
Consulté sur YouTube en 2026
Réf : [sans] -- Diffusé par Kajis Music sur YouTube le 29 mai 2024
Support : 1 fichier FLV
16 titres
Je garde un très bon souvenir du concert de Kraftwerk à la Cité de la Musique auquel j'ai assisté en septembre 2002. Plus qu'à un simple concert de musique, j'ai eu l'impression d'être plongé dans une œuvre multimédia immersive, sonore, visuelle et multi-sensorielle. Une grande réussite, réglée aux petits oignons, mais avec quand même dans un coin de la tête une question que je n'étais sûrement pas le seul à me poser : quelle est la part de musique qui est jouée "en direct" ?
Au fil des années qui ont suivi, les prestations du groupe ont été de plus en plus léchées, comme en témoigne le live Minimum-Maximum, pour aboutir à 3-D The catalogue, un coffret où Kraftwerk rejoue intégralement en concert huit de ses albums. C'est tellement propre, sans un son d'ambiance, que le groupe aurait tout aussi bien pu nous vendre ça comme de nouvelles versions studio.
L'enregistrement pirate de 1981 qui nous intéresse aujourd'hui est en parfait contraste avec les concerts du 21ème siècle de Kraftwerk. C'est vraiment ce qui m'a surpris à la première écoute : on a l'impression que c'est vraiment un groupe qui joue en live, même si, quand on voit ci-dessous les extraits d'un concert à Vienne quelques mois plus tard, on se rend compte qu'il y a beaucoup de séquences préparées, dont certaines peuvent être modifiées en direct. Il y aussi pas mal de chant, des hésitations, des pains; c'est vivant, excellent et même rock par moments !
Ce concert fait partie de la tournée qui a suivi la parution de Computer world en mai 1981. Le groupe n'avait pas tourné depuis trois ans car il travaillait à rendre son studio Kling Klang mobile. Il a eu lieu au Captain Vidéo, une salle désormais connu sous le nom de Studio Gabriel.
Hors rappels, les titres joués sont rassemblés en séquences par album (Autobahn, Radio-activity, Trans Europe Express, The man-machine et Computer world).
Parmi mes titres préférés, il y a The hall of mirrors, Neon lights,
Computer world et Mini calculateur.
Mais il y en a trois qui m'ont vraiment surpris et impressionné :
- Autobahn tout d'abord. Je n'étais pas très chaud à l'idée de me taper une version de 17 minutes de cette composition, mais ça passe très bien et il n'y a pas le temps de s'ennuyer. Et notamment, un peu après la barre des 10 minutes, il y a une partie chantée en plus, qui n'est pas dans le disque : Ralf Hütter égrène en allemand les étapes de nombreux trajets en autoroute, Barcelone, Lyon, Zürich, Münich et plein de villes au Royaume-Uni. J'ai l'impression que tout cela correspond plus ou moins à l'itinéraire d'une partie de leur tournée de 1981.
- Les mannequins ensuite, une chanson prise sur un tempo bien plus rapide que la version studio. Et en plus, ils accélèrent de plus en plus pour finir sur un rythme carrément effréné.
- It's more fun to compute enfin, le dernier titre joué ce soir-là. Intro à la batterie/boite à rythmes, basse synthétique énorme, c'est carrément du rock électronique, d'autant que le chant est énergique lui aussi. A plusieurs reprises au cours du concert, on a l'impression d'entendre des prémices d'Electronic Body Music ou de House.
Kraftwerk dans l'émission Ohne Maulkorb de la chaîne autrichienne ORF du 29 janvier 1982, avec entretiens et extraits du concert du 21 novembre 1981 à la Sofiensaal de Vienne.







