17 avril 2021

TITI ET GROSMINET : Titi à London


Acquis chez Royer à Épernay le 19 octobre 2019
Réf : 2001797 -- Édité par EMI Pathé Marconi en France en 1984
Support : 45 tours 17 cm
Titres : J'ai vu un rominet (I taut I taw A puddy tat) -/- Titi or not Titi

Même si j'ai sûrement sans le savoir couru des risques de contamination à l'occasion de ce voyage, j'ai eu la chance de séjourner quelques jours dans le Kent début mars l'an dernier, juste avant le premier confinement. Et, cerise sur le gâteau, j'y avais trouvé pas mal de disques, dont un lot intéressant de 78 tours (j'en ai chroniqué trois, de Stan Freberg, Bonnie Lou et Red Ingle).
Depuis, les perspectives de retourner en Angleterre ne font qu'être sans cesse repoussées et je me garde bien de faire des pronostics, même si, toujours un peu optimiste, je garde un petit espoir d'y aller à l'automne ou en hiver cette année.

Alors, faute de pouvoir se déplacer, on peut se plonger dans les souvenirs de voyages des autres, avec notamment ce disque centré sur le séjour à Londres de Titi et Sylvestre en 1984 (une année que j'ai moi-même passée à moitié à Londres).
Ce disque-ci s'est beaucoup moins bien vendu que ceux du milieu des années 1970, comme Titi à la neige ou Titi sur la côte, on le rencontre donc beaucoup moins souvent. C'est d'ailleurs le tout dernier titre paru de la série. En fait, je ne soupçonnais même pas son existence avant de tomber dessus, neuf, il n'y a pas si longtemps, à l'occasion de ce qui s'est avéré être mon ultime visite chez Royer avant la fermeture définitive de cette institution du commerce sparnacien, qui était aussi le tout dernier disquaire de la ville. J'avais fait de bonnes pioches ce jour-là, puisque j'avais aussi trouvé le 45 tours de Move it on over de George Thorogood et un album de Bombes 2 Bal.

J'ai vu un rominet sur la face A est une adaptation en français d'I taut I taw A puddy tat, une chanson sortie à l'origine en 1950 par Mel Blanc, l'acteur qui faisait les voix originales de Titi et de Grosminet, mais aussi de Bugs Bunny et de la plupart des grands personnages de dessins animés de la grande époque de la Warner. J'ai trouvé il y a quelques années une réédition de 1970 de cette version originale.
On trouvait déjà en 1974 sur le premier album Titi et ses amis J'ai cru voir un gros minet, mais c'est une chanson différente, qui n'est pas une reprise.
Cette adaptation insère dans ses paroles quelques vers en anglais au milieu des paroles française pour la tonalité British. Sinon, son intérêt est que l'accompagnement musical est complètement dans une tonalité de pop synthétique, un peu comme du Elli et Jacno accéléré, proche dans l'esprit des productions de Pit et Rik. Le tout est fort sympathique.

La vraie surprise arrive en face B. La thématique du 45 tours c'est Londres, pas New York, et pourtant il s'avère que Titi or not Titi est un titre hip hop, qui s'ouvre par une série de scratches ! On sent l'influence de Chagrin d'amour et surtout de H.I.P. H.O.P.. C'est fait pour me plaire, même si ça ne va pas chercher loin, surtout côté paroles ("Titi ot not Titi, est-ce ou n'est-ce pas la question ? La réponse est London").

Pour me tourner un peu plus le couteau dans la plaie, j'ai trouvé il y a quelques semaines un beau 45 tours-souvenir dans sa pochette-enveloppe prête à affranchir, qui nous plonge dans les sons du Londres des années soixante. Je risque de finir nostalgique, mais pas au point quand même de suivre en direct les obsèques du Prince Philip !


10 avril 2021

PABLO MASTER : Boire ou conduire


Acquis neuf je ne sais plus où vers la fin des années 1980
Réf : NS 5502 -- Édité par Nova Scratch en France en 1987
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Boire ou conduire (C'est à chacun de choisir) -- Instrumental version -/- Boire ou conduire (Version album)

C'est un article récent d’Étienne Menu dans Musique Journal sur son album Y a-t'il un problème ? qui a rappelé Pablo Master à mon bon souvenir.
Du coup, j'ai vérifié dans le blog et j'ai constaté que, si j'ai bien parlé ici de Catch 22, Saï Saï ou Les Zulums ! (deux fois), je n'ai pas encore chroniqué de disques de Puppa Leslie, Tonton David ou Pablo Master. C'était l'occasion ou jamais de réparer cet oubli.

J'ai bien l'album, dans son édition CD 17 titres, avec des versions de dub de tous les titres, mais j'ai préféré ressortir ce maxi, qui contient son morceau le plus connu (il y a une édition en 45 tours avec une pochette différente qui a dû sortir peu de temps avant ou après celle-ci).

Je pense que, avec Raoul Ketchup et Phil Sex, on a eu l'occasion de passer cette chanson dans Rock comptines sur Radio Primitive, mais le disque ne figurait pas dans la discothèque de la station. Je ne sais plus du tout comment je me le suis procuré, mais en y repensant, ma mémoire l'a associé au Tigre, pendant longtemps la seule boite rock de Reims. Pourquoi ? Je n'en sais fichtre rien, peut-être que j'y ai entendu un soir cette chanson (même si c'est peu probable) ou peut-être que j'y ai acheté le disque lors d'une des rares bourses aux disques qui y ont été organisées. Ou peut-être rien du tout. Mystère...

En tout cas, Boire ou conduire, avec ses paroles qui font penser à une campagne de sensibilisation conjointe de la Prévention Routière et la Ligue Anti-Alcoolique, est une chanson qui semble faite pour moi. Non seulement j'ai toujours apprécié ces titres ragga/reggae en français, mais en plus je n'aime pas l'alcool et déteste qu'on me fasse prendre des risques sur la route...
Je suppose que la première version doit être la version album. La version single, qui est aussi celle de la vidéo, est plus courte d'une grosse trentaine de secondes et est remixée avec, comme le signale Étienne Menu, un trafiquage amusant sur la deuxième voix.
La troisième version est un instrumental de la version album. C'est bien, mais pas autant que la deuxième version qu'on trouve sur mon CD de l'album, qui est un vrai dub.

On parle très peu de lui dans les médias grand public, mais Pablo Master poursuit son parcours. Il a sorti en 2017 l'album Sang & crimes, et encore tout récemment en 2020 un autre album, Shuga shuga shuga.

04 avril 2021

ANDREAS DORAU : Das Telefon sagt Du


Acquis par correspondance via Momox en février 2021
Réf : 851 505-2 -- Édité par ElektroMotor en Allemagne en 1995
Support : CD 12 cm
Titres : Das Telefon sagt Du (Radio) -- Das Telefon sagt Du (Video) -- Das Telefon sagt Du (Deep Thought mix) -- Von Siemens nach Telefunken

Parmi toutes les annonces qui se succèdent de personnalités qui décèdent, celle de la mort de Françoise Cactus le 17 février m'a plus particulièrement touché. D'abord parce qu'elle était (plutôt) jeune - en tout cas pile de ma génération - et aussi parce que, depuis quelques mois, j'étais plongé dans la découverte de plusieurs disques de Stereo Total que je venais d'acheter. Cela s'était traduit dans les jours précédents par la chronique du maxi Schön von hinten et par l'ouverture d'une de mes compilations Mixcloud avec Ne m'appelle pas ta biche.
L'excellente Section 26 lui a rendu hommage le jour-même, en republiant les deux faces d'une compilation-maison réalisée spécialement il y a deux ans par Françoise et Brezel Göring.
Je ne l'avais pas écoutée à l'époque, mais là j'ai pris le temps de le faire et j'ai passé un très bon moment. Il y a dedans plein de choses que je connaissais et apprécie, mais, dans un style que je connais pourtant bien, le synthétique pop et rigolo, elle m'a aussi permis de faire des découvertes, comme Ruth, Deux ou Namosh.
Il y avait aussi dans le lot le très bon Tulpen und Narzissen de Die Doraus und die Marinas, un projet d'Andreas Dorau du début des années 1980.
Andreas Dorau, le nom aurait dû me dire quelque chose, ne serait-ce que parce qu'il a co-réalisé l'un des remixes de Schön von hinten, mais en fait je ne le connaissais pas du tout. Françoise précisait sur l'enregistrement qu'il avait eu un tube en France dans les années 1990 avec Girls in love. Effectivement, mais ce succès très pop n'a pas dû beaucoup popularisé son nom en France, car autant les autres éditions européennes du single sont bien créditées à Andreas Dorau, autant la pochette de l'édition française, très bizarrement, mentionne uniquement les remixeurs Grungerman et Forever Sweet, comme s'ils étaient les artistes principaux, et elle omet Andreas Dorau !

Du coup, j'ai commandé quelques disques d'Andreas Dorau, dont Girls in love, et j'ai choisi de chroniquer cet excellent single à la pochette légère et colorée, extrait de l'album Neu ! de 1994.
C'est à nouveau très léger et très réussi, de l'électro-pop dansante et joyeuse. Dans les paroles, la tonalité du téléphone est associée au pronom allemand "Du" et, avec les chœurs qui font "Du du du du du", on pourrait presque dire qu'Andreas invente le Du-Wop !
Évidemment, s'agissant d'un artiste allemand faisant une musique en partie synthétique, on ne peut s'empêcher de penser à Kraftwerk, particulièrement dans ce contexte à Der Telefon Anruf, le single de 1986 extrait de l'album Electric Café. Dans les faits, les deux titres ont peu à voir l'un avec l'autre, même s'ils s'enchaîneraient bien sur une compilation. Et au bout du compte, en-dehors des jeux sonores de Kraftwek sur l'enchaînement des tonalités, pour la partie chanson je préfère Der Telefon sagt Du.

Sur les quatre versions présentes sur le CD, la première version Radio est très bien et les autres sont par définition superflues. La version Video est très proche de la première et est donc très bien aussi. Le Deep thought mix est plus techno, plus instrumental et moins pop. Quant à Von Siemens nach Telefunken, comme souvent avec certains remixes, ce titre n'a plus grand chose à voir avec la version originale, voire rien du tout, en-dehors des "Allo Allo" répétés régulièrement au cours des huit minutes.

Ce qui est frappant au bout du compte, c'est que, quand on écoute Das Telefon sagt Du, il y a plein de choses dans la composition, l'orchestration, la mélodie, le rythme du chant, qui font immanquablement penser à Stereo Total. On imagine bien Françoise faire les "Du du du du du", ou bien reprendre le titre sur scène avec Brezel.

On trouve la version Video de Das Telefon... sur la compilation Hauptsache Ich (Retrospektive 1981​-​2014). Le dernier album en date d'Andreas Dorau, Das Wesentliche, est sorti en 2019.


Une excellente vidéo réalisée par un certain Borja Martin. Habituellement, je ne mets ici que des vidéos "officielles", mais celle-ci est parfaitement dans le ton, alors on ne va pas s'en priver !


27 mars 2021

TOMORROW : Revolution


Acquis sur le vide-grenier de la F.C.P.E. à Ay le 24 juin 2012
Réf : FO 105 -- Édité par Odéon en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Revolution -/- Three jolly little dwarfs

L'été dernier, parmi la cinquantaine de CD à 50 centimes que j'ai trouvés un beau jour chez Happy Cash, il y avait, outre celui de Wilson Pickett, une belle réédition de l'unique album de Tomorrow, avec des bonus.
C'est un groupe psychédélique anglais formé autour de Keith West à la guitare et John Wood à la basse, avec deux noms connus par la suite pour compléter la formation, Steve Howe (futur membre de Yes) à la guitare et Twink à la batterie (qui jouera par la suite sur le S.F. Sorrow des Pretty Things avant de co-fonder les Pink Fairies).
Le groupe n'a été actif sous ce nom que de mars 1967 à avril 1968. Le temps de se faire remarquer avec deux singles en 1967, My white bicycle en mai et en septembre le Revolution qui nous intéresse aujourd'hui.
L'album n'est arrivé qu'en février 1968. Six mois entre le single et l'album, ça ne parait pas long aujourd'hui, mais tout allait très vite à cette époque folle et, une fois l'hiver 1968 venu, l'été de l'amour 1967 semblait déjà bien loin, la mode avait évolué et l'album a été un échec.
Dans son style, c'est pourtant un excellent disque. Ce n'est pas dur, au-delà de l'évidence Pink Floyd, Tomorrow est typiquement l'un des groupes qui a servi de modèle à XTC quand ils se sont lancés dans le pastiche Dukes of Stratosphear. Cela s'entend particulièrement sur mes chansons préférées de l'album, My white bicycle, Real life permanent dream (dont il me semble que le riff de guitare a pu inspirer The Monochrome Set) et les deux titres de ce 45 tours.

Du coup, je suis allé repêcher dans mes caisses ce 45 tours, le genre de pépite qu'on rêve de trouver quand on se balade le dimanche matin sur un vide-grenier (les années où il y a des vide-greniers) et dont on s'étonne même qu'on en trouve encore de temps en temps en plein vingt-et-unième siècle.
Ce jour-là, sur le parking du collège à Ay, je l'ai trouvé en très bon état pour 1 €, dans une petite caisse où il n'y avait que de la drouille. A d'autres stands, j'avais quand même trouvé aussi le First offence des Inmates en 33 tours, et en CD Pixies At the BBC et une réédition de Too tough to die des Ramones.
Les raretés psychédéliques de 1967 sont très recherchées. Ce 45 tours n'atteint pas les sommets du EP de Yesterday's Children que Philippe R. m'a offert, mais il s'échange quand même à plus d'une centaine d'euros.

La chanson Revolution est excellente dans son genre. La seule chose qui me gêne, c'est d'entendre un groupe nommé Demain chanter dans le refrain "La révolution, maintenant !". Sinon, il est clair à l'écoute que les appels à la révolution que contient la chanson ne sont pas à prendre au premier degré.
Parmi les versions disponibles, ma préférée est la version mono du 45 tours. Pour l'album, la même version a été trafiquée en pseudo-stéréo. Parmi les bonus sur le CD, il y a une version précédemment inédite dite en phased mono, qui pour le coup est différente mais qui est aussi moins percutante que les autres.
Le 21 septembre 1967, Tomorrow a enregistré quatre titres, dont Revolution, qui ont été diffusés le 1er octobre lors de la première émission Top Gear de John Peel, qui faisait ainsi ses débuts sur BBC Radio One. Ils ont donc eu l'honneur d'enregistrer la première Peel session de la BBC ! Les dernières paroles prononcées dans cette version sont "We want a revolution". Ce qui donne corps à l'hypothèse émise par certains que le Revolution de John Lennon et des Beatles de 1968 aurait été écrit en partie en réaction au Revolution de 1967 de Tomorrow, auquel le "You say you want a revolution" ferait référence.

En face B, Three jolly little dwarfs est très bien aussi. Là encore, il y a une petite chose qui me chiffonne, c'est ce titre pléonasmatique, Trois petits nains joviaux. Je ne dois pas être assez psychédélique pour apprécier pleinement !

En tout cas, ces deux chansons mises bout à bout font un excellent 45 tours, extrait d'un album qui de nos jours est considéré comme culte. Et comme je peux me retrouver dans l'actualité sans même le vouloir, sachez que, dans le tout nouveau numéro de Record Collector (daté d'avril 2021, il y a un article visant à réévaluer la carrière du pionnier psych-pop Keith West.

20 mars 2021

R.E.M. : Bad day


Acquis chez Gilda à Paris le 13 janvier 2021
Réf : PRO4296 -- Édité par Warner Bros. en Europe en 2003 -- Promotional only. Not for sale.
Support : CD 12 cm
Titre : Bad day

Depuis quelques années, j'achète à peu près systématiquement les disques de R.E.M. que je n'ai pas et que je vois passer pour pas cher. Ça arrive assez souvent, étant donné que le groupe a sorti des disques pendant plus d'un quart de siècle, dont un bon paquet a eu beaucoup de succès. Mais je suis loin d'avoir une collection vraiment étoffée : le JC écossais de The Vinyl Villain et un de ses potes chroniquent chaque semaine un single de R.E.M. dans l'ordre de parution : ils en sont au 36e et n'ont pas encore abordé l'année 2000 !

Celui-là, je l'ai trouvé chez Gilda lors de ma seule excursion parisienne de l'année (l'année est encore longue, mais la prochaine n'est pas pour demain !). Quand il a vu que j'achetais plein de CD singles bradés dans les rayons du bas, le vendeur m'a gentiment signalé qu'il venait d'en baisser quelques-uns à 1 € dans le rayon habituellement plus cher au-dessus.

Je ne connaissais pas cette chanson. Je me demandais de quel album elle était extraite et la réponse est : aucun. Elle fait partie des deux titres précédemment inédits inclus dans la compilation In time, un "Best of" qui couvre la période 1988-2003 (Le Best of de 1991 couvrait la période I.R.S. de 1982 à 1987). L'idée des inédits étant bien sûr d'inciter les grands fans à se procurer eux aussi la compilation. Et pour bien faire amortir le tout, ces deux inédits ont eux-mêmes été sortis en single en 2003.

Je ne connaissais pas Bad day, donc, mais à la première écoute c'était très bizarre, avec une grande impression de familiarité. Je n'ai pas mis longtemps à en pointer la source : dans son débit, sa construction, sa mélodie, Bad day se rapproche très fortement de l'un des tubes précédents de R.E.M., It's the end of the world as we know it (And I feel fine), paru en 1987 sur l'album Document.
En fait, l'histoire est connue et la situation est inversée : c'est Bad day qui a d'abord été composée sous le titre P.S.A. (Pour Public Service Announcement) puis enregistrée en 1986 en démo lors de la préparation de l'album Life's rich pageant. Elle n'a finalement pas été retenue et le groupe l'a retravaillée l'année suivante pour en faire It's the end of the world.
Les deux sont très bien et très proches. It's the end of the world est sûrement un petit peu au-dessus et de toute façon c'est le classique, mais le plus surprenant dans toute cette histoire c'est que R.E.M., qui ne manque pas de bonnes chansons, ait choisi des années plus tard de retravailler et mettre en avant une chanson aussi proche d'un de ses succès.

Mon exemplaire est un promo. On sait que j'apprécie particulièrement les disques hors commerce, mais celui-ci n'est pas très intéressant : la pochette est la même et la seule différence avec les versions disponibles à la vente est qu'il me manque les trois faces B !




R.E.M., Bad day, en direct en 2003 dans une émission intitulée R.E.M. at the BBC.


R.E.M., Bad day, en direct dans l'émission intitulée Live from Austin TX enregistrée le 13 mars 2008 et publiée en DVD en 2010.


14 mars 2021

RICET-BARRIER : Isabelle


Acquis d'occasion dans la Marne vers la fin des années 2000
Réf : 71.148 -- Édité par Barclay en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Isabelle -- Le chat, le rat et Lola -/- Chaussures à mon pied -- La fille au marché

Au début de l'année, je me suis procuré pour 50 centimes une compilation CD de 24 chansons de Ricet-Barrier. Ma réaction à l'écoute de ces titres, quasiment tous écrits avec son compère Bernard Lelou, c'est que l'ensemble était d'une qualité impressionnante. La "chanson française" n'est pas un genre musical en soi. Une de ses caractéristiques est que l'attention principale est sur le chanteur et les paroles, en ayant souvent tendance à négliger la musique. Mais là, j'ai trouvé d'un bout à l'autre les compositions variées, les arrangements inventifs, la production et l'interprétation de qualité. Et je me suis fait toutes ces remarques avant de regarder les crédits et de voir que Jean-Claude Vannier est aux arrangements et à la direction musicale sur deux-tiers des titres...

Bizarrement, j'ai grandi sans avoir aucune conscience des succès de Ricet-Barrier des années cinquante et soixante. Il n'y avait pas de disque de lui à la maison, et pourtant on connaissait sa voix sans le savoir puisqu'on regardait à la télé Colargol, Saturnin surtout, et plus tard pour mon frère et ma soeur Barbapapa. Et pourtant, Ricet-Barrier, qui est mort en 2011 à 78 ans, était originaire de pas très loin de chez moi, à Romilly-sur-Seine.
Ce n'est qu'à partir des années 1980-90 que j'ai commencé à entendre parler de lui par des copains, notamment à propos de ses chansons interprétées par Les Frères Jacques, comme Les Spermatozoïdes et l'album La mythologie.

Aujourd'hui, avec une semaine en avance sur le calendrier, je vous propose de fêter l'arrivée du printemps avec Isabelle, une chanson que j'ai aussi connue par un ami, Philippe R., qui, je l'ai vécu une fois "en direct", avait pris l'habitude il y a dix ou quinze ans de réveiller toute sa maisonnée en passant cette chanson à fond ! Pourquoi procéder ainsi ? Comme ce n'était certainement pas pour aller à la messe, ça ne pouvait être qu'en vue de partir en famille à la brocante...
Isabelle, excellente chanson, fait partie de celles du répertoire de Ricet-Barrier où il s'exprime comme un pécore. Voici ce qu'il en disait lui-même sur son site : "On pourrait dire que les grandes phrases de ma "jeune carrière" sont les suivantes : 1958 : La servante du château - 1968 : Les vacanciers - 1978 : Y'a plus d'sous- c'est à dire trois chansons paysannes...grand public... mais entre ces chansons, il y a les principales (à mes yeux!): Drôle de vie, La java des hommes grenouilles, Quatorze Juillet, Bizarre, Chaussettes, vendeuses et gouttes d'eau, L'enterrement, Le puceron et l'orange, Les spermatozoïdes, Putain le beau métier, dont les sujets sont plus profonds, plus originaux."
"Chanson paysanne", peut-être, mais quand j'écoute la musique, je voudrais pas dire des bêtises car je n'y connais rien, mais j'ai l'impression d'entendre un air baroque !

L'autre excellente chanson du disque c'est l'entraînante Chaussures à mon pied. Dans la même veine sur ma compilation, il y a L'enterrement, que j'aurais bien chroniquée ici si j'avais eu le 45 tours.
La fille au marché et Le chat, le rat et Lola et sont d'excellente tenue également, mais moins à mon goût.

En 1975, Ricet-Barrier a sorti un album qui contient de nouvelles versions d'anciens titres. On y trouve une bonne version d'Isabelle, v'là l' printemps avec des guitares acoustiques.


Ricet-Barrier et Les Parisiennes interprètent Chaussures à mon pied à la Radio Télévision Suisse en 1967. Notons que, cinq ans plus tard, Ricet-Barrier épousera l'une de ces Parisiennes, Anne Lefébure.