04 avril 2015

TOM TOM CLUB : Wordy rappinghood


Acquis d'occasion dans la Marne vers 2000
Réf : 6313 203 -- Edité par Island en France en 1981
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Wordy rappinghood -/- Elephant

Conséquence de la grève à Radio France : on tombe sur de la musique quand on veut écouter les infos. C'est la roulette russe : ça peut être bien, curieux ou insupportable, mais cette semaine quand j'ai entendu un extrait de Wordy rappinghood, ça m'a rappelé combien cette chanson est excellente et combien elle m'a toujours plu. Je l'ai appréciée dès sa sortie, mais je n'ai pas acheté le disque à l'époque : j'avais d'autres priorités et les disques que tout le monde connaissait m'intéressaient moins. Or, Wordy rappinghood a été un grand succès, avec son rythme entraînant, son couplet en français et sa comptine en refrain.
Sur le site de Tom Tom Club et dans le reportage de 2009 ci-dessous, on apprend l'histoire de la formation du groupe et de l'écriture de cette chanson, sa toute première.
Je ne le savais pas, mais Talking Heads était quasiment séparé après la tournée Remain in light. David Byrne et Jerry Harrison s'étaient lancés dans des aventures solo et ont encouragé Chris Frantz et Tina Waymouth à envisager un projet personnel. Ce sera Tom Tom Club, signé par Chris Blackwell chez Island et convié à enregistrer au studio Compass Point à Nassau, où ça défilait sans cesse à l'époque. Lee Perry devait produire la session mais n'est jamais venu. Chris Frantz et Steven Stanley s'y sont collés, et de nombreux musiciens ont rejoint le club, dont certains enregistraient Nightclubbing de Grace Jones à côté, mais il y a eu aussi le guitariste Adrian Belew, qui avait tourné avec Talking Heads.
Le principal problème pour Tina Weymouth, c'était les paroles et le chant. Elle n'avait jamais écrit de paroles et, au bout du compte, elle a choisi justement ça comme sujet : les mots et leur pouvoir, ces mots qu'elle devait écrire et qui l'obsédaient. Elle savait aussi qu'elle n'était pas chanteuse. Chris Frantz l'a rassurée en lui parlant de ce nouveau style en vogue à New York, présent quelques semaines plus tôt dans Rapture, le single de Blondie classé numéro 1 des ventes. A défaut de vraiment chanter, Tina pouvait rapper. D'où le titre, La rapitude verbeuse.
La touche finale est venue alors que Tina se baladait sur la plage avec deux de ses soeurs. Elles se sont souvenues de A ram sam sam, une comptine qu'elles chantaient en France en revenant de l'école. Cette comptine s'est retrouvée en bonne place dans la chanson, et on apprend au passage que la famille Weymouth, qui a des ascendances françaises du côté maternel, a vécu un temps en France.
Le résultat est magistral. Avec près de dix ans d'avance sur De La Soul, pochettes naïves dessinées au crayon de couleur comprises, Tom Tom Club fait entrer le hip hop dans le Daisy age : de la gaieté, de l'humour, des références hippies, de la joie de vivre. Voilà un tube 100% hip-pop optimiste !
Le succès de l'album de Tom Tom Club, dont l'autre single Genius of love a été un tube aux Etats-Unis, aidera à convaincre David Byrne de reprendre l'aventure Talking Heads, et le son de l'album suivant Speaking in tongues est largement influencé par Tom Tom Club, lui-même situé en partie dans la lignée de l'expérience Remain in light.
La version de Wordy rappinghood qu'on trouve sur ce 45 tours géant français est grosso modo celle de l'album mais en Angleterre c'est une version remixée qui est sortie en maxi. Je préfère la version originale.
On trouvait en face B du petit 45 tours (You don't ever stop) Wordy rappinghood, une version instrumentale de la face A, remplacée ici par Elephant. J'ai commis initialement deux erreurs à propos de cette face B : j'ai cru que la maison de disques française l'avait choisie parce que c'est la seule de l'album chantée intégralement en français et j'ai pensé qu'ils avaient fait une erreur sur le titre qui est L'éléphant sur l'album. Eh bien j'avais tout faux puisque cette version n'est pas chantée, ni en français ni dans une autre langue, ce qui explique qu'elle ait écopé d'un titre anglais, Elephant. C'est clairement l'un des titres où Adrian Belew est présent.
L'album Tom Tom Club a été réédité en double CD en 2009 avec son successeur Close to the bone et des bonus, une édition qui comprend les deux titres de ce maxi.
Encore récemment (2013), Chris Frantz et Tina Weymouth ont emmené leur Tom Tom Club en tournée.


Chris Frantz et Tina Weymouth racontent la création de Wordy rappinghood. Extrait de l'émission hollandaise Top 2000 a go go (2009).

1 commentaire:

debout a dit…

Un grand grand titre... sans oublier pour autant, un autre pondu par le même Club, à savoir le tout aussi rigolo "genius of love"...

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