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20 janvier 2024

MARSHALL CHAPMAN : Goodbye, little rock and roller


Acquis au Secours Populaire à Reims le 4 novembre 2023
Réf : 0-312-31568-6 -- Édité par St. Martin's Press aux États-Unis en 2003
Support : 259 p. 24 cm
12 titres

C'était un samedi où je travaillais l'après-midi, ce qui me donnait une bonne occasion de faire des emplettes de disques à Reims le matin. Et ça tombait bien, puisqu'il y avait à la fois une petite bourse aux disques dans une brasserie et une braderie au Secours Populaire.
Il y avait assez peu de disques avec quasiment rien d'intéressant, mais comme j'étais là j'ai pris le temps de regarder le rayon livres. Rien dans les policiers, rien dans le rayon arts, où on retrouve généralement les livres sur la musique. J'ai eu un peu de mal à le trouver, mais avant de partir j'ai fini par dénicher le petit coin avec des livres en langue étrangère où ce livre de Marshall Chapman n'attendait que moi.
J'ai compris en l'examinant qu'il s'agissait des mémoires d'une chanteuse et autrice-compositrice au prénom surprenant (Marshall est son deuxième prénom, celui de son grand-père paternel; c'est celui que sa famille a utilisé dès sa naissance). Je ne connaissais rien d'elle, mais j'ai tout de suite voulu en savoir plus. Et ça, avant même de remarquer que la femme qui fait un doigt d'honneur au photographe sur la couverture est en train de prendre un bain de soleil complètement nue.

C'est quand même le principal attrait du marché de l'occasion : on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Et même après tant d'années, les modalités de circulation des biens culturels à travers le monde ne laissent pas de m'étonner. Quelle était la probabilité de tomber dans le gourbi du Secours Populaire sur un livre édité aux États-Unis écrit par une artiste dont aucun disque n'a jamais été édité par chez nous ? A peu près nulle, nous sommes bien d'accord. Et je me demande bien quel rémois s'intéressant à ce type de musique a bien pu le donner à l'association.

Je ne pense que, même chez elle, Marshall Chapman n'a jamais eu un très grand succès populaire sous son nom, mais elle est loin d'être une inconnue. Née en 1949, elle a sorti quatorze albums et a écrit ou co-écrit des dizaines de chansons, dont certaines ont été interprétées par Jimmy Buffett, Emmylou Harris, John Hiatt, Tanya Tucker, Irma Thomas, Joe Cocker ou même Dion.

Marshall Chapman a eu la bonne idée de raconter sa vie à travers ses chansons. Chacun des douze chapitres est consacré à l'une d'elles et elle explique comment elle a été amenée à l'écrire et les événements qu'elle vivait à cette époque. Et la boucle se referme puisque, comme elle l'explique, même si elles ne sont pas strictement autobiographiques, ses chansons retracent quand même aussi l'histoire de sa vie.

Le titre du livre l'indique, Marshall Chapman se situe dans le monde du rock and roll, à commencer en 1956, quand elle avait 7 ans, par un concert d'Elvis Presley où une domestique noire de sa maison l'avait emmenée. Plusieurs des chansons sélectionnées, comme Rode hard and put up wet, Running out in the night ou Betty's bein' bad, sont effectivement tout à fait dans le style musicalement, mais Chapman est du Sud des États-Unis, elle a des attaches à Nashville, et son monde c'est tout autant celui de la country. Elle s'est d'ailleurs produite au Grand Ole Opry.

Parmi toutes les personnes qu'on croise au cours du livre, dont beaucoup que je ne connais pas du tout, il y a des gens qui comptent pour moi : John Prine, Jack Clement, Shel Silverstein (avec qui elle a failli collaborer, jusqu'il se mette à jouer au professeur et à faire la critique de sa chanson The perfect partner qu'elle venait de lui chanter) et son ami Doc Pomus,  avec qui elle a effectivement co-écrit en 1985 Don't go messin' with a country boy pour le lutteur Hillbilly Jim !

J'ai lu ce livre avec grand plaisir et je suis bien content de l'avoir trouvé. Seul souci : j'ai du mal à accrocher aux chansons de Marshall Chapman ! Dans un registre proche, j'aime beaucoup Lucinda Williams, mais pour Chapman la production est trop propre et lisse pour moi et les chansons me touchent peu. Mais parmi les douze du livres, que je vous propose de découvrir, j'ai quand même des préférées : Goodbye, little rock and roller et Somewhere South of Macon.

Marshall Chapman, Goodbye, little rock and roller, en 2021 en direct dans l'émission Songs at the Center.


Marshall Chapman, Call the lamas !, en 2010 pendant l'Americana Music Festival and Conference à Nashville.

22 octobre 2022

MÉLANIE GRANDGIRARD : Mon premier Sardou


Consulté chez PlayBac Editions en ligne en octobre 2022
Réf : 9782809671018 -- Édité par PlayBac en France en 2020
Support : 12 pages 16 cm + 5 fichiers MP3
Titres : En chantant -- Être une femme -- La Maladie d’amour -- Je viens du Sud -- Les Lacs du Connemara

Quand quelqu'un a partagé en ligne la couverture de ce livre sonore destiné à un public âgé de 0 à 3 ans, j'ai cru à un faux, à la manière de ces couvertures parodiques de la BD Martine, qu'un générateur (actuellement en panne) permettait de fabriquer en quelques clics.
Mais non, ce livre existe bien, il est paru en 2020 et est vendu dans le commerce au prix de 11,90 €. Il fait partie d'une collection de Playbac Editions qui compte un bon paquet de titres. Les livres font une douzaine de pages, avec une sélection de cinq chansons illustrées avec la reproduction de quelques vers, plus des extraits musicaux instrumentaux très courts.
La question que je me suis posée ensuite, c'est "Mais qui peut bien acheter un tel livre ?". Dans les années 2020, la plupart des jeunes parents doivent être nés dans les années 1990. Je pourrais comprendre qu'ils aient envie d'éduquer musicalement leur enfant avec Mon premier Céline Dion, avec une pointe de nostalgie pour leur propre enfance, mais Sardou ? Qui voudrait infliger ça à la jeunesse ? Ma conclusion est qu'il ne peut s'agir que de grands-parents ou arrière-grands-parents qui, consciemment ou non, ne souhaitent pas du bien à la progéniture de leur progéniture.

Pour ce qui est de Sardou, vue mon année de naissance, j'en ai été imbibé pendant toute ma jeunesse. Avec Sheila, Cloclo, Johnny et les autres, il trustait les radios et la télé. De 1970 (7 ans) à 1977 (14 ans), j'ai vécu au rythme de ses tubes : Les bals populaires, J'habite en France, Le rire du sergent, La maladie d'amour, Le France, Un accident, La java de Broadway. A cette époque, j'appréciais ces chansons sans aucune arrière-pensée, j'en connaissais même certaines par cœur (Un accident) et évidemment je ne comprenais pas tout (qu'est-ce elle venait faire là-dedans "La folle du régiment" ?).
Courant 1977, je me suis émancipé musicalement, en commençant par les Beatles, et autant que possible j'ai éjecté Sardou de ma vie. A tel point que, si j'ai bien chez moi un disque de son père Fernand, je fais un point d'honneur de n'avoir, parmi quelques milliers de disques, aucun qui soit de Michel.
D'ailleurs, au moment où j'ai envisagé de chroniquer ce livre, ça m'emmerdait bien de payer 12 € pour une bonne blague. Jusqu'à ce que je m'aperçoive que les éléments essentiels sont disponibles sur le site de l'éditeur. C'est toujours ça de pris.

Les livres de la collection sont tous illustrés par Mélanie Grandgirard, qui se trouve être pour moi une régionale de l'étape puisqu'elle est originaire des Ardennes.
Je pense que c'est une équipe éditoriale qui choisit les artistes, sélectionne les chansons et les extraits des paroles pour les différents livres. L'idée est bien sûr est que ça soit innocent, mièvre, avec si possible une allusion à l'enfance.
Ainsi, pour Sardou, on a dans l'extrait d'En chantant la mention bien rétro de "repasser ses leçons", mais surtout pas cet autre couplet :
"La première fille de ma vie, dans la rue je l'ai suivie en chantant.
Quand elle s'est déshabillée, j'ai joué le vieil habitué en chantant.
J'étais si content de moi que j'ai fait l'amour dix fois en chantant." !
Idem je suppose pour Être une femme, où je parierais bien que les vers  "Une maîtresse Messaline et contremaîtresse à l'usine, Faire le matin les abattoirs et dans la soirée le trottoir." ne figurent pas dans le livre pour les bambins.

Toute la collection est bâtie ainsi et, évidemment, on trouve Les copains d'abord et Les amoureux des bancs publics dans Mon premier Brassens, mais surtout pas Le gorille ni Le pornographe. Et pour Mon premier Gainsbourg, pas de Je t'aime moi non plus ni de Rock around the bunker ou Requiem pour un c... !
Je vous laisse découvrir si ça vous chante les extraits de Mon premier Téléphone, Mon premier Indochine et Mon premier Bob Marley, mais s'il vous plaît n'allez pas y chercher là d'idées de cadeaux rigolos à me faire. Pour les livres jeunesse musicaux, puisqu'il se trouve que c'est le deuxième que je chronique cette année, je m'en tiens à We're going to be friends !

Michel Sardou a mis fin en 2018 à sa carrière musicale, sur scène et sur disque. Mais réjouissez-vous, Je vais t'aimer, une comédie musicale avec ses plus grand succès, vient de se monter et tourne en France jusqu'en 2024. Et comme je me retrouve parfois dans l'actualité sans le vouloir, la première est ce soir-même à Aix-en Provence !

A écouter :
En chantant
Être une femme
La Maladie d’amour
Je viens du Sud
Les Lacs du Connemara






09 avril 2022

JACK WHITE & ELINOR BLAKE : We're going to be friends


Acquis par correspondance chez Momox en février 2022
Réf : TMB-017 / 978-0-9964016-9-2 -- Édité par Third Man Books aux États-Unis en 2017
Support : 32 pages 26 cm + 4 fichiers MP3
Titres : THE WHITE STRIPES : We're going to be friends -- APRIL MARCH : We're going to be friends -- APRIL MARCH : Amis pour la vie -- WOODSTATION ELEMENTARY SCHOOL SINGERS : We're going to be friends

J'ai acheté récemment le premier album des White Stripes pour compléter ma collection de leurs disques studio. La réécoute m'a confirmé dans l'opinion que c'est l'un des plus grands groupes de rock and roll des années 2000. Même si, n'étant pas moi-même un pur rocker, mes chansons préférées des Bandes Blanches sont toutes plus ou moins des ballades : You're pretty goog looking (for a girl), Sugar never tasted so good, Well it's true that we love one another et We're going to be friends.
Ayant envie de chroniquer l'une d'entre elles, j'ai épluché leur discographie et je me suis rendu compte qu'aucune n'a été sortie en face A de single, même si, pour la dernière nommée, il y a eu un CD promo et même une "vidéo officielle".
Mais à cette occasion j'ai découvert l'existence de ce livre de 2017, un "album jeunesse" dont le texte est constitué des paroles de We're going to be friends, illustrées par Elinor Blake et accompagné de quatre versions différentes de la chanson.
Il existe une édition très limitée du livre avec un 45 tours, mais du coup elle est très dure à trouver et à un prix inabordable. Mais j'ai pu me procurer le livre d'occasion à un prix très correct. Comme c'est presque à chaque fois le cas, même après juste quelques années, le code pour télécharger les MP3 est déjà périmé, mais j'avais repéré à l'avance que les chansons sont toutes sur YouTube...

We're going to be friends est évidemment un bon choix pour un album jeunesse, puisque cette chanson raconte la journée de rentrée des classes de deux enfants qui se rencontrent et se lient d'amitié sur le chemin de l'école. La petite fille est nommée, Suzy Lee. Ce nom revient à plusieurs reprises dans les paroles des White Stripes, et elle a même eu droit à sa chanson, Suzy Lee tout simplement, sur le premier album.
Les commentaires sur YouTube sont rarement utiles, mais pour une fois j'y ai pêché une citation intéressante, qui fait bien écho à l'humeur de la chanson. Elle serait tirée de Winnie l'ourson : "On ne se rendait pas compte qu'on se fabriquait des souvenirs, on savait juste qu'on s'amusait bien". Mais surtout, cette chanson est sûrement celle de Jack White qui évoque le plus l'esprit de Jonathan Richman, et That Summer feeling en particulier. Dans cet esprit, c'était une bonne idée d'enregistrer une version de la chanson avec la chorale de l'école élémentaire Woodstation de Nashville, là où Jack White est installé depuis des années.

C'est son premier livre illustré, mais Elinor Blake a une longue expérience dans le film d'animation. Ici elle mêle des dessins et des photos (de Lou Doillon et Son House, entre autres), du noir et blanc et de la couleur rouge, comme il se doit avec les White Stripes. C'est très réussi.
Sans le savoir, je connaissais Elinor Blake, mais sous l'identité de la plus francophile des chanteuses américaines, April March.
Grâce à elle, ce projet prend une coloration française, puisque les deux autres titres associés à ce livre sont des versions de la chanson par April March, qu'elle a enregistrées à Paris avec Mehdi Zannad (Fugu) aux arrangements. Il y a la version en anglais, et surtout celle avec des paroles en français, Amis pour la vie (la musique est la même). Une fois de plus, c'est quelqu'un dont le français n'est pas la langue de naissance qui prouve d'une façon éclatante que les paroles en anglais c'est pas automatique, et qu'une reprise par des francophones est tout de suite plus intéressante et moins servile si on prend la peine d'adapter les paroles en français. Mais ça, une grande partie des "jeunes artistes français" a du mal à l'entendre...
Du coup, comme les paroles sont déjà traduites (par April et Mehdi), on pourrait facilement imaginer une édition française pour cet album jeunesse, non ?
Et sinon, en attendant, on peut écouter le dernier album en date d'April March, In cinerama, co-écrit et co-produit avec Mehdi Zannad, qui vient de ressortir après une première diffusion lors du Record Store Day 2021.


La bande-annonce du livre.


The White Stripes, We're going to be friends. La meilleure de toutes les versions pusiqu'elle est chantée en direct par Jack ET par Meg, en 2009, pour la dernière de l'émission Late night with Conan O'Brien. Ce fut aussi l'ultime performance en public des White Stripes.




The White Stripes, We're going to be friends, en direct dans un studio de la BBC à Maida Vale.


The White Stripes, We're going to be friends, en direct dans l'émission Saturday Night Live.

26 juin 2021

THE MODERN LOVERS : The morning of our lives


Offert par Dorian Feller à Villedommange le 14 décembre 2020
Réf : BZZ7 -- Édité par Beserkley en Angleterre en 1978
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The morning of our lives -/- Roadrunner (Thrice)

Je viens de publier un nouveau livre, Notre temps c'est maintenant : Une farandole de chansons de Jonathan Richman, qui propose à travers une trentaine de chroniques un panorama d'un demi-siècle de chansons du fondateur des Modern Lovers, de la première parue, The new teller en 1975, à l'une des plus récentes, Cold pizza en 2020.

Pour marquer le coup, j'ai ressorti ce 45 tours, que l'ami Dorian Feller m'a fort opportunément et très gentiment offert il y a quelques mois (il a acheté cet exemplaire en parfait état dans une bourse aux disques, je crois).
J'avais déjà un autre exemplaire depuis longtemps, mais il était assez pourri et surtout sans pochette. Non que cette pochette soit particulièrement remarquable, avec ses photos en noir et blanc prises lors des concerts qui ont donné lieu à l'album Modern Lovers 'live', dont la face A est extraite. La pochette de l'autre single extrait de l'album, New England, qui m'a aussi été offert par Dorian, n'était pas mieux.
Sur la pochette, le crédit est à The Modern Lovers, comme sur l'album live, mais c'est Jonathan Richman & the Modern Lovers qui est indiqué sur le rond central du disque, comme pour les deux premiers albums studio officiels parus précédemment. Sur ce rond central, toujours, il y a la mention "© 1977", mais on était à la fin d'une année discographiquement très chargée pour Jonathan Richman (single Roadrunner, album Rock 'n' roll with..., single Egyptian reggae, album live) et selon certaines sources ce 45 tours serait plutôt sorti début janvier 1978.
J'aime bien le slogan publicitaire qu'on trouve au dos de la pochette, "The most fun you can have with your clothes on". En plus sage, il fait penser aux fameux slogans de Stiff Records à la même époque.

La face B de ce 45 tours, Roadrunner (Thrice), ne figure pas sur l'album, tout comme les faces B live de New England et Buzz buzz buzz que j'ai déjà eu l'occasion de chroniquer ici. Mais même Roadrunner (Thrice), je l'ai déjà chroniquée puisqu'elle est aussi en face B de My little Kookenhaken, un 45 tours paru uniquement au Benelux.
Quant à The morning of our lives, c'est une chanson qui compte beaucoup pour moi. Ce n'est pas un hasard si le titre du livre reprend une partie du refrain de cette chanson !
Plutôt que de me répéter, je reproduis ci-dessous les deux chapitres du livre dédiés à The morning of our lives et Roadrunner.
Quant au livre lui-même, comme les précédents il est disponible gratuitement en téléchargement. Seule la version imprimée est en vente (11€ port compris pour la France). Pour les non-francophones, il existe une version en anglais, Our time is now.



The morning of our lives

Parutions :
Modern Lovers live (1977)
Morning of our lives single (1978)


Cette chanson n'a été publiée que dans une version en public, mais celle-ci est parfaite.
Je n'ai pas recours pas aux livres sur le bien-être ni aux séminaires de motivation personnelle ou aux manuels pour savoir comment conduire sa vie. Il y a peu de chance que je le fasse un jour puisque, à elle seule cette chanson peut remplir toutes ces fonctions. Elle a d'ailleurs été l'un des piliers essentiels de la hip-pop optimiste, le pseudo-concept philosophico-musical élaboré autour de mon émission de radio Vivons heureux ! (en attendant la mort…).

On est en fin de concert, sûrement même au moment du dernier rappel (Jonathan lance un "Goodnight" à la fin, et le titre a été placé à la toute fin de l'album).
La chanson démarre lentement, le rythme est donné par la guitare, des petits coups de baguette, des notes de basse isolées. L'instrumentation est minimale mais parfaitement dosée et, dès le début, on entend au loin que le public accompagne le groupe en claquant des mains en rythme.

Pour cette chanson, Jonathan s'adresse à une amie et cherche à l'encourager et à lui donner confiance : "J'ai foi en toi. Parfois toi-même tu ne crois pas en toi, mais j'ai foi en toi. Et notre temps c'est maintenant, maintenant on peut faire tout ce qu'on veut vraiment faire, notre temps c'est maintenant, là au matin de notre vie".
A ce moment, il appelle en renfort à ses amis du groupe, Leroy, Asa et D. Sharpe pour qu'ils lui disent en chœur de ne pas avoir peur, que tout va bien et qu'ils l'aiment aussi.
Il se passe quelque chose d'extraordinaire au cours de la dernière minute de cette chanson assez longue. A la fin du dernier refrain, il y a comme une micro-pause, et on sent comme une explosion du public, qui réagit ("Yeah !" et applaudissements) et reprend plus fortement les claquements de mains pour un coda au cours duquel le chanteur s'adresse visiblement désormais à tout le public et pas juste à une amie : "Nous sommes jeunes maintenant… Maintenant il est temps pour nous d'avoir foi en ce que nous pouvons faire. Aucune raison d'avoir peur.".
C'est puissant et émouvant, le genre de moment de joie et d'émotion collectives qui n'est pas rare dans un concert de Jonathan Richman mais qui est habituellement difficile à faire revivre sur un enregistrement.
Le plus étonnant dans tout ça c'est que cette très belle chanson, qui n'a rien d'une pépite pop, a été choisie comme face A du premier 45 tours extrait de l'album en Angleterre, avant même le plus évident New England. Dans la foulée du succès d'Egyptian reggae, le titre a même été classé, très brièvement, dans les 30 meilleures ventes du pays.

J'ai choisi dans ce livre de me concentrer sur les versions des chansons parues officiellement, mais pour cette chanson particulièrement importante qu'est Morning of our lives j'ai décidé de faire une exception. Certes, l'excellente version en public se suffit à elle-même mais, sans les publier, Jonathan Richman en a enregistré d'autres versions dans la période entre les albums Back in your life (1979) et Jonathan sings ! (1983), et ces versions, qui circulent parmi les fans, sont intéressantes.
A l'écoute, on y apprend un détail (l'amie à laquelle il s'adresse se nomme Carol) et surtout que Maurice Chevalier a été l'une des inspirations de cette chanson. Sur la scène du Left Bank en 1981, il explique qu'il a lu un livre de Maurice Chevalier (je n'ai pas retrouvé la source en feuilletant le livre, mais il est possible que ce soit son recueil de mémoires Ma route et mes chansons) dans lequel il expliquait que, quand il voyait de jeunes amoureux s'embrasser dans les rues de Paris, il aimait les regarder car ils prenaient du bon temps et il avait envie d'aller leur dire quelque chose comme, "Mes amis, profitez-en tant que vous pouvez". C'est ce qui a inspiré un couplet supplémentaire de la chanson.
Dans une session studio inédite vers 1981, ça donne "If Maurice Chevalier were here today, he'd take us all by the hand and say : Enjoy it while you can. For me, it is the twilight, but for you it's the morning, ladies and gentlemen. Our time is maintenant, le time to do les choses, comment dit-on, tu vraiment veux, oui, le temps est maintenant, le matin de notre vie. (...) Nous avons la jeunesse maintenant.". Formulé un peu différemment, mais toujours en français dans le texte, ça donnait dans une session à la maison de Jonathan Richman avec Andy Paley vers 1979, "Le temps est maintenant, le temps de faire les choses que vous vraiment aimez. Notre temps est maintenant, dans le matin de notre vie.". Comme ça, vous savez d'où vient le titre de ce livre...
S'il y a une autre chanson du même calibre que j'associe à celle-ci, c'est Affection. Pour vérifier que le concept de jeunesse est relatif, on peut aussi se reporter à Just about seventeen : quel que soit son âge, à chaque écoute de The Morning of our lives on se sent jeune, prêt à prendre un nouveau départ et suffisamment plein de vie pour, par exemple, entonner une autre chanson de Jonathan Richman, l'hyper énergétique et entraînante I'm just beginning to live (1985), dont les principales paroles à part "Je commence juste à vivre" sont "Wang a dang a dang a do a dang dang".
Mais il ne faut pas se leurrer. Avec la mort en janvier 2021 de Leroy Radcliffe, qui suit celle d'Asa Brebner en 2019 et de D. Sharpe en 1987, il n'y aurait plus personne pour répondre à Jonathan s'il chantait Morning of our lives aujourd’hui. On a une pensée pour eux, en méditant sur le fait que le matin de nos vies est toujours trop court.

Roadrunner
Parutions :
Beserkley Chartbusters Volume 1 (1975) (Version Once)
The Modern Lovers (1976) (Version Twice)
Roadrunner single (1977) (Versions Once et Twice)
Morning of our lives single (1978) (Version Thrice)
The original Modern Lovers (1981) (Versions # 1 et # 2)
Live at the Longranch Saloon (1992)


Si le titre de Jonathan Richman qui s'est le mieux vendu est Egyptian reggae, celui qui est communément considéré comme un classique du rock est Roadrunner. Construite sur seulement deux accords, cette chanson est instantanément reconnaissable, que ce soit par le "One, two, three, four five six" compté d'entrée, le riff de trois notes, "Blang !, Blang !, Blang !", ou les "Roadrunner ! Roadrunner !" en défouloir dans le refrain.
Avec six versions différentes publiées, elle doit tenir le record parmi tous les titres enregistrés par Jonathan Richman, mais elle a été peu jouée sur scène depuis la fin des années 1970.
Depuis plusieurs années, certains militent pour faire de Roadrunner la chanson officielle de l’État du Massachusetts, mais certains élus lui préfèrent Dream on d'Aerosmith (Jonathan pense que sa chanson n'est pas assez bonne pour mériter tel honneur...). En tout état de cause, si Roadrunner est un hymne, c'est à la balade en voiture autour de Boston, seul la nuit, en écoutant la radio. Dans Roadrunner (Thrice), la version en public de 1977, le sentiment qui se trouve au cœur de la chanson est parfaitement résumé : "I wouldn't say I feel lonely. I would say that I feel alive, all alone. 'Cos I like this feeling of roaming around in the dark, and even though I'm alone out there, I don't mind, 'cos I'm in love with the world.".

Quand j'ai découvert cette chanson, avec l'achat de Beserkley chartbusters volume 1, j'ai souvent essayé d'en imaginer une version personnalisée, adaptée à mon mode de locomotion et à ma ville d'origine, Châlons-sur-Marne. Au lieu de croiser en voiture dans la banlieue, j'avais la Mobylette précédemment utilisée par mon père pour aller travailler en équipe à l'usine et qui m'avait été offerte pour mes quatorze ans, et j'imaginais des trajets dans le froid cinglant de l'hiver, du quartier Saint-Thiébaut au local de répétition du Ouane Brothers Band à Fagnières, ou de la maison des amis à Coupéville jusqu'à chez mes grands-parents rue des Martyrs de la Résistance.

Sister Ray du Velvet Underground est souvent citée comme un modèle pour Roadrunner. En me cantonnant à ce groupe, je penserais plutôt aux longues envolées avec orgue du Live 1969, ou encore un amalgame de deux titres enchaînés sur Loaded, Sweet Jane pour le riff et Rock & Roll pour l'amour de la radio et du rock.
Une influence non musicale est mentionnée par Jonathan lui-même dans un article d'ARTnews, celle d'Edward Hopper, notamment Essence (1940). Il explique que Roadrunner en particulier, une chanson sur les nuits solitaires sur des routes solitaires et sur la façon dont les lumières sont comme des amis dans la nuit, lui doit beaucoup.
Parmi toutes les versions disponibles, celle que je recommande en priorité c'est celle avec un son crade et un orgue saturé produite début 1972 par John Cale et publiée en 1976 sur The Modern Lovers. Elle est connue comme la version Twice depuis qu'elle a été mise en face B d'un 45 tours en 1977. Les autres versions de cette époque, en public ou produites par Kim Fowley, sont plus anecdotiques, y compris la Version 2 sur Original Modern Lovers, avec Mars Bonfire à la guitare à la place de Jonathan, qui date de l'automne 1973 et qui, en moins de trois minutes, est la plus ramassée. La version Once, avec le groupe Earth Quake, publiée en 1975 sur Beserkley Chartbusters Volume 1, est plus sage et sans orgue, les guitares y sont donc en valeur. La version Thrice, enregistrée à Londres en 1977 en même temps que Modern Lovers Live, est la plus longue et c'est très bien ainsi, surtout que c'est la seule enregistrée avec la formation de cette époque.

Elle est très différente musicalement, mais à la même époque The Modern Lovers avaient à leur répertoire une chanson très proche de Roadrunner par ses paroles, Ride down on the highway, sauf que là Jonathan n'était pas seul, mais accompagné d'une petite amie. Je n'en ai pas fait un inventaire exhaustif, mais Jonathan a composé de nombreuses chansons sur son Massachusetts natal, à commencer par New England : Fenway Park, The Fenway, Twilight in Boston, Winter afternoon by B. U. in Boston, As we walk to Fenway Park in Boston Town,...
Roadrunner a souvent été reprise, notamment, pour rester dans la galaxie Beserkley, par le Greg Kihn Band en 1979 et par Joan Jett en 1986. En 1984, The Jazz Butcher en a publié une version accélérée en face A de single. La version la plus réputée est sans contexte celle des Sex Pistols, enregistrée en répétition en 1976 et publiée en 1979 sur la bande originale du film La grande escroquerie du Rock 'n' Roll. Elle est enchaînée avec Johnny B. Goode de Chuck Berry et Johnny Rotten s'énerve car il ne connaît pas les paroles.
Pour ma part, le 5 février 1988, en Bretagne près de Morlaix, je me suis hissé à la hauteur de Johnny Rotten en rejoignant Biff Bang Pow ! sur scène dans une discothèque déserte pour massacrer allègrement Roadrunner. L'une des rares fois où j'ai "chanté" en public.

04 juillet 2020

JEAN CLAUDE RÉMY : Jean Claude Rémy


Acquis par correspondance via Discogs en juin 2020
Réf : AD 39.521 -- Édité par Adèle en France en 1977
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Voici un bout de la présentation de la dernière BD de Tronchet, Le chanteur perdu, sur le site de l'éditeur :
"Lorsqu'il fait un burn-out, Jean, bibliothécaire qui semble être passé à côté de sa vie, décide de retrouver Rémy-Bé, le chanteur de sa jeunesse (lorsqu'il se voyait encore révolutionnaire et contestataire). Fasciné par la désinvolture et la liberté de ton des chansons, Jean voit dans cette recherche improbable l'occasion de renouer avec le personnage qu'il n'a pas osé être.
Enregistrés sur une vieille cassette audio, les morceaux l'ont suivi pendant des années, seul vestige du passé. D'ailleurs, personne ne semble se souvenir de ce chanteur, l'aurait-il inventé ? Sa seule piste : la pochette du disque avec le viaduc de Morlaix en arrière-fond. L'indice est maigre, mais Jean pourra dénouer le fil de manière surprenante, avec le seul secours des paroles de la douzaine de chansons, qui sont comme un puzzle mystérieux. Au bout du chemin, il y a le fantôme du chanteur perdu que Jean pense connaître par cœur."
En lisant cette présentation, j'ai eu l'impression que cette histoire de recherche d'un chanteur à partir de ses disques, j'aurais pu la vivre. Elle est du même style que celles que je raconte pour une bonne partie des disques que je chronique ici depuis bientôt quinze ans : essayer de reconstituer un parcours discographique à partir de la pochette et d'indices trouvés à l'écoute des chansons ou en ligne... Évidemment, je me suis précipité à la librairie pour acheter le livre.
Dans la lignée d'autre projets comme le documentaire Sugar Man sur Sixto Rodriguez, Tronchet et son héros ne se sont pas contentés de (ré)écouter des disques : ils sont partis dans une enquête qui leur fait sillonner la France et les a emmenés jusqu'à Madagascar.
Mes propres aventures avec Tronchet remontent à loin. C'est l'ami et grand spécialiste de BD Raoul Ketchup qui me l'a fait découvrir en 1987 (il avait même le tout premier livre paru chez Bédéfil).
Avec Ketchup et aussi Phil Sex, nous avions dans notre émission Rock comptines sur Radio Primitive décidé de mener campagne pour faire élire Raymond Calbuth à l'élection présidentielle de 1988. On s'était amusé à fabriquer des slogans déclinés en jingles et affiches !
Cela fait un bon moment que je n'achète plus tous les livres de Tronchet à leur sortie, mais je continue à les lire presque tous grâce à la Médiathèque. Je conseille très fortement Le chanteur perdu à tous les fans de musique ou de BD. En complément, vous pouvez aussi lire Robinsons, père et fils, qui relate d'autres aspects du séjour de Tronchet sur l'Île aux Nattes, sur la côte Est de Madagascar.




Tout semblait indiquer que le chanteur perdu de la BD de Tronchet était un chanteur fictif mais, après avoir lu les premières pages et leurs extraits de chansons, j'ai quand même fait une recherche dans Discogs pour voir si j'y trouvais une trace d'un certain Rémy Bé. Il n'y en avait pas.
Et puis, dans le livre, après la fin de la BD, j'ai découvert avec surprise et grand plaisir un dossier intitulé La véritable histoire du chanteur perdu. On y apprend que Tronchet s'est bel et bien inspiré d'un chanteur réel, Jean-Claude Rémy, dont il a connu les chansons dans les années 1970, et qu'il a fini par le rencontrer là où il vit, sur l'Île aux Nattes.
C'est peut-être le seul reproche que je ferais à Tronchet à propos de ce projet : celui d'avoir donné un nom fictif au héros de l'histoire. Certes, sa BD est romancée et sa quête ne s'est pas exactement passée comme il le décrit, mais les extraits de paroles proviennent bien des chansons de Jean-Claude Rémy et il me semble que presque tout ce qui concerne le parcours du chanteur, y compris sa signature sur le label de Pierre Perret Adèle, correspond à la réalité. Cela aurait pu justifier de lui conserver son identité, si lui-même en était d'accord.
En tout cas, pour ma part, j'avais à peine refermé le livre que j'étais à nouveau sur Discogs, où j'ai eu la confirmation que Jean-Claude Rémy a sorti deux albums, sans titre, mais le premier, sorti en 1975, est généralement dénommé La pariade, et le second, de 1977, Les corniauds. Il y a eu aussi en 1978 le 45 tours La ballade du pauvre Francis. La lettre de félicitations envoyée par Brassens à Jean-Claude Rémy à propos de sa face B Marion est, comme Jean-Claude Rémy le raconte lui-même, l'un des motifs qui l'ont décidé à quitter le monde professionnel de la chanson, un an tout juste avant de se voir attribuer un Prix de la SACEM !
Évidemment, il me fallait un disque de Jean-Claude Rémy pour le chroniquer ici. Les disques étaient à prix correct sur Discogs (5 € plus le port) et mon choix s'est porté sur le deuxième album, parce qu'il contient la chanson Les corniauds, sur son père et sa famille, une des chansons importantes de la BD.
Voici en 1977 un Jean-Claude Rémy très ému qui interprète en direct Les corniauds, sous l’œil de son parrain en chanson Pierre Perret :


Jean-Claude Rémy, Les corniauds, en direct dans l'émission Musique & music présentée par Jacques Martin, le 1er mai 1977.

Tronchet avait prévenu : la production et les arrangements des disques de Jean Claude Rémy, dus à Bernard Gérard, sont typiques de la chanson française traditionnelle. Le style de chant de Jean-Claude Rémy également.
Ce n'est pas le genre musical que je fréquente le plus souvent (à part les disques de Jean Arnulf et Pierre Dudan, on n'en trouve pas beaucoup d'exemples ici), mais ça ne m'empêche pas d'apprécier la grande qualité des chansons de l'album.
Et puis, il y a de bonnes surprises, comme les sons bizarres et la flûte de la chanson d'ouverture, Tête au large et pieds dans l'eau, ou bien Nine, jeune ménagère qui se donne du plaisir dans le tiède lit conjugal, après avoir regardé s'assoupir le corps de son petit mari.
Il y a aussi la plate Sologne de Près de Romorantin et les chœurs et les violons de Mourir cigale. Ou encore Don Juan, que Jean-Claude Rémy et Tronchet se sont essayé à reprendre en duo en 2019 :


Jean-Claude Rémy et Tronchet, Don Juan, en duo en 2019.

Ça fait chaud au cœur de les voir ensemble, et c'est la conclusion heureuse d'une très belle histoire.

L'album peut être téléchargé gratuitement sur le site de Jean-Claude Rémy (cliquer sur la disquette).
Sur le site officiel de Tronchet, outre le dossier, on trouve une sélection de chansons en lien avec la BD, un concert inédit de 1982 et des chansons récentes. Et aussi, on peut télécharger gratuitement La chanson fantôme, version roman de cette histoire.
Sur la chaîne YouTube de Jean-Claude Rémy, on peut écouter des dizaines de ses chansons récentes, dont une nouvelle version, de 2014, de Les corniauds.
Gaston, fils de Jean Claude Rémy, est lui aussi auteur de bandes dessinées. Il a publié en début d'année, Sur la vie de ma mère, qui raconte l'histoire de sa famille.


Jean-Claude Rémy, Bidon tu sais, un titre du premier album, de 1975.

13 octobre 2019

ALBUM ORCHESTRE ROCK STEADY SKA


Acquis sur le vide-grenier du parking Leclerc à Pierry le 29 septembre 2019
Réf : [sans] -- Édité par Éditions Monica en France en 1969
Support : 40 pages 27 cm
6 titres

Ça serait bien, mais on ne peut pas faire tous les dimanches des récoltes de disque aussi bonnes et variées que celle que j'ai faite à Val de Vesle cette année. Deux semaines plus tard, à Pierry, juste avant que les grosses averses annoncées n'éclatent, je n'ai acheté aucun disque. Je ne suis pas reparti bredouille pour autant puisque, juste avant la fin de mon tour, je suis tombé sur un lot de partitions en bon état, même si elles sentent la cave. A 50 centimes pièces, j'ai en ai extrait deux de Georges Jouvin que je ne connaissais pas, et cet album pour orchestre de six titres rock steady / ska.
Visiblement, il y a eu en France en 1969 des tentatives pour faire du rock steady et du ska des danses en vogue. Je ne sais pas jusqu'à quel point ça a réussi, mais en tout cas on trouve la trace de ces efforts dans la publication d'au moins deux 45 tours, Dansez le rock steady de John Musy (Régine lance une nouvelle danse sur une musique composée par Joe Dassin !) et l'instrumental Super-Danse / Rock steady !! Ska !! de l'organiste Jean-Pierre Sabar. La publication en France cette année-là ce cet album de partitions s'inscrit bien sûr dans cette tendanse (si je peux me permettre cette facétie...).
Et qu'est-ce qu'on trouve dans cet "album" ? Eh bien les partitions de six chansons, avec pour chacune, un recto pour le chant et la guitare mélodique, la guitare basse, la guitare rythmique (je n'en ai pas numérisé, mais une partition de guitare rythmique d'un titre ska ou rock steady, c'est d'une monotonie et d'une régularité vertigineuse !), les cuivres (trompette ou saxophone) ainsi que les paroles.
En feuilletant rapidement la chose, j'ai vite remarqué qu'un certain Edmund Grant signait ou co-signait tous les titres. Sans avoir besoin de le vérifier, j'ai su tout de suite qu'il s'agissait d'Eddy Grant. Et, effectivement, chose assez surprenante, en plus d'être membre des Equals, groupe signé chez President au Royaume-Uni, Eddy Grant était en contrat comme auteur-compositeur et producteur avec ce label et ses sociétés satellites. C'est ainsi que, en 1967 et 1968, sont sortis des 45 tours sur lesquels on retrouve les six chansons de mon album de partitions :
Aucun de ces disques n'a été édité en France à l'époque. Cependant, nous sommes nombreux à connaître la pochette de Sounds like Ska, une compilation de 1968 parue chez Joy Records, filiale de President, qui compte douze titres, dont les six de mes partitions. La compilation elle-même n'est pas facile à trouver, mais la pochette on l'a vue reproduite en 1978 sur la pochette intérieure d'All mod cons de The Jam :



En France, pas plus de compilation que de 45 tours, mais les éditions Monica ont passé un contrat avec Joy pour publier cet album de partitions. Les arrangements sont du compositeur Léo Nègre et d'un certain Gidet.
Comme il ne faut surtout pas compter sur moi pour vous donner une interprétation musicale à partir de ces partitions, je vous propose d'écouter les versions originales des 45 tours.
Ethiopia cite ouvertement Strawberry Fields forever. pour une chanson aux paroles très rasta.
Pour Rough rider, j'ai tiqué quand j'ai vu que cette chanson était signée par les membres de The Four Gees. Depuis que j'ai acheté en 1980 I just can't stop it de The Beat, qui en contient une version, je sais que cette chanson est de Prince Buster. Certes, la version de 1968 de Prince Buster est la plus connue, mais c'était déjà une reprise. Les crédits de l'album de The Beat ont été corrigés lors des rééditions.
Rock steady '67, qui cite de grands succès de ska et de rock steady, était déjà un peu datée deux ans plus tard, alors, sur la partition, c'est devenu Rock steady '69.
Pour Everything is alright, comme pour Ethiopia, les chœurs sont pompés sur un titre très connu. Cette fois-ci, c'est Uptight de Stevie Wonder qui est passée à la moulinette d'Eddy Grant.
Don't say goodbye est très bien également dans le style. Quant à John Chewey, la version que j'en ai trouvée, qui semble être celle du 45 tours, est instrumentale. Pourtant, comme pour les autres chansons de l'album, des paroles françaises sont proposées dans l'album, dues à l'auteur très prolifique Jean Eigel.
C'est souvent gentillet, y compris pour Rough rider, qui devient Hé, minute, Cocotte !, même si certaines allusions sexuelles sont conservées ("Je ne sais pas si tu t'imagines ? Je ne suis pas une machine" et "Avoue qu't'y vas un peu fort. L'amour, ça n'est pas du sport.").
J'aurais préféré un disque, mais je suis quand même bien content d'être tombé sur ces partitions. La même équipe a également publié un album avec douze chansons des Equals.
Cet album a été publié à destination des orchestres. J'ai cherché, mais je pense qu'aucune de ces partitions n'a été utilisée pour enregistrer une version sur disque. Dommage. S'il y a des volontaires pour se lancer maintenant, voici les paroles et la partition chant de Rough rider :







16 novembre 2018

POL DODU : Vente interdite : Mes disques hors commerce


Acquis par correspondance chez The Book Edition à Lille en novembre 2018
Réf : 978-2-9536575-9-3 -- Edité par Vivonzeureux en France en 2018
Support : 290 p. 21 cm
3 titres

Après Mes disques improbables en 2010 et Discographie personnelle de la New Wave en 2015, voici le troisième recueil de chroniques de disques publiées ici-même.
Cette fois, le fil rouge qui relie les disques sélectionnés c'est leur statut : tous autant qu'ils sont, ces disques n'ont pas été distribués dans le circuit traditionnel. Certains sont des objets publicitaires, d'autres des tirages promotionnels destinés aux professionnels de la profession. A un moment ou un autre, j'ai réussi à mettre la main dessus, souvent dans des magasins d'ailleurs, indépendamment de toutes les mentions restrictives qui peuvent être apposés dessus.
Sur 180 chroniques de disques promos publiées ici, j'en ai sélectionné environ 140, qui ont toutes été revues et actualisés.
Comme les précédentes parutions Vivonzeureux, ce livre est disponible gratuitement au format pdf. L'édition imprimée est disponible chez TheBookEdition.com.
Pour agrémenter votre lecture, je vous ai concocté une compilation de 17 titres qui ont pour point commun, sauf erreur de ma part, de n'avoir été diffusés que sur des disques dits "hors commerce".



  1. Mario Pagaro - Le rock du roc
  2. Pascal Comelade - Under my thumb
  3. ? (Marlène Jobert) - Monsieur Maurice
  4. Pierre Spiers - Cha Cha Shah de Perse
  5. Brigitte Fontaine - Le chef de gare
  6. Castafiore Bazooka - NTP remix
  7. Alain Bashung - L'arrivée du tour (Remix club)
  8. Radar - Living eyes
  9. Wave Machines - Punk spirit (Instrumental)
  10. Primal Scream - Subterranean
  11. The Go‐Betweens - The devil’s eye
  12. Catchers - Clocks and clones
  13. Papas Fritas - Live by the water (Live in Paris)
  14. Ramsay Midwood - Shadow mayor of tiny town
  15. Michel Colombier - Surfari (2)
  16. Golden Smog - Love & Mercy (Live)
  17. Joseph Arthur - Crying like a man

02 avril 2017

PETE TOWNSHEND : Let my love open the door


Acquis d'occasion en Angleterre probablement dans les années 2000
Réf : K11486 -- Édité par Atco en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Let my love open the door -/- Classified -- Greyhound girl

The Who ne sont encore jamais apparus ici. Sûrement parce que mon histoire avec eux est partie d'un mauvais pied et la trajectoire n'a jamais été corrigée.
Avec mon frère, on avait dû voir des extraits du film Tommy à la télé, ou juste la pochette du double album de la BO de notre cousine. On avait flashé sur ce roi du flipper plein de paillettes sur des chaussures à plate-forme (Elton John). Quelques temps plus tard, on s'est payé à Carrefour un double album, Sell out, avec une pochette verdâtre mais c'était "2 disques pour le prix d'un", soit quelque chose comme 33 francs. Je découvre aujourd'hui que l'album original Sell out est un simple et que le nôtre lui ajoutait en fait l'album précédent A quick one. Pas grave, car de toute façon je n'avais pas accroché à ce disque, à part Mary Anne with the shaky hand je crois.
Par la suite, soit le disque a intégré la collection de mon frère, soit on l'a échangé ou vendu, et je n'ai jamais acheté d'album des Who, même si j'ai fini par récupéré deux versions de Tommy, l'originale et celle du London Symphony Orchestra.
Dans  mes boites, j'ai quand même quelques singles de The Who, un de John Entwhistle sous le nom de Rigor Mortis, et ce 45 tours solo de Pete Townshend extrait de son album de 1980 Empty glass.
Ce disque est le premier qu'il a sorti après la mort de Keith Moon, et il a précédé d'un an l'album des Who Face dances.
Pete Townshend a traité Let my love open the door de "chansonnette". Ce n'est pas une insulte et c'est plutôt juste. Ça implique bien en tout cas qu'elle n'a pas grand chose de rock, surtout une mélodie accrocheuse, des chœurs et une tonalité synthétique qui n'a pas trop mal vieilli, qui rappelle l'intro de Won't get fooled again et surtout You better you bet de Face dances. Bref, Townshend dans ses phases plus proches de Queen que du rock rageur de ses débuts.
En tout cas, lors de sa sortie, cette chansonnette a valu à Townshend un beau succès aux Etats-Unis. Et M. Ward, qui sait y faire dans le genre, a enregistré en 2005 pour la compilation Sweetheart de Starbucks une version ralentie de cette chanson.



On a droit à deux titres en face B, deux "vieilles" démos, mais malheureusement aucune des deux n'est très bonne. Classified, surtout accompagnée au piano, date de 1970. Greyhound girl doit dater à peu près de la même époque puisque cette chanson a été écrite pour le projet d'opéra rock de science-fiction Lifehouse. Elle a été incluse en 2000 dans le coffret Lifehouse chronicles.

Si j'ai ressorti des oubliettes ce 45 tours témoin de la vie de Pete Townshend en-dehors des Who, c'est avant tout pour avoir l'occasion de vous présenter l'emballant roman de mon ami d’Épernay Christophe Sainzelle, qui s'intitule justement La double vie de Pete Townshend. Il faut dire que ce livre avait tout pour me plaire puisque la musique y tient une place essentielle, et il se passe près de chez moi. L'action débute en 1980, justement l'année de la sortie de Let my love open the door.



Le héros du roman n'est pas le chanteur des Who, mais David Barrette, un gamin de Château-Thierry dont la vie bascule après qu'un copain lui a fait écouter une compilation prise dans la discothèque de son beau-frère, The story of The Who. Ça le marque d'autant plus que, quand il réussit à écouter le disque clandestinement chez lui, il a la révélation qu'il est le fils naturel de Pete Townshend, conçu une nuit de la tournée de 1966 des Who, quand Keith Moon avait insisté pour faire étape dans la ville où se situait Le Comptoir du Gros, le plus grand dépot de farces et attrapes de France.On suit alors les démêlées de David avec sa famille, ses copains et ses copines pour vivre sa passion pour les Who et surtout pour retrouver son "vrai" père Pete Townshend. C'est palpitant, mais attention à ne pas dépasser la dose prescrite de Temesta !



Tout plein d'infos sur le livre à découvrir sur le site de Christophe Sainzelle. On peut aussi lire les premières pages du roman ici.

10 mars 2017

JC BROUCHARD : Television Personalities : Journal d'un fan de chambre


Acquis par correspondance chez The Book Edition à Lille en mars 2017
Réf : 978-2-9536575-7-9 -- Edité par Vivonzeureux en France en 2017
Support : 123 p. 20 cm
7 titres

Mon nouveau livre, Television Personalities : Journal d'un fan de chambre, vient de paraître, sous mon pseudonyme de JC Brouchard. Si on compte ceux sortis sous le nom de Pol Dodu, c'est le septième depuis 2010.
Ce journal, récemment redécouvert, couvre les années 1981 à 1984. Il retrace mon parcours de lycéen de province, de ma chambre d'étudiant chez mes grands-parents aux concerts Living Room organisés par Creation Records à Londres.
Il me donne surtout l'occasion de rendre hommage à Television Personalities, le groupe de Dan Treacy.
Ce livre bénéficie de deux préfaces, par Joe Foster, ancien membre de Television Personalities, producteur émérite et patron de label (actuellement, Poppydisc), et Jean-Daniel Beauvallet, rédacteur en chef aux Inrockuptibles, l'un des organisateurs en 1985 du premier concert de Television Personalities en France.

Le livre numérique est disponible en téléchargement gratuit (format pdf). Seul le livre imprimé est payant (9 € port compris).

Étant donné que Television Personalities est un groupe culte qui a des fans dans le monde  entier, le livre sort simultanément dans une traduction anglaise sous le titre Television Personalities : Diary of a young fan.

Plus d'infos et liens pour télécharger gratuitement le livre numérique ou acheter le livre imprimé chez Vivonzeureux!

04 août 2016

THE FALL : The frenz experiment


Acquis chez A la Clé de Sol à Reims vers 1989
Réf : BEGA 91 + FALL 1 -- Édité par Beggars Banquet en Angleterre en 1988
Support : 33 tours 30 cm + 45 tours 17 cm
10 + 2 titres

Ce n'est pas si souvent que ça arrive, mais la lecture de la chronique de Renégat par Stéphane Deschamps pour Les Inrockuptibles m'a donné envie de lire le livre. Il s'agit des mémoires de Mark E. Smith de The Fall, récemment parus en français chez Le Serpent à Plumes. Du coup, je me suis commandé l'édition originale anglaise du livre de 2008 et je l'ai lue avec beaucoup de plaisir.



Je suis d'accord avec Stéphane Deschamps quand il dit que Smith est "Un peu réac, mais pas aigri". C'est le principal défaut du livre, le côté vieux con qui nous guette tous avec l'âge, qui pousse à croire que, dans le temps les choses étaient plus simples, les gens plus libres et qu'aujourd'hui tout va mal et les jeunes sont amorphes devant leur télé/ordinateur/téléphone (l'appareil change au fil des années). Alors qu'en fait, on le sait bien, la principale différence c'est qu'il y a quarante ans, les vieux cons étaient jeunes, vivaient la vie sans se poser de questions alors qu'aujourd'hui ils l'analysent au prisme de leur expérience. Ils devraient juste penser que, de tout temps, les gens ayant atteint leur âge, à commencer par leurs parents, ont fait ce genre de réflexion.

Bref, une fois qu'on réussit à passer par-dessus ça, qui est surtout sensible dans les premiers chapitres, la lecture est réjouissante. Mark E. Smith y raconte sa vie, qui se confond en grande partie avec le parcours de The Fall, et dézingue à tout va, à commencer par les (nombreux anciens) membres du groupe, mais aussi des musiciens, journalistes, politiciens. A de nombreuses reprises cependant, il prend le temps de souligner le rôle positif et le soutien, ici d'un label, là d'un musicien. Il prend aussi le parti de Liam Gallagher contre Noel...
Mais l'intérêt principal du livre, c'est quand Mark E. Smith parle de son parcours avec The Fall, de ses choix artistiques (la répétition, la recherche du faux rythme et du léger manque de justesse,...) et de l'écriture des paroles. C'est révélateur et ça explique comment il a pu mener la barque The Fall contrez vents et marées depuis 1976.

Par rapport à la production du groupe (plus de trente albums, des dizaines de singles, de disques en public et de compilations), j'ai peu de disques de The Fall. Mais pour fêter cette lecture de Renegade, j'ai ressorti un de mes albums préférés du groupe, The frenz experiment, que j'avais acheté 25 francs en solde chez A la Clé de Sol. Il s'agissait de la première édition anglaise en 33 tours, qui comportait un 45 tours en bonus.

Cet album est sorti au moment où The Fall a connu ses plus gros succès commerciaux (c'est tout relatif), quand l'épouse de Mark Brix était membre du groupe et quand une série de reprises (Mr. Pharmacist, There's a ghost in my house, Victoria) a été éditée en single et s'est retrouvée classée dans les meilleures ventes.
On retrouve Victoria ici. C'est une très bonne version de la chanson des Kinks, suffisamment courte pour passer en radio et qui sonne quand même comme du Fall. Et justement, sans cette reprise Frenz experiment resterait un excellent disque, car on y retrouve les éléments qui, de façon très stable tout au long de son parcours, sont la marque de fabrique de The Fall, et donc du seul membre permanent du groupe, Mark E. Smith : la musique avec certains aspects répétitifs même si elle est variée d'un titre à l'autre, le chant, et les paroles, marquantes et originales rien qu'à la lecture des titres des chansons : ici, Carry bag man, Guest informant, Oswald defense lawyer et Mark'll sink us (Mark nous coulera, il ne faut pas négliger la part d'humour de Smith !).
Aujourd'hui, mes titres préférés sont ceux avec des choeurs (Carry bag man, Oswald defense lawyer),ou une deuxième voix (Frenz), mais aussi Athlete cured (réputé pour pomper le riff de Tonight I'm gonna rock you tonight de Spinal Tap) et Bremen nacht.

On trouve toujours assez facilement The frenz experiment en CD. Il y manque une des faces du 45 tours bonus, mais il y a six titres en plus.


The Fall : Victoria, ci-dessus dans une émission de télé et ci-dessous en vidéo.


The Fall : Carry bag man, en direct sur la chaîne italienne Rai Uno en 1988.

24 décembre 2015

RENE VRANY : Apprenons et dansons le Rock & Roll


Offert par Marie-Claire B. à Vauclerc le 29 novembre 2015
Réf : R. V. 07 -- Edité par Vrany en France dans les années 1950
Support : 45 tours 17 cm
Titres : René Vrany : Apprenons le Rock and Roll -/- René Vrany et ses Rythmes de Danse [Bill Woodie] : Rock à la carte

Depuis quelques temps, ma sœur a pris l'habitude de m'offrir des 45 tours qu'elle achète sur des vide-greniers. Elle ne les choisit pas complètement au pif, mais surtout à l'inspiration, en fonction d'un nom ou d'une pochette. Parfois, ça tombe à plat ou sur un disque que j'ai déjà. Parfois, c'est parfait, comme pour ce disque du professeur de danse René Vrany, qu'il est utile de potasser avant les fêtes de fin d'année.
Venez donc prendre votre leçon de danse Rock and Roll avec le Professeur René Vrany qui, si on en juge par sa voix, n'était déjà plus tout jeune quand cet enregistrement a été fait, sûrement dans la seconde moitié des années 1950.
Expliquer à l'oral des pas de danse, ce n'est pas si simple mais, avec l'aide d'une assistante, visiblement plus jeune, il s'en sort plutôt bien pour cette leçon de plus de cinq minutes.
Je ne me suis pas amusé à suivre la leçon, mais ça doit fonctionner... Sur la fin, ça prend une autre tournure, quand le Professeur se met à compter les temps, lentement d'abord puis en accélérant pour atteindre le rythme du Rock and Roll. Avec sa voix légèrement chevrotante, c'est presque surréaliste. A tel point que je me suis amusé à vous faire un petit montage centré sur cet extrait.
René Vrany aurait-il tous les talents ? En face B, crédité avec ses Rythmes de Danse, il propose Rock à la carte, un rock des débuts de très bonne facture, encore marqué par le jazz, avec des cuivres et de très belles parties de guitare.
Eh bien non, le professeur de danse n'est pas aussi rocker, puisque ce n'est pas du tout René Vrany qu'on entend sur cette face, comme le site Amour du Rock 'n' Roll l'explique de façon très détaillée sur sa page René Vrany, ce Rock à la carte est en fait un enregistrement de Bill Woodie, alias le trompettiste belge Angel Dubois, initialement sorti en 45 tours sous ce nom. Les matrices ont ensuite été réutilisées pour au moins quatre autres parutions, pas ou mal créditées, dont celle-ci et un autre de la série des dix disques de danse de René Vrany, Dansons Rock et Flicker.

René Vrany : Apprenons le Rock and Roll.
René Vrany : Rock à la carte.
René Vrany : Apprenons le Rock and Roll (extrait).



René Vrany ne s'est pas contenté de publier des disques. Il a aussi publié au moins un livre sur les Danses modernes, qui a connu de nombreuses éditions, au moins de 1945 à 1970. Je n'ai pas ce livre, mais par contre j'ai acheté il y a quelques temps à Charleroi un opus équivalent de 1959, le tome II de Les danses en vogue et leurs théories, qui traite du Rock and Roll, du Calypso, du Baïao et du Cha-Cha-Cha. L'école de Danse Jacques Bense, qu'il a fondée en 1935, est toujours en activité, dirigée par son épouse Marie-France. Et si on en juge par l'extrait que je vous ai sélectionné ci-dessous, le titre de Professeur de Jacques Bense n'est pas usurpé, avec  des précisions comme "Le Rock and Roll est un style de danse Swing, s'effectuant sur une musique de Jazz dont le rythme se rapproche de celui du Boogie-Woogie".



23 mai 2015

POL DODU : Discographie personnelle de la New Wave


Acquis par correspondance chez The Book Edition à Lille en mai 2015
Réf : 978-2-9536575-6-2 -- Edité par Vivonzeureux en France en 2015
Support : 410 p. 21 cm
9 titres

Plus de trente après la sortie de The international discography of the new wave, j'en propose ma version personnelle, à la fois plus compacte, guère plus de 200 disques, et plus détaillée puisqu'il ne s'agit pas d'une simple liste mais de la compilation de chroniques publiées initialement ici même.
On sait que la musique de notre jeunesse nous marque de façon indélébile. J'ai eu quinze ans en 1978. J'ai donc raté de peu l'explosion Punk, et j'appartiens à la génération qui l'a immédiatement suivie. Un enfant du post-punk, donc, ou plutôt de la New Wave, comme on disait alors. Le son d'une époque, les années 1978 à 1983, riche des bouillonnements rendus possibles par le punk, qui a la particularité de de ne pas se réduire à un style musical particulier.
On trouve dans ce livre les grands noms du genre, de Magazine à Devo et Elvis Costello, en passant par The Cure et XTC, mais aussi de nombreuses raretés et curiosités. Les précurseurs et les héritiers de la New Wave n'ont pas été oubliés.
Mes goûts musicaux ont évolué depuis 1978 mais j'apprécie toujours autant mes disques New Wave.
Le livre numérique est disponible en téléchargement gratuit (format pdf).
Pour fêter ça, je vous ai concocté ci-dessous quatre playlists YouTube spécial New Wave, à regarder et écouter en feuilletant le livre.

Plus d'infos et liens pour télécharger gratuitement le livre numérique ou acheter le livre imprimé chez Vivonzeureux!