22 novembre 2006

FELT : The splendour of fear


Acquis neuf à Londres début 1984
Réf : M RED 57 -- Edité par Cherry Red en Angleterre en 1984
Support : 33 tours 30 cm
6 titres

C'est le premier disque de Felt que j'ai acheté au moment de sa sortie. Il faut dire que j'avais été "sensibilisé" par "My face is on fire" et "Penelope Tree", et puis ce mini-album n'était pas très cher. J'avais dû être influencé aussi par une chronique du single "Mexican bandits", le premier de Felt à être extrait d'un de leurs albums, qui faisait référence au "Seventeen seconds" de Cure.
Pourtant, c'est un album que j'ai relativement peu écouté. L'ambiance générale est presque gothique, avec plein d'écho, et on est très loin des réussites pop que sont "My face is on fire" et "Penelope tree". Il n'y a que deux titres chantés, dont l'un dure plus de huit minutes.
La comparaison avec Cure pour "Mexican indians" et "Red indians" ne pouvait que paresseusement alluder aux courts intrumentaux "A reflection" et "The final sound" qui ouvrent les deux faces de "Seventeen seconds". Mais s'il avait fallu trouver des points de comparaisons avec le groupe de Robert Smith, on aurait pu pointer "Faith" et sa chambre d'écho funéraire ("The stagnant pool") ou "Pornography" et ses percussions (pas de cymbales ici, comme sur le mini-album précédent, "Crumbling the antiseptic beauty"). Les peaux-rouges de "Red indians" (déjà sortie dans une première version en 1981 en face B de "Something sends me to sleep") et les bandits mexicains font bien sûr penser à des westerns, spaghetti ou non, pourtant on est très loin ici de Morricone ou même de Calexico.
J'aime décidément mieux Felt en version pop ramassée qu'en longues dentelles de guitare concoctées par Maurice Deebank, mais ses morcaux de bravoure ici ("The stagnant pool" et une nouvelle version de "A preacher in New England", précédemment paru en face B de "Penelope Tree", qui englobe ici l'autre face B du maxi, "Now Summer's spread its wings again") passent très bien la rampe. Par contre, sur l'autre bon et long instrumental, "The optimist and the poet", les crédits sont très clairs : Maurice Deebank n'officie pas, et seul Lawrence est à la guitare.
S'il n'y a qu'un titre à retenir de ce disque, et en tout cas à mon sens c'est le seul extrait de "The splendour of fear" qui devrait immanquablement figurer sur toute rétrospective de Felt, c'est "The world is as soft as lace". Là, pour une fois, la guitare solo de Deebank se marie parfaitement au propos de la chanson, le souligne et le renforce, alors que Lawrence entonne d'une voix sans illusion, "If I could I would change the world But you know my visions they're absurd And all my great plans get blurred (...) If I knew all about this world Do you think I'd stay here that's absurd I'd be the brightest star you heard We'd be the softest lace on earth".
Des choeurs sublimes, non crédités (je n'arrive pas à déterminer s'ils sont féminins ou masculins), sont utilisés sur ce morceau. Je pense que c'était la première fois pour Felt, et cela annonce peut-être, en quelque sorte, la réussite parfaite que serait "Primitive painters" l'année d'après.

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