09 novembre 2008

JEFF BECK : Love is blue (L'amour est bleu)


Acquis sur le vide-grenier de la rue de l'Hôpital à Epernay le 2 novembre 2008
Réf : CF 136 -- Edité par Pathé Marconi en France en 1968
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Love is blue (L'amour est bleu) -/- I've been drinking

Autant la veille la petite brocante de la Toussaint à Mutigny avait été noyée sous la pluie et le froid, autant celle de la rue de l'Hôpital à Epernay a bénéficié d'un temps clément, et surtout sec.
Dès le premier stand que j'ai croisé, avec quelques livres de poche exposés, j'ai eu un bon pressentiment quand aux trouvailles possibles sur ce vide-grenier, même si je n'ai rien acheté à ce premier stand. Et effectivement, alors qu'à l'automne le nombre des exposants est relativement restreint, j'ai acheté des disques sur quatre stands différents, ce qui est beaucoup pour moi. Sur le deuxième de ces stands, des brocanteurs professionnels qui s'étaient contentés de sortir six ou sept 45 tours sixties sur l'un de leurs meubles en bois en vente, j'ai acheté pour 1 € ce seul disque.
Avant de le prendre, j'ai quand même eu quelques hésitations. J'étais tenté de l'acheter car L'amour est bleu est une scie que j'aime bien et, sans même parler du tube international instrumental de Paul Mauriat avec une version de la chanson de Vicki Leandros en compétition pour le Luxembourg à l'Eurovision 1967, j'en ai quelques interprétations éparpillées sur des disques, dont l'une sur une compilation allemande à la pochette mémorable, que j'ai utilisée pour l'illustration au verso de ma compilation Surprise partie hoptimiste. Mais j'ai eu une hésitation car rien n'indiquait que le Jeff Beck interprète de ce titre easy listening pouvait être le Jeff Beck guitariste électrique virtuose, celui des Yardbirds, du Jeff Beck Group et de Beck Bogert Appice. L'amour est bleu aurait suffi à me convaincre de toute façon, mais la mention sur la rondelle que la production était de Mickie Most a achevé de me convaincre que, selon toute vraisemblance, il s'agissait bien là d'un disque du célèbre Jeff Beck.
Par contre, ce qui est étonnant à l'écoute, c'est que, dès l'intro, avec les cordes qui arrivent rapidement, on se rend compte que cette version de Love is blue n'a rien de différent des dizaines d'autres qui existent. Jeff Beck y est bien fleur bleue (ou ange bleu vu la pochette) plutôt que seigneur blues ! Certes, le principal instrument solo est la guitare électrique, mais elle n'a rien de particulièrement tranchant.
Apparemment, Jeff Beck aurait joué ce titre volontairement faux car il détestait la chanson. Je n'ai rien entendu de tel, mais en tout cas ce titre est la preuve que, au sortir des Yardbirds et alors qu'il sortait ses premiers singles, Beck avait les dents suffisamment longues pour se laisser convaincre d'enregistrer un single aussi commercial, qui parasitera quelque peu le succès de la version de Paul Mauriat dans les hit-parades anglais, mais sans faire aussi bien quand même (n° 23 pour Beck, 12 pour Mauriat).
La face B, I've been drinking, correspond plus à ce que l'on attend de Jeff Beck. C'est une ballade blues pas mauvaise, chantée par Rod Stewart. Pas mauvaise, mais écartée quand même de Truth, le premier album de Jeff Beck, sorti quelques mois plus tard. Love is blue n'y est pas non plus, mais les deux titres sont parmi les bonus des rééditions CD récentes de l'album. Mais au début des années 70, quand Rod Stewart a connu le succès, Pathé Marconi puis RAK (le label de Mickie Most) ont réédité les titres de ces premiers singles en mettant largement en avant le nom de Stewart sur les pochettes.
En tout cas, ce disque est le premier de Jeff Beck que j'achète... et probablement le dernier !

De The Move aux Four Tops, le verso de la pochette donne une bonne idée de l'actualité musicale de l'époque, celle qui figurait au catalogue Pathé Marconi en tout cas.


Au moins, avec cette pochette (sûrement anglaise), on sait à quel Jeff Beck on a à faire, mais la musique est la même et à la rigueur la pochette française est moins trompeuse, au moins pour la face A.

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