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08 juillet 2026

THE SMITHS : Barbarism begins at home


Consulté pour la première fois sur YouTube en 2023
Réf : [sans] -- Diffusé par Antenne 2 en France le 19 mai 1984
Support : 1 fichier flv
Titre : Barbarism begins at home

Ça doit être au moment de la mort d'Andy Rourke en 2023 que pas mal de vidéos ont circulé et que j'ai vu pour la première fois le passage des Smiths dans l'émission The Tube en mars 1984Barbarism begins at home se termine avec juste le duo basse/batterie pendant que Morrissey et Johnny Marr dansent. Un très bon moment. Je ne sais pas si c'est la première fois que ça se passait ainsi, mais la scène s'est reproduite à Hambourg le 4 mai et, c'est la version que j'ai sélectionnée, à Paris le 9 mai.

On comprend que des fans aient choisi Barbarims begins at home pour rendre hommage au bassiste des Smiths : la colonne vertébrale de la chanson est une ligne de basse très élaborée, assez funky pour rappeler Freak Party, le groupe dans lequel Marr et Rourke ont joué brièvement avant les Smiths. Si c'est Andy Rourke qui a trouvé cette ligne de basse, il n'a pas volé les quelques pourcentages de droits d'auteur qu'il a récupérés quand il s'est plaint après la séparation du groupe.
Elles sont musicalement différentes, mais cette chanson qui prend le temps de se dérouler sur six minutes se rapproche sur ce point de How soon is now ?, qui allait suivre quelques temps plus tard. 

La chanson  a été jouée pour la première fois sur scène en décembre 1983. La ligne de basse n'était pas encore complètement en place. C'était une période de folie pour le groupe, avec les singles à succès qui s'enchaînaient et le premier album qui venait de sortir. Pourtant, les Smiths ont joué régulièrement en 1984 cette chanson pas encore publiée, parfois même deux fois le même soir, dans le corps du concert et en rappel. Il faudra attendre février 1985 pour qu'elle sorte sur disque, sur le deuxième album, enchaînée avec une autre chanson au titre choc, Meat is murder. La sortie de ce titre en face A de single a été programmée pour l'Angleterre mais, comme pour Reel around the fountain, elle a été annulée et il n'y a qu'en Allemagne qu'un single est sorti à l'époque.

Le concert des Smiths à l'Eldorado le 9 mai 1984 est à la fois le premier et l'avant-dernier du groupe en France (je vous laisse calculer combien il y en a eu en tout). Il a été couvert par Antoine de Caunes pour son émission Houba houba et un pirate a été publié. Morrissey avait des fleurs dans la poche arrière du jean et il y en avait partout dans la salle, ne serait-ce que parce que l'affiche et le billet suggéraient au public d'en apporter.
Pour ma part, j'étais en Angleterre ce printemps-là. Les fleurs, les articles dans la presse et les passages télé m'avaient irrité, et j'ai bêtement évité tout ce qui avait trait aux Smiths, alors même que j'étais fourré deux fois par semaine dans la boutique Rough Trade !
La version jouée à Paris ce soir-là est excellente, et c'est bien de voir le bassiste qui sourit sur la fin en voyant ses compères gesticuler. On préfère voir Morrissey et Marr s'amuser comme ça et faire un pied de nez à la barbarie, plutôt qu'être à couteaux tirés comme ils le sont depuis des années (avec plein de bonnes raisons de ne pas être d'accord...!).



The Smiths, Barbarism begins at home, en concert à L'Eldorado à Paris le 9 mai 1984, diffusé dans l'émission Houba houba le 19 mai sur Antenne 2.
Ci-dessous, la séquence complète avec deux autres chansons.

30 mai 2016

THE SIDEBOTTOMS : Panic


Acquis dans un dépôt-vente probablement en Belgique dans les années 2000
Réf : 11 37 01 -- Édité par 11:37 en Angleterre en 1993
Support : CD 12 cm
9 titres

En mars, j'ai acheté en Angleterre le court récit de Jon Ronson Frank, sous-titré "L'histoire vraie qui a inspiré le film".
En effet, Jon Ronson, désormais journaliste et écrivain réputé, a joué des claviers pour Frank Sidebottom entre 1987 et 1990. En 2005, à la demande de Frank  qui préparait un comeback, il a rassemblé ses souvenirs dans un article paru dans The Guardian. C'est cet article qui a inspiré le scénario de Frank, un film de fiction de 2014 réalisé par Lenny Abramson, basé sur le personnage de Frank Sidebottom.
Je n'aime pas trop les biopics. Frank le film n'en est pas vraiment un, mais je l'ai quand même boudé à sa sortie. Mais j'ai lu d'une traite et vraiment apprécié Frank le livre (dont on peut lire un long extrait dans The Guardian).
Jon Ronson raconte qu'il était un musicien incompétent dans un groupe volontairement incompétent rassemblé autour du personnage à tête en papier mâché Frank Sidebottom, créé en 1984 par Chris Sievey des Freshies et inspiré par la contemplation les centaines de lettres de rejet reçues au fil du temps par les maisons de disques. Mais ce qui est étonnant, c'est que Chris Sievey a abandonné les Freshies pour Sidebottom au moment même où son groupe commençait à avoir un peu de notoriété.
Dans le livre, j'aime particulièrement le moment que Jon Ronson pointe comme le début de l'échec, quand, fait inédit, il a été convoqué pour une répétition chez Chris pour "passer au niveau supérieur". Des musiciens de niveau professionnel venaient d'intégrer le groupe et, pour Jon ça a été le début de la fin, comme pour le public, qui ne venait pas aux concerts de Frank Sidebottom pour voir un groupe de bal bien en place.
Jon Ronson dit à un moment que "Frank était notre Pee Wee Herman". Il me fait aussi beaucoup penser à Tiny Tim.

 

J'ai un album de Frank Sidebottom, le deuxième, 13:9:88, mais je ne l'aime pas trop. Beaucoup trop de sketches en proportion par rapport aux chansons, mais il y a des reprises de Hit the North de The Fall et Mirror man de Captain Beefheart que j'aime bien.
Ce maxi, que j'ai retrouvé la semaine dernière en rangeant des disques, j'avais complètement oublié que je l'avais. Il fait partie de la production tardive et plus professionnelle de Frank, à l'époque où il animait son émission de télé Frank Sidebottom's fantastic shed show.
Il est présenté dans un beau digipack et, comme tous les maxis dance-techno de cette époque, la liste des titres contient une litanie de différents mixages (Ace mix, Fantastic mix, Top mix, ...). Pour l'occasion de cette reprise du Panic de The Smiths, Frank s'est même rebaptisé The Sidebottoms ! Quant à la pochette, on repère tout de suite qu'elle parodie celle des Smiths (et, cerise que le gâteau, l'étiquette du dépôt-vente où j'ai acheté mon CD est presque parfaitement coordonnée au code couleur bleu et jaune de la pochette !).
Ici, la panique ne règne plus dans les rues de Londres ou Birmingham comme dans la chanson originale, mais dans celles de Timperley, le village de la banlieue de Manchester d'où Frank Sidebottom est originaire.
Heureusement, il n'y a pas de remix techno sur ce CD. Juste plusieurs versions chantées ou instrumentales, assez proches les unes des autres, entrecoupées de dialogues comme à l'habitude. J'aime bien la version "bricolée" de moins d'une minute appelée Bobbins mix. Globalement aussi j'aime bien la version chantée, peut-être parce que je n'avais trop prêté attention à la version originale des Smiths.
Chris Sievey et Frank Sidebottom sont morts en 2010. Frank a désormais sa statue dans les rues de Timperley...

Si vous voulez avoir plus que votre dose de Frank Sidebottom, vous pouvez vous procurer Fantastic show biz box set, qui contient 4 CD et 1 DVD. On y trouve notamment Panic.



29 mai 2016

THE SMITHS : This charming man


Acquis probablement chez A la Clé de Sol à Reims en 1985
Réf : 80 074 -- Édité par Rough Trade / Virgin en France en 1984
Support : 45 tours 30 cm
Titres : This charming man -- Accept yourself -/- Wonderful woman -- This charming man (US remixed)

Je viens de lire le livre de Neil Taylor de 2010 Document and eyewitness : An intimate history of Rough Trade. Après celui de Rob young en 2006, Rough Trade : Labels unlimited, c'est au moins le deuxième livre à paraître sur l'histoire de cette entreprise anglaise essentielle. Une lecture passionnante pour moi, qui me suis notamment intéressé à cette histoire en publiant en 1996 dans mon fanzine un article et une discographie pour marquer les vingt ans de Rough Trade.
Le livre de Neil Taylor est loin d'être parfait (il y a notamment des passages entiers répétés presque mot pour mot à quelques pages d'écart) mais, sur 400 pages, il y en a 250 qui couvrent la période jusqu'en 1983, celle qui m'intéresse le plus. Et, comme le titre emprunté à Wire l'indique, c'est bourré de témoignages de première main.
Ce que j'en retiens grosso modo, c'est que, ce qui a toujours intéressé le fondateur Geoff Travis, c'est de découvrir de nouvelles musiques et de nouveaux talents et de faire partager ses découvertes. A partir de là, Rough Trade s'est développé autour de trois activités, disquaire, label et distributeur, qui ont parfois grandi trop vite, ont connu de graves crises financières, se sont fait la guerre et ont mené depuis quarante ans un parcours varié sous cette image de marque unique, alors même que les sociétés évoluaient/changeaient de propriétaire. Par exemple, les boutiques sont une entité indépendante du label depuis 1982.
Pour ce qui est de la maison de disques Rough Trade, le label essentiel de la New Wave pour ce qui me concerne, qui m'a fait découvrir à l'adolescence un nombre impressionnant de groupes et de grands disques, elle a donc connu sa première grande crise en 1982 mais a rebondi assez vite avec la signature des Smiths en 1983.
Les Smiths avaient un énorme potentiel, et l'erreur commise par Rough Trade a peut-être été de vouloir les conserver à tout prix alors qu'ils n'avaient pas la structure pour gérer longtemps un succès de cette taille. A posteriori, je pense que Rough Trade aurait dû se contenter de garder les Smiths une grosse année, jusque fin 1984, de Hand in glove à Hatful of hollow, le temps de tirer le meilleur jus du groupe, avec une série impressionnante de singles, un premier album pas parfait et une compilation qui l'est.
Rough Trade s'est battu en justice avec les Smiths pour qu'ils sortent leur troisième album, The Queen is dead, chez eux, conformément à leur contrat. Mais s'ils avaient été sur une major dès Meat is murder, cela aurait donné au groupe un peu de temps pour souffler et préparer ce deuxième album et ça n'aurait pas forcé la grenouille Rough Trade a tenté de se faire plus grosse que le bœuf en commençant à embaucher des cadres administratifs et financiers pour gérer une boîte qui, jusque là, était une quasi-coopérative où tout le monde avait le même salaire. D'un autre côté, c'est bien le chiffre d'affaires généré par The Smiths ou la distribution des succès de New Order ou Depeche Mode qui a permis pendant des années à Rough Trade de rendre possible financièrement et logistiquement le développement de tout un pan du rock indépendant, à commencer par Creation.
Pour ce qui est des Smiths, d'être passé à côté d'eux reste mon grand regret de l'année 1983/1984 que j'ai passé à Londres. Par là, j'entends que je n'ai acheté aucun de leurs disques et que je n'ai pas cherché à les voir en concert. Par contre, je connaissais bien sûr leurs tubes, et c'est justement la vision de Morrissey à Top of the Pops chantant This Charming man avec ses glaïeuls qui m'a hérissé et m'a fait bêtement rejeté ce groupe, alors que j'ai quand même beaucoup apprécié What difference does it make et Heaven knows I'm miserable now.
Je n'ai donc aucun de ces superbes 45 tours anglais des Smiths, qui étaient en vente neufs partout pour une bouchée de pain, mais une fois rentré en France, j'ai quand même acheté le premier album, Hatful of hollow et ce maxi de This charming man.
Si j'ai fini par acheter ce disque emblématique, avec Jean Marais dans Orphée sur la pochette, c'est parce qu'il n'était pas très cher, et aussi parce que j'avais entendu dire que le remix de This charming man qu'on y trouve n'avait pas plu au groupe et qu'il avait été retiré du commerce.
Sur ce point, j'ai tendance à croire Geoff Travis quand il explique qu'il avait trouvé ce remix de François Kevorkian sorti chez Megadisc aux Pays-Bas assez réussi et que, bien sûr, il n'aurait pas pu l'éditer sans l'aval de Morrissey. Mais celui-ci a changé d'avis par la suite et la version anglaise du maxi avec le remix dit New York a très vite été retirée du commerce.
L'intérêt de ce pressage français du maxi, c'est de combiner les deux maxis anglais, avec la version single (Manchester) de This charming man, les deux faces B Accept yourself et Wonderful woman, plus la version remixée New York qui remplace la version Peel London, disponible par ailleurs sur Hatful of hollow.
This charming man est un classique. L'une des fois où la musique de Johnny Marr et les paroles et le chant de Morrissey se marient parfaitement, ce qui est bien sûr la formule de la potion magique des Smiths.
Comme dans les années 1960 pour les Beatles ou les Stones, ou dans les années 1970 pour les Buzzcocks ou Joy Division, j'apprécie particulièrement la vitesse à laquelle les choses s'enchaînaient pour les Smiths en 1983-1984. Une session Peel de prévue ? Allez, Marr compose trois nouveaux titres en un week-end. L'un de ces titres est l'excellent  This charming man ? Allez, comme j'ai déjà eu l'occasion de le raconter, le single prévu avec Reel around the fountain est modifié au dernier moment.
Et ainsi de suite, avec les faces B notamment.
Sur le petit 45 tours, il y avait l'excellente Jeane, qui n'est pas reprise ici tellement il y a de matière. A la place, on a droit à la tout aussi excellente Accept yourself ("Everyday, you must say, oh how do I feel about my life" et "Time is against me now and there's no one left to blame", qui deviennent ensuite "Everyday, you must say, oh how do I feel about my shoes" et "Time is against me now and there's no one but yourself to blame") et Wonderful woman, qui n'est pas mal du tout non plus, un peu dans la lignée de Back to the old house, avec Johnny Marr à l'harmonica, comme avec The The.
Quant au remix New York de This charming man, on a connu bien plus destructeur, mais il est évidemment superfétatoire.

Il y a tout plein de compilations des Smiths, mais il n'y a guère que sur la version double-CD de The Sound of The Smiths (2008), qu'on retrouvera à la fois This charming man, son remix par François Kevorkian, Wonderful woman et même Jeane. Ne manque à l'appel que Accept Yourself, facilement disponible depuis 1984, dans une version différente, sur Hatful of hollow. Pour la version originale, je crois qu'il faut se tourner vers un maxi d'époque, ou le coffret Singles box de 2009.






01 avril 2013

BEST OF PEEL SESSIONS PAR BERNARD LENOIR


Acquis dans une FNAC à Paris en 1990
Réf : FC 1 -- Edité par FNAC/Strange Fruit en France en 1990 -- Compilation réalisée pour la FNAC
Support : CD 12 cm
16 titres

EMI vient d'éditer une compilation de 38 titres intitulée Bernard Lenoir L'Inrockuptible. La sortie du disque a reçu fort logiquement le soutien de ses partenaires historiques, Les Inrockuptibles (critique et "interview exclusive") et la FNAC, qui distribue en exclusivité l'édition en triple 33 tours.
La sélection, réalisée par Bernard Lenoir, fait la part belle à des titres de la fin des années 1980 et des années 1990, l'époque de son retour à la radio, de C'est Lenoir et du surnom L'Inrockuptible, justement. Ce choix est de qualité, sans surprise, ni raretés. Tout ce qui est susceptible de m'intéresser là-dedans, je l'ai ou au minimum je le connais, et de toute façon je suis plutôt pour ma part un enfant de la première période de Lenoir, celle de Feedback. Ce disque n'est donc visiblement pas fait pour moi, et je ne comptais pas m'y intéresser plus que ça mais, de passage dans une FNAC, justement, j'ai tiqué quand j'ai vu ce qui figure sur les étiquettes apposées sur le disque : "La première compilation par Bernard Lenoir, la voix mythique de l'Indie Rock".
Je ne sais pas si travailler dans le marketing implique d'être inculte ou amnésique. Je ne sais pas si quelqu'un aux Inrocks ou à la FNAC a essayé de corriger cette affirmation, mais en tout cas ce qui est certain c'est que Bernard Lenoir L'Inrockuptible ne peut absolument pas être la première compilation réalisée par Bernard Lenoir, tout bonnement parce qu'il a déjà activement participé à la réalisation de la compilation de Peel sessions dont il est question aujourd'hui, éditée en 1990, diffusée exclusivement dans les FNAC et déjà à l'époque largement soutenue par Les Inrockuptibles.
Pendant longtemps, les fameuses sessions enregistrées par les groupes anglais pour l'émission radio de John Peel étaient plus réputées qu'écoutées par chez nous. Certes, quelques titres sortaient parfois officiellement, souvent en face B d'un single, mais souvent il fallait se contenter de coller son oreille au poste de radio pour écouter les transmissions/retransmissions en ondes moyennes, ou se risquer à acheter des cassettes pirates au son incertain. Tout a changé en 1987 quand John Peel et son compère Clive Selwood ont fondé Strange Fruit Records et se sont mis à sortir des maxis de Peel sessions. Certes, les pochettes étaient parmi les plus moches de l'histoire de l'industrie du disque, mais que de pépites là-dedans !
Une première compilation, intitulée The sampler, est sortie en Angleterre en 1988. Cet abum est sorti en France chez Off The Track, agrémenté pour l'occasion de notes de pochette signées d'un autre homme de radio, Yves Bigot. Deux ans plus tard, la distribution de Strange Fruit avait dû passer chez Wotre Music et c'est alors qu'est arrivé Best of Peel sessions par Bernard Lenoir, un disque à la pochette quand même moins moche, qui n'est sorti qu'en France (et même, donc, que dans le réseau FNAC). Quatre groupes sont sur les deux compilations (New Order, The Wedding Present, Buzzcocks et The Undertones) mais un seul titre est dupliqué, Here comes the Summer.
Je n'avais pas prévu au départ d'acheter ce disque mais, au moment de sa sortie il y en avait des piles énormes dans une FNAC parisiennes, à un prix tellement attractif que je m'étais même laissé aller à prendre le CD (pour moins de 40 francs, genre), alors que je venais tout juste d'acheter ma première platine.
La sélection des titres proposés ici est quasiment sans faute. Les enchaînements, avec le talent et le métier d'un programmateur radio, sont excellents. Cerise sur le gâteau, sur 18 titres, la part belle est faite à la période punk/new wave (10 titres), avec seulement deux titres plus anciens des années 1970 et quatre de la suite des années 1980.
On sait que la particularité de ces sessions enregistrées pour la BBC, c'est que cela se faisait très vite, quasiment en direct dans le studio, afin de pouvoir enregistrer en moyenne quatre titres en une session. Ça donne des versions souvent plus brutes que celles sorties sur disque, d'autant que de nombreux groupes profitaient de l'occasion pour se faire la main sur de nouveaux titres à peine écrits ou en tout cas encore inédits.
Je ne vais pas lister tout ce que j'aime sur ce disque car ça reviendrait à donner presque entièrement la liste complète des 18 titres. Disons juste que les deux "vieilleries" de 1970 (Terrapin de Syd Barrett et Jewel de T-Rex) son excellentes, que j'apprécie le son de guitare différent de Love will tear us apart et I am the fly, que j'ai vraiment connu Hong Kong garden avec ce disque et apprécié d'y retrouver une version de Killing an Arab, que la fraicheur de Here comes the Summer est renversante, qu'il est surprenant d'entendre Inspiral Carpets reprendre Gimme shelter des Stones en s'évertuant visiblement à sonner comme Julian Cope et Teardrop Explodes, et qu'on peut juste regretter que le titre des Smiths choisi, What difference does it make, avait déjà largement été diffusé dans cette version sur Hatful of hollow.
Deux ans après la sortie de ce disque, Bernard Lenoir a lancé ses propres Black sessions, qui lui ont valu pour de bon le surnom de "John Peel" français mais, dès 1979, avec sa programmation et les retransmissions de concerts Feedback, il pouvait déjà prétendre au titre.

01 mars 2012

THE SMITHS : Reel around the fountain


Acquis avec le n° 15 de Jamming! à Londres vers septembre 1983
Réf : Page 3 -- Edité par Rough Trade en Angleterre en 1983
Support : Impression papier 20,5 x 14,5 cm
Titres : Reel around the fountain -/- Jeane

Le week-end dernier, en faisant du rangement, j'ai eu à déplacer une pile de vieux magazines anglais, parmi lesquels le n°15 de Jamming!, un des deux seuls que j'ai jamais acheté de ce fanzine devenu magazine vendu en kiosque.
Ce numéro-là, c'est clair que je l'avais acheté pour sa couverture avec Elvis Costello, que je m'apprêtais à voir en concert pour la deuxième fois, le 24 octobre 1983 à l'Hammersmith Palais.En feuilletant le magazine, c'est sur une publicité pour le deuxième single de The Smiths que mes yeux se sont arrêtés.
Il y a de nombreux cas de disques dont la parution a été annulée au dernier moment, pour une raison ou pour une autre, parfois même après que des échantillons test-pressings ont été diffusés aux médias. Pour ma part, je crois que je n'ai qu'un seul disque de ce genre, le maxi inédit d'Upside down de The Jesus and Mary Chain.
Rough Trade a diffusé des 45 tours test-pressings (sans pochette) de Reel around the fountain avant d'annuler la sortie du disque au dernier moment. Ils avaient une très bonne raison pour le faire : les Smiths venaient de composer une nouvelle chanson, This charming man, et le label a pensé, à raison, tout le monde ou presque doit être d'accord, que ça ferait une meilleure face A.
This charming man a été très vite enregistré et est sorti quelques semaines plus tard, avec le même n° de catalogue que celui initialement prévu (RT 136), mais ce qui est fascinant, c'est de découvrir que, comme le prouve cette publicité, la photo de Jean Marais tirée du film Orphée de Jean Cocteau qui est éternellement associée à This charming man avait initialement été choisie par Morrissey pour illustrer une autre chanson !
Ce disque ne figure pas au catalogue de Vivonzeureux Records et ne compte donc pas parmi Mes disques virtuels, mais il rentre quand même parfaitement dans cette catégorie.
Connaissant le culte que leurs fans vouent aux Smiths, il n'est pas surprenant de constater qu'un petit cercle d'entre eux a pris la peine de reconstituer, sur le blog Extra track (and a tacky badge), ce 45 tours resté virtuel.
On peut y entendre la version inédite de Reel around the fountain prévue pour ce single, produite par Troy Tate lors des sessions rejetées pour le premier album. Elle est donc différente de celle qu'on trouve sur l'album The Smiths et de celle enregistrée lors d'une Peel session, ma préférée, reprise sur Hatful of hollow.
En face B, on trouve Jeane, dans la version sortie en face B de This charming man. Excellente chanson, et sans contexte le seul gros manque de la compilation Hatful of hollow. Peut-être parce que la version enregistrée avec Sandie Shaw est encore meilleure, mais probablement plutôt parce que cet enregistrement est issu des sessions Troy Tate.

06 novembre 2011

THE SMITHS : Hatful of hollow


Acquis à La Clé de Sol à Reims en 1984
Réf : 70 290 -- Edité par Rough Trade / Virgin en France en 1984
Support : 33 tours 30 cm
16 titres

S'il y a un groupe que j'ai raté pendant l'année scolaire que j'ai passée en Angleterre, en 1983/1984, c'est bien les Smiths. Qu'on se comprenne bien, je ne suis pas passé à côté des Smiths, c'était impossible, ils étaient partout, dans la presse, à la télé et chez les disquaires dès la sortie de This charming man à l'automne 1983. Je les ai plutôt volontairement et soigneusement ignorés, en partie par snobisme (ils étaient partout et donc trop à la mode pour moi) mais surtout parce que Morrissey m'énervait, dans ses interviews, avec son chant maniéré sur This charming man, avec son look trop travaillé, son écouteur dans l'oreille façon Diva, et les glaïeuls dans la poche arrière de son jean. Surtout les glaïeuls, en une du NME et à la télé dans Top of the Pops.
Je n'ai donc jamais vu les Smiths en concert alors que j'en aurais eu la possibilité tout au long de l'année. J'ai vu Hand in glove bien mis en avant chez Rough Trade en septembre 1983, mais je ne connaissais pas le groupe et je ne peux pas dire que la pochette m'a donné envie d'en savoir plus. Et dès octobre, les Smiths n'ont dû jouer que dans des grandes salles alors que moi j'allais commencer à fréquenter les petits clubs comme le Living Room. Et de toute façon je boycottais le groupe.
J'ai commencé à évoluer début 1984 avec la sortie des deux singles suivants, What difference does it make ? et Heaven knows I'm miserable now qui m'ont accroché, pour la musique bien sûr, et aussi comme souvent avec les Smiths pour des bouts de phrases fulgurants dans les paroles ("The devil will find work for idle hands to do", "I was looking for a job, and then I found a job and Heaven knows I'm miserable now"). J'ai commencé à changer d'avis, donc, mais pas suffisamment pour acheter mon premier disque des Smiths avant de rentrer en France, même si j'ai bien pensé à me dépêcher d'acheter What difference does it make ? avant que la pochette originale avec Terence Stamp ne soit plus disponible. Mais le terrain était prêt, et quand Hatful of hollow est sorti en novembre 1984, à un prix imbattable (environ 35 francs dans mon souvenir, soit moins que le prix d'un maxi 45 tours pour un 33 tours 16 titres luxueux, avec une pochette ouvrante et les paroles imprimées sur la pochette intérieure), je l'ai acheté de bon coeur, d'autant que j'avais déjà une pointe de nostalgie pour mon séjour en Angleterre.
L'une des grandes forces des Smiths pendant leurs presque cinq ans d'activité discographique c'est d'avoir, encore plus qu'un autre groupe de Manchester (les Buzzcocks) et avec beaucoup plus d'impact, sorti des disques à un rythme digne de celui des Rolling Stones au début des années 1960. D'un février à l'autre, pile un an entre le premier album, The Smiths en 1984, et le deuxième, Meat is murder en 1985, avec des singles à la pelle entre les deux et cette compilation en novembre 1984, pour faire patienter les fans et occuper le marché de Noël. Autre parallèle avec les sixties : à la grande différence de ce qui se faisait en ce début des années 80, les Smiths sur ce disque sont un quatuor pop-rock des plus basiques, et on n'entend sur ce disque que la basse, la batterie et les guitares (avec juste un peu d'harmonica et de mandolines), sans aucun ajout de claviers ou autres séquenceurs.
Je crois que l'unanimité est parfaite pour affirmer que Hatful of hollow, qui aurait pu n'être qu'un assemblage hétéroclite de titres de sessions radio et de faces A et B de singles, est un bien meilleur album que The Smiths (les deux disques ont 5 titres en commun, mais les enregistrements sont tous différents, sauf pour Hand in glove, proposé ici dans sa version originale alors qu'il était remixé sur l'album). Je suis entièrement d'accord et je ne vais pas trop m'étendre là-dessus mais, outre les différences de production (les enregistrements pour la BBC sont plus "frais", claquent plus, mettent mieux en valeur les guitares de Johnny Marr et rendent mieux compte de la façon de composer du groupe, avec Morrissey qui ajoute ses paroles et son chant sur un instrumental préalablement composé), on remarquera que The Smiths, et c'était sûrement volontaire, ne contenait que deux singles (Hand in glove et What difference does it make ?), alors que celui-ci contient des versions des cinq premiers singles du groupe, et même des six premiers si l'on considère que la monumentale face B How soon is now ? a été promue en face A dès février 1985, et on pourrait compter un demi-point en plus quand on sait que, avant le groupe ne compose et enregistre This charming man, cette excellente version BBC de Reel around the fountain a failli sortir en face A du deuxième single (ça s'est arrêté à l'étape du test-pressing).
De Louder than bombs aux différents best-of, il y a des dizaines de compilations des Smiths. Pour ma part, en ces temps de rééditions de la discographie complète du groupe dans des versions plus ou moins luxueuses, je maintiens que seule celle-ci est indispensable et suffit pour avoir l'essentiel des meilleurs titres du groupe,d'autant que, pour le coup, je me refuse à considérer The Queen is dead comme une pierre de touche. Ici, avec This charming man, Girl afraid, Handsome devil ("Let me get my hands on your mammary glands"), Still ill ("England is mine and it owes me a living"), What difference does it make ?, William, it was really nothing, Accept yourself, Heaven knows I'm miserable now, Reel around the fountain, Hand in glove ("The sun shines out of our behinds") et How soon is now ?, je n'ai pas besoin d'implorer avec l'excellent  Please please please let me get what I want car j'ai absolument tout ce qu'il me faut des Smiths !

05 juin 2006

THE HALO BENDERS : Don't touch my bikini


Acquis dans l'un des Record & Tape Exchange de Londres en 1995
Réf : BLAZE 82CD -- Edité par Fire/K en Angleterre en 1995
Support : CD 12 cm
Titres : Don't touch my bikini -- Please please let me -- Comet tailings

Je n'ai toujours pas grand chose à changer à ce que j'ai écrit sur les Halo Benders il y a environ dix ans et un jour maintenant, dans le n° 3 du fanzine Vivonzeureux!.
J'ai acheté ce CD à peu près au même moment que l'édition en 45 tours du même titre, "Don't touch my bikini", dans la même version. Ce qui est très surprenant, c'est que Fire ait sorti en Angleterre la même année des deux éditions complètement différentes, qui n'ont strictement rien à voir entre elles. En plus, le nom du groupe a gagné un "The" entre les deux éditions, et le titre de la reprise des Smiths a été écourté.
On voit plus le lien avec l'album "God don't make no junk", dont ce single est extrait car les deux pochettes sont les mêmes dans des couleurs différentes. Ce single contient quand même deux titres inédits en album, la reprise des Smiths, donc, et "Comet tailings", qui est sur l'album, mais dans une version différente, et sous un autre titre, "I can't believe it's true".