
Acquis probablement en Angleterre vers le milieu des années 1980
Réf : 6435 086 -- Édité par Rough Trade en Allemagne de l'Ouest en 1981
Support : 33 tours 30 cm
14 titres
L'autre jour, quelqu'un a fait tourner le lien vers une vidéo pour Blue boy, le deuxième single d'Orange Juice. Les images datent de la sortie du disque en 1980, mais la vidéo a surtout été diffusée au moment de la sortie de la compilation The heather's on fire en 1993. J'adore cette chanson, je trouve que c'est l'une des meilleures du groupe. Je suis allé faire un tour sur Discogs et Ebay en me disant que je chroniquerais bien ce 45 tours, mais je savais d'avance que le disque serait inabordable.
Ce genre d'envie me prend régulièrement ces derniers temps. J'ai fait le même genre de démarche pour Work de Blue Orchids ou Fanfare in the garden d'Essential Logic. Pour I know where Syd Barrett lives de Television Personalities je n'ai même pas essayé car je sais que c'est encore plus hors d'atteinte.
En 1996, j'ai écrit pour mon fanzine Vivonzeureux! un article pour les vingt ans de la boutique Rough Trade. Un réseau de boutiques qui, logiquement, fête ses cinquante ans cette année. J'y avais inclus un
gros plan sur les compilations du label.
Ces compilations, à part la cassette C81 diffusée initialement par le NME, avaient pour but de faire connaître le label dans les territoires où les productions Rough Trade étaient difficiles à trouver.
J'en répertorie cinq pour les premières années du label :
- Wanna buy a bridge ? aux États-Unis en 1980.
- Rough Trade Records compilation, qui nous intéresse aujourd'hui, en Allemagne en 1981
- Best / Rough Trade, son équivalent français en 1981, mais cette cassette n'a été diffusée qu'aux lecteurs du magazine Best ayant retourné un coupon.
- Long Distance - Rough Trade compilación, publiée en Espagne en 1982.
- Compilation Rough Trade Deutschland en Allemagne en 1983.
Je n'ai pas Long distance, mais j'ai les 33 tours de Wanna buy a bridge ? et Rough Trade Records compilation. En reprenant ce dernier récemment parce que c'est le seul disque sur lequel j'ai Blue boy, j'ai examiné la liste des titres et je me suis dit que je n'avais vraiment pas besoin de me casser à essayer de trouver des singles que je n'ai pas eu les moyens ou l'occasion d'acheter à l'époque, étant donné que la plupart sont déjà présents sur cette compilation, certes sans pochette ni face B, mais franchement, quel superbe ensemble ça fait !
J'ai acheté ce disque non pas en 1981, comme mes autres compilations Rough Trade, mais un peu plus tard, entre 1985 et 1987. Je sais que c'était après 1984 car, quand je suis tombé dessus, dans une boutique d'occasion à Londres, pas en Allemagne, j'avais fait un rapprochement entre le choix de photo de la pochette et celui d'Alive in the Living Room, même si les deux clichés ne sont pas du tout de la même époque.
Je vais répartir les titres de la compilation en trois groupes.
Les cinq 45 tours que je possède :
- Politics de Girls At Our Best
- Final day de Young Marble Giants
- This is love de The Gist
- Pretty de Mark Beer
- Stalin wasn’t stalling de Robert Wyatt
Ce sont des disques importants. Sans surprise, je les ai tous chroniqués, à la seule exception du Robert Wyatt. En fait la raison en est toute simple : j'ai les trois 45 tours publiés par Robert Wyatt à l'époque chez Rough Trade et réunis ensuite sur l'album Nothing can stop us, et en 2008 j'ai préféré chroniquer At last I am free, dont j'apprécie énormément les deux faces.
Cela ne signifie pas pour autant que je n'aime pas Stalin wasn't stalling. Au contraire, j'apprécie beaucoup cette version d'une chanson de 1943 du Golden Gate Quartet (Robert fait les quatre voix à lui tout seul). C'était bien vu de la part de Wyatt de reprendre cette ode à Staline, créée au moment où l'U.R.S.S. et les U.S.A. combattaient ensemble contre le Troisième Reich allemand. Une bonne façon pour un communiste en pleine guerre froide de souligner que Staline n'a pas toujours été considéré comme le diable par les occidentaux.
- Television Personalities : I know where Syd Barrett lives
Celui-ci, je ne l'ai pas dans ma collection, mais je l'ai acheté ! C'était en 1981 lors de mon premier séjour à Londres. Philippe R. et François B. m'avaient confié une somme d'argent pour que je leur ramène des disques, notamment de Rough Trade. Philippe avait eu entre autres And don't the kids just love it et François I know where Syd Barrett lives. Malheureusement, François a rapidement égaré ce disque, à l'occasion d'un déménagement je crois, et n'a jamais remis la main dessus. Pour ma part, je ne l'ai jamais racheté, comme j'avais l'album. J'ai fini par avoir aussi la comptine Arthur the gardener de la face B sur une compilation.
La chanson est un classique. J'ai fait un livre entier sur Television Personalities, je ne vais pas m'étendre plus. - Blue Orchids : Work
Celui-là aussi, je suis à peu près certain que je l'avais ramené de Londres pour François.
Les Blue Orchids ont la distinction d'être le premier groupe formé par des ex-The Fall. Work reste ma chanson préférée de ce groupe. J'avais été déçu par leur premier album The greatest hit (Money mountain), mais il y a d'autres choses que j'aime beaucoup d'eux, notamment Bad reputation.
Martin Bramah est très actif ces dernières années, avec des Blue Orchids reformés, mais aussi avec House of All, groupe constitué d'anciens membres de The Fall. - Orange Juice : Blue boy
C'est étonnant de retrouver ce titre ici, puisque ce deuxième 45 tours d'Orange Juice a été publié au Royaume-Uni chez Postcard, pas chez Rough trade. Mais dans les crédits de la compilation, il est indiqué que la chanson est co-éditée musicalement par Rough Trade Music, qui est dans son rôle en favorisant la diffusion de l’œuvre dans d'autres territoires. Cet excellent titre, assez rock et bien chanté, reste l'une des grandes réussites du groupe d'Edwyn Collins. - Essential Logic : Fanfare in the garden
Comme pour Blue Orchids et Orange Juice, c'est de loin ma chanson préférée d'Essential Logic, alors que par exemple Beat rhythm news - Whaddle ya play ? me laisse plutôt froid. Ce n'est pas un hasard si la chanson a donné son titre à l'une des compilations du groupe. - Pere Ubu : Not happy
Cet excellent single hors album de Pere Ubu, je le recherchais alors même que j'ai acheté à sa sortie en 1996 le coffret de cinq CD Datapanik in the year zero, qui contient des raretés et inédits et grosso modo l'intégrale des titres publiés par le groupe de 1975 à 1982, à cinq exceptions près, dont Not happy. Je me demande encore bien pourquoi.
- The Red Crayola : Born in flames
Il y a un autre 45 tours de Red Crayola en coopération avec Art & Language que j'aimerais bien avoir, c'est Milkmaid, tiré de l'album Kangaroo ? et sorti en face B de An old man's dream.
Mais ce disque précédent, sur lequel jouent, outre Mayo Thompson, Lora Logic (chant et saxophone), Epic Soundtracks des Swell Maps (batterie) et Gina Birch des Raincoats (basse), est d'excellente tenue. La chanson est présentée sur le 45 tours comme "The social democrats' song from a film by Lizzie Borden...". Ce film, intitulé lui aussi Born in flames, a fini par sortir en 1983. - The Fall : How I wrote elastic man
Quand j'ai acheté cet album, j'avais déjà apprécié Marc Riley et ses Creepers sur scène et sur disque (Marc était encore membre de The Fall quand ce titre a été publié et il en est l'un des co-auteurs). Pourtant, il m'a encore fallu quelques années pour je devienne "fan" de The Fall et apprécie par exemple ce single, l'un des meilleurs titres de leur première période. - Cabaret Voltaire : Seconds too late
Le maxi de Nag nag nag était en vente chez mon disquaire A la Clé de Sol à Châlons, en import et donc cher. Je regrette un peu de ne pas l'avoir acheté, mais j'avais déjà la face A sur Wanna buy a bridge ?. Depuis, j'ai fait l'acquisition de Silent command, autre single Rough Trade, qui est depuis un moment dans la file d'attente des disques à chroniquer ici. Dans la série, je placerais Seconds too late un petit cran en-dessous de ces deux-là, mais un tout petit cran. Ça reste un grand moment de musique növö, comme aurait dit Yves Adrien. - Augustus Pablo & Rockers All Stars : Pablo meets Mr. Bassie
C'est la deuxième référence du catalogue Rough Trade, juste après Métal Urbain. Du punk au reggae le plus pur, Rough Trade a immédiatement fait preuve de son ouverture d'oreilles en éditant en Angleterre ce single jamaïcain.
Sur l'album, le titre est crédité à Augustus Pablo, mais sur le 45 tours c'est bien Horace Andy qui est indiqué comme auteur : Il s'agit d'une version de son Problems de 1977, à ne pas confondre avec le Problems de 1975 ("Don't let problems get you down").
Ce sont aussi les Rockers All Stars qui accompagnaient Horace Andy sur la version originale. Pablo meets Mr. Bassie en est un remix à la sauce Augustus Pablo, sauf erreur de ma part.
Orange Juice, Blueboy.
Cabaret Voltaire, Seconds too late.








