30 octobre 2022

THE MEXICANO : Gorilla in Manilla


Offert par Dorian Feller à Villedomange le 15 juillet 2022
Réf : EPC 5344 -- Édité par Epic en France en 1977
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Gorilla in Manilla -/- Cut throat

Dorian avait trouvé ce disque peu de temps auparavant. Ses sillons ne le faisaient pas trop vibrer positivement, alors que moi si, du coup il m'en a gentiment fait cadeau.
Un "mexicano" qui fait du reggae ? Je n'en avais jamais entendu parler. Je connaissais par contre la collection Reggae Power d'Epic (quelques disques parus, dont une compilation), surtout pour les disques de Bag-O-Wire qu'on voyait régulièrement dans les bacs. Je ne pense pas qu'il y ait un lien avec la précédente collection Reggae Power de Soul Posters, qui comprend mon 45 tours de Jah Woosh.

Il s'avère que derrière le pseudonyme de The Mexicano se cachait Rudy Grant, frère d'Eddy, qui a enregistré une série de singles sous ce nom de 1977 à 1980, parmi lesquels c'est Move up starsky qui a eu le plus de succès. C'est sous son nom de naissance qu'il a poursuivi sa carrière dans les années 1980, en enregistrant notamment des reprises, dont Lately de Stevie Wonder.

Le 45 tours est produit par Sidney Crooks des Pioneers, groupe qui avait été lui-même produit par Eddy Grant en 1976 pour l'album Feel the rhythm. On reste en famille...
Le style qu'on entend ici, c'est du chant talkover de DJ jamaïcain sur du gros reggae bien fumeux.
Je n'ai pas fait le lien tout seul, mais la base musicale de Gorilla in Manilla, c'est le "riddim" de Marcus Garvey de Burning Spear.
Pour comparer, on peut écouter la version chantée de Burning Spear, sa version instrumentale, ou d'autres versions DJ par Big Youth en 1975 ou Dillinger en 1979. Ce riddim est tellement connu, qu'on trouve un peu partout des des listes qui en compilent des versions, comme celle-ci.

Et ce gorille à Manille dont parle le Mexicano, kesako ? Eh bien, Rudy fait référence à un combat de boxe hyper-médiatisé qui a eu lieu le 1er octobre 1975 et qu'on a appelé Thrilla in Manilla. Il s'agissait du troisième combat entre Mohamed Ali et Joe Frazier. C'est Mohamed Ali qui, dans la période précédent le match, a comparé à plusieurs reprises Frazier à un gorille. Il avait annoncé que le match serait "a killa and a thrilla and a chilla, when I get that gorilla in Manila".

La face B, Cut throat, est musicalement dans une veine très proche et je crois que c'est ma préférée des deux pistes. Il est fort possible que la base musicale soit aussi un riddim connu, mais je ne l'ai pas identifié.
Côté paroles, il est aussi question de rivalité dans ce Coupe-gorge et de titiller et défier ses "adversaires" : sur un ton à ne pas prendre trop au sérieux, le Mexicano annonce qu'il part à la recherche de deux autres DJs, I-Roy et Prince Jazzbo, et qu'il leur crachera à la gueule s'il les trouve. Il explique ensuite qu'il est le plus beau et le meilleur chanteur...!

Il y a un peu d'actualité autour de ce disque puisque Gorilla in Manilla a été réédité en 2021, avec un titre de Bag-O-Wire en face B.


Mohamed Ali, bon acteur, fait la présentation des émissions spéciales prévues avant le match Gorilla in Manilla.

22 octobre 2022

MÉLANIE GRANDGIRARD : Mon premier Sardou


Consulté chez PlayBac Editions en ligne en octobre 2022
Réf : 9782809671018 -- Édité par PlayBac en France en 2020
Support : 12 pages 16 cm + 5 fichiers MP3
Titres : En chantant -- Être une femme -- La Maladie d’amour -- Je viens du Sud -- Les Lacs du Connemara

Quand quelqu'un a partagé en ligne la couverture de ce livre sonore destiné à un public âgé de 0 à 3 ans, j'ai cru à un faux, à la manière de ces couvertures parodiques de la BD Martine, qu'un générateur (actuellement en panne) permettait de fabriquer en quelques clics.
Mais non, ce livre existe bien, il est paru en 2020 et est vendu dans le commerce au prix de 11,90 €. Il fait partie d'une collection de Playbac Editions qui compte un bon paquet de titres. Les livres font une douzaine de pages, avec une sélection de cinq chansons illustrées avec la reproduction de quelques vers, plus des extraits musicaux instrumentaux très courts.
La question que je me suis posée ensuite, c'est "Mais qui peut bien acheter un tel livre ?". Dans les années 2020, la plupart des jeunes parents doivent être nés dans les années 1990. Je pourrais comprendre qu'ils aient envie d'éduquer musicalement leur enfant avec Mon premier Céline Dion, avec une pointe de nostalgie pour leur propre enfance, mais Sardou ? Qui voudrait infliger ça à la jeunesse ? Ma conclusion est qu'il ne peut s'agir que de grands-parents ou arrière-grands-parents qui, consciemment ou non, ne souhaitent pas du bien à la progéniture de leur progéniture.

Pour ce qui est de Sardou, vue mon année de naissance, j'en ai été imbibé pendant toute ma jeunesse. Avec Sheila, Cloclo, Johnny et les autres, il trustait les radios et la télé. De 1970 (7 ans) à 1977 (14 ans), j'ai vécu au rythme de ses tubes : Les bals populaires, J'habite en France, Le rire du sergent, La maladie d'amour, Le France, Un accident, La java de Broadway. A cette époque, j'appréciais ces chansons sans aucune arrière-pensée, j'en connaissais même certaines par cœur (Un accident) et évidemment je ne comprenais pas tout (qu'est-ce elle venait faire là-dedans "La folle du régiment" ?).
Courant 1977, je me suis émancipé musicalement, en commençant par les Beatles, et autant que possible j'ai éjecté Sardou de ma vie. A tel point que, si j'ai bien chez moi un disque de son père Fernand, je fais un point d'honneur de n'avoir, parmi quelques milliers de disques, aucun qui soit de Michel.
D'ailleurs, au moment où j'ai envisagé de chroniquer ce livre, ça m'emmerdait bien de payer 12 € pour une bonne blague. Jusqu'à ce que je m'aperçoive que les éléments essentiels sont disponibles sur le site de l'éditeur. C'est toujours ça de pris.

Les livres de la collection sont tous illustrés par Mélanie Grandgirard, qui se trouve être pour moi une régionale de l'étape puisqu'elle est originaire des Ardennes.
Je pense que c'est une équipe éditoriale qui choisit les artistes, sélectionne les chansons et les extraits des paroles pour les différents livres. L'idée est bien sûr est que ça soit innocent, mièvre, avec si possible une allusion à l'enfance.
Ainsi, pour Sardou, on a dans l'extrait d'En chantant la mention bien rétro de "repasser ses leçons", mais surtout pas cet autre couplet :
"La première fille de ma vie, dans la rue je l'ai suivie en chantant.
Quand elle s'est déshabillée, j'ai joué le vieil habitué en chantant.
J'étais si content de moi que j'ai fait l'amour dix fois en chantant." !
Idem je suppose pour Être une femme, où je parierais bien que les vers  "Une maîtresse Messaline et contremaîtresse à l'usine, Faire le matin les abattoirs et dans la soirée le trottoir." ne figurent pas dans le livre pour les bambins.

Toute la collection est bâtie ainsi et, évidemment, on trouve Les copains d'abord et Les amoureux des bancs publics dans Mon premier Brassens, mais surtout pas Le gorille ni Le pornographe. Et pour Mon premier Gainsbourg, pas de Je t'aime moi non plus ni de Rock around the bunker ou Requiem pour un c... !
Je vous laisse découvrir si ça vous chante les extraits de Mon premier Téléphone, Mon premier Indochine et Mon premier Bob Marley, mais s'il vous plaît n'allez pas y chercher là d'idées de cadeaux rigolos à me faire. Pour les livres jeunesse musicaux, puisqu'il se trouve que c'est le deuxième que je chronique cette année, je m'en tiens à We're going to be friends !

Michel Sardou a mis fin en 2018 à sa carrière musicale, sur scène et sur disque. Mais réjouissez-vous, Je vais t'aimer, une comédie musicale avec ses plus grand succès, vient de se monter et tourne en France jusqu'en 2024. Et comme je me retrouve parfois dans l'actualité sans le vouloir, la première est ce soir-même à Aix-en Provence !

A écouter :
En chantant
Être une femme
La Maladie d’amour
Je viens du Sud
Les Lacs du Connemara






16 octobre 2022

GANG OF FOUR : What we all want


Acquis d'occasion à Londres en juin 1982
Réf : 12EMI 5146 -- Édité par EMI en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 30 cm
Titres : What we all want -/- History's bunk !

Quand j'ai ressorti au printemps dernier ma vieille cassette d'une émission Feedback de Bernard Lenoir enregistrée à la radio en 1981, j'ai (re)découvert le Gamma Goochee mais j'ai aussi beaucoup apprécié le titre qui ouvrait l'émission, What we all want de Gang of Four enregistré en concert à Paris au Palais des Arts, "le lundi précédent", soit probablement au printemps 1981.
La cassette a beau avoir plus de quarante ans, l'enregistrement a beau avoir été fait sur un radio-cassette pourri, probablement en mono et à partir de la diffusion en grandes ondes (je pense que France Inter n'était pas encore diffusée en FM à cette époque), je me suis dit en réécoutant ce titre que c'était quand même vachement bien. Et ça m'a donné envie de ressortir mon disque.

Lors de mon tout premier séjour à Londres en septembre 1981, je m'étais offert en neuf le single qui venait de sortir, To hell with poverty (et j'avais même investi dans un t-shirt !). Pour le second séjour en juin 1982, alors que je possédais déjà l'album Solid gold, j'avais quand même investi 2 £ dans ce maxi d'occasion car la face B ne figurait pas sur l'album. Je ne l'ai pas trouvé chez un disquaire mais dans une caisse posée sur un trottoir du quartier de Kensington, devant une boutique qui vendait du bric à brac.
Pendant toutes ces années j'ai cru qu'il me manquait la pochette du maxi, mais même pas : un tour chez Discogs m'a appris que seul le petit 45 tours avait eu droit à une pochette illustrée.

A l'époque, Solid gold m'avait un peu déçu par rapport à Entertainment!, mais c'est très relatif : c'est un excellent album, d'une grande homogénéité, et What we all want paraissait un choix évident pour en extraire un single, même si je ne suis pas vraiment surpris qu'il n'ait eu aucun succès.
Ce qui me frappe aujourd'hui à la réécoute, c'est la puissance de ce morceau. Pas de solos, rien de spectaculaire, mais un son rock énorme, qui s'impose dès l'introduction, avec les trois instruments qui entrent en scène tour à tour, la guitare, la batterie et la basse. Ce qui surprend dans la suite, c'est que la guitare sonne par moments un peu comme un violon. Il n'y a pas l'accroche tueuse qui en ferait un classique de la trempe de Damaged goods, mais c'est une excellente chanson et l'une de mes préférées du groupe.
Et comme souvent avec les paroles des bonnes chansons, elles sonnent bien, parfois comme un slogan, mais même en les ayant eues écrites noir sur blanc devant soi, il est difficile de les interpréter de façon univoque, même si on sent bien qu'elles ont quelque chose d'existentiel. J'en ai retenu deux phrases, "You can't help being hard up" ("Tu ne peux pas t'empêcher d'être fauché") et, dans une façon de réécrire une expression populaire notamment utilisée par les Stones, le vers final, "What we want's not what we get".
Une version live de What we all want, enregistrée le 30 mars 1981 à l'Hammersmith Palais de Londres, est sortie officiellement en 1982 sur l'EP américain Another day / Another dollar. Elle me parait moins furieuse, avec une basse déjà presque "slap", et je préfère l'enregistrement crade du concert de Paris.
En 2005, notamment pour faire la nique à leur ancien label EMI, et après une tournée avec les quatre membres originaux de Gang of Four, trois d'entre eux ont ré-enregistré une bonne sélection des titres de leur première période pour l'album Return the gift. La démarche n'a pas grand intérêt, même si les nouvelles versions, y compris celle de What we all want, sont d'excellente facture.

La face B, History's bunk!, est précédemment inédite. Je pensais qu'elle datait des sessions de Solid gold, mais il n'y a pas de crédit pour le co-producteur de l'album Jimmy Douglass.
Je me suis longtemps demandé ce que signifiait le titre. En faisant quelques recherches pour cette chronique, j'ai appris qu'il s'agit d'une référence à une expression utilisée à maintes reprises par Henry Ford, "L'histoire c'est plus ou moins du bidon", qu'il utilisait pour opposer l'intérêt de l'innovation technologique à celui pour l'histoire/le passé/la tradition. Ça n'a pas empêché Ford de financer quelques temps plus tard la création de Greenfield village, un musée à ciel ouvert, en expliquant qu'il en avait surtout au fait que l'histoire écrite s'intéressait principalement aux politiciens et aux héros de guerres. C'est précisément à ça que les paroles de la chanson de Gang of Four font référence.

Peu de temps après la sortie de ce disque, le bassiste Dave Allen a quitté le groupe, entre autres pour former Shriekback. Le groupe s'est séparé une première fois en 1984, après la sortie du quatrième album, Hard. Par la suite, le parcours du groupe a été des plus chaotiques, au fil notamment (mais pas seulement) des retrouvailles et des engueulades entre le guitariste Andy Gill et le chanteur Jon King.
A partir de 2012, Gill a continué à jouer et enregistrer sous le nom de Gang of Four, contre l'avis de King. Celui-ci tient maintenant sa revanche puisque, après la mort d'Andy Gill en février 2020, une version de Gang of Four tourne actuellement, avec Jon King et le batteur original Hugo Burnham, plus la seconde bassiste Sara Lee et la guitariste Dave Pajo.
C'est quand même pathétique ! A la rigueur, on pourra s'intéresser plutôt au coffret 77-81, qui contient des démos et un concert inédits en plus de l'intégrale de la période.
En tout cas, le groupe et Solid gold restent d'actualité, même après plus de quarante ans : au verso de l'album, sous la gravure qui dépeint une décapitation, on trouve comme légende "J'espère qu'ils maîtriseront le prix de l'essence" !


Gang of Four en concert à la Music Biennale à Zagreb le 17 mai 1981. Excellente prestation, avec What we all want qui débute à 9'07.


Gang of Four, What we all want, en concert à Gateshead le 31 juillet 1982, en première partie de The Police.


Gang of Four, What we all want, en direct dans l'émission de télévision allemande Rockpalast le 10 mars 1983.


La pochette du petit 45 tours What we all want.

09 octobre 2022

ROBERT DARON : Tangos tangos


Acquis chez Récup'R à Dizy le 22 juillet 2022
Réf : 11.142 -- Édité par Colisée en France vers 1936
Support : 78 tours 25 cm
Titres : Tangos tangos -/- Au lycée Papillon

Le 10 juillet, j'indiquais ici même que j'avais choisi de chroniquer un disque de Ray Ventura faute d'avoir pu me procurer Tango, tango de Georgius ou Ma mie de Jamblan.
Seulement douze jours plus tard, alors que j'examinais un petit lot de 78 tours à la ressourcerie, j'ai cru que j'avais touché le gros lot quand j'ai découvert ce 78 tours avec la chanson Tangos tangos, écrite par Georgius et Robert Juel. J'ai vite déchanté quand j'ai vu qu'il ne s'agissait pas de la version originale par Georgius, mais c'était quand même une coïncidence étonnante, et à la rigueur ce disque avec deux reprises de succès de Georgius est une trouvaille plus intéressante, très peu référencée en ligne.

Il s'avère que Robert Daron est l'un des nombreux pseudonymes de Marcel Beaudet (1898-1987). C'est sous le nom de Marcel's que ce baryton est le plus connu. Et ces pseudonymes s'expliquent par le fait que, grosso modo entre 1930 et 1940, il aurait enregistré plus de 700 titres pour une palanquée de labels et leurs sous-marques, pour la plupart des refrains chantés dans des orchestres musette. Colisée, était l'un de ces labels de disques bon marché, employant uniquement des artistes sous pseudonyme.

A l'écoute, la version de Tangos tangos de Robert Daron m'a déçu. Pas pour l'interprétation musicale :  elle est parfaite et les arrangements sont de qualité, ce qui est d'autant plus impressionnant qu'on sait qu'à l'époque les enregistrements se faisaient en une seule prise, orchestre et chant en même temps. Elle est cependant prise sur un tempo ralenti.
Rien à reprocher non plus au chant de Robert Daron/Marcel's, sauf que ce n'est effectivement qu'un refrain chanté (le premier, interprété deux fois), alors que la chanson originale par Georgius vaut surtout par ses paroles et compte trois couplets et trois refrains en plus d'une introduction et d'une conclusion, et le tout vaut son pesant de cacahuètes :
Tango, écoutez ce tango,
Le chanteur nostalgique pince de la guitare
Beau chanteur de tango, la foule s'imagine que tu es sentimental
Que tu arrives de Buenos Aires ou de Rio de Janeiro
Erreur, erreur ! Ecoutez-le plutôt vous faire ses confidences.

Dans l'grand orchestre
D'un dancing argentin
Moi, Jean Sylvestre
Qui suis né à Pantin,
Sur ma guitare
J'accompagne des tangos
Qu'en langue bizarre
Je chante dans un sanglot
Tangos !
On m'prend pour un hidalgo
J' le laisse croire aux gogos,
A chacun son boulot

Yora cambouracho
Cucaracha cafare
Ah ! zut, c' que j'en ai marre
De toujours faire l'idiot !
Yora yora matzon
Cucaracha rouquière
Je vois une vieille rombière
Qui m' fait des yeux fripons
Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
Prenons une voix langoureuse
Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
Elle va m' refiler cent francs
Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
Je paierai ma blanchisseuse
Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
Et l' proprio qui gueule tant

Va te faire fiche !
Elle part sans les lâcher
Si j'étais riche
J' plaquerais ce sale métier
Mais v'là une brune
Qui vient depuis un mois
J' parie deux thunes
Qu'elle a l'béguin pour moi
Tangos !
J' vais la griser de tangos
Beaucoup mieux qu'à Santiago
Gare à son vertigo !

Yora ! yora groudié
Cucaracha pouguette
J' crois qu'elle m'a à la chouette
Je vais me l'envoyer
Yora ! yora groudié
Cucaracha métripe
Mais quel est ce grand type
Qui l'invite à danser ?
Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
La vérité, j' la présume
Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
Ce gars-là, c'est son coquin
Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
Moi je chante et je l'allume
Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
C'est un autre qui l'éteint !

Quelle existence !
Vingt fois dans une soirée
Je r'joue cette danse
Je n'arrête pas de bisser
Mais... quel œil tendre
Me lance le Directeur ?
Il vient d'apprendre
Que j' suis l'amant d' sa sœur
Tangos !
J' crois qu' j'ai fait du beau boulot
J' s'rai d' la famille bientôt
A moi l'or de c' ballot !

Yora ! yora ! boudzan
Cucaracha bidoche
Le voilà qui s'approche
Il grince entre ses dents !
Yora ! yora ! kankan
Cucaracha moukère
Il réduit mon salaire
De soixante cinq pour cent !
Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
Ma liaison l'a mis en rage
Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
Et sa sœur qu'est un vieux pot
Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
J'aime mieux aller au chômage
Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay ! Ay !
J'en ai marre, j' plaque Mes tangos

Allez, allez, adieu les copains, ben moi aussi j'ai compris
J'vais aller porter ma guitare au Mont de Piété. Adios !
L'autre titre, Au lycée Papillon, est je crois l'un des grands succès de Georgius. Là, l'arrangement est un peu différent de celui de la version de Georgius. C'est aussi un peu plus lent, peut-être parce que et l'orchestre et le chanteur maîtrisent moins les chansons qu'ils enchaînent à tour de bras. Du coup, la reprise par Robert Daron est un peu pataude.

On a avec ce disque la preuve que l'industrie du disque n'a pas attendu les années 1950 et 1960 pour multiplier les reprises parasites pour grappiller une partie des bénéfices des grands succès de la chanson. Quant à moi, je devrais peut-être émettre un souhait, et avec un peu de chance je trouverai le disque en question dans quelques jours !

A écouter :
Robert Daron : Tangos tangos






02 octobre 2022

SHAKE SHAKE ! : Shake shake !


Offert par Dorian Feller à Villedommange le 15 juillet 2022
Réf : 6010 530 / Act 2 -- Édité par Sentinelle / The Compact Organization en France en 1981 -- Echantillon gratuit - Vente interdite
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Shake shake ! -/- Yellow ditty

Dorian m'a fait écouter ce disque qu'il avait acquis récemment. Pour une raison ou pour une autre, il a mis en premier la face B. Quand il a vu que ce titre provoquait un certain intérêt chez moi, alors qu'il le laissait plutôt froid, il a gentiment décidé de me l'offrir.

Un peu comme pour le Gol Gappas, dans un style un peu similaire et à la même époque, cette édition française d'un disque indépendant anglais est assez bizarre.
Là, la pochette est bien celle d"une édition sur le label français Sentinelle, diffusé par Phonogram. Cette maison a visiblement été mise en place pour diffuser par chez nous les productions de The Compact Organization, label anglais qui a surtout eu du succès avec Mari Wilson et Virna Lindt. D'après Discogs, quatre singles ont été diffusés en France en 1982, plus une compilation promo. Ce qui est bizarre, c'est que, si la pochette est 100% française, le disque lui est le disque original publié au Royaume-Uni par The Compact Organization.
On peut penser qu'il s'agissait d'une façon "économique" de publier le disque en France, en limitant les frais de gravure et de pressage pour le disque d'un groupe débutant qui risquait fort de ne se vendre qu'à quelques centaines d'exemplaires. Et même, étant donné que ma pochette porte un tampon sec indiquant un exemplaire promo et que l'exemplaire référencé sur Discogs est aussi visiblement un promo, on peut se demander si cette édition a jamais été disponible dans les bacs des disquaires.

En tout cas, je n'avais jamais entendu parler de Shake Shake !.
Dans ses notes de pochette pour la réédition en CD de la compilation A young person's guide to Compact, Tot Taylor, l'un des fondateurs du label, explique que c'est lors de l'enregistrement du premier disque du label, Attention Stockholm, que l'ingénieur du son du studio Music Works lui a fait écouter son propre groupe. C'est comme ça que Shake Shake ! s'est retrouvé à publier la deuxième référence du catalogue Compact.
Cet ingénieur du son, ça devait être soit Joe Dworniak, qui est également bassiste et producteur, soit Duncan Bridgeman, multi-instrumentiste et lui aussi producteur.
La pochette du 45 tours nous apprend que le groupe comptait deux autres membres : Jacqui,à qui on doit sûrement la voix féminine qu'on entend sur les deux faces, et Phil, probablement un batteur.

Alors, qu'est-ce qui m'a fait dresser l'oreille lors de la première écoute de Yellow ditty chez Dorian ? Eh bien, d'abord l'énorme ligne de basse qui ouvre la chanson, et qui ne peut que faire penser à celles de Jah Wobble à l'époque de Metal box. Et puis ensuite, tous les sons très rigolos (synthés, sifflements et autres bruitages) qu'on entend sur le refrain en même temps que les "I know you want to dance" ? Ca donne quelque chose de réussi, pas un chef d’œuvre, mais une agréable touche de légèreté dans une atmosphère pourtant 100% post-punk.

La face A, Shake shake !, est plus "normale". A son sujet, Tot Taylor explique que les gens n'arrêtaient pas de lui dire que ça ressemblait aux B-52's. Mais lui, ne les ayant pas vraiment écoutés, pensait que ça lui rappelait plutôt Weather Report ! A la même époque et avec un titre approchant, on peut aussi les rapprocher de See you shake de Way of the West.

Sur A young person's guide to Compact en 1982, on trouvait un troisième titre de Shake Shake !, Shuttle service, tout à fait dans la veine des deux autres. Et je crois qu'avec cette triplette on tient l'intégrale publiée de Shake Shake !.
Mais Joe Dworniak et Duncan Bridgeman sont restés très actifs depuis cette époque. En plus de nombreux projets chacun de leur côté, ils ont collaboré à nouveau ensemble dans les années 1980 pour les groupes I-Level et Be Big, tout en continuant leur travail en studio pour d'autres artistes. Des deux, c'est Duncan qui a dû avoir le plus grand succès, avec le projet multimédia 1 Giant Leap lancé avec Jamie Catto au début des années 2000.