08 novembre 2008

SOLAL : Luna's song


Acquis chez Parallèles/Gilda à Paris le 17 octobre 2008
Réf : YAB037CD -- Edité par Ya Basta ! en France en 2007 -- Promotional copy - Not for sale
Support : CD 12 cm
Titres : Luna's song Original version (Radio edit) -/- Luna's song Robag's Verlan-Lanu rework

Le cellophane du CD promo n'avait même pas été ouvert. Comme quoi son destinataire n'a jamais pris la peine de l'écouter. Il y avait aussi quelques pas plus loin un DVD avec le clip de la chanson, mais je l'ai laissé.
The Moonshine Sessions, ça me disait vaguement quelque chose, mais de toutes façons la pochette m'a attiré l'oeil et aurait largement suffi pour que je mise 80 centimes sur ce disque.
L'ambiance est délicieusement rétro, façon étiquette de disque 78 tours. Il y a la mention de Nashville et du Tennessee, on sait donc qu'on est en plein pays country.
Le paysage de montagne stylisé me fait penser au Carbon glacier de Laura Veirs. Le clair de lune dans ce contexte ne peut qu'évoquer la fameuse scène d'anthologie, nocturne et magique, de La nuit du chasseur.
"Moonshine", c'est un mot que je connais. Ça veut dire "Clair de lune", bien sûr, mais ça désignait aussi pendant la prohibition le whisky de contrebande qu'on faisait la nuit. Mon dictionnaire me dit que ça signifie aussi "Balivernes", mais je ne connaissais pas ce sens là. Non, quand je pense au "Moonshining", à faire du whisky de contrebande, je pense à Fantasia chez les ploucs de Charles Williams, roman aussi indispensable que La nuit du chasseur est un film indispensable.
Bon, avec tout ça je n'ai pas encore ouvert le disque. En fait, pour faire facile, je savais avant de l'écouter que, grosso modo, The Moonshine Sessions c'était un peu Un français chez les ploucs. Ce que j'avais oublié, c'est que ce français, Philippe Cohen Solal, est l'un des personnages à l'origine de Gotan Project il y a quelques années.
Cette fois-ci, il s'est donc rendu à Nashville et, épaulé par Bucky Baxter, qui a longtemps accompagné Bob Dylan à la pedal steel, il a enregistré un album qui, comme sa pochette, baigne dans l'Americana. Et franchement, si j'en crois ce Luna's song, le résultat est très séduisant. On n'est pas dans le roots et le rétro à fond, la production est léchée, les sons polissés, on tend plus vers la sophistication d'un Joe Henry ou d'un Kelly Joe Phelps, mais Luna's song, avec ses paroles sur le besoin d'un retour à la nature ("Moman, je veux vivre là où je peux voir les étoiles"), avec le chant de Lucas Reynolds, est un titre pop country réussi, très accrocheur, avec guitares et violon (la vidéo est très nature également).
La seule faute de goût de ce disque, c'est le remix qui suit la version originale. Comme très souvent, il se contente d'étendre la chanson de moins de trois à plus de six minutes en y ajoutant un vague beat et surtout en détruisant tout ce qui en fait le charme au départ. La preuve : les seuls moments où l'on tend l'oreille pendant ce titre, c'est quand on entend des bouts de mélodie chantés.
A signaler que, à en croire la discographie fournie sur le site officiel, et un peu sur le même modèle que le Lang toun de James Yorkston, si ce single a bien été édité en vinyl (25 cm), il semble qu'il n'ait pas été commercialisé au format CD et donc que les seuls exemplaires existants sont ceux utilisés à des fins promotionnelles, comme celui-ci.

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