23 novembre 2019

RUSS HENDERSON AND HIS CARIBBEAN BOYS : Caribbean carnival


Acquis chez Demelza Bookshop à Hythe le 15 octobre 2019
Réf : ALL 817 -- Édité par Allegro en Angleterre en 1966
Support : 33 tours 30 cm
10 titres

Depuis 2014, j'ai eu quatre fois l'occasion de visiter cette boutique Demelza, et à chaque fois j'y ai fait de bonnes affaires. La première fois, j'avais trouvé un paquet de 45 tours et pas moins de quatre 33 tours Greatest Hits d'artistes Motown à 1 £,  d'époque et brillants comme s'ils étaient neufs.
Plus tôt cette année, c'est plutôt des CD que j'avais trouvés, mais là j'ai à nouveau trouvé quelques vinyls, un peu plus chers mais toujours à un prix très correct, avec deux albums de Bobby Bare, un album et quatre 45 tours sans pochette illustrée des années 1970 de Johnny Cash, et cet album de Russ Henderson, qui vient compléter une bonne série de trouvailles de disques antillais cette année.
Allegro, qui a édité cet album, est une filiale de Pickwick International, un label spécialisé dans le disque "pas cher". Je ne sais pas lequel a réédité l'autre, mais il y a une autre édition de ce disque sur un label du même genre, Embassy, avec un autre titre, West Indian nights, crédité à "Russ Henderson et un groupe des meilleurs artistes antillais de Londres" :



Dans la même veine que ce nom d'artiste, les notes de pochette de mon édition sont aussi candides que maladroites, et en disent beaucoup sur la raison d'être de ce disque :
"Avec la population toujours croissante d'antillais en Grande-Bretagne et la demande pour la musique qu'ils préfèrent, on a fait appel à Russ Henderson, qui vient de Port-d'Espagne à La Trinité, pour faire cet album.
Russ, qui est depuis de nombreuses années un musicien actif à Londres, n'a eu aucune difficulté à réunir les meilleurs artistes de son pays, avec le bon feeling et le rythme nécessaire pour produire un enregistrement authentique."
La promesse sur la pochette de "rythmes magiques du calypso, du blue beat et de steel band" confirme cette volonté de faire dans l'attrape-tout de la musique antillaise.
J'avais en fait déjà un des titres de cet album, le tout dernier, West Indian drums, sur la compilation London is the place for me 2 d'Honest Jon's (2005) et ce titre a aussi été repris en 2013 sur la compilation Mirror to the soul de Soul Jazz. Cet instrumental qui associe les deux spécialités d'Henderson, le jazz et le steel band, est pourtant loin d'être un de mes titres préférés de l'album.
Non, mes titres préférés sont les deux chantés par un certain Ray Blair, choisis, ce n'est pas un hasard, pour ouvrir chacune des faces : le ska Sammy dead Oh ! (reprise d'un titre de 1964 de Byron Lee and the Dragonaires) et, plus surprenant, la version de Walking the dog de Rufus Thomas.
Les cinq autres titres chantés le sont par Vernon Neptune. Comme pour Ray Blair, je trouve peu de mentions le concernant, sinon qu'il a chanté deux chansons du film Terminus en 1961. Il y a deux titres assez convenus, Marianne et Jamaica farewell, mais Coconut woman et Stone cold dead in de market sont deux calypsos bien enlevés. Le chant sur la version de Yellow bird (alias Choucoune) est moins prenant que celui d'Emy de Pradines ou Martha Jean Claude, mais la mélodie reste imparable.
Des deux titres de steel band proposés, je n'aime pas trop la version de Peanut vendor, mais j'ai bien apprécié celle de Non ho l'eta' per amarti.
Russ Henderson n'est pas très connu du grand public et a publié peu de disques sous son nom, mais il a joué un rôle important pour la musique antillaise à Londres. Mort en 2015 à 91 ans, il était avec Sterling Betancourt, qu'on entend aussi sur ce disque, l'un des onze musiciens du Trinidad All Steel Percussion Orchestra, qui a fait sensation en faisant découvrir le steel band en Grande Bretagne en 1951. Resté sur place, il a fait ensuite une double carrière, comme pianiste de jazz (son premier instrument) et musicien de steel band. Outre de multiples sessions, il a joué en résidence pendant des décennies au Coleherne et au 606 Club à Londres.
Il est également réputé (et décoré) pour avoir été l'un des fondateurs du Notting Hill Carnival. Invité à animer une fête de rue avec son groupe en 1965, le steel pan avait fini par peser lourd sur ses épaules et ils se sont mis à défiler dans le quartier. Les gens les ont suivis, et les années suivantes les foules ont grossi, jusqu'à arriver à la folie de dizaines de milliers de personnes qu'on connaît maintenant. L'émergence de cette fête est sûrement l'une des raisons qui a poussé Allegro à publier ce Carribean carnival.
Et pour les fans de The Jam, signalons pour finir qu'on entend Russ Henderson sur The planner's dream goes wrong de l'album The gift.

Les deux faces de l'album sont en écoute sur YouTube :




1 commentaire:

Anonyme a dit…

sympa et pochette réussie (mieux que celle west indies qui fait très cheap) walking the dog effectivement surprend d'autant que c'est très proche de l'original. Pour coconut woman c'est quand même plus faible que la version d'harry B qi en est l'auteur semble t-il. Bon ce n'est pas le meilleur russ mais le carnaval c'est qd même un sacré coup.

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