27 mai 2011

DEPARTMENT S : Is Vic there ?


Acquis au Prisunic de Châlons-sur-Marne en 1981 ou 1982
Réf : 101536 -- Edité par Stiff / Vogue en France en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Is Vic there ? (French version) -/- Is Vic there ? (English version)

Ah non, quand même, il y a des limites. Que le magazine Mojo soit peuplé de chevaux de retours, on y est habitué, et même, c'est intégralement lié à leur projet éditorial. En-dehors des articles eux-mêmes, ça se ressent souvent vers la fin, là où sont concentrées des annonces de concert dominées par des noms remontant aux années 60, 70, 80, 90... Rien que ce mois-ci (n° 211 daté de juin 2011), The Impressions, Hawkwind et Echo and the Bunnymen sont au programme. Mais là, ce qui m'a fait réagir c'est une pleine page de pub couleurs dans le début du magazine pour Department S. Je ne sais pas où ils ont trouvé le budget pour se payer ça, vu qu'ils doivent être en indépendants, mais ils ne manquent pas de cran à proclamer en chapeau "The return of the post-punk legends who brought you the classics 'Is Vic there ?', 'Going left-right' and 'I want' ".
Mmouais. Ils ne risquaient pas de citer plus de trois titres car, si on reprend les choses, on peut dire que Department S est un groupe new wave de seconde zone qui a sorti  en tout et pour tout avant de se séparer trois 45 tours en 1980-1981, dont le classique mineur Is Vic there ?, Going left-right, qui a moins bien marché, et I want, qui a dû faire un four. L'album qu'ils ont enregistré à l'époque n'est sorti que bien des années plus tard, sans changer la face du monde.
J'en étais là de mes réflexions quand, pour couronner le tout, j'ai (re)découvert que le seul membre du groupe dont j'étais capable de citer le nom de tête, le chanteur Vaughn Toulouse, a trépassé il y a une vingtaine d'années et ne participe donc pas, a priori, à la formation actuelle du groupe. A méditer avant d'envisager d'acheter un billet de concert ou l'un des nouveaux titres du groupe, qui annonce un nouvel album pour bientôt. En France, je n'arrive plus à me souvenir s'ils ont eu droit ou non à un concert Feedback, mais si c'est le cas cela aura été le summum de leur gloire par chez nous.
Attention, je me moque, mais j'aime bien Is Vic there ?. C'est une chanson qui fonctionne bien, dans la lignée de tous ces groupes new wave inspirés par Bowie et le glam : le disque est produit par deux anciens membres de Mott The Hoople et la face B de l'édition originale était une reprise de T. Rex, Solid gold easy action (Bananarama avait enregistré les choeurs sur cette reprise, ce qui aurait constitué sa première apparition discographique, sauf que Department S explique aujourd'hui que, vue la qualité la prestation, on a fait appel aux choristes de Mott The Hoople Thunder Thighs pour les réenregistrer). Si on cherche des points de repère parmi leurs contemporains, on sera peut-être surpris de constater qu'on n'est pas si loin des Psychedelic Furs ou des Sisters of Mercy des débuts.
En quelques mois, ce premier 45 tours de Department S a connu trois éditions différentes en Angleterre. Le première chez l'indépendant Demon, à la toute fin décembre 1980. Il y a eu ensuite au printemps 1981 une réédition à l'identique chez la major RCA. Puis le groupe a signé chez Stiff qui, à un moment ou un autre dans l'année 1981 a ressorti le disque dans une version remixée par David Tickle, le producteur du deuxième single, Going left right.
Ce 45 tours français sous étiquette Stiff correspond à cette troisème sortie anglaise chez Stiff, sauf qu'on a logiquement mis en avant une version française de la chanson, sortie outre-Manche uniquement en face B du maxi Going left right. Contrairement à ce qu'indique la pochette (1980), ce disque n'a pas pu sortir chez nous avant 1981.
La version française ne l'est que partiellement, en français : le titre n'est pas traduit et la moitié des couplets reste chantée en anglais. Moins bonne note que Julian Cope avec son Traison (C'est juste une histoire), donc, mais encouragements du jury quand même. L'adaptation française est due à Henry Padovani, un nom qui n'aurait pas fait sursauter grand monde avant sa récente renommée télévisuelle. Pour ma part, je l'associe surtout à l'un des premiers concerts que j'ai vus à Londres, le 19 juin 1982 au Zig Zag Club, où les Flying Padovanis, avec Lol Coxhill en guest-star, avaient fait la première partie de Midnight Oil.
Mon exemplaire du disque, je l'ai acheté un fameux jour où le Prisunic de Châlons avait soldé plein de disques à 2 F le 45 tours et 10 F l'album. J'avais pris deux albums, dont le Trans Europe Express de Kraftwerk, et plein de 45 tours, dont plusieurs de ska sur le label Two-Tone. Ce disque de Department S me suffit largement (d'autant plus qu'entre temps j'ai récupéré d'occasion un exemplaire de l'édition anglaise chez RCA), ne me cherchez donc pas à leurs prochains concerts : je n'y serai pas !



5 commentaires:

Anonyme a dit…

Herbage, Toulouse et bérets basques ça fait un peu beaucoup,ça donne plus l'idée d'un "coup" que de spontanéité. Quant à l'alliance Pado et Coxhill au moins mon inculture sectaire m'aura fait échapper à ça!
Article pointu comme on les aime mon bon.
Ph

Pol Dodu a dit…

Ce n'était pas un coup au départ, mais ils se sont vite laissé dicter leurs choix par leurs labels. Toulouse, c'est un pseudo. Herbage probablement aussi, mais je n'en suis pas certain. En tout cas, ça donne à l'ensemble un côté arty/maniéré. Je pense que si le groupe avait duré un peu plus, il aurait sûrement tourné au nouveau romantique...

Charlie Dontsurf a dit…

Ce qui me fait sursauter, c'est d'apprendre qu'Henri Padovani est dans X-Factor. Le mini lp The Flying Padovani's Font l'Enfer" est, pour moi, un must absolu !

Charlie Dontsurf a dit…

Quant à Department S, j'écoutais en boucle leurs singles au moment de leur sortie. De la série B qui pétait ...

Pol Dodu a dit…

Charlie,
Série B, oui, même bonne, c'est le terme qui convient plutôt que légende.
Pour Henry, si tu n'en as pas entendu parler récemment c'est que tu feuillettes moins les programmes télé que les magazines musicaux !

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