
Acquis sur le vide-grenier de l'aérodrome à Plivot le 13 septembre 2026
Réf : KO/NETS -- Édité par Les Troubadours Modernes en France en dans les années 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Troupiau -- Voici la Saint Jean -/- Compère Guilleri -- La Marion
J'ai acheté ce disque à une dame qui avait quelques 45 tours sur son stand. C'était une façon de m'assurer que je ne repartirai pas bredouille de la broc. Je n'imaginais pas tomber quelques minutes plus tard tomber sur le lot qui contenait le Robert Charlebois avec Mouffe.
Il y avait deux disques différents des Troubadours Modernes dans cette petite pile. A 50 centimes pièce, quitte à en prendre un, j'ai pris les deux, ne sachant pas trop comment les départager. L'autre s'appelle Andro : Danse du peuple breton d'aujourd'hui et il contient une version de La jument de Michau.
Les Troubadours Modernes sont présentés comme un "groupe folklorique, instrumental et vocal du Cercle Laïque de Dreux". Le groupe a été fondé en 1969, il a donc fêté son quarantenaire en 2009 et son cinquantenaire en 2019. Il a été installé au Cercle Laïque de Dreux de 1971 à 1992. Je ne suis pas certain qu'il existe encore, mais on trouve encore une adresse et un contact sur certains sites.
Le groupe a été fondé par Gilbert Stenfort (1942-2020), une figure très impliquée dans la vie sociale et culturelle de Dreux.
Les Troubadours Modernes ont sorti au moins quatre 45 tours (trois sont référencés sur Discogs, plus Andro). Ils ont fait appel pour les auto-produire aux services de la société Le Kiosque d'Orphée. Ils ne faisaient pas que dans le pur traditionnel : sur le 45 tours Pour vivre à Dreux, il y a deux compositions originales plus Les connards du quartier, avec des paroles contemporaines sur un air populaire canadien.
C'est minimal et sûrement sérigraphié en une seule couleur, mais je trouve la pochette de ce disque très réussie. Elle illustre plutôt bien le nom du groupe et le contenu musical proposé.
Ce sont des troubadours qui chantent des chansons anciennes, mais ils sont modernes car ils vivent dans les années 1970 à Dreux, et les immeubles esquissent l'une des Z.U.P., où il est probable que certains membres de la troupe vivaient.
Ils chantent du folklore paysan, et la campagne est représentée par le très peu qu'il en reste en ville : un massif d'herbe dûment borduré. Bien évidemment, un écriteau "Pelouse interdite" trône au milieu, derrière lequel le loup de la chanson Troupiau a trouvé refuge.
Sans avoir les titres en tête, je connaissais trois chansons sur quatre. Vous aussi sûrement.
L'interprétation est approximative, le son est assez pourri (les instruments à vent sont étouffés, notamment), mais j'aime beaucoup Troupiau, une chanson courte, enlevée et rythmée. Vous l'écoutez une fois et vous chantez toute la journée "Troupiau, troupiau, je n'en avions guère; troupiau, troupiau, je n'en avions biau". Les paroles célèbrent en quelque sorte la musique : l'apprenti berger se fait bouffer son plus bel agneau par le loup, mais il en récupère les os et fabrique un flûtiau pour faire danser le village à la fête.
Voici la Saint Jean est la chanson qui m'a le moins intéressé, je ne l'ai pas copiée du coup. C'est juste du chant choral et un peu mou. Ça ressemble à ça. La version de Malicorne est plus intéressante.
L'intérêt des deux titres de la face B, c'est qu'en plus de l'interprétation de la chanson elle-même, il y a des voix extradiégétiques qui viennent commenter ou compléter le récit. C'est assez réussi.
Pour Compère Guilleri, une comptine dont le héros était un bandit de grand chemin, ce sont deux personnages à l'accent du terroir qui commentent l'histoire, un peu à la façon des petits vieux dans le Muppets show. Je n'ai pas tout bien saisi, mais je ils disent à un moment, "Punaise, t'en veux à tous les gauchistes".
Pour La Marion, ils sont plusieurs à expliciter ou commenter les paroles chantées innocemment par la chorale d'enfants, du style "C'est plein de sous-entendus tout ça". On a droit aussi à des sifflements, à un bruitage pour le sciage de la bosse ("Mais c'est quoi qu'elle coupe ?") et on note qu'il est question ici aussi d'os et de musique.
Mais j'ai vraiment sursauté quand à un moment j'ai entendu "C'était l'histoire de la fée Carabosse et sa braguette magique". J'ai vérifié deux fois que j'avais bien entendu !
On nous explique aussi que "Tout finit par des chansons comme disait Léon Blum". Eh bien, cette chronique aussi.
A écouter :
LES TROUBADOURS MODERNES : Troupiau
LES TROUBADOURS MODERNES : Compère Guilleri
LES TROUBADOURS MODERNES : La Marion






