Affichage des articles dont le libellé est family fodder. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est family fodder. Afficher tous les articles

04 juillet 2021

LAURIE ANDERSON : O Superman


Acquis chez Carrefour à Châlons-sur-Marne en 1981
Réf : 17870 -- Édité par Warner Bros en France en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : O Superman (For Massenet) -/- Walk the dog

O Superman est sorti il y a quarante ans. Ça nous a notamment valu un article dans The Guardian sur son enregistrement et son succès. Il y a aussi l'album Big science de 1982, sur lequel on retrouve O Superman, qui vient d'être réédité en vinyl rouge et qui est chroniqué dans Uncut.
Et puis, sans aucun lien avec ce qui précède, l'ami John Pearce (alias Alig de Family Fodder) a inclus en mai sur l'un de ses albums numériques un très beau titre où il rend hommage à Laurie Anderson, en se souvenant du choc de la découverte d'O Superman et du concert auquel il a assisté à Londres à l'époque :


John Pearce (Alig Fodder), Laurie Anderson, extrait de l'album Talk show, 2021.

Comme le rappelle utilement Uncut, Laurie Anderson ne sortait pas de nulle part. Simplement,c'est dans les milieux artistiques d'avant-garde qu'elle était déjà très active depuis plusieurs années, montant des performances dans des lieux publics. En 1979, le New York Times l'a qualifiée de “best and most popular performance artist of her age”. Le San Francisco Art Institute l'avait faite docteur honoris causa et le Guggenheim lui avait attribué une bourse universitaire. Elle a visiblement toujours utilisé la musique et la technologie dans les performances, mais c'est presque par hasard qu'elle a basculé dans le monde du "rock" et de l'industrie du disque. C'est B George, l'un des auteurs de Volume : International discography of the New Wave, qui a rendu possible cette bascule. Il a d'abord convaincu Laurie Anderson de publier un 45 tours sur son label One Ten et, comme il le raconte au Guardian, quand John Peel l'a invité à programmer une séquence dans son émission pour parler de l'encyclopédie, il y a inclus O Superman. Ça a plu à Peel et à ses auditeurs, qui ont cherché à se procurer le disque et le reste est de l'histoire, comme disent les anglais, puisque, après avoir signé chez Warner, qui a réédité le single, O Superman est devenu en Europe l'un des tubes les plus bizarres et surprenants de l'histoire de la pop.
J'imagine qu'en France aussi, c'est d'abord des gens comme Bernard Lenoir qui ont passé les huit minutes d'O Superman en intégralité. Mais ensuite ça a débordé sur les radios commerciales et O Superman, comme à la même époque Being boiled ou un peu avant Money, a vraiment été un succès par chez nous. La preuve : c'est à Carrefour que je me suis procuré mon exemplaire à l'époque, qui venait rejoindre dans ma discothèque des tubes improbables mais peut-être plus pop comme Radioactivity.

O Superman est dédié à Jules Massenet. Le lien se fait particulièrement avec un air du troisième acte de son opéra Le Cid de 1885, Ô souverain, ô juge, ô père. A l'écoute, je n'entends aucune parenté musicale entre les deux titres, mais il y a une parenté évidente pour les paroles puisque O Superman débute par "O Superman, O Judge, O Mom and Dad".

Je n'y avais jamais prêté attention, mais il y a un rapport entre la face B, Walk the dog, et mon actualité autour de Jonathan Richman puisqu'il y a un batteur sur ce titre et ce batteur c'est D. Sharpe, membre des Modern Lovers en 1977-1978, qui avait rejoint le Carla Bley Band au début des années 1980.

O Superman et Walk the dog, tout comme la plupart des titres de Big science, font partie d'un grand projet de Laurie Anderson, United States, un spectacle de huit heures dont la première en intégrale n'a été donnée qu'en 1983, mais Laurie Anderson en a joué des extraits à de nombreuses reprises les années précédentes. Je ne me suis pas intéressé à l'époque au coffret live cinq disques d'extraits de United States, vendu pourtant à un prix relativement abordable, parce que j'étais persuadé que ce serait trop expérimental pour moi. Je le regrette sincèrement aujourd'hui parce que les extraits que j'en ai vus montrent que je me trompais, surtout ceux de sa prestation à Liège au Cirque Divers en 1981, qui m'a carrément mis par terre : en effet, comme le montre l'extrait de trois titres ci-dessous, ce soir-là Laurie Anderson, qui ne parle visiblement pas particulièrement bien notre langue, a pris la peine de traduire l'intégralité de son spectacle en français ! C'est excellent et je me précipiterais dessus s'il en existait un enregistrement audio de qualité.

Dans les faits, je n'ai acheté quasiment aucun disque de Laurie Anderson après O Superman, notamment parce que j'ai été déçu par des écoutes rapides de ses albums des années 1980. Par contre, l'ami Philippe D. m'a offert il y a quelques temps la bande sonore de Heart of a dog, un projet filmé de Laurie Anderson de 2015, et je l'ai particulièrement appréciée.

En avril 2021, Laurie Anderson a été l'invitée d'Arnaud Laporte dans l'émission Affaires culturelles sur France Culture. En mai (voir ci-dessous), elle a interprété O Superman lors d'un Tiny Desk (home) concert.


Laurie Anderson en concert au Cirque Divers à Liège en 1981 :
O Superman,
Language is a virus from outer space et Let X=X. Paroles adaptées en français par Danièle Nyst.


La vidéo réalisée à l'époque pour O Superman.


Laurie Anderson, Walk the dog, en direct et en solo dans l'émission Late night with David Letterman, le 8 mai 1984. Imaginez une performance similaire chez Drucker...


Laurie Anderson, Tiny Desk (home) concert, 20 mai 2021 : Let X=X, Violin cello improv et O Superman. Laurie Anderson est accompagnée par Rubin Kodheli au violoncelle et Roma Baran, la productrice d'O Superman et Big science, au synthétiseur.


30 décembre 2018

SENIOR MODEL : Praxis


Acquis par correspondance chez Bandcamp le 21 décembre 2018
Réf : [Sans] -- Édité par Senior Model via Bandcamp en 2018
Support : 8 x fichier MP3
8 titres

S'il y a une chose que je suis bien content d'avoir faite en 2018, c'est de contribuer à rendre possible la sortie en CD de l'album Easy listening (not) de Family Fodder, que j'avais apprécié tout au long de l'année 2017 après sa sortie initiale en numérique sous le nom de Senior Model. Une édition sans budget de promotion ni contrat de distribution ni contacts dans les milieux spécialisés, donc sans trop d'écho public, mais elle a au moins le mérite d'exister.
Senior Model, c'est l'identité utilisée par Alig Fodder sur Bandcamp pour diffuser tout un tas d'enregistrements les plus variés, dont certains finissent éventuellement par sortir sous le nom de Family Fodder. En mars dernier, il y avait eu  par exemple le "one man trio" jazzy rigolo de Piano bar.
Tout récemment est paru ce Praxis, un album huit titres associant chansons anciennes et nouvelles, rares ou inédites.
L'album s'ouvre avec une très belle et très calme chanson, The songlines. Cet enregistrement est paru originellement sur Unsampled en 1994, la première sortie sur Alligator Discs, un label créé par Alig qui a publié trois disques à cette époque. Sur cette compilation, une petite moitié des chansons était créditée à Vox Humana, les autres l'étant à Johnny Human (alias Alig) et à divers autres artistes. The songlines était crédité à Gail Tao, chanteuse principale et co-auteur de la chanson. Ici, c'est le même accompagnement musical discret, mais c'est Alig qui chante.
On trouve sur Praxis deux autres extraits d'Unsampled, mais dans des versions identiques : Black light, black noise de Vox Humana, chanté par l'acteur Bill Jongeneel Brand, et une reprise façon "barber shop quartet" du Sunny afternoon des Kinks par Fishermen's Friends.
Parmi les titres qui me semblent précédemment inédits, il y a Full fathom five, une de ces chansons à l'accordéon assez typique des productions d'Alig sous le nom de Johnny Human, et Whatever, le titre le plus électrique du lot, qui aurait pu être la face A d'un excellent single de n'importe laquelle des incarnations de Family Fodder ces quarante dernières années.
Les trois derniers titres sont la droite ligne de ceux d'Easy listening (not). Gramvousa est inspirée par les griffons, les vautours fauves de ces îles de Crète. On tourne et on plane dans les airs en l'écoutant.
You just gotta move se veut le thème principal d'un film de Pedro Almodovar portant ce titre. Un thème très dansant construit en partie sur des souvenirs qu'on partage tous, à base de Louie Louie, Hang on Sloopy ou de Je t'aime (moi non plus).
L'album se clôt plus calmement, avec Lady Jesus Christ, une chanson qui aurait été parfaitement d'actualité mardi dernier, puisque les paroles sont librement adaptées du poème A Christmas carol (plus connu sous le titre In the bleak midwinter) de Christina Rossetti.
Praxis est une preuve supplémentaire de la qualité et de la variété du travail d'Alig. Vous pouvez vous procurer cet album en ligne et, si ça vous dit, il reste aussi quelques exemplaires du CD d'Easy listening (not).


31 mars 2018

SENIOR MODEL : Piano bar


Acquis par correspondance chez Bandcamp le 27 février 2018
Réf : [Sans] -- Édité par Senior Model via Bandcamp en 2018
Support : 9 x MP3
9 titres

Vous vous souvenez peut-être que Senior Model est une identité utilisée depuis quelques temps par Alig de Family Fodder pour publier de la musique sur Bandcamp.
C'est sous ce nom qu'on avait découvert l'an dernier les démos de ce qui est devenu il y a peu l'album Easy listening (not) de Family Fodder. Et, ces dernières semaines, c'est un vrai feu d'artifice car, outre la sortie du CD de Family Fodder, on a vu apparaître plusieurs parutions de Senior Model sur Bandcamp.
Tout n'est pas dans mes goûts là-dedans, quand on touche au piano solo (Piano meditations), à la guitare acoustique également en solo (Fret noise), ou à de la musique de style "New Wage" (bien vu !) avec Book of changes 1-16 et 17-32.
Mais il y a une autre série d'instrumentaux qui m'a bien plu, et c'est presque surprenant car on est dans un domaine jazzy.
En effet, Piano bar, c'est Alig qui interprète à sa façon des standards de la bossa nova, du jazz ou de la pop.
Ça peut surprendre, venant de quelqu'un qui a débuté en pleine période New Wave, mais ça ne devrait pas, car on a surtout la preuve ici qu'Alig a de la suite dans les idées.
On trouve ici Gnossos, une version de Gnossienne n° 1 d'Erik Satie, une composition que Family Fodder avait adaptée en 1982 pour en faire le 45 tours The big dig. Quant à The windmills of your mind, la composition de Michel Legrand pour la bande originale du film L'affaire Thomas Crown, c'est en 1983 que Family Fodder l'avait reprise sur le double album All styles, un disque qui m'avait beaucoup déçu au moment de sa sortie.
Alig m'a présenté ces enregistrements comme étant le produit de son "live one man jazz piano trio". A l'écoute, j'ai bien entendu du piano, de la basse, et diverses percussions, dont diverses sonneries et bruitages qui rendent le tout très ludique. Mais je voyais mal comment tout ça pouvait être joué "live", c'est à dire en direct en une seule fois.
J'ai eu un peu de mal à comprendre l'explication, mais elle montre qu'on peu être inventif en exploitant une technique qu'on a à sa disposition. Dans ce cas précis, il s'agit du MIDI et de la façon dont Alig utilise son clavier : quand il joue, les notes sont envoyées vers trois échantillons sonores différents : la basse, le piano et les  percussions. Le clavier est divisé en deux : à main gauche, les notes produisent de la basse et à droite, c'est du piano. Pour les percussions, les différents instruments sont distribués sur certaines notes et apparaissent un peu au hasard, au fil du jeu, ce qui ajoute beaucoup de charme à la prestation. Alig joue sur un "mode duophonique-contrapuntique avec une forte main gauche" et, bingo !, il se transforme effectivement en trio de jazz à lui tout seul !
Je crois que le projet original était d'enregistrer de la bossa nova. On en a deux exemples ici avec She looks straight ahead (The girl from Ipanema) et Corcovado, une autre composition d'Antonio Carlos Jobim, plus Sincerity, qui est une version de Guantanemera, et Concerto d'Aranjuez.En-dehors du monde latino, on trouve dans le répertoire de ce Piano bar, Love her, une version de And I love her des Beatles, qui est devenu au fil du temps un standard en version instrumentale, et deux prises de Take five, dont la version Girls, où des voix samplées remplacent la basse, ce qui donne un effet très Michel Legrand.
Avec un tel répertoire en version instrumentale, la touche "easy listening" est cette fois difficile à nier mais, avec des mélodies ancrées dans nos têtes et des percussions surprenantes, c'est surtout un album que j'ai grand plaisir à écouter.




18 mars 2018

FAMILY FODDER : Easy listening (not)


Acquis par correspondance via Jungle Records en mars 2018
Réf : FNUR 010 -- Édité par Furniture en Europe en 2018
Support : CD 12 cm
12 titres

Logiquement, je ne chronique pas ici plusieurs fois le même disque. Mais toute règle a des exceptions et cette parution en mérite largement une, d'autant qu'il ne s'agit pas de la même version du disque.
Début 2017, j'ai chroniqué Demonstration par Senior Model, une collection d'excellentes démos par Alig Fodder sous l'un de ses pseudonymes, dont il était évident qu'elles constituaient les esquisses d'un nouvel album de son groupe, Family Fodder.
Je suis de près la discographie de Family Fodder depuis la parution de leur première compilation Greatest hits en 1982.
Aujourd'hui, le groupe reste réputé avant tout pour la série de classiques de la New Wave qu'il a créés dans sa première phase, de Playing golf à Savoir faire, de Debbie Harry à Film music, avec notamment le mini-album Sunday girls et l'album Monkey banana kitchen, des disques qui ont été réédités ces dernières années.
J'apprécie toujours autant ces chansons qui ont maintenant plus de trente-cinq ans mais, si je regarde les choses objectivement, je peux affirmer sans ciller que les albums les plus forts du groupe sont ses plus récents, Classical music (2010) et Variety (2013). Et, pendant toute l'année dernière, les chansons de Demonstration m'ont accompagné et m'ont plu au point que je les ai égrenées sur quasiment toutes mes compilations de 2017.
Je ne joue pas au jeu des classements de fin d'année des meilleurs disques parus, mais comme tout le monde je baigne dedans car il s'en diffuse partout. A leur lecture, je me suis dit que, s'il y avait un seul disque de nouvelle musique que j'aurais inclus sans hésiter dans un tel classement, c'était sans hésitation Demonstration.
Mais ces chansons n'étaient jusque là disponibles qu'en téléchargement numérique, sous la forme d'un "work in progress", qui a vu Alig ajouter/enlever des chansons tout au long de l'année, les remixer, les triturer et ajouter des interventions de Mae Karthauser au chant et au clavier.
Le projet étant désormais visiblement mûr à point, j'ai demandé à Alig s'il comptait le publier prochainement sous la forme d'un véritable nouvel album. C'était son souhait mais, comme je le soulignais encore récemment à propos de la compilation Vivonzeureux! et du label indépendant Pitshark Records, publier des disques c'est un travail difficile et souvent ingrat, particulièrement de nos jours. Mais j'étais convaincu que ces chansons méritaient ce qu'on nomme de nos jours une "sortie physique", pour intégrer pleinement la riche discographie d'Alig. Nous en avons beaucoup discuté ensemble et je l'ai épaulé pour qu'il puisse finalement publier, sur son propre label Furniture Records, ce nouvel album, désormais attribué à Family Fodder et titré Easy listening (not). Le disque est un CD en édition limitée à 200 exemplaires, avec une pochette cartonnée ouvrante. On peut toujours le télécharger en numérique, en faisant son prix.
L'an dernier, la version de Demonstration que j'ai chroniquée comportait six chansons. On les retrouve toutes dans Easy listening (not), sachant que Cosy est devenue Like a yellow submarine, plus quatre nouvelles chansons et deux remixes, pour aboutir aux douze titres de l'album.
Parmi ces quatre nouveaux titres, il y a She's so hot, le plus électrique du lot, qui occupe ici une place équivalente à celle de (She was a) Hotel detective sur le premier album de They Might Be Giants. Les trois autres sont parmi les plus fortes de l'album, My imaginary girlfriend, Easy listening et Fresh water, avec sa guitare à l'africaine. Mais vous comprendrez qu'il m'est difficile de citer des chansons préférées ici sans les mentionner presque toutes puisque, parmi les autres, j'apprécie toujours autant, voire plus, Sweet lesbian, Like a yellow submarine, Skala Bar 2013 et Data hoarders, "l'hymne techno-pop qui interroge notre société de l'information" pour m'auto-citer !
Vous pouvez écouter et/ou télécharger l'album intégralement en ligne. Pour commander un CD, le plus simple est de cliquer sur le bouton ci-dessous.


Family Fodder - Easy listening (not) CD
10 € port compris - 10 € including postage





05 février 2017

SENIOR MODEL : Demonstration


Acquis par correspondance chez Bandcamp le 2 janvier 2017
Réf : [Sans] -- Édité par Senior Model via Bandcamp en 2016
Support : 6 x MP3
Titres : Sade, Sade, Sade -- Sweet lesbian -- Skala Bar 2013 -- Cosy -- Anywhereanyway -- Data hoarders

Sex works, le disque de Family Fodder chroniqué la semaine dernière, est une parution typique de la vogue passéiste qui saisit tout un pan de l'industrie du disque : une nouvelle parution en vinyl, en édition très limitée bien sûr, compilant des titres anciens et récents, dont un inédit, pour faire la promotion d'une réédition CD d'un album oublié des années 1990.
Pour diffuser une partie de ses productions récentes, Alig Fodder a choisi depuis l'an dernier un mode de diffusion totalement différent et tout à fait contemporain : il met lui-même en ligne sur Bandcamp ses enregistrements sous le nom de Senior Model et chacun est libre de fixer son prix pour les télécharger.
Je ne suis pas naïf au croire que ce système est parfait et va rapporter suffisamment à ce musicien professionnel pour vivre de sa pratique, mais je ne suis pas sûr que ce soit très différent pour les sorties de disques indépendantes. Au moins, cela lui permet de diffuser sa musique à moindre coût et de ne dépendre de personne d'autre pour le faire.
Les premières sorties instrumentales de Senior Model m'ont moyennement intéressé. Fret noise propose des solos de guitare acoustique modaux. C'est agréable pour l'ambiance, propice à la méditation, mais ce n'est pas ce que j'écoute de façon régulière. Idem pour Music for stroking cats. Là, l'instrument est le marimba, en solo ou en duo. Très bien, avec même une version de The onliest thing de Family Fodder, mais je n'ai pas spécifiquement besoin de musique pour caresser mon chat.
Mon oreille a plus été attirée par Generic adverts qui, comme le titre l'indique, propose des messages publicitaires insipides pour des produits fades et sans marque tels que les politiciens, l'essence, le fromage, la dette, l'amour.
Quand j'ai acheté au tout début de cette année Demonstration, la quatrième parution de Senior Model, je m'attendais à quelque chose dans la même veine que les précédentes sorties, mais j'ai été très agréablement surpris : il ne m'a pas fallu plus que quelques secondes pour me rendre compte que, cette fois-ci, l'album contenait des chansons et que, probablement, comme le titre l'indique une fois encore, il s'agit de démos pour un album qui aurait tout à fait la trempe des disques récents de Family Fodder, Classical music et Variety.
Vérification faite auprès d'Alig lui-même, il s'agit bien de titres prévus pour un album qui pourrait s'intituler, ou pas, In praise of women ou Songs about (real and imaginary) girls, et qui pourrait sortir, ou pas, sous le nom de Family Fodder.
Comme j'insistais sur la qualité de ces démos, pour moi dignes d'être éditées sans qu'il soit nécessaire de les produire beaucoup plus, Alig a expliqué que, quand il écrit une chanson, il la termine très rapidement, et la première démo est au moins à 80% de la qualité de production qu'il espère atteindre. Mais ensuite, il faut parfois un an et des dizaines d'heures de travail pour l'améliorer de 10%, et ainsi de suite. En tout cas, ces enregistrements parfaitement aboutis ont été réalisés entièrement seul.
J'avais remarqué également que la liste des titres de Demonstration variait au fil des jours : cinq, puis quatre, puis six. En fait il n'y a pas que ça qui varie, puisque Demonstration est véritablement un "work in progress" et, au fil de son travail, Alig est amené à remixer ou compléter certaines chansons, et à remplacer une ancienne version par une nouvelle.
Je chronique aujourd'hui un album de six chansons, mais il y en aura peut-être bientôt huit, ou moins... Je vais essayer de ne pas trop me répéter, car toutes les chansons me plaisent ici.
Sade, Sade, Sade, où il est question d' "ear-rings" et d' "ear-worms" et de se retirer dans les Cotswolds, est, sans surprise, un hommage à la chanteuse Sade plutôt qu'au Marquis de. Un exercice dans lequel Alig excelle au moins depuis 1980 avec Debbie Harry.
Le commentaire d'Alig pour Sweet lesbian , dont le refrain est "He found happiness with a lesbian", est "Une histoire vraie ?". A lui de nous dire, mais je note que, dans cette perle pop-rock, il est fait mention de John ("She was a mermaid, he was a scorpion, she was a lesbian, his name was John"), le prénom de naissance d'Alig.
J'ai eu un coup au cœur à l'écoute des premières secondes de Skala Bar 2013. Ce son qui vibre m'a immédiatement transporté en 1982-1983, quand j'ai passé quelques heures avec mon pote Bruno R. dans la régie de l'I.U.T. de Reims à réaliser une vidéo pour Playing golf, le premier 45 tours de Family Fodder. Le clin d’oreille est tellement évident que je n'avais pas besoin de la confirmation d'Alig pour savoir que ce n'était pas fortuit. La différence est qu'en 1979 il avait utilisé un orgue Farfisa Compact Duo, alors que là c'est un échantillon de cordes passé dans une sorte de pédale d'effet trémolo pour guitare. Avant d'en arriver là, Alig a bossé sur différentes versions de cette chanson pendant une année entière, la plupart dans un style à la Jacques Brel. La chanson est présentée comme "Des cartes postales de la mer de Lybie", autrement dit, de chez Alig, qui vit actuellement en Crète.
A plusieurs moments en écoutant Demonstration, et notamment Cosy, je me suis demandé si Alig utilisait un oud, un instrument qu'il maîtrise parfaitement. Mais non, c'est de la guitare acoustique, mais avec des accordages et des techniques propres à l'oud, notamment une façon hindoustanie d'utiliser l'ongle de l'index comme slide. Tout à la fin, on entend un chien, peut-être bien celui qui est avec Alig sur la photo de Bandcamp.
Everywhereanyway et Data hoarders sont les deux chansons qu'Alig a ajoutées dernièrement à l'album. Sur Data hoarders, on retrouve le même son synthétique sur sur Skala Bar 2013, plus une voix passée au modulateur en anneau. Un habillage idéal pour un hymne techno-pop qui interroge notre société de l'information. Un tube, potentiellement.
Y a pas à dire, les chansons d'Alig ont toujours tendance à terriblement me plaire. Allez les écouter, c'est gratuit, et faites tourner !

29 janvier 2017

FAMILY FODDER : Sex works


Acquis chez Rough Trade East à Londres le 21 janvier 2017
Réf : JUNG079 -- Édité par Jungle en Angleterre en 2016
Support : 33 tours 17 cm
Titres : You came (again) -- Nerd sex -/- Fuck you til I'm dead (Exhumed version) -- Dinosaur sex (Dusted version)

J'ai été bien content de récupérer chez Rough Trade le dernier exemplaire en stock de ce quatre titres de Family Fodder sorti à l'automne dernier.
Je pense qu'il a surtout été édité, à 300 exemplaires, pour appuyer la réédition de Foreverandever, un album passé inaperçu lors de sa sortie originale en 1996 en Italie sous le nom de Johnny Human, et donc réédité par l'un des labels historiques du groupe, Jungle, en 2016, avec trois titres en plus (et un en moins).
Pour cette petite compilation, le principe est simple : sélectionner des chansons avec une thématique commune et universelle, le sexe, et en prendre une par décennie depuis les années 1980 (s'il y avait eu plus de place sur le disque, on aurait peut-être pu trouver une cinquième chanson sur ce thème sortie sur l'un des deux disques du groupe paru en 1979).
Le résultat est excellent de bout en bout et c'est une preuve supplémentaire du talent d'Alig Fodder et de la qualité et de la variété des chansons qu'il compose.
On va les prendre dans l'ordre chronologique.
Schizophrenia party !, un mini-album de 1981, est l'un des disques de la première époque de Family Fodder que j'ai le moins écoutés (il a été réédité par Staubgold en 2014, en 33 tours avec les titres de deux 45 tours en plus). Mais au fil du temps, j'ai fini par apprécier Dinosaur sex, le titre qui domine le disque avec ses neuf minutes, ici réduit de façon très efficace à trois minutes trente.
En temps normal, plusieurs traductions sont possibles pour You came. Dans le contexte de ce disque, il est clair qu'on ne traduirait pas "I was waiting for you and you came" par "Je t'attendais et tu es venue" ni "You came again" par "Tu es revenue"... C'est très bien que cette excellente chanson pop-rock, parue à l'origine sur Foreverandever, se voit offrir une nouvelle chance.
Au début des années 2000, Alig Fodder et Dominique Levillain ont à nouveau enregistré ensemble sous le nom de Family Fodder, sur le label Américain Dark Beloved Cloud. Il y a eu l'album Water shed et, le 11 novembre 2002, un mini-CD sans pochette, Tender words, qui contenait notamment La chanson de Craonne.
La chanson-titre a été renommée Fuck you til I'm dead en 2008 quand elle a été incluse sur la compilation More great hits et je trouve ça dommage : ça me semble plus fort d'appeler Des mots tendres une chanson dont le refrain est "Je veux te baiser à en mourir".
On a pas mal parlé de cette chanson l'an dernier car le groupe américain YACHT l'a reprise très fidèlement sur son album I thought the future would be cooler. Malheureusement, quasiment aucune des chroniques de l'album n'a mentionné qu'il s'agissait originalement d'une chanson de Family Fodder, et on a surtout parlé d'un mini-scandale médiatique créé par une fausse sex tape diffusée par le groupe.
Pour les années récentes, on a droit à un inédit, Nerd sex, l'une des nombreuses excellentes démos d'Alig qui restent inédites. Celle-ci a été enregistrée en 2014, au moment où Family Fodder a donné quelques concerts en Europe. La chanteuse est Bee Ororo, et on retrouve sur cet enregistrement Grahame Painting et Bazz Smith, qui étaient déjà là tous les deux sur Schizophrenia party !, mais pas Alig, qui s'est "contenté" d'écrire la chanson.
Comme le titre l'indique, il est question des aventures sexuelles d'intellos binoclards ou de rats de bibliothèques, avec jeux de mots ("Nerds of a feather") et moqueries faciles ("Put on your specs, let's have nerd sex, zip up your anorak, give me my biro back"), avec bruitages de fermeture éclair et d'éternuements.

Il doit rester en vente quelques-uns des 300 exemplaires de ce single, mais à ceux qui n'ont pas déjà  l'album je conseille plutôt d'acheter la réédition CD de Foreverandever, qui contient les quatre titres de Sex works.

01 mai 2014

PROFESSOR ZOOM : Urban menace



Acquis par correspondance via MusicStack en décembre 2012
Réf : alig 01 -- Edité par Alligator en Angleterre en 1994
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Urban menace -/- 1965

C'est assez rare pour être souligné quand il s'agit d'un groupe que je connais bien : c'est la page Wikipedia sur Family Fodder qui m'a appris l'existence de ce disque, sur lequel jouent Johnny Human (alias Alig Fodder), Grahame Painting (Family Fodder), Rick Wilson (The Work, Family Fodder), Mick Hobbs (The Work, Family Fodder, Officer!) et donc Professor Zoom, qui chante et joue de la contrebasse sur la face A. Ce disque est publié chez Alligator Records, avec alig 01 comme référence. On se doute bien qui faisait tourner le label, qui a trois références répertoriées chez Discogs, dont une compilation (avec les deux faces de ce 45 tours et un troisième titre de Professor Zoom) et l'album Foreverandever de Johnny Human.
Une fois connue l'existence de ce disque, j'ai fait un petit tour chez Discogs, chez Ebay, et c'est finalement chez MusicStack que j'en ai trouvé un exemplaire en vente pas trop cher. Ce que je n'imaginais pas un instant, c'est que ce 45 tours de vingt ans d'âge, au vinyl vert marbré, allait redevenir d'actualité quelques mois plus tard, puisque l'album Variety de Family Fodder, sorti l'été dernier, contient It's 1965, qui n'est autre que la face B de ce disque, légèrement remixée et retitrée pour l'occasion. Voilà comment le label a alors présenté la chanson : "Elle a été enregistrée dans un squat à Brixton. Alig l'a écrite et Professor Zoom a modifié les paroles pour cette version réjouissante. Graham Painting joue les saignantes guitares fuzz et solo - en fait, Rick Wilson (le batteur d'origine de Family Fodder) a dû être remplacé pour blessure au milieu de la session et Grahame a aussi repris la batterie. Mick Hobbs pompe sa basse et Alig est à la guitare rythmique. Professor Zoom au chant. Des paroles qui sont parmi mes préférées. ‘Imagine the dream of Martin Luther King – Imagine John Lennon alive – Imagine Abraham, Marvin and John – imagine yourself – imagine anyone - Imagine animals – herding men – imagine that you – were a child again – whooah it’s 1965 – whooah it’s 1965!".
Une grosse basse, des guitares tranchantes, Londres et Brixton, les dreadlocks de Professor Zoom et l'année 1965: s'il y a une seule référence à aller pêcher, c'est à l'album 1965-1980 de Basement 5, l'éphémère groupe de reggae post-punk.
Malgré le titre Urban menace, l'ambiance sur la face A est assez différente. Une légère atmosphère orientale, les bongos de Sam Alexander, l'accordéon d'Alig, un côté jazzy donné par la contrebasse. C'est très différent de 1965 mais les accents du Professeur qui évoquent Tom Waits sans qu'il ait à en rougir donnent une bonne idée de la qualité de l'ensemble.
Family Fodder a donné des nouvelles de Professor Zoom en août dernier : il a été membre de Jam Professors et continue de chanter sous son nom, si l'on en croit les deux reprises qu'il a diffusées sur YouTube.
Quant à Family Fodder, après la sortie de Variety en 2013, le groupe a vu deux de ses premiers disques, l'album Monkey banana kitchen et le maxi 45 tours-mini album Schizophrenia party réédités début 2014 par le label Staubgold, qui est basé à Perpignan. Pour fêter ça, le groupe, dans une formation proche de celle de 1981, entreprend une tournée européenne en ce mois de mai, qui débutera par trois jours de concerts à Perpignan. Je n'ai qu'un regret : que les efforts des amis du groupe pour programmer un concert à Reims n'aient pas pu aboutir...

It's 1965 est disponible sur l'album Variety de Family Fodder. Urban menace est en écoute sur la page MySpace de Professor Zoom.


La vidéo pour la version de It's 1965 incluse en 2013 sur l'album Variety de Family Fodder, très proche voire identique à celle du 45 tours de Professor Zoom.

04 août 2013

FAMILY FODDER : Savoir faire


Offert par The State51 Conspiracy par correspondance en août 2013
Réf : [sans] -- Edité par The State51 Conspiracy en Angleterre en 2013
Support : MP3
Titre : Savoir faire (Socktoucher mix)

Deux ans et demi après Classical music, Family Fodder vient de sortir un nouvel album, Variety.
Une grande partie de ses onze titres a été diffusée une première fois dans les nombreux singles sortis par le groupe depuis 2011, notamment la série des six Singularity, mais ils ont été retravaillés ou réenregistrés pour l'album. Il y a aussi pas mal d'aller-retours avec le passé, à commencer par Déjà déjà vu, sorti à la fin de l'an dernier en single pour annoncer l'album, qui est basé sur un enregistrement de 1980, resté inachevé à l'époque, qui avait été un moment envisagé comme le 45 tours qui devait succéder à Savoir faire, le "classique" de Family Fodder, chanté par Dominique Levillain, l'un de leurs disques de la première époque qui aurait pu/dû être un tube. On trouve aussi sur Variety, It's 1965, sorti en 1994 en face B d'un 45 tours crédité à Professor Zoom, et Pluperfect, publié à l'origine en Suisse sur un 45 tours si obscur que même Alig, l'âme de Family Fodder, n'arrive pas à mettre la main sur un de ses exemplaires.
D'ores et déjà, comme l'immense majorité des disques de Family Fodder depuis trente-cinq ans, je ne peux que vous conseiller d'accorder une oreille très attentive à Variety, par exemple en regardant les onze vidéos minimales diffusées pour la sortie de l'album.
Et pour fêter comme il se doit la sortie de l'album, Alig et The State Conspiracy ont décidé d'offrir aux lecteurs de Vivonzeureux! une nouvelle version de Savoir faire ! Il s'agit d'un remix de 2013 du titre de 1980, assez fidèle à l'original dans sa première partie, mais qui part en dub tout fou dans sa deuxième partie, dans un style que le groupe maîtrisait déjà bien sur certains de ses enregistrements du tournant des années 1980. Une occasion rêvée de (re)découvrir ce titre qui mériterait de figurer sur toutes les bonnes anthologies de la new wave.


Family Fodder, Savoir faire (Socktoucher mix), 2013.


Variety est en vente chez The State51 Conspiracy, comme toutes les productions de Family Fodder depuis 2010.

16 décembre 2012

FAMILY FODDER : Game away


Acquis par correspondance chez The State51 Conspiracy le 10 décembre 2012
Réf : CON153D -- Edité par The State51 Conspiracy en Angleterre en 2012
Support : 2 x MP3
Titres : Déjà déjà vu -- Vampyre on my brain

Depuis l'album Classical music il y a deux ans, Family Fodder a sorti une série de six singles sous la bannière Singularity et revient juste à temps pour les fêtes avec Game away, un nouveau single disponible à la vente en téléchargement.
Les deux titres sont précédemment inédits, mais il est difficile de considérer que le premier, Déjà déjà vu est une simple nouveauté. En effet, l'historique de cette chanson s'étend sur plus de trente ans !
Elle a été écrite à l'origine en 1980. Il était même question qu'elle sorte en 45 tours juste après Savoir faire. Cela aurait fait un bon enchaînement de titres avec des expressions françaises couramment utilisées par les anglais, mais à l'époque le groupe n'a pas réussi l'enregistrer comme il le souhaitait, d'autres chansons sont arrivées et ce titre a peu à peu sombré dans l'obscurité. Jusqu'à 1994. tout au moins, quand Alig en a enregistré une version avec au chant son ami l'acteur Bill Brand, dont le style vocal me rappelle un peu Ken Lockie de Cowboys International, et à la guitare un membre historique de Family Fodder, Grahame Painting.
Cet automne, Alig a repris l'enregistrement original et l'a remixé après y avoir ajouté sa voix, du synthé et de la grosse caisse. A l'écoute, rien de ces bidouillages étalés dans le temps ne transparait. La seule chose vraiment surprenante, c'est qu'il n'y a pas d'intro. On attaque directement dès la première note sur le refrain, mais les deux voix s'associent très naturellement, la mélodie est du niveau de celle de Savoir faire et, si le rythme est échevelé, au point qu'aux première écoutes j'ai cru déceler un côté post-rave, ces premières impressions se sont vite effacées et aujourd'hui je ne suis sûr que d'une chose : il s'agit une fois de plus d'une excellente chanson de Family Fodder !
Le deuxième titre, Vampyre on my brain, est bien une toute nouvelle composition, qu'Alig a regretté de ne pas avoir sorti à temps pour bénéficier de l'effet Halloween, et c'est aussi une grande réussite. Alig le décrit comme une romance gothique, qui examine l'ennui éprouvé par les vampires  en tant qu'individus défavorisés. Un nouveau titre donc, chuchoté à l'oreille par Alig, mais avec sa ligne de basse très reggae et son piano, il fait écho à des souvenirs qui remontent à une trentaine d'années eux aussi (ce qui n'est pas très étonnant quand on a un catalogue épais comme celui de Family Fodder), particulièrement le travail réalisé en 1982 autour d'une composition d'Erik Satie pour le 45 tours The big dig.

--
Game away est en écoute et en vente chez The State51 Conspiracy.

23 septembre 2012

OFFICER ! : Officer !



Acquis probablement chez A l'Automne Alité rue de Courlancy à Reims en 1984
Réf : A.A.A. C01 -- Edité par A l'Automne Alité en France en 1984 -- N° 068/500
Support : Cassette
8 titres

C'est l'habituel malheureux concours de circonstances. Il y a quelques années, j'ai prêté plusieurs cassettes de productions régionales, qui ont été égarées dans un déménagement avant de m'être rendues. J'étais persuadé que celle-ci faisait partie du lot, j'ai donc été doublement content quand je suis retombé d'abord sur le livret au format 25 cm (comme pour le disque de Germain Hubert Alès quelques temps plus tôt sur le même label), puis sur la boite dans laquelle j'avais rangé la cassette, avec une jaquette faite maison à l'époque.

L'ensemble forme un objet très travaillé : carton 25 cm dans une pochette plastique, livret imprimé numéroté de 12 pages avec des rajouts collés dessus (dessin, négatif de photo). J'ai même une carte postale promotionnelle avec la photo de Mick Hobbs sur la scène de la Maison de la Culture André Malraux de Reims (photo qui fait la couverture du livret), mais c'est moi qui ai dû la glisser dans l'emballage.

Bien que j'ai assisté à plusieurs festivals des Musiques de Traverses et pas mal grenouillé avec les amis d'A l'Automne Alité/AYAA, je crois que je n'ai jamais vu sur scène Mick Hobbs, son groupe Officer ! ou ses autres projets, et encore moins avec son précédent groupe The Work, auquel je ne me suis jamais intéressé, pensant peut-être à tort que c'était trop expérimental/barré pour moi.
En tout cas, je suis par contre un grand fan d'Officer !, dont les différentes publications (cette cassette, qui est leur première sortie, une cassette live et deux 33 tours, Ossification et Yes yes no no yes no yes) ont toutes été sorties ou au moins distribuées par A.A.A./AYAA.

On retrouve ici plein d'amis et plein de têtes connues autour de Mick Hobbs, principalement Rick Wilson, le batteur de The Work, et Felix Fiedorowicz, de Family Fodder. Les autres membres de The Work apparaissent aussi, tout comme Alig Fodder et Judy Carter, de People In Control.

A part le premier, très court, morceau, Join the AA, je trouve toutes ces "nouvelles chansons" de Mick Hobbs excellentes, mais ma préférée a toujours été Life at the water's edge, et pas seulement parce qu'Alig y tient la guitare. J'aime beaucoup le chant, les violons et les percussions me rappellent un peu les Raincoats, et il y a globalement sur ce titre une atmosphère à la Wyatt.
Juste derrière dans mes préférences, il y a All reality is symbolic, dont le titre est inspiré par Van Gogh, et Spooky. Dogface, chanté par Judy Carter, a un fort goût de Family Fodder. Parmi les autres titres, You a un petit côté Kurt Weill et Way une ambiance à la Legendary Pink Döts.

L'ensemble est vraiment très réussi et ces titres auraient mérité une édition en vinyl, ou au moins une réédition en CD, mais je crois qu'aucune des parutions d'Officer ! n'a été rééditée.

Le label autrichien Klang Galerie a sorti en août 2018 Earlier music, soit la réédition intégrale des deux cassettes d'Officer ! sorties chez AAA/AYAA, celle-ci et Cough.


La jaquette que j'avais faite pour mon boitier de cassette : une transposition visuelle au premier degré, avec un officier sur le bord de l'eau.

09 avril 2012

PSAPP : I want that


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate le 18 novembre 2010
Réf : RUG317CDP -- Edité par Domino en Angleterre en 2009 -- For promotional use only / Not for sale / This promotional CD remains the property of Domino Recording Co Ltd and must be surrendered upon request
Support : CD 12 cm
Titre : I want that

Le 3 décembre dernier, Family Fodder a donné l'un de ses rares concerts au Week-end Festival de Cologne. Pour l'occasion, Alig et Darlini Singh-Kaul ont bénéficié du renfort d'un "batteur de comédie", Carim Clasmann, équipé d'une petite batterie et d'autres instruments, dont un kazoo, une flûte à piston et un marimba.
Carim Clasmann, ce nom ne me disait rien, mais quand j'ai appris qu'il formait avec Galia Durant le groupe Psapp, là une petite lumière s'est allumée. Ça m'a pris quelques minutes, le temps de farfouiller dans mes piles de disques en attente de classement, et j'ai retrouvé ce CD promo acheté lors de mon dernier passage à Londres. Comme c'est le cas quand je reviens à la maison avec des dizaines de disques, je l'avais écouté une fois rapidement et j'attendais une deuxième occasion de le faire avant de le ranger. Son concert avec Family Fodder me l'a donnée.
Si j'avais gardé ce disque, en tout cas, c'est que la chanson m'avait suffisamment plu à la première écoute. Et effectivement, I want that, un titre extrait de l'album The camel's back, est une chanson funky bricolo des plus agréables, ornée de cuivres, de choeurs et d'orgue. Le côté bricolo est sûrement en partie dû au fait ques Psapp est réputé pour utiliser notamment des jouets comme instruments.
Avant d'acheter ce disque (dans la cave à 10 pence de Record & Tape Exchange), je n'avais jamais entendu parler de Psapp. Pourtant, ce groupe a sorti trois albums tout au long des années 2000 (un quatrième serait en préparation). Carim Clasmann est par ailleurs ingénieur du son et producteur : il a travaillé entre autres avec Einstürzende Neubauten et Die Toten Hosen, et aussi dans le studio de Can. Si vous regardez Grey's anatomy, vous connaissez peut-être sans le savoir au moins un morceau de Psapp : c'est leur titre Cosy in the rocket qui sert de générique à la série.
Comme beaucoup de mes disques promo Domino, ce CD pourrait presque être considéré comme un disque virtuel : il n'a pas d'équivalent dans le commerce sous ce format, la seule façon d'acquérir ce deuxième single de l'album étant de l'acheter sous forme de fichier à télécharger...

The camel's back est toujours en vente chez Domino, où on peut écouter I want that.

25 février 2012

FAMILY FODDER : Why were you wearing the moon ? (Singularity 5)


Acquis par correspondance chez The State51 Conspiracy en Angleterre en août 2011
Réf : [CON5SING] -- Edité par The State51 Conspiracy en Angleterre en 2011 -- n° 9/50
Support : CD 12 cm
Titres : Why were you wearing the moon ? -- Primeval pony -- Very very nice

Seuls trois artistes ont droit à deux entrées en leur nom propre au sommaire de mon dernier livre, Mes disques virtuels : Pascal Comelade, Felt et Family Fodder, avec un best-of alternatif, concocté antérieurement au lancement officiel de Vivonzeureux Records, et La chanson de Craonne, que vous pouvez toujours télécharger librement.
Côté disques réels, Family Fodder a été très actif depuis la sortie de son album Classical music fin 2010. En effet, le groupe s'est lancé dans la publication de Singularity, une collection de douze singles dont le rythme de parution devait initialement être mensuel. Bon, le rythme n'est pas respecté, et la totalité de la collection ne verra peut-être jamais le jour, mais quand même, en un an le groupe a sorti cinq singles et le sixième, The moon told me so, est annoncé pour bientôt et déjà en écoute en ligne.
Le principe de la collection est très simple : des singles de trois titres avec à chaque fois une nouvelle chanson inédite, un remix d'un morceau de Classical music et un autre inédit tiré des archives de Family Fodder (archives qui doivent être riches puisque le groupe sort des disques depuis plus de trente ans !). Chaque disque est disponible à la vente en téléchargement, et en CD en édition limitée (de 20 à 50 exemplaires) avec pochette peinte à la main.
Je me suis réveillé trop tard pour mettre la main sur un CD du premier single de la série, mais j'ai commandé les quatre suivants. Pour cette chronique, j'ai choisi le cinquième, tout simplement parce que j'aime beaucoup les trois titres et je trouve qu'ils s'enchaînent bien.
Why were you wearing the moon ? (en écoute ci-dessous), chantée par Alig, qui s'accompagne à l'accordéon, est une chanson rythmée et très enlevée, avec un petit quelque chose des Balkans. On y entend une voix d'enfant, comme c'était déjà le cas en 1979 sur la reprise par Family Fodder de Sunday girl.
Le principe de la collection n'est pas parfaitement respecté ici, car cette chanson, que je ne connaissais pas avant de recevoir ce disque, n'est pas inédite : Sous le titre Wearing the moon et créditée à Vox Humana, elle est parue en 1994 sur la compilation assez confidentielle Unsampled du label d'Alig Aligator Discs.
Primeval pony, chantée par Darlini Singh-Kaul, est la chanson qui ouvrait Classical music. Elle est ici remixée de façon réussie, rehaussée de percussions et de sons électroniques qui savent rester discrets et qui ne lui font pas perdre ses qualités envoûtantes et presque relaxantes. 
Very very nice est une version électro-dub allongée de Walls of ice, un titre chanté par Vivienne Dogan-Corringham paru initialement en 1996 sur Foreverandever, un album crédité à Johnny Human (alias Alig).

Ce disque, ainsi que les autres de la série, est en vente sur le site de Family Fodder.




15 janvier 2011

FAMILY FODDER : Classical music


Offert par Alig Fodder par correspondance en décembre 2010
Réf : CON147 -- Edité par The State51 Conspiracy en Angleterre en 2010
Support : CD 12 cm
11 titres

En 2008, un groupe nommé Idol Fodder sortait le mini-album Bäbytalk. Ce disque en édition limitée, diffusé de manière confidentielle aux Etats-Unis, faisait partie d'une collection intitulée Pregnancy (Grossesse).
La gestation aura été un peu longue, mais Idol Fodder a finalement accouché fin 2010 d'un album complètement abouti, Classical music, la première sortie en disque de The State51 Conspiracy, attribué cette fois-ci à Family Fodder, le nom utilisé le plus souvent par Alig Fodder et ses complices depuis 1979.
Le nom de groupe est différent mais il s'agit bien du même projet arrivé à maturité. D'abord, la formation de base est la même, soit Alig et Darlini Singh-Kaul (s'agissant d'une affaire de famille, on notera que Darlini est la fille de Dominique Levillain, la chanteuse des plus grands hits de Family Fodder). Et surtout, presque tous les titres importants de Bäbytalk sont repris ici : The onliest thing, Strangest games, Death and the maiden et Analyze my life ?, rebaptisé Be more wise. Ne manque à l'appel, et c'est bien dommage, que l'excellent Infamy, peut-être parce que ce titre était sorti au préalable en Allemagne sur un 45 tours attribué à Alig Fodder.
J'espère que vous suivez car la généalogie de ce disque est décidément compliquée. Il y a en effet un cinquième titre de Classical music qu'on connaissait déjà, le tout aussi excellent Greed and fear. Sur Bäbytalk, on en trouvait une courte version instrumentale intitulée Full term, mais parmi les inédits de la compilation More great hits,c'est bien la même version qu'on trouvait, sauf qu'elle s'appelait Hippy chick !
Mais oublions un peu tout ce lourd passé familial, d'autant que la plupart de ceux qui vont écouter Classical music découvriront ces titres à cette occasion. Ce qui compte surtout, c'est que cet album est un projet cohérent, issu de sessions d'enregistrement dans le Devon avec une formation stable.
De la berceuse Primeval pony à la comptine Do do what you want to do, toute la première partie du disque est marquée par un grand calme et une grande sérénité. Même Whatever happened to David Zé ? et Ancestor's feet, les deux titres qui s'inspirent ouvertement du highlife ou de la rumba africaine, semblent ralentis et tout cotonneux (et ce n'est pas une critique).
Il y a aussi des parties plus psychédéliques et plus enlevées. Greed and fear, qui s'ouvre sur un grincement de porte et fait intervenir un évier de cuisine (d'où peut-être l'illustration de pochette), comporte une partie de guitare qui me rappelle furieusement Playing golf, le tout premier 45 tours de Family Fodder. Pour les paroles de Don't get me high, Alig s'est même fait aider par Ian Hill, un ancien membre du groupe à l'époque notamment du premier album Monkey banana kitchen.
Le bébé Fodder a bien grandi. A plus de trente ans, il a gardé toutes ses qualités et toute son inventivité et est devenu un classique contemporain. Il n'est pas trop tard pour faire sa connaissance, d'autant qu'on peut espérer un événement rare en 2011 : l'annonce de concerts de Family Fodder...

Classical music est notamment en vente sur le site officiel de Family Fodder.


Une version de Primeval pony en direct du toit d'un immeuble londonien pour Balcony TV.


La vidéo d'Ancestor's feet, le single (numérique) extrait de l'album.

10 décembre 2010

FAMILY FODDER AND FRIENDS : Sunday girls


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate fin 1983
Réf : KNOT 1 / FRESH 9 -- Edité par Parole / Fresh en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 30 cm
12 titres

J'ai été super content de tomber sur ce disque (à 1 £, d'occasion). A l'époque, j'avais déjà Greatest hits et je connaissais Monkey banana kitchen, mais je n'avais jamais vu ce premier grand format de Family Fodder, un maxi 45 tours qui est en fait un mini-album dont seul un titre, le minimaliste Kisses, figurait sur Greatest hits. Ce disque n'a d'ailleurs pas dû se vendre à des dizaines de milliers d'exemplaires car je crois bien que je ne suis jamais retombé dessus depuis.
Il est précisé au dos que Sunday girls dans son ensemble est un hommage à Blondie, et effectivement le disque propose deux versions d'une reprise du tube Sunday girl, l'une enregistrée en seize pistes avec notamment une voix d'enfant et une bonne grosse basse un peu reggae, l'autre enregistrée en quatre pistes, comme tout le reste du disque, avec une voix trafiquée qui la rend encore plus moqueuse. Je pense pourtant que l'hommage prodigué est sincère. Dommage cependant que le meilleur hommage rendu par Family Fodder à Blondie, l'excellente chanson originale Debbie Harry, manque à ce disque. Il ne pouvait probablement pas en être autrement : le single Debbie Harry est sorti quelques mois après Sunday girls et j'imagine que la chanson n'était pas composée et encore moins enregistrée quand ce premier disque est sorti.
En 1999, j'avais mis trois extraits de ce disque sur mon Laissez-faire, un best of volume 2 virtuel, tous des reprises. Outre Sunday girl #2, il y avait No man's land, version d'un titre solo de Syd Barrett,  avec un chant à l'indienne dans une ambiance musicale plus reggae que raga, et Street credibility, un arrangement très personnel j'imagine de l'indicatif du monument télévisé anglais qu'est Coronation Street.
Parmi les autres titres du disque, dont plusieurs n'atteignent pas la minute, mon préféré est Good times underwater avec son mélodica.
Sunday girls n'a jamais été réédité en entier mais on trouve six de ses douze titres sur le double CD More great hits.

Family Fodder a sorti Classical music le mois dernier, un tout nouvel album disponible chez State 51 Conspiracy.

Pour écouter l'Oncle Pol raconter ses histoires de new wave, le rendez-vous est samedi 11 décembre 2010 à 16 h 30 à la médiathèque Coeur de Ville de Vincennes pour une conférence musicale intitulée This is pop ? Les années new wave (1978-1982).

06 décembre 2009

THE GIST : Fool for a valentine


Acquis dans l'un des Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate en 1984
Réf : RT125 -- Edité par Rough Trade en Angleterre en 1983
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Fool for a valentine -/- Fool for a version

J'étais dans la cave de l'un des Record & Tape Exchange, probablement l'un de ceux qui n'existent plus, sur Pembridge Road, à fouiller dans les 45 tours à 10 pence, les maxis à 20 pence et les albums à une livre. D'un seul coup, je tombe sur plusieurs exemplaires de ce 45 tours sorti de nulle part, un disque de The Gist dont je n'avais jamais entendu parler avec des titres que je ne connaissais pas ! Et, comme ils étaient sans étiquette, ça voulait dire que ces disques avaient été directement mis à la cave, sans passer par les étages au-dessus et la baisse du prix au fil du temps.
Comment ce disque a-t-il pu sortir sans que je sois au courant ? Pourtant, je suivais The Gist de près : j'avais acheté le premier 45 tours This is love à sa sortie, puis Love at first sight. Après, comme tout le monde, j'ai attendu pendant des mois la sortie de l'unique album du groupe, Embrace the herd, annoncé pendant tout 1982 mais qui n'est sorti qu'en 1983 parce qu'entre-temps Stuart Moxham avait eu un accident de moto, mais ça on l'a su plus tard.
Et donc, ce que je n'ai appris qu'en mettant la main sur le disque (très sympathique surprise, quand même !), c'est qu'il existait un troisième et dernier 45 tours de The Gist sorti juste quelques semaines avant Embrace the herd, si j'en crois les dates d'entrée dans les charts indépendants (source bien plus fiable que les numéros de catalogue Rough Trade ou que les discographies en ligne, dans ce cas précis, à l'exception de la quasi-définitive discographie complète de Rough Trade de Perfect Sound Forever).
Fool for a valentine est resté cinq semaines dans les charts indépendants, mais n'a pas dépassé la 30e place. Comme de juste avec les labels indés de l'époque, aucun titre du single n'est repris sur l'album.
Je ne veux pas trop me répéter car j'ai déjà eu l'occasion de ronchonner à ce sujet, mais c'est vraiment dommage que la réédition CD d'Embrace the herd en 1999 n'ait pas été, à cinq titres près, une réédition de l'intégrale de la discographie de The Gist, même si on ne se plaindra qu'elle ait inclus deux démos inédites. N'empêche, ce CD ne contient pas les deux faces de This is love, et il n'y a pas non plus les deux faces de ce Fool for a valentine (le 5e titre manquant étant Greener grass, paru sur la compilation C81 du NME). Et, comme les erreurs de l'histoire se répètent autant que les ronchons, la réédition de la réédition chez Cherry Red a repris exactement la même liste de titres.

Fool for a valentine est joué intégralement en solo par Stuart Moxham, et c'est incontestablement un reggae : la basse, la batterie, la guitare jouent un reggae cool. Derrière, l'orgue rappelle discrètement une musique de manège. Entre deux couplets, on a droit à un solo de guitare léger qui m'évoque un peu le Monochrome Set. Stuart, lui, chante doucement, à propos d'une amoureuse sûrement perdue :
Looking back on my life again
Losing you don't seem right but then
Left alone in my home town
I'm a fool for a valentine.
All my life I have wanted you
I didn't care what you put me through you
Travelled miles just to say goodbye
and came away without knowing why.
I'm gonna try but I don't know how
to love you more than I do right now
cos left alone in my home town
I'm a fool for a valentine.

La face A a été enregistrée, comme Embrace the herd, à Cold Storage, l'ancienne chambre frigorifique transformée en studio située à Brixton, ce qui explique en partie peut-être l'influence reggae très marquée de la communauté de groupes qui le fréquentaient : The Flying Lizards, Family Fodder, Essential Logic, etc.
Ce sont des membres de ces groupes, et notamment du collectif People In Control, que l'on retrouve sur la face B qui, dans la grande tradition des singles de reggae est une "version" instrumentale. Cet enregistrement a dû coûter énormément plus cher que celui de la face A car, outre que c'est un groupe qui joue, il a eu lieu avec le même producteur, Phil Legg, mais aux studios Abbey Road, dont le tarif horaire devait s'approcher du tarif hebdomadaire de Cold Storage, j'imagine.

Fool for a valentine est disponible en téléchargement chez Consolation Prizes
.