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02 décembre 2022

VALIUM ORGASMS : A CREATION COMPILATION


Acquis par correspondance via Discogs en novembre 2022
Réf : RTD/CRE 1-39 -- Édité par Rough Trade / Creation en Allemagne en 1986
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

On va dire qu'on fait dans la pochette à thématique comestible cette année : après l'épi de maïs des Léopards, voici la moule de Creation.

J'ai repensé à ce disque quand l'ami Bertand a entrepris de passer en revue ses compilations Creation. Je lui ai parlé de celle-ci, qu'il ne connaissait pas, et comme cela faisait longtemps qu'elle manquait à ma collection, j'ai décidé de me l'offrir.
En fait, c'est depuis 1986 que j'ai envie d'avoir ce disque. Depuis le jour où Luke de Chromatone Design m'a montré chez lui ses dernières productions graphiques, deux compilations jumelles, I love the smell of napalm, pour le marché américain, et Valium orgasms, pour le marché allemand. Il m'avait offert un exemplaire de la première, mais il n'avait pas de double de la seconde.
Luke m'avait aussi expliqué comment il avait pris ces photos de pochette: pour I love the smell of napalm, il était allé un soir récupérer des fleurs sur un massif devant une église près de chez lui sur l'Île aux Chiens à Londres, qu'il avait ensuite étalées et photographiées sur sa table de salon. Pour Valium orgasms, il avait tout simplement pris un gros plan d'un mollusque tiré d'un bocal de moules au vinaigre !

Alan m'a expliqué un jour l'intérêt qu'il y avait pour lui de sortir ces compilations (Il y en a eu en moyenne une par an pendant dix ans. Quelqu'un a pris la peine d'en faire une liste sur Discogs). Cela permettait de prolonger la "durée de vie" des 45 tours du label, souvent tirés à juste 1000 exemplaires, mal distribués et pourtant vite épuisés quand même. Les albums pouvaient se trouver plus facilement partout dans le pays, et même à l'étranger. Et, comme c'est le cas ici, quand un contrat de licence était signé à l'étranger, il pouvait être inauguré par une compilation.

Le prototype de Valium orgasms, c'est Different for Domeheads, la compilation anglaise de 1985. A double titre : six des huit titres sont repris ici, et surtout, on trouvait gravé en fin de face sur les sillons du disque, "Valium orgasms" pour la face A et "Syphilis mouth" pour la B (la pochette figurait un tube de pommade prescrit contre cette maladie vénérienne). I love the smell of napalm, parue au même moment aux États-Unis est la compilation sœur de celle-ci : elles ont neuf titres en commun sur douze.

Avec plus de trente-cinq ans de recul, on peut réécouter ces chansons avec une oreille neuve et voir comment elles ont passé l'épreuve du temps (même si pour la plupart je les ai régulièrement écoutées entre-temps...!). Six artistes ont droit à deux titres chacun.

Les amis de Biff Bang Pow ! s'en sortent particulièrement bien avec deux titres du premier album Pass the paintbrush, honey..., Love and hate et le classique et également single There must be a better life.
Pour ceux que ça intéresse, Cherry Red a sorti cette année la compilation ultime de BBP!, un coffret de 6 CD (!) avec l'intégrale et bien plus.

Les autres amis The Jasmine Minks ont eux aussi deux titres imparables et classiques, Think! et Where the traffic goes, les faces A énergiques de leurs deux premiers singles, qui figuraient également sur leur premier album One, two, three, four, five, six, seven, all good preachers go to heaven
Jim Shepherd le chanteur a sorti cette année un album solo, The circle, dont j'ai rédigé les notes de pochette. Le groupe prépare un nouvel album pour 2023.

Dans le lot, c'est Primal Scream qui a eu le parcours le plus impressionnant depuis. A peu près inimaginable quand on écoute les deux faces de leur premier 45 tours qui sont reprises ici, All fall down et It happens. C'est très poppy, la face B est meilleure que la A, ils ont fait bien mieux depuis mais c'est quand même très bien.

Les deux faces du premier single de Slaughter Joe (alias Joe Foster), I'll follow you down et Napalm girl passent moins bien la rampe aujourd'hui. On les entend pour ce qu'elles étaient vraiment, un exercice de style pour recréer l'ambiance d'Upside down, le premier single de The Jesus and Mary Chain, que Joe avait co-produit. Je n'avais jamais fait attention au fait que la basse de Napalm girl sonne pas mal comme celle de Jah Wobble époque Metal box.

Les deux titres que j'aime le moins du lot, c'est God bless et Paradise, soit le premier single des Bodines. C'est déjà ce que je pensais quand j'avais chroniqué ce disque en 2006.

In the afternoon est une chanson écrite par Alan McGee, qui existe dans plusieurs enregistrements, alternativement par Revolving Paint Dream ou Biff Bang Pow !. Là, on a droit à la première version publiée, celle de la face B de Flowers in the sky de Revolving Paint Dream (CRE 002). Elle est chantée par Christine Wanless, qui est morte il y a quelques semaines.

L'autre titre isolé, c'est Worm in my brain, le tout premier enregistrement de The Weather Prophets. Une excellente chanson publiée pour la première fois sur It's different for domeheads.
Pete Astor vient de sortir un nouvel album, Time on Earth.

Cela fait des années que je n'ai pas eu de contact avec Luke Hayes, qui aux dernières nouvelles vivait aux États-Unis, mais je suis bien content d'avoir complété ma collection de ses pochettes.
Comme pour celle-ci, j'ai tous les titres bien sûr, et même souvent en plusieurs exemplaires, mais un de ces jours je m'offrirai peut-être deux autres compilations Creation qui me manquent, Creation : Flowers in the sky et Purple, parues toutes les deux en CD en 1988, et toutes les deux avec des fleurs sur la pochette.

01 novembre 2020

TENNENTS PLAY BACK : SCOTLAND'S LATEST


Offert par Jim Shepherd par correspondance en septembre 2020
Réf : PSPMC064 -- Édité par Polygram Special Products au Royaume-Uni en 1987 -- Not for resale
Support : Cassette
8 titres

Ça a commencé par un tweet de Jim Shepherd des Jasmine Minks, qui expliquait qu'à l'époque où il buvait de la bière par tonneaux il avait été tout content d'être soutenu par Tennent's lager (la brasserie la plus populaire d’Écosse, et de loin, avec 60% du marché) qui les avait fait figurer sur cette cassette.
Le principe, vieux comme le marché du disque, était simple : il fallait acheter des cannettes de bière, collectionner les coupons et les envoyer pour recevoir "gratuitement" la cassette. Le même principe que pour Coca-Cola à la fin des années 1970, quand j'avais obtenu le 45 tours de Téléphone et Starshooter.
J'ai répondu à Jim que je n'avais jamais entendu parler de cette cassette, qui aurait eu parfaitement sa place dans mon livre Vente interdite sur les disques hors commerce, et que si quelqu'un en avait une en rab, ça m'intéressait. Et Jim a alors proposé de m'offrir son exemplaire, sachant qu'il serait dans de bonnes oreilles. Merci bien, Jim !

Ce type d'opération promotionnelle n'est donc pas très original (il était même très courant dans les années 1960), mais ce qui est très étonnant avec cette cassette c'est que la sélection des groupes est très pointue. Certes, on y trouve deux groupes très populaires, Deacon Blue et Wet Wet Wet, mais, même si le single Cold heart des Jasmine Minks avait été bien classé dans les charts indépendants en 1986, il fallait quand même bien creuser en 1987 pour réussir à contacter Creation pour négocier les droits d'un tel titre (c'est peut-être bien la première fois que le label a ainsi placé un titre sous licence).
Et la chanson est bien choisie car, avec Cut me deep notamment (c'est un drame que cette chanson n'ait jamais été éditée en single), Cold heart est l'une des grandes chansons des Jasmine Minks. C'est produit avec trois bouts de ficelle et ça s'entend, mais j'apprécie particulièrement la façon dont les deux voix d'Adam Sanderson et Jim se combinent, en enchaînant chacun un vers dans les couplets avant de chanter ensemble le refrain. Plus la partie de solo de guitare, soutenue par l'orgue de Dave Musker... Qui se décidera un jour à reprendre cette chanson et à rafler la mise ? Et Tennents aurait pu aller plus loin à l'époque en adaptant la chanson pour un slogan publicitaire, du style "Cold beer, warm heart my dear" !
Il y a d'autres groupes qui me tiennent à coeur sur cette cassette, à commencer par les Pastels, présents avec Ride, le titre d'ouverture de leur premier album, Up for a bit with The Pastels. Cela fait bien longtemps que je n'ai pas réécouté ce disque, et j'ai été tout surpris d'entendre des synthés sur ce titre.
Il y a aussi Through my window, un extrait du premier album Drop des Shamen, à l'époque où ils étaient déjà psychédéliques, sans avoir découvert les raves et l'ecstasy.
Apb est un groupe qui était très proche des Jasmine Minks (Jim a édité en 2011 sur son label Oatcake leur mini-album Jaguar, sur lequel il chante sur deux titres). Missing you already est une réussite dans leur style, du rock avec une rythmique funk, avec des échos du Gang of Four moins abrasif des troisième et quatrième albums.
Lowlife s'étant formé en 1982, le groupe tire son nom de la chanson de Public Image Limited plutôt que de l'album de 1985 de New Order. Pourtant, c'est bien à ces derniers et même à Joy Division que je pense en écoutant Given to dreaming, un titre de leur album Diminuendo.
Les titres choisis pour les groupes les plus connus ne sont pas les tubes, mais des choses un peu plus obscures, et contrairement à ce que je craignais, ce ne sont pas les plus mauvais du lot. Riches de Deacon Blue ne figurait à l'origine que sur l'édition CD de leur album Raintown. Quant à Heaven help us all, la reprise de Stevie Wonder par Wet Wet Wet, c'est même une petite rareté, puisqu'il ne s'agit pas de la version de 1988 produite par Willie Mitchell qu'on trouve sur l'album The Memphis sessions, mais d'une face B produite par le groupe de leur maxi 45 tours Four track wet pack.
La seule horreur de la compilation, c'est Romeo, par Heavy Pettin'. A l'origine, c'est un groupe de heavy metal, formé à Glasgow en 1981, mais ils ont enregistré cette daube pour participer à la finale d'une sélection pour l'Eurovision. Au moins on peut se consoler en sachant qu'ils se sont tellement ridiculisés que ça leur a coûté leur carrière !

Je ne bois pas de bière donc, même si j'avais vécu en Écosse, j'aurais eu du mal à me procurer cette cassette, qui vient compléter ma collection de disques offerts par Panach' ou d'autres producteurs de boissons, alcoolisées ou non. En tout cas, elle est plus intéressante que le 45 tours de Joe Dassin "offert par Kanterbräu" que j'ai acheté récemment !


Une carte postale des Jasmine Minks qui accompagnait l'envoi de la cassette. Elle date d'un peu plus tard, probablement 1989, au moment de l'album Scratch the surface.

24 février 2018

EXCUSEZ-MOI, JE ME SUIS OCCUPÉ UN PEU DE TOUT


Acquis par correspondance chez Reverberation en septembre 1999
Réf : Excuse n°1 -- Édité par Vivonzeureux! en France en 1999 avec le n°5 du fanzine Vivonzeureux ! (en attendant la mort...)
Support : CD 12 cm
9 titres

L'autre jour, je faisais du rangement et je suis tombé sur un carton qui contenait le stock qui me reste de ce CD que j'ai édité en 1999, en complément du n° 5 de mon fanzine Vivonzeureux! (en attendant la mort...).
C'est alors que je me suis rendu compte que c'est le seul disque que j'ai jamais publié moi-même. Mais ce n'est pas parce que je l'ai publié qu'il n'a pas sa place ici. Au contraire, s'il avait été sorti par quelqu'un d'autre, je l'aurais sûrement chroniqué depuis longtemps car il n'y a que des copains qui ont participé à son enregistrement et j'aime tous les titres !
En 1998, j'avais démarré depuis un an la version en ligne de mon fanzine (avec un modem à 28,8 kbps, avant de passer à 33,6 puis, grand luxe, à 56), le boulot m'occupait pas mal et l'installation était en cours dans une maison à une trentaine de bornes de Reims. Tant et si bien que, à l'été 1998, j'ai arrêté de faire mon émission hebdomadaire sur Radio Primitive. Mais je voulais continuer à partager ma passion pour la musique. C'est pourquoi, en plus du webzine, je me suis lancé dans un nouveau numéro imprimé du fanzine, et dans ce projet de compilation.
L'autre raison qui m'a poussé à faire Excusez-moi, je me suis occupé un peu de tout, c'est qu'autour de moi j'avais des copains qui auto-produisaient de la musique (en cassette et, grosse nouveauté, sur CD-R) que je trouvais d'excellente qualité et que j'avais envie de faire connaître.
Dans le court texte qui accompagnait la compilation, j'expliquais que je redoutais de tomber un jour sur ce CD dans un bac à soldes de disques promo ou d'occasion. Ça ne m'est jamais arrivé. Par contre, j'ai été presque surpris de voir que quelqu'un l'a référencé sur Discogs. Dans ce texte, je prétendais aussi que ce disque était véritablement "hors commerce". Belle connerie : à partir du moment où je le vendais avec le fanzine, même à prix coûtant, il ne pouvait être hors commerce !
Pour ma première sortie, il y a eu pas mal d'écho dans la presse, avec déjà des chroniques des fidèles Magic ! et Abus Dangereux, et aussi dans Le Journal de la Haute-Marne et des fanzines.
Quand je vois que j'avais tiré 500 CD, je suis étonné qu'il ne m'en reste pas plus d'une quarantaine. Certes, j'en ai donné une dizaine au moins à chacun des groupes, et j'en ai souvent fait cadeau à un peu tout le monde au fil des années, mais je suis presque étonné qu'il y en ait eu autant de mis en circulation.
Musicalement, il n'y a ici comme je le disais que des copains et que de la musique qui me plaît et qui a plutôt bien vieilli.
DJ Gamover, L'Incohérent et Le Vieux Thorax, de la galaxie Combinaisons/Strict Danse Tempo, sont présents chacun sur deux des neuf titres.
Les vedettes écossaises (et non américaines) sont les Jasmine Minks, avec Blown away, une berceuse écrite pour l'une des filles de Jim Shepherd. Cette chanson a par la suite été publiée sur un album auto-produit, Veritas, sur le single I heard I wish it would rain, et plus récemment sur la compilation Cut me deep : The anthology 1984-2014.
J'ai toujours pensé qu'il y avait au moins deux tubes sur ce disque, et il se trouve que ce sont les deux titres auxquels participe Gamover, extraits de sa cassette En vrac. Son intervention sur Je reste club de M. Untel donne vraiment du peps à cette chanson, que je préfère à la version solo originale et L'alerte au gros rouge donne l'occasion à L'Incohérent de produire l'une de ses performances vocales les plus mémorables (sans même mentionner les paroles : "Ah, vénale, tu rognes ma troisième jambe..." !).
On retrouve L'Incohérent avec Dorian Feller pour Frégate, tiré de leur projet Joli Roger, et Dorian Feller est présent aussi avec Brodé Tango pour Dépit de poisson, où il fait des prouesses vocales et guitaristiques.
L'influence de Calexico, qui a joué à L'Usine à Reims lors de la tournée The black light, est sensible sur deux des titres. Décalcos de Mexico par Les Grandsgourous (ex-Omar m'a tuer). C'est le seul titre enregistré spécifiquement pour ce projet. Et Th de T.V. La. S.Un. Or., qui est tiré d'un album de démos, Le grand passage, dont je regrette de ne jamais avoir eu un exemplaire.
Au moment de sa cassette 11 raw cuts, dont est tiré Easy love bpm, Le Vieux Thorax en était encore au début de ses aventures de bricoleur de collages musicaux (qui allaient le pousser à s'engager en politique et à se frotter à Raffarin, Sarkozy et Villepin !), mais son travail était déjà très abouti. On le retrouve au côté de Kara pour Les casseroles. Kara, créditée Karine Bagot et le Petit Personnel, s'est retrouvée en 2003 sur Suprise partie hoptimiste, la deuxième (et pour l'instant dernière) compilation Vivonzeureux!, diffusée uniquement sous forme de MP3. Elle n'y était pas isolée, puisque Brodé Tango, Le Vieux Thorax, Gamover et Jim Shepherd (sous l'alias Sandy Burnett) y étaient aussi ! Je crois que Kara n'a pas produit d'autre enregistrement depuis, mais je suis bien content d'avoir pu assister à l'un de ses rares concerts, à Paris en 2002.
Grâce aux progrès de la technique, je suis content de pouvoir vous proposer ci-dessous l'écoute intégrale du CD, ainsi que le téléchargement du fanzine.
Et, si vous voulez un CD, contactez-moi et je vous l'enverrai pour 2 €, pour couvrir les frais de port (dans la limite du stock disponible, bien sûr !).





27 août 2011

SLEEPYARD : Down Tangerine Road


Offert par Jim Shepherd par correspondance en août 2011
Réf : EAT2 -- Edité par Oatcake en Ecosse en 2010
Support : 45 tours + 33 tours 17 cm
Titres : Down Tangerine Road -/- Dear melody -- Pebble girl (Only you)

Après quelques sorties, le projet de Jim Shepherd pour son propre label Oatcake commence à se préciser. Il a d'abord sorti le Poppy white EP, des titres inédits de son groupe The Jasmine Minks, en hommage à deux membres du groupe décédés. Puis il a sorti un ce vinyl du groupe norvégien Sleepyard, un deux-titres de The Beat Hotel, The fire, et un CD sept titres du groupe post-funk écossais APB, Jaguar. Ces trois parutions ont un point commun : elles comportent toutes des collaborations avec Jim au chant.
Les deux très bons titres de The Beat Hotel sont ceux qui se rapprochent le plus du son des Jasmine Minks ou de Biff, Bang, Pow! des années Creation.
Avec APB, Jim chante sur deux titres, dans un style qui se rapproche plutôt des Talking Heads de Remain in light ou de Gang of Four.
Ces deux disques sont très bons, mais dans le lot, le grand frisson on l'a surtout à l'écoute de Down Tangerine Road, une ballade au piano et à la guitare steel avec un chant bluesy impressionnant de Jim, sur le thème éternel (et d'actualité) des étés qui passent.
Chez Caught In The Carousel, Jim explique comment il s'est retrouvé à collaborer avec un groupe norvégien. En fait, il est en contact avec Oliver Kersbergen de Sleepyard depuis quelques années et il a été très inspiré à l'écoute de la version originale de ce titre, Tangerine Road, parue en 2009 sur Future lines, le quatrième album, entièrement instrumental, de Sleepyard. Il a alors très vite composé des paroles et enregistré la voix, d'abord avec son téléphone portable, puis avec un magnétophone numérique dans sa salle de bains, un lendemain de cuite. Le résultat est impressionnant, et si le piano est aussi présent sur ce titre, c'est sûrement parce que le pianiste est un invité vedette, Mike Garson, celui-là même qui a joué sur Aladdin Sane de Bowie.
En face B, on retrouve un autre titre de Future lines mis en paroles par Jim Shepherd, l'atmosphérique Pebble girl. Le troisième titre, Dear melody, qui n'est pas chanté par Jim, est dans un style plutôt sunshine pop sixties.
Je ne sais pas quels sont les prochains projets de Jim, mais en plus de tout ça il a eu l'occasion cet été de donner un concert à Londres avec une formation originale des jasmine Minks reformée ponctuellement pour l'occasion !

Ce disque est en vente sur le site d'Oatcake.

03 juillet 2011

THE PATRON SAINTS OF TEENAGE (TRISTAR)


Acquis par correspondance via Amazon aux Etats-Unis en juin 2011
Réf : WK 57562 -- Edité par Creation / Tristar aux Etats-Unis en 1994
Support : CD 12 cm
15 titres

Il s'agit de deux compilations du label Creation sorties en 1994 qui portent exactement le même titre, mais la version anglaise, distribuée initialement avec un numéro du NME, et cette version américaine sont très différentes l'une de l'autre. Un autre point commun quand même, une pochette vraiment pas enthousiasmante même si celle-ci a droit à la couleur.
En fait, les objectifs poursuivis et les publics visés par les deux disques sont très différents. Les dix titres du NME avaient été choisis parmi les grands succès du label depuis 1984 pour marquer son évolution (comme quoi on peut être à la fois créationniste et évolutionniste en matière de musique !) à l'occasion de son dixième anniversaire. Ici, il s'agissait pour le label Tristar, une étiquette de Sony, qui venait de prendre près de la moitié des parts du capital de Creation, de présenter au public américain une rétrospective des premières années du label, sachant que les disques à faible tirage n'avaient pas été distribués aux Etats-Unis, sauf parfois sous la forme d'imports excessivement chers.
En ce sens, cette version de The patron saints of teenage est plus proche de I love the smell of napalm, la toute première compilation américaine de Creation, sortie par Rough Trade US en 1986, avec quelques groupes en plus pour couvrir les années suivantes. Et du coup, contrairement aux nombreuses compilations anglaises de Creation qui offraient au mieux un slogan, on a droit ici à un livret détaillé avec des notes de Timothy J. Broun qui retracent très fidèlement l'histoire du label et le parcours de chacun des artistes présent. Primal Scream est absent, probablement parce que le groupe avait individuellement signé un contrat américain avec Sire bien avant le deal avec Sony.
Ayant eu deux groupes sur la période, Peter Astor a droit à deux titres ici, le toujours excellent Almost prayed des Weather Prophets et Winter, la face B du premier single de The Loft.
Les premiers singles Creation, à la pochette pliée en deux glissée dans un sac plastique, sont bien représentés avec, Revolving Paint Dream, Biff, Bang, Pow !, X-Men, Slaughter Joe, The Bodines et Meat Whiplash.
La période immédiatement suivante est représentée notamment par les Pastels avec Baby honey, le tout premier maxi du label mais j'aurais préféré Something's going on, le premier titre de Felt paru chez Creation, Ballad of the band, et le toujours sublime Cut me deep des Jasmine Minks.
Pour Momus et The Jazz Butcher, les titres proposés sont bons (le titre-phare du premier maxi Murderers, the hope of women et une reprise du Everybody's talkin' de Fred Neil) mais personnellement j'aurais fait d'autres choix dans les enregistrements disponibles. Par contre, le très dylanien Jangle town de Nikki Sudden est sûrement le single de lui chez Creation que je préfère.
Au bout du compte, le morceau que je connaissais le moins du lot est aussi le plus "récent", High on fire des Telescopes, sorti en 1992, mais ce titre très psychédélique est très proche dans l'esprit de la chanson publiée la première des quinze, Flowers in the sky de The Revolving Paint Dream, la deuxième référence en 45 tours de Creation, sortie tout début 1984.


The Jasmine Minks, Cut me deep.
Une vidéo réalisée à partir de photos d'archives, dont plusieurs ont été prises lors de leur venue en France en mars 1987. A 3'10, il y en a même une qui est prise dans mon ancien appartement rémois.
Les Jasmine Minks donneront un concert exceptionnel avec tous leurs membres originaux au Borderline à Londres le 23 juillet.

09 janvier 2011

THE JASMINE MINKS : Sunset


Offert par Creation Records fin 1986 ou début 1987
Offert par La Radio Primitive au Big Sound System Primitif à l'Appart Café à Reims le 8 janvier 2011
Réf : CRE LP 013 -- Edité par Creation en Angleterre en 1987
Support : 33 tours 30 cm
11 titres

C'est une longue histoire, mais il s'agit bien d'un seul et même exemplaire de ce disque que je me suis fait offrir par deux fois... à vingt-quatre ans d'écart !
J'ai organisé une mini-tournée de deux concerts en France pour les Jasmine Minks en mars 1987. Le premier, c'était le 6 mars Chez Paulette à Toul et le deuxième le lendemain à la MJC Claudel de Reims. Entre les deux, nous nous étions arrêtés à Nancy pour une session dans les studios de Radio France et nous avions appris la catastrophe de l'Herald of Free Enterprise à Zeebrugge (Il me semble que les Minks voyageaient par Calais ce week-end là  mais ça avait quand même secoué tout le monde).
Je ne sais plus si Creation m'a donné un ou plusieurs exemplaires de ce disque en vue de la promotion de la tournée, toujours est-il que je me suis retrouvé à donner mon propre exemplaire à La Radio Primitive parce que je n'en avais pas d'autre. Le disque a alors intégré la discothèque de la radio et y est resté jusqu'à hier. J'y ai souvent repensé depuis car Sunset, le morceau-titre de cette compilation, n'a été publié que sur ce disque, ce qui fait qu'il a manqué à ma collection de Jasmine Minks tout ce temps.
Hier justement, La Primitive organisait un Big Sound System à l'Appart Café avec une bourse aux disques, notamment pour tenter de renflouer les finances de l'association. Je m'attendais à y trouver comme d'habitude des disques donnés ou déposés par des sympathisants de la radio, mais j'ai été surpris de découvrir que, pour la deuxième fois (j'ai raté la première car j'étais en vacances), la radio vendait aussi sa propre collection de disques vinyl.
Proportionnellement, il ne restait plus beaucoup de disques, mais j'ai eu quand même eu quelques coups au coeur en redécouvrant les exemplaires de disques que j'ai beaucoup passés à l'antenne, comme  Don't let's start, le maxi de They Might Be Giants, qui portait encore la mention "Le chouchou de Ketchup" et qui a aussi fourni l'un des indicatifs de mon émission Vivonzeureux!.
J'ai acheté un petit paquet de disques, on aura l'occasion d'en reparler, mais quand je suis tombé sur Sunset, avec encore sur la pochette le tampon des Redditions Prématurées, l'association montée pour organiser ces concerts, je me le suis fait offrir, puisque dans ce cas précis il s'agissait avant tout d'un retour au bercail.


Pas question que je lâche le Jasmine Minks que je viens de récupérer, même pour une photo d'anthologie des cinq derniers présidents de La Radio Primitive. C'est Boris qui rit le plus fort et qui est sûrement le plus courageux car il a accepté d'assumer cette responsabilité dans une période difficile.

Les Jasmine Minks ont vraiment été un groupe important au tout début des années Creation. Avec leur premier 45 tours Think! début 1984, ils ont été le premier groupe signé en-dehors de la bande de copains des fondateurs du label. Ils ont aussi été les premiers à sortir un album sur Creation, le six titres One two three four five six seven, all good preachers go to heaven en septembre 1984. Et, avec ce Sunset, ils ont aussi été les premiers, dès 1986, à sortir une compilation de leurs enregistrements Creation.
Je ne sais pas trop ce qui a motivé la sortie de cette compilation après seulement deux albums. Le plus plausible serait qu'il s'agissait de marquer le coup et de trouver un second souffle après le départ d'Adam Sanderson, l'un des deux auteurs-compositeurs-chanteurs-guitaristes.
En tout cas, s'il s'agissait de vendre des disques, c'était mal parti avec une pochette aussi moche et ratée !  Il n'a rien de génial, mais j'aime beaucoup mieux le verso avec une photo promo des Minks souriants.
Il est précisé dans les crédits que les titres ont été sélectionnés par Alan McGee lui-même. Très bien, mais on ne peut pas dire qu'Alan s'est trop compliqué la vie, puisque l'album nous propose, dans l'ordre chronologique, les faces A et B des quatre 45 tours sortis précédemment par les Jasmine Minks, avec intercalés en fin de face, pour la A un titre du premier album, l'excellent Ghost of a young man, et l'inédit Sunset (Tout à fait dans la lignée des productions du groupe à l'époque, avec les voix des deux chanteurs et des choeurs et des "La la la" sur le refrain qui font penser aux Television Personalities. C'est quand même  un peu en-dessous des autres titres du groupe et on comprend que titre ait été écarté des précédentes parutions.), et pour la B un titre du deuxième album, Forces network (qu'on trouvait aussi, dans une autre version, en face B du maxi Cold heart).
Mais après tout, pourquoi se compliquer la vie puisqu'il n'y a que du bon ici, avec les classiques Think! et Where the traffic goes, mon  chouchou What's happening et le superbe Cold heart. Les faces B sont du même tonneau, notamment l'énergique World's no place avec son refrain "The world's no place for a romantic today".

Ce disque n'a jamais été réédité mais on en trouve huit des onze titres sur la dernière compilation en date du groupe, The revenge of... The Jasmine Minks. Le CD doit encore se trouver (Charlie Dontsurf l'a acheté il y a quelques mois) mais il n'est déjà plus au catalogue de Cherry Red, qui ne distribue plus RevOla. Par contre, l'album est toujours disponible en téléchargement.


Jim Shepherd en session radio à Radio France Nancy le 7 mars 1987, quelques heures avant le deuxième concert des Jasmine Minks à la MJC Claudel de Reims.

08 août 2010

THE JESUS AND MARY CHAIN : Upside down


Offert par Alan McGee en novembre 1984
Réf : CRE 012 -- Edité par Creation en Angleterre en 1984
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Upside down -/- Vegetable man

Upside down, le premier 45 tours de Jesus and Mary Chain, est sorti le 5 novembre 1984. Enregistré en une nuit en septembre, il allait être classé 96 semaines dans la liste des meilleures ventes des labels indépendants, dont un grand nombre à la première place. Au printemps 1985, 35 000 exemplaires avaient déjà été écoulés.
Venant un an après les premières sorties du label, ce succès inattendu a permis à Creation Records de vraiment décoller : louer un bureau une pièce dans Londres, faire signer JAMC chez Blanco Y Negro/Warner, continuer à pousser de jeunes groupes, en attirer d'autres comme Felt, créer un label en partenariat avec Warner (mais l'aventure Elevation fera long feu). Bref, sans le succès d'Upside down, il n'est pas du tout sûr que Creation aurait pu, jusqu'en 1999, sortir des centaines de disques et rencontrer le succès avec House of Love, Primal Scream, My Bloody Valentine, Teenage Fan Club et même Oasis.
Deux jours avant la sortie du disque, The Jesus and Mary Chain donnait son premier concert français à la MJC Claudel de Reims.
Pour ce qui me concerne, quelques semaines après avoir assisté à Londres à l'un des deux premiers concerts de Jesus and Mary Chain, j'avais quitté Londres pour de bon et j'étais retourné sur Reims. Avec Alan, nous nous étions dits que, si l'occasion se présentait, j'organiserais un concert Creation sur Reims.
En fait cette occasion s'est présentée assez vite puisqu'une tournée européenne (principalement allemande) a été organisée par Thomas Zimmerman à partir de la fin octobre 1984 et on a pu caler une date à Reims à la fin de la tournée. Je ne sais pas comment j'ai communiquer avec Alan pour organiser ça, sûrement par courrier  et peut-être par téléphone, sauf que je n'avais pas le téléphone chez moi à cette époque et que de toute façon je n'ai emménagé dans un logement fixe, au 52 rue du bastion, qu'une semaine ou deux avant le concert.
Jusque là, je n'avais jamais organisé de concert et j'aurais été bien incapable de me lancer tout seul dans l'aventure. Mais ça tombait bien, mon collègue Philippe Roger, avec qui nous avions produits pendant l'année 1982-1983 Camisole, ma première émission de radio, n'était pas resté inactif pendant mon absence. D'abord, il avait produit une nouvelle émission, Ne sois pas si bête, avec Antoine Proust, puis tous les deux s'étaient lancés dans l'aventure de l'organisation de concerts en créant l'association Un Autre Emoi, qui a organisé ses premiers concerts (Les Snipers et les Coronados) au printemps 1984.
C'est donc vers eux que je me suis tourné pour l'organisation de l'étape française de la première excursion des groupes Creation sur le continent, une tournée qui associait les "vedettes" du label, les Jasmine Minks, les premiers à avoir sorti un (mini-)album sur Creation, en septembre 1984, avec le groupe d'Alan, Biff, Bang, Pow !, déjà auteur de deux 45 tours, et les petits jeunes sur qui Alan misait beaucoup, The Jesus and Mary Chain.


L'affiche de la tournée Creation Package d'octobre-novembre 1984 (cliquer pour agrandir).
Ce collage pop-art façon Television Personalities met bien en valeur les Jasmine Minks comme tête d'affiche.
Une pochette de Revolving Paint Dream s'est glissée sur l'affiche, saurez-vous la repérer ?

Tout ce qui concerne l'organisation matérielle du concert lui-même a été assuré par Un Autre Emoi (sono, billetterie, bar, etc.). De mon côté, je me suis chargé des contacts avec Creation, j'ai fait quelques tournées de collage d'affiches et rédigé ce communiqué de presse :


Le communiqué de presse du concert du 3 novembre 1984, daté d'octobre. C'est tapé à la machine à écrire et les numéros de téléphone avaient encore 6 chiffres, mais pas pour longtemps. C'était il y a plus d'un quart de siècle, une autre époque, quoi. (cliquer pour agrandir).
Ce communiqué est une version raccourcie de celui rédigé en septembre 1984 dont j'ai donné un extrait ici


Le seul article suscité par le communiqué de presse (en tout cas, le seul que j'ai conservé), paru dans Champagne Dimanche le 27 octobre 1984 (Champagne Dimanche était alors, si mes souvenirs sont exacts, le nom de l'édition dominicale du quotidien L'Union).

J'ai commis une grosse erreur de débutant ce jour-là. En effet, pensant que les anglais auraient du mal à trouver la MJC Claudel, assez éloignée du centre-ville, je leur ai donné rendez-vous devant la Cathédrale.
J'ai donc poireauté sur le parvis de la cathédrale à partir du milieu de l'après-midi, jusqu'à la fin de l'après-midi puis jusqu'au début de soirée, à attendre un minibus anglais qui n'est jamais arrivé.
Régulièrement, j'allais à une cabine téléphonique appeler la M.J.C. pour savoir s'ils avaient des nouvelles, puis je retournais monter la garde, à scruter chaque véhicule qui approchait et à flipper comme un malade.
Finalement, assez tard (vers 20h peut-être), quelqu'un est venu me récupérer à la cathédrale car les anglais venaient d'arriver directement à Claudel. Leur grand retard s'expliquait principalement par le fait qu'ils avaient été retenus plusieurs heures à la douane suisse pour une fouille minutieuse, traitement assez souvent réservé aux rockers en goguette. Et pour confirmer si besoin était mon erreur sur leur lieu de rendez-vous, ils avaient aussi perdu un peu de temps à chercher la cathédrale à Reims, qui compte quelques autres églises assez grandes pour passer pour une cathédrale aux yeux d'anglais, avant de se faire indiquer le chemin de la M.J.C.
Moi je flippais tout seul et je n'ai donc été d'aucune utilité pour la préparation du concert, mais j'imagine que les gens d'Un Autre Emoi ne devaient pas en mener large non plus à Claudel, avec le public qui arrivait et aucun groupe en vue pour assurer le spectacle !
Finalement, ce public en a quand même eu pour son argent, avec deux concerts (sans balance) d'une bonne heure chacun de Biff, Bang, Pow ! et des Jasmine Minks, et entre les deux la prestation d'une grosse demie-heure de Jesus and Mary Chain.
Ce premier concert français de JAMC aura au minimum contribué à assurer le chiffre d'affaires du bar ce soir-là, puisqu'une bonne partie du public présent (la salle avait une capacité de 120-130 personnes en serrant bien, je dirais; je ne sais plus si c'était plein ce soir-là) a reflué vers le bar au bout de quelques minutes.
Il faut dire que la principale différence avec le concert que j'avais vu le 9 juin, c'est qu'à la saturation des guitares étaient venus s'ajouter entre-temps le larsen, le feed-back,le mur du son, bref, ce qui a fait la réputation des prestations scéniques de Jesus and Mary Chain en 1984-1985.
Dorian Feller, qui était chargé ce soir-là de la sono, a bien essayé dans un premier temps de jouer sur les potards de la table de mixage pour limiter le feed-back, mais il avait Joe Foster à côté de lui qui remettait tout à fond derrière lui alors il a vite abandonné.
De ce que j'en sais, les meilleurs moments du set ont été l'enchaînement de la reprise d'Ambition de Subway Sect avec You trip me up. Jim Reid devait manquer de paroles ou d'inspiration car pendant toute la deuxième moitié du concert, il semble n'éructer que des "Fuck", "Fuckin'" et "Fuckin' fuck", pour des morceaux qui peuvent être, ou ne pas être, ceux publiés plus tard sous les titres Suck et Jesus suck.
Je dis ça, mais en fait, si j'ai contribué à la rendre possible, je n'ai pas assisté à cette première prestation de Jesus and Mary Chain en France. En effet, comme il était question que toute la bande reparte le soir même pour aller prendre le ferry en Hollande (finalement, Alan, Joe et Big Mick, le fan n° 1 des Jasmine Minks sont restés une journée chez moi, les autres sont effectivement repartis aussitôt avec un des deux minibus), je me suis isolé à l'étage du dessus pendant le passage de Mary Chain pour faire une longue interview d'Alan, que j'ai diffusée quelques jours plus tard dans ma nouvelle émission, Buffet froid.
Avec le recul, je n'ai pas de regrets d'avoir raté ce concert, vu que j'ai quand même eu l'occasion de voir Mary Chain quatre fois sur scène en 1984-1985. J'en ai d'autant moins que c'est à la suite de la discussion avec Alan ce soir-là qu'il a eu l'idée de me dédier le premier album de Biff, Bang, Pow !, Pass the paintbrush honey. Par la suite, j'ai pris en charge Non Stop Movement, le fan club de BBP!, avant d'être intronisé conseiller spirituel d'Alan sous l'identité de JC Brouchard.


J'ai retrouvé cette photo de Jesus and Mary Chain (Bobby Gillespie, Douglas Hart et William Reid de dos), isolée dans une pochette avec des photos d'autres groupes et d'autres concerts. Je pense qu'il s'agit d'une diapo que j'ai fait tirer et je pense que cette photo est la seule que j'aie de JAMC à Reims le 3 novembre 1984.
Photo : JC Brouchard.


Ajout du 26 juillet 2024 :
L'ami Dave Evans, à l'époque bassiste de Biff Bang Pow !, a mis en ligne toute une série de photos qu'il a prises pendant la tournée Creation Package, dont deux prises à Reims où je figure :


JC Brouchard, M.J.C. Claudel de Reims, le 3 novembre 1984. Photo : Dave Evans.


JC Brouchard et Bobby Gillespie, M.J.C. Claudel de Reims, le 3 novembre 1984. Photo : Dave Evans.
Je pense que nous sommes appuyés contre le piano qui servait aux cours de danse de la M.J.C., utilisé le 21 juin 1986 par Martin Duffy après le concert de Felt.



Le verso de pochette de l'édition originale du 45 tours, qu'on reconnait à sa couleur (noir et rouge) et au fait que l'adresse personnelle des Reid à East Kilbride est donnée. Très vite, cette information a été arrachée des impressions suivantes. On se demande bien pourquoi...!

05 avril 2010

JASMINE MINKS : Poppy white EP


Offert par Jim Jasmine Minks par correspondance en mars 2010
Réf : EAT1 -- Edité par Oatcake en Ecosse en 2010
Support : CD 12 cm
Titres : Poppy white -- Distraction -- Dead and gone -- Rain

Jim Jasmine garde la pêche. Il vient même de se lancer dans l'aventure d'un label indépendant, Oatcake, afin de diffuser notamment les productions de ses projets actuels avec Sleepyard et apb. Pour commencer cependant, il a plongé dans ses archives pour en ressortir quatre titres inédits des Jasmine Minks, en hommage à deux proches du groupe récemment décédés, Foosky et Mark.
La surprise pour moi vient que ces enregistrements datent de 1992. J'ai suivi de très près le parcours des Jasmine Minks, depuis leurs débuts au Living Room en 1984 jusqu'à Popartglory, l'album de la résurrection en 2001. mais, comme je l'écrivais en 1998 dans Vivonzeureux!, j'étais persuadé que le groupe s'était séparé après l'album Scratch the surface en 1989 avant de se retrouver en 1998, ce qui a mené notamment à l'album auto-produit Veritas en 2000.
Faux, donc, puisque, si séparation il y a eu, elle est intervenue après 1992, comme le prouvent les titres de cet EP enregistrés par trois membres originaux du groupe (Jim Shepherd, Tom Reid, Martin Kenna) plus Robert Greig alias Foosky à la guitare et au chant.
Au niveau du son et de l'esprit, on se situe logiquement plus près de pop ligne claire de Scratch the surface que des titres survitaminés de Popartglory. Les titres sélectionnés l'ont été pour mettre en valeur les compositions de Foosky, qui co-signe le morceau-titre Poppy white avec le batteur Tom et qui le chante. Dès l'intro à la guitare acoustique (12 cordes ?), on est en terrain connu, et ce titre aurait très bien pu figurer sur un album comme Another age.
L'autre titre signé Foosky, Rain, mon préféré du disque, renvoie lui aussi à d'autres compositions des Jasmine Minks, mais bizarrement plutôt à celles du début qui étaient signées Sanderson/Shepherd : guitare à la Byrds, son de basse sixties, effets psychédéliques, voix qui se répondent surtout, tous les ingrédients des Minks de 84-85 sont présents et utilisés à bon escient.
Les deux autres titres sont signés et chantés respectivement par Jim et par Tom.

Le disque est en vente directement sur le site d'Oatcake. Les titres sont aussi en téléchargement sur iTunes.

21 juillet 2009

THE JASMINE MINKS : Where the traffic goes


Offert par Adam Sanderson à Londres le 21 juillet 1984 Réf : CRE 008 --
Edité par Mayking en Angleterre en 1984 -- [non commercialisé]
Support : 45 tours 17 cm Titres : Where the traffic goes -/- Mr. Magic

C'était il y a vingt-cinq ans tout pile aujourd'hui. Après une année scolaire passée à Londres, je m'apprêtais à revenir en France. Ce soir-là, c'était la dernière fois que j'assistais à un concert au Living Room. A l'affiche, il y avait Stand on Zanzibar, New Seventh Music ! (Et non, je ne garde absolument aucun souvenir de ces deux groupes !) et les X-Men, le seul groupe psychobilly à avoir enregistré pour Creation, qui venaient de sortir leur premier single Do the ghost.
Depuis plus de six mois que je fréquentais les concerts organisés par Alan McGee et ses amis une fois ou deux par semaine selon mes possibilités, j'avais commencé à faire quelques connaissances parmi les autres habitués des lieux.
Logiquement, ce soir-là, j'ai donc fait le tour des quelques personnes présentes que je connaissais de vue pour les saluer. Quand je suis arrivé à Adam Sanderson, l'un des deux guitaristes-chanteurs des Jasmine Minks avec Jim Shepherd, il m'a dit "Attends, j'ai quelque chose pour toi" et il est allé fouiller dans sa caisse de guitare (qu'il avait avec lui bien qu'il ne jouait pas ce soir-là). Il en est revenu avec ce disque, le deuxième 45 tours des Jasmine Minks, encore inédit pour quelques semaines. Je crois bien que c'est la première fois qu'on m'offrait comme ça un disque promo inédit.
Initialement, j'avais moins aimé Where the traffic goes que Think!, le premier 45 tours. Mais finalement, je me suis mis à beaucoup apprécier ce titre énergique qui culmine au moment du refrain, quand la tension monte et que les deux voix se répondent : "I just don't know where we can go" / "You can only go where the traffic goes" puis "Do you need directions ?" / "Yes I do".
Ce qui est sûr c'est que, sans être mauvaise du tout, la face B Mr. Magic n'est pas aussi forte que l'était Work for nothing sur le premier single. C'est une chanson au tempo moyen, construite bizarrement avec un refrain qui n'arrive qu'à la toute fin.
A l'automne 1984, on retrouvait ces deux chansons sur One, two, three, four, five, six, seven, all good preachers go to heaven, le mini-lp 6 titres qui faisait des Jasmine Minks le premier groupe Creation à sortir son album. Fin octobre, le groupe s'embarquait en tête d'affiche de la première tournée européenne de Creation, accompagné de Biff, Bang, Pow ! et de Jesus and Mary Chain. La tournée s'achevait le 3 novembre 1984 à la MJC Claudel de Reims pour un concert organisé par l'association Un Autre Emoi sur mon initiative. L'occasion après quelques mois de retrouver Adam et une bonne partie des habitués du Living Room.


The Jasmine Minks en concert à la MJC Claudel de Reims, le 3 novembre 1984. De gauche à droite : Adam Sanderson, Martin Keena, Jim Shepherd.

20 mai 2007

JASMINE MINKS : Popartglory


Offert par Jim Jasmine par correspondance en 2001
Réf : mc5025cd -- Edité par Poptones en Angleterre en 2001
Acquis par correspondance chez Glitterhouse en Allemagne en 2006
Réf : mc5025cdp -- Edité par Poptones en Angleterre en 2001
Support : CD 12 cm
14 titres

Les Jasmine Minks auront eu la poisse pendant toute leur carrière.
C'est le premier groupe sur lequel Creation Records a misé sérieusement, au point qu'ils sont le premier groupe du label à avoir sorti un album studio (le mini-album "1-2-3-4-5-6-7 All good preachers go to heaven" à l'automne 1984), avant de partir pour une tournée européenne, flanqués de Biff, Bang, Pow !, le groupe d'Alan McGee, et d'un groupe écossais débutant qui n'avait encore sorti aucun disque.
Manque de bol, au retour de la tournée, le groupe inconnu sort son premier single, "Upside down", et c'est le premier grand succès de Creation et de Jesus And Mary Chain. Creation a du mal à assumer ce succès et qui a donc d'autres chats à fouetter que de s'occuper de son ex-groupe vedette.
En 1988, le label se relance avec une série de nouveaux groupes (House of Love, My Bloody Valentine) et des valeurs sûres (Felt, Weather Prophets, Primal Scream, Momus) et transforme un essai publicitaire en vendant à des dizaines de milliers d'exemplaires "Doing it for the kids", une compilation-catalogue à prix réduit. Le titre qui ouvre l'album est "Cut me deep", une nouvelle chanson des Jasmine Minks, un titre poignant, une des plus grandes réussites du groupe. Mais le disque ne sort pas en single, comme c'était prévu, et l'excellent album sur lequel il figurera, "Another age", n'arrive que des mois plus tard : les Minks ne bénéficieront pas de l'effet "Doing it for the kids"...
Un autre album sortira en 1989, "Scratch the surface". Il est encore une fois excellent, à part peut-être des problèmes de mixage ou de post-production, mais il sort une fois de plus sans aucune promotion et sans single et passe complètement inaperçu.
Après ça, les Jasmine Minks disparaissent petit à petit et vivent leur vie ailleurs que dans le rock.
Un excellent dossier sur un site consacré à Creation Records nous apprend comment, petit à petit, les membres des Jasmine Minks éparpillés aux quatre coins de la Grande-Bretagne se sont retrouvés, grâce aux synthés, aux ordinateurs et à l'internet. De ces retrouvailles nait d'abord un album bricolé auto-produit, "Veritas". Puis c'est à nouveau la bonne surprise et l'espoir : Alan McGee, qui vient de saborder Creation pour se libérer de Sony et de réinvestir dans Poptones, se manifeste et propose de sortir un nouvel album du groupe. Nouveaux débuts, et retour aux Jasmine Minks, mais malheureusement l'histoire va se répéter : Poptones ne sera en pas en mesure (ou n'aura pas la volonté) de mettre les moyens de soutien et de promotion pour permettre à "Popartglory", peut-être le meilleur disque des Jasmine Minks", de rencontrer son public.
Le groupe avait pourtant mis toutes les chances de son côté, et a bénéficié d'un coup de pub national en Ecosse en faisant appel à Tommy Sheridan, un jeune homme politique de gauche local, une sorte d'Olivier Besancenot écossais mâtiné de José Bové (Il a été emprisonné plusieurs fois suite à des actions militantes). L'enregistrement de ce titre, "Daddy dog", et des extraits vidéo ont fait la une des quotidiens et des journaux télé en Ecosse au printemps 2001. Malheureusement, le single annoncé n'est sorti que quelques semaines plus tard, en juillet (!), et de plus en édition limitée à 1000 exemplaires et uniquement en 45 tours !! Pas besoin de préciser que le soufflé médiatique était retombé quand l'album est arrivé quelques mois plus tard...

Ce n'est pas toujours le cas, mais le titre qui ouvre ce disque et qui lui donne son titre donne bien la tonalité du disque : rythmes séquencés, guitares toujours présentes, chant convaincu et d'une grande maîtrise. On a affaire à un groupe en pleine mâturité, en pleine possession de ses moyens, qui livre un disque d'une énergie folle.


La grande différence avec les Jasmine Minks d'avant, qui prouve que les nineties avec leur révolution informatique et la vague dancefloor sont passées par là, c'est la présence marqué sur ce disque de samples, de rythmes préenregistrés, en plus des instruments habituels du groupe.
Je ne vais pas citer tous mes titres préférés du disque : à chaque fois que j'en réécoute un pour le lister parmi ceux que j'aime moins je lui trouve des qualités !
Mais il y en a quand même dans le lot que je préfère encore plus que les autres ! : "3b48" pour commencer, le tube techno-rock du groupe, avec ses paroles un peu surprenantes quand on connait les Minks (If I had the chance to change anything I wouldn't, not that I'm afraid of change I just let things happen anyway).
"Midnight and I" ensuite, avec ses deux voix très réussies (celles de Jim et Tom, le batteur), et son atmosphère qui me fait penser à une version d' "Atmosphere" de Joy Division interprétée par New Order (Le chant de Jim a un peu quelque chose de Ian Curtis tout au long du disque).
"Soul children" et ses choeurs, "On a Saturday" et son orgue à la Doors, les deux avec leur énergie et leur rythme, comme presque tout le disque.
"Redsky" pour clore le disque d'une façon un peu plus sereine.

"Popartglory" se trouve encore un peu partout (ici par exemple), pour presque rien puisque le disque ne s'est pas vendu et que Poptones a liquidé ses stocks. Inutile de préciser que je vous conseille de vous en procurer un exemplaire. Moi-même j'en ai acheté un du commerce pour pas cher car mon exemplaire promo n'avait ni pochette ni crédits.

29 décembre 2006

JIM JASMINE : I wish I was unpopular


Offert par Jim Jasmine par correspondance fin décembre 2006
Réf : iWish 049 -- Edité par I Wish I Was Unpopular en Angleterre en 2006
Support : CD 7,5 cm
Titres : Breaking out of the circle -- We make our own history -- A little story -- The mountaineer

Depuis au moins dix ans, Jim Jasmine, alias Jim Shepherd des Jasmine Minks, alias Sandy Burnett, fait de la musique tout seul à la maison. C'est plus facile à gérer comme ça quand on a une vie de famille, plutôt que de répéter en groupe dans un local ou de jouer les samedis soirs dans un bar.
C'est comme ça que les titres de "Popartglory", le dernier album en date des Jasmine Minks, avaient été créés avant d'être réenregistrés en studio et en groupe en 2001.
Ces quatre titres de Jim Jasmine ne datent pas d'hier : ils font partie d'une douzaine de nouveaux titres enregistrés pendant les vacances de Pâques d'avril 2002. "The mountaineer", attribué à Sandy Burnett, a même déjà été publié en 2003 sur la compilation "Surprise partie hoptimiste" de Vivonzeureux! Records ! On ne peut que féliciter I Wish I was Unpopular, le micro-label d'Alistair Fitchett, de diffuser plus largement ces enregistrements.
Musicalement, on a une impression de calme et de tranquilité, comme s'il s'agissait d'enregistrer sans réveiller les enfants qui dorment à côté, et c'est vrai même pour le seul titre chanté du lot, "We make our own history".
L'instrumentation est à base de synthés, de guitare, de boite à rythmes discrète. On pense bien sûr à d'autres disques à dominante instrumentale, le Felt des débuts ("Breaking out of the circle"), ou bien le Felt de "Let the snakes crinkle their heads to death", voire même The Durutti Column ("A little story"). Pour "The mountaineer", il y a un petit côté folk écossais fort bienvenu.

Ce disque en édition limitée peut être commandé directement sur le site du label. Les titres sont en écoute sur la page Myspace de Jim.

21 mai 2006

ALIVE IN THE LIVING ROOM


Acquis chez Rough Trade ou à la Living Room à Londres en 1984
Réf : CRE LP 001 -- Edité par Creation en Angleterre en 1984
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Ça fait un moment que je voulais parler ici d'un disque Creation, mais je ne savais pas par lequel commencer. Au bout du compte, la logique a prévalu, et j'ai choisi celui-ci, le premier album édité par le label, et surtout un document sonore qui rend compte des concerts organisés par Alan McGee et ses amis à Londres de l'été 83 au printemps 84 sous l'étiquette "The living room", dans des pubs tels que l'Adam's Arms dans Conway Street, jusqu'au 10 février 1984, et l'Union Tavern, près de King's Cross.
Cat album au son brut me touche d'autant plus que j'ai assisté à la plupart des concerts documentés ici, à l'exception je pense de ceux des Mekons, des et des Three Johns (pour ce dernier, j'ai une bonne excuse : je discutais au bar avec Jowe Head).
La principale qualité de ce disque est d'être un album live-vérité. Les concerts avaient donc lieu dans une arrière-salle de pub, le son de la batterie n'était pas repris sur la sono (après ça, j'ai toujours souri à voir des groupes amateurs passés des heures à faire la balance d'une batterie pour jouer dans une MJC), la sono d'ailleurs, avec deux tous petits hauts-parleurs de servait je pense que pour les micros de voix...
Les conditions d'enregistrements étaient en parfaite adéquation avec le son sur place. Dave Musker s'en occupait, avec son frère je crois. Il avait à sa disposition un petit magnétophone à cassette avec un micro, qu'il positionnait où il pouvait à l'arrière de la salle, si possible en hauteur. Régulièrement pendant les concerts on le voyait aller s'affairer autour du magnétophone, à effectuer je ne sais quel réglage ou vérification impossible ! Certains concerts ont aussi été captés en vidéo. On en trouve un témoignage sur le site de Dave Morgan, alors batteur de The Loft (Il s'agit de The Loft à la Living Room (Union Tavern) le 15 mars 1984, en première partie d'Alternative TV.
Je suis content aussi que ce disque laisse un témoignage sonore des performances de The Legend ! and his Swingin Soul Sisters. Je les ai vus deux ou trois fois, et c'était hilarant. Ils étaient trois, en costard et lunettes façon Blues Brothers, avec peut-être bien un rythme ou un fond musical sur une radio-cassette, et ils reprenaient à la hache et a cappella pendant un quart d'heure des classiques de la soul.
Les Pastels, avec une reprise de Red Crayola, ne sont pas à leur meilleur ici. Les autres grands moments du disque sont pour moi le premier enregistrement paru des June Brides ("I fall"), les deux reprises par les Jasmine Minks ("Seven and seven is" et "Green fuz" ; dommage, ils n'ont pas choisi "ESP" des Buzzcocks, qu'ils jouaient souvent à l'époque) et "Your door shines just like gold" de The Loft. Et puis aussi, bien sûr, les deux titres des Television Personalities, enregistrés le 10 février 1984. Il y a la version électrique de "A day in heaven", avec les effets de guitare bruyante de Joe Foster, et "Three wishes", une de mes chansons préférées du groupe, brutalement interrompue suite à la demande de la police, qui était intervenue, de façon assez justifiée il faut le dire, pour non respect des règles de sécurité incendie. Dommage, car je passais ce jour-là un très bon moment, assis aux pieds de Dan Treacy à m'en mettre plein les oreilles, à prendre quelques photos, flottant sur un petit nuage après avoir eu l'honneur d'annoncer au micro les TVP's, façon "Ladies and gentlemen... The Rolling Stones" !


Dave Musker, Alan McGee (caché) et Joe Foster annonçant la fermeture du Living Room à l'Adam's Arms, quelques secondes après l'interruption brutale du concert des Television Personalities pendant "Three wishes". Photo : JC Brouchard.

PS : A peine plus de cent disques dans ce blog et je m'y perds déjà ! J'ai déjà parlé d'un CD édité par Creation, celui de Teenage Filmstars.

26 décembre 2005

COME! : A CREATION RECORDS PROMOTIONAL CASSETTE


Offert par Laurence V. à Paris le 21 avril 1986
Réf : CRE PROMO ONE -- Edité par Creation en Angleterre en 1986 -- Not for resale
Support : Cassette
Titres : Therese (The Bodines) -- Cold heart (The Jasmine Minks) -- Love song # 2 (The Weather Prophets) -- Love's going out of fashion (Biff, Bang, Pow !) -- Rolling moon (The Chills) -- Subterranean (Primal Scream)

Ce fut une journée bien chargée, ce lundi 21 avril 1986. Elle s'annonçait bonne, car Jonathan Richman devait donner un concert à l'Eldorado à Paris.
J'étais parti de Reims avec un membre des Combinaisons (Bruno ?) pour aller retrouver un autre membre du groupe (Philippe, mais c'est peut-être l'inverse) chez lui à Paris. Tous les trois, on s'est ensuite rendus assez tôt dans l'après-midi vers le lieu du concert. A quelques centaines de mètres de l'Eldorado, boulevard Saint-Martin, on passe devant une sanisette ouverte. Il y a un mec inconscient assis sur la cuvette, avec une seringue qui pend, plantée dans son bras. On se serait cru dans un film. Il nous a fallu quelques minutes pour trouver une cabine et appeler les secours. Pendant que j'écoutais le répondeur qui me disait qu'on prendrait bientôt mon appel, on a finalement vu arriver les secours arriver près de la sanisette, et on a pu continuer notre chemin.
Les Combinaisons ont acheté leur billet pour le soir, tandis que moi j'ai réussi à me faire admettre à l'intérieur, et j'ai pu assister à la balance de Jonathan Richman, accompagné d'Andy Paley et de Brennan Totten, tous les deux à la guitare acoustique. L'événement, c'est que pour la première fois de ma vie, j'entendais Jonathan jouer du saxophone ! (notamment pour une version d' "Egyptian reggae", il me semble me rappeler).

Ensuite, j'ai pu récupérer un passe pour le concert, et je me suis rendu à l'appartement de Laurence V. Laurence, la dernière fois que je l'avais vue, c'était à Londres l'automne précédent, au retour de deux concerts de Jesus and Mary Chain à Manchester et à Leeds. Là, comme elle était à Paris aussi, on s'était donnés rendez-vous. Au cours de la conversation, elle a sorti cette cassette promo de Creation, et m'a demandé si j'en avais eu un exemplaire. La réponse étant négative, elle m'a donné son exemplaire, car elle comptait en récupérer un de retour à Londres.

Un peu plus de deux ans après les débuts de Creation, il s'agit donc de la première parution promo du label, à un moment où il était en pleine expansion.
Il y six titres dessus. "Therese", des Bodines, allait devenir un gros succès. "Cold heart" des Jasmine Minks et "Love's going out of fashion" de Biff, Bang, Pow ! sont parmi les meilleurs des singles respectifs de ces deux groupes. "Rolling moon" des Chills est extrait du premier disque édité par Creation qui ne soit pas une production originale : "Kaleidoscope" a été sorti par Creation en Angleterre sous licence de Flying Nun. Les Weather Prophets n'avaient sorti aucun disque sous leur nom au moment de la diffusion de la cassette. "Love song # 2" était donc alors inédit, mais on a retrouvé cet enregistrement en face B de leur premier single, "Almost prayed", sous son titre définitif, "Like Frankie Lymon".
Le titre le plus intéressant du lot, c'est "Subterranean" de Primal Scream, tout simplement parce que cette très bonne chanson est restée officiellement inédite. C'est d'ailleurs incompréhensible, puisque, à l'automne 1985 lorsque je les avais vus en tournée, cette chanson figurait en très bonne place dans le répertoire du groupe. Ils l'ont même enregistrée pour une Peel session. Je pensais même à l'époque que "Subterranean", avec son refrain "I love you, do you love me ? I love you, ah do you love me now ?" serait la face A du second single du groupe. Eh bien non, et on n'a retrouvé cette chanson ni sur le premier album, ni même sur une obscure face B de single. Je ne serais pas surpris que l'enregistrement proposé ici soit celui de la Peel session.
Il y a un message de propagande publicitaire imprimé sur la jaquette de la cassette, presque illisible en noir sur bleu, mais on peut déchiffrer : "A taste of things to come...Get ready for Lawrence...Creation Records, the world just wouldn't be the same without it" (et en effet, "Ballad of the band" de Felt allait sortir ce printemps 1986).

Après un café, je suis retourné rapidement à l'Eldorado, pour trouver l'entrée bloquée par quelques voitures de flics de Pasqua (le Sarkozy de l'époque était effectivement Pasqua, le parrain politique des Hauts-de-Seine et de Sarkozy !). J'ai très vite appris que le concert venait d'être annulé car la salle n'était pas aux normes. Jonathan était sorti s'excuser auprès du public un peu plus tôt, et avait chanté quelques chansons a capella. Mais pas mal de gens étaient arrivés depuis, dont certains avaient fait des centaines de kilomètres pour l'occasion.
Avec mon passe, j'ai pu entrer dans l'Eldorado, juste à temps pour croiser Jonathan qui quittait les lieux, lui expliquer la situation et lui demander s'il pouvait rechanter quelques chansons. En sortant, j'ai récupéré un paquet des affiches géantes et moches du concert que j'ai distribuées aux gens dehors pendant que Jonathan entamait un mini-tour de chant sur le trottoir du boulevard de Strasbourg, accompagné d'Andy à la guitare et de Brennan aux percussions (sur sa guitare retournée) : "That Summer feeling", "Give Paris one more chance", "Chewing gum wrapper"... Evidemment, un petit attroupement s'était formé autour des musiciens, et tout le monde les accompagnait en choeur. Mais la maréchaussée était bien sûr toujours présente, alors, avant d'entamer sa dernière chanson, "Just about seventeen", Jonathan a tenu à s'adresser à eux pour leur demander "Gendarme, c'est possible pour encore une fois ?".

Le lendemain, je quittai Paris avec une cassette Creation en poche, mais sans avoir assisté à un concert complet avec Jonathan Richman au saxophone...

Ajout du 29 janvier 2010 :
Pour avoir une idée ce qu'on a raté à Paris le 21 avril 1986, voici un extrait du concert de Madrid plus tôt dans la tournée, le 8 avril.
Jonathan, Andy Paley et Brennan Totten interprètent "This kind of music", "The UFO man" et "La bamba".



Ajout du 28 novembre 2013 :
Et voici l'affiche promo correspondante, en noir et blanc à peine lisible, trouvée sur la page Facebook des Jasmine Minks.