28 octobre 2019

ARLT : Soleil enculé


Acquis par correspondance chez Objet Disque en octobre 2019
Réf : D028 / MM024 -- Édité par Objet Disque / Murailles Music en France en 2019
Support : CD 12 cm
9 titres

L'ami Rémy (Les Frères Nubuck, Rémy Chante, Chevalrex) sort ses propres disques chez Vietnam depuis le deuxième album de Chevalrex, mais il reste parallèlement très actif  avec son propre label, Objet Disque, lancé après la fin de l'aventure Nubuck et l'arrêt de Sorry But Home Recording.
Outre Le Bâtiment, déjà évoqué ici, il publie sur un rythme soutenu des disques dans une palette essentiellement et éclectiquement francophone. Rien que cette année, on a eu droit à des rééditions de Perio, des nouveaux albums de Jérôme Minière et Fabio Viscogliosi et deux singles d'Adrien Legrand.
Et puis nous arrive ce quatrième album de Arlt (sans compter leur collaboration avec Thomas Bonvallet), le premier chez Objet Disque, mais il y avait déjà eu deux albums du guitariste Mocke (Arlt, donc, mais aussi Chevalrex, Holden, The Zeppelin record de Dogbowl et plein d'autres) et, en 2016, le CD-Livre Patate de vivre par Arlt & les Artistes d'Enfance.
Ma rencontre avec Arlt remonte au 7 juillet 2012 et ce fut un moment magique. Je m'étais rendu pour la première fois au Ptit Faystival, dans les Ardennes belges, attiré par la présence à l'affiche de Patrik Fitzgerald (j'y suis retourné en 2018 pour voir The Monochrome Set), et j'ai été instantanément happé par l'ambiance particulière de cet événement, avant même la cuisson de la spécialité collective les canadas aux rousses et les prestations de musiciens locaux, quand, dès le début, Arlt s'est produit dans le chapiteau, en duo (Mocke était absent) avec Sing Sing à la guitare et au chant et Éloïse Decazes au chant et aux instruments percussifs bizarres (dont un marteau, je crois me souvenir). J'ai beaucoup apprécié ce concert mais, par la suite, je n'ai pas été autant enthousiasmé par les deux albums que j'ai écoutés, sûrement parce que je l'ai fait trop rapidement.
Par contre, j'ai très vite été conquis par ce nouveau disque, un album compact (9 titres en 30 minutes tout pile), enregistré à Thiers, à quatre (avec Clément Vercelletto en plus de ceux déjà cités) plus quelques invités.
S'il y avait un championnat du monde des titres d'album percutants, Soleil enculé remporterait très probablement une médaille. Mais, au-delà de ce titre, ce qui compte c'est qu'on a une suite de chansons originales et enthousiasmantes.
A l'écoute du premier titre, Frère et sœur, je me suis dit à un moment qu'on pourrait appeler cette musique du folk progressif, avant de me corriger et d'opter plutôt, en bon rémois, pour du folk de traverses. Les deux voix mêlées d'Eloïse et Sing Sing m'ont fugacement évoqué Areski et Brigitte Fontaine. Une impression renforcée par la maquette du dos du CD et du livret qui, ça ne peut pas être un hasard, m'a rappelé la pochette de L'incendie (cela, sans compter que Arlt et Brigitte Fontaine seront à la même affiche d'un concert prévu le 13 décembre prochain à Laval).
Les commencements poursuit dans la même veine avec, comme pour tout l'album, une particularité pour les paroles (et les chansons), qui ne sont pas construites sur le mode couplet/refrain/couplet...
L'instant même, sur une sorte de riff répétitif quasi-post punk, pose une grave question: "Combien de temps dure l'instant même ?". Un mathématicien pourrait répondre que ça tend en limite vers zéro, mais pour ma part j'aurais envie de relancer le débat par en demandant ce qui sépare un instant d'un autre.
Pour La violence est rose, c'est le premier album de Katerine, Les mariages chinois, celui avec Chérie (Que je n'ose appeler) et Comme Jeannie Longo, qui est ressorti des tréfonds de mon esprit.
Et l'album se poursuit ainsi avec une angine, le ciel qui est tarte et des fleurs. Pour trouver des références plus proches dans le temps, on peut aussi se reporter à Porta S. et ses Enfants de la rosée, découverts en début d'année.
A chaque fois la partie musicale qui ouvre Quand le soir tombe, et qu'on entend encore plus tard dans le morceau, me fait irrésistiblement penser à l'ami Dorian Feller et à son Brodé Tango.
Arrive enfin, pour finir l'album, le morceau titre. C'est là qu'on découvre que "Soleil enculé" est une insulte adressée par un enfant à notre astre solaire et à son "gros crépuscule". C'est le titre le plus long de l'album, le seul de plus de cinq minutes, et le groupe se lâche un peu dans la partie finale, avec, on dirait bien, une guitare qui cite Desafinado.
Soleil enculé est d'ores et déjà l'un de mes nouveaux disques préférés de cette année. J'espère maintenant avoir prochainement l'occasion de revoir Arlt en concert.

Soleil enculé est en vente chez Objet Disque. La date de parution officielle est le 15 novembre, mais les pré-commandes sont déjà servies, la preuve puisque j'ai reçu mon exemplaire.









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