13 novembre 2008

BIG TEARS AND THE CROCODILE : Sea side shuffle


Acquis sur le vide-grenier d'Athis le 14 septembre 2008
Réf : UP 35387 -- Edité par United Artists en France en 1972
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Sea side shuffle -/- Sea side shuffle (Instrumental)

Le jour où j'ai acheté ma vingtaine de EPs et 45 tours sixties à la brave dame à Athis, y compris celui d'Eileen, je suis repassé devant le stand quelques minutes plus tard en lui jetant un regard déjà nostalgique, vu toutes les bonnes trouvailles que j'y avais faites.
C'est alors que j'ai remarqué que le 45 tours figurant en tête de l'une des boites, visible depuis l'autre côté de la rue, portait la mention "Sea side shuffle". J'avais dû le négliger à l'aller car c'était un 45 tours simple dont la pochette papier avait souffert, et les EPs en bon état avaient capté toute mon attention, mais là j'ai tout de suite retraversé la rue et ajouté 50 centimes au pot pour récupérer ce disque.
Pendant quelques secondes, je me suis fait avoir et j'ai cru avoir en main la version originale de cette chanson Seaside shuffle, le tout premier tube écrit par Jona Lewie. Mais j'ai tout de suite eu un doute, car je me souvenais que, si le nom du groupe comprenait un jeu de mots avec des noms d'animaux, il s'agissait plutôt d'animaux préhistoriques que de crocodiles.
En fait, tout comme le disque de Pro Cromagnum (Sapiens) visait à parasiter le succès de A whier shade of pale, celui-ci, qui affiche fièrement la position de "N° 1 en Angleterre" (n° 2 au mieux en fait) de la chanson ne vise qu'à récupérer un bout du gâteau du succès du disque original, Seaside shuffle par Terry Dactyl and the Dinosaurs. Le succès de ce disque a été suffisamment important pour qu'il sorte en France à la même époque au moins une autre reprise parasite, celle de Jo Sony Arven System (quel nom !).
L'histoire de ce tube est un peu particulière. C'est une chanson qui figurait au répertoire du groupe de blues rock Brett Marvin and the Thunderbolts, composée par leur pianiste John Lewis alias Jona Lewie. Comme elle était vraiment très légère et commerciale, ils ont préféré utiliser un pseudonyme, Terry Dactyl and the Dinosaurs donc, quand il s'est agi de l'éditer en 45 tours, en 1971 la première fois avant qu'une réédition amène le succès en 1972. Evidemment, elle a mieux marché que tous leurs disques précédents, tant et si bien que l'album suivant de Brett Marvin and the Thunderbolts, le troisième, a été intitulé Alias Terry Dactyl and the Dinosaurs !
La chanson a un petit côté cajun et a souvent été comparée à un autre gros succès, In the Summertime de Mungo Jerry, le tube de l'été 70, avant la sortie de Seaside shuffle donc. Mais il n'est pas si facile de savoir qui a influencé qui car, selon Wikipedia, Mungo Jerry a eu l'occasion d'entendre Seaside shuffle sur scène avant d'enregistrer In the Summertime, alors qu'il faisait la première partie de Brett Marvin and the Thunderbolts.
A l'écoute de Seaside shuffle, on reconnait parfaitement la patte de compositeur de Jona Lewie, celle qui lui apportera à nouveau le succès quelques années plus tard, avec Stop the cavalry notamment. Mais, autant que je m'en souvienne, quand Jona Lewie a édité On the other hand there's a fist, son premier album chez Stiff en 1978, et qu'il a participé au Be Stiff tour, la tournée des nouvelle signatures du label, personne ou presque, ni chez ceux chargés de faire sa promotion chez Stiff (évidemment), ni chez les journalistes, ne signalait que Jona Lewie avait déjà une assez longue carrière derrière lui.
On ne saura probablement jamais quels musiciens se cachent derrière Big Tears and the Crocodile. Personnellement, je pencherais pour des français, car le disque n'a visiblement été édité que chez nous et il ne se contente pas de reproduire le plus fidèlement possible l'enregistrement original, il pastiche aussi la pochette française du disque (l'anglaise est très différente) :

La face A est une reprise tout à fait compétente de la chanson originale, mais n'a aucun intérêt particulier. Outre sa curiosité éditoriale, le seul intérêt de ce disque musicalement, c'est la version instrumentale qui figure en face B : la mélodie principale y est jouée par un duo de kazoo et de Moog du plus bel effet, qui donne un peu de sel à cet enregistrement !
Le label RPM a sorti en 2007 le CD Sea side shuffle, une compilation d'enregistrements de Terry Dactyl and the Dinosaurs.

1 commentaire:

Pol Dodu a dit…

J'ai eu une sacrée surprise hier en lisant la chronique du disque du jour de Mojo consacrée au single de Denim "Summer smash", un disque dont toute chance de succès a été anéantie lorsque sa diffusion radio a été stoppée pour d'obscures raisons (chanson trop joyeuse ?) après la mort de Diana Spencer. J'ai en effet découvert à cette occasion que l'une des faces B du maxi est justement une reprise instrumentale au synthé de "Seaside shuffle" !
Les choses étant ce qu'elles sont de nos jours, cinq minutes plus tard j'avais téléchargé ce maxi chez Rooms with brittle views et je l'écoutais. Et sur le coup, autant je suis fan de Lawrence, autant ici il se fait battre à plate couture sur la reprise instrumentale par Big Tears and the Crocodile, dont la version est plus dynamique et comporte du kazoo et d'autres instruments en plus du synthé !

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