01 novembre 2019

THE CURE : The Peel sessions


Acquis chez New Rose à Paris en 1992
Réf : SFPS 050 -- Édité par Strange Fruit en Angleterre en 1988
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Killing an Arab -- 10:15 Saturday night -/- Fire in Cairo -- Boys don't cry

En cette année 2019, The Cure a choisi de célébrer son 40e anniversaire. Un choix de date qui se tient, même s'il ne correspond pas à la date de création du groupe, ni tout à fait, si on chipote, à celle de la sortie de son premier disque, puisqu'à l'origine Killing an Arab est sorti chez Small Wonder fin décembre 1978. Mais le disque a fait le plus gros de sa "carrière" en 1979 (il a vite été réédité chez Fiction) et, au cours de cette même année, le groupe aura sorti l'album Three imaginary boys et les singles Boys don't cry et Jumping someone else's train. Excusez du peu !
Pour fêter ça, The Cure a fait une tournée cet été et vient de sortir 40 live, un coffret CD-DVD de concerts rétrospectifs. Il parait que les concerts étaient très bien; c'est sûrement vrai, mais je ne ressens aucune envie de prendre le temps d'aller en écouter/voir des extraits. De même que je ne trépigne pas à l'annonce de la sortie quasi-imminente d'un nouvel album studio, le premier depuis 2011. Pourtant, j'ai eu l'occasion d'acheter au fil du temps les trois albums parus ces vingt dernières années et ils n'ont rien d'infamant (j'ai même vraiment apprécié Bloodflowers). Mais, quitte à ressasser mon intérêt jamais démenti pour la musique de ce groupe, je préfère ressortir mes disques d'époque et les réécouter.
Parmi ceux-ci, il y a ce maxi de la collection Peel sessions de Strange Fruit. Je ne sais plus quel jour précisément c'était, mais je me souviens précisément des circonstances de mon achat: c'était lors de ma toute dernière visite dans le magasin New Rose. J'y étais allé comme d'habitude à l'occasion d'une journée passée à Paris, et j'étais tombé sur un magasin presque vide de clients, et surtout presque vide tout court car il allait prochainement fermer définitivement ses portes. J'avais acheté quelques disques soldés ce jour-là, dont celui-ci.
Cette session a été enregistrée le 4 décembre 1978 et diffusée pour la première fois le 11. J'imagine le choc que ça a dû être pour les fidèles auditeurs de Peel de découvrir ce soir-là ces quatre chansons d'un groupe inconnu n'ayant alors sorti aucun disque (je pense que c'était la première grande diffusion publique à l'échelle nationale pour le groupe).
Et quelles quatre chansons ! Killing an Arab est un classique parmi les classiques. 10:15 Saturday night, à la fois la face B du 45 tours et le titre d'ouverture, est un titre complètement original. C'est ce qui continue de m'impressionner avec les meilleurs groupes New Wave (Young Marble Giants, Wire,...) : même en cherchant bien, je suis parfois incapable de citer des gens qui ont pu influencer leurs meilleures compositions.
Le titre qui suit, Fire in Cairo, est pour le coup une chanson d'une facture plus traditionnelle mais, dans ce style c'est l'une des grandes réussites du premier album, avec Accuracy et la chanson Three imaginary boys.
Boys don't cry est la seule des quatre chansons qui me parait un peu différente de la version disque, un peu plus lente notamment. Mais ça s'explique sûrement par le fait que la version studio n'était pas encore enregistrée, contrairement à celle des trois autres.
Il faut se pincer pour se souvenir que le groupe qui produit tout ça est un trio des plus classiques, avec juste une guitare, une basse, la batterie et le chant. Et on sait que l'enregistrement des sessions Peel se faisait en quelques heures... Selon All Music, le bassiste Michael Dempsey estime que ces versions plus énergiques et un peu plus brutes sont les meilleures et présentent le son définitif du Cure des débuts.
Même si bien sûr je n'étais pas à l'écoute quand ces titres ont été diffusés en décembre 1978, je suis capable de l'imaginer, ce choc que les auditeurs ont ressenti. Tout simplement parce que, un an plus tard, en décembre 1979, j'ai vécu une expérience similaire en découvrant The Cure un dimanche midi à la télévision dans l'émission Chorus d'Antoine de Caunes. Je ne m'en suis toujours par remis.
Après cette première session, Peel a continué à soutenir The Cure : le groupe a enregistré une session par an de 1979 à 1982, et encore une sixième en 1985.


Les quatre titres de la Peel session de 1978, avec le commentaire de John Peel lors de leur diffusion (ou rediffusion pour certains des titres).


The Cure, en concert pour l'émission Chorus le 8 décembre 1979 (début à 1'15), en quatuor : A forest (et pas At night), Three imaginary boys et Killing an Arab.

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