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03 janvier 2006

PERIO : Golden burrito


Acquis chez Easy Cash à Cormontreuil le 2 janvier 2006
Réf : VISA 4409 -- Edité par Lithium en France en 1998 -- Echantillon promotionnel interdit à la vente
Support : CD 12 cm
Titres : Golden burrito -- Lopsided

Mon premier achat de disque de l'année !
il est resté tellement longtemps dans le bac des CD singles de Cash qu'ils l'ont baissé à 10 centimes !
Perio, je ne les connaissais que de réputation, et surtout pour leur enregistrement de "Afternoon" de Jonathan Richman avec Dominique A et Françoiz breut, sous le nom de Squad Femelle, pour le volume 1 de de l'album hommage à Jonathan Richman sorti par Aliénor.
Les liens avec les nantais Dominique A ou Pierre Bondu ne sont pas étonnants puisque Perio est un duo composé d'un nantais, Eric Deleporte, et d'une américaine, Sarah Froning.

Ce CD faisait la promo de leur second album, "Medium crash". J'aime beaucoup les deux titres, mais j'ai un mal fou à les décrire ou à trouver des points de comparaison. Disons qu'on pense plus à des références américaines que françaises.
Les Perio ont vécu un moment aux USA, avant de revenir en France. Ils ont enregistré il y a quelques temps des démos avec Mick Turner, de Dirty Three, en prévision d'un troisième album. En attendant, on trouvait cet automne chez deux disquaires parisiens un album de ces démos tiré à 15 exemplaires !

Pour plus d'infos :
Le site officiel de Perio
Une interview récente à lire sur La Blogothèque

05 avril 2006

PERIO : No western land fits your passion


Offert par Perio en mars 2006
Réf : VISA 4534 -- Edité par Lithium en France en 1998 -- For promotional use only. Not for resale
Support : CD 12 cm
Titres : No western land fits your passion -- Sunday painter

Pour la première fois, on m'offre un disque suite à la publication d'un billet du blog ! J'ai commencé l'année en parlant d'un CD promo de Perio pour "Golden burrito". Eric et Sarah, les membres de Perio, sont tombés dessus, et ont proposé de m'offrir un autre CD promo, celui-ci.
Ce disque promo est sorti après "Golden burrito" : sur le premier, la sortie de l'album "Medium crash" était annoncée pour octobre 1998, alors que sur celui-ci elle est reportée au 12 janvier 1999. Encore une fois, la pochette ne se contente pas de reproduire celle de l'album.
Les deux titres ici sont plus lents et plus acoustiques que ceux du premier disque. De la photo de pochette au titre, tout pointe "No western land fits your passion" vers l' Americana", plutôt du côté folk-rock que néo-country. A l'écoute de cette chanson chantée par Eric, on peut penser à Neil Young, ou à du Grandaddy sans claviers... "Sunday painter" est une ballade, chantée par Sarah, avec de l'orgue cette fois.

08 février 2009

DOGBOWL : Follow my roving eyeball


Acquis je ne sais plus trop comment dans la première moitié des années 2000
Réf : VISA 4410 -- Edité par Lithium en France en 1998 -- Echantillon promotionnel interdit à la vente
Support : CD 12 cm
Titres : Follow my roving eyeball -/- The president was shot

J'avais vu l'annonce dans le programme de La Cartonnerie du projet Vortex #1, un "sabotage en direct" de la salle rock de Reims pendant trois jours, dont l'idée me rappelait la prise de contrôle de Libération par Bazooka à la fin des années 70, et ça ma paraissait intéressant. Mais, quand Aline m'a tendu le programme complet à la Médiathèque et que j'ai aperçu sur la couverture la mention de la participation de Michel Cloup à la programmation artistique, ma réaction a été immédiate : il a peut-être invité Dogbowl. Et Bingo ! Dogbowl figure bien dans la programmation du vendredi 20 février de Vortex #1. Je ne suis pas devin mais simplement, depuis que Dogbowl a dit au-revoir à la France avant de retourner à New-York, lors d'un concert à la Guinguette Pirate à Paris le 28 août 2002, il n'est revenu jouer par chez nous que deux fois à ma connaissance, pour une performance-concert à Poitiers le 26 mars 2005 et un concert à Toulouse le 24 juillet 2006, et à chaque fois c'était à l'invitation et en collaboration avec Michel Cloup, une collaboration entre Dogbowl et Cloup qui remonte au moins à 1995 et au double 45 tours en commun de Dogbowl et Peter Parker Experience pour le Lithium Singles Club.
C'est donc avec une grande joie que je m'apprête à revoir Dogbowl en concert après un intervalle de plus de six ans, pour ce qui sera au minimum son quatrième concert à Reims (programmé notamment par Rodolphe Rouchausse à chaque fois), le dernier en date ayant eu lieu au bar de La Comédie, accompagné par Poney, avec notamment une reprise mémorable de The day my baby gave me a surprise de Devo.
Cet événement me donne l'occasion de me replonger dans mes disques de Dogbowl et d'en extraire ce single hors-commerce de 1998, diffusé pour soutenir la sortie de The Zeppelin record, qui montre, après ceux de Perio, que Lithium investissait beaucoup dans ses disques promotionnels, puisqu'on a droit ici à une illustration inédite pour chacune des chansons.
Je ne sais plus précisément comment je suis rentré en possession de ce disque. Je suis presque certain de ne pas l'avoir acheté. Le plus probable est que c'est un bon copain qui me l'a offert parce qu'il savait que j'étais fan de Dogbowl (Merci ! C'est une superbe pièce !). L'autre option étant que je l'ai gagné avec un lot complet de disques promos en répondant bien lors d'un blind-test organisé par La Radio Primitive dans un bar rémois.
Dogbowl n'a sorti que deux albums chez Lithium mais, outre que ce sont deux disques excellents, parmi ses meilleurs, ce sont des disques pivots dans sa discographie qui s'étend désormais sur trois décennies : Cigars, guitars and topless bars est l'album live euphorique, enregistré à New-York avec son groupe américain, qui clôt parfaitement la première période américaine de Dogbowl chez Shimmy Disc. A l'inverse, The Zeppelin record est l'album studio sophistiqué enregistré en France, celui pour lequel Dogbowl a bénéficié du plus gros budget, qui constitue une parfaite introduction aux disques suivants, enregistrés en solo à la maison. Et puis, comme ces deux disques ont été bien distribués en France, ce sont ceux sur lesquels vous avez le plus de chance de tomber, avec l'excellent Best of Dogbowl vol. 2, sorti par 62TV, qui couvre tout son parcours jusqu'à 2001.
Dans une interview de 2002 avec Philippe Dumez pour la revue Jade, Dogbowl revient sur le non-succès du Zeppelin record, et notamment sur le fait qu'il n'était pas d'accord avec son label pour le choix de Follow my roving eyeball comme single. Il se demande si son propre choix Womanizer n'aurait pas encore moins aidé l'album à se vendre. D'abord, précisons qu'il est question d'un single qui, à ma connaissance, n'a même jamais été commercialisé ! Et puis, autant The Zeppelin record est un disque excellent de bout en bout, autant j'ai bien l'impression qu'il ne contient aucun single pop évident. Womanizer, lent et pointant à plus de sept minutes, aurait nécessité de bons coups de ciseaux. Follow my roving eyeball, avec son plantage en cours de prise, était un choix courageux avec un refrain assez accrocheur. Personnellement, j'aurais peut-être opté pour Electric eel merry-go-round, Basketball girl #5 ou bien Fly. Peggietta aurait aussi pu faire l'affaire mais c'est Kiss-Kiss la chanteuse principale et ça la fout mal pour promouvoir un album de Dogbowl.
En tout cas, les deux titres de ce single reflètent bien les deux types de sessions d'enregistrement qui ont produit The Zeppelin record.
Follow my roving eyeball a été enregistré au Studio de la Seine avec Dominique Depret à la guitare, Boris Declerck à la basse (de Holden tous les deux) et le fidèle Race Age à la batterie et aux percussions. L'interprétation musicale est des plus délicates. Comme c'est le cas à plusieurs reprises dans cet album d'un new-yorkais à Paris, il est question de New-York dans cette chanson, d'un sentiment d'été, du bord de mer, de "suivre mon oeil égrillard jusqu'à ce que nos langues entrent en collision".
The president was shot fait partie des titres du disques enregistrés en solo par Dogbowl au Lutecia Garden Studio à Clamart. Les paroles sont comme une nouvelle, un peu comme pour Hot day in Waco, dans laquelle le protagoniste raconte comment il a assassiné le président des Etats-Unis, avant de se retrouver à Las Vegas dans une chambre d'hôtel avec une prostituée qui éclate en sanglots quand elle apprend la nouvelle de l'assassinat car elle trouve cela impoli qu'on lui ait tiré dans l'oeil. On pense bien sûr à l'assassinat de Kennedy, mais comme il est question de CNN, cela rend la chanson contemporaine. Dogbowl s'était beaucoup mobilisé contre la réélection de W. Bush, et s'est réjoui de l'élection d'Obama. Je l'imagine mal interpréter ce titre à Reims, des fois qu'il se révèle prémonitoire...!

Nous sommes partout est le site du projet Vortex #1.
The Zeppelin record, mais aussi Live on WFMU et The best of Dogbowl vol. 2 sont en écoute chez MusicMe.

28 octobre 2019

ARLT : Soleil enculé


Acquis par correspondance chez Objet Disque en octobre 2019
Réf : D028 / MM024 -- Édité par Objet Disque / Murailles Music en France en 2019
Support : CD 12 cm
9 titres

L'ami Rémy (Les Frères Nubuck, Rémy Chante, Chevalrex) sort ses propres disques chez Vietnam depuis le deuxième album de Chevalrex, mais il reste parallèlement très actif  avec son propre label, Objet Disque, lancé après la fin de l'aventure Nubuck et l'arrêt de Sorry But Home Recording.
Outre Le Bâtiment, déjà évoqué ici, il publie sur un rythme soutenu des disques dans une palette essentiellement et éclectiquement francophone. Rien que cette année, on a eu droit à des rééditions de Perio, des nouveaux albums de Jérôme Minière et Fabio Viscogliosi et deux singles d'Adrien Legrand.
Et puis nous arrive ce quatrième album de Arlt (sans compter leur collaboration avec Thomas Bonvallet), le premier chez Objet Disque, mais il y avait déjà eu deux albums du guitariste Mocke (Arlt, donc, mais aussi Chevalrex, Holden, The Zeppelin record de Dogbowl et plein d'autres) et, en 2016, le CD-Livre Patate de vivre par Arlt & les Artistes d'Enfance.
Ma rencontre avec Arlt remonte au 7 juillet 2012 et ce fut un moment magique. Je m'étais rendu pour la première fois au Ptit Faystival, dans les Ardennes belges, attiré par la présence à l'affiche de Patrik Fitzgerald (j'y suis retourné en 2018 pour voir The Monochrome Set), et j'ai été instantanément happé par l'ambiance particulière de cet événement, avant même la cuisson de la spécialité collective les canadas aux rousses et les prestations de musiciens locaux, quand, dès le début, Arlt s'est produit dans le chapiteau, en duo (Mocke était absent) avec Sing Sing à la guitare et au chant et Éloïse Decazes au chant et aux instruments percussifs bizarres (dont un marteau, je crois me souvenir). J'ai beaucoup apprécié ce concert mais, par la suite, je n'ai pas été autant enthousiasmé par les deux albums que j'ai écoutés, sûrement parce que je l'ai fait trop rapidement.
Par contre, j'ai très vite été conquis par ce nouveau disque, un album compact (9 titres en 30 minutes tout pile), enregistré à Thiers, à quatre (avec Clément Vercelletto en plus de ceux déjà cités) plus quelques invités.
S'il y avait un championnat du monde des titres d'album percutants, Soleil enculé remporterait très probablement une médaille. Mais, au-delà de ce titre, ce qui compte c'est qu'on a une suite de chansons originales et enthousiasmantes.
A l'écoute du premier titre, Frère et sœur, je me suis dit à un moment qu'on pourrait appeler cette musique du folk progressif, avant de me corriger et d'opter plutôt, en bon rémois, pour du folk de traverses. Les deux voix mêlées d'Eloïse et Sing Sing m'ont fugacement évoqué Areski et Brigitte Fontaine. Une impression renforcée par la maquette du dos du CD et du livret qui, ça ne peut pas être un hasard, m'a rappelé la pochette de L'incendie (cela, sans compter que Arlt et Brigitte Fontaine seront à la même affiche d'un concert prévu le 13 décembre prochain à Laval).
Les commencements poursuit dans la même veine avec, comme pour tout l'album, une particularité pour les paroles (et les chansons), qui ne sont pas construites sur le mode couplet/refrain/couplet...
L'instant même, sur une sorte de riff répétitif quasi-post punk, pose une grave question: "Combien de temps dure l'instant même ?". Un mathématicien pourrait répondre que ça tend en limite vers zéro, mais pour ma part j'aurais envie de relancer le débat par en demandant ce qui sépare un instant d'un autre.
Pour La violence est rose, c'est le premier album de Katerine, Les mariages chinois, celui avec Chérie (Que je n'ose appeler) et Comme Jeannie Longo, qui est ressorti des tréfonds de mon esprit.
Et l'album se poursuit ainsi avec une angine, le ciel qui est tarte et des fleurs. Pour trouver des références plus proches dans le temps, on peut aussi se reporter à Porta S. et ses Enfants de la rosée, découverts en début d'année.
A chaque fois la partie musicale qui ouvre Quand le soir tombe, et qu'on entend encore plus tard dans le morceau, me fait irrésistiblement penser à l'ami Dorian Feller et à son Brodé Tango.
Arrive enfin, pour finir l'album, le morceau titre. C'est là qu'on découvre que "Soleil enculé" est une insulte adressée par un enfant à notre astre solaire et à son "gros crépuscule". C'est le titre le plus long de l'album, le seul de plus de cinq minutes, et le groupe se lâche un peu dans la partie finale, avec, on dirait bien, une guitare qui cite Desafinado.
Soleil enculé est d'ores et déjà l'un de mes nouveaux disques préférés de cette année. J'espère maintenant avoir prochainement l'occasion de revoir Arlt en concert.

Soleil enculé est en vente chez Objet Disque. La date de parution officielle est le 15 novembre, mais les pré-commandes sont déjà servies, la preuve puisque j'ai reçu mon exemplaire.









26 octobre 2007

THE FLYING WIZARDS MOVE TO PARIS


Acquis chez Parallèles/Gilda à Paris le 24 octobre 2007
Réf : BNE020 -- Edité par Bonne Nouvelle Edition en France en 2006 -- Echantillon promotionnel interdit à la vente
Support : CD 12 cm
6 titres

Depuis quelques années, Magic, la revue pop moderne, a eu la bonne idée d'habiller les compilations incluses dans son magazine d'une pochette qui parodie/pastiche une pochette de disque existante.
La première fois que je suis tombé sur une de ces compilations, quand on pouvait encore les voir à travers le plastique chez le marchand de journaux, ils s'étaient attaqués au troisième album de Magazine, The correct use of soap, avec une pochette tranformée qui affichait un titre qui conviendrait bien au projet dans son ensemble : MAGICRPM -- The correct use of covers. Evidemment, je n'avais pas pu laisser passer ça !
L'effet de ces pochettes détournées est très fort et souligne bien la puissance des codes graphiques mis en jeu. A condition toutefois que l'oeil ait eu au préalable l'occasion de mémoriser la pochette originale !
En fouinant chez Gilda, je suis tombé par exemple sur une parodie de la pochette du premier album d'Elastica, pas de problème, mais aussi sur une pochette parodiée dont je ne connaissais pas du tout l'originale : ce n'est qu'en trouvant la mention "Magic" quelque part que j'ai pu en déduire qu'il s'agissait d'une pochette détournée.
Pour celle-ci, fournie à l'origine avec le n° 104 de Magic en octobre 2006, pas de problème pour moi : j'ai sauté dessus dès que je l'ai aperçue. Par contre, je pense que la grande majorité des lecteurs de Magic n'a jamais eu l'occasion de voir la pochette originale du 45 tours des Flying Lizards Move on up, un disque qui a moyennement marché et qui n'a jamais été édité en France.
On l'a compris, j'ai acheté ce disque pour sa pochette. Musicalement, malheureusement, pas de grande découverte. Le titre d'Herman Düne extrait de Giant est très bon, mais j'ai déjà l'album. CSS, quand j'avais lu que c'était l'album préféré des journalistes de Libération l'an dernier, j'avais jeté une oreille dessus, sans accrocher, même pas à ce Let's make love et listen to Death From Above. The Rapture et Ratatat c'est pas vraiment mon truc. Je n'avais encore jamais eu l'occasion d'écouter un titre de l'album du retour d'Elli Medeiros, enregistré avec Daho, a un son assez électrique, mais je trouve Soulève-moi pas très renversant.
Seul titre qui me donne envie d'en découvrir un peu plus, le Monsieux X de Bless, qui clôt le disque. Je note d'ores et déjà que, sur l'album, co-réalisé par Mr. Neveux, Eric Deleporte de Perio joue de la guitare.

12 décembre 2008

LES FRERES NUBUCK : E.P. 3 titres Preview


Offert par Sorry But Home Recording Records par correspondance en France en décembre 2008
Réf : [sans] -- Edité par Sorry But Home Recording en France en 2008
Support : 1 fichier Zip comprenant 3 fichiers MP3 et 1 fichier JPG
Titres : In meiner Garage (Wie Ribery) -- L'oeil de Moscou -- Seconde main

Je n'aime pas trop faire ce genre de grande déclaration à l'emporte-pièce, mais à mon sens et sans conteste Les Frères Nubuck sont le groupe français le plus injustement sous-estimé des années 2000.
Les frangins Chris Gontard et Rémy Chante ont atteint ensemble une certaine maturité musicale dès l'album Chez les nudistes en 2004. On peut comprendre que la pochette et le titre de cet album et du EP qui l'accompagnait (Les culs nus) aient pu avec leur côté grosse blague occulter la qualité de ce disque, qui justifie pourtant pleinement le slogan du groupe, "Bombe pop artisanale", mais l'album suivant, Chaque vivant est un mort en puissance, aurait dû permettre aux Frères Nubuck d'éclater au plan national et de toucher un public au-delà de son réseau indé du sud-est avec des connections belges.
Après tout, on a là un groupe complet, avec deux auteurs-compositeurs de talent, qui écrivent en français et composent en intégrant et ingérant 50 ans d'histoire de la pop-music, un grand groupe de scène avec un vrai showman comme chanteur. Franchement, si j'étais directeur artistique d'un gros label (si ça existe encore), cela fait longtemps que j'aurais fait bien plus que de m'intéresser de près aux Frères Nubuck pour leur donner l'assise populaire qu'ils méritent.
Au lieu de ça, sous prétexte que leur label Sorry But Home Recording édite leurs disques en édition limitée sur CD-R, la presse nationale semble au pire les ignorer ou au mieux relègue les chroniques de leurs disques au rayon des auto-productions. Je rage...
Mais, enfermés dans leur Good Morning Twist Studio, les Nubuck ne lâchent pas l'affaire. Cet été, ils annonçaient sur leur blog MySpace la diffusion d'une série de EPs en prélude à un nouvel album, avec des nouveautés, des démos et des sessions live. Je ne suis pas sûr qu'il y aura effectivement une série de EPs, mais en tout cas les Nubuck proposent depuis le début de ce mois en téléchargement libre sur leur site cet EP de trois titres qui donne un avant-goût de leur nouvel album, Disque mineur, fin de règne animal, annoncé pour janvier 2009 et on ne saurait trop les remercier de ce cadeau.
Si j'en crois la numérotation des MP3 fournis, In meiner Garage (Wie Ribery) ouvrira l'album. C'est un titre pop très accrocheur, comme la chanson Chez les nudistes en son temps, mais en plus rapide et encore plus dansant. L'accroche commence avec une ligne de cuivres et une ligne de basse façon Motown, mais les guitares électriques sont aussi bien présentes sur le refrain.
Les paroles sont encore une fois excellentes. Elles accrochent sans raconter une histoire linéaire. Au début, on se croirait encore dans l'album précédent, dont le thème central était la mort et la maladie (Il est question de broche, d'écrous dans l'os, de cicatrice, de ganglions,...), puis vers le milieu de la chanson on prend la tangente ("Depuis dix ans j'apprends la guitare dans mon garage"). Une fois de plus, il faudrait montrer les textes des Nubuck en exemple à tous ces groupes francophones qui préfèrent nous imposer de mauvaises paroles en anglais (mal prononcées souvent) plutôt que de se risquer à nous proposer des paroles en français qu'on risque de comprendre.
L'enchaînement avec le deuxième titre est tellement réussi, même si cela ne sera pas le cas sur l'album, que lors d'une écoute distraite il a fallu que je regarde le numéro de piste sur le lecteur CD pour savoir où j'en étais. L'oeil de Moscou est plus atmosphérique, avec des vocaux raconteurs/déclamatoires, mais aussi et toujours un travail impressionnant d'accompagnement musical, avec notamment de la trompette quasi-mexicaine, plus Calexicaine que Jouvinienne.
Avec Seconde main, on revient à de la bombe pop comme les Nubuck en sont grands pourvoyeurs. Les paroles parlent d'avoir envie de baiser des filles mais abordent aussi la question de la réussite et du succès ("Quand je regarde ma vie de façon chronologique, et ben y'a rien qui fout la trique. Je rêvais d'une ascension fulgurante et au lieu de ça c'est la descente". On dirait du Miossec chanté sur un ton guilleret, si c'est imaginable. Les deux autres titres du disque abordent plus ou moins aussi ce thème, mais avec à chaque fois un angle et une situation différents. J'espère simplement que les prochains disques des Nubuck traiteront des affres du succès, un peu comme ce tube des Streets, When you wasn't famous, dont ils ne sont pas si éloignés que ça.

Hier, Les Frères Nubuck jouaient à domicile, à Grenoble, avec Perio en première partie. Du coup, le gratuit culturel local Le Petit Bulletin leur a consacré sa couverture et un article en deux parties (ici et ).
Cet EP peut être téléchargé ici.
Les disques Sorry But Home Recording sont notamment disponibles sur leur site, mais aussi en CD ou en téléchargement chez CD1D.

Ajout du 1er décembre 2009 :

A l'occasion de leur concert à Grenoble le 27 novembre 2009, France 3 a consacré un sujet aux Frères Nubuck.