30 octobre 2009

MARIO BUA ET SON ORCHESTRE TYPIQUE : Les derniers succès du Père Duval pour la danse


Acquis sur le vide-grenier de Magenta le 11 octobre 2009
Réf : 211157 -- Edité par Bel Air en France en 1964
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Chanson d'amour -- Fils de la terre -/- A Bilbao -- Au coin de ma rue

Mario Bua ? Jamais entendu parler avant de voir ce disque. Mais Le Père Duval, je l'ai toujours connu.
Si sa collègue religieuse chanteuse Soeur Sourire est désormais connue de toute une nouvelle génération grâce au film biographique qui lui a été consacré cette année, Le Père Duval, qui l'a précédée dans la gloire et accompagnée dans les déboires, est en passe, vingt-cinq ans après sa mort, de tomber dans l'oubli.
Grâce aux milieux qu'elle fréquentait dans sa jeunesse, ma maman a dû connaître les chansons d'Aimé Duval dès ses premiers succès dans la deuxième moitié des années cinquante. Ses disques étaient déjà dans la maison quand je suis né et ses chansons nous ont accompagnés même jusqu'au mariage de ma soeur en 2000.
Je me souviens au moins d'un 33 tours et de deux 45 tours, dont l'un, sûrement celui de 1972, était même autographié : Le Père Duval l'a signé pour ma mère sur la scène de la Salle des Fêtes de Châlons. Je l'ai interrogée à ce sujet, et il n'est pas impossible j'ai été présent dans la salle ce jour-là. En tout cas, le Père Duval connaissait bien notre région puisque, à peine ordonné prêtre en 1949, il a dirigé la chorale d'une école de Reims où il enseignait le français.
Très honnêtement, je ne me souviens d'aucun des airs du Père Duval, et je ne savais pas que Mario Bua avait été son accompagnateur et son chef d'orchestre pendant des années, mais franchement, un disque de versions "pour la danse" des succès du Père Duval ça sonne tellement incongru que je m'en suis emparé presque aussi avidement que si j'étais tombé sur le EP français de 7 & 7 is de Love, d'autant plus que ça complétait bien ma récolte après le Aimable joue Françoise Hardy.
Musicalement, on nous annonce un orchestre typique, trois chansons sur des rythmes différents de samba et une en cha cha. Au bout du compte, c'est ce qu'on a et rien de plus, avec de l'accordéon sur au moins deux titres et une guitare électrique bien en vue sur A Bilbao. Franchement, si ce disque s'était appelé Mario Bua a bu à Rio ou quelque chose de ce genre, il n'y aurait pas eu tromperie sur la marchandise. Mais il se trouve que ces compositions sont bien du Père Duval et que Mario Bua était bien son chef d'orchestre. Logique donc, que l'association avec le Père Duval soit mise en avant.
Du coup, l'esthétique de la pochette est tout à fait pertinente. Pour un disque typique de base, on aurait eu des sombreros ou des bikinis sur une plage. Là, on a deux ados propres sur eux qui dansent. On imagine très bien la surprise-partie très sage du jeudi après-midi dans salle paroissiale après le catéchisme, mais attention : ils dansent le slow et avec le slow il est difficile de rester sage très longtemps !
Mon oeil a été attiré par le crédit photographique de cette pochette : [Agence] Rapho, mais surtout Janine Niepce. Vérification faite, Janine Niepce est bien une cousine éloignée du pionnier de la photographie Nicephore Niepce, mais ça c'est anecdotique. Surtout, résistante et féministe, elle fut l'une des premières femmes photo-reporters en France.

Georges Brassens et Le Père Duval s'entretiennent avec Robert beauvais pour Le magazine de la chanson (29 février 1960)
Georges Brassens chante en se marrant bien Les trompettes de la renommée, chanson qui cite Le Père Duval (parue sur disque en 1962)
Des sermons et des chansons, reportage sur Le Père Duval dans Cinq colonnes à la une (6 octobre 1961)

5 commentaires:

Anonyme a dit…

wouah père dodu il fallait le faire, c'est vrai que tu ne pouvais pas laisser passer ça sur une broc, sinon autant arrêter les brocs.
Pour moi c'est un ovni ce disque, un peu comme si il existait un 33 du style "musique d'ambiance par le père duval" (ou le père duval chante le père dupanloup). Ah oui il semble logique que le père duval est officié dans le 51 non? ph

Pol Dodu a dit…

Yo,
Duval, j'avais aussi pensé au pastis. Qui sait, s'il s'était relancé à au début des eighties, il aurait pu prendre le pseudo Pernod L, non ?
(Ben non, en fait, car les déboires auxquels je faisais allusion ont à voir avec l'alcool. Il a d'ailleurs publié un livre à ce sujet, "L'enfant qui jouait avec la lune".

Christophe a dit…

AAAArgh ! j'en suis jaloux :D

Anonyme a dit…

Bonjour, c'est mon frère et sa femme qui est décédée sur la photo, j'aimerais lui offrir ce disque, le vendriez-vous ? Merci de votre réponse.
Didier. tel 06 85 21 62 01

Pol Dodu a dit…

Bonjour Didier,
Je suis désolé, mais je conserve la grnde majorité de mes disques, surtout ceux que j'ai chroniqués ici.
Ce que je peux vous proposer, c'est de scanner la pochette à la meilleure qualité proposée par ma machine et de vous l'envoyer par email pour que vous puissiez si vous le souhaitez en faire un tirage de qualité.

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