l'hiver ?...".
Car Pharoah Sanders est un grand du jazz, un saxophoniste ténor qui a accompagné john Coltrane pendant les années 60 (entre beaucoup d'autres) tout en sortant des disques en tant que leader en parallèle. Et le jazz, comme le hard ou le funk, ce n'est a priori pas ma tasse de thé. Mais ça m’intriguait bien de savoir pourquoi, en octobre 1969, l'année du triomphe du slow des slows, "Je t'aime moi non plus", quelqu'un avait pu penser faire un tube d'un titre de ce jazzman.
La face B, "Colors", un titre extrait de l'album "Karma" de 1969, confirme toutes mes craintes : c'est bien du jazz !!, avec le saxo présent dès la première note et en plus des paroles préchi-précha chantées pas terriblement par Leon Thomas.
La face A, "Japan", c'est autre chose, bien sûr, sinon on n'aurait pas parlé de ce disque ici ! Bizarrement, c'est un titre extrait de "Tauhid", le deuxième album solo de Sanders, sorti en 1966, soit trois ans avant ce 45 tours. Et "Japan" ne sonne pas du tout jazz. Le saxophone en est totalement absent, déjà. Il y a des percussions, de la contrebasse, peut-être bien une guitare très discrète, une mélodie japonisante jouée au piano, et une mélopée vocale avec des chœurs sans paroles distinctes. Et tout ça me plaît beaucoup.
Pour rester en 1969 et avec des tonalités orientales, on n'est pas loin ici de ce qu'ont enregistré Areski, Brigitte Fontaine et l'Art Ensemble of Chicago pour l'album "Comme à la radio".
Plus près de nous et avec des références au Japon, on peut penser bien sûr aux Pascals ou à CocoRosie (dont le tout récent et excellent "Japan" n'a cependant rien à voir avec celui-ci).
En tout cas ce "Japan" de Pharoah Sanders n'a pas grand chose de free jazz et c'est tout sauf un slow dansant, qu'il soit d'été ou d'hiver. Et je me demande toujours bien ce que le responsable de label qui a décidé de sortir ce titre de 1966 en face A de single à la fin de 1969 avait pu ingurgiter pour imaginer ne serait-ce qu'un instant faire de ce disque un tube, au point même d'investir dans des étiquettes à rajouter sur les pochettes !
Acquis probablement à Reims en 1987 Réf : CRAM 056 -- Edité par Crammed en Belgique vers 1987 Support : 33 tours 30 cm 19 titres
C'est avec la compilation It's a Crammed, Crammed World! 2 que j'ai découvert Sonoko. Il y avait dessus Wedding with God, qui reste mon titre préféré d'elle, un OVNI musical de toute beauté (dédié à Nijinsky) : chant velouté comme du yaourt (c'est du japonais, principalement !), choeurs séraphiques (dignes des angelots de la pochette de l'album), instrumentation discrète. A la fin de la chanson, on se sent aussi proche d'être marié avec Dieu qu'un curé dans sa 2cv sur une route de campagne un dimanche matin entre deux messes. Musicalement, je ne vois qu'un point de comparaison, le Subway de Thick Pigeon, paru sur un autre label belge, Crépuscule. Ce n'est d'ailleurs sûrement pas un hasard : initialement, en 1984, Sonoko n'avait envoyé ses démos qu'à trois labels qu'elle aimait beaucoup, Crépuscule, Cherry Red et Crammed. Après des sessions avortées pour Cherry Red avec Morgan Fisher au Japon, c'est finalement à Bruxelles pour le label aux oreilles curieuses Crammed que Sonoko enregistrera en 1986 pendant six mois son premier -et unique à ce jour - album, avec Colin Newman et le duo Vincent Kenis/Marc Hollander d'Aksak Maboul/Crammed à la production. Je trouve la pochette du disque très réussie. Sur cette photo, avec la peau très blanche, Sonoko ressemble à une poupée de porcelaine qui dit non, et elle est entourée de colifichets (photo, cassettes, éventail, dentelle,...) qui évoquent le bric-à-brac d'influences et de cultures que constitue le disque. Ici, les musiques occidentales et notamment françaises qui ont marqué Sonoko nous reviennent déformées par l'écho et le choc culturel d'un voyage aller-retour jusqu'au Japon. Juste avant elle, Kazuko Hohki avait un peu fait de même, avec son album de reprises de Brigitte Bardot notamment. Depuis, il y a eu bien sûr les Pascals. Une grosse moitié de l'album est composée par Sonoko, l'autre consiste en reprises qui, de Nino Rota à Gabriel Fauré, en passant par Brigitte Bardot et Suicide, tissent ce réseau de références/influences qui donne sa couleur aux disques. Wedding with God a beau s'y trouver, ainsi que Souvenir de la mer, un titre électropop light arrangé par Alig de Family Fodder et une version du In heaven de la BO d'Eraserhead, j'ai tendance à préférer la deuxième face (ou plutôt, pour respecter la dénomination employée par Sonoko la face Garden) à la première (face Heaven) car elle comporte une séquence imparable de sept titres : Cheri cheri (reprise légère du Cheree de Suicide), Une histoire de plage (reprise de Brigitte Bardot), La poupée qui fait non (la deuxième reprise "exotique" de ce classique de Polnareff que j'ai connue, après celle de Cristina sur Ze), Marienbad (l'autre sommet du disque, un original en hommage à Alain Robbe-Grillet), I love how you love me (reprise des Paris Sisters), Les gauloises bleues et BB (plus une berceuse qu'un hommage à BB). Pour Les gauloises bleues, je m'étais attendu à entendre une reprise de 14 ans les gauloises d'Eric Charden. Mais non. Il est bien précisé sur la pochette qu'il s'agit d'une chanson traditionnelle entendue dans le film Les gauloises bleues de Michel Cournot. Ce n'était pas le cas en 1987, mais aujourd'hui, même si la chanson est pour le coup effectivement interprétée en yaourt, il ne me faut pas plus de quelques secondes pour identifier ici Wayfaring stranger, que je connais désormais dans des versions de Johnny Cash, Howe Gelb ou M. Ward. Après la sortie de son disque, Sonoko a vécu plusieurs années à Paris avant de retourner au Japon. En 2002, elle annonçait travailler sur du matériel pour un nouvel album. La débutante a été inclus dans la campagne de réédition Crammed global soundclash en 2003 et est donc disponible en CD. Il y a aussi plusieurs titres en MP3 sur le site de Sonoko. Je ne sais pas si elles le connaissent, mais sinon ce disque serait une bonne idée de cadeau à faire à Sierra et Bianca de Cocorosie, ce genre d'album devrait leur plaire...
Acquis sur le vide-grenier de la F.C.P.E. à Ay le 30 juin 2019
Réf : 91 085 (Mabele 08) -- Édité par African en France en 1975
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Mama ndangi 1 -/- Mama ndangi 2
Je fréquente la brocante de la F.C.P.E. sur le parking du collège à Ay depuis une bonne vingtaine d'années maintenant et, au fil du temps, j'y ai trouvé quelques disques très intéressants, parmi lesquels Indépendance cha cha d'African Jazz et le 78 tours de Blind Willie Dunn's Gin Bottle Four.
Cette année, j'ai bien cru que j'allais devoir me contenter (et c'est déjà pas si mal) de CD à 1 € d'albums de CocoRosie, Les Rita Mitsouko et IAM que je n'avais pas. Mais à un moment, au milieu d'une petite pile d'une dizaine de disques de variété posée sur une table, je suis tombé sur ce 45 tours, dont la pochette est en très bon état. Le disque lui-même aurait aussi pu être en très bon état, les sillons sont propres, mais en le sortant de sa pochette je me suis rendu compte qu'il était ébréché, chose assez rare pour un vinyl.
J'ai montré le disque à la vendeuse, qui s'est confondue en excuses en expliquant qu'elle n'avait pas contrôlé tous les disques. Elle voulait le mettre à la poubelle, mais c'est là que je suis intervenu en lui disant que, même dans cet état, le disque et sa pochette m'intéressaient pour ma collection, et que je lui en proposais 10 centimes. Elle a été interloquée, mais on a fait affaire et je suis reparti avec ma trouvaille, bien content, même si je ne peux écouter qu'environ 80% de mon disque (il manque un peu plus d'une minute sur les 5 minutes et quelques que dure chacune des faces).
Ce disque fait partie des centaines de disques édités en France par African, dont la plupart des exemplaires ont dû être distribués au Congo et dans d'autres pays d'Afrique.
On en a déjà parlé à propos du disque de l'Orchestre Tembo, African avait un dédain particulier pour les photos de pochette de ses 45 tours : un même disque pouvait sortir avec plusieurs illustrations différentes, choisies dans des catalogues d'agences et n'ayant rien à voir avec la musique concernée, et la même illustration pouvait servir pour plusieurs disques différents. Par exemple, si vous allez chez Dial Africa télécharger Bumba, un autre 45 tours de l'Orchestre Baya Baya, vous remarquerez que c'est la même pochette à part le titre et les références !
Une fois rentré à la maison, je n'ai pas regretté mon achat, même si je préférerais bien sûr avoir les chansons en entier.
Il s'avère en effet que Mama ndangi est de l'excellente rumba congolaise (aussi bien la partie 1 que la 2, mais je préfère la 1). On a droit à un patchwork de percussions, de guitares et de voix, un entrelacs parfaitement réussi, un résultat superbe. Ça a l'air tout simple et naturel, mais ça doit demander un travail de fou d'arrangement et de coordination. Cerise sur la gâteau, on entend même sur les deux faces quelques interpellations en français ("Oh, Johnny !", "Mais pourquoi Jeannot ?", "C'est la faute à qui, Jeannot ?", "Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible !") qui, on le verra, s'adressent au propriétaire du studio et à l'un des musiciens, mais la mention de "Jeannot" m'a évidemment fait penser au Jeannot, où est le sérieux ? de Lolo Lolitta et Tchico.
La concurrence était tellement rude au Congo dans ces années-là que de nombreuses formations, dont l'Orchestre Baya Baya apparemment, se sont installées en Tanzanie pour y faire carrière. Dans la page Congo in Tanzania de Muzikifan, on trouve la discographie complète de l'Orchestre Bay Baya, soit un album, Nakozonga, en 1977 et dix 45 tours entre 1975 et 1977. Le mien n'est même pas encore référencé sur Discogs et je ne l'ai trouvé nulle part en écoute en ligne... Même ébréché, mon disque reste donc intéressant.
African précisait généralement le nom du label original avec lequel un accord de licence avait été signé. En l'espèce ici, il s'agit de Mabele Productions, fondé à Kinshasa par Mbuta Nsuka.
Comme c'est expliqué en détails dans l'article de Matt Lavoie Orchestre Kiam, an oral history, Mabele avait débauché début 1975 plusieurs musiciens de l'Orchestre Kiam, propriété de Verckys de l'Orchestre Vévé, pour enregistrer sous pseudonyme un 45 tours hors contrat. Côté discrétion, ça ne risquait pas de fonctionner car le disque est sorti sous le nom d'Orchestre Baya Baya, d'après Baya baya, l'un des succès de l'Orchestre Kiam !
Verckys a aussitôt suspendu les musiciens coupables, et du coup une bonne partie de l'Orchestre Kiam a quitté le groupe pour vraiment lancer l'Orchestre Baya : les chanteurs Bakolo Keta, Boyo Mbola, et Jeannot Botuli Ilonge, les guitaristes Lélé Nsundi et Souza Vangu, le bassiste Ndolo Matthews et le batteur Suké Ngonge sont alors entrés dans le studio de Johnny Bokelo pour y enregistrer. On peut penser qu'ils sont allés en Tanzanie aussi pour échapper à l'ire du puissant Verckys.
Peu de temps plus tard, Lélé, puis Bakolo Keta et Suké Ngonge sont retournés à la niche de l'Orchestre Kiam, ce qui a signé la fin de Baya Baya. Jeannot Botuli Ilonge a arrêté la musique et le guitariste Souza Vangu (alias Jacques Bazizila, qui est mort en 2012), a créé son propre groupe, l'Orchestre Mabatalai.
S'il y a une leçon à retenir de tout ça, c'est que, même cassé un disque peut conserver de l'intérêt et il ne faut pas le jeter trop précipitamment !
Ajout du 15 juillet 2019 : Celle-là, si j'avais voulu l'inventer, personne ne l'aurait crue, à commencer par moi...! Donc, après avoir écouté mon disque ébréché pendant deux semaines et avoir préparé et publié sa chronique, j'entreprends ce matin de le ranger dans la boite où se trouvent mes 45 tours d'artistes d'Afrique. Et puis, comme c'est les vacances et que j'ai un peu de temps, je me suis dit que j'allais classer ensemble mes quelques disques du label African. Oh, il n'y en a pas beaucoup, par rapport aux plus de 1000 référencés sur Discogs (et ils n'y sont pas tous). J'ai donc trouvé quatre autres disques avec pochette, puis un disque sans pochette avec une étiquette jaune. Quand j'ai vu la mention "Mabele 08", le ciel m'est tombé sur la tête ! Eh oui, ce disque que j'ai écouté en partie seulement, que je me suis embêté à transférer en MP3 en visant juste après la cassure pour en avoir le plus long possible, je l'avais déjà acheté ! C'était le 6 avril 2015 à la brocante de Condé-sur-Marne et j'ai payé 20 centimes pour ce disque sans pochette. La face A passe bien, la B est un peu rayée. A l'époque, je l'ai écouté. Sans la pochette, sans la cassure, je n'avais pas grand chose à en dire, alors je l'ai rangé et aussitôt oublié ! Ça confirme ce que dit souvent l'ami Dorian Feller, qui avait complété ma pochette de Pere Ubu en me fournissant le disque qui allait avec : il faut systématiquement prendre une pochette vide ou un disque sans pochette, on peut toujours espérer rassembler les deux. J'ai donc un exemplaire complet de Mama ndangi, disque et pochette, qui m'a en tout coûté 30 centimes en quatre ans... Et quand la vendeuse s'est étonnée que je m'intéresse à ce disque pour sa pochette, j'aurais pu lui répondre que j'avais le disque qui allait avec. Mais pour cela, il aurait fallu que je connaisse un peu mieux le contenu de ma propre discothèque !
Acquis chez Gilda à Paris le 6 juin 2013
Réf : cram 182 -- Edité par Crammed en Belgique en 2011
Support : CD 12 cm
Titres : Follow me -- Le tango de la femme abandonnée -- Poison + Poison (Vidéo)
Le nom de Maïa Vidal ne me disait absolument rien, mais j'ai pris ce disque chez Gilda parce que 1°) c'est un beau petit objet (pochette cartonnée ouvrante, CD déguisé en disque vinyl), 2°) il est édité par Crammed et 3°) Marc Ribot (Tom Waits, Costello, Bashung et des dizaines d'autres) est invité vedette à la guitare sur le deuxième titre.
A la première écoute, il s'est passé un truc bizarre qui n'arrive normalement pas avec les CD achetés au hasard : j'ai instantanément reconnu la chanson et su que c'était un titre que j'apprécie particulièrement. Et pour cause, j'ai téléchargé Follow me chez Magnet Magazine à l'automne dernier et ça m'a suffisamment plu pour que je le mette sur l'une de mes compilations maison. Ce qui explique pourquoi je le connais si bien, même si j'avais aussitôt oublié le nom de l'artiste. J'avais notamment bien aimé le petit côté CocoRosie assagi que j'avais cru percevoir à l'écoute de la chanson.
Il s'agit en fait du premier disque de Maïa Vidal sous non nom. Avant ça, et entre autres, elle se produisait sous le nom de Your Kid Sister et s'est fait remarquer en 2009 avec une série de reprises de Rancid sous la forme d'un EP, 5 Rancid songs that I love, et de trois vidéos qui ont été très populaires sur Youtube. On trouve l'une de ces reprises ici, Poison, et sa vidéo. Je ne connaissais pas assez la version originale pour faire la comparaison, mais en tout cas c'est assez dépunkifié pour qu'à l'écoute ça puisse faire penser à Mansfield Tya.
Si on lit la bio de Crammed, on a l'impression que le disque de reprises de Rancid est le seul qui a été sorti sous nom de Your Kid Sister, mais sur le site du groupe on constate clairement, vu qu'on y voit le recto et le verso de la pochette, que l'album God is my bike devait initialement être attribué à Your Kid Sister. Peut-être que ce n'était qu'un projet, ou alors il n'y a eu que quelques exemplaires auto-édités et peu diffusés (je n'en trouve pas d'autre trace en ligne).
Toujours est-il que Maïa Vidal a signé chez Crammed et sorti God is my bike en 2011. Outre Follow me et The alphabet of my phobias, on y trouve deux titres avec Marc Ribot, dont Le tango de la femme abandonnée (en français s'il vous plaît : elle est née aux Etats-Unis mais vit actuellement en Europe...), encore une belle réussite. A part cette intervention et celle de Giuliano Gius Cobelli à la trompette, c'est Maïa Vidal qui joue de tous les instruments sur ces trois titres.
Maïa Vidal a sorti son deuxième album, Spaces le mois dernier et elle était en concert à Paris le 6 juin dans le cadre d'un mini-festival Crammed Discs. Etant donné que c'est précisément ce jour-là que j'ai acheté ce disque à Paris, je vais finir par avoir des regrets après coup de ne pas être resté quelques heures de plus à Paris pour y assister.
Acquis au Record & Tape Exchange de Pembridge Rd à Londres vers 1982 Réf : FEET 129 -- Edité par Go-Feet en Angleterre en 1981 Support : 45 tours 30 cm Titres : Doors of your heart (Dub) -/- Drowning (Dub)
Autant The Beat a pas mal fait parler de lui au moment de la sortie de son premier album en 1980, en pleine vague ska, autant leurs disques sont passés inaperçus par la suite, en France en en tout cas. La pochette du deuxième album, "Wha'ppen ?" était bien moche, il faut dire, et ça n'a pas dû aider. Celle de ce maxi, qui reprend deux titres de l'album en version allongée dub, est très réussie. Une arche de Noë dessinée avec toutes les espèces qui copulent joyeusement. C'est tout à fait dans l'esprit de la pochette du "Noah's ark" de CocoRosie, en plus réussi. "Doors of your heart", sans être un tube formaté, a un refrain très accrocheur. Sur le thème, on n'est pas loin de "Affection" de Jonathan Richman, avec peut-être même un clin d'oeil dans les paroles à Joy Division : "I think we think too much, Why can't we just feel love thumping at the doors of our hearts, feel love thumping as it tears us apart". On est dans le reggae plutôt que dans le ska, avec Cedric Myton des Congos comme invité aux choeurs, et un excellent toast de Ranking Roger. The Beat a fait la première partie de Clash quand ils ont joué une semaine au Théâtre Mogador à Paris en septembre 1981, l'année de la sortie de ce disque. Le meilleur souvenir du concert que j'y ai vu c'est, de ma place au balcon sur le côté de la scène, d'avoir vu arriver Ranking Roger d'un pas chaloupé pendant le rappel des Clash pour délivrer un toast magistral sur "Armagideon time".
Acquis probablement par correspondance chez Action Records en Angleterre vers 1998
Réf : CDCL 777 -- Edité par Parlophone en Angleterre en 1996
Support : CD 12 cm
Titres : Rainmaker -- Homecoming Queen (Live on KCRW) -- Gasoline horseys (Live on KCRW)
J'ai appris la mort de Mark Linkous dimanche soir. Sur le coup, l'annonce de son suicide ne m'a pas touché autant que pour Vic Chesnutt il y a quelques semaines à peine. Il faut dire que, la veille de sa mort, j'écoutais encore le dernier album de Vic Chesnutt en vue d'en parler ici alors que, après avoir beaucoup écouté Sparklehorse à la fin des années 1990 et au début des années 2000, j'avais lâché l'affaire depuis quelques temps. Depuis 2006 en fait, quand est sorti le très décevant album Dreamt for light years in the belly of a moutain où, après plusieurs années d'absence, justement, Mark Linkous revenait en faisant du sur place (la moitié de l'album datait du précédent disque). Le pompon, ça a été la Black session du 25 septembre 2006 (qui apparemment sera rediffusée en hommage après-demain, lundi 15 mars 2010), avec Paula Jean Brown (des Go-Go's et de Giant Sand) à la basse. L'énorme majorité des titres joués, et les plus intéressants, dataient des débuts du groupe, mais l'interprétation était de toute façon gâchée par un gros défaut de prononciation, un chuintement dans la voix, que Linkous n'avait pas auparavant il me semble.
A mon sens, Sparklehorse fait partie de ces groupes qui ont donné leur meilleur à leurs tous débuts, alors autant nous replonger dans cette période : avec ses 16 titres, Vivadixiesubmarinetransmissionplot avait largement de quoi nous rassasier et ce disque est certainement l'un des grands albums qui nous ont été livrés dans les années 1990.
Je ne me suis pas intéressé à ce disque immédiatement après sa sortie, tout simplement parce que le premier grand article que j'ai lu sur le groupe, dans le NME en 1996, insistait - déjà - sur ses anciens problèmes d'héroïne et sur la surdose de valium qui avait failli lui coûter la vie à Londres en 1995, et ce n'est pas le genre de thématique qui m'attire. J'ai quand même fini par raccrocher les wagons de Sparklehorse, vers 1997-1998 je crois, juste avant la sortie du deuxième album Good morning spider, et à partir de là j'ai acheté tout ce que j'ai pu trouver, dont les nombreux CD singles édités en Angleterre.
Celui-ci en est un, le 2e CD avec Rainmaker en face A (le premier était un double-digipack en mesure d'accueillir ce deuxième CD, vendu séparément).
On pourrait grossièrement diviser les titres de Vivadixiesubmarinetransmissionplot en deux groupes : les rapides et électriques d'un côté, les plus lents et plus acoustiques. Rainmaker fait partie du premier groupe, avec Hammering the cramps et Someday I will treat you good notamment (également sortis en single),et aussi Saturday et Ballad of a lost cold marble. Ce n'est pas ma préférée du lot, mais Rainmaker est efficace et je comprends que le label l'ait choisie pour l'éditer en single.
Ma préférence a quand même tendance à aller vers les chansons du deuxième groupe, dont on a ici deux des plus beaux exemples, enregistrées en live pour la radio américaine KCRW.
Sur l'album, Homecoming queen et Gasoline horseys ouvraient et fermaient respectivement le bal. Dans des notes manuscrites publiées sur son site, Mark Linkous expliquait notamment qu'il avait su très vite que Homecoming queen devrait être la première chanson de cet album. Ces deux chansons, que j'ai tendance à associer depuis qu'elles se sont retrouvées ensemble sur ce single et parce que, quelque part, elles mentionnent toutes les deux des chevaux, ont dû beaucoup compter sur lui : il les a beaucoup jouées sur scène et on trouve une autre version live de Gasoline horseys sur l'un des CD du single Sick of goodbyes (ou alternativement, aux Etats-Unis, sur le EP Distorted ghost). Ce sont même les (belles) paroles de la face B qui sont reproduites à l'intérieur de la pochette du single, pas celles de la face A : "The flowers of evil you left at my door, set them in a broken glass and tasted my own blood and charge forth with firey manes and bellys full of clocks". A l'écoute aujourd'hui, les instruments de bric et de broc et les bruitages qu'on entend sur les différentes versions de Gasoline horseys me semblent tout à fait anticiper La maison de mon rêve de CocoRosie.
Quelques semaines avant sa mort, Vic Chesnutt expliquait dans une interview qu'il était sûr qu'il y aurait un disque avec Sparklehorse dans le futur (on entendait déjà sa voix enregistrée sur un répondeur sur un titre de Good morning spider). On savait depuis Noël qu'il y avait au moins une raison imparable pour que ça ne se fasse jamais. Depuis le 6 mars, il y en a deux.
Par contre, il a été annoncé quelques jours avant la mort de Mark Linkous que Dark night of the soul, l'album qu'il a enregistré avec Danger Mouse, allait être sorti commercialement prochainement, après avoir été diffusé en ligne l'an dernier à la suite d'un conflit avec leur label.