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23 janvier 2019

VPRO'S DE AVONDEN - CROSSING BORDER 1998


Acquis par correspondance chez Glitterhouse en 1999
Réf : CYCLE 003 CD -- Édité par Cycle aux Pays-Bas vers 1999
Support : 2 x CD 12 cm
25 titres

Pendant la dizaine d'années où, avec l'ami Philippe, on a commandé régulièrement des disques chez Glitterhouse, j'ai acheté un paquet de compilations. Celles éditées par le label Glitterhouse, même si la première, Howl, je l'avais achetée à Reims, et plein d'autres, pas chères souvent, notamment toutes celles où apparaissaient des gens que je suivais à l'époque comme Giant Sand, Calexico ou M. Ward.
Celle-ci n'a pas la pochette la plus belle et n'est peut-être pas la plus intéressante musicalement, mais elle vaut le coup car elle contient deux pleins CD d'enregistrements en concert qui sont je pense complètement inédits par ailleurs.
C'est à l'émission De avonden (Les soirées) de la radio publique hollandaise VPRO que l'on doit ces enregistrements réalisés lors de l'édition 1998 du festival Crossing Border, sur l'une des scènes dont la programmation était assurée par l'émission. Et quelle programmation, puisque l'on retrouve ici quelques-uns de mes chouchous (Dogbowl, Calexico, Lambchop), des valeurs sûres (Chris Knox, Songs:Ohia, Kramer) et des découvertes pour moi : Dave Fischoff et  les régionaux de l'étape Club Diana et Joost Visser.
L'album s'ouvre avec quatre titres de Chris Knox, seul avec sa guitare, sans boites à rythmes ni rien. J'ai sélectionné Letter from LA, où il utilise sa pédale de distorsion, mais franchement j'aurais pu choisir au hasard n'importe lequel des titres car ils sont tous excellents. C'est un document d'autant plus précieux que, suite à ses problèmes de santé, il y a peu de chance qu'il revienne jamais jouer en Europe.
Il s'en passe des choses en vingt ans et il y en a d'autres qui, plus radicalement, ne risquent plus de se produire sur scène : le groupe hollandais Club Diana, dont le chanteur Marcel Brand s'est suicidé en 2009, et Songs:Ohia, puisque Jason Molina, le seul membre permanent du groupe, est mort en 2013. De Songs:Ohia, je vous ai sélectionné Badass, mais l'intégralité du concert du 17 octobre 1998 est en écoute sur YouTube.
Quatre jours avant le festival, j'étais au New Morning pour y voir Lambchop, Vic Chesnutt et Calexico, qui n'avait pu jouer qu'une chanson pour une bête raison d'exclusivité pour le Festival des Inrockuptibles. Là, Vic Chesnutt n'est pas présent, mais on retrouve Calexico, en tournée après la sortie de The black light (j'ai sélectionné Trigger parmi les trois titres), et Lambchop, aussi pour trois titres : un du premier album, une version précoce de Up with people, puisque Nixon n'est sorti qu'en 2000, et N.O., de leur album du moment, What another man spills.
On trouve ici aussi deux titres de l'ami Dogbowl, dans la configuration scénique qui était celle de son concert le 24 février 1999 à la M.J.C. Claudel (la première fois que je l'ai vu en concert), c'est à dire seul avec sa guitare, mais avec un CD d'accompagnement musical (boite à rythmes, synthé, voix,...), ce qui lui permet notamment, sur deux titres de The Zeppelin record, Revolve in you et City of lights, de faire des chœurs avec lui-même. Sur l'autre CD, on trouve Kramer, son compère et producteur des années Shimmy Disc, lui aussi en solo. Je n'avais pas idée que l'ex-Shockabilly et Bongwater avait tourné par chez nous sous son nom à cette époque. Là, il joue trois titres du répertoire de Bongwater, dont une reprise de 13th Floor Elevators.
Parmi les locaux, j'ai préféré Joost Visser, le frère de Peter Visser de Bettie Serveert (ils ont joué ensemble dans De Artsen). J'ai particulièrement apprécié l'assez saccadé Provender aid.
Une superbe affiche, donc, et un document rare,à ressortir un jour comme aujourd'hui, pour l'écouter au chaud quand on est plus ou moins bloqué par les intempéries.

A écouter :
Chris Knox : Letter from LA
Songs:Ohia : Badass
Calexico : Trigger
Lambchop : N.O.
Dogbowl : Revolve in you
Joost Visser : Provender aid

06 juin 2015

DOGBOWL : Zone of blue


Offert par 62TV par correspondance en mai 2015
Réf : BC0711LP et BC0711PR -- Edité par 62TV en Belgique en 2015
Support : 33 tours 30 cm + CD 12 cm
11 titres

Voilà un superbe objet. Un 33 tours d'un bleu soutenu, avec deux peintures de Stephen Tunney / Dogbowl, accompagné, et c'est la seule configuration pour moi qui peut valider l'achat d'un vinyl récent de nos jours, de la version miniature de l'album en CD.
Bon, il se trouve, ce qui ne gâte rien, que, à la demande de Philippe Decoster, j'ai signé au dos de la pochette un texte (en anglais) de présentation de Dogbowl.  Je vais essayer de ne pas simplement dupliquer ce texte ici, d'autant qu'il y a aussi, et c'est plus intéressant et beaucoup plus inventif, un texte de Dogbowl lui-même à l'intérieur, qui commence comme ça : "Bienvenue dans la Zone de Bleu ! C'est ce qu'ils m'ont dit, il y a longtemps quand j'étais un astronaute dans l'espace pour la première fois, pilotant mon propre Module Lunaire que j'avais fabriqué à partir d'un camion-benne et d'un réfrigérateur et de plein de trucs trouvés à la décharge. Des guitares électriques, des baignoires, une table de billard, un siège de toilette cassé, un aquarium, trois cents appareils photos cloués ensemble. Pas d'ordinateur - C'était il y a bien longtemps et j'étais un jeune homme."
Contrairement à l'album Flan de 1992, qui était clairement présenté comme "Les chansons du roman de Stephen Tunney", il n'y a pas de rapport particulier a priori entre Zone of blue et le deuxième roman de Stephen, One hundred percent lunar boy, mais je n'ai pu m'empêcher de faire des connexions entre les deux car, dans ce roman qui se passe dans le futur, une quatrième couleur primaire joue un rôle essentiel et l'une des héroïnes a justement les cheveux bleus. La bonne nouvelle, c'est que ce roman a été traduit en français en 2012 sous le titre Quand on s'embrasse sur la lune. J'ai juste été surpris qu'il sorte dans une collection étiquetée "jeunesse". Ce n'était pas le cas pour l'édition originale. Cette "perle d'humour qui déborde de génie créatif" peut tout aussi bien plaire aux adultes.
Les deux précédents albums originaux de Dogbowl, Songs for Narcisse (2005) et Fantastic carburetor man (2001) sont très bien, mais ils avaient été enregistrés quasi-intégralement en solo. Or, que ce soit sur disque ou sur scène, jouer en groupe apporte de la vie et de la pêche aux chansons de Dogbowl et justement, pour ce nouvel album, Dogbowl retrouve ses amis belges du groupe Poney, qui ont tourné avec lui au début du siècle et qui l'accompagnaient déjà sur deux titres du Best of Dogbowl volume II.
Pour ma part, je trouve que Dogbowl compose d'excellentes chansons et qu'il chante très bien. La preuve en est donnée une fois de plus ici avec dix nouvelles chansons toutes très solides. Ca donne un album uniformément d'une grande qualité.
Le ton est donné d'entrée avec Long island railroad, avec un son électrique, plus le saxophone de Marleen Cappellemans (également aux choeurs), qui rappelle les premiers albums en groupe de Dogbowl, avec Race Age, Lee Ming Tah et son frère Christopher Tunney à la clarinette. J'ai d'abord accroché aux premières écoutes à Transister sister et I love you I love you, mais petit à petit, je me suis mis à vraiment apprécier l'ensemble, à commencer par Long white line, Saturnian soap opera, Blue ambulance et Zone of blue.
Le onzième titre est une reprise, Love in vain de Robert Johnson. Je connais la version de son créateur et j'ai déjà dû écouter la version des Stones, sans particulièrement l'apprécier. Là, j'ai vraiment redécouvert la chanson, et elle s'intègre tellement bien au reste du disque qu'en entendant "When the train left the station, it had two lights on behind. The blue light was my baby and the red light was my mind" je suis allé vérifier si Dogbowl n'avait pas modifié les paroles. Pour l'occasion, j'ai l'impression qu'il est seul, avec une rythmique qui me rappelle immanquablement Young Marble Giants.
Pour marquer la sortie de l'album, Dogbowl est venu en Europe en avril, donner quatre concerts en Belgique et en France. Je me suis rendu à celui de Gand, dans le très beau Vooruit Café. L'occasion pour Dogbowl de jouer ses nouvelles chansons pour la première fois sur scène et de montrer qu'elles passent bien la rampe, avec seulement deux anciennes chansons (Hello Helen et Hot day in Waco) sur un peu plus d'une heure de concert.

Zone of blue est en vente chez 62TV.





Dogbowl au Vooruit Café à Gand, le 9 avril 2015. Photo : Pol Dodu.

28 janvier 2012

DOGBOWL : The best of Dogbowl volume II


Offert par Dogbowl par correspondance au printemps 2002
Réf : 62 TV 29846 -- Edité par 62 TV en Belgique en 2001
Support : CD 12 cm
19 titres

Avec ce disque, on multiplie les aller-retour entre le réel et le virtuel. En effet, c'est ce Best of Dogbowl volume II bien réel édité par les amis belges de 62 TV qui m'a donné l'idée de créer Vivonzeureux Records, même si le catalogue a ensuite intégré des disques imaginaires antérieurs. En l'écoutant, j'ai eu l'idée d'une sélection de mes titres préférés de Dogbowl complémentaire à celle-ci. Ça a donné Chasing bare bones : the best of Dogbowl volume 4, que j'ai décidé de "publier" sur mon label virtuel.
J'ai présenté Chasing bare bones à Dogbowl et Poney, le groupe belge qui l'accompagnait pour les concerts de promotion du best of, lors du concert-vernissage d'une exposition de Dogbowl à la médiathèque de Mons le 27 avril 2002 et c'est un peu plus tard que Dogbowl m'a envoyé cet exemplaire du disque à la pochette personnalisée au feutre. D'où le "Merci", et aussi le "DEVO", en référence à mon enthousiasme pour l'excellente reprise de The day my baby gave me a surprise de Devo que Dogbowl et Poney avaient jouée au Bar de la Comédie à Reims un peu plus tôt dans l'année, le 22 février 2002.


Dogbowl et Poney à la Médiathèque de Mons le 27 avril 2002. Photo : Pol Dodu.

La troisième et dernière fois que j'ai vu Dogbowl jouer avec Poney, ce fut le 28 août 2002 sur la Guinguette Pirate à Paris, un "concert d'adieu" à l'Europe de Dogbowl, qui retournait s'installer aux Etats-Unis (deux témoignages vidéo du concert à voir ci-dessous).
Depuis cette époque, Dogbowl est resté très actif. Il fait beaucoup de peinture, a publié un second roman, Hundred percent lunar boy (qui sera prochainement adapté au cinéma), sorti un disque inédit, Songs for Narcisse, et deux d'archives, Le chien lunatic, le fameux concert en français de Bruxelles, et des enregistrements de ses premiers concerts solo au CBGB's en 1985-1986. Presque de quoi envisager un best of volume 6 !
Dogbowl est revenu ponctuellement en France, souvent pour des collaborations avec son vieux compère Michel Cloup, avec qui il avait enregistré le double 45 tours Nuage nuage. J'ai eu la chance que l'une de ces visites ait lieu à la Cartonnerie de Reims le 19 février 2009, où Dogbowl a donné un concert d'une demi-heure, debout sur le bar, seul avec sa guitare électrique comme au temps du CBGB's.
Dix ans après, ce Best of volume II constitue toujours un parcours palpitant dans la discographie solo de Dogbowl, de Tit ! (An opera) en 1989 à Fantastic carburetor man en 2001. Il y a deux inédits, des nouvelles versions de Hot day in Waco et Gunsmoke enregistrées avec Poney, et un titre rare, Blue fur bosom girl, sorti uniquement en 45 tours. On y trouve notamment Nothing better, l'ode très expressive au cunnilingus et à la fellation, et plein d'autres chansons que j'adore : Love bomb, Hello Helen, Cindy on the sidewalk, On the monkey bars, Oklahoma, The president was shot... Une de mes préférées reste le court titre a cappella Going out on a date (with a girl that you like), qui exprime parfaitement la nervosité d'un premier rendez-vous.

The best of Dogbowl volume II est actuellement disponible en téléchargement. Des CD sont encore à la vente d'occasion, mais il faut bien sûr refuser de payer le prix prohibitif que certains en demandent.




Dogbowl et Poney à la Guinguette Pirate, Paris, le 28 août 2002.

26 janvier 2012

POL DODU : Mes disques virtuels


Acquis par correspondance chez The Book Edition à Lille en janvier 2012
Réf : 978-2-9536575-4-8 -- Edité par Vivonzeureux en France en 2012
Support : 212 p. 20 cm
30 titres

Après Mes disques improbables en 2010, voici Mes disques virtuels !
Ce quatrième livre des Editions Vivonzeureux, c'est le catalogue commenté et augmenté de dix ans du label Vivonzeureux Records et c'est aussi, après Tu m'as trompette mon amour, un nouvel exemple de fiction discographique.
L'occasion de découvrir notre catalogue éclectique, de Pascal Comelade à Dogbowl et des Frères Nubuck à Jonathan Richman.
Dans les prochaines semaines, plusieurs chroniques de Blogonzeureux! se pencheront sur des disques, réels certes, mais liés d'une façon ou d'une autre aux disques virtuels présentés dans le livre.

Plus d'infos sur Vivonzeureux!

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08 février 2009

DOGBOWL : Follow my roving eyeball


Acquis je ne sais plus trop comment dans la première moitié des années 2000
Réf : VISA 4410 -- Edité par Lithium en France en 1998 -- Echantillon promotionnel interdit à la vente
Support : CD 12 cm
Titres : Follow my roving eyeball -/- The president was shot

J'avais vu l'annonce dans le programme de La Cartonnerie du projet Vortex #1, un "sabotage en direct" de la salle rock de Reims pendant trois jours, dont l'idée me rappelait la prise de contrôle de Libération par Bazooka à la fin des années 70, et ça ma paraissait intéressant. Mais, quand Aline m'a tendu le programme complet à la Médiathèque et que j'ai aperçu sur la couverture la mention de la participation de Michel Cloup à la programmation artistique, ma réaction a été immédiate : il a peut-être invité Dogbowl. Et Bingo ! Dogbowl figure bien dans la programmation du vendredi 20 février de Vortex #1. Je ne suis pas devin mais simplement, depuis que Dogbowl a dit au-revoir à la France avant de retourner à New-York, lors d'un concert à la Guinguette Pirate à Paris le 28 août 2002, il n'est revenu jouer par chez nous que deux fois à ma connaissance, pour une performance-concert à Poitiers le 26 mars 2005 et un concert à Toulouse le 24 juillet 2006, et à chaque fois c'était à l'invitation et en collaboration avec Michel Cloup, une collaboration entre Dogbowl et Cloup qui remonte au moins à 1995 et au double 45 tours en commun de Dogbowl et Peter Parker Experience pour le Lithium Singles Club.
C'est donc avec une grande joie que je m'apprête à revoir Dogbowl en concert après un intervalle de plus de six ans, pour ce qui sera au minimum son quatrième concert à Reims (programmé notamment par Rodolphe Rouchausse à chaque fois), le dernier en date ayant eu lieu au bar de La Comédie, accompagné par Poney, avec notamment une reprise mémorable de The day my baby gave me a surprise de Devo.
Cet événement me donne l'occasion de me replonger dans mes disques de Dogbowl et d'en extraire ce single hors-commerce de 1998, diffusé pour soutenir la sortie de The Zeppelin record, qui montre, après ceux de Perio, que Lithium investissait beaucoup dans ses disques promotionnels, puisqu'on a droit ici à une illustration inédite pour chacune des chansons.
Je ne sais plus précisément comment je suis rentré en possession de ce disque. Je suis presque certain de ne pas l'avoir acheté. Le plus probable est que c'est un bon copain qui me l'a offert parce qu'il savait que j'étais fan de Dogbowl (Merci ! C'est une superbe pièce !). L'autre option étant que je l'ai gagné avec un lot complet de disques promos en répondant bien lors d'un blind-test organisé par La Radio Primitive dans un bar rémois.
Dogbowl n'a sorti que deux albums chez Lithium mais, outre que ce sont deux disques excellents, parmi ses meilleurs, ce sont des disques pivots dans sa discographie qui s'étend désormais sur trois décennies : Cigars, guitars and topless bars est l'album live euphorique, enregistré à New-York avec son groupe américain, qui clôt parfaitement la première période américaine de Dogbowl chez Shimmy Disc. A l'inverse, The Zeppelin record est l'album studio sophistiqué enregistré en France, celui pour lequel Dogbowl a bénéficié du plus gros budget, qui constitue une parfaite introduction aux disques suivants, enregistrés en solo à la maison. Et puis, comme ces deux disques ont été bien distribués en France, ce sont ceux sur lesquels vous avez le plus de chance de tomber, avec l'excellent Best of Dogbowl vol. 2, sorti par 62TV, qui couvre tout son parcours jusqu'à 2001.
Dans une interview de 2002 avec Philippe Dumez pour la revue Jade, Dogbowl revient sur le non-succès du Zeppelin record, et notamment sur le fait qu'il n'était pas d'accord avec son label pour le choix de Follow my roving eyeball comme single. Il se demande si son propre choix Womanizer n'aurait pas encore moins aidé l'album à se vendre. D'abord, précisons qu'il est question d'un single qui, à ma connaissance, n'a même jamais été commercialisé ! Et puis, autant The Zeppelin record est un disque excellent de bout en bout, autant j'ai bien l'impression qu'il ne contient aucun single pop évident. Womanizer, lent et pointant à plus de sept minutes, aurait nécessité de bons coups de ciseaux. Follow my roving eyeball, avec son plantage en cours de prise, était un choix courageux avec un refrain assez accrocheur. Personnellement, j'aurais peut-être opté pour Electric eel merry-go-round, Basketball girl #5 ou bien Fly. Peggietta aurait aussi pu faire l'affaire mais c'est Kiss-Kiss la chanteuse principale et ça la fout mal pour promouvoir un album de Dogbowl.
En tout cas, les deux titres de ce single reflètent bien les deux types de sessions d'enregistrement qui ont produit The Zeppelin record.
Follow my roving eyeball a été enregistré au Studio de la Seine avec Dominique Depret à la guitare, Boris Declerck à la basse (de Holden tous les deux) et le fidèle Race Age à la batterie et aux percussions. L'interprétation musicale est des plus délicates. Comme c'est le cas à plusieurs reprises dans cet album d'un new-yorkais à Paris, il est question de New-York dans cette chanson, d'un sentiment d'été, du bord de mer, de "suivre mon oeil égrillard jusqu'à ce que nos langues entrent en collision".
The president was shot fait partie des titres du disques enregistrés en solo par Dogbowl au Lutecia Garden Studio à Clamart. Les paroles sont comme une nouvelle, un peu comme pour Hot day in Waco, dans laquelle le protagoniste raconte comment il a assassiné le président des Etats-Unis, avant de se retrouver à Las Vegas dans une chambre d'hôtel avec une prostituée qui éclate en sanglots quand elle apprend la nouvelle de l'assassinat car elle trouve cela impoli qu'on lui ait tiré dans l'oeil. On pense bien sûr à l'assassinat de Kennedy, mais comme il est question de CNN, cela rend la chanson contemporaine. Dogbowl s'était beaucoup mobilisé contre la réélection de W. Bush, et s'est réjoui de l'élection d'Obama. Je l'imagine mal interpréter ce titre à Reims, des fois qu'il se révèle prémonitoire...!

Nous sommes partout est le site du projet Vortex #1.
The Zeppelin record, mais aussi Live on WFMU et The best of Dogbowl vol. 2 sont en écoute chez MusicMe.

07 septembre 2008

APPLEJACK #4


Offert par E.A.R par correspondance en août 2008
Réf : [sans] -- Edité par E.A.R en France en 2008 -- n° 33/100
Support : 24 p. 21 cm + CD 12 cm

Lorsque l'on me propose, très aimablement, de m'envoyer un fanzine, je ne dis jamais non. Et je regrette encore moins ma décision lorsque je découvre, en visitant la page internet de ce fanzine, que le numéro que je vais recevoir contient à la fois une interview de Dogbowl et un CD 6 titres ! Sans compter que cette page s'ouvre au son de l'immortel Nothing to be done des Pastels.
J'ai dû lire quelque part, et je l'ai constaté en voyant les annonces de sortie tous les deux mois dans Abus Dangereux, que le bon vieux fanzine photocopié reprenait du poil de la bête, un peu comme le disque vinyl. Pour ma part, quelque soit le support, webzine, photocopie ou CD gravé pour un groupe, ce qui compte c'est que ces projets sont le fait de gens passionnés, qui ont envie de partager cette passion avec d'autres, le plus possible en-dehors des contraintes économiques du marché du spectacle. J'ai d'ailleurs remarqué que la plupart de ces nouveaux fanzines sont proposés gratuitement, en téléchargement pdf (ce qui me parait logique) ou même pour leur version imprimée.
Ce n°4 d'Applejack, amoureusement relié à la ficelle blanche et au raphia, fermé d'un ruban, accompagné de son CD-R et d'un ticket numéroté, est lui aussi disponible gratuitement, avec échanges possibles contre cassettes, timbres, fanzines, disques, lettres d'amour, billets de monopoly, sachets de thé, points d'exclamation, etc.
Qu'est-ce qui change entre les fanzines de la grande vague des années 80 et ceux des années 2000, comme Applejack ? Eh bien, pas grand chose. Là où les fanzines des années 80 s'intéressaient principalement au rock indé et à la noisy pop, avec pour icones les Smiths, les Pastels ou les Television Personalities, ceux des années 2000 vont plutôt mentionner l'antifolk, avec en vedette Jeffrey Lewis ou Herman Düne. Sinon, c'est la même chose, on vit sa passion pour la musique en rencontrant (même si c'est par email) ceux qui produisent la musique qu'on aime, et on partage cette passion en écrivant dans son fanzine.
Dans ce style, Applejack est d'une grande qualité, très bien écrit avec des références d'une grande culture, au-delà des évidences, de Richard Brautigan à Jonathan Richman (quand on me prend par mon point faible...) en passant par Gorky's Zygotic Mynci.
Le plus gros article est consacré à Dogbowl (6 pages, avec interview), et c'est là une preuve d'éclectisme et d'ouverture d'esprit, d'autant plus que Dogbowl s'est fait très discret ces derniers temps. On apprend d'ailleurs au passage que Dogbowl travaille à un nouveau disque, Zone of blue, et pense également sortir à nouveau de vieilles bandes, comme il l'avait fait pour ses lives en français et au CBGB.
J'ai cru un moment que le dessin de couverture du fanzine, un monstre gentil qui boulotte quand même à tout va des vaches dans un champ, était signé Dogbowl lui-même, vu qu'il est un peu dans son style, mais non, cette réussite est due à Mat.
Les autres articles et interviews concernent The Wave Pictures, Thomas Patrick Maguire et les deux groupes qui se partagent le CD, Überaffe et Edam Edam.
Tous les titres de ce CD sont chantés en anglais. A l'écoute, ce n'est pas trop gênant pour Überaffe, un peu plus pour Edam Edam.
Überaffe, c'est David, de Rennes, qui enregistre tout seul chez lui de la pop un peu lo-fi. J'aime beaucoup ses deux titres rapides avec boite à rythmes, l'excellent Better than running, qui ouvre le CD, et My dog, ponctué, vous l'avez deviné, par un échantillon d'aboiement du dit chien.
Edam Edam, comme son nom l'indique, est un duo composé de Shyle, par ailleurs dessinateur, et de Benjamin, le frère d'E.A.R, la rédactrice principale d'Applejack. C'est leur premier titre que je préfère, Strawberry, avec sa partie musicale centrale, qui n'est pas un solo car il y a deux instruments (guitare et orgue), mais qui est très délicate.
Pour en savoir plus sur Applejack, c'est qu'il faut se rendre. Et puis, j'allais l'oublier, j'ai moi aussi publier un fanzine dans les années 1990 : les quatre numéros peuvent être téléchargés ici.

01 août 2007

DOGBOWL : Live at CBGB 1985-1986


Offert par Dogbowl par correspondance en juin 2007
Réf : [sans] -- Edité par Eyeball Planet aux Etats-Unis en 2007
Support : 14 fichiers MP3
14 titres

Pour moi qui ai pris les choses en route en remontant sa discographie à partir de Live on WFMU, la carrière de Dogbowl commençait à partir de 1989 (premier album, Tit !, and opera) avec, si on pousse les choses, deux albums en 1987 et 1988 avec le groupe King Missile (Dog Fly Religion) et la participation avant ça à d'autres groupes n'ayant pas laissé de trace discographique.
Et voilà-t-y-pas que, au moment où le CBGB vient de fermer définitivement ses portes, Dogbowl fouille dans ses cartons d'archives et en sort des cassettes enregistrées dans la célèbre salle new-yorkaise lors des six concerts solo qu'il y a donnés entre septembre 1985 (son tout premier concert solo !) et novembre 1986 !
Live at CBGB 1985-1986 est une sélection de quatorze des titres joués lors de ces concerts. Dogbowl les a joués seul à la guitare électrique, en se plaçant dans la lignée du punk : il voulait un son rock, surtout pas folk.
La première bonne surprise à l'écoute de ce disque, c'est que le son est nickel. Apparemment, le CBGB avait une bonne sono, et les cassettes, pourtant le support qui vieillit le plus mal, ont bien supporté le passage des ans.
Autre surprise, dès ces premiers concerts, le son, le style, les chansons de Dogbowl sont déjà parfaitement en place et presque à maturité. On n'a surtout pas l'impression d'écouter des oeuvres de jeunesse, même si la voix de Dogbowl est, elle, presque juvénile, et en tout cas plus claire que par la suite.
Certaines de ces chansons remontent au groupe précédent de Dogbowl, les Skitzocrats, d'autres ont été enregistrées par la suite par King Missile, Bongwater ou Dogbowl lui-même. De celles que j'ai découvertes, The nurse wants, So painful, One so black et The factory sont mes préférées. Des autres, dont on découvre ici les versions les plus anciennes, je conseille surtout The girl with the pelican hair, Obsessed with girls, Birds are not for free et celle qui figure parmi mes préférées de de Dogbowl, Hemopheliac of love ("Quand je te vois, je saigne comme un hémophile d'amour" !).
Dogbowl propose ce disque en téléchargement gratuit sur son site (mais il est possible de faire une contribution volontaire via Paypal). On trouve ici un bref témoignage de première main.

07 mai 2007

DOGBOWL : Live on WFMU. Cigars, guitars and topless bars


Acquis chez Parallèles à Paris en 1996
Réf : 8410992 -- Edité par Lithium en France en 1995
Support : CD 12 cm
16 titres

AAAAAAARRRRRRRRGGGGGGGGGGHHHHHHHH!!!!!!!
Non, ce n'est pas seulement l'actualité qui me fait réagir ! Repenser aux gars du marketing de chez Philips vendant le CD "éternel" en 1983 suffit à me mettre en rogne. Non que j'ai gobé leur soupe, mais quand même, voilà que deux des titres d'un de mes disques live préférés ne passent plus sur ma platine CD de salon. La cause : quelques rayures superficielles apparues à force de glisser et de retirer ce CD de son superbe emballage cartonné. Heureusement, le Macintosh a, lui, accepté de lire le CD et de copier les deux titres incriminés.
"Live on WFMU" est donc un disque live indispensable selon moi, et je ne classe pas beaucoup de disques dans cette catégorie. De tête comme ça aujourd'hui, je pense au "Modern Lovers Live !" de 1977 (pour la musique et l'ambiance) et au "Live 1969" du Velvet Underground. Le "Backyard barbecue broadcast" de Giant Sand est aussi une réussite, rendant bien l'ambiance du pique-nique au cours duquel il a été enregistré. Il est à noter que le disque de Giant Sand, comme celui de Dogbowl, a été enregistré pour l'excellente radio WFMU, dont le "Beware of the blog" est l'un des sites internet les plus réjouissants parmi ceux que je fréquente. Et quand je pense que ce concert a été enregistré pendant la matinale de WFMU, ça confirme qu'il s'en passe de belles sur l'antenne de cette radio !
J'avais parlé de ce disque dans Vivonzeureux! au moment de sa sortie (l'article est reproduit ci-dessous).
En fait, j'ai raté le concert à Reims en 1996 parce que j'étais cette semaine-là à Bourges pour le Printemps. Par la suite, j'ai eu la chance de voir Dogbowl plusieurs fois en concert, à Reims et ailleurs, en solo ou accompagné par le groupe belge Poney.
Mon opinion sur le disque est toujours aussi positive. Il y a notamment une excellente série avec "Sad fellow", "If you see me", "Why ?" ("Why does a man go to topless bars ? Because his wife took his porno magazines away" !!) et "Windmills falling"

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L'article de Vivonzeureux! de 1996 :

La bonne nouvelle concernant Dogbowl, c'est que le petit label indépendant français Lithium m'a permis de découvrir cet artiste américain tout à la fin de 1995 en éditant un disque live, enregistré pour une émission de la radio US WFMU (c'est aussi pour WFMU que Giant Sand a enregistré son album live Backyard barbecue broadcast). La mauvaise nouvelle, c'est que, moins de trois mois plus tard, je n'ai pas été capable d'être à Reims pour voir le concert solo que Dogbowl a donné à la M.J.C. Claudel ! Et j'ai d'autant plus de regrets que tous ceux qui ont pu assister à ce concert ne m'en ont dit que du bien, louant la sympathie l'originalité et la drôlerie de Stephen Tunney, un peu moins inconnu sous le nom de Dogbowl.
Enfin, il nous reste le disque de chez Lithium (apparemment ce disque n'est disponible qu'en France). Tout est parfait pour ce disque : le titre (Des cigares, des guitares, et des bars topless), la pochette, dépliante et cartonnée, et d'un parfait mauvais goût (un dessin figurant Dogbowl entre deux filles nues, avec des légendes en français) et surtout les 16 titres, qui offrent apparemment une bonne rétrospective de toute la carrière du gars. Le tout est livré brut de direct, enregistré par un trio (Lee Ming Tah est à la basse, Race Age à la batterie, Dogbowl joue de la guitare et chante). Les chansons sont bonnes, hilarantes, et les interventions de Dogbowl entre les morceaux sont de petits monuments : beaucoup de ses chansons contiennent des gros mots, alors si vous entendez un mot qui ne veut rien dire, remplacez-le par un gros mot et on contournera les censeurs (même sur les radios rock, on ne rigole pas avec la grossièreté sur les ondes américaines); si nous jouons faux, assurez-vous bien de faire comme si on jouait juste; est-ce que topless est un gros mot, etc.
Bref, une découverte et un disque à vous procurer de suite!
Dans la foulée, j'ai commencé à rechercher les disques précédents, tous sortis sur l'indépendant Shimmy Disc, le label fondé par Kramer (ex-Shockabilly, B.A.L.L., Bongwater, etc). Certains de ces albums ont d'ailleurs été publiés sous les deux noms de Dogbowl et Kramer, qui les produit et qui joue dessus. Petite déception cependant pour le premier que j'ai pu me procurer, "Grosse chaleur sur Waco", qui n'est pas du tout aussi emballant que 'Cigars,...' : les chansons ne sont pas toutes aussi fortes, et surtout le côté bricolage en studio et le son un peu électronique de la production de Kramer sont en porte-à-faux complet avec la spontanéité et la fraîcheur du live...

25 décembre 2005

DOGBOWL : Songs for Narcisse


Offert par Dogbowl en avril 2005
Réf : eye003 -- Edité par Eyeball Planet aux Etats-Unis en 2005
Support : CD 12 cm
14 titres

Il y a fort peu de chances que cet album figure dans les palmarès des meilleurs disques de l'année 2005. Ce n'est pas qu'il ne le mérite pas, au contraire, mais c'est plutôt que sa diffusion a été si confidentielle que la plupart des faiseurs d'opinion ne connaissent même pas son existence, et c'est bien dommage.
Il faut dire que, comme les deux précédents disques de Dogbowl, le live "Le chien lunatic" et le studio "Fantastic carburetor man", celui-ci a été édité par Dogbowl lui-même sur son micro-label Eyeball Planet.
Comme le titre du disque l'indique, "Songs for Narcisse" comprend une majorité de titres écrits pour la création en avril 2005 à New-York de la pièce de Jean-Jacques Rousseau, "Narcisse", mais il y a aussi quelques chansons qui n'ont visiblement rien à voir avec le thème de la pièce.
Contrairement aux autres disques récents de Dogbowl, celui-ci n'est pas enregistré en solo. Il y a de la batterie, et aussi si l'on en croit les notes de pochette de la basse. Par contre, je ne gobe pas un instant le nom des musiciens (Stephanie Samplestein et Sidney Fleshflower), et encore moins les pseudo-noms de groupes dont ils auraient fait partie : Filthy Gynocologists, Bearded Farmhands, Plung-Dung Inc, Dopesetters, Girls Who Hate Asprin et Mrs. Emsixteen !
En-dehors de la série d'excellentes chansons originales à tempo lent ou moyen que compte le disque, on compte quelques titres rapides et très électriques, notamment "Penguin jetliner" et "I'm on a one-wheel" (sur la nouvelle passion de Dogbowl, le monocycle), et deux reprises, une excellente version du "Waterloo sunset" des Kinks et une autre de "Ballad of the boy-wonder" de Diabologum, écrite par Michel Cloup, dont Dogbowl fut le complice pour un double 45 tours en commun, "Nuage nuage" et en participant aux enregistrements de Peter Parker Experience.
Allez visiter le site de Dogbowl pour en savoir plus sur "Songs for Narcisse", en écouter des extraits et même l'acheter si vous le souhaitez...