26 mars 2006

TEENAGE FILMSTARS : Bring back the cartel


Acquis par correspondance chez Amazon au Royaume-Uni en mars 2006
Réf : crecd207 -- Edité par Creation en Angleterre en 1999
Support : CD 12 cm
12 titres

Dans les années 1990, Ed Ball, fondateur de Television Personalities et de The Times, était devenu un ami très proche d'Alan McGee, travaillait chez Creation, et il semble bien qu'il était libre de sortir autant de disques qu'il était capable d'en produire !
Albums et compilations de The Times, projet house avec Love Corporation, collaborations avec les pontes de Creation comme Sand ou The Chemical Pilot, sa discographie de ces années-là est pléthorique. A tel point qu'il a peut-être fini par manquer d'imagination pour baptiser ses projets, et a réutilisé le nom de Teenage Filmstars (un de ses premiers groupes, qui a sorti trois singles en 1979-1980) pour une série d'albums majoritairement instrumentaux et plutôt confidentiels (jusque récemment, je ne connaissais même pas l'existence des deux derniers !).
"Star", le premier de cette série, est excellent, une sorte de recréation-hommage dans un style mêlant psychédélisme et My Bloody Valentisme. "Rocket charms" était moins intéressant, et je n'ai jamais écouté "Buy our record, support our sickness".
Quand j'ai appris l'existence de "Bring back the cartel" il y a quelques semaines, j'ai tout de suite eu envie de me procurer ce disque. Pourquoi ? Parce que ce Cartel n'est pas n'importe quel cartel. Rien à voir avec la drogue, mais tout à voir avec l'histoire du rock indépendant anglais. The Cartel c'est en effet l'association fondée au début des années 80 par Rough Trade, Red Rhino, Revolver, Small Wonder et Fast pour créer un réseau de distribution de disques à l'échelle du pays. Le tout s'est effondré au début des années 1990 en même temps que Rough Trade, qui était le poumon du réseau.
Comment j'ai su qu'Ed Ball avait consacré ce disque à ce Cartel, qu'il a bien connu en tant qu'artiste et responsable de divers labels indépendants ? Il m'a suffit de regarder la liste des titres. Personnellement, j'ai fréquenté les bureaux et les entrepôts de Rough Trade beaucoup moins qu'Ed Ball, mais suffisamment pour reconnaître plusieurs personnes auxquelles les titres font référence. Geoff Travis, bien sûr, le patron de Rough Trade ("Did Geoff Travis look like Art Garfunkel" : la réponse semble être oui !), mais aussi Richard Boon, l'ex-manager des Buzzcocks, qui a longtemps eu de hautes responsabilités chez RT ("Whatever happened to Richard Boon"), le tourneur Mike Hinc ("Don't blink... it's Mike Hinc") ou le responsable de relations presse Scott Piering de la société Appearing ("Scott Piering wears an earring").
D'autres titres font référence à des gens qu'a priori je n'ai pas connus, comme Richard Scott, Claude Bessy, Debbie Sazer ou Peter "Pinko" Fowler, mais le meilleur titre c'est peut-être le dernier, "Sorry, but we seem to have misplaced 50,000 of your records" ("Désolé, mais il semble que nous avons égaré 50,000 de vos disques"), une phrase que certains responsables de labels se sont peut-être entendu dire, tellement la gestion de stocks du Cartel était réputée pour être chaotique ! Et ce qui est bien vu, c'est que sur le CD cette piste ne correspond qu'aux dernières secondes du titre précédent.
J'ai parlé de tout sauf de la musique. Ce n'est pas un hasard, tant ce disque semble avant tout être ce qu'on appelle en anglais une blague élaborée. La musique est une sorte de house ambiante un peu jazzy sans intérêt. Les longues plages s'enchaînent, et il n'y a guère que la piste 10, avec une mélodie accrocheuse, et la 11, avec un sample vocal, qui m'ont fait lever une oreille !

A lire : Une interview récente d'Ed Ball.

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