12 novembre 2006

THE MONOCHROME SET : Cast a long shadow


Acquis neuf à Paris fin 1982
Réf : cherry 51 -- Edité par Cherry Red en Angleterre en 1982
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Cast a long shadow -/- The bridge

Je ne sais plus comment s'appelait la boîte, peut-être bien "Attitudes Records" ou "Madrigal" ou "Les Disques du Crépuscule France", un truc de ce genre (pas encore Just'In Distribution en tout cas). Ils venaient de se lancer dans la distribution en France de labels indépendants genre Crammed ou Crépuscule, et aussi dans une activité de label je crois.
Tout ce que je sais, c'est que j'avais dû voir une pub indiquant qu'ils vendaient des disques au détail. J'y suis allé, au fin fond d'un arrondissement de Paris loin des quartiers commerçants, et je me suis retrouvé dans un local qui ne ressemblait pas du tout à un magasin, c'est plutôt là que devaient se situer leurs bureaux, avec quand même quand même quelques caisses de disques dans la première pièce. A l'époque, on manquait souvent d'informations sur les nouvelles sorties, et j'ai été tout content de trouver là pour 20 francs un tout nouveau single du Monochrome Set, dont je ne savais même pas qu'il existait.
Le malentendu avec le Monochrome Set, c'est que, entre leur premier single avec une vieille gravure en noir et blanc sur la pochette et un titre en allemand et leur premier album avec une pochette de Peter Saville en gris-bleu argenté représentant un plongeur en négatif, j'ai eu tôt fait de les associer à la plus sombre des new wave, voire même à la cold wave. Grosse erreur évidemment. Quand on entend les disques on s'en rend assez vite compte, et quand on comprend les paroles c'est encoe plus évident. Mais quand même, il m'a fallu longtemps avant de comprendre que tout ce que faisait le Monochrome Set était bourré d'ironie, d'humour, de satire.
C'est avec "Cast a long shadow", le premier 45 tours sans le guitariste Lester Square, sorti fin 1982 juste après le troisième album "Eligible bachelors" et avec "J.D.H.A.N.E.Y.", la face B du 45 tours précédent, où il ridiculisent en beauté leur batteur qui venait de quitter le groupe lui aussi, que j'ai vraiment commencé à saisir l'humour féroce du groupe de Bid.
De la pochette (Cherry Red a évidemment eu des ennuis avec Marlboro à cause de ce visuel), au titre (celui d'un film de 1959), en passant par les paroles (entre Lucky Luke et les western spaghetti) et la musique, toute en guitare twangin' sixties et attaque d'orgue, tout fait de "Cast a long shadow" une chanson western très réussie, qui conte l'éternelle histoire d'un cow-boy trompé vengeur condamné à la pendaison.
A l'époque, je n'aimais pas du tout la face B, "The bridge". Je la trouvais sombre et monotone, avec des percussions un peu lugubres et sa voix récitative. Et puis aujourd'hui, en la réécoutant pour l'occasion, la révélation : j'aime beaucoup ce titre. Il y a certes cette base rythmique et cette voix parlée, mais derrière il y a plein de choses qui se passe, avec de la flûte et plein de petits sons sympas, et même une mélodie pour une chanson très réussie, entre Johnny Cash et Orson Welles. Et je comprends maintenant l'aspect récitatif puisque, en faisant quelqures recherches, je viens d'apprendre que les paroles sont un poème d'Henry Wadsworth Longfellow.

4 commentaires:

Philippe L a dit…

Ganesh Seshadri vous salut bien, jeune homme !

Pol Dodu a dit…

Ton commentaire m'a interloqué un moment.
Comme j'imagine que le "Ganesh Seshadri" auquel tu fais référence n'est pas le programmeur en informatique vers lequel Google m'a aiguillé dans un premier temps, je présume que tu m'adresses le salut de M. Bid.
Si c'est bien le cas, transmets-lui en retour les salutations chaleureuses d'un fervent amateur de ses chansons, de son chant et de son humour...

lunA.Lee a dit…

Réécoutant récemment en voiture Colour Transmission, je contais à ma chérie Julie le souvenir indélébile d'un live du Monochrome Set, à Lyon. Ils étaient à l'affiche d'un des premiers festival des Inrockuptibles, avec James, John Cale et Bruce Joyner (ouais, ça avait de la gueule !). Deux détails me restent surtout en mémoire : à la fin d'un morceau, chacun des membres du groupe pris une banane et la dégusta paisiblement ... un hommage à Cale et au V.U. ? Je me souviens également d'un des guitaristes du M.S. qui jouait de son instrument avec un ... vibromasseur ! Je crois pouvoir dire qu'en matière de sex-toys, The Monochrome Set était aussi en avance sur son temps !
Voilà mes petites anecdotes ...
Pour finir, juste dire que tes écrits, cher pol dodu, son passionnants. Tu as vu et vécu pas mal de choses, du côtés de ces musiques "pas comme les autres", et tu relates tout cela avec finesse et tendresse, sans jamais la ramener. Bravo et merci !!!

Pol Dodu a dit…

lunA.Lee,
Merci beaucoup pour ces anecdotes, et pour le compliment !
Un jour ou l'autre, j'aurai l'occasion de parler d'autres disques du Monochrome Set.

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