25 juin 2020

HENRI SALVADOR : Il est né le divin enfant


Acquis sur le vide-grenier de la place des Fêtes à Paris le 20 juillet 2019
Réf : RI 10063 -- Édité par Rigolo en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Il est né le divin enfant -/- Claire ma secrétaire (Mary my secretary)

En décembre dernier, l'ami Charlie Dontsurf s'inquiétait en commentaire de l'absence de disques de Noël par ici. Il avait juste oublié la règle stricte que je me suis fixé : ne chroniquer des disques de Noël, le cas échéant, qu'au moment de ce que je désigne comme l'équinoxe de Noël, le 25 juin, c'est à dire la date à laquelle on est le plus éloigné de Noël, que ce soit le précédent ou le suivant. C'est déjà arrivé trois fois par le passé, en 2008, 2009 et 2016.
Et du coup, ça fait onze mois que j'attends de pouvoir chroniquer ce disque d'Henri Salvador, trouvé l'été dernier lors d'une journée à Paris, tout à la fin du parcours de deux vide-greniers assez miséreux et peu productifs. Là, l'antiquaire semi-professionnel avait une poignée de disques à 1 € posés sur une table et j'ai été bien content de le délester de ce 45 tours que je ne connaissais pas du tout.
A une époque, c'est à peine si je m'intéressais aux très nombreux disques de Salvador, mais depuis j'ai appris à les apprécier, y compris les 45 tours deux titres de la première moitié des années 1970 qu'il enregistrait et éditait seul, comme Ahh !!! la garantie foncière... ou Kissinger - Le Duc Tho.
Et ce qu'il y a de  bien avec les pochettes d'Henri Salvador, c'est qu'à chaque fois il donne de sa personne. Visiblement, il aimait bien se déguiser et là on l'a bien sûr en Père Noël souriant.
Ce n'était pas la première fois qu'il donnait dans le disque de fêtes, puisqu'il a enregistré en 1949 deux version de C'est Noël m'amie et sorti en 1957 un EP Chansons pour les fêtes.
Sinon, autant vous dire que je n'attendais absolument rien d'une version d'Il est né le divin enfant par Salvador. Eh bien, j'avais tort, car j'ai été agréablement surpris !
Là aussi, je pense qu'il enregistre seul, la musique (minimale, à la guitare, qu'il signe en adaptation d'après folklore) et les différentes voix, plus ou moins graves. Il réussit en quelques notes à donner une ambiance gospel/jazzy à son interprétation. Étonnant.
En face B, on trouve l'une des très nombreuses adaptations en français, par Bernard Michel, de titres américains rigolos qu'il a enregistrés pendant les années 1960 et qui lui ont apporté de très grands succès. Là, il s'agit de Mary my secretary de Ray Stevens, face B de son 45 tours Answer me my love de 1967.
A la sauce Henri/Bernard, ça donne très fidèlement Claire ma secrétaire, avec une histoire simple : Claire est super efficace au boulot, Claire est super canon, mais elle résiste aux avances (au harcèlement, dirait-on aujourd'hui) de son patron Henri. Alors, une seule solution pour arriver à ses fins, l'épouser en bonne et due forme !
Les deux faces de ce disque figurent également sur le 33 tours Henri Salvador sorti au même moment.
Rendez-vous l'an prochain (peut-être) pour ne pas fêter Noël ensemble.


Au verso du EP Ballade pour Bonnie and Clyde, qui contient également Claire ma secrétaire, on a droit à Henri déguisé en secrétaire.

20 juin 2020

LES DALTONS : Objet ancien


Acquis par correspondance via Ebay en juin 2020
Réf : 777003/1 -- Édité par Praksis en France en 2016 -- Disque promotionnel interdit à la vente
Support : CD 12 cm
12 titres

L'autre jour, en étudiant sur Discogs la liste des reprises de chansons de Jonathan Richman (Chacun ses occupations...!), je suis tombé, outre la version d'Egyptian reggae par The Jamaica Corporation, sur la mention d'une publication assez récente par un groupe nommé Les Daltons qui contenait une reprise de Pablo Picasso.
Ce qu'il y a de bien de nos jours, c'est que, quand on trouve la référence d'un titre inconnu il y a de bonnes chances pour qu'on puisse l'écouter en ligne dans les secondes qui suivent. C'est ce que j'ai fait, et j'ai pris une claque !
Déjà, l'arrangement musical pour l'introduction était intéressant, avec une ligne de basse évoquée (à la guitare ? ) mais moins marquée que l'originale et une guitare vagabonde un peu bluesie. Et puis après trente secondes, le chant est arrivé et là - stupeur ! - les paroles étaient en français ! Pour quelqu'un qui privilégie les reprises par les francophones quand elles sont adaptées dans notre langue et qui, spécifiquement pour cette chanson, la chantonne pour lui-même depuis plus de trente ans en tentant de lui imaginer des paroles en français, c'était inespéré.
Le reste de la chanson ne m'a pas déçu, que ce soit pour l'interprétation musicale ou pour les paroles, même si, évidemment, on peut chipoter ça et là pour des choix de détail ("Pablo Picasso ne s'est jamais fait traiter de connard" aurait peut-être mieux fonctionner qu'avec "tocard", et pourquoi chanter la phrase en anglais sur la fin ?), mais dans l'ensemble j'ai été conquis d'emblée.
Tout de suite, j'ai eu envie de me procurer Objet ancien, l'album sur lequel on trouve Pablo Picasso, mais seule une version 33 tours est référencée sur Discogs, et c'est la seule que j'ai vue en vente en ligne. Et au 21e siècle, le vinyl neuf c'est pas trop mon truc. Alors je me suis contenté d'acheter la piste numérique et je l'ai incluse dans le dernier épisode de mon Désordre musical, La promiscuité sent le fromage.
Mais au fil des écoutes mon admiration pour cette reprise n'a fait que grandir. Moi qui n'aime pas la première version parue, celle de John Cale, et déteste celle de David Bowie, je trouve que celle-ci est la seule qui vaut la peine en plus de l'originale, celle enregistrée vers 1973 et publiée pour la première fois en 1976 sur l'album The Modern Lovers. Et j'irai même plus loin en disant que ce titre des Daltons est tout bonnement l'une des reprises les plus intéressantes de Jonathan Richman parmi toutes celles que je connais (et, mine de rien, il y en a un paquet !).
Alors, ça me titillait et j'avais envie de m'offrir le disque. Sur le site de Baldo, graphiste et musicien, membre d'une tripotée de groupes, dont récemment Les Revizors avec l'ami Le Vieux Thorax, mais aussi à certaines époques Les Daltons (il joue sur un titre de l'album et en a réalisé la pochette), j'ai remarqué qu'il y avait une version CD de la pochette. Alors je me suis remis en quête et j'ai fini par trouver sur Ebay un unique exemplaire promo du CD, que je me suis procuré. J'aurais pu me simplifier les choses en cliquant sur "afficher plus" sur la page Bandcamp des Daltons : il y est indiqué qu'on peut contacter directement le groupe pour acheter le 33 tours ou le CD !
Je ne le connaissais pas, et avec un nom aussi bateau ce n'est pas facile de se faire remarquer, mais visiblement Les Daltons est un groupe qui a une longue histoire. Ils existaient déjà dans les années 1980 et ont sorti un 45 tours en 1984, Tagada tagada voilà.... Ils se sont reformés en 2012 et Objet ancien est leur première parution, avec onze créations originales plus Pablo Picasso.
Ils ont l'intelligence de s'exprimer dans leur langue, ce qui les place dans la lignée et au niveau d'autres groupes rock francophones, comme Bijou, Les Wampas, Soucoupes Violentes, Les Olivensteins ou Cyclope. Il y a une seule chanson en anglais, Rock 'n' roll fucked my life, mais comme la première fois que je l'ai écoutée c'était en regardant la vidéo, je me suis plus concentré sur les pochettes de disques qui apparaissent fugitivement (je dois en avoir une vingtaine dans ma collection) que sur l'accent anglais, et au bout du compte c'est une de mes chansons préférées du disque.
La séquence d'ouverture qui mène à Pablo Picasso est excellente, avec Ruisseau, Costume de merde, Objet ancien et Bottes rouges (et c'est pourtant casse-gueule d'écrire une chanson sur des bottes rouges après Les Wampas...!).
C'est du rock on ne peut plus basique (guitares, basse, batterie, clavier) mais qui n'a rien de rétro, avec un style vocal parlé/chanté un peu particulier et des paroles originales et intéressantes.
La deuxième moitié du disque est du même tonneau que la première, avec notamment J'explose et CDD.
Depuis la sortie de l'album, le groupe continue de se produire sur scène (quand c'est possible...) et a sorti un 45 tours, Le jerk en sanglots.

Contacter Les Daltons pour acheter le vinyle ou le CD d'Objet ancien.









14 juin 2020

KING GEORGE : Hong-Kong reggae


Acquis par correspondance via Discogs en mai 2020
Réf : 36448 -- Édité par Omega International en Belgique en 1977
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Hong-Kong reggae man -/- King of reggae (In dub)

Allez, un deuxième et dernier épisode des aventures d'Egyptian reggae chez les Belges.
Egyptian reggae est le seul disque crédité à The Jamaica Corporation mais, en regardant leur fiche sur Discogs, j'ai vu qu'ils étaient présents sur deux albums compilation, Hot hot disco et King size reggae.
Notons au passage que, sur Hot hot disco, on trouve une reprise de Cleopatra rock de Sammy Lowe par The Honky Tonk Band, un nom derrière lequel on trouve les mêmes compères que The Jamaica Corporation, Roland Uyttendaele et De Bofre. Et notons aussi que, sur King size reggae, où l'on trouve mélangées productions belges et productions jamaïcaines, il y a un titre de 1967 de Prince Buster, Dance, Cleopatra. On tient une thématique là, avant même que Jonathan Richman ne sorte son Abdul and Cleopatra !
Mais surtout, sur les deux albums, j'ai découvert qu'on trouvait une chanson intitulée Hong-Kong reggae, créditée à Chicken George !
Cette chanson est aussi sortie en 45 tours en Belgique. Ce qui signifie si je compte bien que, rien que dans ce pays, il y a eu au moins deux reprises-copies d'Egyptian reggae (par Ramses Ballet et The Jamaica Corporation) et deux décalques-copies (par The Jamaica Corporation et King George).
Derrière King George, c'est un autre auteur-producteur belge que l'on trouve, Kick Dandy, de son vrai nom Frans de Schrijver. On lui doit notamment la chanson Samson d'Emly Starr, qui a représenté la Belgique au concours de l'Eurovision en 1981.
Ce qui est étonnant avec Hong-Kong reggae, c'est que, à la différence de Chinese reggae, ce n'est pas une simple resucée de la chanson originale. 
Certes, tous les ingrédients sont là dans l'introduction : un petit gimmick mélodique, un grand coup de gong, les percussions sautillantes. Mais ça change d'ambiance au bout de quelques secondes. Déjà, il y a des voix, celle pleine d'écho d'un chanteur façon DJ reggae mais aussi des chœurs, et il y a aussi de l'orgue. Tant et si bien qu'on se retrouve avec quelque chose dans un style très roots, bien plus proche dans l'esprit du None shall escape the judgement de Johnnie Clarke (la chanson qui a "inspiré" l'Egyptian reggae de Jonathan Richman, à tel point que son auteur Earl Zero a été crédité comme co-auteur d'Egyptian reggae lorsqu'une nouvelle version a été publiée sur l'album Surrender en 1996) que du titre des Modern Lovers.
La face B, King of reggae, est une version dub d'Hong-Kong reggae.
Pour rester sur le sujet de Hong-Kong, Lou Deprijck, qui n'avait pas laissé passer le train d'Egyptian reggae avec Ramses Ballet, n'a pas non plus raté celui du ska avec ses Hollywood Bananas : il a publié un Hong-Kong ska en 1980.
De mon côté, il faut que je vous laisse. Je dois aller faire des fouilles archéologiques dans les entrailles de Discogs, des fois que j'y trouve la trace d'un Taïwan reggae belge !

13 juin 2020

THE JAMAICA CORPORATION : Egyptian reggae


Acquis par correspondance via Discogs en  mai 2020
Réf : 7745092-H -- Édité par Hotline en Belgique en 1977
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Egyptian reggae -/- Chinese reggae

Visiblement, il y a eu quelque chose de spécial qui s'est passé au Bénélux avec Egyptian reggae.
En France, en 1977, le 45 tours est sorti et a été largement diffusé (on le trouve encore assez régulièrement), mais je ne pense pas que ce fut vraiment un tube, même si le titre a été repris en 1979 (joué quasiment à l'identique par des musiciens de studio professionnels) sur un album de Succès instrumentaux crédité à Christopher John et son Orchestre et publié par Music For Pleasure (Je pensais avoir ce 33 tours chez moi, mais non).
Au Bénélux, le 45 tours a aussi été édité et largement diffusé, avec une pochette rouge au lieu de jaune et au verso une photo inédite du groupe, avec un Jonathan Richman en tenue de footballeur et avec une horrible moustache (je l'ai chroniqué ici il y a quatorze ans), mais j'ai récemment découvert en fouinant sur Discogs qu'il y avait eu aussi deux reprises parasites sorties en Belgique dès 1977.
Lou Deprijck (Two Man Sound, Plastic Bertrand, Lou & the Hollywood Bananas) n'a pas laissé passer l'aubaine : sous le nom de Ramses Ballet, il a publié chez RKM sa version copie conforme d'Egyptian reggae. En bonne publication cannibale et parasite, dont le seul but est de faire ruisseler une partie des revenus associés à un grand succès (voir parmi d'autres exemples ici Seaside shuffle par Big Tears and the Crocodile et Venus par The Blocking Shoes), le nom "d'artiste" rappelle l’Égypte, tout comme la pochette.
Les canons du genre sont également respectés pour cet autre 45 tours belge, toujours de 1977, que j'ai décidé de m'offrir. Le rouge uni de la pochette a évidemment été choisi en fonction de la couleur de la pochette de la version originale et le pseudo-nom d'artiste évoque la Jamaïque.
Comme on était en pleine vague disco, la mention "Original disco version" sur la pochette pourrait légitimement inquiéter, mais en fait la version d'Egyptian reggae par The Jamaica Corporation n'est pas spécialement disco et se contente elle aussi de s'approcher au plus près du son de la version originale.
Le gars derrière ce disque est un auteur et producteur de variété, Roland Uyttendaele, peut-être bien le même Roland Uyttendaele qui est actuellement maire de la commune de Lede. Il a notamment produit des disques pour le duo Barry & Eileen et pour Cynthia Clay.
Si j'ai choisi d'acheter ce 45 tours plutôt que, par exemple, celui de Ramses Ballet, c'est à cause de sa face B. En effet, comme on pouvait s'en douter d'après le titre, Chinese reggae prolonge le concept avec une composition signée par Rolanski (un pseudonyme de Uyttendaele) et De Bofre (un de ses compères), composition qui réussit l'exploit d'être à la fois "originale" et copiée puisqu'il s'agit bien de refaire Egyptian reggae en différent mais presque pareil, avec les percussions qui imitent le son d'un cheval qui trotte, les coups de gong et la guitare acoustique. Sauf qu'il s'agit cette fois d'un reggae extrême-oriental !
Je ne pense pas que ces loustics soient allés jusqu'à écouter l'album Rock 'n' roll with The Modern Lovers, sur lequel on trouve Egyptian reggae, mais dans l'esprit ils ont fait comme un hybride d'Egyptian reggae et de The sweeping wind (Kwa ti feng), l'instrumental qui ouvrait l'album.
L'intérêt des belges pour Egyptian reggae s'est poursuivi au-delà de 1977, puisqu'un remix sûrement non autorisé par l'auteur est sorti dans ce pays en 1982. Aux manettes, on trouvait notamment Ben Liebrand, qui a eu un parcours remarqué par la suite.
Je dédie cette chronique à Pascal Comelade, qui, depuis 1986 au moins, est sûrement l'artiste qui a le plus repris Egyptian reggae, sur scène ou sur disque, seul ou à plusieurs. Il en a même fait une version haïku au piano d'une vingtaine de secondes !

06 juin 2020

THE NITS : J.O.S. days


Acquis par correspondance via Momox en mai 2020
Réf : CBS 651308 2 -- Édité par CBS en Europe en 1987
Support : CD 7,5 cm
Titres : J.O.S. days -- Yksi kaksi kolme -- Magic of Lassie II -- Moutain Jan

In the Dutch moutains est le dernier album studio des Nits que j'ai acheté neuf au moment de sa sortie (le premier, c'était soit Work soit Omsk). J'ai toujours apprécié ce disque, principalement pour ses arrangements légers et sa production ligne claire, le résultat probable d'une contrainte que le groupe s'était imposée pour l'enregistrement : des prises directes dans son local de répétition, sans retouches par la suite.
Mes deux chansons préférées, la chanson-titre et J.O.S. days, sont toutes les deux sorties en single. Je n'avais jamais acheté ces disques car j'avais l'album, mais je les ai trouvés récemment à un prix très correct, frais de port compris, et je me les suis offerts pour compléter ma collection.
J'aime toujours beaucoup la chanson In the Dutch mountains, qui est apparemment le plus grand succès du groupe à l'échelle européenne, mais j'ai choisi de chroniquer aujourd'hui J.O.S. days car, au  bout du compte, c'est vraiment ma chanson favorite de l'album, et les faces B de ce maxi sont intéressantes.
Columbia est sûrement la maison de disques qui a le plus travaillé la question des mini-CD. Pendant une période qui s'est étendue de 1988 à 1991 au moins, ils les présentaient dans des mini-pochettes ouvrantes, glissées pour la vente en magasin dans des emballages plastiques plus grands (j'en ai dans cette série par Les Objets, The KLF, Les Satellites et LL Cool J). A ce moment, la plupart des gens devaient avoir un adaptateur, et les plateaux des nouveaux lecteurs de CD permettaient de lire les mini-CD sans cet accessoire. Mais avant ça, comme c'est le cas pour ce disque des Nits, Columbia avait adopté une solution différente : un mini-CD et son adaptateur glissés dans une pochette cartonnée de taille "normale" de 12 cm.
Le "J.O.S." du titre, c'est le Jeugd Organisatie Sportclub, un club fondé en 1920 à Amsterdam, qui a fusionné depuis pour devenir le JOS Watergraafsmeer. L'un des grands-pères d'Henk Hofstede en est le co-fondateur.
J.O.S. days est une chanson, empreinte de nostalgie, qui fait le parallèle entre le destin des membres du club morts pendant la deuxième guerre mondiale (il y a un monument aux morts entre les deux terrains du club, les combats n'ont duré que quatre jours aux Pays-Bas et les jeunes sportifs y sont sûrement partis en pensant en sortir vainqueur) et les mésaventures sportives de Henk, la honte de la famille puisqu'il n'a pas joué assez bien lors d'un match de sélection pour être intégré à l'équipe, alors que ses cousins, grand et bêtes, tapaient déjà dans la balle quand ils étaient encore dans le ventre de leur mère. A la fin, Henk indique qu'il peut se passer d'un doigt ou d'un orteil, mais qu'une tête est nécessaire pour lui.
Ayant souvent été présenté comme "l'intello" de la famille, avec deux pieds gauches et pas habile de mes dix doigts, cette chanson me parle particulièrement !
Comme le studio de répétition n'avait pas de cabine isolée pour enregistrer les voix, Henk a chanté J.O.S. days depuis une Lada garée à l'extérieur (on le voit ).
Il me semble que J.O.S. days n'est pas construite comme une chanson pop classique, même si elle est très simple. Le tempo est moyen mais le rythme me semble particulier. Le chant des couplets est mélodique, et heureusement, car le refrain est réduit à sa plus simple expression, le titre de la chanson répété deux fois à la fin des couplets, avec une voix en chœur et de l'harmonica. Ca n'empêche pas le tout d'être très accrocheur !
Je me suis un peu fait avoir en achetant le 33 tours d'In the Dutch mountains plutôt que le CD (mais pas de regret car c'était beaucoup moins cher, et de toute façon je n'avais pas encore de platine CD en 1987 !) puisque le compact compte trois titres en plus, Strangers of the night, Moon and stars, et un titre jazzy-boogie pas très intéressant d'1'37, The magic of Lassie (d'après le titre de l'un des films avec la célèbre chienne dans le rôle principal).
Le maxi 45 tours d'In the Dutch mountains proposait en face B les deux premiers des titres bonus du CD, mais le troisième titre était The magic of Lassie II, et ce II change tout car cette chanson de 2'45 est une excellente face B, avec une base synthétique et une batterie très présente.
Pour le maxi 45 tours suivant, J.O.S. days, le matériel devait commencer à manquer. On y trouve en face B Yksi kaksi kolme (Un deux trois en finlandais), un instrumental inédit, Mountain Jan, un extrait d'In the Dutch mountains (bien, mais pas un de mes titres préférés de l'album) et Bike in head, de l'album précédent Henk, une excellente chanson, mais ça faisait un peu redite.
La plupart des singles des Nits ont été édités pour le marché des Pays-Bas, tout en étant plus ou moins diffusés dans l'Europe entière. Mais cette édition CD de J.O.S. days était vraiment été produite pour le marché européen. Du coup, pour appâter le client et pouvoir écrire que deux des titres n'étaient disponibles sur aucun 33 tours, cassette ou CD, le label a été rechercher The magic of Lassie II pour remplacer Bike in head sur ce CD. Et c'est tant mieux !




The Nits, J.O.S. days, dans une émission de télévision autrichienne en 1988. L'extrait commence par une version en extérieur à l'accordéon.


The Nits, Yksi kaksi kolme, en concert en 1987 au Saapasjalka Rock festival à Pihtipudas en Finlande, l'un des rares pays où le public pouvait comprendre le titre de cet instrumental ! Je préfère cette version à celle en studio.


The Nits, J.O.S. days, en public en avril 1988 lors du gala Edison en avril 1988 (le plus ancien prix musical des Pays-Bas).

30 mai 2020

TIGHTEN UP VOLUME 2


Acquis chez Happy Cash à Dizy le 23 mai 2020
Réf : TTL-7 -- Édité par Trojan en Angleterre en 1969
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Pour les vide-grenier cette année j'y compte même pas. Ce sera presque une bonne surprise s'il y en a quelques-uns d'organisés dans quelques mois (et dans quelles conditions ?). Mais les dépôt-vente, les ressourceries et les Emmaüs ont rouvert et je me suis remis à acheter des disques.
Happy Cash, je passe devant quasiment toutes les semaines mais je n'y vais presque jamais car leur petit rayon de disques est généralement cher et peu intéressant. Mais là, après deux mois de disette, je me suis dit que ça valait le coup d'y faire un tour rapide. Et j'ai bien fait, car il y avait un peu de 33 tours, leurs trucs habituels avec des Sardou à 5 € et des Kiss tout pourris à 15 €, mais il y en avait aussi quelques-uns à 2 € et j'en ai pris deux.
L'un est une réédition d'un album de 1959 de Fats Domino, Sings million record hits, avec notamment Be my guest, qui est réputé être l'un des titres de rhythm and blues qui ont le plus influencé la naissance du ska. Et ça nous fait une transition avec l'autre disque, cette très belle compilation reggae de 1969.
J'avais noté que cet exemplaire avait une pochette générique pour le Volume 3, alors que je sais que, en général, les pochettes de cette série sont illustrées de photos de femmes assez peu vêtues.
Comme il n'y avait pas de mention du numéro de volume sur les étiquettes du rond central, ce n'est qu'après coup que j'ai constaté que j'avais acheté le disque du Volume 2 glissé dans la pochette du Volume 3. Dommage, mais pas grave car le disque en lui-même est excellent.
On ne peut pas tout avoir...! Voici ce qui me manque : La pochette de mon disque Volume 2 et le poster qui était à l'intérieur de ma pochette Volume 3 :





En 1969, le reggae était en train d'exploser en Angleterre et Trojan en était le principal pourvoyeur. Mais cela concernait surtout des 45 tours, dont un bon nombre se retrouvait dans le classement des meilleures ventes. Pour toucher un public plus large et commencer à vendre des albums, Trojan a eu l'idée de sortir Tighten up, une compilation de ses derniers succès à prix économique, vendue dans le circuit de la grande distribution, comme les magasins Woolworth's, l'équivalent des Prisunic français.
Ça a tellement bien marché que huit volumes de Tighten up sont sortis jusqu'en 1973. Sorti quelques mois après le premier, le Volume 2 est celui qui a eu le plus de succès. Si certains des volumes tardifs n'ont connu que trois éditions différentes, on en compte vingt et une chez Discogs pour le 2. La plus récente est un 33 tours picture disc, mais je recommande l'édition Deluxe en double CD, avec les 12 faces B des titres originaux et 24 autres titres bonus. Il y a aussi le coffret triple CD Trojan 'Tighten up' de 2000, avec une sélection de 50 titres pris dans les huit volumes parus.
Ce qui compte, c'est que la réputation de cette compilation est largement méritée. Les douze titres s'enchaînent parfaitement et on passe un très bon moment d'un bout à l'autre.
Pour ce qui est du titre d'ouverture, Long shot kick the bucket des Pioneers, ma génération a découvert cette chanson en 1980 avec la reprise des Specials sur l'EP live Too much too young. Cette version originale de l'histoire du canasson Longshot qui clabote pendant une course est plus chaloupante. S'ensuivent John Jones de Rudy Mills et Fire corner, crédité à Clancy Eccles mais avec le DJ King Stitt au micro. Mon titre préféré est peut-être bien Wreck a buddy des Soul Sisters, basé sur L'enfant au tambour. Il s'agit d'une réponse au Wreck a pum pum de Prince Buster et visiblement la réplique des filles est aussi salée et salace que la chanson du mec. La face se termine sans répit avec le Reggae in your jeggae de Dandy Livingstone et Fattie fattie de Clancy Eccles.
La face B est dominée par trois compositions de Lee Perry. Elle s'ouvre et se ferme avec deux excellents instrumentaux des Upsetters, le tube Return of Django et le déjà bien cinglé Live injection, et au milieu il y a Come into my parlour, un titre chanté par les Bleechers sur une base instrumentale similaire. Les autres titres sont l'excellent et déjà très roots Sufferer des Kingstonians (peut-être bien mon autre titre préféré de l'album), Moonlight lover de l'américaine Joya Landis et Them a laugh and a ki ki des Soulmates (Hi ! Hi !, ça chatouille !).
L'album en entier est en écoute ci-dessous. Même sans vide-grenier et même sans la bonne pochette, si je peux trouver chaque semaine un album paru il y a un demi-siècle de cette qualité pour 2 €, je signe tout de suite !

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