
Acquis neuf probablement chez New Rose à Paris en 1984
Réf : 12 IMMAC 1 -- Édité par Immaculate en Angleterre en 1984
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Never again (Extended version) -/- Give it to me -- I I I / One one one (Extended version)
Même si je n'avais pas toute leur discographie, j'étais fan de Buzzcocks, alors quand je suis tombé peu de temps après sa sortie sur un exemplaire d'occasion d'Homosapien, le premier album solo de Pete Shelley, je l'ai acheté et apprécié. Ce n'est que bien plus tard que j'ai trouvé pour pas cher le deuxième album XL.1, mais je l'ai rarement écouté. Entre-temps, j'avais investi à sa sortie dans ce maxi en import. Je suppose que j'avais entendu et apprécié la face A au préalable.
Ce disque est la première sortie du label indépendant Immaculate, fondé par le producteur Martin Rushent (peut-être bien avec la participation de Shelley). Pour cette occasion, Shelley a raccourci son nom d'artiste en supprimant le Pete. Il l'a repris dès le disque suivant.
Après un début encourageant, la carrière solo de Pete Shelley a eu un succès assez moyen. Le contrat avec Island a dû s'arrêter après le deuxième album et ce single de fait auto-produit sur un label indépendant était sûrement un moyen pour lui de se relancer et de trouver un nouveau gros label. Ce sera bien le cas, puisque le troisième album sortira en 1986.
Autant les pochettes de Buzzcocks étaient pour la plupart très réussies, autant celle-ci est plutôt moche...!
En grand fan de Magazine, je pense que j'aurais reconnu la patte de Barry Adamson dès les premières notes de Never again même sans avoir vu son nom dans les crédits. Sa basse joue un rôle important dans cette chanson, construite sur une rythmique synthétique et ponctuée légèrement par une guitare acoustique.
La dynamique principale de la chanson vient du chant, avec des changements de ton et de rythme, des vers qui à divers moments semblent se répondre. Le refrain lui-même est en deux parties; ce qui s'en détache, c'est juste un "Never again", mais ça suffit pour bien rester en tête.
Le single n'a pas été un grand succès. Shelley a quand même fini par signer avec Mercury, et c'est seulement en 1986 que le troisième album Heaven and the sea est sorti. Il est produit par Stephen Hague (New Order, Pere Ubu,...) et on y retrouve une version de Never again. Comme il n'y a rien de précisé dans les crédits, c'est censé être une version entièrement nouvelle. Il y a clairement eu du remixage et sûrement du réenregistrement mais, après écoute comparative, je parierais bien que la prise vocale sur l'album est identique à celle du single.
Give it to me donne aussi dans le versant électronique de New Order, avec à un moment une basse funky à la Gang of Four époque Sara Lee. Les paroles sont minimales, le son se coupe brutalement à la fin, mais c'est une face B de bonne tenue.
C'est ce que Pete Shelley lui-même a dû penser, puisqu'il a réenregistré cette chanson en 1988 pour la face B de l'unique single de Zip; une version assez proche de l'originale. Zip était un trio composé de Shelley, Gerrard Cookson et Mark Sanderson, qui a notamment tourné en première partie d'Erasure, comme raconté chez The (new) Vinyl Villain.
Et après tout, ce serait dommage de gâcher : Shelley a encore ressorti sa chanson en 1996, pour l'album All set des Buzzcocks reformés. Pour l'occasion, la chanson a été réarrangée dans le style pop bruyante du groupe, et ça passe très bien.
Le dernier titre, One one one, est à base de boite à rythmes et de synthés. Il est instrumental, en-dehors d'un chœur religieux qui est plus que probablement échantillonné. C'est sans vraiment d'intérêt, mais bon, c'est juste une deuxième face B de maxi...
Pete Shelley n'a plus sorti d'album solo après Heaven and the sea. En duo avec Howard Devoto, il y a eu l'album Buzzkunst en 2002, mais il a surtout été bien occupé avec la reformation des Buzzcocks à partir de 1989. Il est mort en 2018 à 63 ans
Si l'âge d'or des Buzzcocks vous intéresse, je vous conseille la lecture de Buzzcocks (76-81) : Une brève éternité de Nicolas Sauvage (Le Boulon, 2026).
Pete Shelley mime Never again dans l'émission Music convoy en 1984.
Pete Shelley, Never again, en concert au Camden Palace à Londres en 1986. Tiré de l'émission Cue the music, également publié en DVD, Live from London. Pas de Barry Adameson, mais il y a un autre ex-Magazine dans le groupe, le batteur John Doyle.







