03 janvier 2009

VIC GODARD & SUBWAY SECT : What's the matter boy ?


Acquis à la FNAC de Nancy le 8 juillet 2008
Réf : 844 973-2 -- Edité par Universal Music Operations en Europe en 2000
Support : CD 12 cm
17 titres

J'ai acheté ce disque moi-même, en solde s'il vous plait, mais j'ai utilisé une carte cadeau offerte par mes collègues, c'est donc bien un cadeau.
J'ai raté plusieurs rendez-vous avec Vic Godard. La première fois, c'est vers 1979 quand j'ai délaissé les deux 45 tours de Subway Sect Nobody's scared et Ambition au profit du Paris maquis de Métal Urbain, mais là je n'ai aucun regret car je ne pouvais de toute façon me les payer tous. Puis, à la vue de son look de crooner sur la pochette de Songs for sale, j'ai rayé pendant un temps Vic Godard de la liste des musiciens susceptibles de m'intéresser.
Les choses se sont rétablies petit à petit, avec les louanges de fanzines et de musiciens de Postcard ou de Creation, et surtout avec l'excellente compilation A retrospective (1977-1981) qu'on m'avait donnée en promo chez Rough Trade début 1985. Ensuite il y a eu l'excellent single Johnny Thunders en 1992 et même l'assez mauvais album T.R.OU.B.L.E de 86 que j'ai acheté d'occasion ne m'a pas complètement dégoûté de Vic Godard.
Ces aléas sont assez logiques vu la carrière chaotique de Godard de 1976 au début des années 80, entre les brusques changements de style et les expulsions de la totalité des membres du groupe, ce pionnier du punk n'a jamais rencontré le grand succès, principalement à cause de son attitude ambivalente vis-à-vis du statut de rock star et parce qu'il a lié son destin pendant des années aux décisions de son manager Bernard Rhodes et a lamentablement accepté tous les ukases et les coups bas de celui-ci, à commencer par sa décision de virer le groupe original en 1978.
En raison de ces événements, Subway Sect n'a sorti son premier album, What's the matter boy ? qu'au printemps 1980, alors qu'un autre disque avait été enregistré en 1978 et est resté fameusement en possession de Rhodes (Godard l'a rééenregistré en 2008 et sorti sous le titre 1978 now).
Cette réédition s'ouvre avec le meilleur titre du lot, Stop that girl, un bijou enjolivé par de l'accordéon et de l'orgue. Un excellent choix, sauf qu'il ne figurait pas sur l'album original : il a été enregistré peu de temps après la sortie de cet album, par le même groupe additionné d'un très bon clavieriste turc et est sorti en 1981 chez Rough Trade. Il faut dire que, dès 1980, quand cet album de Vic Godard est sorti, son label MCA ne savait tellement pas comment le commercialiser qu'il en avait confié la promotion à Rough Trade, comme Edwyn Collins le relate dans le livret du CD.
Le groupe qui joue sur ce disque comprend à la section rythmique les frères Paul et Terry Chimes (on connait Terry car il a joué avec The Clash et Cowboys International) et aux percussions et aux choeurs The Black Arabs, un groupe qui a repris les Sex Pistols en disco sur la BO de The great rock'n'roll swindle et qui, après deux albums avec Vic Godard, a rencontré le succès sous le nom de JoBoxers.
D'après Vic Godard lui-même, l'album What's the matter boy ? n'a jamais sonné aussi bien que sur cette réédition car Bernard Rhodes, toujours lui, avait accéléré les bandes de l'album avant leur parution, faisant perdre beaucoup de sons graves et de profondeur aux enregistrements.
Alors, qu'est-ce qu'il y a de bien sur cet album ? Du punk ? Du synthétique ? Du jazz ? Non, rien de tout ça, plutôt une sorte de rock'n'roll fifties primitif : batteries et percussions anémiques, basse élastique, guitare acoustique et surtout des choeurs entre doo-wop et Jordanaires. Si ces ingrédients vous font notamment penser aux Modern Lovers de la fin des années 70 vous n'êtes pas loin du compte, Godard ayant eu l'occasion de les citer comme influence avec Johnny Thunders.
Quand tout fonctionne bien, ça donne des perles toutes fraîches comme le 45 tours Split the money, les deux premiers titres Birth & death et Stand back ou Stool pigeon et Make me sad. Quand ça fonctionne moins bien ou que ça tombe complètement à plat, c'est soit que Godard, qui a enfanté une lignée de chanteurs limites comme Edwyn Collins et Stephen Pastel, ne chante vraiment pas assez bien, soit que la chanson n'est tout simplement pas très bonne (ou les deux au pire !). De toute façon, tous les titres réussis fonctionnent en grande partie grâce aux choeurs excellents des Black Arabs.
En plus de Stop that girl, ce CD contient quatre titres bonus, la Peel session du 14 décembre 1978 qui avait déjà été publiée sur A retrospective. A part une reprise du Head held high du Velvet Underground, les trois titres sont des chansons qui ont été réenregistrées pour What's the matter boy ?. Ces versions sont plus énergiques et mieux chantées que celles de l'album, mais elles n'ont peut-être pas autant d'originalité et de fraîcheur...

La compilation de 45 titres Twenty odd years, sortie en 1999, ne semble plus facilement disponible mais on peut l'écouter en intégralité sur Deezer.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

J'adore ce disque ! une de mes grandes découvertes de ces dernières années. C'est un groupe injustement resté dans l'ombre, tout comme le Adam & The Antz des débuts, mais du moment que ça finit par arriver jusqu'à nos oreilles, c'est le principal. Merci pour toutes ces infos et je vais m'écouter la compile des 45t sur Deezer ! Dommage aussi que la reformation récente de Subway Sect ne vienne toujours pas jouer en France...
el vieux thorax

Anonyme a dit…

J'aime aussi Subway Sect et si tu aimes le son de guitar du groupe , il faut écouter " The Fallen Leaves" avec Rob Symmons mais aussi Paul Myers ( qui a malheureusement quitté le groupe)

Bruno

buddy satan a dit…

Pour info, Vic Godard et Subway Sect seront en concert le jeudi 12 novembre à Metz à l'Emile Vache. Date unique en France.

Stéphane a dit…

Bonjour, J'ai lu votre article avec attention. j'organise un concert de Vic Godard le 09 juillet 2011, le concert à lieu dans le sud de la Belgique à Petit-fays ( Ardennes) situé à 40 km de Charleville-Méziaire.
Au plaisir. Stéphane

Pol Dodu a dit…

C'est noté, Stéphane.
Je connais le titre "Best album" de son dernier album "We come as aliens" et je l'aime beaucoup !

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