
Acquis neuf à Châlons-sur-Marne en 1976
Réf : 2C 010-82119 -- Édité par Capitol en France en 1976
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Radioactivity -/- Antenna
Voilà un disque que je possède depuis un demi-siècle, c'est presque vertigineux.
A 13 ans, je ne pense pas que j'avais suffisamment d'argent de poche de côté pour l'acheter moi-même. Ce 45 tours m'a donc sûrement été offert par mes parents (qui étaient la principale source de mon argent de poche, de toute façon !).
Il y a une indication très claire que ce disque fait partie des tous premiers de ma collection : il y a au recto de la pochette, bien visible en rouge, une étiquette faite à la Dymo avec mon surnom familial (et aussi mon nom au stylo bille). Heureusement, je n'ai pas eu longtemps accès à cette étiqueteuse... Trois autres disques de cette époque ont déjà été chroniqués ici : Autobahn, Moviestar de Harpo (pire : j'ai arraché l'étiquette...!) et mon premier exemplaire de The humours of Lewis Furey. Je ne pense pas qu'il en reste beaucoup d'autres dans mes étagères, mais je ne suis pas à l'abri d'une surprise.
C'est le premier disque de Kraftwerk de ma collection. Au maximum un an plus tard, je faisais avec Autobahn ce que je considère être ma toute première acquisition d'un 33 tours.
Je me suis rendu compte en lisant récemment une chronique de la réédition des 50 ans de Radio-activity que c'est l'album de la grande époque de Kraftwerk que j'ai dû le moins écouté (avec Electric café). Ce n'est pas que je l'aime moins, c'est principalement je pense parce que je l'ai acheté plus tard, dans le courant des années 1980. Cela explique aussi pourquoi cette chronique n'arrive que maintenant, alors que j'ai déjà abordé des disques liés à Autobahn, Trans Europe Express, The man-machine, Computer world et Electric café.
L'album est titré Radio-activity, un jeu de mots en quelque sorte puisque les chansons traitent d'activités autour de différents aspects de la radio, qu'il s'agisse d'ondes radioactives, radiophoniques ou même stellaires.
Le disque est synthétique, bien plus qu'Autobahn, mais il y a aussi un aspect rétro-futuriste, qu'on retrouvera de façon plus marquée avec Trans Europe Express, avec les photos à l'ancienne du groupe et le poste de radio choisi pour la pochette, qui date des années 1940 et doit être l'équivalent d'une Volkswagen.
La chanson Radioactivity (sans tiret car pour le coup il est question de radioactivité) est un classique des classiques. La version du 45 tours est réduite de moitié par rapport à celle de l'album, mais il ne manque aucun élément essentiel.
Je me souviens avoir été captivé après l'avoir entendue à la radio pendant l'été 1976 à la radio. La France est l'un des pays où elle a eu le plus de succès (300 à 600 000 exemplaires vendus). Je n'écoutais pas l'émission, mais ce succès a peut-être été aidé par le fait que Jean-Loup Lafont en avait fait l'indicatif de son émission Maximum de musique sur Europe 1, comme indiqué sur cette version de la pochette. Jean-Loup avait de la suite dans les idées, car l'année suivante il a pris une version d'Oxygène de Jean-Michel Jarre pour l'indicatif de son émission Basket.
Ce n'est que cette semaine que j'ai eu connaissance d'un ingrédient essentiel de cette chanson (et de l'album dans son ensemble) : le tapis sonore éthéré et magique qu'on entend en fond est produit par un instrument particulier, l'Orchestron de Vako, un clavier qui était une forme plus élaborée du Mellotron ou de l'Optigan, des instruments qui utilisent des sons pré-enregistrés. Visiblement, Kraftwerk a opté pour des sons de chant choral.
Il y a d'autres excellentes trouvailles dans ce morceau : l'utilisation du morse pour épeler de façon sonore le titre et certaines des paroles, les percussions électroniques novatrices, les dix notes accrocheuses du gimmick principal...
Les paroles sont en deux langues, anglais et allemand. Elles présentent la radioactivité de façon assez neutre ("Elle est dans l'air pour toi et moi", "Découverte par Madame Curie"), voire positive ("Branchez-vous sur sa mélodie", "Quand il s'agit de notre avenir").
Quand Kraftwerk enregistrera une nouvelle version de Radioactivity pour l'album The mix en 1991, outre qu'elle sera beaucoup plus dansante, les paroles seront revues pour alerter sur les dangers de l'énergie nucléaire. Depuis, ces paroles sont régulièrement adaptées en fonction de l'actualité.
Une des meilleures versions de la chanson est celle en concert à Captain Vidéo à Paris en mai 1981. Ce n'est pas du rock, mais contrairement aux concerts depuis le retour du groupe dans les années 2000, on a vraiment l'impression qu'ils jouent en direct, avec des variations notables par rapport au disque.
La face B est une autre de mes chansons préférées de l'album.
Antenna traite bien sûr de radio diffusion ou, plus précisément pour garder le côté rétro, de TSF (transmission sans fil).
Les paroles sont minimales : tu es l'émetteur, je suis l'antenne réceptrice.
Je me demande si cette chanson aurait aussi pu être un tube si elle était sortie en titre principal de single. En tout cas, avec séquenceur, synthés et percussions électroniques, c'est vraiment un prototype de techno pop. On se rend compte à l'écoute de ce titre paru fin 1975 que The Human League, The Normal ou Orchestral Manoeuvres In The Dark n'ont pas inventé grand chose. Pour ma part, après avoir été biberonné à Kraftwerk et Vangelis, je ne dois pas m'étonner d'être ensuite devenu un grand fan de New Wave.
Ralf Hutter est le seul membre qui reste du groupe qui a enregistré Radio-activity, mais une formation de Kraftwerk est en tournée en ce moment.
Kraftwerk, Radioactivity, dans l'émission Chorus sur Antenne 2 diffusée le 1er octobre 1978. Le groupe est sur la scène du Théâtre de l'Empire, mais c'est la version du disque qu'on entend.
J'ai probablement vu cette émission le jour de sa diffusion.
Michel Sardou et Danièle Gilbert présentent Kraftwerk au grand public français dans l'émission Midi-Première du 21 juin 1976.








