07 février 2007

PAUL ROLAND : Happy families


Acquis chez New Rose à Paris en 1988
Réf : ROSE 163 CD -- Edité par New Rose en France en 1988
Format : CD 12 cm
12 titres

Paul Roland est toujours en activité, mais ces temps-ci il semble se concentrer sur l'enseignement du développement spirituel et de la méditation alors que, pendant cinq-six ans de 87 à 92, grâce à une série d'albums et de mini-albums nouveaux et en réédition publiés par New Rose en France, il était bien présent dans le paysage discographique, même si cette présente était discrète.
Ce disque-ci a toujours été mon préféré, notamment parce qu'il fait partie de ses disques acoustiques (j'apprécie moins les disques plus rocks et électriques de Paul Roland, comme le pirate "Live in Italy" et "Duel").
Ce CD a une grande unité de son et d'atmosphère, bien qu'il soit constitué du mini-album "Happy families" lui-même (les huit premiers titres, les seuls de l'édition vinyl) et de quatre titres bonus. C'est d'ailleurs en écoutant la façon dont ils reprennent le "I can't control myself" des Troggs dans les bonus qu'on se rend le mieux compte de l'approche musicale et du travail effectué ici par Paul Roland et ses acolytes : violon, guitare acoustique, pas de percussion, la voix de Paul Roland en avant, beaucoup d'humour et on ne se prend surtout pas au sérieux (l'humour pince sans rire très britannique est très présent, on verrait bien Glen Baxter illustrer certaines de ces chansons). Sur la majorité des autres titres, comme le nom de l'Ensemble l'indique, il y a d'autres instruments à corde, des instruments à vent (flute, hautbois, cuivres)
Ce n'est pas une facilité de parler d'atmosphère victorienne pour ce disque. Le design de la pochette y invite, mais surtout les crédits précisent que les paroles sont basées sur la biographie de vrais eccentriques qui ont vécu durant la période victorienne et, du curé de Cheltenham à la cousine Emilia, il y a là une sacrée galerie de portraits en forme de courtes chansons (une seule atteint les quatre minutes). Mes préférées sont "Nursery crimes" (une nurse délinquante qui donne une éducation criminelle à un fils de gentleman), avec ses coups d'archet et ses envolées de flute, "Cousin Emilia", avec ses cuivres presque soul, le presque Dixieland "Aunty" avec ses petits coups de cymbale secs, "Animal crackers" avec son solo de tuba, "Beau Brummel" et "The curate of Cheltenham". A chaque fois que j'entends les premières notes de cette dernière, je pense à "The Lady Rachel" de Kevin Ayers. Parce que c'est probablement la même suite d'accords, mais ça va au-delà. L'atmosphère médiavalo-romantique de la chanson d'Ayers, son orchestration (et celles par la suite d'autres albums dues à David Bedford) me font penser que tout ce que j'aime chez Paul Roland est concentré dans cette seule chanson d'Ayers. Avant de faire cette chronique, j'ai fait pour une recherche pour vérifier si ce rapprochement entre Paul Roland et Kevin Ayers avait déjà souvent été fait, et c'est avec surprise que j'ai (re)découvert qu'un certain Pol Dodu avait fait exactement cette comparaison, en 1998, dans un article de Vivonzeureux! sur Kevin Ayers !

2 commentaires:

Christophe a dit…

Salut,

ça fait plaisir de lire sur Paul Roland. Ton rapprochement entre Kevin Ayers et Paul Roland est d'autant plus juste que le deuxième a repris Lady rachel (avec de la trompette!). Ces deux artistes viennent de sortir un nouvel album

Christophe

Pol Dodu a dit…

Christophe,

Je ne trouve qu'une seule et bien piteuse excuse pour essayer d'expliquer comment j'ai pu publier ce billet sans faire référence à la reprise de "Lady Rachel" par Paul Roland, que je connais bien pourtant car j'ai le disque "Strychnine" sur lequel elle figure : je l'ai rédigé loin de ma discothèque et sans connexion à internet.
Le nouvel album de Kevin Ayers, je devrais le recevoir d'un jour à l'autre, quand à celui de Paul Roland, merci pour l'info car je n'étais pas au courant de son existence.

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