18 juillet 2026

NENAD : (Marie's the name) His latest flame


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres vers 1984
Réf : ama 1 -- Édité par CAMAB en Angleterre en 1982
Support : 45 tours 17 cm
Titres : (Marie's the name) His latest flame -/- Sanja

J'ai acheté ce disque, comme des dizaines d'autres, pour 10 pence dans la cave du Record and Tape Exchange. La pochette assez réussie a dû m'attirer, avec ce jeune gars en chemisette et les couleurs derrière qui font penser à celles d'un drapeau. La face A est une reprise d'un tube d'Elvis Presley, mais je ne le savais sûrement pas à l'époque.
Je n'ai trouvé aucune information sur  cet artiste Nenad, qui est un prénom d'origine slave. Discogs nous apprend juste qu'il a sorti un autre 45 tours après celui-là, Green grass.

Il y a un an, l'ami Phil King a publié All the young droids, un double album compilation de raretés de pop synthétique de salon, des bricolos qui après le punk se sont emparés des nouveaux synthés au prix devenu accessible. Ce disque de Nenad n'a pas le côté futuriste/mutant droid et est sans doute trop gentillet, mais il est de la même époque et il est également électronique et pop, auto-produit et sûrement aussi auto-édité : le seul autre disque référencé sur le label CAMAB est le deuxième de Nenad, qui a utilisé les services d'Ellie Jay Productions, une boite genre Le Kiosque d'Orphée en France qui proposait de vous organiser toutes les étapes de la publication d'un disque. Nenad disposait d'un certain budget, y compris pour la promotion, puisqu'il y a sur mon exemplaire une étiquette avec le téléphone du publiciste Geoff Collings.
Ce n'est pas mon repiquage MP3 qui est raté : je ne sais pas si ça vient de l'enregistrement, du mixage ou de la gravure, mais le son du disque n'est en tout cas pas génial.

His latest flame est donc la reprise d'une chanson écrite par Doc Pomus et Mort Shuman. Si c'est Elvis qui en a fait un tube en 1961, c'est Del Shannon qui avait publié la première version quelques semaines plus tôt. La chanson de départ, avec son léger rythme à la Bo Diddley, est très bonne. Je trouve la version électronique de Nenad très réussie. Je l'ai régulièrement écoutée et appréciée ces quarante dernières années.
J'avais en tête comme point de comparaison une autre reprise sixties d'époque, Chantilly lace par R. Stevie Moore, mais l'original n'est pas d'Elvis comme je pensais (c'est Big Bopper) et le son est assez différent. Mais je n'étais pas tombé bien loin : sur l'album Under the covers de 1983, Chantilly lace est enchaîné avec... His latest flame, et là on n'est pas si loin de la version de Nenad (ces titres ont été publiés en France par New Rose en 1984).

La face B, Sanja, est une chanson originale de Nenad. Le titre est un prénom, mais il signifie aussi "Rêves" en croate. Dans sa première partie, c'est une ballade, un slow quoi, une ode à Sanja. Le dernier tiers est instrumental et un peu plus rythmé, mais l'ensemble est assez quelconque. N'empêche, j'aimerais bien en savoir plus sur ce Nenad...

A écouter :
Nenad : (Marie's the name) His latest flame
Nenad : Sanja


15 juillet 2026

JOAN BAEZ : Time rag


Consulté pour la première fois sur YouTube le 8 juillet 2026
Réf : [sans] -- Édité par Portrait en Europe en 1977
Support : 1 fichier flv
Titre : Time rag

C'est Wrongtom qui expliquait sur Bluesky l'autre jour qu'il estime depuis longtemps que Time rag de Joan Baez mérite d'être considéré comme l'un des premiers disques de hip hop. Sachant que cette chanson date de 1977, c'est très surprenant.
Évidemment, je suis aussitôt allé écouter Time rag, et oui, la filiation avec le rap saute aux oreilles : sur une rythmique légèrement funky, Joan enchaîne les couplets parlés.
La grande question est de savoir si Joan Baez était branchée au point de suivre de près les débuts balbutiants du hip hop à New York, deux ans avant Rapper's delight, ou si son parcours et ses propres influences l'ont amenée à se retrouver à ce moment-là sur un chemin proche de celui des rappers. C'est plutôt pour la seconde option que je penche, et Elizabeth Sandifer développe très en détails cet argument dans son article de 2023, Queen Shit : The case for Joan Baez, la meilleure indication étant la description que Joan donne elle-même de la chanson avant de l'interpréter dans l'émission de Johnny Carson : elle a été écrite comme un "talking disco blues", associant donc le parler du talking blues et la rythmique du disco. Même sans chercher à faire du hip hop, elle ne pouvait pas atterrir très loin de la cible. Mais elle savait certainement aussi ce qu'elle faisait puisqu'elle conclut par "OK fellows, this is a rap" (selon les paroles sur la pochette intérieur de l'album, d'après Elizabeth Sandifer), alors qu'on se serait attendu à "This is a wrap" ("C'est dans la boîte").

Les paroles de la chansons sont à la fois mordantes et pleines d'humour. Il y est question d'un entretien avec le magazine Time, qui avait fait sa couverture avec la chanteuse folk Joan fin 1962.
Là, c'est un épisode vécu qu'elle nous conte, alors qu'elle prépare son premier album pour un nouveau label, que sa carrière est en déclin et que son management lui conseille de tenter un gros coup avec Time.
Elle aurait pu se contenter d'intituler la chanson Time mag, mais Time rag est très bien vu, "Rag" désignant à la fois un type de chanson folk et... un torchon !
Ayant l'impression que le journaliste s'intéresse vraiment à ce qu'elle a à dire, Joan enchaîne sur les sujets d'actualité qui lui tiennent à coeur ("I babbled my way through the worldwide list, Ireland, Chile and the African states, Poetry, politics and how they relate, Motherhood, music and Moog synthesizers, Political prisoners and Commie sympathizers, Hetero, homo and bisexuality, Where they all stand in the nineteen-seventies"), mais elle se finit par se rendre compte qu'il n'y a qu'une seule chose qui l'intéresse vraiment : des potins sur sa relation avec Bob Dylan. Autant dire que ça se termine mal et qu'elle n'a jamais refait la couverture de Time !

Sur scène au Palladium de New York en 1977, la version de Time rag, est orchestrée de façon proche de celle de l'album, mais à la télévision, au moins par deux fois, c'est en solo et a cappella que Joan Baez l'a chantée, dans le Johnny Carson show en 1977 et à la télévision française sur Antenne 2 dans un Spécial Joan Baez diffusé le 24 janvier 1978. Les sous-titres de traduction des paroles ont du mal à suivre le débit de la chanteuse !


Joan Baez qui se retient de rire pour chanter Time rag, en direct en 1977 dans le Johnny Carson show aux États-Unis.7

11 juillet 2026

STEVE MILLER BAND : The joker


Acquis chez Récup'R à Dizy le 13 juin 2025
Réf : 2039757 -- Édité par EMI en France en 1990
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The joker (Single version) -/- Don't let nobody turn you around

Dans les années 1980 et 1990, le fabricant de jean's Levi's s'est fait une spécialité d'utiliser de bonnes musiques de l'univers du rock pour ses pubs pourrites. Ce fut le cas en 1991 avec Should I stay or should I go de The Clash, et l'année précédente avec The joker du Steve Miller Band. Il y a même eu des compilations rassemblant ces sélections, comme Levi's music en 1994, ce qui signifie aussi qu'il y avait des gens pour les acheter.
The joker a été réédité en single en 1990 pour l'occasion. Dans la majorité des pays, France incluse, la photo de pochette montrait le motard de la pub. Mais ce n'était sûrement pas assez clair pour EMI France, qui a ressorti le disque avec une autre pochette, avec au recto, en gros en haut, la mention "La chanson de la pub Levi's" avec le logo de la marque, et au verso un de ses slogans et un remerciement pour avoir autorisé l'utilisation de ces éléments !! Et pour autant, ce 45 tours n'était pas un cadeau publicitaire offert aux clients, mais un disque vendu au prix fort dans le commerce. Et cette réédition a bien fonctionné : le disque s'est classé n°1 des ventes en Angleterre, et a pas mal été diffusé aussi en France.
C'est comme ça que j'ai découvert The joker, cette chanson de 1973 qui avait déjà été un tube au moment de sa sortie (n°1 aux États-Unis, cette fois). Il faut dire que jusque-là j'avais soigneusement évité le Steve Miller Band. J'avais vu quelques-uns de leurs disques chez des copains ou dans la presse. J'avais repéré le logo avec le cheval ailé, mais j'avais décidé que c'était du truc de baba, des années 1970 avant le punk. En fait, c'était plutôt à l'origine du blues-rock, et The joker c'est encore autre chose. On ne gagne jamais rien à refuser d'être curieux.

The joker est une excellente chanson. Dans la présentation de la réédition des 50 ans de l'album, Steve Miller détaille rapidement la session et indique que le tout a été enregistré en une demi-heure. C'est valable pour l'enregistrement lui-même, mais il y a eu du boulot en amont; par exemple il lui manquait un refrain et, comme il l'explique par ailleurs, il l'a pioché dans une autre chanson qu'il avait sur le feu, Travelin'.
J'aime bien le fait que ce portrait du Joker fait référence à des personnages qui apparaissent dans d'autres chansons de Steve Miller, le Space Cowboy, le Gangster of Love et Maurice. Il a écrit les paroles au dernier moment et les a complétées en intégrant quelques vers de Lovey dovey des Clovers. Ça lui a coûté, assez logiquement, quelques pourcentages de droits d'auteur.
Je crois que ce qui m'accroche le plus dans cette chanson, c'est la rythmique, particulièrement la basse. L'enrobage de guitares acoustique et slide est très bien également.
D'une manière générale, je trouve le style de chant, ainsi que l'orchestration et les arrangements, assez intemporels. Lors d'une première écoute, j'aurais eu bien du mal à dater précisément cet enregistrement. Significativement, j'ai  rétrospectivement été amené à réévaluer la chanson de 1979 de Joe Jackson, Is she really going out with him ?, comme je l'écrivais en 2008 : "mon appréciation de la chanson de Joe Jackson est un petit peu gâchée par la connaissance du tube de Steve Miller, sorti à l'origine en 1973. Je ne crois pas qu'il y ait un quelconque repompage direct de notes entre les deux titres, ni un plagiat éhonté, mais il y a un petit quelque chose indéfinissable dans la rythmique et le chant qui à chaque fois me fait immanquablement associer les deux titres, au profit du plus ancien bien sûr."

Je ne sais pas pourquoi, mais la face B de cette réédition n'est pas la même que celle du 45 tours original de 1973. Le label est allé déterrer Don't let nobody turn you around, un titre de l'album Saving grace de 1969, produit par Glyn Johns, sorti en single aux États-Unis mais je ne pense pas qu'il a été un tube. Pour le coup, c'est vraiment du blues-rock bien de son époque, d'excellente facture, bouclé en 2'30.

J'ai appris au passage que Steve Miller était tombé dans la marmite de la musique quand il était tout petit : ses parents étaient des passionnés de musique, amis avec notamment Les Paul, le parrain de Steve, et T-Bone Walker, qui lui a donné des conseils pour jouer de la guitare dans le dos ou avec les dents !
A 82 ans, Steve Miller semble en bonne forme. Il a fait une grande tournée en 2024 et des concerts sont annoncés à New York en octobre prochain.




Steve Miller Band, The joker, en direct dans l'émission américaine The midnight special, le 25 janvier 1974.

08 juillet 2026

THE SMITHS : Barbarism begins at home


Consulté pour la première fois sur YouTube en 2023
Réf : [sans] -- Diffusé par Antenne 2 en France le 19 mai 1984
Support : 1 fichier flv
Titre : Barbarism begins at home

Ça doit être au moment de la mort d'Andy Rourke en 2023 que pas mal de vidéos ont circulé et que j'ai vu pour la première fois le passage des Smiths dans l'émission The Tube en mars 1984Barbarism begins at home se termine avec juste le duo basse/batterie pendant que Morrissey et Johnny Marr dansent. Un très bon moment. Je ne sais pas si c'est la première fois que ça se passait ainsi, mais la scène s'est reproduite à Hambourg le 4 mai et, c'est la version que j'ai sélectionnée, à Paris le 9 mai.

On comprend que des fans aient choisi Barbarims begins at home pour rendre hommage au bassiste des Smiths : la colonne vertébrale de la chanson est une ligne de basse très élaborée, assez funky pour rappeler Freak Party, le groupe dans lequel Marr et Rourke ont joué brièvement avant les Smiths. Si c'est Andy Rourke qui a trouvé cette ligne de basse, il n'a pas volé les quelques pourcentages de droits d'auteur qu'il a récupérés quand il s'est plaint après la séparation du groupe.
Elles sont musicalement différentes, mais cette chanson qui prend le temps de se dérouler sur six minutes se rapproche sur ce point de How soon is now ?, qui allait suivre quelques temps plus tard. 

La chanson  a été jouée pour la première fois sur scène en décembre 1983. La ligne de basse n'était pas encore complètement en place. C'était une période de folie pour le groupe, avec les singles à succès qui s'enchaînaient et le premier album qui venait de sortir. Pourtant, les Smiths ont joué régulièrement en 1984 cette chanson pas encore publiée, parfois même deux fois le même soir, dans le corps du concert et en rappel. Il faudra attendre février 1985 pour qu'elle sorte sur disque, sur le deuxième album, enchaînée avec une autre chanson au titre choc, Meat is murder. La sortie de ce titre en face A de single a été programmée pour l'Angleterre mais, comme pour Reel around the fountain, elle a été annulée et il n'y a qu'en Allemagne qu'un single est sorti à l'époque.

Le concert des Smiths à l'Eldorado le 9 mai 1984 est à la fois le premier et l'avant-dernier du groupe en France (je vous laisse calculer combien il y en a eu en tout). Il a été couvert par Antoine de Caunes pour son émission Houba houba et un pirate a été publié. Morrissey avait des fleurs dans la poche arrière du jean et il y en avait partout dans la salle, ne serait-ce que parce que l'affiche et le billet suggéraient au public d'en apporter.
Pour ma part, j'étais en Angleterre ce printemps-là. Les fleurs, les articles dans la presse et les passages télé m'avaient irrité, et j'ai bêtement évité tout ce qui avait trait aux Smiths, alors même que j'étais fourré deux fois par semaine dans la boutique Rough Trade !
La version jouée à Paris ce soir-là est excellente, et c'est bien de voir le bassiste qui sourit sur la fin en voyant ses compères gesticuler. On préfère voir Morrissey et Marr s'amuser comme ça et faire un pied de nez à la barbarie, plutôt qu'être à couteaux tirés comme ils le sont depuis des années (avec plein de bonnes raisons de ne pas être d'accord...!).



The Smiths, Barbarism begins at home, en concert à L'Eldorado à Paris le 9 mai 1984, diffusé dans l'émission Houba houba le 19 mai sur Antenne 2.
Ci-dessous, la séquence complète avec deux autres chansons.

05 juillet 2026

MUSICAL YOUTH : Tell me why ?


Acquis chez Happy Cash à Dizy le 9 novembre 2024
Réf : 105 571 -- Édité par MCA en Europe en 1983
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Tell me why ? -/- Reason

Ce disque fait partie des quelques "bricoles" que j'ai achetées le même jour que le Raymond Sangaria.
Je ne l'ai pas acheté à l'époque de son succès, mais j'ai toujours apprécié le tube Pass the dutchie et, depuis quelques temps, je prends les disques de Musical Youth quand j'en vois passer pour pas cher. Généralement, ils sont au minimum sympathiques. 

C'est bien le cas ici de Tell me why ?, la face A du premier single sorti pour annoncer le deuxième album du groupe, Different style !.
Il s'agit d'une reprise d'un titre de l'album Dusty roads de John Holt, sorti en 1974. Une chanson que Musical Youth a rendue encore plus sautillante. La version allongée US remix est plus intéressante, notamment car le mixage est plus roots et elle inclut le toast qu'un des chanteurs réclame mais n'a pas le temps de placer dans la version de base.

A l'écoute de Reason, j'ai eu exactement la même bonne surprise que quand j'ai découvert l'improbable Disco Reggae Band, derrière lequel on avait dissimulé le groupe anglais Black Slate : on oublie la pop-reggae, on a tout simplement là un excellent titre très roots, mieux que sympathique. Et là aussi, je conseille plutôt la version "complète" de la chanson sur le maxi, qui dure près de sept minutes. Contrairement à l'habitude, ce qu'on trouve sur le 45 tours, ce n'est pas la partie chantée de la première moitié, mais la rallonge toastée de cet excellent "discomix".
La particularité ce cette face B, quand on examine les crédits, c'est qu'elle est produite par Toney Owens. C'est le seul titre de la discographie MCA de Musical Youth qu'il a produit (tous les autres ou quasiment sont produits par Peter Collins). Mais si on regarde la discographie dans le détail, on note que Toney Owens a aussi produit en 1981 le tout premier disque de Musical Youth, Political, sorti comme le You d'Au Pairs sur le label 021, notamment pour financer le Saltley Music Workshop. Et ceci nous ramène à l'actualité et à un disque de Musical Youh qui vient de sortir, Mash down Birmingham: The early recordings of Musical Youth.

Cet album est publié par Needle Mythology, un label fondé par Will Harris et le journaliste Pete Paphides. On trouve à son catalogue des projets très soignés de rééditions avec inédits de disques notamment de Stephen Duffy, Ian Broudie, Robert Forster. Et aussi l'anthologie indiepop Sensitive, sur laquelle on trouve même Someone stole my wheels.
Pete Paphides est originaire de Birmingham, comme Musical Youth. Si vous comprenez l'anglais, je vous conseille la lecture de son livre de mémoires Broken Greek : A story of chip shops and pop songs.
Le déclic pour ce projet, c'est la découverte en 2016 de Political sur la compilation The Midland roots explosion. Pete Paphides a voulu en savoir plus, mais il lui a fallu des années de ténacité pour réussir à rencontrer Toney Owens, qui conservait des dizaines de bandes enregistrées dans une cabane dans son jardin. Il en résulte deux disques, celui de Musical Youth, et celui d'un groupe familial oublié du Birmingham des années 1970, Natrus.

A l'occasion de la sortie de ce disque, l'histoire des débuts de Musical Youth est racontée dans Mojo (n° 391 daté de juin 2026) et dans The Quietus.
A l'origine de tout, il y a Frederick Waite, un jamaïcain qui, avant d'émigrer à Birmingham pour travailler dans une usine automobile, avait eu une carrière musicale remarquable, puisqu'il est membre fondateur de groupe rocksteady The Techniques.
Quand ses fils Freddie Junior (batterie et Patrick (basse) se sont mis à la musique, il a rencontré par l'intermédiaire de Toney Owens ceux très jeunes de George Grant, Kelvin (guitare) et Michael (claviers). C'est ainsi que, au sein du Saltley Musical Workshop est né "le groupe de reggae le plus jeune du monde", initialement nommé Culture Musical Workshop Youths, dirigé par son chanteur, papa Waite, avec les quatre enfants Waite et Grant.
Cette formation originale a enregistré le 45 tours Political et une  session pour John Peel. Sans surprise, Freddie Waite connaissait du monde dans la scène reggae, et parmi les enregistrements restés inédits jusqu'en 2026 il y a des collaborations avec Sugar Minott et Jackie Mittoo. Mais au moment de signer avec un gros label, et pour respecter l'image de jeunesse associée au groupe, Freddie Waite a dû se résoudre à laisser la place et le chanteur de quinze ans Dennis Seaton a été recruté. Leur succès a été immédiat dès le premier 45 tours Pass the dutchie.

Et comment s'intercale Reason dans tout ça, avec Toney Owens à la production mais Dennis Seaton au chant, pas Frederick Waite père ? Eh bien, soit cette chanson date de juste avant la signature avec MCA, juste après les enregistrements qu'on trouve sur Mash down Birmingham, soit le groupe est retourné bosser avec lui après son succès pour une session dont ce seul titre aurait émergé.

Après leur tube initial, jeunes ou pas, les membres de Musical Youth ont été pressés comme des citrons par l'industrie du disque. Le groupe s'est séparé en 1985. Les deux frères Waite sont morts depuis, Patrick en 1993 et Freddie "Junior" en 2022. Une reformation de Musical Youth existe encore, avec Dennis Seaton et Michael Grant. Quant à Kelvin Grant, il se produit en solo.



01 juillet 2026

AMADOU & MARIAM : Once in a lifetime


Consulté la première fois sur INA le 24 juin 2026
Réf : [sans] -- Diffusé par Le Mouv' le 5 avril 2012
Support : 1 fichier FLV
Titre : Once in a lifetime

J'étais persuadé à tort que j'avais chroniqué il y a bien longtemps mon CD single de Je pense à toi d'Amadou et Mariam, dans les premières années du blog. Et ça fait un moment que j'envisage de m'intéresser à un autre de leurs disques, peut-être mon maxi promo de Les beaux dimanches. Au bout du compte, ce n'est pas avec un disque mais avec une session radio filmée et diffusée à la télé qu'on va "étrenner" ici "le couple aveugle du Mali".
Sachant que Mariam Doumbia (1958-) et Amadou Bagayoko (1954-2025) ont commencé à jouer ensemble au début des années 1980, ce n'est que tardivement, quand l'album Sou ni tilé est sorti en France en 1998, que j'ai commencé à m'intéresser à eux. Je regrette fort de ne pas être allé les voir en concert quand ils ont joué dans la Marne autour de l'an 2000. Ils avaient le don de créer d'excellentes chansons très accessibles.

Comme avec Daouda, c'est en allumant ma box télé internet pré-réglée sur Melody d'Afrique que je suis tombé au milieu de cette chanson. J'ai notamment été impressionné par le jeu de guitare d'Amadou sur cette prise en direct, sachant qu'il assure aussi le chant. J'ai été surpris de voir à la fin que la chanson était titrée en anglais et que ce titre était le même que celui du classique de 1980 de Talking Heads.
Ça n'a pas suffi pourtant pour que j'ai le déclic. Pour moi, j'avais entendu une chanson originale d'Amadou et Mariam. Ce n'est que le lendemain, quand j'ai cherché à la réécouter et à voir sur quel disque on la trouve (aucun...) que j'ai bien dû me rendre à l'évidence : le Once in a lifetime d'Amadou et Mariam est une reprise de Talking Heads.

D'abord, il faut dire qu'Amadou et Mariam ne chantent pas la chanson en anglais (plutôt en bambara, je suppose). Je ne sais pas s'ils ont traduit les paroles, mais vu le contexte, je parierais bien que ce sont des paroles originales.
Les autres musiciens sont excellents eux aussi, mais c'est la guitare qui porte le morceau. Le riff de base, c'est carrément du rock and roll le plus basique possible. C'est pas Louie Louie, mais on en n'est pas loin.
Ce que je reconnais le mieux de la chanson originale, ce sont les refrains ("Letting the days go by..."). Pour le reste, je me dis que ce sont les couplets qu'ils chantent en duo. Mais, comme indiqué sur la page Dailymotion, il s'agit vraiment d'une réinterprétation complète, pas d'une simple reprise, et, sans manquer d'honnêteté, je n'aurais rien trouvé à redire si Amadou et Mariam s'étaient attribués cette chanson.

On sait que  des musiques d'Afrique ont largement influencé la création de l'album des Talking Heads. En 2018, Angélique Kidjo a en quelque sorte bouclé la boucle en reprenant intégralement Remain in light. Beaucoup plus proche de l'originale, je trouve son Once in a lifetime moins impressionnant que celui d'Amadou et Mariam..

Un documentaire de Ryan Marley, Amadou et Mariam : Sons du Mali, est sorti en 2025.
Un an après la mort de son époux, Mariam a repris la route. Elle est actuellement en tournée en France pour continuer à chanter Amadou & Mariam.



Amadou & Mariam en Mouv' Session dans Rodéo sur le Mouv' le 5 avril 2012.