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08 juin 2019

DENISE VARÈNE : Les deux pieds dans l'eau


Acquis probablement chez Emmaüs à Tours-sur-Marne vers la fin des années 2000
Réf : EU. 2 -- Édité par Vogue en France probablement dans les années 1970 -- Tirage spécial hors commerce pour les Editions Universelles - Hommage de l'éditeur
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Les deux pieds dans l'eau -/- Sans rien te dire

Voici un type assez rare de disque hors commerce, qui n'est pas représenté dans mon livre Vente interdite. En effet, si c'est bien la maison de disques Vogue, qui a sorti initialement ce 45 tours dans les années 1950, qui s'est chargée une vingtaine d'années plus tard de la fabrication de cette réédition, cela a été fait à la demande de l'éditeur musical des deux chansons, Les Éditions Universelles. Dans quel but ? Mystère. La mention "Hommage de l'éditeur" signifie simplement que l'objet est distribué gratuitement, mais je suppose qu'il y a eu une occasion particulière, soit liée à l'interprète Denise Varène, soit liée à une actualité autour de ces titres (l'utilisation dans une musique de film, ou une reprise, par exemple).
En tout cas, ça nous donne l'occasion de nous intéresser à Denise Varène, qui est ici accompagnée par son époux Marcel Bianchi et son orchestre.
On trouve au dos de la pochette de son premier 45 tours des informations sur ses débuts. Repérée lors d'un crochet radiophonique, elle a chanté pour plusieurs orchestres qui l'ont déjà fait voyager. Repérée par Jacques Hélian, elle a été recrutée comme membre des Hélianes, ses chanteuses d'orchestre, de 1953 à 1955. A partir de là, Denise Varène et Marcel Bianchi, qui était lui aussi rentré dans l'orchestre de Jacques Hélian, ne se sont plus quittés jusqu'à la mort de Marcel en 1997.
Un témoignage passionnant de Denise Varène, recueilli en 2011 par les Archives départementales des Alpes-Maritimes en collaboration avec l’Association Juanaise du Cadre de Vie, nous permet d'en savoir plus sur leur parcours professionnel, notamment leurs engagements dans des grands hôtels de Paris ou de la Côte d'Azur ou pour des croisières autour du monde.
On y apprend des détails sur la création de Viens à Juan-les-Pins, un grand succès de Bob Azzam, qui était le titre principal du 45 tours sur lequel on trouve Fais moi le couscous chéri (je note que ni Denise Varène ni Bernard Michel ne sont crédités pour les paroles sur le 45 tours, mais Michel l'est chez Frémeaux). Il y est aussi question de Dizzy Gillespie et Ella Fitzgerald, mais l'extrait d'un quart d'heure mis en ligne ne contient pas les souvenirs sur Claude François qui, à ses débuts, a passé l'été 1959 comme batteur de l'orchestre de Marcel Bianchi :



Les deux pieds dans l'eau est un boléro-cha cha cha sur des paroles de Roger Desbois et une musique de Jean Lano.
Il y a une autre version connue et quasi-contemporaine de cette chanson par Mathé Altery, avec des cordes et des trémolos dans la voix. Je ne suis pas sûr, mais je pense que la version de Denise Varène est la première. C'est en tout cas ma préférée. Je préfère le style de chant et les arrangements sont à la fois sobres et de qualité, depuis la superbe introduction avec la guitare hawaïenne de Marcel jusqu'aux touches de marimba et aux ponctuations de cuivres tout en retenue.
Cette chanson a eu suffisamment de succès pour avoir droit à sa version par Georges Jouvin, avec des chœurs en plus de la trompette. C'est comme ça que j'ai connu cette chanson et on est plutôt dans le haut du panier des reprises à la trompette d'or.

La face B, Sans rien te dire, paroles encore de Roger Desbois et musique cette fois-ci de Jack Arel, est un slow très classique. C'est réussi, mais moins dans mes goûts.
J'ai deux autres 45 tours de Denise Varène, mais il y en a un qui doit être mal rangé et je n'arrive pas à remettre la main dessus. J'y retourne, même si je dois y passer la soirée, et je vous laisse écouter ça :






Une pochette d'anthologie pour l'EP original des années 1950 qui contient les deux titres de mon 45 tours, avec Marcel Bianchi et Denise Varène en photo, les pieds au sec, peut-être bien à Juan les Pins. J'aimerais bien avoir ce disque !



15 juin 2014

SURPRISE-PARTIE DE POCHE n° 2


Acquis sur le vide-grenier de Montmort-Lucy le 8 juin 2014
Réf : 17. 16. V. 02 -- Edité par Vogue en France vers 1957
Support : 16 tours 17 cm
8 titres

Le 18 mai dernier, sur le vide-grenier de Reims-la-Brûlée, je n'ai pas fait de bonnes affaires en disques, mais j'en ai fait une en tourne-disques !
Une petite dame avait sur son stand une vieille chaîne hi-fi années 1970 en piteux état posée sur une valise toute propre que j'ai reconnue instantanément comme un électrophone. J'ai fait de la place pour accéder à la valise, je l'ai ouverte et j'ai constaté que l'appareil, un Hifivox, brillait comme un sou neuf. La dame était en train de s'excuser qu'elle ne pouvait garantir le bon fonctionnement de l'appareil quand je lui ai demandé combien elle en voulait. Une fois qu'elle m'a eu répondu 5 €, la transaction s'est faite très rapidement. Et la bonne nouvelle, c'est qu'une fois rentré à la maison j'ai pu vérifier que, à part un faux contact sur le volume, l'appareil fonctionne parfaitement.





Ceux qui suivent savent que, depuis un peu plus d'un an, je suis l'heureux propriétaire d'un Teppaz, dont le premier intérêt a été de m'inciter à acheter des 78 tours quand j'en trouve qui me paraissent intéressants. Je n'avais donc pas vraiment besoin d'un autre électrophone, sauf qu'il y a des affaires difficiles à laisser passer et sauf que l'intérêt de l'Hifivox par rapport au Teppaz, c'est qu'il est capable de tourner à la vitesse de 16 tours, en plus des 33 tours, 45 tours et 78 tours. Or, les quelques onze cents chroniques publiées ici recouvrent de nombreux formats de disques, des vinyls 45 tours 17 cm aux 33 tours 30 cm (les plus courants), en passant par les 45 tours 30 cm, les 33 tours 17 cm, mais aussi les 33 tours ou 78 tours 25 cm, les disques qui tournent une face en 33 tours et l'autre en 45 tours, l'unique 33 tours 15 cm, et aussi les cassettes, les CD (12cm ou 7,5 cm), les DVD, les MP3 et le mutant une face 33 tours 12 cm / une face CD ! Tout ça pour dire que, jusqu'à la semaine dernière, je n'avais aucun disque tournant en 16 tours et c'était dans mes objectifs de m'en procurer un depuis l'acquisition du tourne-disques.
Ça c'est fait finalement assez vite, sur le petit vide-grenier sympathique de Montmort-Lucy, par un temps parfaitement agréable. J'ai quand même dû avoir de la chance car, si les appareils avec des vitesses 16 tours ont eu une assez longue durée de vie, j'ai appris que, en fait, les disques 16 tours eux-mêmes n'ont été édités que pendant quelques années. Ils ont surtout servi pour des méthodes d'apprentissage de langues, des opéras, des textes lus, et pour des disques de danse. Tous types de disques nécessitant une certaine durée ou ne pâtissant pas trop d'une qualité sonore moindre. Aux Etats-Unis, les 16 tours ont aussi été utilisés pour des tourne-disques embarqués dans les voitures !
Toujours est-il que le succès commercial n'a pas été rendez-vous et que les quelques labels qui s'étaient lancés dans l'aventure ont vite jeté l'éponge.
Vogue faisait partie de ceux-là, avec une série de dix disques 16 tours 17 cm (Marino Marini, Aimable, Colette Renard...) lancée par deux "surprise-parties de poche". C'est la deuxième que je me suis procuré.
C'est la première fois que je fais tourner un disque en 16 tours 2/3, soit moitié moins vite qu'un 33 tours. Eh bien, c'est vraiment lent. On a l'impression que le disque est arrêté et on a tellement l'habitude des autres vitesses qu'on a envie de l'accélérer. Mais non, les titres passent bien à la bonne vitesse.
Au programme de ma surprise-partie de poche, on retrouve quatre artistes du catalogue Vogue avec deux titres chacun.
La face A est entièrement dans le style jazz Nouvelle Orléans, avec Claude Luter d'abord, puis deux ballades de Sidney Bechet avec André Réwéliotty et son orchestre.
Cerise sur le gâteau pour moi qui suis fan, la face B s'ouvre avec deux titres de Marcel Bianchi, Pagan love song et Song of the islands, deux incontournables du répertoire de la guitare hawaïenne mais interprétés et arrangés comme toujours à la fois brillamment et sobrement. On reste à Hawaï pour le premier titre qui suit d'Earl Cadillac, alias Hubert Rostaing, qui interprète deux tangos au saxophone alto !
Je ne sais pas si Vogue a été le premier à utiliser le titre "surprise-partie de poche", mais en tout cas d'autres labels l'ont aussi utilisé, pour des disques 17 cm en 33 ou 45 tours. Idem pour le kangourou pour illustrer le disque de poche : Atlantic en utilisera un dix ans plus tard comme logo pour ses 33 tours 15 cm.
Et si chez Vogue on a vite abandonné les 16 tours après leur lancement en 1957, on a gardé l'idée du kangourou dans un coin de sa tête pour le ressortir au tout début des années 1960, sans référence à la poche, pour les super surprise-parties Kangourou, des 33 tours 30 cm réunis dans une super Collection Kangourou, dont le titre a inspiré la légendaire émission Opération Kangourou, créée sur La Radio Primitive et diffusée depuis de nombreuses années sur F.P.P..
Et tiens, sinon, puisqu'on parle technique discographique aujourd'hui, j'en ai appris une bien bonne en préparant cette chronique : la moitié de la production mondiale de vinyle, la matière première qui sert à fabriquer les microsillons, est assurée par Resinoplast, une entreprise dont l'usine se situe à Reims ! J'aurais préféré que ce soit MPO, l'usine de pressage mayennaise, qui soit près de chez moi (mais ça risquerait de m'inciter à fouiller leurs poubelles...), mais c'est amusant de se dire qu'une bonne partie des galettes actuellement produites est plus ou moins rémoise.

09 octobre 2010

MARCEL BIANCHI : Joue avec Marcel Bianchi


Acquis chez Gibert Joseph à Lyon le 5 octobre 2010
Réf : FDLP 1041 -- Edité par La Voix De Son Maître en France vers 1955
Support : 33 tours 25 cm
10 titres

D'habitude, quand j'ai l'occasion de passer chez Gibert Joseph à Lyon, c'est à dire à peu près une fois par an, j'y trouve généralement des CD soldés ou d'occasion, comme le Laura Veirs l'an dernier ou le Grandaddy en 2005.
Cette fois-ci, je n'ai ramené qu'un seul CD, un maxi des Delgados, mais il faut dire que j'ai passé la majeure partie de mon temps à fouiller le gros stock de vinyls d'occasion (33 tours et 45 tours) que j'ai eu la surprise de trouver là.
J'y ai fait une bonne moisson, de la new wave (Gary Numan) au rock indépendant (Les Invendables) en passant par des chants et danses d'Indonésie et de Chine et deux 25 cm de M. Trumpet Cha Cha, un pseudonyme derrière se cache, il me semble, Georges Jouvin.
La trouvaille la plus intéressante c'est sans contexte ce 25 cm de Marcel Bianchi, qui trainait là depuis la mi-mai. Oh certes, mon exemplaire a souffert et la pochette n'est pas dans l'état de l'illustration ci-dessus : elle a pris l'humidité et sa moitié inférieure est très abimée, l'illustration du recto est très abimée et le texte au verso a des manques. Mais bon, à 1 € je ne vais pas me plaindre, d'autant plus que, depuis quelques années que je collectionne les disques de Marcel Bianchi je n'avais jamais vu celui-ci, qui se trouve avoir une particularité intéressante. En effet, Jacques Sclingand l'explique au dos dans ses notes, ce disque a été réalisé avec la technique du re-recording, ce qui était novateur à l'époque :

"«Re-recording» ou re-enregistrement signifie dans ce disque six enregistrements pour un seul morceau, ils sont superposés et répartis ainsi :
1° enregistrement contrebasse et batterie;
2° enregistrement guitare 1ère partie ligne de chant;
3° enregistrement guitare 2e partie;
4° enregistrement guitare 4e partie;
5° enregistrement guitare variations;
6° enregistrement guitare variations.

Ce microsillon de «re-recording» à la guitare est le premier réalisé en France, il a demandé une centaine d'heures de travail en studio. Outre les difficultés de mise au point en ce qui concerne le son, les procédés qui régissent l'élaboration d'un tel disque imposent à l'artiste un rigoureux contrôle de soi-même, mais la technique instrumentale de Marcel Bianchi est éblouissante. Fait assez rare, c'est aussi un guitariste complet et les qualités musicales de cet enregistrement nous le prouvent.

Ecoutez la vigueur des lignes mélodiques (le mediato est incisif), elles bondissent, se sauvent et vous ne les attraperez jamais; les accords se cabrent ou s'évanouissent car les doigts exécutent de fréquents glissandos; votre esprit sera en éveil dans ce charmant «All the things you are» où vous relèverez des effets de fugue et de contrepoint; avez-vous déjà entendu swinguer à la guitare hawaïenne comme dans «Bianchi's boogie» ? Et si vous n'êtes pas persuadés des ressources polyphoniques de l'instrument, écoutez les basses de «Fantasia boogie», tout cela est surprenant.

CINQ GUITARES POUR UN SEUL HOMME !
Cinq fois consécutives Marcel Bianchi a joué avec lui-même.
On n'est jamais si bien servi... que par soi-même."

Je connaissais le rôle pionnier de Marcel Bianchi pour l'utilisation de la guitare slide en Europe mais, n'ayant encore jamais acheté de disques de lui utilisant cette technique, je n'avais pas noté que la bio par Phil Dubois sur le site Guitares et Batteries mentionne effectivement que Marcel Bianchi a été un pionnier en France pour le re-recording, à la suite des travaux de Les Paul en collaboration avec la société Ampex.
Le résultat est effectivement intéressant, loin des enregistrements très purs de Bianchi seul avec sa guitare ou de sa musique hawaïenne.
La première face, ma préférée, est dédiée au mambo. On a des percussions plus que de la batterie et toutes les parties de guitare annoncées, dont certaines, dans le haut de la gamme, mettent particulièrement en valeur la dextérité de Marcel, au point qu'elles semblent accélérées (ce qui semble effectivement être le cas, selon cette chronique du CD The exciting electric guitar of Marcel Bianchi, qui contient d'autres enregistrements en re-recording). J'aime les cinq titres mais mes deux préférés sont Hola que tal, sur lequel il y a une bonne piste de guitare hawaïenne, et l'excellent Quien serà. J'ai su tout de suite que je connaissais ce dernier titre, que j'ai reconnu tout de suite. Il m'a fallu quelques instants de recherche pour apprendre qu'il s'agit du titre original de la chanson de 1953 popularisée en 1954 par Dean Martin sous le titre Sway. Je ne connais pas tant la version chantée de Dean lui-même que la reprise instrumentale qu'en ont fait les Friends of Dean Martin en 1995, par exemple lors de ce concert de Giant Sand en Allemagne.
La face B commence avec trois originaux de Marcel Bianchi suivis de deux reprises de chansons composées pour des comédies musicales de Broadway d'Oscar Hammenstein, Lover come back to me et All the things you are. Là, l'ambiance est jazz, du jeu de batterie au style de guitare. Ça me plait forcément moins, même s'il y a des passages qui m'accrochent l'oreille, notamment le très blues Bianchi's boogie.
Il y a eu un 45 tours édité en France avec Quien serà ? et Hola que tal, et aussi un EP (réf. EGF 158) avec quatre des titres de la face B. Sans surprise, en Espagne ce sont quatre titres de la face A qui ont été sélectionnés.
Sinon, il est amusant de noter que, à plus de cinquante ans de distance, j'ai trouvé la pochette de ce disque très près de son lieu de production : elle a été imprimée par Carron & Fils à  Lyon !


Le EP espagnol avec quatre titres de la face A de cet album.
"Cinco quitarras en un solo hombre !"

15 novembre 2008

MARCEL BIANCHI : Sa guitare et son grand orchestre


Acquis sur le vide-grenier de la rue de la Chaude Ruelle à Epernay le 11 novembre 2008
Réf : LDY 28050 -- Edité par Vogue en France en 1975
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Depuis quelques années que je m'intéresse à ses enregistrements, j'ai l'impression de commencer à me faire une bonne idée de la production discographique de Marcel Bianchi. Pour la période de ses débuts jusqu'au milieu des années 1950, il y a les trois CDs édités chez Djaz (The exciting electric guitar, The swingin' guitar et The hawaiian guitar). Pour les dix années suivantes, chez Barclay, Pathé Marconi et surtout chez Vogue, je trouve régulièrement des disques (comme celui-ci ou celui-là) et les copains aussi. Certains des titres enregistrés sous le nom des Hawaiians Beachcombers ont été réédités dans les années 70, notamment un double album chez Vogue qu'on voit assez souvent.
C'est ce genre de disque que, par un pressentiment surprenant, je me suis dit que je risquais de trouver — au mieux — dans une caisse plastique pleine d'albums années 70 en bon état à 50 centimes, qui commençait par un album de James Last, puis un double album de James Last, puis un album de James Last "pour danser" puis encore un autre album de James Last reprenant des airs de musique classique.
Et effectivement, j'ai fini par trouver dans cette caisse non pas un mais trois albums de Marcel Bianchi, mais il ne s'agissait pas de rééditions seventies des Hawaiians Beachcombers comme je le pensais, mais d'enregistrements originaux de cette époque : outre ce disque de 1975, il y avait His guitars and the Fabulous Faces Orchestra crédité à Marcel Bianchi (1976) et Hawaii today crédité à Marcel Bianchi et ses Hawaiians Beachcombers (1978). Pour l'anecdote, ce stand ne devait pas se trouver à plus de trente mètres, dans la même rue, de l'endroit où j'ai acheté de le EP de Santo & Johnny il y a trois ans.
Ce disque-ci est sûrement celui qui a eu la plus grande diffusion, grâce à la célébrité de Paul Mauriat. Il a même été édité à l'étranger avec une autre pochette et le nom de Paul Mauriat mis en avant (voir ci-dessous). Mais c'est la pochette française qui en décrit le mieux le contenu : on y voit les violonistes du Grand Orchestre (de Paul Mauriat plutôt que de Marcel Bianchi) par-dessus lesquels surgit, dans un halo blanc, la superbe steel guitar à deux manches de Marcel B.
Sur le premier titre, Only you, c'est le plus flagrant : rythme quasi disco, envolées de cordes et la guitare qui vient jouer la mélodie. Sur le reste du disque, les arrangements d'orchestre se font plus discrets et on apprécie mieux la guitare sur Sleep walk, de Santo & Johnny justement, Over the rainbow, Love story, et même sur une nouvelle version de Love is blue, le plus grand succès de Paul Mauriat, qui permet à Marcel Bianchi de se mesurer — à distance — avec Jeff Beck. Mais on est loin de la pureté et du dépouillement des enregistrements souvent solo des années cinquante crédités à Marcel Bianchi et sa Guitare. C'est encore pire sur les deux disques "non stop" de 1976 et 1978 car là l'accompagnement est carrément disco !


Le verso de l'album.


La pochette intérieure du disque : Marcel Bianchi en pantalon patte d'éléphant sur un front de mer, très probablement sur la Côte d'Azur (cliquer pour agrandir).


La pochette d'une édition internationale chez Philips de cet album.

Ajout du 12 janvier 2010 :

La même guitare que sur mon album (ou sa soeur jumelle), dessinée et non photographiée, déjà en vedette sur une pochette d'album une vingtaine d'années plus tôt (33 t 25 cm, Riviera 6525).

Ajout du 16 octobre 2016 :


Un document qui nous montre Marcel Bianchi dans ses oeuvres.

28 avril 2007

MARCEL BIANCHI et ses "HAWAÏANS BEACHCOMBERS" : Blue moon


Acquis sur le vide-grenier d'Oger le 22 avril 2007
Réf : EPL. 7 827 -- Edité par Vogue en France dans les années 1960
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Blue moon -- Dream -/- What is this thing called love -- Japanese sandman

Il faisait beau, le vide-grenier était très familial et sympathique, ce qui n'est pas toujours le cas, et dans le premier petit carton de quelques disques que j'ai fouillé, au beau milieu d'une série de disques sans aucun intérêt, la bouille de Marcel Bianchi m'a souri, sur fond de ciel bleu également.
A ma question, la dame du stand a répondu que les petits disques étaient à 1 €, comme les grands, et à son ton j'ai bien compris qu'il n'y avait pas à discuter là-dessus, même si j'avais l'air surpris. Mais de toute façon, je n'avais pas envie de discuter. Cet EP de Marcel Bianchi, avec sa pochette et son disque en parfait état, me convenait parfaitement et j'étais bien content de l'empocher pour 1 €. D'autant plus qu'il y a "Blue moon" dessus.
Je crois qu'il est à peu près impossible de faire une version complètement mauvaise de "Blue moon". Le 31 décembre 2003, j'ai assisté à Nantes à un spectacle des Plasticiens Volants, dont l'accompagnement musical était composé uniquement de versions de "Blue moon". Et bien, croyez-moi si vous le voulez mais toutes ces versions étaient bonnes !
En fait, cette version par Marcel Bianchi, je l'avais déjà depuis le 11 novembre 2005, jour où j'ai acheté l'album compilation "Super Surprise-Partie Kangourou Tentation n° 9", sur lequel elle figure. C'est ce même jour que j'avais trouvé le EP de Santo & Johnny avec "Sleep walk" et "Blue moon" dessus.
La guitare hawaïenne de Marcel Bianchi est excellente sur "Blue moon", même si globalement la version est assez quelconque, avec du glockenspiel et une contrebasse un peu pataude. par contre, l'enchaînement est parfait avec "Dream", un tube de 1958 signé Johnny Mercer, sur lequel la guitare hawaïenne est aussi présente.
La face B est beaucoup moins dans mes goûts. On est dans le jazz avec une reprise de Cole Porter et un classique signé Whitting. La contrebasse est toujours aussi pataude, et surtout la guitare se met en retrait, à tel point que le xylo-métallo-truc a carrément droit à un solo sur chacun des deux titres !
Mais bon, moi aussi je peux me mettre en retrait. En effet, le texte collé par Vogue au dos de la pochette de ce disque de la série "Spécial danse" se suffit à lui même :
"Blue moon", cela signifie beaucoup de choses.
"Dream", le dictionnaire nous dit "Rêve".
"What is this thing called love", n'importe quel élève de 6e vous dira : "Quelle est cette chose que l'on appelle l'amour".
Et "Japanese sandman", le fameux "Marchand de sable japonais", cher aux enfants de Californie et d'ailleurs.
Voici quatre titres qui, pour une fois, traduits en français, vous donnent une idée exacte de la poésie qui se dégage des disques de danse de MARCEL BIANCHI qui, une fois de plus, nous entraîne au pays de la "Lune bleue".

18 février 2006

MARCEL BIANCHI ET SES BRAZILIANOS : Voyage en Amérique du Sud


Acquis sur le vide-grenier du Jard à Epernay le 12 février 2006
Réf : EPL. 7031 -- Edité par Vogue en France entre 1953 et 1960
Support : 45 tours 17 cm
Titres : O'cangaceiro (2 parties) -/- El negro zumbon -- Adios

J'ai acheté encore d'autres disques sur ce stand hivernal, mais on va dire que celui-ci est le dernier qui mérite sa place ici, au moins pour l'instant.
Marcel Bianchi, c'est un nom que je connaissais. Je l'associais plutôt à des disques de guitare hawaïenne, et il en a effectivement enregistré beaucoup, mais il est aussi réputé, entre autres, pour avoir fait partie du quintette de Django Reinhardt en 1937. Mais ce n'est qu'un petit aspect de sa carrière, lisez plutôt sa biographie détaillée si vous voulez en savoir plus.
La face A est un pot-pourri des airs du film "O'cangaceiro", un film d'aventures brésilien primé à Cannes en 1953. Le plus connu de ces airs est sûrement "Mulher rendeira", dont il existe des versions chantées en français. Ce qui est très bien ici, c'est que l'ambiance est tout sauf au kitsch. Le tout ne sonne d'ailleurs pas particulièrement brésilien à mes oreilles. La guitare domine, bien sûr, et dans la seconde partie elle dialogue avec un piano (ce qui me fait plus penser à Comelade ou à la musique de "Mon oncle" qu'à ce que j'imagine être de la musique brésilienne). Ce que j'aime surtout, c'est la rythmique, très particulière, mais que je suis bien incapable de décrire.
Je soupçonne que les deux titres de la face B sont aussi des airs de musiques de films. C'est sûr en tout cas pour "El negro zumbon", qui est la chanson du film "Anna", réalisé par Alberto Lattuada en 1951, avec notamment Silvana Magnano. C'est un film italien, pas d'Amérique du Sud, mais c'est pas ça qui va nous gêner. On retrouve la même rythmique, avec une guitare slide un peu façon hawaïenne.
Le dernier titre, "Adios", est (enfin) sur un rythme et avec des percussions très latino-américaines (de la samba ?), avec deux guitares à faire pâlir Santana !
Le label Djaz a édité l'an dernier "The exciting electric guitar of Marcel Bianchi",une compilation double-CD. On y trouve de nombreux titres enregistrés pour Vogue dans les années 1950, mais bizarrement aucun extrait de ce disque.

Marcel Bianchi et ses guitares sur la pochette d'un disque appartenant à Dorian Feller.