12 décembre 2010

LE QUARTETTE ELECTRONIQUE : Joue...


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 4 décembre 2010
Réf : 45 QE 1300 -- Edité par Pretoria en France en 1958
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Venez donc chez moi -- Always -/- Jalousie -- Mon homme

La météo était en alerte orange et il commençait à neiger. Je me suis donc arrêté très peu de temps chez Emmaüs, pour constater que le rayon disques avait été rangé mais qu'il y avait visiblement peu de nouveaux arrivages. J'ai quand même passé en revue sommairement les 45 tours, sans enlever mes gants, c'est dire, et j'ai eu la chance de ne pas rater cette curiosité.
Pourtant, au premier coup d'oeil, entre deux disques religieux de Raymond Fau, j'ai cru que la sympathique pochette dessinée par Anita Civelli représentait des anges et j'ai failli passer mon chemin. En fait, ce dessin très naïf représente des bonshommes avec des scaphandres recouverts d'antennes jouant, c'est sujet à  interprétation, sur des portées ou avec les cordes d'une contrebasse. Mais ce qui m'a arrêté net, c'est le nom du groupe. Le Quartette Electronique ! Sur un 45 tours datant visiblement des années cinquante !
Je n'espérais pas avoir découvert par inadvertance d'autres précurseurs de Kraftwerk, mais j'ai été un petit peu déçu en constatant à l'écoute que j'avais acheté un disque de jazz. Pas longtemps cependant, car il s'agit d'arrangements agréables à mes oreilles (surtout la face B, avec Jalousie et Mon homme). Le quartette comporte visiblement un batteur, un contrebassiste et un guitariste. Il me semble aussi entendre un pianiste. C'est sûrement à lui que l'on doit le côté électronique de l'ensemble (désigné en anglais Electronic Quartett sur l'étiquette du disque) puisque, comme le suggérait récemment un vendeur d'un exemplaire de ce disque, qui proposait également d'en écouter des extraits, certaines des parties instrumentales sont jouées à l'Ondioline ou aux Ondes Martenot.
Pour une fois, j'ai trouvé sur le catalogue de la Bibliothèque Nationale de France des informations intéressantes ne figurant pas sur le disque, à savoir la date de parution (1958) et les crédits des compositeurs des titres interprétés. Cela m'a permis de constater qu'il ne s'agit pas de standards du jazz mais de chansons arrangées dans ce style, à savoir Venez donc chez moi, popularisée notamment par Jean Sablon et Lucienne Boyer, Mon homme, écrit par Albert Willemetz et chanté par Mistinguett, le très célèbre Tango Jalousie de Jacob Gade et Always d'Irving Berlin.
Je ne connaissais pas du tout le label Pretoria. Les maquettes et le style d'impression de ses pochettes sont très proches de ceux du label Pacific, qui oeuvrait à la même époque. Le catalogue présenté au dos est également du même tonneau, avec un large éventail de styles de danses et de noms d'artistes tous plus exotiques les uns que les autres : Rico Truxillo, Jack Starling, R.D. Costario, Jacky Bamboo, Nicky Coldoban... Ce dernier a sorti au moins un disque chez Pacific et je ne serais pas surpris d'apprendre que les deux labels appartenaient à la même entreprise.
Dans ce catalogue Pretoria, la publication quand même avant-gardiste d'un disque de jazz utilisant des instruments pionniers de l'électronique surprend un peu. Outre le détail des instruments utilisés, le vrai mystère qui reste à percer, c'est celui de l'identité des musiciens du Quartette. Scaphandre ou pas, je suis bien certain qu'il ne s'agit ni d'anges ni de robots...

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