17 août 2008

TESTAMENT DU ROCK


Acquis d'occasion dans la Marne dans les années 1990
Réf : 2M 046-81656 -- Edité par Music For Pleasure en France en 1974
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

En grandissant, le "vieux" rock'n'roll c'était pour moi Elvis Presley et Be-bop-a-lula, et ce qu'en disaient Johnny Hallyday et Eddy Mitchell dans leurs chansons. Nous n'avions pas de disque d'Elvis à la maison, mais nous avons très vite acheté les deux premiers volumes de cette série Testament du rock, éditée par Music For Pleasure, une filiale de rééditions à prix cassés du label EMI.
Comme ces disques étaient autant à moi qu'à mon frère ou à toute la famille, je n'ai pas gardé mon exemplaire d'époque de cet album, qui a dû se perdre au fil du temps, mais j'ai racheté les trois volumes parus quand j'ai eu l'occasion de les trouver pour pas cher.
Si le disque contient bien des enregistrements originaux, avec trois titres pour chacun des quatre artistes mentionnés sur la pochette, le terme "rock" est à prendre au sens large, surtout pour ce qui concerne Louis Prima, qui ouvre le disque avec Buona sera. Que ce soit pour cette chanson, qui démarre sur un rythme de tango avant de s'affoler après la première partie, ou pour ses deux autres titres Angelina/Zooma zooma et Pennies from heaven, on est avant tout dans les clins d'oeil à l'Italie et dans du jazz rapide ou du music-hall. Si on doit rattacher ces titres à du rock, ce serait dans le style de Bill Haley & the Comets, pour leur rythme frénétique et le saxophone de Sam Butera.
Par contre, quand Wanda Jackson attaque Let's have a party avec sa voix rauque, accompagnée notamment par de la guitare électrique et du piano, on sent tout de suite qu'on a à faire à une rockeuse teigneuse. La génération des années 80 connait surtout Stupid cupid ("Cupidon t'es con, arrête de me viser"...) dans la reprise petite fille par Joanna Wyatt des Mini Pops, mais la version de Wanda Jackson, qui n'est pas l'originale, c'est autre chose !
Le troisième titre de Wanda, Tweedlee dee est une reprise de Lavern Baker. Il est amusant de noter que cette chanson, comme Buona sera, a été interprétée en son temps par Line Renaud !
Rien à dire sur Be-bop-a-lula de Gene Vincent, le seul grand classique présent sur cet album. Ses deux autres titres sont Woman love, une chanson au tempo moyen, un pur rockabilly que Capitol avait choisi pour être la face A de son premier single, mais lui-même, son management, les radios et le public lui ont préféré la face B, Be-bop-a-lula, ainsi qu'une superbe reprise de Over the rainbow, qui clôt l'album. Capitol faisait enregistrer des succès de l'époque à Vincent, en plus de ses propres compositions, pour remplir ses albums, mais cet enregistrement de début 1959 reste pour moi la version de référence de cette chanson du Magicien d'Oz, d'autant plus que je n'ai eu l'occasion d'écouter la version originale de Judy Garland que des années plus tard. Dans l'esprit, avec cette chanson très lente on n'est pas loin de Lonesome town, version Ricky Wilson ou version Cramps. On peut en voir une interprétation live, également de 1959, ici.
J'ai l'impression que Johnny Otis, avec ses chansons pop rhythm & blues, est mal mis en valeur sur les Testament du rock, principalement parce que, étant rarement chanteur principal de son orchestre, ses titres manquent d'unité. Sur ce premier volume, on trouve deux titres chantés par Marie Adams & Three Tons of Joy, Loop de loop et Ma! (He's makin' eyes at me), cette dernière dans une version live probabelement tirée de la célèbre émission de télé The Johnny Otis Show,ainsi qu'un duo entre Marci Lee et Johnny Otis, Telephone baby.

Pour profiter de la connaisance et de l'accès facilité aux enregistrements des années cinquante, je viens de publier sur Vivonzeureux! Records, mon label virtuel, un Testament du Rock vol. 5, qui vient compléter la série de quatre albums publiés par Music For Pleasure dans les années soixante-dix.


Notes de pochette par Frank Lipsik (cliquer pour agrandir)

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