Affichage des articles dont le libellé est kraftwerk. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est kraftwerk. Afficher tous les articles

09 septembre 2026

KRAFTWERK : A Paris le 6 juillet 1981 au Captain Vidéo


Consulté sur YouTube en 2026
Réf : [sans] -- Diffusé par Kajis Music sur YouTube le 29 mai 2024
Support : 1 fichier FLV
16 titres

Je garde un très bon souvenir du concert de Kraftwerk à la Cité de la Musique auquel j'ai assisté en septembre 2002. Plus qu'à un simple concert de musique, j'ai eu l'impression d'être plongé dans une œuvre multimédia immersive, sonore, visuelle et multi-sensorielle. Une grande réussite, réglée aux petits oignons, mais avec quand même dans un coin de la tête une question que je n'étais sûrement pas le seul à me poser : quelle est la part de musique qui est jouée "en direct" ?
Au fil des années qui ont suivi, les prestations du groupe ont été de plus en plus léchées, comme en témoigne le live Minimum-Maximum, pour aboutir à 3-D The catalogue, un coffret où Kraftwerk rejoue intégralement en concert huit de ses albums. C'est tellement propre, sans un son d'ambiance, que le groupe aurait tout aussi bien pu nous vendre ça comme de nouvelles versions studio.

L'enregistrement pirate de 1981 qui nous intéresse aujourd'hui est en parfait contraste avec les concerts du 21ème siècle de Kraftwerk. C'est vraiment ce qui m'a surpris à la première écoute : on a l'impression que c'est vraiment un groupe qui joue en live, même si, quand on voit ci-dessous les extraits d'un concert à Vienne quelques mois plus tard, on se rend compte qu'il y a beaucoup de séquences préparées, dont certaines peuvent être modifiées en direct. Il y aussi pas mal de chant, des hésitations, des pains; c'est vivant, excellent et même rock par moments !

Ce concert fait partie de la tournée qui a suivi la parution de Computer world en mai 1981. Le groupe n'avait pas tourné depuis trois ans car il travaillait à rendre son studio Kling Klang mobile. Il a eu lieu au Captain Vidéo, une salle désormais connu sous le nom de Studio Gabriel.

Hors rappels, les titres joués sont rassemblés en séquences par album (Autobahn, Radio-activity, Trans Europe Express, The man-machine et Computer world).  
Parmi mes titres préférés, il y a The hall of mirrors, Neon lights, Computer world et Mini calculateur.

Mais il y en a trois qui m'ont vraiment surpris et impressionné :
  • Autobahn tout d'abord. Je n'étais pas très chaud à l'idée de me taper une version de 17 minutes de cette composition, mais ça passe très bien et il n'y a pas le temps de s'ennuyer. Et notamment, un peu après la barre des 10 minutes, il y a une partie chantée en plus, qui n'est pas dans le disque : Ralf Hütter égrène en allemand les  étapes de nombreux trajets en autoroute, Barcelone, Lyon, Zürich, Münich et plein de villes au Royaume-Uni. J'ai l'impression que tout cela correspond plus ou moins à l'itinéraire d'une partie de leur tournée de 1981.

  • Les mannequins ensuite, une chanson prise sur un tempo bien plus rapide que la version studio. Et en plus, ils accélèrent de plus en plus pour finir sur un rythme carrément effréné.

  • It's more fun to compute enfin, le dernier titre joué ce soir-là. Intro à la batterie/boite à rythmes, basse synthétique énorme, c'est carrément du rock électronique, d'autant que le chant est énergique lui aussi. A plusieurs reprises au cours du concert, on a l'impression d'entendre des prémices d'Electronic Body Music ou de House.
En y réfléchissant, je me dis que, avec cette longue tournée de 1981, Kraftwerk était à l'apogée de son parcours, après une série impressionnante d'albums. Par la suite, ils ont encore passé des années à améliorer la qualité technique de Kling Klang, pour finir par sortir le single Tour de France en 1983 et l'album Electric café en 1986, deux disques relativement décevants. Et j'ai été encore plus déçu par Expo2000 en 1999 et Tour de France soundtracks en 2003...


Kraftwerk dans l'émission Ohne Maulkorb de la chaîne autrichienne ORF du 29 janvier 1982, avec entretiens et extraits du concert du 21 novembre 1981 à la Sofiensaal de Vienne.

12 août 2026

ROBERT : Le model


Consulté pour la première fois sur YouTube le 4 août 2026
Réf : [sans] -- Édité par Karina Square en France en 1997
Support : 1 fichier flv
Titre : Le model

The model de Kraftwerk est une chanson importante pour moi. Je crois que j'ai commencé à vraiment m'y intéresser avec la reprise par Snakefinger sur son premier album en 1979, avant de (re)découvrir la version originale de 1978 au moment de son succès grâce à une réédition en 45 tours en 1982.
J'ai déjà chroniqué ici la version originale, celle de Snakefinger, et celles de Big Black et Fall of Saigon. Il existe d'autres versions par le Balanescu QuartetRammstein ou Prince Fatty.

La semaine dernière, j'ai consulté la page Wikipedia de la chanson, pour vérifier à quel moment de l'année 1978 elle a été publiée pour la première fois. En la relisant, j'ai appris qu'il en existait une reprise publiée par la chanteuse Robert sur son premier album Sine en 1993. Je ne suis pas le seul je pense à ne connaître Robert que pour le succès qu'elle a eu en 1990 avec son premier 45 tours, Elle se promène.
Je me suis mis en quête de cette reprise par Robert, en me disant que ce serait peut-être une adaptation en français. Quand j'ai vu qu'elle reprenait le titre original allemand Das modell, j'ai tout de suite su que ce n'était pas le cas. La version est assez fidèle à l'original, mais avec un peu de piano, des "Dou dou dou dou" chantés et une voix féminine qui m'a rappelé Sonoko.

En l'écoutant, j'ai noté sur la droite de l'écran que YouTube me proposait d'écouter Le model par Robert...! Ah !, me suis-je dit, Robert a bien fait une version française de The model !
Sauf que cette chanson publiée en 1997 sur le deuxième album Princesse de rien n'est pas une reprise. Elle est créditée à Robert pour les paroles, Robert et Mathieu Saladin pour la musique.
Je ne comprends pas pourquoi le "model" en anglais a été choisi pour le titre, alors que les paroles sont bien en français et "modèle" avec le sens de "personne qui pose" aurait bien convenu. 

Ce qui est surtout surprenant à l'écoute, c'est qu'il n'y a pas que le titre qui rappelle la chanson de Kraftwerk. Côté musique, les lignes mélodiques de synthé, la basse électronique, tout rappelle la chanson reprise en allemand sur le premier album. Côté chant, on retrouve les "Dou dou dou dou", et les paroles françaises sont par moments une adaptation presque directe des paroles anglaises : "She's a model and she's looking good" devient "Elle est belle, elle est model", "I saw her on the cover of a magazine" se transforme en "Son corps se dessine sur tous les magazines" et "Personne ne l'approche, ne la touche" évoque "She plays hard to get".

Bref, la limite entre reprise, plagiat et hommage est très fine. Je penche plutôt pour un hommage, tout comme J'écoute la K7 de la vedette par La Variété faisait référence à Mini calculateur. Sauf que dans les deux cas les créateurs originaux ne sont pas du tout crédités dans la chanson-hommage.
Il ne peut pas être question de plagiat pour Robert, car quand on veut plagier une chanson on ne commence pas par en faire une reprise créditée en bonne et due forme sur un disque précédent !
C'est assez incompréhensible, mais des précisions sont fournies dans la présentation de l'album Sine sur l'ancien site officiel de Robert. "L'album est riche en reprises, la plus fameuse étant "Das Model" de Kraftwerk, désormais l'une des chansons fétiche de Robert, à tel point qu'elle en fera en français une adaptation baroque dans "Princesse de rien". Un single aurait dû voir le jour, accompagné d'une version anglaise.".
Le model était donc bien envisagé initialement comme une adaptation en français de Das Modell, et on aurait même pu avoir un single avec The model. Je suppose que la raison du changement de pied est à chercher dans des questions de droits et dans les gros problèmes que Robert a eus avec Sony après la sortie de Sine.

Amie de Robert, Amélie Nothomb a écrit des paroles originales pour plusieurs de ses chansons et elle s'est inspirée de son passé de danseuse pour son roman Robert des noms propres.
La biographie de Robert par Mathieu Saladin s'intitule elle Robert des non dits.
Le dernier album en date de Robert, Le chant des égarés, est sorti en 2021.

23 mai 2026

KRAFTWERK : Radioactivity


Acquis neuf à Châlons-sur-Marne en 1976
Réf : 2C 010-82119 -- Édité par Capitol en France en 1976
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Radioactivity -/- Antenna

Voilà un disque que je possède depuis un demi-siècle, c'est presque vertigineux.
A 13 ans, je ne pense pas que j'avais suffisamment d'argent de poche de côté pour l'acheter moi-même. Ce 45 tours m'a donc sûrement été offert par mes parents (qui étaient la principale source de mon argent de poche, de toute façon !).
Il y a une indication très claire que ce disque fait partie des tous premiers de ma collection : il y a au recto de la pochette, bien visible en rouge, une étiquette faite à la Dymo avec mon surnom familial (et aussi mon nom au stylo bille). Heureusement, je n'ai pas eu longtemps accès à cette étiqueteuse... Trois autres disques de cette époque ont déjà été chroniqués ici : Autobahn, Moviestar de Harpo (pire : j'ai arraché l'étiquette...!) et mon premier exemplaire de The humours of Lewis Furey. Je ne pense pas qu'il en reste beaucoup d'autres dans mes étagères, mais je ne suis pas à l'abri d'une surprise.

C'est le premier disque de Kraftwerk de ma collection. Au maximum un an plus tard, je faisais avec Autobahn ce que je considère être ma toute première acquisition d'un 33 tours.
Je me suis rendu compte en lisant récemment une chronique de la réédition des 50 ans de Radio-activity que c'est l'album de la grande époque de Kraftwerk que j'ai dû le moins écouté (avec Electric café). Ce n'est pas que je l'aime moins, c'est principalement je pense parce que je l'ai acheté plus tard, dans le courant des années 1980. Cela explique aussi pourquoi cette chronique n'arrive que maintenant, alors que j'ai déjà abordé des disques liés à Autobahn, Trans Europe Express, The man-machine, Computer world et Electric café.

L'album est titré Radio-activity, un jeu de mots en quelque sorte puisque les chansons traitent d'activités autour de différents aspects de la radio, qu'il s'agisse d'ondes radioactives, radiophoniques ou même stellaires.
Le disque est synthétique, bien plus qu'Autobahn, mais il y a aussi un aspect rétro-futuriste, qu'on retrouvera de façon plus marquée avec Trans Europe Express, avec les photos à l'ancienne du groupe et le poste de radio choisi pour la pochette, qui date des années 1940 et doit être l'équivalent d'une Volkswagen.

La chanson Radioactivity (sans tiret car pour le coup il est question de radioactivité) est un classique des classiques. La version du 45 tours est réduite de moitié par rapport à celle de l'album, mais il ne manque aucun élément essentiel.
Je me souviens avoir été captivé après l'avoir entendue à la radio pendant l'été 1976 à la radio. La France est l'un des pays où elle a eu le plus de succès (300 à 600 000 exemplaires vendus). Je n'écoutais pas l'émission, mais ce succès a peut-être été aidé par le fait que Jean-Loup Lafont en avait fait l'indicatif de son émission Maximum de musique sur Europe 1, comme indiqué sur cette version de la pochette. Jean-Loup avait de la suite dans les idées, car l'année suivante il a pris une version d'Oxygène de Jean-Michel Jarre pour l'indicatif de son émission Basket.

Ce n'est que cette semaine que j'ai eu connaissance d'un ingrédient essentiel de cette chanson (et de l'album dans son ensemble) : le tapis sonore éthéré et magique qu'on entend en fond est produit par un instrument particulier, l'Orchestron de Vako, un clavier qui était une forme plus élaborée du Mellotron ou de l'Optigan, des instruments qui utilisent des sons pré-enregistrés. Visiblement, Kraftwerk a opté pour des sons de chant choral.
Il y a d'autres excellentes trouvailles dans ce morceau : l'utilisation du morse pour épeler de façon sonore le titre et certaines des paroles, les percussions électroniques novatrices, les dix notes accrocheuses du gimmick principal...
Les paroles sont en deux langues, anglais et allemand. Elles présentent la radioactivité de façon assez neutre ("Elle est dans l'air pour toi et moi", "Découverte par Madame Curie"), voire positive ("Branchez-vous sur sa mélodie", "Quand il s'agit de notre avenir").
Quand Kraftwerk enregistrera une nouvelle version de Radioactivity pour l'album The mix en 1991, outre qu'elle sera beaucoup plus dansante, les paroles seront revues pour alerter sur les dangers de l'énergie nucléaire. Depuis, ces paroles sont régulièrement adaptées en fonction de l'actualité.
Une des meilleures versions de la chanson est celle en concert à Captain Vidéo à Paris en mai 1981. Ce n'est pas du rock, mais contrairement aux concerts depuis le retour du groupe dans les années 2000, on a vraiment l'impression qu'ils jouent en direct, avec des variations notables par rapport au disque.

La face B est une autre de mes chansons préférées de l'album.
Antenna traite bien sûr de radio diffusion ou, plus précisément pour garder le côté rétro, de TSF (transmission sans fil).
Les paroles sont minimales : tu es l'émetteur, je suis l'antenne réceptrice.
Je me demande si cette chanson aurait aussi pu être un tube si elle était sortie en titre principal de single. En tout cas, avec séquenceur, synthés et percussions électroniques, c'est vraiment un prototype de techno pop. On se rend compte à l'écoute de ce titre paru fin 1975 que The Human League, The Normal ou Orchestral Manoeuvres In The Dark n'ont pas inventé grand chose. Pour ma part, après avoir été biberonné à Kraftwerk et Vangelis, je ne dois pas m'étonner d'être ensuite devenu un grand fan de New Wave.

Ralf Hutter est le seul membre qui reste du groupe qui a enregistré Radio-activity, mais une formation de Kraftwerk est en tournée en ce moment.






Kraftwerk, Radioactivity, dans l'émission Chorus sur Antenne 2 diffusée le 1er octobre 1978. Le groupe est sur la scène du Théâtre de l'Empire, mais c'est la version du disque qu'on entend.
J'ai probablement vu cette émission le jour de sa diffusion.



Michel Sardou et Danièle Gilbert présentent Kraftwerk au grand public français dans l'émission Midi-Première du 21 juin 1976.

14 octobre 2023

LUNA : Superfreaky memories


Acquis par correspondance via Ebay en août 2023
Réf : BBQ 334CD / 031.2334.22 -- Édité par Beggars Banquet / PIAS au Benelux et en Allemagne en 1999
Support : CD 12 cm
Titres : Superfreaky memories (Radio edit) -- Neon lights -- The bad vibe merchant

Comme je le disais cet été, sur l'excellente compilation des Inrockuptibles Un printemps 99, j'avais découvert deux grandes chansons des années 1990, Instant street de Deus et Superfreaky memories de Luna. Les deux chansons ne sont pas enchaînées sur le CD (un titre de Pavement s'intercale), mais elles auraient aussi bien pu l'être car, outre qu'elles sont sorties au même moment, elles ont beaucoup en commun : elles sont plutôt longues, se situent dans un style de pop-rock à guitares avec un arrangement travaillé mais qui reste simple, et elles ont toutes les deux ce qu'on a défini pour Deus comme étant une fintro instrumentale. Et aussi, comme pour Deus, je n'ai pas acheté la bonne version du single, car apparemment l'édition anglaise contient bien la version complète de la chanson, qui fait autour de 5 minutes, tandis que mon édition européenne la réduit d'une bonne minute, soi-disant pour faciliter les passages en radio, et c'est justement la fin qui est coupée !

Superfreaky memories est extraite du cinquième album de Luna, The days of our nights, produit par Paul Kimble (de Grant Lee Buffalo, entre autres). Jane Scarpantoni est invitée au violoncelle, et il y a une deuxième voix très discrète, que j'entends comme féminine, mais si c'est le cas elle n'est pas créditée.
La diction de Dean Wareham sur les couplets me fait immanquablement penser à celle de Momus au moment de sa trilogie magique (The poison boyfriend / Tender pervert / Don't stop the night), mais je n'arrive pas à pointer un titre précis.
Le souvenir super bizarre qui a inspiré les paroles, Dean Wareham le raconte dans les notes de pochette du Best of Luna, c'est celui de Kristina, une lycéenne photographe qui avait deux ans de plus que lui et qui l'aguichait impitoyablement. Elle l'avait invité chez elle une nuit où ses parents étaient absents. Il espérait voir ses espoirs les plus fous se réaliser, mais tout ce qui l'intéressait elle c'était de le photographier avec l'attirail d'un drogué...!
Si je place Superfreaky memories un petit  cran en-dessous d'Instant street, c'est uniquement parce qu'elle n'est pas assez longue, même dans la version complète. Au moment où on sent que ça pourrait partir dans une belle envolée instrumentale, le son se met à baisser progressivement pendant 45 secondes et on sent bien que l'enregistrement est coupé en plein pendant la performance des musiciens.

Les deux faces B sont excellentes et l'ensemble donne un single de grande tenue.

On a d'abord Neon lights, une reprise de Kraftwerk (l'original était sur The man machine en 1978 et j'ai eu la chance de trouver en 2011 le maxi anglais fluorescent). J'ai déjà chroniqué un disque où cette version figurait, l'EP Close cover before striking.
Toujours dans les notes du Best of, Dean explique que cette reprise a été enregistrée le jour suivant la fin de l'enregistrement de l'album. Il dit même, mais il exagère, qu'ils ont attendu la fin pour produire leur meilleure journée de travail, puisqu'ils ont également mis en boite ce jour-là des versions de Sweet child o' mine de Guns and Roses et Emotional rescue des Rolling Stones (cette dernière n'ayant jamais été terminée).
Il a déjà été prouvé à maintes reprises que les chansons de Kraftwerk sont suffisamment bonnes pour être transposées dans des styles musicaux variés. Cette reprise est à mettre dans le lot de celles à guitares, qui comprend également Radioactivity par Kat Onoma et The model par Big Black.

The bad vibe merchant est une chanson originale de Luna précédemment inédite et qui n'a jamais été rééditée depuis. Au vu des crédits, on peut affirmer qu'elle date des sessions de l'album. Elle en a été écartée, et pourtant elle me plaît bien. Elle débute calmement, façon troisième album du Velvet Underground, avant de continuer en beaucoup plus rythmé.
Cette face B m'a causé bien des soucis. Pour vous la faire écouter, j'ai dû la repiquer et la mettre en ligne moi-même car il n'y en avait qu'une version disponible, sur la chaîne YouTube officielle de Luna. Or, à l'écoute, il a bien fallu se rendre à l'évidence, ce n'est pas la bonne chanson !
Après quelques recherches, j'ai fini par déterminer que, ce qu'on entend à la place, c'est High time amplifier (Witchman mix) de Ian Astbury, le chanteur de The Cult. Comment c'est possible ? Eh bien, c'est une erreur de base de données, puisque le single d'Astbury est sorti sous le même label que celui de Luna, avec la référence BBQ 344CD, alors que pour Luna c'était BBQ 334 CD...!
Mais ce n'est pas tout : avant d'acheter le single que je chronique via Ebay, j'en avais commandé un autre chez Momox. Et à la place du disque de Luna, j'avais reçu celui d'Astbury ! Je viens seulement de comprendre pourquoi aujourd'hui. J'ai été remboursé du disque, mais pas des frais de port pour le retour, toute l'histoire garde donc un petit goût amer. Au moins, ça m'a fait une anecdote à raconter...

Luna s'est reformé en 2015. Je ne sais pas si c'est parce que leur nom signifie Lune en espagnol, mais en tout cas ils vont donner six concerts en Europe à la fin de ce mois d'octobre, et tous les six seront en Espagne !

A écouter : Luna : The bad vibe merchant


Luna, Superfreaky memories, en concert à la salle Zeleste à Barcelone le 5 octobre 1999.


Luna, Superfreaky memories, en concert à Elsewhere à New York le 18 octobre 2019. Pour l'occasion, Britta Phillips laisse sa place au bassiste original Justin Harwood.

02 janvier 2016

KRAFTWERK : Musique non stop


Acquis d'occasion dans la Marne vers 2010
Réf : 2015087 -- Édité par EMI Pathé Marconi en France en 1986
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Musique non stop -/- Musique non stop

Allez, on entame une nouvelle année, au cours de laquelle on va sûrement continuer de passer de la musique sans arrêt, alors autant commencer franco avec Musique non stop.
Je ne me suis pas vraiment intéressé à l'album Electric café de Kraftwerk à sa sortie en 1986, et pas seulement à cause de sa pochette moche et de son titre pas génial. Je me souviens que l'ami Raoul Ketchup l'avait, lui, et le passait dans notre émission Rock comptines. J'ai d'ailleurs dû lui emprunter son album et m'en faire une cassette, mais c'est tout.
En fait, je ne me suis vraiment intéressé à ce disque qu'avec la sortie en 1991 de The mix, l'album où Kraftwerk a retravaillé une sélection de ses anciens titres. Il n'y en avait qu'un d'Electric café, Musique non stop, mais là je me suis éclaté en l'écoutant, surtout le début avec les voix qui évoquent des sons métalliques : "Boing boom tschak, ping". Ça m'a tellement plu que j'ai utilisé ça pour le début de l'indicatif de mon émission Vivonzeureux ! (en attendant la mort...) à la rentrée de 1991. Un indicatif que j'ai conservé assez longtemps, qui contenait aussi un long extrait de Rush de BAD II.
En fait, la face A d'Electric café est, comme souvent chez Kraftwerk, un seul long morceau, découpé en trois mouvements : Boing boom tschack, Techno pop et Musique non stop. Outre les bruitages vocaux, on retrouve beaucoup l'expression "Musique non stop, Techno pop" et des nappes de synthé très kraftwerkiennes.
Musique non stop est le premier single qui a été extrait de l'album. Il n'a pas eu un très grand succès. Seul le titre du troisième mouvement est utilisé, mais les versions qu'on trouve sur les deux faces de ce 45 tours, sur le maxi et aussi sur The mix, sont en fait des montages qui reprennent des éléments des trois parties de la composition.
Cet album a une histoire particulière, puisque Kraftwerk avait entamé son enregistrement dès 1983. Il a été interrompu plusieurs fois, mais à un moment une version de l'album intitulée Techno pop était presque prête à sortir (on trouve même quelques titres en version démo piratés). Finalement, Kraftwerk a remis son ouvrage sur le métier et l'album retitré Electric café est arrivé en 1986, avec ses graphiques 3D super-modernes mais pas super-esthétiques, mais quand le groupe a ressorti tous ses disques en 2009, l'album est finalement redevenu Techno pop, ce qui lui convient mieux.
Ce n'est peut-être pas Kraftwerk à son meilleur, mais il y a là tous les bons éléments électro-techno du groupe et, avec les "Boing boom tschack" une dose salutaire de distanciation.




30 juin 2013

KRAFTWERK : Mini calculateur


Acquis d'occasion dans la Marne vers le début des années 1990
Réf : 2C 008-64369 -- Edité par Pathé Marconi EMI en France en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Mini calculateur -/- Dentaku

Au fil du temps, Kraftwerk s'est débrouillé pour que ses paroles et sa langue natale allemande n'obèrent pas sa carrière internationale. Si leur premier succès mondial, Autobahn, était chanté entièrement en allemand, le suivant, Radioactivity, contenait des paroles à la fois en anglais et en allemand, un "truc" que le groupe a régulièrement utilisé par la suite, dans Numbers en 1981 par exemple. La plupart des albums du groupe sont sortis en deux versions, "l'originale" allemande et "l'internationale" anglaise, mais il y a eu des variations locales intéressantes, notamment françaises grâce à l'apport de Maxime Schmitt, un responsable de label chez Pathé Marconi devenu un proche du groupe. Ça a donné Les mannequins en 1977 sur l'album Trans Europe Express et fort logiquement une version française de Tour de France en 1983, mais la chanson avec laquelle Kraftwerk a le plus fait joujou, c'est le deuxième titre de l'album de 1981 Computer world, enregistré en allemand (Taschenrechner), en anglais (Pocket calculator), en français (Mini calculateur) et en japonais (Dentaku). Il existe même une version en italien (Mini calculatore), qui n'est pas sortie en disque mais qui a été utilisée pour des passages télé (voir ci-dessous).
Contrairement à The man machine, je n'ai pas acheté Computer world au moment de sa sortie. En fait, il se trouve que je n'ai jamais acheté le 33 tours car j'ai trouvé assez vite et pour pas cher la cassette française de l'album, sans pochette. Je n'ai pas non plus acheté ce 45 tours neuf au moment de sa sortie. En fait, j'ai attendu 1982 et la parution suivante pour acheter un disque neuf de Kraftwerk, un 45 tours "N° 1 en Angleterre", qui en Angleterre était une "double face A" avec Computer love et un titre plus ancien, The model, mais en France le titre récent était clairement relégué en face B. Aucun de ces disques n'a atteint en France le dixième du succès de Radioactivity. C'est bien dommage quand même pour Mini calculateur, un chef d'oeuvre de minimalisme. J'imagine que ce terme est souvent appliqué à Kraftwerk, et peut-être pas toujours à bon escient, mais il se trouve ici que la ligne mélodique est jouée par divers instruments/gadgets électroniques (calculatrice, donc, mini-orgue Mattel modèle Bee Gees Rhythm Machine, et sûrement des inventions de Florian Schneider), qui se répondent et s'associent comme des chants d'oiseaux dans un sous-bois. Comme précurseur dans le style, on peut citer, en moins mélodique, la reprise de Jocko homo par The Touch Tone Tuners sur la compilation Devotees, qui date de 1979.
Le chant distancié fait pour beaucoup dans la réussite du morceau. Côté traduction, on peut se pencher sur le choix du mot "calculateur", qui se justifie pleinement pour s'accorder en rythme et en rime avec "opérateur", mais le terme approprié en français aurait sûrement été "calculatrice" ("Calculateur n'effectuant que des opérations simples"), un cas où le féminin est employé comme diminutif. Je rappelle que, pour une programmation radio ou une compilation, Mini calculateur peut s'enchaîner parfaitement avec le titre de La Variété qui lui rend hommage, J'écoute la K7 de la vedette, en version originale ou réenregistrée avec Alexander Balanescu.
En face B, on trouve Dentaku, la version japonaise de la chanson qui, mine de rien, est très différente. Il n'y a pas que les paroles qui changent : le chant n'est pas du tout équivalent à celui des autres langues : le rythme et le ton changent complètement et j'ai même l'impression que, soit ce n'est pas Ralf Hütter qui chante, soit il n'est pas seul. Le groupe lui-même doit être assez d'accord pour cette différenciation puisque, sur le disque réenregistré The mix en 1991, il a choisi d'enchaîner Taschenrechner/Pocket calculator avec Dentaku.
En préparant ce billet, je me disais que Kraftwerk, avec son Computer world, avait pu influencer mon choix de me lancer dans des études d'informatique en cette année 1981. Mais chronologiquement ce n'est pas possible car l'album est sorti en mai, à un moment où j'avais déjà rempli mon dossier d'inscription. Reste que je ne comprends pas comment j'ai fait ce choix alors que je n'avais jamais vu un ordinateur de ma vie. Tout ce que j'en connaissais, c'étaient ces images d'armoires avec des bandes magnétiques dans des films et les cartes perforées qu'un voisin nous ramenait de son travail aux C.C.P. et qui nous servaient de brouillon. Entre la sortie de l'Apple II et celle de l'IBM PC, et avant même le Minitel, l'album de Kraftwerk a parfaitement exprimé le basculement qui était en train de se produire dans la micro-informatique et l'électronique grand public. Nous, au lycée, on était encore loin de tout ça. Les seuls gadgets qui faisaient un peu de musique, c'étaient les montres à quartz avec écran à cristaux liquides, et ce qui faisait fureur en Terminale C, pour ceux qui pouvaient se l'offrir, c'était la calculatrice programmable TI 57, mais elle n'était pas autorisée pour les épreuves du bac...
Je comprends tout à fait le choix de Kraftwerk de rééditer ses albums sans titres bonus, et même de les tripatouiller pour les améliorer, comme ce fut le cas par exemple en 2009 avec The catalogue, mais je ne peux que déplorer que le groupe n'ait pas trouvé le moyen de rééditer d'une façon ou d'une autre Les mannequins et Mini calculateur. A défaut, on peut aujourd'hui écouter le concert donné à Paris au Captain Vidéo le 6 juillet 1981, dans le cadre de la tournée qui a suivi la sortie de Computer world, un concert souvent piraté au cours duquel ces deux chansons ont été jouées. Je me demande même si Bernard Lenoir n'en avait pas retransmis une partie dans son émission Feedback...


Kraftwerk, Mini calculatore, en direct dans l'émission Discoring de la RAI en 1981. A noter, l'interview express du groupe en introduction.

30 décembre 2011

BIG BLACK : He's a whore



Offert par Fabienne M. à Mareuil sur Ay en décembre 2011
Réf : T&G#23 -- Edité par Touch and Go aux Etats-Unis en 1987
Support : 45 tours 17 cm
Titres : He's a whore -/- The model

A sa sortie, ce disque ne m'intéressait pas vraiment. On l'avait reçu à La Radio Primitive (et je crois même que quelqu'un en a mis en vente un exemplaire plus tard à La Petite Boutique Primitive) et j'avais bien sûr jeté une oreille sur la version de The model, mais c'est tout.
J'avais quand même déjà apprécié le travail fait sur les deux faces de la pochette, avec un clin d'oeil très appuyé aux pochettes originales des disques repris.
En groupe fermement indépendant, Big Black, qui a enregistré ces reprises pour son album Songs about fucking à un moment où la séparation du groupe était déjà décidée, ne disposait sûrement pas d'un budget énorme pour sa pochette, et pourtant ils ont bien fignolé le truc.
Par exemple, moi dont la connaissance et l'intérêt pour Cheap Trick commence et s'arrête avec I want you to want me, je n'ai eu aucun mal en voyant la photo de pochette du recto et le logo Big Black à identifier la référence à ce groupe américain, plus précisément à leur premier album de 1977, sur lequel on trouve He's a whore.
Dans mon esprit, Big Black était un groupe beaucoup plus hardcore que ce que j'entends ici. Je ne connais toujours pas la version originale, mais He's a whore repris par Big Black c'est un titre rock, carré, avec dans le chant un aspect parlé qui me rappelle assez les Pixies (produits en cette même année 1987 par Steve Albini, de Big Black).
Au verso de la pochette, je n'ai eu aucun mal à reconnaître la référence à l'album The man machine de Kraftwerk, un disque de référence pour moi depuis 1978. Les gars n'ont pas lésiné sur le rouge à lèvres !
Si on s'en tient au nombre de versions, The model est en train de devenir le classique des classiques de Blogonzeureux!. C'est en effet la quatrième qui apparait ici, après celle de Snakefinger, l'original de Kraftwerk et celle en concert récemment découverte de Fall of Saigon. Même Satisfaction est largement enfoncé !
Sans surprise, The model version Big Black est la version qui a les guitares les plus rock. Le fait que la chanson résiste à tous ces traitements différents confirme sa grande qualité.  En fouinant, j'ai découvert un goût de Big Black pour la new wave que je ne soupçonnais pas, puisque, toujours en 1987, ils ont aussi repris le Heartbeat de Wire.
Voici donc un 45 tours exceptionnel. Pas seulement un disque de reprises, mais un hommage travaillé et plein d'humour aux groupes concernés.


Une autre version de The model par Big Black, en concert.

29 juillet 2011

FALL OF SAIGON : Fall of Saigon


Offert par Thierry Tannières par correspondance en juillet 2011
Réf : GA8851 -- Edité par Gazul en France en 2011
Support : CD 12 cm
13 titres

De tous mes disques que j'ai eu l'occasion d'évoquer en ligne, le maxi de Fall of Saigon, tiré à 1000 exemplaires, est celui que des correspondants du monde entier ont le plus souvent essayé de me racheter, en proposant même parfois des sommes ridicules (de 100 à 150 €).
Avec cette réédition dans la collection Les Zut-O-Pistes de Dominique Grimaud, qui a déjà sorti ces dernières années Back to schizo (1975-1983) de Pascal Comelade et même un Assemblage de pièces comeladiennes du plus bel effet, les complétistes fous fans de Pascal Comelade devraient pouvoir économiser leurs devises puisque ce CD réédite l'intégralité du maxi, augmenté de sept titres rares ou inédits.
Près de trente ans plus tard, les six titres du maxi conservent tout leur mystère et leur magie, je n'en dirai pas plus, vu que j'ai déjà eu l'occasion de le chroniquer ici.
Dans le livret du CD, un entretien avec Thierry Tannières (alias Terry Den, l'un des trois membres du groupe avec Florence Berthon et Pascal Comelade) nous en apprend beaucoup sur la courte histoire du groupe, de fin 1981 à fin 1983, et sur ses différents enregistrements.
On constate que, du début à la fin, le trio n'en a pas toujours été un, puisque les membres du groupe ont joué et enregistré sous les trois combinaisons possibles de duos que ce nombre permet : Pascal et Florence sur scène (c'est en les voyant que Thierry a eu envie de rejoindre le groupe), Thierry et Pascal en studio dès 1981, puis Florence et Thierry et des amis en 1984, après la séparation du groupe, pour deux titres qui étaient restés inédits jusqu'à la sortie de ce CD.
Voilà en fait comment se répartissent les treize titres de ce CD (les titres du maxi sont soulignés) :
  • 1981, Pascal et Thierry : She leaves me all alone, On the beach at Fontana, Andalucia, I'll never be back (ces deux derniers titres ont paru en 1982 sur la cassette Irregular organs, sauf que I'll never be back s'appelait alors 96 larmes)

  • Janvier 1982, Florence, Pascal et Thierry : le premier concert au Grand Odéon de Montpellier, un concert de vingt minutes en première partie du groupe "principal" de Thierry, Joli Garçon : The model, Part time punks et The end, trois reprises de bon goût de Kraftwerk, Television Personalities et des Doors.

  • 1982, Florence, Pascal et Thierry : Visions, Blue eyes, So long, The swimmer, quatre titres enregistrés en une matinée à Montpellier.

  • 1984, Florence, Thierry et trois amis : Sha la la la, Let it go.
J'avais été complètement surpris d'apprendre par la bouche de Thierry que Fall of Saigon avait interprété sur scène des versions de The model et Part time punks, deux titres très importants pour moi à des titres différents. Ils ne doivent pas être nombreux les groupes qui ont eu à la fois Kraftwerk et TV Personalities à leur répertoire. Et en 1982, j'en parle même pas...
La reprise de The end des Doors permet surtout au groupe de tenir dix minutes sur scène avec un répertoire peu fourni. Ce n'est pas désagréable, mais à la rigueur j'aurais bien échangé ce titre contre un enregistrement du Puis je ?  de Kevin Ayers, qu'ils ont régulièrement joué sur scène. C'est mon seul regret à propos de ce CD.
Avec Pascal Comelade au piano, Andalucia et I'll never be back sonnent plus comme ses premiers disques (Sentimientos, Détail monochrome...), pas étonnant donc que ces deux titres se soient retrouvés sur une cassette publiée sous son nom.
Si on poursuit la comparaison légitime avec Young marble Giants, on pourrait dire qu'avec Sha la la la et Let it go, les deux membres de Fall of Saigon impliqués avaient atteint en 1984 leur phase Weekend  !

L'album en entier est en écoute sur YouTube.

Pour fêter la sortie de ce CD, Thierry Tannières a eu l'occasion de se produire en public avec deux acolytes sous le nom La Chute de Saïgon, pour interpréter une partie du répertoire de Fall of Saigon. Des extraits du concert du 4 juin 2011 à Marseille sont visibles en ligne. Peut-être verra-t-on un de ces jours la formation originale de Fall of Saigon remonter sur scène. Si ça devait arriver, ils pourraient peut-être choisir de s'appeler pour l'occasion La Rechute de Saïgon !

10 juillet 2011

KRAFTWERK : Neon lights


Acquis chez Royer à Epernay le 9 juillet 2011 -- Offert par la Médiathèque d'Epernay
Réf : 12CL  15998 -- Edité par Capitol en Angleterre en 1978
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Neon lights -/- Trans Europe Express -- The model

Je ne sais pas combien il y a eu de disquaires à Epernay dans le passé mais depuis plusieurs années il n'en reste qu'un, Royer, une boutique associée comme le fut en son temps A La Clé de Sol à Reims et Châlons à une enseigne d'électroménager. Ça pourrait paraitre surprenant mais je ne mets quasiment jamais les pieds dans cette boutique, principalement parce qu'il n'y a à peu près rien pour moi dedans, et ce qui pourrait s'y trouver ne serait pas dans mes prix.
En fait, les seules fois où je vais chez Royer, c'est quand je gagne l'un des lots du blind test organisé deux fois pas an par la Médiathèque d'Epernay. Pour les petits lots, c'est souvent un t-shirt ou un CD, comme celui des Breastfeeders, mais les premiers lots sont généralement des bons d'achat à utiliser chez le disquaire du coin. Et comme j'ai (très) bien répondu au dernier blind test en date, sur le thème des chansons enTRAINantes, lié à des expositions présentées en juin, je me suis présenté hier chez Royer.
Il m'est arrivé parfois de chercher pendant de longues minutes sur quel disque j'allais bien pouvoir porter mon dévolu, mais hier, grosse surprise en entrant : je découvre sur ma droite un bac de 45 tours et quelques bacs de 33 tours !
Il s'avère que les responsables du magasin, à qui on demandait souvent s'ils avaient des vinyls, ont fait le tour de leur arrière-boutique et ont retrouvé les derniers disques oubliés par-ci par-là qui n'avaient jamais été sortis lors des différentes périodes de soldes, certains depuis très longtemps puisque j'ai trouvé là des disques (neufs) datant de 1968 (!), comme l'édition originale française de Suzanne de Leonard Cohen. A 2 € les cinq 45 tours, j'en ai trouvé trente-cinq, plus deux albums et un maxi, rare, de Jona Lewie.
Vous vous imaginez bien que j'étais déjà très content et surexcité, mais ce n'était pas tout ! Alors que je fouinais dans le rayon CD pour trouver de quoi compléter mes achats pour atteindre la somme de mon bon, j'ai remarqué par terre quelques autres 30 cm. La propriétaire des lieux m'a expliqué que ces disques étaient à 50 centimes car c'étaient "des inconnus". Pas tous inconnus pour moi, mais presque tous sans intérêt. J'ai quand même pris, au pif, l'album High fly de Difference. Je pensais tomber sur du reggae ou de la musique africaine : dommage, il s'agit de funk, enregistré en France. Un disque recherché, semble-t-il, mais ce n'est pas ma tasse de thé. J'ai pris aussi un album de Tintin et le disque le plus connu de Mouth & Macneal, que je ne connaissais pas du tout pour le coup, et enfin, j'ai eu un gros coup au coeur quand, perdu entre deux albums, j'ai découvert ce maxi en "vinyl lumineux" de Kraftwerk !!!
Il faut dire que le guigne depuis très longtemps, ce disque. Depuis plus de trente ans en fait. J'étais lycéen, je m'étais offert pour pas très cher l'album The man machine. Alors, ce maxi en import, assez cher (code B, celui d'un album pas trop cher à l'époque), avec uniquement des titres extraits d'albums, il avait beau avoir une pochette toute verte et un vinyl coloré, il n'était pas question de me l'offrir. Alors, en 1979-1980, à chacune de mes visites chez ce petit disquaire de la rue du Flocmagny dont j'ai oublié le nom, je tournais et retournais ce disque et le laissais sur place à regret.
En 1978, le premier single extrait de The man-machine a été The robots, un excellent choix et une parfaite introduction à la thématique de l'album. Pour le deuxième single, le label allemand a encore fait un excellent choix et sélectionné ce qui était probablement le plus gros tube potentiel du disque, The model, qui est sorti dans ce pays avec la même illustration de pochette que ce disque-ci, mais sur fond rouge et avec un vinyl rouge également.
Assez bizarrement à mon sens, le label anglais a opté pour Neon lights en face A du single, reléguant The model en face B. Il faudra attendre 1982, l'année du succès de titres synthétiques comme le Being boiled de The Human League, pour qu'une version légèrement remixée de The model soit éditée en face A de 45 tours en Angleterre. Elle se vendra suffisamment pour atteindre la première place des hit-parades.
Ce maxi est complété par le morceau-titre de l'album précédent, Trans Europe Express, également sorti précédemment en face A de single. Il est amusant de noter que ce titre fait justement partie des huit qui m'ont permis de bien me classer au blind test sur le thème des trains ! La boucle est bouclée...
J'aime beaucoup le titre Neon lights, proposé ici dans sa version intégrale de neuf minutes, simplement j'ai du mal à imaginer ce morceau caracolant en tête des ventes (d'un autre côté, qui aurait misé sur Autobahn ou Radioactivity ?). La grande force de ce titre plutôt lent, qui démarre par une partie chantée, c'est de nous plonger dans une douce transe électronique dans la longue partie instrumentale qui suit.
Je n'y croyais absolument pas, mais le vinyl est effectivement vaguement luminescent ! Un étonnement de plus. En tout cas, je ne pouvais pas rêver meilleure récompense pour ce blind test et je suis sorti de chez Royer en ayant eu l'impression d'avoir fait une excellente brocante (de neuf) un samedi après-midi !


Une version raccourcie à trois minutes de Neon lights

31 octobre 2010

KRAFTWERK : Autobahn


Acquis aux Nouvelles Galeries à Reims en 1976 ou 1977
Réf : 6305 231 -- Edité par Philips en France en 1974
Support : 33 tours 30 cm
5 titres

Blogonzeureux! a fêté son cinquième anniversaire cette semaine (Ceci est le 711e billet).
Quand je me suis lancé, je savais qu'en choisissant de raconter l'histoire des exemplaires de mes propres disques j'avais de la matière pour m'occuper un bon bout de temps. J'avais alors l'intention aussi bien de parler des disques que je possédais depuis longtemps que de partager les recherches d'information que j'avais l'habitude de faire sur les disques, souvent inconnus,que je venais d'acheter. La bonne surprise, c'est que ces "nouveaux" disques représentent en fait une majorité des billets du blog, ce qui signifie que mon stock de disques-souvenirs s'épuise moins vite que prévu. Prochains points d'étape en vue, donc, au millième billet, puis aux dix ans...
D'étape, il en est question aujourd'hui puisque nous partons en voyage avec Kraftwerk, pas à vélo sur le Tour de France ni en train avec le Trans Europe Express, mais en voiture sur l'autoroute.
Il y a une rubrique dans Mojo tous les mois avec une question posée à des invités : "Quand et où avez-vous acheté votre premier disque ?". J'y porte une attention particulière et j'ai noté que presque tout le monde répond à cette question, et souvent de façon très précise, même quand il s'agit d'un 78 tours acheté dans les années 50, avec le nom du magasin, le prix payé ou les circonstances particulières de l'achat.
Pour ma part, je suis bien incapable de me souvenir quel a été mon tout premier disque, ou même le premier 45 tours que j'ai acheté avec mon argent de poche.
Pour le premier 33 tours, par contre, pas de problème je m'en souviens très bien : c'est précisément ce disque de Kraftwerk.
Je ne sais plus si c'était aux vacances de Pâques, de la Toussaint ou de Février, mais toujours est-il que j'ai passé quelques jours de vacances vers mes 13-14 ans seul chez ma tante Renée, qui venait de reprendre la gérance d'un hôtel à Reims, rue de Thillois. Ma Tante ne pouvait pas quitter l'hôtel de la journée, hôtel qui était en plein centre-ville : c'est donc à cette occasion que j'ai découvert Reims.
Je ne pense pas avoir trop fréquenté les disquaires de la place à ce moment-là. Ce qui est certain, c'est que j'ai pas mal traîné dans les passages et aux Nouvelles Galeries rue de Vesle (actuellement les Galeries Lafayette). J'étais même fasciné, parce que je venais d'étudier Au bonheur des dames de Zola en cours de français, et à chaque fois que je rentrais dans ce magasin, avec ses grands escaliers et ses ascenseurs antiques, j'avais l'impression de me retrouver plongé d'un seul coup dans les pages du roman.
Mon exemplaire porte tous les stigmates du débutant. Bien qu'il ait été joué pendant des années sur un simple électrophone à saphir, le disque lui-même passe encore étonnamment bien, à part quelques craquements et un ou deux sauts. La pochette, elle, a eu droit à tout : l'étiquette à la Dymo indécollable, la pochette recollée au scotch (jauni, bien sûr, avec le temps) et même le nom inscrit au stylo bille, mais là au moins j'ai eu la bonne idée de faire ça sur la face intérieure de la pochette !
L'étiquette NG est toujours là, ce qui aurait tendance à confirmer la validité de mon souvenir et à authentifier en quelque sorte cet exemplaire. Le prix lui-même par contre est effacé. Il me semble que c'était autour de trente francs.
Si j'ai alors investi les économies de toute une vie dans un album de Kraftwerk, ce n'est pas complètement par hasard. Déjà, j'avais beaucoup aimé Radioactivity en 1976, à tel point que j'avais acheté (ou que je m'étais fait offrir) le 45 tours (C'est sûrement parce que j'avais déjà deux titres de l'album que j'ai choisi d'acheter Autobahn plutôt que Radio-Activity). Ensuite, j'avais eu l'occasion d'écouter cet album, probablement chez l'un de nos voisins, Eric S. (Dans notre rue, il y avait un Eric presque dans une maison sur deux !), qui avait deux ans de plus que moi et qui possédait Autobahn, mais aussi l'album Radio-activity et l'un des deux disques plus anciens avec les plots de signalisation.
Je n'aurai pas souvent l'occasion de chroniquer ici des disques avec un titre couvrant une face entière de 33 tours interprété par des chevelus visiblement pas encore sortis de la période baba cool, tout simplement parce que généralement je n'aime pas ce genre de disques et, fort logiquement, j'en ai aussi très peu achetés.
Autobahn, ce titre qui occupe toute la face A, a été et demeure une exception. Évidemment, je prends assez peu souvent le temps de l'écouter, mais lorsque je le fais j'apprécie toujours autant cette reconstitution sonore d'un trajet en voiture sur une autoroute, du bruit de la porte qui claque et du démarreur qui s'enclenche (vingt ans avant City life de Steve Reich) jusqu'aux coups de klaxons et au son des voitures qu'on croise.
Si on peut écouter Autobahn plus de vingt minutes sans s'ennuyer, c'est parce que la composition est variée, comportant plusieurs phases (ou mouvements), clairement identifiables. Dans l'ensemble, c'est très électronique mais il y a encore des instruments acoustiques et électriques, avec notamment à un moment une belle partie de guitare jouée sur des notes assez hautes. En réécoutant l'un des passages très percussifs, j'ai eu l'idée de l'accélérer de 33 à 45 tours et cela a confirmé mon impression : jouée sur un tempo beaucoup plus rapide, cette partie sonnerait exactement comme de la techno.
Mes passages préférés de Autobahn restent les plus mélodiques et ceux qui sont chantés. Franchement, comme cela a été le cas plus tard pour d'autres générations avec Nena ou Tokyo Hotel, le seul fait de comprendre une phrase comme "Vor uns liegt ein weites tal" a justifié pour moi le fait d'avoir suivi des cours d'allemand depuis la sixième ! Les membres de Kraftwerk ne manquant pas d'humour et étant fans du groupe américain, on appréciera le fait qu'en élidant le "e" de "Fahren", ils ont fait sonner la phrase "Wir fahr'n fahr'n fahr'n auf der Autobahn" aux oreilles des anglo-saxons comme le "Fun fun fun" des Beach Boys !
Il y a une dernière partie chantée vers la fin du morceau et là j'ai eu un petit choc en la réécoutant. J'ai beau savoir en effet que dans la pop et le rock la voiture et la radio sont inséparables de la musique, sans parler de la country où les "driving songs" sont un genre à part entière. J'ai beau savoir également que, la chanson étant restée officiellement inédite jusqu'en 1975, la seule façon pour Kraftwerk de la connaître en 1974 aurait été d'assister à un concert du groupe aux Etats-Unis (ce qui est aussi probable que de les voir influencer par une prestation des Robots-Music...), je ne peux m'empêcher en écoutant le passage où il est question d'allumer la radio ("Jetzt schalten wir das radio an") de faire un parallèle avec une autre de mes obsessions musicales et de penser instinctivement au "Radio on" du Roadrunner des Modern Lovers, même si le voyage de Kraftwerk a lieu de jour dans la Ruhr alors que celui de Jonathan Richman se déroule en pleine nuit dans le Massachussets !
Des quatre titres instrumentaux de la face B, j'en retiens particulièrement deux que j'aime beaucoup.
Kometenmelodie 2 d'abord, un titre rythmé et rapide, complètement électronique. Un morceau 100% new wave avec quelques années d'avance qui ne déparerait pas sur les premiers enregistrements de Human League, auquel je ne vois qu'un prédécesseur pour le côté dansant et électronique, le Psyché rock de Pierre Henry et Michel Colombier pour la Messe pour le temps présent.
Morgenspaziergang ensuite, un titre bucolique qui clôt l'album. Là encore, j'associe cette promenade matinale à un titre connoté lui avec le soir et la nuit puisque la partie de flûte me fait irrémédiablement penser à l'indicatif de Bonne nuit les petits !!
En tout cas, si mes goûts musicaux ont forcément varié au fil des années et se sont fortement diversifiés, j'apprécie toujours énormément ce disque qui, ainsi que le Albedo 0.39 de Vangelis et même le Oxygène de Jean-Michel Jarre, a préparé mon esprit  pour qu'il soit réceptif aux sons les plus synthétiques de la new wave.


Autobahn par Kraftwerk en 1975 lors de leur première apparition à la télévision anglaise pour l'émission Tomorrow's world de la BBC.

18 février 2008

SNAKEFINGER : Chewing hides the sound


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne fin 1979 ou début 1980
Réf : SNK 7909 -- Edité par Ralph aux Etats-Unis en 1979
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Voici un album excellent de bout en bout, le premier en solo de Snakefinger, qui réussit l'exploit d'être, et de loin selon mes goûts, le meilleur disque de Snakefinger, mais aussi le plus réjouissant et le plus accessible des Residents, qui l'ont co-écrit et co-produit et qui jouent dessus de bout en bout.
Snakefinger n'est pas un chanteur né, mais il est tout à fait compétent. Au moins autant, par exemple, que Nick Lowe, qui l'a accompagné sur au moins un des albums de son groupe Chilli WIlli and the Red Hot Peppers dans la première moitié des années 1970. Par contre, Snakefinger est, ou plutôt était puisqu'il est mort en 1987, un intrumentiste remarquable, violoniste et surtout guitariste.Outre sa folie maîtrisée et ses excellentes chansons, c'est d'ailleurs ce qui fait la particularité de ce disque, l'originalité du jeu et du son des guitares.
L'album s'ouvre avec une reprise de The model de Kraftwerk. Aujourd'hui, ça pourrait paraître un peu bateau de reprendre cette chanson, après Big Black, le Balanescu Quartet et tant d'autres. Mais quand ce disque est sorti en 1979, l'année suivant la parution de The man machine, c'était le premier à contenir une reprise de cette chanson, par ailleurs pas encore sortie en single et pas encore un tube (ce sera fait seulement en 1982). D'ailleurs, même si j'avais acheté The man machine au moment de sa sortie, c'est bien Snakefinger qui a attiré mon attention sur The model. Au départ, je ne l'avais pas remarquée sur le disque de Kraftwerk et j'écoutais plutôt We are the robots et Neon lights.
Je me souviens d'avoir lu une interview de Snakefinger à l'époque de la sortie du disque (probablement dans Actuel, qui l'avait beaucoup soutenu et avait organisé une tournée française en 1981 avec Tuxedo Moon et Indoor Life) dans laquelle il expliquait comment il obtenait ce son de guitare si particulier que beaucoup prenait pour un synthétiseur : il disait qu'il enregistrait un grand nombre de fois de suite ses parties de guitare en décalant à chaque fois d'une fraction de ton les notes pour obtenir cet effet sonore. Pendant des années, j'ai donc imaginé Snakefinger assis sur une chaise en studio et enregistrant prise sur prise des mêmes séquences en décalant très légèrement ses doigts à l'agilité de serpent sur les frettes.
En visionnant aujourd'hui une vidéo live de The model enregistrée à Chicago en 1986, j'ai obtenu une explication supplémentaire qui saute aux yeux, mais qui aurait dû me sauter aux oreilles depuis longtemps : Snakefinger utilise aussi une guitare slide posée qu'il joue avec une barre d'acier, une steel guitar quoi. Et ça explique pas mal de choses.
Chewing hides the sound est un album parfait, donc. Les reprises sont bien choisies (il y a aussi Magic and ecstasy, composée par Ennio Morricone pour L'exorciste 2, et un traditionnel joué en instrumental, I love Mary, que je verrais bien joué aussi par Comelade). Les originaux sont excellents, des titres (Pique-nique dans la jungle, Jésus était un farfadet, Les vautours de Bombay,...) aux paroles en passant par la musique et l'interprétation. L'alchimie est ici parfaite.
Malheureusement, la formule magique sera égarée par Snakefinger dès l'album suivant, Greener postures, pourtant produit avec la même équipe et dans les mêmes conditions. Mais là, la voix n'est pas aussi bien mise en valeur, la guitare est moins folle et moins mise en avant, les compositions sont moins percutantes. On y trouve quand même de très bons titres, comme Golden goat, ou The man in the dark sedan, dont je vous conseille de regarder le très bon clip, qui permet en plus de voir Snakefinger en gros plan (EuroRalph a édité en 2004 un double CD reprenant Chewing hides the sound et Greener postures, mais il semble s'épuiser et je viens de constater qu'en quelques semaines les prix ont beaucoup augmenté).
Quand j'ai vu Snakefinger en concert le 8 novembre 1983 au Dingwalls de Londres, le répertoire n'avait rien à voir avec cet album, puisqu'il s'agissait de sa tournée History of the blues et que le spectacle c'était ça, un historique du blues au vingtième siècle, superbement interprété et chanté. Différent, mais bien aussi. Et dans le blues, il y a aussi de la guitare slide.

01 novembre 2005

KRAFTWERK : Trans Europe Express


Acquis au Prisunic de Châlons-sur-Marne vers 1981
Réf : 2C 068-82306 -- Edité par Capitol en France en 1977
Support : 33 tours 30 cm
7 titres

Cette année-là, le défunt Prisunic de Châlons avait fait un sacré ménage dans son rayon disques, et avait mis tout un paquet de disques en solde. 45 tours à 2 F, albums à 10 F. J'en suis reparti avec, entre autres, le 45 tours d' "Egyptian reggae", les 45 tours Two Tone de Madness ("The prince") et The Beat ("Ranking full stop") et deux albums, "Black and white" des Stranglers et donc "Trans Europe Express" de Kraftwerk.
L'intérêt principal de cette édition originale française de "Trans Europe Express" - outre que sa pochette est justement la pochette originale en noir et blanc, alors que la plupart des éditions en CD proposent un autre cliché en couleur - c'est qu'elle comporte la chanson "Les mannequins", en français donc, alors que les éditions CD ne proposent que "Showroom dummies", la même chanson, mais en anglais. C'est la même chose avec "Mini calculateur" sur l'album "Computer world" en 1981.
Aussi, ce qui ne gâte rien, cet album est un chef d'oeuvre. Pour des raisons personnelles évidemment subjectives, "The man machine" est mon album préféré de Kraftwerk, mais quand on regarde les choses en face, entre les trois titres de la face A ("Europe endless", parfait, "The hall of mirrors", parfait, et "Les mannequins") et la suite autour du titre "Trans Europe Express" sur la face B, il est difficile d'exiger mieux !
Sur la lancée du succès de Radio activity, le 45 tours Trans Europe Express a dû se vendre relativement bien, vu qu'on le trouve assez facilement en vente d'occasion. Ce n'est pas le cas de l'autre 45 tours pris de l'album, Les mannequins : je ne l'ai quasiment jamais vu, et il n'est donc pas dans ma collection.

Ajout du 15 août 2014 :