15 avril 2011

PERE UBU : Love, love, love


Acquis d'occasion à Londres ou à Reims vers le début des années 1990
Réf : UBUCD 33 -- Edité par Fontana en Angleterre en 1989
Support : CD 12 cm
Titres : Love, love, love (Cajun house mix) -- Love, love, love (132 bpm) -- Love, love, love

Pere Ubu sera en tournée européenne en mai, avec une étape à Paris le 15 au Batofar. Pour l'occasion, et comme ça se pratique assez couramment de nos jours, Pere Ubu interprètera The annotated Modern dance, autrement dit l'intégralité de son premier album The modern dance, sorti en 1978  chez Blank, agrémenté des singles qui l'avaient précédé chez Hearpen. On en avait eu une sorte d'avant-goût à Reims le 16 décembre 2009 quand Pere Ubu avait joué Final solution et Non-alignment pact en "rappel" de son spectacle Long live Pere Ubu !. Tout ce que je peux dire c'est que l'interprétation était excellente et que ça claquait !
Très bien, mais quel rapport entre les débuts de Pere Ubu et ce single Love, love, love, extrait de l'album Cloudland, sorti en 1989 ? Un rapport ténu, a priori, même s'il s'agit nominalement du même groupe. Cloudland est le deuxième album du Pere Ubu reformé, sorti chez Fontana, et il est surtout réputé pour être le disque le plus "pop" ou le plus "commercial" du groupe de David Thomas et consorts, principalement parce qu'ils ont accepté la proposition d'enregistrer quatre des titres avec un de leurs fans, Stephen Hague, producteur notamment de New Order et des Pet Shop Boys qui était très en vogue à l'époque. Tout ce que je sais c'est que, si on s'intéresse aux albums de Pere Ubu dans leur globalité (pas juste des chansons picorées dans les disques), celui-ci est l'un de mes prérérés, avec Ray gun suitcase.
Et ce rapport avec les débuts de Pere Ubu ? Et bien il n'est pas si ténu que ça ! A la sortie du disque, j'avais été très intrigué en découvrant parmi la ribambelle d'auteurs crédités pour Love, love , love le nom de Peter Laughner, guitariste et membre fondateur du groupe, mort en 1977. Avec un peu de recherches complémentaires, avec l'aide des amis et du refrain de Love, love, love, il ne m'avait pas fallu trop longtemps pour découvrir que les origines de cette chanson remontent effectivement aux débuts du groupe, qui la jouait sur scène en 1976. Elle avait été éditée pour la première fois sous le titre Can't believe it en 1981 sur l'album live 390 degrees of simulated stereo.
Cette version studio de 1989 n'est pas si différente que ça de celle de 1976. Certes, elle a pour colonne vertébrale une basse séquencée synthétique et énorme, qui lui donne un côté dance (c'est sûrement un apport des deux mixeurs de ce titre, Daniel Miller, The Normal de Mute Records, et Rico Conning), mais c'est tout et moi ça ne me gêne pas. Et d'autant moins que le reste c'est du pur et du meilleur Ubu : un riff de guitare à tuer, le chant de David Thomas, rejoint sur le "I can't believe it" du refrain par des choeurs, et des bidouillages sonores un peu partout. Il y avait matière à faire un tube, et Fontana a eu tout à fait raison de tenter le coup, même si au bout du compte ça n'a pas marché.
Il y a par contre quelque chose qui me surprend plus que cette résurrection d'une des premières chansons du groupe, surtout quand on connait le contrôle très fort que Pere Ubu exerce à toutes les étapes de la création et de la production sur sa musique et tout ce qui l'accompagne, notamment les pochettes.
En effet, ce CD n'est pas le CD principal de Love, love, love, sur lequel on trouve une face B inédite et un extrait de l'album précédent, mais le "CD 2", c'est à dire en Angleterre depuis la fin des années 80 jusqu'aux années 2000, le CD de remixes. Je n'arrive plus à retrouver la référence, mais je suis sûr que Charlie Dontsurf saura nous expliquer tout ça en commentaire, mais j'ai lu quelque part que David Thomas expliquait que c'était sûrement la seule fois où ils avaient laissé un label faire ce qu'il voulait avec leur musique et qu'ils les avaient laissé commissionné et sortir ces remixes sans intervenir.
Au bout du compte, le seul titre qui compte ici c'est le troisième, celui de la version originale. Les remixes house et dance par The Groove Corporation et Emilio Pasquez sont sans aucun intérêt et je suis même surpris que le Cajun house mix ait eu l'honneur d'être ajouté parmi les bonus de l'édition remasterisée de Cloudland sortie en 2007. Une édition qui, si j'en crois les prix pratiqués en ligne, doit déjà être épuisée. C'est presque dommage puisque je viens de découvrir au passage que, outre deux bonus que je n'ai pas, il y a deux titres de l'édition originale en CD qui ne figurent pas sur mon 33 tours !


Le clip de Love, love, love. David Thomas est avec son Macintosh préféré, je suppose. Les enfants-insectes, comme ceux dessinés sur la pochette, sont là sûrement à cause d'un des vers de la chanson ("Who let all the bugs in ?").
Je trouve que ces enfants donnent au clip un petit côté Gondry, voire même Mondino. En fait, le réalisateur est une autre légende de la vidéo musicale, Chuck Statler, qui a notamment travaillé sur les fameux premiers films d'un autre groupe de l'Ohio, Devo.

13 commentaires:

Charlie Dontsurf a dit…

Oui, c'est bien ça. Je crois même que la déclaration de David Thomas concernait tous les singles de la période Fontana. Il faudrait fouiller dans cette "mine". Je le ferai, un jour.
Cet album, Cloudland, est sans doute celui sur lequel Fontana fondait de grands espoirs commerciaux. Pas moins de trois singles en ont été extrais. Sans compter une pleine charette de disques promotionnels.
Il faut rappeler que le groupe avait été signé par un fan du groupe, label-manager chez Fontana. J'espère qu'il ne jouait pas sa carrière sur la réussite commerciale de celle de ses poulains.
Contrairement à Pol, ce n'est pas mon album préféré. Par contre, je connais un endroit où l'acquérir à un prix très honnete (il ne veut pas de mon accent circonflexe !) ...

Charlie Dontsurf a dit…

Puisque nous sommes entre collectionneurs ou entre amoureux de l'objet disque, cette petite anecdote. Je suis particulièrement content d'être tombé dans un merveilleux magasin de disque (une vraie mine) gallois, COB à Porthmadog, dans la High Street, sur un objet très rare : une version cd "print on demand" ou plutôt "burnt on demand" de ce Cloudland. Bon, l'acheteur originel l'avait sans doute refourgué parce que la gravure avait un peu merdé, quelques grésillements sur quelques titres. Mais, un vrai bonheur de fouineur.

Charlie Dontsurf a dit…

David Thomas sera avec Rocket From The Tombs le 20 mai prochain à Vandoeuvre Les Nancy dans le cadre du festival Musiques Action (et à Lyon la veille). RFTT est le groupe pré-Pere Ubu, "reformé" depuis quelques années et qui a sorti un excellent disque à la fin de l'année dernière, sur Fire Records en Europe, Barfly. Quelque chose entre Les Stooges et les Heartbreakers de johnny Thunders
Le futur nouvel album de Pere Ubu, Lady From Shangaï est terminé. C'est un album de "brain dance". Si, si, ça existe, c'est très spécial, très spécial et excellent. Imaginez ; votre cerveau danse mais pas votre corps ! Date de sortie inconnue pour le moment.

Charlie Dontsurf a dit…

Nouvelle date pour les RFTT en France : le 18 mai à Paris, au Centre George Pompidou.

Charlie Dontsurf a dit…

Amour, Amour, Amour ... le nouvel album de Pere Ubu, Lady From Shanghai, est sortie hier.
Détonnant !

Charlie Dontsurf a dit…

sorti, même, le beau disque ! (en cd et en double vinyle 45rpm)

Pol Dodu a dit…

Oui, je voulais l'acheter hier, mais Fire indique d'un côté en actu sur son site qu'il est disponible, et de l'autre qu'il ne l'est pas au moment où on veut l'acheter... Je patiente un peu !

Charlie Dontsurf a dit…

De nouveau dispo sur Fire Records avec le bouquin "notes de pochette".

Pol Dodu a dit…

J'attends de recevoir mon colis d'un jour à l'autre...

Charlie Dontsurf a dit…

Pere Ubu vient de terminer sa tournée anglaise et sera sur le continent en juin/juillet prochain (dates à compléter, peu d'infos pour le moment).
A noter la sortie de Live at the Longhorn - April 1, 1978 en juin prochain, double vinyle et cd (peut être mai pour le cd)

Charlie Dontsurf a dit…

Pere Ubu de retour en France le 15 février 2014, à Créteil (94), dans le cadre du festival Sons d'Hiver.
En attendant, le groupe sera dans le salon du photographe Alex H. à Troyes (10), le 31 octobre prochain.
Ecoutez les nouvelles démos sur Hearpen.com.

Charlie Dontsurf a dit…

Sons d'Hiver, c'était samedi et ... Bon Dieu, Bon Dieu, Bon Dieu, que c'était bon (Dieu). Tenez, le groupe a commencé le concert par ce titre, Love, Love, Love. Et le monde est bien fait, concert intégral dispo ici : culturebox.

Charlie Dontsurf a dit…

Le prochain album de Pere Ubu, Carnival Of Souls sort le 8 septembre. Un single est prévu en juin. Je connais quelqu'un qui n'est pas loin de considérer que c'est leur meilleur disque.
Pour écouter Love Love Love en live, de feu, et en dehors de la video de chez Culture Box, écoutez Glasgow, la nouvelle parution hearpen.com.

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