
Offert par Claire B. à Châlons en Champagne le 1er décembre 2024
Réf : 2006 142 -- Édité par MGM en Belgique en 1972
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Crazy horses -/- That's my girl
J'ai rarement été autant surpris par les premières secondes d'un disque. Il faut dire que, en mettant ce 45 tours sur la platine, je m'attendais à entendre de la pop bubble gum. Je connaissais les Osmonds surtout de réputation; à l'époque de leurs succès au début des années 1970, j'enviais surtout le petit frère Little Jimmy Osmond, et d'autres jeunes stars comme René Simard ou Roméo.
De la pop légère, les Osmonds en faisaient, mais c'était avant leur sixième album, en 1972. Là, la chanson-titre Crazy horses démarre par quelques secondes d'un son strident, puis c'est carrément un riff de hard rock bien lourd qui démarre. Quand le chant arrive, il est dans la même tonalité. Je ne m'y attendais tellement pas que j'ai vérifié deux fois si le disque et la pochette correspondaient bien !
Ce disque fait partie d'un paquet de plus d'une vingtaine de 45 tours offerts par ma sœur, dont certains comme celui-ci ont été ramenés d'un séjour en Belgique.
La pochette est un beau ratage. Le label a repris celle de l'album, mais en monochrome en lieu et place de la quadrichromie. Du coup, le titre de la face A, qui était sur la pochette originale, se retrouve presque invisible, en fumée bistre sur fond bistre. Comme en plus le titre de la face B, comme le nom du groupe, est en blanc, au premier coup d’œil on ne voit que ces informations.
Un peu à la manière des Monkees, Crazy horses est le premier album où les Osmonds se sont imposés vis à vis de leur label et ont obtenu d'écrire et interpréter eux-mêmes leurs chansons.
Le son aigu si particulier dans l'intro est obtenu à partir de la "bande portamento" d'un orgue Yamaha YC-30.
Il y a une originalité dans le son de rock lourd de ce disque : l'intégration réussie de cuivres aux guitares sur le refrain, qui sont arrangés par le bien nommé Jim Horn !
Le tout est bouclé en 2'30, pas mal, surtout pour l'époque.
Pour la photo de pochette, le groupe est pris en photo dans une casse auto. C'est parce que les chevaux fous en question sont les voitures polluantes, qui ne manquaient pas en Amérique et qui se multipliaient. Ça ne s'est pas amélioré dans le demi-siècle qui s'est écoulé depuis, et les paroles ("Si elles continuent à rouler, alors c'est entièrement de notre faute") restent d'actualité.
La face B, That's my girl, également tirée de l'album, n'est pour le coup pas du tout surprenante. C'est une chanson lente, avec envolées de cordes et de cuivres, chœurs et tout ça. Je ne l'écouterai pas deux fois !
Crazy horses a été un grand succès, mais le hiatus entre le son du disque et l'image du groupe est impressionnant. Gros son rock ou pas, avec les Osmonds on est en plein show business. Il y a des mouvements chorégraphiés, et surtout, pour leurs tenues de scène à paillettes, ils ont suivi le conseil d'Elvis et se sont adressés à son tailleur préféré Bill Belew. C'est à la mode de l'époque, mais ça pique et je ne peux m'empêcher de les trouver plutôt ridicules.
Le single a été réédité en 1995 en Angleterre dans une version remixée techno par Utah Saints. En 2025, Dave Audé a fait une version "Future rave". Autant rester sur la plutôt bonne surprise de la version originale...!
The Osmonds, Crazy horses, en direct en 1972 dans l'émission Beat-Club de la chaîne Erstes Deutsches Fernsehen.

La pochette de l'édition française de ce single. Un disque qui a dû se vendre énormément : je l'ai vu en vente des centaines de fois ces trente dernières années.








