
Acquis chez Age UK à Boscombe le 1er juin 2017
Réf : DRMCD 22347 -- Édité par Dreamworks en Angleterre en 1998
Support : CD 12 cm
Titres : Waltz #2 (XO) -- Our thing -- How to take a fall
Pete Paphides a récemment publié une chronique sur le passage en direct d'Elliott Smith dans une émission de télé matinale, en insistant sur le changement d'ambiance et l'émotion dès qu'il prend sa guitare pour interpréter Clementine. Il était aussi peu à sa place là qu'il ne le sera trois ans plus tard, jouant sa chanson du film Good will hunting sur la scène de la cérémonie des Oscars.
Les contrastes, ça le connaissait, lui le membre du groupe rock Heatmiser, qui s'est fait remarquer pour la qualité pop de ses chansons dès qu'il a commencé à diffuser sous son nom les enregistrements acoustiques de ses chansons.
Elliott Smith a sorti cinq albums entre 1994 et 2000. Un sixième était en préparation quand il s'est suicidé à 34 ans en 2003. Il est à peu près impossible d'écouter ses enregistrements sans penser à son destin.
Je n'ai pas écouté toute sa discographie, mais deux chansons d'Elliott Smith m'ont particulièrement marqué, et je les ai toutes deux découvertes grâce à une compilation fournie aux abonnés des Inrockuptibles. Speed trials de l'album Either/or était sur Un été 97, tandis que Waltz #2 (XO), quasiment la chanson-titre de l'album XO, était sur Une rentrée 98. Deux excellentes cuvées, au passage.
C'est presque vingt ans plus tard que j'ai trouvé ce single pour 1 £ dans une boutique caritative anglaise.
L'album est co-produit avec Smith par Rob Schnapf and Tom Rothrock, qui avaient notamment travaillé avec Beck. C'est son premier chez le gros label Dreamworks.
Le rythme de valse de Waltz #2 (XO) est bien marqué. L'orchestration est "complète" (batterie, piano, orgue, etc.), des instruments quasiment tous joués par Smith). Il y a même en plus des cordes. Le chant est doux, avec voix doublée et chœurs. Le pont évoque particulièrement les Beatles. C'est une très belle chanson.
Le point de départ des paroles semble être une session de karaoké, où sa mère et son beau-père chante chacun leur tour, Cathy's clown des Everly Brothers pour elle, à laquelle répond You're no good de Linda Ronstadt pour lui.
Pour l'anecdote, il existe bien une Waltz #1, qui est sur le même album. Pas une mauvaise chanson, mais elle ne m'accroche pas autant.
Les deux faces B sont des titres inédits par ailleurs.
Our thing est un excellent instrumental. A tel point que je me suis dit que c'était un peu du gâchis, car le titre est véritablement construit pour accueillir du chant. Eh bien, même si la chanson était jouée aussi en instrumental sur scène, il existe bien une version chantée, enregistrée en répétition en 1997 et diffusée après sa mort et pas officiellement. Mais son auteur avait déjà des problèmes avec les paroles de la chanson, puisqu'à un moment il s'exhorte ainsi : "Souviens -toi des paroles, cette partie a des paroles et ça donne ça :".
How to take a fall doit être un autre titre enregistré pendant les sessions de l'album. Avec batterie et guitare électrique, on se rapproche là du son qu'il devait avoir sur scène quand il était accompagné par ses amis de Quasi.
La question de la chute le préoccupait visiblement : il y a la pochette de son album Elliott Smith de 1995, et aussi Taking a fall, une démo inédite de l'album posthume From a basement on the hill.
Elliott Smith, Waltz #2 (XO), en direct en décembre 1998 dans l'émission Later... with Jools Holland.
Elliott Smith, Waltz #2 (XO), en direct à la télévision.
Elliott Smith, Waltz #2 (XO), en direct le 29 novembre 1998 dans l'émission 2 meter sessies. Une version brusquement interrompue par Elliott Smith, qui explique qu'il n'en peut plus de jouer cette chanson qu'il a déjà interprétée des centaines de fois.
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