19 mai 2011

AFRICAN DANCES OF THE WITWATERSRAND GOLD MINES, PART 2 B


Acquis sur le vide-grenier  du quartier de la Goësse, rue Frédéric Plomb à Epernay le 15 mai 2011
Réf : XEP 7015 -- Edité par Gallotone en Afrique du Sud dans les années 1950 ou 1960
Support : 45 tours 17 cm
Titres : MPONDOMISI TRIBE : Salukazana -- XHOSA TRIBE : Umeyo -/- BACA TRIBE : Isicathulo (Gum-boot dance)

Quelques instands avant de trouver le Albert King et quasiment à l'endroit même où j'avais acheté il y a trois ans des disques de Marino Marini et d'Henri Génès, je me suis jeté sur deux 45 tours de cette collection Musique d'Afrique. Comme il y avait dans le même (petit) carton d'autres disques d'ailleurs dans le monde entier, de la chanson espagnole par exemple, j'ai demandé au Monsieur qui me les vendait s'ils savaient à qui ils avaient appartenu. Ils m'a dit qu'ils venaient de son beau-père, qui a pas mal voyagé.
L'autre disque, le 29e de la collection, est dédié à des rythmes de tambour, avec une belle photo de tambours en pochette, mais la pochette de celui-ci, le n° 13, c'est autre chose. La photo est très belle, la maquette très réussie, à l'exception du titrage jaune sur fond noir en bas.
Ne soyons pas naïfs. Jamais à l'époque où est parue ce disque, et quelles que soient les traditions locales, on aurait mis en photo seins nus sur une pochette des alsaciennes ou des écossaises aussi jeunes, ou même un plus vieilles. Et là, même s'il s'agit d'enregistrements réalisés dans le cadre d'une mission scientifique ethnologique documentant des danses des mines d'or du Witwatersrand, c'est bien pour attirer le chaland qu'on a choisi, sous couvert d'exotisme comme souvent, d'illustrer cette pochette non pas avec des mineurs danseurs mais bel et bien avec des mineures.
Sur l'édition originale en 25 cm de 1952 de ce disque, ainsi que sur la couverture du livre qu'il accompagnait, ce sont bien des danseurs qui étaient en photo.
Je pense qu'on a ici à faire à une première réédition de ce disque, qui existe en 33 tours et aussi dans une série de deux 45 tours pour la partie 2, tous avec la même pochette (J'ai la 2 B, voici la 2 A).
S'agissant de documents sur la danse, il nous manque justement l'image pour apprécier pleinement ce que font ces mineurs, mais avec le son et les quelques lignes de description au dos de la pochette, on se fait quand même une bonne idée.
Sur le premier titre, Salukazana, il y a du chant, mais aussi des battements de mains, un sifflet et le son de frottements quand les danseurs lèvent leur jambe à l'horizontale.
Pour la "shaking dance" Umeyo,  on a encore un sifflet, qui sert notamment à communiquer les instructions aux danseurs, un accompagnement musical au concertina, et surtout le son des clochettes fixées sur la poitrine des danseurs qu'ils secouent en pliant et dépliant rapidement les genoux.
Dans les mines, les employés travaillaient souvent les pieds dans l'eau, ce qui causait de nombreuses maladies. Plutôt que de faire de gros travaux pour assécher les mines, les patrons ont préféré équiper les mineurs de bottes en caoutchouc. Et au fil du temps, en frappant sur les bottes ou en tapant le pied dans l'eau, les mineurs ont inventé une nouvelle danse, la gum-boot dance (la danse des bottes en caoutchouc).
Isicathulo, le titre de gum-boot dance qui nous est proposé ici, c'est presque du punk. Certes, côté accompagnement musical, la guitare n'est qu'acoustique, mais elle ne joue qu'une seul accord pour donner le rythme. Pas de chant, mais un chef qui crie ou éructe des ordres pour annoncer les figures que les danseurs doivent effectuer, en tapant avec les mains sur les bottes ou en les tapant entre elles. C'est excellent.
Ces enregistrements ont été collectés par l'ethnomusicologue Hugh Tracey, mort en 1977, qui, non content de faire ses recherches sur le terrain des années 1920 aux années 1970, a fondé en 1954 The International Library of African Music, qui a édité ces enregistrements, parmi de nombreuses autres publications.
Le nom de Hugh Tracey est également connu pour être associé à la kalimba, une variante adaptée la musique occidentale du traditionnel piano à pouces africain. Encore aujourd'hui, une société commercialise la kalimba Hugh Tracey sous marque déposée.

Ces enregistrements ont été réédités en CD par l'International Library of African Music.
A lire aussi ce billet chez Soul Safari, avec quelques titres à télécharger, dont Isicathulo.

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