09 mai 2013

THE MONOCHROME SET : The jet set junta


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres vers 1984
Réf : CHERRY 60 -- Edité par Cherry Red en Angleterre en 1983
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The jet set junta -/- Love goes down the drain -- Noise (Eine kleine Symphonie)

Ces derniers temps, quand je me suis retrouvé à passer une nuit à Londres, je n'avais rien trouvé qui m'intéressait dans l'agenda des concerts. Par contre, dès que j'ai vu annoncé pour ce samedi 27 avril 2013 une date avec non seulement The Monochrome Set mais aussi Stuart Moxham, j'ai su que j'y serai, même si j'ai découvert au dernier moment que la ligne de métro qui devait m'y conduire était fermée ce week-end là et même si le chauffeur du bus qui a zigzagué pendant plus d'une heure sous la pluie pour la remplacer ne connaissait visiblement pas l'itinéraire qu'il devait suivre.
Le Bush Hall, dans le quartier de Shepherd's Bush, est une salle de danse construite en 1904 et utilisée comme lieu de concerts depuis 2001. Il était plein ce soir-là (moyenne d'âge la bonne cinquantaine, sans surprise), mais ce n'était pas encore le cas quand The Would-Be-Goods ont ouvert les réjouissances. Il n'est pas étonnant de les retrouver à cette affiche étant donné que Jessica Griffin et son groupe ont depuis vingt-cinq ans souvent collaboré avec The Monochrome Set sur disque. Actuellement, leur bassiste est d'ailleurs justement Andy Warren. Quant à la batteuse, Debbie Green, la dernière fois que j'ai dû la voir jouer, c'était avec The X-Men en 1984 ! The Would-Be-Goods est un groupe pop très sympathique et j'ai particulièrement apprécié de les entendre chanter deux de leurs compositions en français (il y a quelques-unes dans cette langue qui parsèment leur discographie).
Pour leurs concerts, Stuart Moxham et The Monochrome Set ont pris des options diamétralement opposées. Moxham, à la guitare acoustique, a joué successivement avec deux de ses complices actuels, uniquement des chansons récentes. Sur le coup, je n'ai pas saisi le nom du premier, avec qui il a fait trois chansons, mais je n'ai pas été surpris quand j'ai découvert par la suite qu'il s'agissait de Louis Philippe, qui lui a été surpris d'entendre annoncer par Moxham l'enregistrement d'un des titres pour le week-end suivant. Derek Halliday lui a succédé. Ensemble, ils ont publié récemment l'album Moxham & Halliday. Pas un mot, pas une référence au passé, pas plus à The Gist qu'à Young Marble Giants. Ça, c'est visiblement réservé pour les apparitions en trio dans les festivals.
The Monochrome Set s'est présenté ensuite dans la formation de son dernier album, Platinum coils, soit trois "anciens" (Bid, Andy Warren et Lester Square, en fine moustache et costume rayé) plus Helena Johansson au violon et à la mandoline et Stuart Brummell à la batterie qui, visiblement au désarroi de Bid, a démarré le concert déguisé en Charlie !
La seule fois précédente où j'ai vu The Monochrome Set en concert, c'était le 10 mars 1984, dans une grande salle pleine d'étudiants et j'étais loin de la scène. Là, j'étais tout près et j'en ai pris plein les oreilles, grâce notamment à la guitare de Lester Square (qui avait quitté le groupe au moment de ce premier concert en 1984). Là, c'était très électrique et sur un rythme endiablé (beaucoup plus que prévu, selon les commentaires de Bid). Côté répertoire, l'inverse de Moxham, donc : hormis trois ou quatre titres du dernier album, dont mes préférés Hip kitten spinning chrome et Waiting for Alberto, quasiment tous les autres titres étaient tirés des premiers singles Rough Trade, de Strange boutique et Eligible bachelors, plus Jacob's ladder pour finir. Tout cela est excellent, bien sûr, même si cela laisse de côté des pans entiers de leur discographie (de toute façon, le temps était compté car ils devaient absolument arrêter de jouer à 23 heures).
Une fois rentré à la maison, quand j'ai cherché quel disque pouvait m'aider à rendre compte de ce concert, j'ai assez vite pensé à ce single The jet set junta, sorti en 1983 pour appuyer la promotion de Volume, contrast, brilliance..., la première compilation de The Monochrome Set qui associaient des titres de singles et de différentes sessions. Pourquoi ? Parce que le son est bien brut, comme pour le concert, et parce que deux des titres (peut-être même les trois, mais j'ai un doute pour Love goes down the drain) ont été jouées ce soir-là.
The jet set junta est l'un des titres phares d'Eligible bachelors. Il ouvre l'album et aurait fait sûrement un meilleur single que The mating game, mais ce n'est qu'un an plus tard qu'est sorti cette version, une démo pour le label Do It enregistrée fin 1981, une année où le groupe visiblement a cherché désespérément à trouver un successeur à Dindisc pour sortir son troisième album (un single chez Pre et d'autres démos pour E.M.I.) avant finalement de se retrouver chez Cherry Red.
Cette excellente chanson n'a pas non plus une thématique très facile à vendre : à grand renfort d'onomatopées, elle fait le parallèle entre la violence militaire et le luxe dont bénéficient des membres d'une junte, du champagne Cliquot aux tailleurs de Saville Row. Contrairement à ce qu'on peut lire parfois, je doute fort que cette chanson fasse une quelconque référence à la Guerre des Malouines, tout bonnement parce que les quelques notations précises qu'on y trouve (Montevideo, capitale de l'Uruguguay, et les Cruzieros, monnaie du Brésil) n'ont pas trait à l'Argentine, mais surtout parce que le titre a été composé et enregistré, on l'a vu, plusieurs mois avant la guerre du printemps 1982 !
Si la face A de ce 45 tours est extraite de Volume, contrast brilliance..., ce n'est pas le cas pour les deux morceaux de la face B, deux des titres de la session enregistrée pour John Peel le 14 février 1979 non retenus pour la compilation.
Love goes down the drain est l'une des nombreuses grandes réussites de Strange boutique. On en a ici une version dans un arrangement qui est en fait déjà très proche de la version de l'album, à sortir un an plus tard.
Quant à Noise (Eine kleine Symphonie), il s'agit bien sûr d'une première version d'Eine Symphonie des grauens, que le groupe allait enregistrer pour le fameux single Rough Trade quelques semaines plus tard en avril 1979. Là, ça sent un peu plus l'ébauche, dans le rythme et l'interprétation, ce qui explique peut-être pourquoi, si Love goes down the drain a été inclus sur certaines éditions CD de Volume, contrast, brilliance... et sur la compilation The independent singles collection, ce 45 tours est il me semble le seul disque où on trouve cet enregistrement.


The Monochrome Set, The jet set junta. Il s'agit de la version de ce 45 tours, mais les images ont été tournées postérieurement, en 1983, avec une formation différente du groupe. Extrait du DVD Pillows and prayers.

8 commentaires:

Charlie Dontsurf a dit…

Un nouvel album le 17/10, Super Plastic City, dont les titres en écoute sur le site du groupe sont très engageants et un concert le 30/11 à Lambrez-Les-Douai.

chdontsurf a dit…

A Paris, le 19 septembre 2015, à la Maroquinerie. D'autres dates en France sont programmées, je crois.

Charlie Dontsurf a dit…

J'ai eu l'immense plaisir de rencontrer Mme et Mr Pol à Paris, il y a quelques jours. Nous avons parlé un peu de Monochrome Set. Pas dit du bien des derniers albums. Pas trop de mal non plus d'ailleurs. Mea Culpa : il faut penser le plus grand bien du petit dernier, Spaces Everywhere. Belle occasion de vérifier ça à la Maroquinerie de Paris pour 10 petites euros, le 19/09/2015.

Charlie Dontsurf a dit…

Autant vous le dire tout de suite, j'ai bien pris mon pied samedi soir à la Maroquinerie. Une honte : la salle n'était pas pleine pour un concert à 10 € ! Bid a cassé 3 des 12 cordes de sa guitare électrique en 30 mn. Il a fini le concert avec la 6 cordes du groupe précédent, La Féline. Alors techniquement, ce n'était pas parfait mais ... on s'en fout. C'était superbe. Le vieux punk que je suis a bien remué de la tête (à défaut de la queue).
Set ramassé (1 heure) et alternance réussie de nouveaux titres (Iceman, Fantasy Creature, The Z Train, Rain Check) et de morceaux anciens (Eine Symphonie, Goodbye Joe, Alphaville, Jet Set Junta ...) ont été d'une belle efficacité. Formation resserrée : guitare (9 cordes en moyenne donc !), basse, batterie et clavier. Pas de Lester Square.
Pendant que j'y suis : je confirme, Spaces Everywhere, le dernier album, est une petite merveille et peut être rangé, le plus tard possible, tout à côté de vos albums préférés du groupe.

Pol Dodu a dit…

Merci pour ce compte-rendu, Charlie, et pour la promotion soutenue que tu fais du dernier album en date. Je note en remontant le fil de tes commentaires qu'il devait initialement s'intituler Super Plastic City plutôt que Spaces Everywhere !

Charlie Dontsurf a dit…

Que nenni ! Super Plastic City est le disque précédent, sorti en 2013.

Pol Dodu a dit…

O purée !
1) Je vieillis, c'est un fait.
2) Ils sortent des disques très souvent ces temps-ci. Pas deux la même année comme en 1980, mais j'en étais resté à Platinum Coils de 2012 que je croyais être l'avant-dernier, donc.

Charlie Dontsurf a dit…

Bonjour à tous. Signalons la sortie de "Volume, Contrast, Brilliance ... Unreleased & Rare Vol. 2" chez Tapete Records. Beau volume, moins efficace que le 1er, mais, quel groupe !

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