Acquis neuf probablement à Reims dans les années 1980
Réf : NEW 46 -- Edité par New Rose en France en 1984
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Pas la peine -/- Le garçon de New York City
Moins d'un an après A bride abattue, Les Calamités ont sorti un deuxième disque, toujours chez New Rose et toujours produit par Lionel Herrmani, de Mélodies Massacre et des Dogs. La seule chose complètement ratée de ce disque, c'est sa pochette, avec sa photo bof peinturlurée fluo.
En face A, on trouve Pas la peine, une nouvelle chanson originale excellente des Calamités. Le problème posé est simple : "Mon petit ami me cause bien des soucis. Il tient beaucoup à moi mais moi je n'y tiens pas. Comment lui faire comprendre sans qu'il ne cherche à se pendre ? Comment le forcer à me quitter à tout jamais ?". La solution aussi, théoriquement : se rendre insupportable plutôt que de plaquer brutalement le-dit petit ami...
Comme souvent, Les Calamités réussissent des paroles dans un français, peut-être pas exactement châtié mais en tout cas grammaticalement élaboré, sans que le résultat soit niais ou inconfortable, ce qui d'expérience est difficile dans un contexte pop-rock. En tout cas, c'est bien joué, bien chanté et avec plein de choeurs. Un plaisir.
Sur la face B, le groupe a placé Le garçon de New York City, une reprise de The boy from New York city, un énorme tube aux accents doo-wop produit par Leiber et Stoller pour The Ad Libs en 1965. Pour ma part, j'ai connu cette chanson par sa version par The Darts en 1978. Les Calamités ont fait elles-mêmes l'adaptation des paroles en français et elles les ont modifiées pour en faire le pendant de Pas la peine, puisque cette fois-ci la fille prend moins de gants (et ça n'a rien à voir avec les paroles originales) : "Adieu Baby, cette fois-ci je crois bien que j'ai compris. Salut chéri, tu peux partir maintenant car tout est fini.". C'est ma reprise préférée par les Calamités car c'est la seule adaptée en français.
Il existe une édition de ce disque en maxi quatre titres. On y trouve une version en anglais de The boy from New York city, redondante et moins intéressante, qui ne peut se justifier que par l'intérêt des américains pour le groupe (le premier album a été édité aux Etats-Unis sous le nom The Calamities).
L'autre titre est une chanson originale, C'est embêtant, que je n'ai pas et que je ne connais pas, et ça pour le coup c'est embêtant. Je n'ai trouvé en ligne que les paroles : "On le dit médisant, c'est un malentendu. Non ce n'est pas voulu il n'est pas malotru. Quand il vous parle, il est sincère, mais comme il comprend tout de travers, il fait d'une puce un éléphant, c'est embêtant.".
Ce disque est le dernier publié par le groupe en quartet (les trois filles et le batteur anglais-vendeur de vin, le souffre-douleur du groupe aussi, dans les vidéos en tout cas !) avant sa séparation fin 1985.
Les Calamités dans l'émission Potins collages rustines de FR3 diffusée le 18 mai 1985.
Acquis chez New Rose à Paris vers 1984
Réf : NEW 26 -- Edité par New Rose en France en 1984
Support : 33 tours 30 cm
9 titres
C'est avec ce disque, leur premier, que j'ai connu Les Calamités, n'ayant pas eu l'occasion d'écouter l'année précédente la compilation Snapshots, où elles apparaissaient avec le titre carte de visite Je suis une calamité.
Ce titre et le nom du groupe indiquent bien que Les Calamités ne se prenait pas excessivement au sérieux. Ca explique en partie pourquoi ce groupe, qui faisait pourtant à fond dans le rétro sixties, était éminemment sympathique : influence des beat groups, certes, mais avec suffisamment de distance et d'humour pour que ça ne soit pas béat ni bêta ! A bride abattue a beau tourner en 33 tours et compter neuf titres, on le classera dans la catégorie bâtarde des mini-albums, par sa durée (une petite vingtaine de minutes) et surtout parce que le label New Rose en avait décidé ainsi en lui attribuant une référence "New", alors que les albums avaient droit à "Rose". Le prix était du coup inférieur à celui d'un album, et c'était encore moins cher dans la boutique New Rose : ça a dû achever de me convaincre d'acheter le disque !
Il y a ici quatre titres en français et cinq en anglais. On considérera ces derniers, y compris l'original Behind your sunglasses, comme des "faces B", des enregistrements sympathiques, reflétant le goût et les influences du groupe (Les Troggs, The Who...), mais les titres de ce disque qu'on a envie d'écouter et de réécouter en s'éclatant, ce sont bel et bien les compositions en français. L'excellent Toutes les nuits, également sorti en 45 tours, ou les infortunes d'avoir un fiancé somnambule. Le supermarché, le point névralgique de la vie sociale dans une ville de province. Nicolas, qui ne peut pas lâcher un instant son amoureuse (qui se trouve être sa guitare). Et le tout aussi excellent Malhabile, le titre parle de lui-même, avec son chorus de guitare et ses choeurs. Les influences sont les mêmes (sixties, garage, punk), et à l'écoute de ce dernier titre j'ai chaque fois l'impression d'entendre Biff, Bang, Pow ! avec Christine au chant.
Un disque qui ne respire que la bonne humeur, donc, et qui ne suscite chez moi qu'un regret, celui de ne pas avoir eu l'occasion d'assister à un concert des Calamités.
Acquis neuf en solde à Reims vers la fin des années 1980
Réf : 887 253-2 -- Edité par Polydor en France en 1988
Support : CD 12 cm
Titres : Vélomoteur -- J'en ferais bien mon quatre-heure -- Vélomoteur (Version longue)
Après A bride abattue et Pas la peine, on poursuit et on termine notre survol de la courte discographie des Calamités avec leur tout dernier disque paru, Vélomoteur.
Un disque très particulier, puisqu'il est sorti alors que le groupe s'était séparé en 1985 après Pas la peine. Le succès de ce disque au Top 50, rien à voir avec la diffusion confidentielle des premières sorties chez New Rose, a été tel que, pour le grand public, c'est le seul et unique disque du groupe. Pour les rockers un peu puristes, c'est sûrement le disque de la trahison, du portrait de pochette signé Pierre et Gilles à la production léchée de Daniel Chenevez de Niagara.
Pour ma part, ce qui compte c'est que la chanson est une grande réussite pop, et aussi que ce disque existe par la volonté d'un fan, Daniel Chenevez, qui a convaincu la moitié du groupe (Caroline Augier et Mike Stephens ne sont pas de la partie) de se reformer pour enregistrer deux titres qui étaient restés dans les cartons du groupe au moment de sa séparation.
Question production, le seul vrai reproche qu'on peut faire à Vélomoteur, c'est une batterie au son très eighties et mixée très en avant (mais on était justement en plein dans les années 1980...). Du coup, l'orgue par exemple est très discret. Dans un style très proche avec voix féminines, références sixties à fond et son années 80, je ne vois qu'un autre groupe, les écossaises de Strawberry Switchblade, un groupe lui aussi initialement obscur, qui a eu un grand tube, Since yesterday. ,
C'est un des rares cas où je conseillerais la Version longue (près de cinq minutes) plutôt que la version radio. Contrairement à l'habitude, cette version n'est pas un remix à rallonge censément pour discothèque et, quand on repasse à la version radio après l'avoir écoutée, on a l'impression que la chanson commence en plein milieu et la longue intro avec guitares et chœurs en "Du du du" manque vraiment.
Comme souvent chez Les Calamités, les paroles sont très réussies, avec l'exploit d'utiliser une langue assez châtiée, tout sauf rock. Le mot "vélomoteur", par exemple, on le voit sur les certificats d'assurance, mais je crois n'avoir jamais entendu quelqu'un l'utiliser dans la vie courante. On parlait de Mobylette, de mob, de bécane, de tire, de chignole, mais pas de vélomoteur.
C'est comme l'expression "en faire son quatre-heures", qui donne son titre à la face B, J'en ferais bien mon quatre-heure, petite métaphore pâtissière pour un garçon à croquer, en version dépouillée pour le coup avec juste de la guitare acoustique et des voix.
Au total, voilà l'un des rares grands succès du Top 50 qu'on peut consommer sans modération. Ce grand succès fait qu'on peut trouver régulièrement ce disque en 45 tours pour pas cher.
Chacune de ces rééditions permet une découverte ou une réhabilitation d'artistes inconnus ou méconnus. Avec la dernière parution Évolution française 1969-1985 de Martin Circus, le défi est vraiment dur à relever. En effet, très vite après ses débuts où ils étaient à la pointe d'une vague de "pop" made in France et en français, et au fil de multiples changements de formation, le groupe a basculé dans la variété.
Il se trouve que c'est l'un des premiers groupes que j'ai vus en concert. Par recoupement, j'ai déterminé que c'était le 4 juillet 1974, lors de l'étape du Tour de France à Châlons-sur-Marne. Un podium à l'affiche duquel il devait y avoir également Georgette Plana. On était déjà loin des élans rock progressif des débuts. Les 45 tours qu'on avait dans la discothèque familiale dans ces années-là, c'était L'accident heureux et Ma-ry-lène, et parmi leurs autres succès on trouve Drague party, Bye-bye cherry, Comme au bon vieux temps du rock 'n' roll, J'en perds mes baskets... Évidemment, Évolution française évite soigneusement ces nanars pour aller piocher d'obscures faces B, des titres d'album méconnus ou des productions tardives, mais dans l'ensemble j'ai du mal à accrocher à la sélection, y compris les titres plus rock des débuts. De fait, les seuls extraits qui ont pour l'heure trouvé grâce à mes oreilles sont Mon premier hold-up, leur adaptation de Let's dance de Chris Montez, Bains-Douches, tiré de leur album "New Wave" De sang-froid (mais quand je l'avais chroniqué, j'avais préféré Tous des robots et le ska instrumental Banana baby) et aussi Disco circus, mais on va y revenir.
En effet, quelques jours après l'annonce de la sortie d'Évolution française se tenait la bourse BD Disques annuelle de l'association BD Bulles. Je n'y ai pas fait d'achats en grande quantité (aucun 45 tours, notamment), mais j'en suis revenu avec quatre 33t intéressants, un du groupe congolais Choc Stars, le premier Alberto Y Lost Trios Paranoias, une compilation de Jona Lewie dont je connaissais tous les titres, mais qui m'a amené à retravailler une vieille chronique et à la republier dans l'Arrière-Magasin. Et puis j'ai acheté à un monsieur qui avait un carton avec quelques disques bradés à 2 € cet album de 1978 de Martin Circus, en parfait état. Il y a eu à cette époque un engouement pour les disques en couleur. Pathé Marconi en avait profité pour rééditer les Beatles et Vogue avait été très actif sur ce plan : cet album n'est pas rose comme le Plastic Bertrand ni orange comme mon 45t de fanfare disco belge, mais rouge comme mon maxi de Kiss !
Ce disque est particulier pour plusieurs aspects. Tout d'abord, il s'agit de la musique originale du film Les bidasses en vadrouille. Initialement, j'ai pensé que Martin Circus s'était contenté de composer la musique, ou qu'ils faisaient une apparition dans un film des Charlots, mais ça ils l'avaient déjà fait en 1971 pour Les bidasses en folie, où l'on voyait aussi Triangle. Non, là, les producteurs ont fait appel à eux pour être les vedettes du film, estimant apparemment que les Charlots étaient devenus ringards. En tout cas, on ne peut pas écouter ce disque en faisant abstraction qu'il est intimement lié à ce film, que je vous propose maintenant de voir en intégralité (je ne l'ai pas fait moi-même, j'avoue !), un super-navet, Les bidasses en vadrouille :
Les bidasses en vadrouille, de Christian Caza (1978). Attention, film complet. Ne pas dépasser la dose prescrite.
Autre particularité de ce disque : il est court. Il faut dire que les productions du groupe se succédaient à un rythme soutenu. Là, il y a juste sept titres, dont deux jingles, Pouêtt et Pouêtt pouêtt, et seulement deux compositions différentes, l'instrumental d'ouverture Ite missa est et la chanson Pour m'en aller plus loin, déclinée en version Disco circus sur la face B pendant près d'un quart d'heure.
Enfin, on peut se demander qui joue vraiment le gros de la musique sur ce disque. Voilà ce qu'écrit Guido Minisky dans les notes de pochette d’Évolution française : "Dans
l’ombre, depuis le début du groupe, un homme tire toutes les ficelles:
le manager et directeur artistique Gérard Hugé. Il travaille à la fois
pour le groupe et le label, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle. La
seule chose qui l’intéresse: que sortent des disques, peu importe qui
joue dessus. Au milieu des années 70, il dépose le nom Martin Circus. Il
a les pleins pouvoirs.". Cela m'a incité à décortiquer les crédits de l'album. Il est précisé en lettres capitales qu'il a été "conçu et réalisé par Martin Circus". Et les quatre membres du groupe sont listés en premier, à pas mal de titres, dont le vocoder et les synthés Oberheim, Korg, et Prophet. Mais il y a un remerciement à "Gilles, Zizi et Charlie pour leur sympathie, leur bonne humeur et leur énergie", qui est sûrement largement mérité, puisque Gilles Tinayre se charge des arrangements, cordes et cuivres et de divers claviers. Quant à Serge Haouzi dit "Titi", il est à la batterie, aux percussions et aux syndrums et Charlie Cohen joue de la basse et des percussions. Tous les trois chantent, tandis que Joël "Flangerman" Fagerman s'est chargé de la programmation des synthétiseurs. Je me demandais comment des musiciens de rock pouvaient d'un seul coup maîtriser toute l'électronique utilisée par le disco. Le plus probable est que ce ne sont pas les membres titulaires du groupe qui ont enregistré la majeure partie de la musique qu'on entend sur le disque.
C'est en contradiction avec le titre, mais l'instrumental Ite missa est ouvre l'album. Comme l'ensemble du disque, c'est du disco bien réalisé, avec basse pneumatique, séquenceur, synthé et, malheureusement pour moi, envolées de cordes.
Ensuite, Pour m'en aller plus loin est le seul titre chanté. Là au moins on est sûr de la participation des membres du groupe. Mais qui dit chant dit paroles et là c'est quelque chose. Elles sont signées Évelyne Courtois, qui a enregistré dans les années 1960 sous le nom de Pussy Cat, qui a écrit plein d'autres textes pour Martin Circus et qui, c'est comme ça que le lien a dû se faire, fut l'épouse de Gérard Hugé. Pour vous donner un échantillon, ça commence par "Je crache sur la tombe du temps qui fait de nous des morts-vivants" avant d'autres maximes telles que "Aucun oiseau ne peut chanter s'il n'a pas choisi d'être prisonnier" avant de finir mystérieusement par "Peut-être que dans un an ou deux je serai des larmes au bout des yeux"...!
Disco circus reprend là où se terminait la chanson, avec des chœurs qui font "Plus loin", et poursuit effectivement bien au-delà avec des "Ah ah ah ah ah" et surtout de l'instrumental à base de séquenceur (mon "instrument" préféré du genre), de claquements de mains électroniques, plus la basse, les synthés, les cordes, voire même peut-être une guitare au son trafiqué. Si on rentre dans le rythme c'est prenant et au bout d'un quart d'heure les danseurs devaient être essoufflés sur les pistes.
Cet album a eu droit à une édition américaine chez Prelude, sans les jingles, il ne restait donc que trois titres, avec une adaptation en anglais de Pour m'en aller plus loin, transformé en Before it gets dark. François Kevorkian, français installé aux États-Unis, est devenu un grand nom du remix dans les années 1980, grâce notamment à son travail pour Kraftwerk ou Depeche Mode. En 1978, il en était encore à ses débuts, mais il était déjà directeur artistique de Prelude. De façon assez surprenante, alors que les maxis de disco cherchaient à durer le plus longtemps possible, il a concocté pour la sortie en single de Disco circus une version réduite de moitié. C'est celle-ci qu'on retrouve sur Évolution française. On est loin des Bidasses en vadrouille, mais, quitte à céder à la fièvre du disco, le mieux est peut-être d'y y aller à fond, avec la version complète de l'album en vinyl rouge, avec les pantalons patte d'eph et les tenues satinées !
Acquis chez Dorian Feller à Villedommange le 18 décembre 2016
Réf : 101563 -- Édité par Virgin en France en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Ils veulent coucher avec Bip Bip -/- Mélodie qui sonne
Lorsque j'ai chroniqué le 45 tours Michael de France Angleterre, qu'on m'avait offert, j'avais écrit que j'étais tout prêt à accueillir en cadeau d'autres 45 tours de groupes rouennais, comme Les Olivensteins ou Oenix.
Pour Les Olivensteins, faut pas trop rêver, mais je suis bien content d'avoir trouvé à prix d'ami ce 45 tours d'Oenix dans les cartons du sieur Dorian Feller. Certes, il s'agit de la deuxième édition "censurée", mais c'est déjà très bien, et l'édition originale doit être beaucoup plus rare.
A l'époque, certains à Rouen jouaient aux petits rigolos, cherchaient un peu la merde et l'ont trouvée. Le parcours des Olivensteins a été largement contrecarré par l'animosité de Claude Olievenstein. Quant à Oenix, ils se sont méchamment attaqués à une gloire nationale et leur Ils veulent coucher avec Sheila a vite fait long feu. Mais le petit scandale leur a sûrement permis de signer chez Virgin et de ressortir le 45 tours avec une pochette retravaillée et un nouveau titre, Ils veulent coucher avec Bip Bip.
Je me souviens très bien d'avoir lu une chronique du 45 tours dans Best ou Rock and Folk à l'époque et j'ai aussi entendu le disque à la radio. Je n'en suis plus certain, mais dans les deux cas je pense qu'il s'agissait de Ils veulent coucher avec Bip Bip plutôt que de Ils veulent coucher avec Sheila. Ça m'avait bien fait rire, mais pas au point d'acheter le disque quand même, à une époque où chaque franc comptait.
Le disque original n'est pas sorti chez Mélodies Massacre, mais il est produit par Lionel Hermani, des Dogs et des Calamités.
Les paroles sont bêtes et méchantes, mais y a pas de quoi tuer un coyote.
Musicalement, on est plus dans le rock-twist rétro à la Au Bonheur des Dames que dans la New Wave. Je n'aurais pas saisi la référence moi-même car je ne connais pas bien la chanson, mais il semble bien que la musique soit dérivée de l'un des premiers tube de Sheila en 1963, Papa t'es plus dans le coup. Avec cette histoire de fille qui est en fait un gars et les chœurs (même si ce ne sont pas des "Bidou-Bidets"), cette chanson peut tout à fait être considérée comme un précurseur de Non ! Non ! Jean-François de Sttellla.
La face B, Mélodie qui sonne, a plus un son pop-rock à la Buzzcocks. Les paroles ont beau être en français,je ne les comprends pas toutes, mais suffisamment pour saisir qu'il y est question de sexe. Elle a valu au groupe un passage sur FR3 Normandie (ci-dessous), où l'on apprend surout qu'Oenix fait "de la New Wave avec de l'humour".
Un peu plus tard en 1980, il y a eu un deuxième 45 tours, Pauvre et moche, également produit par Lionel Hermani et passé complètement inaperçu il me semble.
Le groupe a dû se séparer ensuite. On peut identifier ses quatre membres d'après les crédits : Anne-Marie Monville, Alain Mercier, William Foyé et Richard Alexandre. En 1982, on trouve la trace de deux d'entre eux associés à un autre groupe rouennais, Gogol 1er et La Horde. Anne-marie Monville le manageait et Richard Alexandre était un des musiciens.
Oenix aura laissé une trace anecdotique dans l'histoire du rock français, mais je suis bien content que cette trace ait rejoint mes étagères. Et maintenant, reste le cas des Olivensteins...!
Enregistré par JC Brouchard au Roebuck à Londres le 30 juin 1984
Réf : [sans]
Support : Cassette
Depuis quelques temps, Jerry Thackray, alias The Legend!, publie sur Facebook des vidéos où il chante et s'accompagne au piano pour des reprises de titres les plus variés, qui ont l'air en bonne partie improvisées. Il est parfois accompagné par un ami de passage et souvent par sa fille Lauren. Il en est à plus de 1200 interprétations. Par exemple, celle d'hier, c'était l'excellente Marlene de Kevin Coyne et aujourd'hui c'est Map Ref. 41°N 93°W de Wire. En octobre dernier, Jerry a repris Main dans la main d'Elli et Jacno (un titre repris dès 1980 par André Verchuren, rappelons-le). A la suite de ça, Renaud Sachet de Langue Pendue/Groupie/Arrière-Magasin est intervenu. Il s'intéresse aux interprétations en français par des non-francophones, notamment avec la série de chroniques Parlez-vous français ?, à laquelle j'ai eu l'occasion de participer. Renaud a proposé à Jerry de reprendre une série de chansons françaises pour les éditer en cassette. Jerry a relevé le défi et Chante! est sorti il y a quelques jours. Je vous recommande chaudement ce mini-album. Outre Main dans la main, on y trouve des reprises de Stereolab, Gainsbourg et Bardot, Les Calamités. La seule chanson que je ne connaissais pas, c'est J'en ai marre d'Alizée, avec des paroles de Mylène Farmer, mais Jerry a triché en optant pour sa version anglaise, I'm fed up. Pour l'heure, mes deux interprétations préférées sont Panik de Métal Urbain et Love me, please love me de Michel Polnareff :
The Legend! chante Panik et Love me please love me.
Je connais The Legend! depuis une quarantaine d'années maintenant puisque, lorsque j'ai mis les pieds pour la première fois le 9 décembre 1983 à un concert au Living Room, le club animé par la bande de Creation, c'est lui qui m'a aussitôt abordé pour me vendre un exemplaire du fanzine Communication blur. C'est aussi lui était la plupart du temps aux entrées avec le Creation Cowboy (Alan McGee) et on le voyait souvent danser pendant les concerts (lors d'un concert mémorable des Membranes dans un autre club, il avait accompagné le groupe en tapant sur des tubes métalliques, jusqu'à se casser un doigt). The Legend! a également le privilège d'avoir sorti la toute première référence Creation, le 45 tours 73 in 83. En 2003, pour les vingt ans de Creation, j'ai rendu hommage au label et à The Legend! en mettant à jour chronologiquement sa chanson pour la transformer en 83 in 2003. Et puis, preuve que décidément les chansons voyagent régulièrement d'un côté à l'autre de la Manche, je l'avais adaptée en français, ce qui a donné tout simplement 83 en 2003. J'ai revu Jerry et toute la bande de Creation le 8 novembre 2018 à Londres pour une soirée-hommage à Dan Treacy, au cours de laquelle il était monté sur scène pour reprendre quelques titres de Television Personalities (Il a aussi publié deux reprises du groupe sur un 45 tours en 2005). Mais quand j'étais à Londres pendant l'année 1983/1984, je l'ai vu en concert trois fois au Living Room club :
Le 7 avril 1984, entre The Loft et The Nightingales, il s'est produit avec ses Swinging Soul Sisters : Ils étaient trois, habillés façon Blues Brothers, à chanter a cappella des classiques de rhythm and blues. Il me semble qu'à un moment Jerry se roulait par terre. En tout cas c'était hilarant. Il reste un témoignage de ce concert avec Sweet soul music sur l'album Alive in the Living Room.
Le 15 juin 1984, toujours avec les Swinging Soul Sisters, il a joué avant les Jasmine Minks, après qu'un groupe improvisé de Creation All Stars ait ouvert la soirée, suite à la défection de dernière minute d'un groupe.
Le 30 juin 1984, j'ai noté le premier groupe comme étant Alison's Band. Je n'ai jamais su le vrai nom du groupe (pas d'affiches ni de tracts la plupart du temps au Living Room), mais je crois me souvenir qu'Alison était une habituée des lieux. Ensuite, The Legend! s'est produit avec son Jimi Hendrix Experience, puis j'ai assisté à mon premier concert des Pastels.
Il se trouve que j'ai enregistré une partie du concert du 30 juin 1984 avec mon petit magnéto de poche. Près de 40 ans plus tard, c'était l'occasion ou jamais de ressortir ma cassette. Ce concert a eu lieu au pub The Roebuck, là-même où j'avais vu trois semaines plus tôt le deuxième concert londonien de The Jesus and Mary Chain.
J'ai donc noté que ce soir-là Jerry était accompagné par son Jimi Hendrix Experience. Je ne pense pas avoir "inventé" ce nom de groupe pour l'occasion. Soit c'était vraiment le nom du groupe, sûrement rassemblé pour une seule et unique prestation, soit quelqu'un autour de moi a utilisé l'expression pour le décrire (Hendrix n'était pas assez présent dans mes références à l'époque pour que je sorte ça tout seul). En tout cas, je n'ai pas de photo et aucun souvenir pour essayer de deviner qui accompagnait The Legend! ce soir-là. C'est visiblement une formation rock des plus basiques avec basse, guitare et batterie. Je pense que j'ai la majorité du concert sur la bande, même s'il manque le début du dernier titre. En tout cas, j'ai cinq chansons, dont une seule que je reconnais, la troisième, une version du méga-tube de l'année, Relax de Frankie Goes To Hollywood. Il est fort possible que tout le répertoire soit constitué de reprises. Je vous ai sélectionné pour écoute le titre d'ouverture du concert. Il y a quelque chose de The Fall dans cette chanson où j'ai l'impression d'entendre Jerry chanter "They keep barging in on me".
Les Pastels étaient descendus de Glasgow à Londres pour au moins une semaine. Je pense que le but principal était d'enregistrer leur second single Creation, Million tears, qui est sorti en septembre 1984. Lors d'une précédente visite à Londres, les Pastels avaient joué au Living Room le 8 octobre 1983, ce qui a donné lieu à la publication de la cassette Sleep in your arms tonight. Leur semaine a été bien occupée car ils ont enregistré une session radio pour Kid Jensen et joué des concerts presque tous les soirs. Pour ma part, je les ai vus trois fois, au Living Room les 30 juin et 6 juillet et au Noise Above le 4 juillet, avec une affiche d'anthologie puisqu'il y avait aussi ce soir-là les June Brides et, pour la première fois pour moi, Biff, Bang, Pow !. Le répertoire était à peu près le même tous les soirs. Le 30 juin, ils ont joué environ huit titres, plus Million tears répété en rappel, répartis entre ceux déjà sortis (I wonder why, Something going on), ceux à paraître (Million tears, Baby honey) et ceux qu'ils jouaient souvent mais qui je crois n'ont pas été enregistrés en studio (Tomorrow the sun will shine, She always cries on Sunday, Trains go down the track). Et une reprise s'est glissée dans le lot, I don't care, une chanson de l'album Rocket to Russia des Ramones. Cerise sur la gâteau, et bouclage de la boucle, le 30 juin Stephen a dédié I don't care à Jerry...
On le voit sur la jaquette, j'ai aussi enregistré le concert des Pastels du 4 juillet. Pas d'enregistrement le 6 juillet, mais ce jour-là j'ai pris des photos un peu floues des Pastels. La version du 6 juillet d'I don't care a été publiée sur un 45 tours pirate.
En tout cas, quarante plus tard, c'est rafraîchissant de voir que Jerry continue d'approcher le répertoire musical avec une passion brute de décoffrage toujours intacte.
A écouter : The Legend! and his Jimi Hendrix Experience : Titre 1 The Pastels : I don't care
The Legend ! danse dans le public lors d'un concert au Living Room. Je ne reconnais pas le chanteur à l'arrière-plan, mais j'ai le vague souvenir que c'était peut-être le soir où Vee V V et Spit Like Paint ont joué, le 20 juillet 1984. Rien de sûr. Photo : JC Brouchard.
Acquis chez New Rose à Paris en 1989
Réf : ROSE 179 -- Edité par New Rose en France en 1989
Support : 33 tours 30 cm
12 titres
Voilà encore un disque, comme ceux de T. Tex Edwards, Pianosaurus, Elliott Murphy, Les Calamités, Paul Roland et un petit paquet d'autres, édité par le label New Rose et acheté à la boutique New Rose en partie parce que les prix y étaient imbattables.
Je connaissais Wreckless Eric depuis le tout début des années 80, mais seulement grâce à deux ou trois titres que j'ai eus sur des compilations Stiff, notamment Semaphore signals et Reconnez cherie. Ce n'est que quelques temps plus tard que j'ai entendu son autre grand classique des débuts, Whole wide world.
Wreckless Eric a signé chez New Rose en 1989 au moment où il s'installait en France pour la première fois (Aux dernières nouvelles,il vit à nouveau en France avec sa partenaire Amy Rigby), après une grosse période de déprime en 1987-1988. Il mentionne cela dans diverses interviews, mais c'est évident à la lecture des paroles de certaines chansons de cet album, et pas seulement parce que l'une d'entre elles s'appelle justement Depression ! Comme sa pochette au bleu claquant, le disque n'est pourtant pas d'une humeur trop sombre dans l'ensemble.
La musique qu'on trouve sur cet album, enregistrée en trio avec André Barreau et Catfish Truton, n'est pas à proprement parler du "garage rock". Mieux que ça à mon sens, on pourrait parler de rock bricolo, strictement équivalent à ce qu'enregistrait à la même époque de l'autre côté de l'Atlantique un groupe comme le Ben Vaughn Combo, avec les mêmes ingrédients, une guitare au son pourrave, un chant approximatif, un orgue anémique et une batterie déglinguée. Les influences sont sûrement les mêmes aussi, des Modern Lovers à ? and the Mysterians, en incluant tout un pan de l'histoire du rock des années cinquante et soixante.
L'album se tient bien dans l'ensemble mais ma préférence va à trois chansons enlevées de la face A, Depression, Sarah et Tell me I'm the only one.
L'écoute de ce disque doit absolument êre complétée par celle de la version française de Depression, enregistrée à la guitare acoustique par Eric tout seul. Elle est sortie en 1990 en face B du single Haunted House mais elle est peut-être plus facile à trouver parmi les trois bonus de l'édition CD de l'autre album sorti par Wreckless Eric sur New Rose, le live At the shop !, un disque carrément enregistré dans le magasin New Rose qu'Eric a tendance à renier car il trouve le son vraiment excécrable.
Acquis très probablement à Londres sinon en France en 1982 Réf : CAPP 1 -- Edité par A&M en Angleterre en 1982 Support : 45 tours 30 cm Titres : Happy talk -/- It -- I can't stand it
J'avoue que je ne sais plus trop dans quel ordre les choses se sont passées. Est-ce que je suis allé au Marquee en pélerinage comme tout bon touriste, sans connaître le groupe à l'affiche et parce qu'il n'y avait pas beaucoup d'autres concerts à Londres un dimanche ? Ou est-ce que j'avais vu une affiche ou récupérer un tract la veille au concert des Flying Padovanis ?
Je ne sais pas, en tout cas, ce qui est sûr c'est que, la veille du concert de Clint Eastwood and General Saint, le 20 juin 1982, j'étais au Marquee pour voir Dolly Mixture, avec en première partie un groupe de rockabilly, connu ou non, dont je regrette bien de ne pas avoir capté/noté le nom. Là, d'autres questions se posent. Est-ce que j'avais entendu parler de Dolly Mixture avant ? Probablement pas. Est-ce que je savais qu'elles accompagnaient Captain Sensible sur le single qu'il venait de sortir ? Probablement pas non plus. Est-ce qu'au moins je connaissais Captain Sensible ? Peut-être même pas. J'avais dû lire son nom dans la presse, mais je n'avais aucun disque des Damned à l'époque. En tout cas, j'ai apprécié ce concert et, au moment du rappel, j'ai été tout surpris de voir le gars qui se trouvait à côté de moi dans le public répondre à l'appel du groupe et se précipiter sur scène pour interpréter Happy talk, une chanson de la comédie musicale de 1949 South Pacific. Je n'en suis plus tout à fait certain, mais je pense bien que c'est dans les jours qui ont suivi, avant de quitter Londres, que j'ai acheté ce maxi 45 tours. J'ai donc ainsi probablement et involontairement contribué à hisser ce disque au n°1 du hit parade anglais le 27 juin 1982 ! Venant d'un pionnier du punk dont le premier single solo était sorti sur Crass Records, enregistrer une scie pareille, la faire produire par Tony Mansfield du groupe électronique New Musik, c'était bien sûr une gentille provocation et surtout une grosse rigolade. Et ce d'autant plus que les paroles de la chanson ("Tu dois avoir un rêve, Si tu n'as pas de rêve, Comment vas-tu réaliser ton rêve ?") sonnent comme un pied de nez au "No future" des punks. Dans une interview, le Capitaine explique qu'il avait besoin d'un titre pour compléter son premier album et qu'il a choisi cette chanson car ses parents l'aimaient beaucoup et que ça ne pouvait qu'être bizarre de voir un punk reprendre un titre d'une comédie musicale.
A l'époque, je n'avais jamais entendu parler de South Pacific. Depuis, j'ai dû voir l'album de la BO de la version filmée des centaines de fois dans des boutiques de charité mais j'ai toujours réussi à me retenir de l'acheter et je pense ne jamais avoir entendu les versions classiques (comédie musicale ou film) de Happy talk.
Quant au Captain Sensible, ce choix de dernière minute lui a été favorable, puisque c'est ce titre que le label a choisi de sortir en single comme premier extrait et que, juste avant l'été, ça a été un énorme tube en Angleterre, ce qui a valu au Captain et aux Dolly Mixture un passage mémorable à Top of the Pops où il a amplement prouvé qu'il ne connaissait pas ou n'avait pas envie de connaître les paroles de la chanson. En France, et dans le reste de l'Europe je crois, c'est plutôt le second titre extrait de l'album qui sera un tube, la parodie de rap Wot!, avec son clip avec le gars baraqué et son marteau piqueur (et aussi les Dolly Mixture ! — Ne pas rater la version en passage télé chez Drucker !!) — qui a été matraqué pendant des années sur toutes les chaînes. J'ai revu les Dolly Mixture en concert le 11 mars 1984 au Clarendon, avec Bomb Party en première partie. J'ai trouvé le groupe toujours aussi sympathique, un peu l'équivalent des Calamités chez nous (que je n'ai malheureusement jamais vues sur scène). Les filles ont fait quatre rappels et là encore Captain Sensible est monté sur scène, pour chanter Honky Honda cette fois. Par contre, je n'ai jamais acheté de disque des Dolly Mixture. Quand j'écoute les quelques titres disponibles sur la page MySpace qui leur est consacrée, dont certaines faces A de 45 tours, je n'ai pas trop de regrets : Dolly Mixture étaient typiquement le genre de groupe dont l'humour, le côté amateur et la joie de vivre faisaient fureur sur scène mais passaient mal le cap de l'enregistrement en studio.
En fait, Captain Sensible est passé au moins quatre fois à Top of the Pops avec Happy talk, dont une fois dans l'émission rétrospective de fin d'année. Là, nous avons ses apparitions loufoques avec Dolly Mixture les 24 juin, 1er et 8 juillet, au moment où son single est devenu n°1 des ventes.
Acquis par correspondance via Bandcamp le 10 mai 2026 Réf : [sans] -- Édité par Precious Recordings of London en Angleterre en 2026
Support : 1 fichier MP3
Titre : J'attendrai
Il suffit de voir le peu de disques des années 2020 que j'ai chroniqués pour comprendre que j'achète de moins en moins de disques récents, nouveautés ou rééditions. Parallèlement, mes achats de disques d'occasion sont eux aussi en train de se raréfier, tout simplement parce que jen trouve de moins en moins qui m'intéressent sur les vide-greniers ou dans les boutiques d'occasion (et moins j'en trouve, moins j'ai envie de perdre du temps à en chercher...). Pour alimenter le blog, je puise dans le stock de ma discothèque. De ce point de vue là, il y a encore de quoi faire et j'ai toujours une longue liste de disques dont j'ai envie de parler, qui évolue constamment. Au quotidien, j'ai régulièrement des coups ce cœur pour des titres, que je découvre le plus souvent en ligne. Actuellement, ceux qui me parlent le plus, je les case dans les compilations que je mets régulièrement en ligne. Mais ils y sont un peu perdus, et il n'y a pas de contexte ni de commentaire. Alors je vais essayer de pratiquer de façon plus régulière et systématique ce que j'ai déjà eu l'occasion de faire : chroniquer de la musique découverte sur les deux plate-formes que je fréquente régulièrement, Bandcamp et YouTube. Pour Bandcamp, la différence avec la vingtaine de chroniques que j'ai faites pour le webzine Casbah de 2021 à 2023, c'est que je ne m'imposerai plus de partir à la découverte à partir d'un thème défini. Je ne m'interdis pas d'acheter mes parutions préférées en disque, et je préférerais même le faire, mais je ne suis pas intéressé par les vinyls et les cassettes récents, et les groupes sortent de moins en moins de CD, alors le plus souvent on se contentera de fichiers numériques.
Pour commencer, voici un titre récent d'un nouveau groupe, Coup Dur, dont j'ai appris l'existence quand quelqu'un a partagé le lien en ligne. Je suis allé écouter, ça m'a plu, et le titre s'est aussitôt retrouvé dans ma compilation La colère des imbéciles.
Coup Dur est un trio franco-belge fondé en 2025, avec Avril de Broucker à la guitare, Clémence d'Hulst à la basse et César Laloux à la batterie. Ils sont liés d'une manière ou d'une autre au label des amis de 62 Records (anciennement 62TV), mais c'est chez Precious Recordings of London que leur premier disque sortira le 22 mai prochain. D'où le titre de ce mini-album huit titres : The English want... Coup Dur. Precious Recordings of London s'est fait connaître à partir de 2021 en éditant en single vinyl des sessions radio enregistrées dans les années 1980-1990 par la crème du rock indépendant anglais, des amis Jasmine Minks à Hefner, en passant par les Weather Prophets et Helen Love. Au fil du temps, ils se sont mis à publier de nouveaux enregistrements de vétérans de cette scène (l'album Be careful what you wish for de The Pillars of Creation, un projet de Jim des Jasmine Minks, vient de sortir). Et depuis l'an dernier, avec des références catalogue PRENEW (Coup Dur sera la onzième), ils donnent leur chance à de jeunes groupes qui donnent eux aussi dans l'indiepop.
Un premier "single" tiré de l'album, Mon amie, est paru en février. Il est très bien, mais c'est le second, arrivé fin mars, qui m'a vraiment emballé.
J'attendrai est une chanson originale. Rien à voir avec la chanson J'attendrai popularisée en France par Rina Ketty, que ma génération a connue par la version de Dalida. Mon manuel de grammaire en quatrième pendant l'année scolaire 1975/1976 se servait de cette chanson pour des exemples et exercices à de multiples reprises dans tous ses chapitres. Ça m'a marqué à jamais.
Le J'attendrai de Coup Dur est une chanson pop légère et enlevée, avec des paroles réussies, un air qui reste fort en tête, une vidéo réussie et drôle. Le tout est bouclé en 1'40. Un fan de hip-pop optimiste ne demande rien de plus. Avec des points de référence similaires, on peut penser pour les francophones à Juniore ou aux Calamités.
C'est contre-intuitif, mais si sous sentez que vous avez un coup de mou, je vous prescris une bonne dose de Coup Dur ! Leur disque s'annonce comme un coup d'éclat, voire un coup de maître.
Acquis par correspondance chez Oxford American aux Etats-Unis en janvier 2012
Réf : N° 75 -- Edité par Oxford American aux Etats-Unis en 2011
Support : 196 pages 28 cm + CD 12 cm
38 + 27 titres
J'avais repéré le magazine Oxford American une première fois en 2007 grâce à un billet de Living In Stereo. Présentement, je n'arrive pas à remettre la main sur le billet d'un autre blog qui, fin 2011, m'a annoncé la sortie du tout dernier numéro de cette revue, mais toujours est-il que, après avoir vu la superbe couverture avec Chester Burnett qui hurle sur un fond rouge et après avoir découvert que la chose était livrée avec un CD rempli jusqu'à la gueule, j'ai su tout de suite qu'il fallait que je me la procure.
Oxford American est une revue éditée par une structure à but non lucratif, hébergée sur le campus de l'université de Central Arkansas. On voit pas trop ce genre d'association par chez nous... C'est une revue littéraire qui accueille des écrivains, des universitaires et des journalistes pour des numéros thématiques sur tous les aspects de la culture du Sud des Etats-Unis. Et, comme le titre l'indique, OA dédie chaque année l'un de ses numéros entièrement à la musique, avec un CD (deux parfois) pour l'accompagner. Celui de 2011 est entièrement consacré au Mississippi et je l'ai engouffré et m'en suis délecté autant que si on m'avait servi un plat de côtes de porc grillées au barbecue à la mode de là-bas.
Côté textes, il y plein de choses intéressantes, avec des vedettes comme Peter Guralnick (l'article sur Howlin' Wolf, la plus grande découverte de Sam Phillips ?, déjà publié au moins en partie je crois dans Feel like going home) et Nick Hornby (un Top 5 d'une page), des connaissances comme LD Beghtol (sur l'appel de la côtelette, justement) mais aussi des textes intéressants, par exemple sur les rapports des écrivains Eudora Welty et Barry Hannah avec la musique.
Les deux-tiers du magazine portent sur les 27 artistes qu'on trouve sur le CD, et là encore c'est une joie : au lieu d'avoir droit à seulement quelques lignes de notes de pochette, on a à chaque fois à au moins deux pages d'un vrai article, et c'est tant mieux car si, dans le lot, il y a quelques célébrités (Howlin' Wolf , donc, Bo Diddley avec un excellent titre de 1955 resté inédit à l'époque, Guitar Slim, Charles Wright & the Watts 103rd Street Rhythm Brass Band), la plupart de ces gens, qui ont tous un rapport avec le Mississippi, m'étaient complètement inconnus.
La plus belle histoire d'entre toutes, c'est sûrement celle des International Sweethearts of Rhythm, qui font la couverture du CD. A l'origine, en 1937, le groupe est constitué uniquement de jeunes filles élèves d'une école très stricte, qui tournent en bus dans tous les Etats-Unis. Le succès vient, mais les élèves se sentent exploitées et à un moment, elles fuguent littéralement (avec le bus !) et poursuivent leur carrière indépendamment de l'école, ce qui ne fut pas toujours facile. Un groupe entièrement composé de jeunes femmes, ce n'était déjà pas courant dans les années quarante, mais quand elles osent associer une blanche à des noires, ça chauffe, notamment lors des concerts dans le Sud...
Le CD couvre de nombreux genres musicaux et 80% du vingtième siècle, des années 1920 à 1990. Ça ne l'empêche pas d'être excellent et passionnant de bout en bout.
Une fois de plus, je me surprend à réellement apprécier des enregistrements de 1928, le folk endiablé (quasiment une gigue) de Carter Brothers and Sons et l'ode à son chien (Old dog Blue) de Jim Jackson.
Au gré des pistes, on se ballade du folk-blues (Mattie Delaney en 1930, Henry Green) à la country (Ernie Chaffin) en passant par le rockabilly (Travis Wammack) et le rhythm & blues (Harold Dofman, Jimmy Donley et Leon Bass avec l'excellent Love-a-rama). Il y a plusieurs bons titres funky, de The Golden Nugget (Gospel train, du gospel à la sauce Diddley), Ruby Andrews et surtout Syl Johnson, qui, comme d'autres, a été sauvé de la misère par les samples des rappers.
Je ne vous parle pas du jazz et de la musique contemporaine, également représentés, mais on a droit à un groupe entre les Shaggs et les Calamités, The Riviaires, à du bon post-punk entre Delta 5 et Au-Pairs avec The Germans, et même à un excellent titre de The Hilltops dans la lignée de R.E.M..
L'album se termine en beauté avec une reprise du Biloxi de Jesse Winchester par Ted Hawkins. Ça date de 1994, sur l'album The next hundred years (Hawkins, lui, est mort dans les mois suivant sa la sortie du disque) et ça m'évoque un autre Sudiste, Vic Chesnutt, surtout lorsqu'il était accompagné par le groupe de Sudistes Lambchop.
Cerise sur la gâteau, Oxford American est un magazine où même les publicités sont intéressantes. Elles vous font voyager et surtout, du Robert Johnson Life & legacy tour au Country music highway en passant par l'Arkansas Delta music trail, elles révèlent à quel point une industrie touristique s'est développée autour du passé musical du Sud.
Certains articles sont en accès libre en ligne ici et là. La revue est en vente ici et les autres numéros spéciaux sur la musique là. Des titres complémentaires à ceux du CD sont disponibles ici et là.
Acquis sur le vide-grenier de Recy le 26 mai 2019
Réf : LP 32 523 -- Édité par Disc'AZ en France en 1965
Support : 33 tours 30 cm 12 titres
Cela fait maintenant une bonne quinzaine d'années que j'achète des disques de musique de Tahiti. J'avais notamment chroniqué deux albums enregistrés par Gaston Guilbert, Oiseaux de paradis et Tahiti : Île de paradis, pendant le premier mois d'existence de ce blog. Autant dire que, si je suis toujours content de trouver des disques que je n'ai pas, j'ai l'impression d'avoir un peu fait le tour de la question et je ne m'attends pas à de grosses découvertes ou à quelque chose d'exceptionnel comme le très beau coffret Folklore taïtien offert par Philippe R. l'an dernier.
Sur le vide-grenier très calme et familial de Recy, un monsieur sympathique avait une boite de 45 tours années 1980 en bon état à 50 centimes et un carton de quelques 33 tours qui sentent la cave à 1 €. Je lui ai pris un Rita Mitsouko et un Lavilliers qui manquaient à ma collection, et cet album que je n'avais jamais vu, sur le label Disc' AZ, pas spécialement réputé pour ce style musical, avec une illustration de pochette typique et au bout du compte très proche de celle du coffret de 78 tours.
Au dos de la pochette, Manuia et Maeva nous sont présentées comme deux jolies vahinées chantant dans leur 2CV, par ailleurs employées comme hôtesses de l'air par la compagnie U.T.A. Il n'y a aucune mention pour les musiciens de l'orchestre qui les accompagnent ou pour le producteur de cet album paru initialement aux États-Unis chez Reo Tahiti, une filiale de Criterion Records.
Les musiques traditionnelles, comme la pop ou le rock ou tous les autres genres d'ailleurs, ne sont pas imperméables à l'air du temps. Cela donne souvent des horreurs (le son de synthé des années 1980 sur des disques antillais ou de séga, par exemple), mais ça peut créer aussi des hybrides intéressants.
Rien ne l'indique sur l'emballage, et je m'attendais donc à des chansons tahitiennes traditionnelles chantées en duo, mais j'ai compris dès les premières secondes que cet album allait être très particulier. En effet, on a bien affaire à des chansons tahitiennes typiques, créditées à une exception près à Eddie Lund ou Yves Roche, chantées traditionnellement, mais arrangées au goût du jour. Et le goût du jour, c'était quoi aux États-Unis et à Tahiti en 1965 ? Eh bien, c'est simple à deviner, c'était la Beatlemania et la British invasion qu'elle a provoqué. Dès le premier titre, Otuitui ta'u mafatu, avec ses "Otuitui" qui se répondent et son passage d'orgue, j'étais déjà conquis. La seule fois où j'ai remarqué comme ça un mélange de musique tahitienne et d'accompagnement électrique, c'était sur l'album de l'Orchestre Petiot, mais il est sorti des années plus tard.
Bon, pour qu'on se comprenne mieux et que vous entendiez bien ce que je veux vous dire, je vous suggère de vous rendre chez Kadao Ton Kao : ce blog a publié une chronique de cet album en 2013 et, à ce jour, on peut toujours y télécharger l'album en entier.
Pour se rendre compte de la différence, on peut écouter la version acoustique de Tangi tika sur l'album Folklore taïtien, enregistrée vers 1950, avec celle au son presque lourd qu'on trouve ici. Pareil avec une version pas du tout rock de I roto cent vingt six par Hiriata trouvée en ligne et celle avec un excellent son de guitare de Manuia et Maeva.
Des chansons très connues subissent le même traitement comme Tahiti nui, ici dans une version endiablée mais moins électrique, avec une guitare à la Jonathan Richman, ou Te manu pukarua, avec une petite partie solo de guitare électrique (ça doit être la première chanson tahitienne que j'ai connue, mais moi c'était par Agadou et les paroles étaient "Agadou dou dou, pousse l'ananas et mouds le café" et toute la famille, emmenée par l'Oncle Mimi, dansait dessus).
Et ce n'est pas tout : Taurua no tiurai est vraiment rock, avec solo de guitare et piano, tandis que Tamure ue ue rii, chanson écrite par Manuia et Maeva, avec ses riffs d'orgue et de guitare électrique et ses breaks de batterie, m'a notamment fait pensé à un groupe féminin qui s'inspirait du son de cette époque, Les Calamités.
Pour les chansons lentes, comme Na te moana ou Eita vau e fiu, le chant tahitien est plus en valeur, avec aussi du piano (et quelques paroles en anglais) pour Tania et un beau chant solo pour Manureva en clôture de l'album. Mais pour Hoe ana, le son se marie bien avec les chants tahitiens plus lent dans la première moitié, mais la chanson prend ensuite un rythme très rock.
Je n'ai trouvé qu'une seule autre référence de disque pour Manuia et Maeva, un 45 tours sur un autre label américain avec Vini vini en titre principal. On ne sait pas ce qu'elles sont devenues, mais il est probable qu'elles ne sont pas contentées de leur métier d'hôtesse de l'air et ont continué quelques temps à chanter dans les Tamaaraa et les surprise-parties mentionnées sur la pochette. J'aimerais aussi bien savoir qui sont les musiciens qu'on entend sur cet album.
Je trouve de moins en moins de disques sur les brocantes, mais tant que ferai de belles pioches comme celles-ci, je resterai tenté de perdre un peu de temps à me balader dans les rues des villages les dimanches matins des beaux jours.
Acquis peut-être bien au Virgin Megastore à Londres fin 1984 ou début 1985 Réf : KOW 38T / 249248-01 -- Édité par Korova en Europe en 1984
Support : 45 tours 30 cm Titres : Since yesterday -/- Sunday morning -- By the sea
La première fois que j'ai entendu Strawberry Switchblade, c'est quand Jill et Rose, les deux membres du groupe, ont fait des chœurs sur I wonder why, le deuxième single des Pastels. Leurs voix jouent un rôle important sur la face B, Supposed to understand. Ce que je ne savais pas, c'est qu'elles été fortement impliquées dans la scène musicale de Glasgow depuis l'explosion punk de 1977; elles étaient notamment proches de toute la bande du label Postcard et Rose McDowall avait été membre d'un groupe appelé The Poems (il en est un peu question dans le documentaire sur Postcard et Fast Records Big gold dream). De façon purement anecdotique, on a appris plus tard que les mères de Jill Bryson et Alan McGee étaient amies, et donc que les deux se connaissent depuis l'enfance.
Le groupe 100% féminin s'est formée à quatre en 1981 (une démo de 1982 publiée postérieurement témoigne de cette première phase). Quand les deux autres membres ont quitté le groupe, Jill et Rose ont continué à deux, avec des bandes enregistrées pour les concerts et des amis musiciens pour les enregistrements. Tout s'est passé très vite pour elles : mentionnées à la radio par Jim Kerr de Simple Minds, elles ont enregistré deux sessions pour la BBC, avant d'être signées en management par les Chameleons, David Balfe et Bill Drummond, qui ont produit leur premier single, Trees and flowers. C'est là qu'on a découvert leurs tenues très travaillées, à base de tissus à pois.
Le nom du groupe est très bien trouvé. C'est James Kirk d'Orange Juice qui en avait eu l'idée initialement, pour un projet de fanzine. Il aurait aussi très bien convenu à The Jesus and Mary Chain, comme nom de groupe ou pour un titre d'album ou de chanson. Les deux groupes sont de Glasgow ou sa région, mais je ne leur connais pas de point commun, si ce n'est qu'ils ont tous les deux signé chez une filiale de Warner, Blanco Y Negro pour JAMC, Korova pour Strawberry Switchblade, le label également d'Echo and the Bunnymen et The Sound.
Le chemin qui a mené à l'enregistrement du premier et unique album de Strawberry Switchblade n'a pas été simple. Une tentative a été faite en groupe avec le producteur Robin Millar, connu pour son style de pop jazzy (Working Week, Everything But The Girl...). Deux titres ont finalement été produits par Phil Thornalley, qui a travaillé avec The Cure, et le gros de l'album l'a été par David Motion, un jeune producteur spécialisé dans la production de sons électroniques.
Since yesterday est le single qui a été choisi pour annoncer l'album. Warner a mis les moyens pour sa promotion. Un disque souple promo a été suffisamment diffusé pour que j'en trouve un exemplaire à Folkestone il y a quelques années et, comme les ventes ne décollaient pas, le label a même investi dans une publicité télé au moment des fêtes de fin d'année. Ce n'était pas du tout courant à l'époque pour un jeune groupe et ça a porté ses fruits, puisque le groupe est passé deux fois à Top of the Pops et le disque est monté à la cinquième place du classement des ventes.
La production est très datée années 1980, mais Since yesterday est une excellente chanson techno-pop qui a tendance à bien s'incruster dans la tête. La chanson a bien évolué depuis qu'elle avait été enregistrée sous le titre Dance pour une session pour la BBC en 1982. La courte introduction instrumentale est repiquée de la symphonie n° 5 de Jean Sibelius (Je peux vous assurer que je n'aurais pas pu trouver cette référence de moi-même, c'est tout juste si je connaissais le nom Sibelius...). La chanson a la particularité d'avoir un refrain en "La la la", sans paroles. En lisant les paroles, j'avais l'impression d'un couple qui faisait le constat qu'ils étaient arrivés à la fin de leur histoire ("And as we sit here alone looking for a reason to go on it’s so clear that all we have now are our thoughts of yesterday"), mais Rose McDowall, l'auteur des paroles, a expliqué que le sujet de la chanson était la guerre nucléaire, ce qui la rapproche, même s'il n'y a pas de rapport musicalement entre les deux, du classique des Young Marble Giants Final day. Avec une production synthétique aussi travaillée, et avec des influences sixties, je pense aussi à un autre grand single de la même époque, le Vélomoteur des Calamités. Sur ce maxi anglais, c'est la version de l'album qu'on entend, qui fait trois minutes. Une version allongée a été publiée uniquement au Japon et pour une fois c'est réussite, avec une longue introduction instrumentale, et tout au long des sons de cuivres et de clarinette , que ce soit de vrais instruments ou pas. Cela m'a rappelé les excellents maxis de The The, comme Perfect et Uncertain smile.
Sur la face B, on trouve deux titres inédits par ailleurs, produits par David Balfe. A quelques mois de la sortie de l'album d'inédits VU, la cote du Velvet Underground était fortement en hausse fin 1984. Sunday morning est un choix idéal pour Strawberry Switchblade dans sa version calme et acoustique. Le groupe la reprenait déjà sur scène en 1982.
By the sea est dans la même veine tranquille du groupe, inaugurée avec le premier single Trees and flowers. On est tout près de certaines chansons à venir de Revolving Paint Dream chantées par Christine Wanless.
Les pressions du show business étaient très fortes avant et après le succès de Since yesterday et le groupe n'y a pas résisté longtemps, d'autant que les membres du duo ne s'entendaient plus bien et que Jill souffrait d'agoraphobie. Il y a eu juste un single après l'album, une reprise de Jolene.
Jill Bryson est restée très discrète par la suite, mais elle a refait de la musique dans les années 2010 avec un groupe, The Shapists, dont l'un des membres était sa fille Jessie Frost. A l'inverse, Rose McDowall a multiplié les projets et les collaborations au fil des années. Elle a participé en 1988 à l'enregistrement d'une reprise de Since yesterday par Current 93.
La chanson a donné en 2024 son titre au documentaire Since yesterday sur l'histoire de groupes féminins écossais. Strawberry Switchblade y est bien sûr en bonne place.