08 août 2026

THE TIMES : Beat torture



Acquis probablement chez A La Clé de Sol à Reims en 1988
Réf : CRELP 038 -- Édité par Creation en Angleterre en 1988
Support : 33 tours 30 cm
10 titres

The Beautiful Music
, le label basé au Canada de Wally Salem, a d'abord attiré notre attention avec une série de compilations en hommage aux Television Personalities. Il y a eu également deux volumes de reprises de chansons d'Adrian Borland de The Sound. Mais au fil des années, TBM a aussi développé un catalogue de titres originaux, reflet de la production d'une sorte d'internationale pop underground,pour reprendre une expression de K records, avec notamment Dupont Circles, Dot Dash, The Yellow Melodies, Roy Moller ou Armstrong.
Mais TBM continue à rassembler des musiciens passionnés du monde entier pour rendre hommage à de grandes figures. Le dernier en date, avec un lien avec les TVPs, est I Helped Edward Ball Escape, un hommage à The Times et Ed Ball, dont le titre fait référence au classique de The Times, I helped Patrick McGoohan escape.

C'est l'aboutissement d'un projet au long cours qui a attiré de nombreux fans d'un artiste prolifique et sympathique. Pas étonnant donc qu'au bout du compte que cet hommage prenne la forme d'un double CD de 44 titres !
Et le mieux dans tout ça, c'est que le nombre de titres qui m'ont plu à l'écoute est largement supérieur à la moyenne de ce genre de compilation. Par exemple, les dix premiers titres du CD 2, dans une veine pop électrique, m'ont tous accroché l'oreille sans exception. Dans le lot, il y a mes deux préférés tout court, Britannia sleeps tonight par The Woermwood Scrubs et Pinstripes par The Great Auk Fanciers' Society. Parmi les autres titres, j'ai notamment apprécié ceux de Rotifer, Summerhouse, The Yellow Melodies, April Events, Terryball, Tender Engines et The Answers.

I helped Ed Ball escape est en vente ici.
La réaction détaillée d'Ed Ball à l'écoute de ces reprises est à lire ici.
Une chronique en français par Benjamin Berton a été publiée par Sun Burns Out.

Pour fêter ça, j'ai ressorti Beat torture, le premier disque d'Ed Ball sorti chez Creation. Le premier d'une très longue série sous de multiples identités jusqu'à la dissolution du label tout début 2000.
En 1988, mes fonctions de conseiller spirituel de Biff Bang Pow ! venaient de s'interrompre brutalement. Je ne recevais donc plus de disques du label en cadeau et j'ai choisi d'acheter celui-ci quand je suis tombé dessus en magasin à Reims. Comme c'est arrivé quelques fois dans l'histoire du rock, par exemple avec le troisième Starshooter ou l'Agents of change EP de Blue Orchids, le disque à la pochette très dépouillée était vendu dans un sac plastique. C'est un pressage anglais, mais une étiquette de code prix collée dessus indique qu'il est passé par les mains d'un distributeur français plutôt que d'un importateur.
Dans un entretien pour le site Creation Records en 2005, Ed explique qu'Alan McGee lui a proposé début 1988 de sortir un album et de travailler pour le label. Problème, la formation précédente de The Times s'était séparée en 1987, alors Alan a proposé les services de BBP!. Dans les faits, l'album a été enregistré avec Alan et Dick Green de BBP!, Jowe Head (Swell Maps, TVPs, The Palookas, etc.) et le batteur Paul Mulreany, qui est resté un temps membre de The Times et a aussi joué avec The Blue Aeroplanes, Jazz Butcher et Primal Scream.
La tonalité noire de la pochette fait bien la transition avec l'album Love is forever de BBP!, sorti quelques mois plus tôt et sur lequel on entend Ed aux chœurs. Les deux ont en commun un son clair et énergique.

Ma période préférée de The Times est celle que je qualifierais de période sous ecstasy, de E for Edward en 1989 à Pure en 1991, mais Beat torture arrive juste derrière. C'est vraiment un disque que je trouve très bon, que j'apprécie plus par exemple que les premiers albums de The Times, pourtant réputés et recherchés.

Cela tient en partie à l'excellence et à la fougue du morceau d'ouverture, Godevil, celui qui a été le plus diffusé puisqu'il figurait sur la compilation pas chère de Creation, Doing it for the kids.
L'intro est très rock and roll, avec un saxophone bien gras (je me demande bien qui le joue). Je me suis persuadé à l'époque que la deuxième voix, celle qui chante "What have you ever done ?" et "Godevil's waiting in the shadows", était celle d'Alan. J'ai eu des hésitations aujourd'hui, mais je pense quand même que c'est bien le cas.

On enchaîne ensuite sur un ton moins furieux et plus dans le style habituel d'Ed Ball avec une autre très bonne chanson, Heaven sent me an angel, la seule de l'album reprise sur I helped Ed Ball escape, en version électro-pop par Si Farrier
Elle donne le ton de la suite de l'album, qui est d'excellente tenue, à part une baisse de régime sur les deux derniers titres.
Il y a plusieurs autres titres rapides et électriques (I'll be your volunteer, Department store et It had to happen), mais aussi la ballade avec harmonica Love like haze or rain, Chelsea green avec un arrangement surprenant et How to start your own country au rythme un peu martial.

J'ai découvert en préparant cette chronique qu'il y avait quatre titres en plus sur l'édition CD de l'album. Il s'agit en fait de démos de quatre des chansons, en solo, avec boite à rythmes. Elles auraient été suffisamment bonnes pour sortir telles quelles, en EP par exemple.

Après la fin de Creation, Ed Ball n'a plus sorti aucun nouveau disque de ses projets. On l'a retrouvé en 2006 à l'époque de My dark places pour épauler son pote Dan Treacy en enregistrant et tournant avec Television Personalities. Il pensait en 2005 sortir un nouvel album solo. J'ai l'impression qu'il ne faut pas trop compter dessus.

Contrairement à un grand nombre de disques de The Times publiés avant ou après, Beat torture n'a jamais été réédité depuis 1988, mais l'album est intégralement en écoute sur YouTube, les quatre titres de l'édition CD compris.

05 août 2026

RODRIGO AMARANTE : Mon nom


Consulté sur Bandcamp le 16 juillet 2026
Réf : [sans] -- Édité par Polyvinyl aux États-Unis en 2014
Support : 1 fichier flv
Titre : Mon nom

C'ets un article de The Conversation, « Ils sont parmi nous » : la nouvelle plateforme de la Maison‑Blanche et la déshumanisation des sans‑papiers, qui a attiré mon attention sur le site aliens.gov.
Avec une charte graphique rappelant la série X files, plus la musique du générique en fond sonore, ce site annonce des documents déclassifiés sur les aliens. Au fur et à mesure qu'on fait défiler le texte, on nous annonce que les aliens sont parmi nous depuis 60 ans et semblent vivre une existence humaine normale, sauf qu'ils n'ont rien à faire ici. Les autorités ont laissé faire, mais la vérité n'est plus ailleurs, elle est ici car seul le président Trump a eu le courage de s'opposer au danger que les aliens posent à la société américaine.
C'est alors qu'on découvre un décompte et une carte avec les "rencontres" avec les aliens. Il s'agit en fait des arrestations faites par les agents de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), car tout le site repose sur le double sens du mot "alien" en anglais : il n'est pas question ici d'extra-terrestres mais d'étrangers, présumés en situation irrégulière.
La page se termine avec un message prétendument rassurant ("Si vous assistez à l'enlèvement d'un alien, ne vous inquiétez pas, l'alien est entre de bonnes mains"), complété bien sûr par un appel à la délation.
On trouve en bas de page un ajout présenté comme déclassifié en 2026, avec un appel à déporter tous ces "illégaux" qui ne sont pas des petits hommes verts :



Comme Fatima-Zahra Aklalouch l'explique dans son article, il s'agit bien de déshumaniser les étrangers, tout en se moquant d'eux et en faisant comme un clin d’œil au public avec des références à la culture pop. 
En découvrant ce site non seulement j'ai eu la nausée, mais, comme ça m'est arrivé à de nombreuses reprises ces derniers temps, j'ai eu l'impression d'être transporté dans une réalité alternative, une horrible dystopie. Car ce qui est d'autant plus glaçant avec ce site, c'est que ce n'est pas un simple abruti qui l'a mis en ligne sur les réseaux sociaux, ou une quelconque organisation extrémiste qui fait sa com, mais c'est bien le site officiel de la Présidence des États-Unis qui diffuse cette information.

La lecture de cet article m'a aussi fait penser à la chanson Mon nom de Rodrigo Amarante.
Je l'ai redécouverte récemment en allumant ma radio dans la voiture, restée branchée sur une émission de France Culture. Je l'ai reconnue tout de suite sans retrouver tout de suite les références : j'ai dû découvrir cette chanson de 2014 début 2020 et elle m'a plu suffisamment pour que je l'intègre dans ma compilation du moment, Comme un papillon sous la glace.
Cette chanson vient s'ajouter à d'autres déjà chroniquées ici, sur les thématiques du racisme et de la condition de l'exilé : L'affront national, Voilà, voilà que ça recommence, C.facile et Je suis venu chercher du travail.

Rodrigo Amarante est né à Rio de Janeiro en 1946. Il s'est d'abord fait connaître comme membre du groupe Los Hermanos. Après leur séparation en 2007, il a notamment participé au big band Orquestra Imperial, collaboré avec Devandra Banhart et été membre du trio Little Joy.

Mon nom est extrait de son premier album sous son nom, Cavalo. Dans son texte d'accompagnement, il explique que l'album a été écrit alors qu'il vivait de façon inattendue en exil à Los Angeles. Il explique notamment : "J'ai utilisé plusieurs langues pour me forger une nouvelle voix, une voix rendue plus forte par le manque de vocabulaire, sans subterfuges, une voix qui devait savoir ce qu'elle voulait chanter".
C'est intéressant puisque, on le comprend avec le titre, Mon nom est une chanson écrite en français par un lusophone vivant dans un pays anglophone. Elle aurait eu sa place dans la rubrique Parlez-vous français ? de l'Arrière-Magasin.
Comme Catherine Laugier l'indique chez Nos Enchanteurs, ce n'est pas la première fois que Rodrigo s'essaie au français : il avait signé en 2001 Cher Antoine pour Los Hermanos.

Le sentiment exprimé par les paroles est simple : l'étranger est par définition un déraciné, un "autre" qui se trouve dans une situation terrifiante. C'est simplement un humain, contrairement à ce que le site aliens.gov, les informations d'actualité et tous ceux qui font de cette question un enjeu électoral laissent entendre.

La vidéo est une réussite, qui exprime l'étrangeté de l'étranger en mélangeant les lettres des mots de la traduction anglaise des paroles.
Avec sa guitare acoustique, sa boite rythmes et un peu de claviers, Mon nom est une très belle chanson. Elle se fait une place dans le répertoire de la chanson française : elle a notamment été reprise en 2017 par Superbravo et en 2020 par Feu Chatterton, dans des versions très fidèles.

Le deuxième album de Rodrigo Amarante date de 2021. Il a signé en 2023 la musique du film Ses trois filles.






Rodrigo Amarante, Mon nom, en direct pour la radio KEXP à Seattle le 19 juin 2014.

01 août 2026

VICKI KRISTINA BARCELONA : Pawn shop radio


Acquis au F'estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs à Châlons le 19 juillet 2026
Réf : JARO 4354-2 -- Édité par Jaro Medien en Allemagne en 2020
Support : CD 12 cm
10 titres

Le 35e F'estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs de Châlons en Champagne s'est achevé en beauté dimanche 26 juillet avec, fort logiquement, le spectacle Le dernier concert de la Compagnie I.Si. Une édition un peu particulière, puisque c'était la dernière portée par son directeur-fondateur, l'ami Patrick Legouix.

Je n'ai pas vu beaucoup de concerts du festival cette année, mais les deux moments les plus marquants pour moi ont été les prestations de
Bassi Bakambi, de la rumba congolaise au féminin (pas de chronique car ce groupe a pour l'instant très peu de musique disponible en ligne, et pas du tout en disque), et de Vicki Kristina Barcelona.

Les précédents dimanches, il faisait tellement chaud que les concerts ont dû se replier à l'intérieur de l'église Saint Alpin, mais là le temps était idéal et le groupe a joué sur le parvis, le public étant installé dans la petite rue des Lombards, juste à côté de la maison où l'on trouvait à la fin des années 1970 le HiFi Club, le disquaire chez qui j'ai acheté mon premier disque d'Elvis Costello.

Vicki Kristina Barcelona est le projet de trois musiciennes new yorkaises, qui chantent toutes les trois : Rachelle Garniez, qui joue principalement de la basse et de l'accordéon; Amanda Homi, qui joue toutes sortes de percussions; et la guitariste Kirsten Thien, qui a succédé en 2025 à Terry Radigan.
Toutes ont un parcours musical varié, sous leur nom ou en groupe, mais ce qui les rassemblent spécifiquement au sein du VKB Band, ce sont les chansons de Tom Waits (et Kathleen Brennan pour un bon nombre d'entre elles), qui constituent quasiment l'intégralité de leur répertoire.
Le nom du groupe est inspiré du film Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen (2008), pour faire un parallèle entre le film, qui s'intéresse aux relations de trois femmes avec un homme, et le groupe, où les trois musiciennes se penchent sur l’œuvre de Tom Waits.

Il se trouve qu'il s'agissait du premier concert en France de VKB, pour la plus grande joie du trio, assez francophile, et du public, qui comme moi a passé un excellent moment. Les arrangements sont inventifs, les instruments nombreux et surprenants. En solo, en duo ou en trio, les prestations vocales sont variées et à aucun moment la voix si particulière de Tom Waits ne manque : on se contente d'apprécier la qualité et l'originalité de ses chansons.

A la fin du concert, j'ai choisi en souvenir ce Pawn shop radio, leur premier album, parce qu'il contient plusieurs chansons que j'aime particulièrement, notamment ma préférée du concert, I don't want to grow up, qui avait notamment été reprise de façon mémorable par les Ramones en 1995.
Depuis, deux albums et demi sont parus, Yesterday is here (2022), Crooked little heart (2024) et Second hand moon (2025), pour marquer l'arrivée de Kirsten Thien.

Le titre d'ouverture, Cold cold ground, joué à Châlons avec un peu de guitare saturée je crois, est un bon exemple du traitement appliqué aux chansons par VKB : leur version est presque sautillante et elles s'entraident pour le chant.
Jersey girl associe rythmes latinos et accordéon.
Parmi les chansons que je connaissais et appréciais déjà, il y a notamment Tango till they're sore et Innocent when you dream. Mais il y en a que j'ai (re)découvertes le jour du concert, comme God's away on the business, à l'origine sur Blood money, et I'll be gone, de Frank's wild years.
Mon titre préféré reste I don't want to grow up, cuisiné ici à la sauce cajun. Les paroles sont vraiment une réussite : le narrateur-enfant aurait pu se retrouver chez Jonathan Richman.

Voilà un très bon album, donc, avec d'excellentes chansons dans des versions intéressantes, mais l'écouter est une expérience un peu terne si on la compare avec le très bon moment vécu pendant l'heure et quart du concert, un moment plein de vie, avec la joie des musiciennes d'être là, les petites sautes de vent, les réactions attendues et inattendues du public, les enfants qui jouent, les explications données à l'oreille de ma mère sur la thématique des chansons, les gens qui ne font que passer... On retrouve un peu de tout ça dans la vidéo de la version émouvante de I'll be gone jouée à Châlons.

Et réjouissons-nous,  car même après le dernier concert par Le Dernier Concert, le festival n'est pas tout à fait terminé. Rendez-vous vendredi 11 septembre dans le quartier du Verbeau pour un concert de Lucia de Carvalho et une frite party.

Le CD de Pawn shop radio est en vente sur Bandcamp. L'album entier est en écoute sur YouTube.


Vicki Kristina Barcelona, I'll be gone, en concert le 19 juillet 2026 au F'estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs, sur le parvis de l'église Saint-Alpin à Châlons en Champagne.








Vicki Kristina Barcelona le 19 juillet 2026 au F'estival des Musiques d'Ici et d'Ailleurs.

29 juillet 2026

JUILLET FIRE : Wildfire


Consulté pour la première fois sur Bandcamp le 26 juillet 2026
Réf : [sans] -- Édité par Juillet Fire aux États-Unis en 2015
Support : 1 fichier mp3
Titre : Wildfire

Comme je manquais un peu d'inspiration pour trouver un sujet de chronique de musique en ligne, j'ai procédé comme je le faisais pour mes chroniques pour le webzine Casbah : j'ai fait une recherche sur Bandcamp.
Eh non, je ne suis pas obsédé par l'actualité brûlante au point d'avoir fait une recherche sur "feu" ou "forêt". Non, tout bêtement, j'ai commencé par une recherche sur le mois en cours, "juillet" (inconsciemment, je devais me souvenir que j'avais procédé de façon similaire en novembre 2021 pour ma toute première chronique Casbah).
Et dans la première page de résultats, j'ai aperçu ce titre en anglais Feu de forêt par Feu de Juillet...! Là, je ne pouvais qu'aller écouter et, comme ce que j'ai entendu m'a paru suffisamment intéressant, mon choix a été vite fait.
Ce que j'avais complètement oublié c'est que, toujours pour Casbah, j'avais bien fait il y a trois ans une recherche sur "forest fire", en référence à l'excellente chanson de Lloyd Cole. Il en avait résulté la chronique de A Forest Fires, The Bamboo Shoots.

S'agissant d'un artiste américain, je n'arrive pas à expliciter l'utilisation du terme "Juillet" dans le nom. On se serait attendu par exemple à "July" ou "Juliet", mais là ça reste intrigant.
Derrière ce nom, on trouve une musicienne de Grand Junction dans le Colorado, diplômée en 2015 du fameux Berklee College of Music.

Parmi les mots-clés choisis pour caractériser Juillet Fire, il y a "electronic" et "pop vocals", et ça convient très bien pour décrire Wildfire, une chanson d'amour, avec la basse synthétique en intro et les synthés et percussions électroniques qui viennent ensuite. La voix pop est bien là, doublée par moments, et la chanson décolle vraiment dans la deuxième moitié avec les répétitions du refrain "Let the wildfire burn". Ça me rappelle évidemment un peu mes années new wave, mais ça me plaît bien.

La chanson est extraite du Mile high in 2015 EP, sur lequel mes deux autres titres préférés sont Living in the age et Really rad, en collaboration avec A spineless mind.

Juillet Fire n'a rien publié d'autre sur Bandcamp depuis 2015, et il n'y a rien non plus sur Discogs ou ailleurs en ligne. J'imagine quand même que la musicienne/chanteuse en question reste active, avec d'autres projets.

Quant à nous, si l'inspiration manque on pourra toujours s'intéresser à la canicule la semaine prochaine...

25 juillet 2026

JEAN CHRISTOPHE avec ANDRE CHACKALL : Chante ses chansons 2


Offert par Dorian Feller à Villedommange le 13 juillet 2026
Réf : JM 21-22 -- Édité par Agora en France en probablement dans les années 1950
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Toi c'est toi -- Pourquoi, pourquoi -/- Inconstance -- Étrange attente

Dorian avait mis de côté ce disque spécifiquement à mon intention, en raison du nom de l'artiste bien sûr, un JC comme moi. Je l'ai remercié, en faisant la remarque en passant que, dans ce cas précis, Jean était le prénom et Christophe le nom de famille.
Eh bien, figurez-vous que j'avais tort ! En consultant Discogs, j'ai tout de suite appris que ce nom d'artiste reprend les deux premiers prénoms de Jean Christophe de Mauraige (1928-2021), comme indiqué au verso de son premier 45 tours, qui avait en réserve dans sa besace un troisième prénom, Fernand.

Avec l'ami Philippe R., on a pris l'habitude depuis quelques temps de s'échanger des articles à propos de personnes, célébrités ou anonymes, artistes ou non, qui ont eu un parcours de vie qui nous parait remarquable. Celui de Jean Christophe de Mauraige, retracé par son fils Ghilhem au moment de son décès, rentre dans cette catégorie. Sous le pseudonyme de Kizoff et aux côtés de sa mère Elisabeth, il a participé à la Résistance pendant la seconde guerre mondiale, de 1943 à 1945, c'est à dire à partir de 15 ans, notamment au sein de l'Armée Secrète de Dordogne.
A partir de 1950, il aura de nombreuses activités dans les domaines social et culturel, notamment au sein de la Fédération des Colonies de Vacances Familiales. Il est notamment l'auteur de pièces de théâtre, le co-auteur d'un livre sur l'initiation au mime, et donc il a publié deux 45 tours de ses chansons, le mien étant de le deuxième.

André Chackall accompagne Jean Christophe sur les deux disques. Je n'ai trouvé aucune information à son sujet. Aucune information non plus sur Maryse Tulasne, qui a dessiné la pochette de ce deuxième volume.

Les deux chansons de la face A sont en duo et ce sont mes deux préférées; je les ai numérisées.

Pour Toi c'est toi, l'instrumentation est minimale, avec guitare acoustique et percussion. Ils chantent les refrains ensemble. Pour les couplets, l'un chante et l'autre fait des vocalises. Cette mise en place permet de surmonter leurs limites question technique vocale. La simplicité de l'ensemble fait beaucoup pour rendre la chanson intéressante.

Pourquoi, pourquoi est une chanson courte, avec un côté folk prononcé qui tendrait à me faire dater le disque du début des années 1960 plutôt que de la fin des années 1950. Là encore, c'est minimal, léger ("Moi je suis fou de toi, toi tu te fous de moi") et sympathique.

Sur la face B, Inconstance est chantée par André Chackall seul, avec juste de la guitare acoustique. On est plus proche du Père Duval que de Georges Brassens, les deux, on le sait, n'étant pas incompatibles.

Étrange attente est chantée par Jean Christophe façon crooner, ce qui n'est pas vraiment dans ses cordes. Cette chanson est orchestrée par Pauline Campiche, pianiste et compositrice, auteur notamment de la musique du feuilleton Le temps des copains et du film Mon oncle du Texas.

A écouter :
Jean Christophe et André Chackall : Toi c'est toi
Jean Christophe et André Chackall : Pourquoi, pourquoi


18 juillet 2026

NENAD : (Marie's the name) His latest flame


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres vers 1984
Réf : ama 1 -- Édité par CAMAB en Angleterre en 1982
Support : 45 tours 17 cm
Titres : (Marie's the name) His latest flame -/- Sanja

J'ai acheté ce disque, comme des dizaines d'autres, pour 10 pence dans la cave du Record and Tape Exchange. La pochette assez réussie a dû m'attirer, avec ce jeune gars en chemisette et les couleurs derrière qui font penser à celles d'un drapeau. La face A est une reprise d'un tube d'Elvis Presley, mais je ne le savais sûrement pas à l'époque.
Je n'ai trouvé aucune information sur  cet artiste Nenad, qui est un prénom d'origine slave. Discogs nous apprend juste qu'il a sorti un autre 45 tours après celui-là, Green grass.

Il y a un an, l'ami Phil King a publié All the young droids, un double album compilation de raretés de pop synthétique de salon, des bricolos qui après le punk se sont emparés des nouveaux synthés au prix devenu accessible. Ce disque de Nenad n'a pas le côté futuriste/mutant droid et est sans doute trop gentillet, mais il est de la même époque et il est également électronique et pop, auto-produit et sûrement aussi auto-édité : le seul autre disque référencé sur le label CAMAB est le deuxième de Nenad, qui a utilisé les services d'Ellie Jay Productions, une boite genre Le Kiosque d'Orphée en France qui proposait de vous organiser toutes les étapes de la publication d'un disque. Nenad disposait d'un certain budget, y compris pour la promotion, puisqu'il y a sur mon exemplaire une étiquette avec le téléphone du publiciste Geoff Collings.
Ce n'est pas mon repiquage MP3 qui est raté : je ne sais pas si ça vient de l'enregistrement, du mixage ou de la gravure, mais le son du disque n'est en tout cas pas génial.

His latest flame est donc la reprise d'une chanson écrite par Doc Pomus et Mort Shuman. Si c'est Elvis qui en a fait un tube en 1961, c'est Del Shannon qui avait publié la première version quelques semaines plus tôt. La chanson de départ, avec son léger rythme à la Bo Diddley, est très bonne. Je trouve la version électronique de Nenad très réussie. Je l'ai régulièrement écoutée et appréciée ces quarante dernières années.
J'avais en tête comme point de comparaison une autre reprise sixties d'époque, Chantilly lace par R. Stevie Moore, mais l'original n'est pas d'Elvis comme je pensais (c'est Big Bopper) et le son est assez différent. Mais je n'étais pas tombé bien loin : sur l'album Under the covers de 1983, Chantilly lace est enchaîné avec... His latest flame, et là on n'est pas si loin de la version de Nenad (ces titres ont été publiés en France par New Rose en 1984).

La face B, Sanja, est une chanson originale de Nenad. Le titre est un prénom, mais il signifie aussi "Rêves" en croate. Dans sa première partie, c'est une ballade, un slow quoi, une ode à Sanja. Le dernier tiers est instrumental et un peu plus rythmé, mais l'ensemble est assez quelconque. N'empêche, j'aimerais bien en savoir plus sur ce Nenad...

A écouter :
Nenad : (Marie's the name) His latest flame
Nenad : Sanja